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02/10/2014

Le Théâtre Royal Flamand

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Edifice de style néo-Renaissance flamande, construit en 1883-1887 sur les plans de l’arch. J. Baes.

Dès le milieu du 19ème siècle, s’exprime une volonté d’établir une compagnie de théâtre flamande permanente à Bruxelles, sous le nom de « Toneel der Volksbeschaving » (1852-1858) ou « Vlaemsch Kunstverbond » au théâtre du Parc, « Vlaemsch schouwburg » (1860-1866), puis « Nationale Schouwburg » (1866-1868), la « Naamlooze Maatschappij ter Exploitatie eens Nederlandschen Schouwburgs, te Brussel » investit ce dernier rebaptisé « Théâtre de l’Alhambra ». 

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Mais le désir d’un théâtre flamand propre mène à la réaffectation de l’ancien Entrepôt ou Arsenal, un projet négocié depuis 1860. 

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En 1183, les autorités de la Ville chargent l’arch. Baes de concevoir le nouveau théâtre, tout en conservant la façade de l’Entrepôt bordant le bassin du même nom.  Les plans définitifs sont approuvés en 1884, les travaux commencent la même année, l’inauguration a lieu en 1887. 

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Quai aux Foins vu du Théâtre

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Le « Vlaamse Schouwburg » (voir inscription en façade) reçoit le titre de « Royal » des mains de léopold II en 1894.  Détruit par un incendie en 1955, l’intérieur est reconstruit sur les plans des arch. A.-J . Doncker et R.F. Michiels et réouvert en 1958. 

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Hier et aujourd'hui

Le Théâtre Flamand – théâtre communal édifié en 1885 d’après les plans de l’architecte Jean Baes et inauguré officiellement par Charles Buls et Leopold II, monte des pièces à grand spectacle et à machinerie extraordinaire.  Le grand public s’y précipite.  « De Levende Brug » connaît un tel succès qu’un café de la chaussée de Ninove en choisira le titre pour enseigne !

Théâtre populaire, le Théâtre Flamand vend des cartes de famille donnant accès à toutes les représentations à concurrence des places disponibles.

Ce Théâtre Flamand, Charles Buls l’avait voulu.  Il estimait, avec raison, qu’il était le bourgmestre de tous ; il était temps, pour les acteurs flamands, de pouvoir disposer d’une salle décente.

Au cours d’une entrevue avec Léopold II à propos de l’inauguration du nouveau théâtre de la rue de Laeken, on s’en souvient, le bourgmestre avait déclaré :

« J’aurai l’honneur, Sire, de vous souhaiter la bienvenue en flamand, dans le temple érigé pour l’art dramatique flamand ».

Et le souverain de répondre :

« Mon cher bourgmestre, vous m’offrez là une bonne occasion pour vous répondre dans cette même langue nationale, en flamand ! »

Les compagnies dramatiques flamandes, nombreuses sur le territoire bruxellois, se produisaient un peu partout ; elles se contentaient souvent d’une arrière-salle de café ou d’une vulgaire salle de danse.

Parmi les compagnies les plus célèbres, retenons De Morgendstar, installé rue du Marché-au-Charbon, au café Den Haan.  Cette compagnie n’était d’ailleurs pas la seule à défendre, à Bruxelles, la langue de Vondel : la fédération, en effet, en comptait seize parmi lesquelles De Wijngaard, rue de la Grande-Ile, De Vlamingen, boulevard du Hainaut, De Noordstar, rue Locquenghein, De Kunstvrienden, chaussée de Ninove, De Brabantse Leeuw, à Ixelles et Hoop en Liefde, rue du Chêne, pour ne citer que les principales.

Presque toutes, on le voit, étaient installés dans le bas de Bruxelles, ce qu’on appelait à l’époque Het Vlaams Brussel.  Pour ces sociétés, les textes étaient évidemment écrits en algemeen beschaafd (néerlandais correct).  Mais il n’en allait pas de même dans les faubourgs.  Là vivotaient de petites troupes qui montaient des pièces parfois très drôles, dans le dialecte local.  Ainsi, le Gruuten Theauter de l’auberge du Cheval Noir, près de la rue du même nom, à Molenbeek, présentait un drame en quatre actes intitulé « Jan Breydel près du cadavre de sa mère ».  Au premier acte de cette pièce, on voit Jean Breydel dans sa boucherie, occupé à désosser des Français…. !

