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20/02/2012

Les Rolling Stones à Bruxelles... Appel à témoins

Afin de réaliser une émission, un animateur de RADIO NOSTALGIE est à la recherche de photos et témoignages concernant le passage des ROLLING STONES à Bruxelles.

Merci de bien vouloir laisser vos coordonnées dans les commentaires du blog afin qu’il puisse vous contacter.

D’avance un tout tout grand merci.

 

 

1ère venue des Rolling Stones à Bruxelles, le 18 octobre 1964.

 

Voici l’annonce de l’époque de la firme de disque Decca :

 

Veux-tu les accueillir à l'aérodrome de Zaventem avec des centaines d'autres fans le dimanche 18 octobre à 10H45 ?

Départ en train : Depuis la gare centrale de Bruxelles. Voici les heures de départ : 8h29 ; 8H48 ; 9H22 ; 9H49 ; 10H11.

Pars à temps ! Les trains seront combles. Le prix aller-retour est de 25 francs (60 centimes d'euro). Les billets doivent normalement être retirés aux guichets de la gare.

Par autobus spéciaux :

Les bus partent à 9H30 de la Porte de Ninove à Bruxelles. Le trajet aller retour ne coûte que vingt francs. (Cinquante centimes d'euro).

Que faut-il faire pour accompagner ?

-Demander un billet de voyage à Decca – Service >Rolling Stones – 26 quai des charbonnages – Bruxelles 8 - en écrivant LISIBLEMENT ton nom et adresse

-Joindre un billet de vingt francs et un timbre de trois francs à ta demande.

- Mettre la demande ( plus un billet de vingt francs et un timbre de trois francs) dans une enveloppe fermée affranchie à trois francs à envoyer à l'adresse ci-dessus. Tout ceci AVANT le 14 octobre.

Tu recevras alors par la poste ton billet de voyage avec le numéro de ton bus. Tu devras être au plus tard à 9H30 au square Smets (en face de Eurokarting) à la Porte de Ninove à Bruxelles. Les billets de voyage peuvent également être retirés avant le 14 octobre directement chez Decca.

Le groupe de teenagers actuellement le plus populaire sera accueilli de manière fantastique.

Enfin une mention couleur bordeaux sur le côte de l'affichette ajoute :

 Vers 13 heures, les Rolling Stones lanceront par parachute de la Terrasse Martini sur la Place Rogier des disques et des photos.

 

 

 

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Et le 17 octobre 1973 les Rolling Stones à Forest National

Un concert marquant pour le groupe qui garde un excellent souvenir de cette prestation et des fans présents ce soir-là. Une ambiance du tonnerre pour un concert qui ne tombera jamais dans l'oubli...

 

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Court rappel historique :

La tournée européenne des Stones a débuté le 1er septembre 1973 à Vienne (Autriche) et comme toujours, c’est le délire qui se propage comme une traînée de poudre à travers le continent.  Les fans français attendent leur heure avec impatience mais la déception sera immense car une décision de justice interdisant l’entrée en France du guitariste Keith Richards pour une affaire de drogue est en cours et les Stones doivent annuler leur passage dans ce pays !

Soudain, la station de Radio RTL décide d’affréter un train spécial au départ de Paris pour permettre aux fans français de venir voir le groupe à Bruxelles parce que les Rolling Stones ont décidés de donner un concert supplémentaire pour eux le 17 octobre dans l’après-midi avant leur représentation du soir pour les Belges. 

 

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Article sur le 1er passage à Bruxelles

http://www.memoire60-70.be/Chronique_1960_1965/Les_Stones_Bruxelles1964.htm

 

16/09/2011

Bruxelles nocturne dans les années 50 d’après Camille Biver.

Bruxelles nocturne dans les années 50 d’après Camille Biver.

 

 

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Après neuf heures du soir, Bruxelles, qui vient de bien dîner, boit une tasse de café brûlant, éteint ici et là les lumières de quelques boutiques et lance à travers places et boulevards les premières mesures d’une chanson trépidante où chaque couplet parle d’une distraction nouvelle, mais où le refrain, toujours, se termine par le mot : « encore » !

 

Vers neuf heures du soir.

 

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Mais bien sûr qu’il est encore temps de nous rendre au music-hall.  Le spectacle vient à peine de commencer.  Ne quittons pas le centre ville.  Voici, à deux pas de la Bourse, rue des Pierres, l’Ancienne Belgique, le music-hall que certains ont appelé « le jardin d’enfants pour grandes personnes ».  Entrons !

