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04/01/2009

Y a-il eu des OVNIS à Bruxelles ? Les avez-vous vu ?

Vladimir au pays des Brusselaires.

 

 

C'était il y a vingt ans, à Bruxelles. Mais débutons par le commencement.

En 1972, je rejoins la Société belge d'études des phénomènes spatiaux, la SOBEPS, une asbl fondée par Lucien Clerebaut. Elle publie un magazine : Inforespace. La vague de témoignages d'ovnis des années 1989-1991 - les fameux triangles ! - fait connaître la société dans le monde entier. Là, je rencontre un petit groupe qui s'intéresse aux énigmes de l'archéologie et, en 1973, nous créons la revue « Kadath, chroniques des civilisations disparues » qui existe toujours.

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D'articles en conférences, en Belgique et en Angleterre, j'ai l'immense chance de rencontrer et de côtoyer des personnes particulièrement passionnantes.

Dans un souci de diversifications éditoriales, d'éventuelles collaborations sont recherchées. En 1983, je contacte la revue anglaise Fortean Times, ayant lu un texte intéressant d'un certain Vladimir Rubtsov. Bob Rickard me passe son adresse postale... et nous échangeons nos vues sur des sujets dont je ne pourrais me souvenir qu'en ouvrant une série de classeurs pieusement conservés. Rubtsov vit à Kharkov, en URSS. Impeccable dans la langue de Shakespeare et il lit avec aisance le français.

 

Le jeudi 10 novembre 1988, revenant du bureau, Lydie me tend un télégramme estampillé Moscou : Rubtsov sera à Zaventem le surlendemain pour assister à un congrès privé de la SOBEPS. Je passe un coup de fil à Lucien Clerebaut lui demandant ce qui se passe. Surprise ! « Si tu connais Rubtsov, c'est à toi de le cornaquer, zelle ! » insiste amicalement Lucien. Aurais-je droit à un « vase » après ? Le temps de comprendre comment téléphoner en Ukraine...

 

Le samedi matin donc, avec une revue Kadath à la main, nous ne nous connaissons pas de visu, je suis à Bruxelles National. Assez dubitatif le publicitaire que je suis car notre visiteur avait défendu sa thèse de doctorat à l'Institut de Philosophie de l'Académie des Sciences à Moscou en 1979 : « Aspects philosophiques et méthodologiques du problème des civilisations extraterrestres ». De même, son livre « Le problème des civilisations extraterrestres », chez Shiinta (Science) Publishing House en 1984, est republié en 1987.

Et c'est un jeune quadra qui me serre la main : « Robert I presume ? ». Il monte dans ma Toyota Carina, la stéréo sur Radio Capitale, Jean-Pierre Hautier n'était pas au micro mais ça swinguait sur la station : « Le Tupolev n'a pas trop remué ? ». Direction un hôtel dans la rue du Colombier, parallèle à la rue Neuve. Il y a un hôtel dans cette strotje ? Oui ! Descendant le Botanique pour tourner dans Adolphe Max, Rubtsov assez silencieux souffle : « Qu'est-ce qu'il y a comme publicités ! ». Il faut dire que c'est son premier voyage à l'Ouest. « Avec comme résultat de mes travaux, me résume Vladimir Rubtsov, je suis le premier spécialiste soviétique en ce genre d'étude à pouvoir me rendre dans un pays occidental et participer à un congrès dédié à ce type d'anomalies ».

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Derniers instants avant de s'adresser aux spécialistes de l'ufologie. (VR)

 

Check-in à l'hôtel, puis sans tarder direction Anderlecht et les beaux locaux de la SOBEPS situés avenue Paul Janson où se tient le Premier Congrès Européen sur les Phénomènes Aériens Anormaux. Avec une belle palette invraisemblable de spécialistes à Bruxelles comme Walter Andrus, Richard Haines et Jacques Vallée pour les USA, Pierre Lagrange, Claude Maugé, Jean-Pierre Petit pour la France, des Anglais, Allemands, Italiens et bien sûr des experts belges comme Auguste Meessen... et Vladimir Rubtsov. Congrès privé certes mais RTL TV est présent : « Où est le Russe ? », c'est Dehon qui est 'in charge' et voilà notre ami Rubtsov, à peine descendu de la voiture, devant la caméra pour un interview. Très chaud ! « Mon intervention traitait du problème des phénomènes aériens anormaux et de leurs leçons méthodologiques ; je proposais une méthodologie correcte au point de vue scientifique afin d'obtenir des informations objectives » raconte Vladimir Rubtsov.

Je ne participe pas le samedi mais reviens le dimanche pour un déjeuner dans les locaux, sympa et une ambiance du feu de soucoupe.

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La photo traditionnelle : 1) L. Clerebaut, 2) J. Vallée, 3) V. Rubtsov, 4) R. Dehon, merci aux autres. (Sobeps/RD).