 

On ne pouvait rêver théâtre plus « populaire » !  Une petite pièce complémentaire et un grand bal terminaient le tour. 

16/01/2013

petite chronique de 1933 suite

 

 

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Plus de 1800 familles utilisent les carnets de dix coupons, au Théâtre royal de la Monnaie, et font une économie de 20%.  Prix du carnet : 280 FB.

 

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Théâtre de l'Alhambra

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Théâtre Molière

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Le Théâtre du Parc

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Le Cirque Royal

 

La question du chapeau au théâtre est un des graves problèmes de l’heure présente.  Quand le chapeau est interdit aux dames, il en est qui, légitimement, peuvent prétendre que le minuscule bonnet qu’elles portent de côté n’est pas un chapeau.  L’ouvreuse n’est pas de cet avis.  Le bourgmestre Max vient de les mettre d’accord : il a donné pour instructions à la police de tolérer que les dames occupant dans les théâtres les places où les chapeaux est interdit portent des coiffures basses, enserrant la tête et dont les garnitures ne puissent gêner d’autres spectateurs.

 

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Théâtre de la Monnaie et Taxis

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Théâtre Flamand

 

 

 

 

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-La Police bruxelloise compte 1256 personnes.  Un budget de plus de 30 millions.  Signalons que le nombre d’automobilistes qui ont reçu une contravention pour avoir dépassé les 40 km/h en ville s’est élevé à 1834, pour l’ensemble de l’année dernière.

 

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COMMISSAIRE EN CHEF SOUS LES VERROUS

Dimanche 17 décembre 1933, le juge d’instruction Demuylder, après avoir conféré avec M. Simons, premier président de la cour d’appel, a placé sous mandat d’arrêt M. Geroges Angerhausen, a avoué avoir servi d’intermédiaire pour la vente d’huiles et d’essences de la maison Pauwels, avoir touché de ce chef des commissions, et avoir, à la demande de Pauwels, « classé sans suite » plusieurs contraventions ou procès verbaux.

 

GENDARMERIE ET T.S.F.

Le budget de la Gendarmerie, pour 1933, est en diminution de 12 millions environ sur celui de l’année dernière.  Il y a cependant un poste nouveau important : celui de 410.000 FB, qui prévoit la réalisation du réseau permanent de télégraphie sans fil de la Gendarmerie.

A propos, combien y a-t-il d’appareils de T.S.F. en Belgique ? A l’heure actuelle plus de 285.000 détenteurs de postes récepteurs ont acquitté la taxe.  Plus les fraudeurs…..

 

-Le mardi 16 mai 1933, les nouveaux gendarmes motocyclistes chargés de la surveillance de nos routes ont opéré pour la première fois.  Aux environs de Cortenberg, ils ont arrêté un automobiliste, qui avait oublié de corner lors d’un dépassement en rase campagne.  L’automobiliste a reçu des instructions précises sur les règles de la circulation qu’il venait d’enfreindre.

 

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LE CRIME DES SŒURS PAPIN

Le 2 février 2013, dans l’après-midi, un habitant du Mans rentrant chez lui avait découvert sa femme et sa fille étendues sur un palier, le visage broyé, le crâne écrasé et la partie inférieure du corps tailladée.  Les deux bonnes, les sœurs Papin, qui avaient commis ce double meurtre, étaient dans leur chambre.  Elles avouèrent, calmes en apparence, leur forfait.  Trois psychiatres concluent à leur entière responsabilité.

 

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-Le mardi 9 mai 1933, M. Hymans, ministre des Affaires étrangère et vice-président du Conseil des ministres à demandé aux Chambres d’accorder des pouvoirs spéciaux au gouvernement pour une durée de trois mois.  Il les a obtenus.  Début juin, le gouvernement promulguait dix arrêtés-lois dont le but était de rétablir l’équilibre budgétaire.  Traitements, pensions d’ancienneté, pensions de vieillesse subissent une réduction générale de 5%.  Les subventions et les subsides sont réduits de 20%.  Les dépenses d’administration sont diminuées en bloc de 10%.  Une taxe de crise frappe les titulaires de revenus supérieurs à 35.000 FB.  Une contribution d’un et demi pour cent est appliquée à tous les citoyens.  Au mois de juillet, se livre la première bataille politique des ondes : on entend sur les antennes de l’I.N.R. ministres et membres de l’opposition.