Malgré les deux mille places, le cadre parvient à être intime.  Les murs racontent les beautés des grandes villes de Belgique : clocher, beffrois, pont jetés sur des fleuves, grand’places aux maisons à pignons.  Le public est du type familial et extrêmement divers pourtant : depuis le genre bon-enfant qui glousse de joie devant le chanteur à voix, jusqu’aux bandes de jeunes gars qui viennent applaudir la dernière coqueluche des cabarets parisiens.  Un grand orchestre est chargé de créer l’ambiance et le défilé commence : jongleurs et mangeurs de feu, danseurs et danseuses, hommes-serpents et acrobates, dresseurs de chiens et charmeuses d’oiseaux, cascadeurs et clowns, funambules et trapézistes.  Mais rassurez-vous : les exercices périlleux des artistes ne coûteront plus, ici, de vies humaines.  En 1955, une acrobate s’écrasa, depuis les cintres, sur le plateau, devant les yeux épouvanté du directeur, Georges Mathonet.  Depuis ce jour-là, le filet a été rendu obligatoire.

Sur les planches de l’Ancienne Belgique, les meilleures attractions internationales ont déroulé leurs guirlandes multicolores.   Mais la place faite à la chanson d’aujourd’hui est large et si l’on peut encore, à l’occasion, y entendre Tino Rossi, Marie Dubas et Joséphine Baker, le public accueille très chaleureusement les vedettes du jour : Georges Brassens, Gilbert Bécaud, Catherine Sauvage, Varelo et Bailly, Moulodji, Lise Rollan, Eddie Constantine, tout comme les vedettes de demain que la direction a très souvent le beau courage de découvrir pour le grand public belge.  L’Ancienne Belgique est connue dans le monde entier.  Pourtant l’atmosphère qui y règne est spécifiquement belge et les réactions de son public ne sont pas toujours celles des Parisiens.  On a vu des attractions « faire un triomphe » à l’Olympia et « faire un bide » trois semaines plus tard à l’Ancienne Belgique.

 

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Si vous n’avez aucun goût pour les vedettes du trapèze ou pour les vedettes de la chanson, vous pouvez passer quelques heures agréables au Vieux-Bruxelles, où les artistes n’ont pas une grande réputation, mais où le tarif des consommations pousse le client à ne pas laisser son verre vide !

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L’Alhambra, dont on annonce la fermeture définitive chaque saison, trouve toujours de nouveaux bailleurs de fonds pour remettre le bateau à flot.  Spécialisée dans l’opérette à grand spectacles, cette maison produit aussi des spectacles de music-hall.  

 

Les Façades dorées de la Grand’Place.

 

 

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En passant dans la rue de la Bourse, vous lirez, devant un bistrot, une enseigne : « Simone Max chez elle ».  Si l’esprit de « zwanze » un peu gros ne vous fait pas peur, entrez donc.  Vous  vous installerez devant une bonne gueuze et si « la patronne » Simone Max est dans ses bons jours, vous risquez de vivre une heure de rire du type breughelien.

Vous n’aimez pas les plaisanteries un peu salées et l’esprit des chansonniers de 1930 ?  Tant pis pour vous !  Peut-être goûterez-vous mieux le spectacle de cabaret du « Poulailler », qui se trouve tout près de là, rue Orts.  Le décor en est très montmartroise et celui qui créa la mentalité de la maison, le regretté Christian, avait presque du génie.  Ses successeurs font de leur mieux pour satisfaire ceux qui viennent chercher là un reflet des couplets de la Butte. Ils n’ont pas toujours la classe de Christian et c’est dommage.  Mais n’est-ce pas la faute d’un certain public, qui exige d’eux trop de facilité et n’exige pas assez qu’ils se renouvellent ?  Il faut cependant reconnaître les grands mérites et le beau courage d’un Marcel Antoine, d’un Robert Carllier, d’un Jacques Lippe, d’un Bob Boudard ou d’un Raymond Errera.