 

Enfin, l'occasion d'échanger quelques mots : Vladimir a sa semaine à Bruxelles mais il doit 'pointer' à l'ambassade URSS d'Uccle pour bien être sûr qu'il ne passe pas à l'Ouest.

Je prends congé le mercredi chez Promopress mais rendez-vous au bureau pour lui expliquer 'la liberté de la presse et sa promotion' en Belgique et présentation à mon boss, Denis Defosse. Il faut dire que nous avions un plateau de faux 'vrais' magasins pour le service 'modernisation des points de vente presse'.

 

Ensuite le trajet vers Elewijt ; mais pas par le ring - trop bête ! -, plutôt Anderlecht, Bruxelles, Schaerbeek, Vilvoorde, Eppegem où, commençant à connaître mon gaillard et son intérêt pour la peinture et les arts, je m'arrête devant le château Rubens, à Elewijt. Je lui donne quelques explications quand une personne sort des dépendances et se dirige vers nous. Je présente Rubtsov et nous sommes invités à parcourir les dépendances dont une chapelle strictement invisible... du commun des mortels.

 

Enfin, 'maison' comme dit ET. Lydie a préparé un délicieux lapin 'à la gueuze' ; réunion dans mon petit bureau pour discuter projets et contacts - avec whiskies et cervelas en guise d'apéro ! - et retour à la salle à manger pour les nouvelles à la TV car, ce jour-là, la navette russe Bourane devait revenir sur terre, avec succès. Vladimir, dorénavant, est enchanté. Bon repas et toasts 'à l'amitié des peuples'. Un an plus tard c'est la chute du Mur de Berlin, Vladimir, ayant une vision précise des enjeux mondiaux, abonde dans le sens de Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev !

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Lydie et Vladimir, les chiens sont filés avec les restes du lapin... (RD)

 

Vers 2 heures du matin, retour à Bruxelles via l'autoroute d'Anvers illuminé a giorno : « How is this possible, Robert ? ». Vladimir a poursuivi intensivement ses visites de musées, principalement celui de l'Art ancien et de l'Art moderne. « Le musée d'Art moderne m'a beaucoup plus passionné et qu'il ne faille pas payer pour le visiter est fascinant » sourit Vladimir. Quoi de plus normal, sa passion est René Magritte, il s'en explique : « Pour moi Magritte est un des plus grands peintres du 20e siècle, et peut-être des autres aussi d'ailleurs. Ces œuvres influencent directement l'inconscient humain, pas besoin d'intermédiaires ni d'interprétations. Sur mon bureau se trouve en permanence une reproduction du 'Domaine d'Arnheim', l'idéal pour garder un bon moral ! ».

Le samedi matin je vais chercher Vladimir à l'hôtel pour la dernière étape : Zaventem. Deux heures de retard pour le zinc de l'Aeroflot... depuis ce jour, nous avons gardé très régulièrement contact.

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Réné Magritte, la grande passion d'un exobiologiste. (RD)

 

Depuis, Vladimir a mis en place sa propre organisation : « RIAP - Research Institute on Anomelous Phenomena » qui publie une note d'information de haut niveau en anglais, le site Internet est actuellement en reconstruction. Ceci avec l'aide d'une belle brochette de scientifiques dont un Belge, Auguste Meessen de l'UCL.

 

L'actualité de Vladimir est aussi la parution d'un livre sur la terrible explosion de la Tunguska qui a détruit des milliers d'hectares de forêt ; il est déjà en précommande chez Amazon : comme le monde a changé... Je n'hésite pas un instant à donner un coup de pouce à un ami de notre beau pays. « The Tunguska Mystery » coécrit avec Edward Ashpole, chez Springer New York, est sans doute le premier livre expliquant aux Occidentaux que nous sommes cette énigme dont on fête le centenaire. Au fait, j'oubliais, la région de la Tunguska - infestée de moustiques gros comme des hélicoptères Hind Mi24 - se trouve au nord de la Mongolie, à quelques 6.000 km de Kharkov ! Une expédition qu'a faite Vladimir lors d'une récente convention sur place !

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Le renne a reçu un coup de Flytox ; l'étrange stèle au point central de l'explosion. (VR & Google Earth)

 

Je remercie Sophie d'avoir accepté la publication de cet article qui sort un peu des sentiers battus. Et pourtant ! Il s'agit d'une histoire bruxelloise, elle est centrée sur mon ami Vladimir qui découvre la capitale, elle est inspirée par un groupe d'amateurs, au bon sens du terme, dont par un 'hasard improbable' je fais partie. Ce congrès était une aventure extraordinaire, quasiment miraculeuse pour cette équipe de Brusselaires. C'était il y a vingt ans !

 

Robert Dehon

 

PS : Entre-temps, la SOBEPS a glissé la clé sous la porte. Dommage, mais une nouvelle structure se met en place : la COBEPS. Déjà une autre histoire.