 

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-L’Art nègre est à la mode… Les marchands de curiosité, à Bruxelles, Paris, Berlin, Londres, New York, se sont évertués à orner les musées et les salons de statuettes et de masques.  Un tel engouement a inévitablement créé des imitations.  Des objets ont été fabriqués en nombre sur le sol même de l’Afrique, sous la conduite d’Européens malins.

 

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A LA GLOIRE DE LA MAROLLE

 

Ce dimanche 1er juillet 1933 folklore bruxellois a connu une journée exceptionnelle.  Les amis de la zwanze et du délicieux parler bruxellois qui, hélas, se meurt lentement, ont inauguré, en contrebas du Palais de Justice, un bas-relief du sculpteur Pierre Wolf représentant un jour de guindaille dans le vieux quartier populaire de Bruxelles.  Traitée à la manière de Pierre Breughel le vieux, peintre incontesté des liesses brabançonnes, l’œuvre rappelle qu’il fut, lui aussi, habitant de ce quartier (sa maison se situait rue Haute et est enterré dans l’église de la Chapelle… enfin… dit-on).  Ce fut un pittoresque épisode de cette vie populaire de notre capitale qui se termina, comme il se doit, dans les estaminets du quartier, où gueuze, faro et lambic coulèrent à flot.

 

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TRANSFUSION SANGUINE

Le professeur Bogomoletz, membre de l’Académie des sciences de Moscou, vient de signaler que la transfusion du sang pourra désormais être largement opérée.  Cette transfusion en masse a été rendue possible par la découverte d’une méthode de conservation du sang.  C’est ainsi que du sang expédié de Moscou a pu être utilisé dans d’excellentes conditions à Vladivostok, à plus de 10.000 km.

 

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-Hitler plébiscité par 40 millions d’Allemands. 

L’ancien peintre en bâtiment Adolf Hitler, celui-là même qui avait tenté un coup de force à Munich en 1930 mais avait alors échoué, va, en une seule année -1933- prendre le pouvoir absolu en Allemagne.

 

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UN REMOULEUR A L’ ABRI

Décidemment, on n’arrête pas le progrès.  Cet aiguiseur bruxellois a remisé la charrette à bras qu’il poussait de par les rues pour la remplacer par une automobile.  Pour rendre à nouveau tranchants couteaux et ciseaux, notre homme n’a plus besoin de pédaler sur sa meule, puisque celle-ci est entraînée par le moteur.  Mais où s’en va le pittoresque d’hier ?

Que le pittoresque s’en aille, affirme-t-il, n’a guère d’importance pour moi.  Depuis que j’ai mis mon installation au goût du jour, je me fatigue beaucoup moins.  Et, en outre, je n’ai plus à me soucier des intempéries !

 

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10/01/2013

Chez Toone à l'époque ....

 

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Pendant la semaine sainte, Toone met en scène le Vrai Mystère de la Passion de Notre-Seigneur.  Alors que tous les personnages sont présents sur la scène, la Vierge s’approche de son fils pour le réconforter.  Le Christ, infiniment las, lui répond : « Och, Moema !  Ik hem flanelle biene ! ».  Dit dans le langage de chez nous, par les acteurs de Toone, n’est-ce pas là un moment des plus émouvants du théâtre ?

 

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Dans les coulisses, les plus grands noms de l’histoire : Charlemagne-à-la-barbe-fleurie, Poepa, le duc de Guise, Blache de Nevers, Lagardère, les spadassins, la Sainte-Vierge, Jeudass, Juuzeke et tant d’autres. 

La préférence de Toone va aux pièces de cape et d’épée dans lesquelles les nobles chevaliers sont aux prises avec les vilains traîtres.

 

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Toone leur fait parler tous la même langue mais il parvient à se placer dans la peau de chacun de ses personnages.

Ses représentations ont fait les délices de Bruxelles-Kermesse, à l’exposition universelle de 1910.

 

Extrait du livre « La rue Bruxelloise vers 1900 » de la CGER

 

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1931, Toone est ressuscité !  C’est dans un des coins les plus pittoresques de la rue Haute, au n°6 de la rue Christine, que s’est ouvert en cette fin du mois de mars le théâtre de marionnettes de Toone V, plus communément dénommé Daniel Van Landewijck.  Il succède à Jan de Crol.

 

Extrait du journal « Le Soir »

 

 

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Noël chez Toone.

Vers les années 1917-18, le grand écrivain belge Michel de Ghelderode entreprit la tâche de mettre par écrit, pour qu’elle ne se perde jamais la tradition orale qui se transmettait de père en fils dans la dynastie des montreurs de marionnettes et qui remontait à l’époque de la domination espagnole.  Dans ce but, il se mit à fréquenter assidûment les Marolles et recueillit de la bouche de Jean Hembauf, dit Toone IV, les éléments nécessaires à la rédaction de ces petits chefs-d’œuvre de folklore.

 

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Voici en résumé l’histoire de la Nativité telle que José Géal 6ème de la dynastie des Toone la présent encore aujourd’hui.

-La scène du castelet représente Béthléem où Joseph et Marie se sont rendus pour calcul des enfants.  La ville de la Nativité est présentée sous l’aspect… de la Grand’Place de Bruxelles.

Le préposé à l’ordre public n’est autre qu’un brave ajoein ou stockagent  (agent de police) de la capitale, qui accueille le couple….

L’agent : - Qu’est-ce que vous faites sur la voie publique ?  Allei, circulei !

Joseph : - Rien.  Nous sommes à la rue.  Ayez pitié de nous !

L’agent : Ca est triste.  Vous avez l’air de gens convenab’.  Si vous êtes pas trop difficiles, prenez la première rue à droite.  Vous trouverez une étab’ avec un âne et un bœuf.

Marie : - Merci, monsieur l’agent.  Le petit Jésus va naître à minuit…

Un ange de Dieu apparaît aux bergers effrayés.  Leurs trognes enluminées, représentant des hommes du peuple, rappellent irrésistiblement les Masques ostendais du peintre James Ensor.

L’ange : - Allez adorer le petit Jésus.  Moi, je regarderai à votre troupeau.

Un berger : - Ousqu’y faut aller, Monsieur l’Ange ?

L’ange : - C’est là ousque l’étoile pend dessus.

Les bergers, en chœur : - Allons adorer le petit Jésus qui à froid !

Hérode, le traître de la Nativité, est représenté sous le costume d’un homme de loi (genre de personnage très peu prisé du populaire.  Il vient d’apprendre de la bouche de son devin Pinnemouch que Jésus était né et que ce petit bébé allait le mettre bas, lui le grand roi célèbre dans l’Histoire Sainte.

Il appelle ses sbires (représentés par des marionnettes habillées en soldats espagnols de l’époque de Philippe II) et leur dit :

-Vous allez tuer tous les petits enfants qui viennent de naître.  Comme ça, je suis sûr de pas manquer le petit Jésus !

Un sbire : - Sire, y z’ont rien fait, tous ces mennekes !

Hérode : - Ca est un ordre !  Et pour finir, coupe la tête de ce Jean-Baptiste qui a baptisé le petit Jésus … et apporte-la.

Le sbire : - Dans du papier ou sur une assiette ?

Nous somme à nouveau sur la Grand’Place de Béthléem-Bruxelles.  Les sbires procèdent au massacre des innocents sous l’œil attérré des parents.  Hurlement, batailles féroces, brutis d’orage.  Tout à coup, le capitaine des sbires crie Victoire ! …  

Tous s’en vont et le capitaine va faire son rapport à Hérode.

Le capitaine : - Sire, on les a tous tués !

Hérode : - Tu es un leugenoet (menteur).  Ca est pas vrai ! Le petit Jésus à joué Schampavie !

Le capitaine : - Ca est impossib’ !

Hérode : - Combien de ketjes as-tu tranchés ?

Le capitaine : - 200..357 tous justes.

Hérode : - Il y en a un trop peu.  Recommence !

Le capitaine : Pitié, Sire ! Je n’ai plus le courage….

Hérode : - Ara ! (il tue tous les bires).

Tout à coup, Lucifer et la Mort apparaissent dans une apothéose de feux de Bengale.  Hérode est terrifié.

Lucifer : - Misérable bourreau ! Ton heure a sonné !

Hérode : - Attends ! Je vais me repentir …

Lucifer : - Trop tard !

Lutte effroyable… Hérode est entraîné en enfer avec tous ses sbires.

Lorsque le spectacle est terminé, la toile de fon du castelet se lève et une crèche illuminée apparaît.  Elle reproduit fidèlement, avec des marionnettes, celles que l’on peut voir les églises.  Michel de Ghelderode, qui assista aux anciennes représentations de Toone, rapporte :

« En ce moment, un joueur entonnait une chanson de circonstance.  A la fin de l’air, il jetait des bonbons bon marché dans la salle.  Le public populaire, qui attendait cet instant, criaillait à tue-tête : Koekskes ! Koekskes !

 

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04/04/2010

La plus populaire des actrices bruxelloises

ESTHER DELTENRE La plus populaire des actrices Bruxelloises.

Comédienne Chanteuse née à Lessen (à vérifier)le 26 mai 1877 et décédée à Forest le 24 octobre 1958 à Forest.

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Elle a seize ans…. Elle est déjà la vedette du Casino de la Bourse, dans un tout de chant.

On pouvait lire dans le « Soir Illustré » du 25/09/1947 au sujet d’Esther Deltenre,  l’article suivant :

Réception chez le Prince Régent, croix de chevalier de l’Ordre de la Couronne, médailles honorifiques de la ville de Bruxelles, parchemin lui conférant le titre de citoyenne d’honneur de la commune de Saint-Josse-Ten-Noode, représentation de gala aux Folies-Bergère, son théâtre actuel, discours, cadeaux, fleurs….. Rien n’aura manqué pour fêter les soixante ans de théâtre et les septante ans de la plus populaire des actrices bruxelloises, la joviale ESTHER DELTENRE. 

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Esther Deltenre à la sortie du Palais Royal, où le Prince Régent vient de lui remettre la Croix de Chevalier de l’Ordre de la Couronne.

On peut même dire que jamais actrice de chez nous ne fut fêtée avec tant de solennité, avec tant d’enthousiasme.  C’est que sa longue carrière artistique en fait une « recordwoman » peu banale !

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M. Verruck, directeur des Folies-Bergères, offre à Esther Deltenre le bijou de l’Ordre de la Couronne.

Elle a débuté à l’âge de dix ans dans un café-concert du boulevard du Hainaut – et que, comme le fit remarquer notre sympathique bourgmestre M. Van de Meulebroeck en lui remettant la « médaille de Bruxelles » , elle est la créatrice d’un genre dramatique : le genre Esther Deltenre.

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M. Van de Meulebroeck offre à l’artiste la médaille honorifique de la Ville de Bruxelles.

Ces distinctions extraordinaires méritaient bien un hommage exceptionnel.  Il n’est pas un acteur du terroir qui n’ait été son partenaire : Nossent, Libeau, Roels, Devère, Prosper De Wit, Murio, Rittche, Festerat, Miller, Mussière, Floro, Vodé, Simone Max, Vaerewijck, Van den Broeck, Emmy Van Es (nous citons au hasard de la plume), figurent parmi les contemporains, Jacque, Crommelynckx, Strack, Harzé, Delrez, Milo, Lejeune, Baltus, Genot, Fernande Dumont, De Bauw, Minet sont à citer parmi ceux d’autrefois, aujourd’hui disparus, qui furent ses camarades de plateau, et si l’énumération de ces noms ne dit pas grand’ chose à la présente génération, elle évoquera bien des souvenirs aux générations précédentes, de bons souvenirs d’une bonne époque faite de joie tranquille et de souriante insouciance. 

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Au temps des crinolines, avec Jacque (Olympia 1903)

Et nous oublions les comiques de province qui lui donnèrent tout aussi allègrement la réplique : Van Aerschot, Van den Bosch, Lamoen, d’Anvers, ;  Rinchon et Sabeau, de Charleroi ; Van Daele, de Gand ; Fauconnier, Delaxhe et Donat Wagner, de Liège.  Car notre Esther mérite le qualificatif de national qu’on joint d’habitude à son nom, ayant promené dans toutes les principales villes de notre pays son infatigable et inimitable humour. 

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Ceux d’autrefois.  De gauche à droite : Merin, Crommelynckx, Esther Deltenre, Jacque, Léopold, Nicolas Ambreville (1905)

Bien mieux : elle est aussi une vedette internationale, puisqu’elle se produisit sur la scène du Casino de Paris, en compagnie du plus célèbre des fantaisiste français, c’est-à-dire Maurice Chevalier, qui est resté l’un de ses plus chers amis…

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Un autre joyeux partenaire : Nossent.

Mais c’est surtout au point de vue rétrospectif que la rondouillarde et toujours jeune Esther est la plus évocatrice.  Elle rappelle de vieux théâtres à présent disparus : l’Olympia, à présent remplacé par un cinéma et qui se trouvait en face de l’actuel théâtre de la Bourse, la Brasserie Flamande, le Casino de la Bourse  rue Van Praet ; la Scala, place de Brouckère, l’Alcazar, rue d’Arenberg. 

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Elle s’est éprise d’un « tchouk-tchouk », lequel n’est autre que le comique anversois Van Aerschot.

Ce fut à l’Olympia qu’elle incarna la fameuse Casque d’or, célébrité parisienne jugée indésirable par notre gouvernement et qui fut expulsée de Bruxelles un beau matin. 

« Chers Bruxellois, j’ai soupé d’votr’ figure,

Vous n’verrez plus la môme Casque d’Or. »

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Un de ses triomphes : Casque d’Or, indésirable célébrité parisienne.

Ce fut à la Scala qu’elle chanta le premier bassin populaire de natation aménagé en notre ville :

« Les ketjes des Marolles

Accour’nt en bandes folles

Comme les chics messieurs

Dans mon local spacieux »

 

Ce fut à la Scala qu’elle arbora le fringant uniforme de cantinière des « chasseurs de prinkères », la chasse aux hannetons au Bois de la Cambre donnant lieu, chaque année, à une expédition de gais lurons qui, le soir venu, regagnaient leurs pénates dans un état plus ou moins « vaseux ».  Heureux temps où les hannetons étaient nos seuls ennemis auxquels il fallait faire la guerre !

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N’est-ce pas qu’elle a l’allure martiale, cette cantinière du régiment des « chasseurs de prinkères » ?

Ce fut à l’Olympia qu’elle chanta les vertus de notre « Kip-Kap » national avec Nicolas Abzreville, son émule en corpulence. 

 

Ce fut à la Scala qu’elle blagua le concours de politesse institué pour les marchandes de quatre saisons par Charles Buls.  Et les bouquets qu’elle offrait au public étaient plutôt sonores…..

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La leçon de politesse à l’Olympia en 1899

Ce fut à la Scala qu’on la vit jouer du trombone, personnifiant  une des « gretchens » qui, à l’Exposition de 1910, composaient les orchestres allemands qu’animaient de leurs flonflons la section germanique…

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Et la voilà personnifiant une « gretche » de l’Exposition de 1910

Car, avant de passer à la Gaîté, à l’Alhambra et aux Folies-Bergère, la dynamique Esther fut surtout la pensionnaire de la Scala, de l’Olympia et des Galeries.

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La voici en acrobate, avec Merin, Léo et Jacque dans une revue.

Bref, c’est tout le vieux Bruxelles qu’elle a chanté de sa voix claironnante, forçant le succès par un entrain, une verdeur, une force comique irrésistible.

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« Qui veut de bonnes couques de Dinant ? »

Esther Deltenre se produisit aussi, tout aussi triomphalement, dans des comédies, des opérettes, des parodies diverses (ceux qui  l’ont vue en Mimi dans « la Petite Bohème » ne l’oublieront jamais !).

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Elle explique à deux autres commères des Folies-Bergère (Mmes Martens et Berodes), le mystère des soucoupes volantes (1947).

Mais c’est dans la revue qu’elle a conquis son plus beau titre de gloire et cela suffit à la classer parmi les acteurs belges les plus dignes de notre reconnaissance et de notre admiration, ce genre de pièces ayant, de tous temps, jouis des faveurs de nos compatriotes.

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Les Folies-Bergère nous présentent Esther Deltenre en … M. Van de Meulebroeck ! (un rôle d’homme) !  Elle avait déjà représenté, en 1910, Armand Fallières, … autres « rondeur »

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Article de Fernand SERVAIS.

 

Pour terminer, je citerai la définition du livre « le folklore bruxellois de A à Z » de Bob de Backer et Daniel Polet :

ZWANZE (la) : La zwanze bruxelloise est la grosse blague fraîche et joyeuse…. Elle est une des manifestations les plus pures du vrai folklore.  Tout Bruxellois a dans le cœur un « zwanazeur » qui sommeille.  La bière est à la zwanze ce que l’œuf est à la poule, en d’autres mots, elle est la cause et la conséquence.

…Et je pense  que notre Esther nationale était un réelle « zwanzeuse » …

Sofei

31/01/2009

Divertissements à Bruxelles en 1935

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théâtre flamand

 

gaité

 

vaudeville