 

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Rue J. Van Praet en 1959

De l’autre côté de la Bourse, nous trouvons de très populaires mais sympathiques brasseries qui s’appellent l’Espana, le Galopin ou le Brasseur.  Un peu plus loin, une autre porte le joli nom de Brasserie Sainte-Catherine.  Là le spectacle est autant dans la salle que sur le minuscule plateau.  Le brave orchestre fait du bruit pendant que la diseuse à voix détaille ses refrains.  La bière coule à flots, car il n’y a généralement pas « d’augmentation pendant le concert ». 

 

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Le bon populo crie, s’émeut, sourit, rit à gorge déployée.  Le garçon lâche sa serviette pour monter sur les planches et lancer par-dessus les têtes ce qu’il prend pour une voix de ténor italien.  Mais on s’amuse et l’on est heureux parfois de retrouver dans de tels endroits la cordialité de ces cafés chantants qui ont disparue pour faire place à nos tristes cinémas.

 

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Sur la Grand’Place, les autos tournent et tournent dans l’espoir de trouver un endroit où se garer.  Les agents ont beau être de braves gens, ils n’acceptent pas que l’on transforme toute la surface de la place en un affreux garage.  Et ils ont raison.

 

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D’autres vous auront dit le charme de ces façades que lèchent maintenant les pinceaux jaunes des projecteurs.  Non : n’allez pas croire qu’un incendie s’est déclaré au Roi d’Espagne ! Les bûches de l’immense feu ouvert viennent de s’écrouler en gerbes folles d’étincelles, voilà tout. 

 

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L’ambiance est sympathique ; accorte, la serveuse ; amusant, le cheval empaillé ; pittoresques, les marionnettes ; bon au toucher, le bois nu de la table ; exquis, le fumet de bois brûlé qui s’échappe des flammes : résine et parfum d’aiguilles de pin, brouillard de la Semois et vent de Campine.

 

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Etudiants et artistes.

 

Le Bierkelder est tout ce qui subsiste des caves à étudiant plus ou moins existentialistes d’il y a quelques années. 

 

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On y trouve encore des garçons de 17 ans très fiers de leur barbe et des jeunes filles de gonne famille qui croient qu’elles se sont encanaillées parce qu’elles ont abandonné la jupe pour le blue-jeans et la sucette pour la cigarette.  Comme partout à travers le monde, nos adolescents, qui se croient très vaguement misanthropes, ne sortent que par bandes de cinq ou six.  Et c’est à qui fera le plus de chahut.  Mais peut-être êtes-vous de ceux ou de celles qui aiment à retrouver l’ambiance des boîtes à étudiants ?

 

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cabaret l'enfer

 

 Ne croyez pas ceux qui prétendent toujours que « c’était mieux de leur temps ».  Le Nez Qui Prend ou la Jambe de Bois sont aussi lugubres et sots aujourd’hui qu’il y a 20 ans !  Ils sont tout simplement un peu moins sales, ce qui leur a enlevé de leur pittoresque.  Mais on y retrouvera éternellement, et en cela non plus rien n’a changé, plus de bourgeois que d’étudiants, ces derniers étant surtout avides d’étonner les premiers en leur chantant des chansons estudiantines que les bourgeois, hélas, connaissent souvent mieux qu’eux !

Peut-être aussi êtes-vous de ceux qui aiment à voir de près les artistes ?  Que je vous donne vite en passant quelques adresses.  Il y a tout d’abord Cabotinville, autrement dit « Chez Stans ».  Vous y retrouverez chaque soir un bon nombre de nos vedettes et un plus grand nombre de nos jeunes comédiens et comédiennes.  Sachez que les artistes du Théâtre de Poche se retrouvent après le travail ou les répétitions « à la troisième brasserie à droite dans la chaussée de Wavre ».  Quant aux musiciens, ils ont aussi, bien entendu, leurs lieux de réunion préférés parmi lesquels il faut citer le Carlton Club, rue des Hirondelles, le Café Stella, rue de la Coline, le Cosmopolite, Place Rogier, et le Mylord, rue des Augustins.

Vers les minuits, on trouve aussi au Roi d’Espagne, dont j’ai parlé déjà, pas mal d’artistes qui aiment à venir bavarder devant son feu de bois.  Comme le premier étage de la Rose Blanche ou de la Bécasse, pittoresques cafés de la Grand’Place, sont des locaux de répétitions, pour la très simple raison qu’on y trouve un piano plus ou moins bien accordé, il arrive souvent que des musiciens, des chanteuses, des chanteurs ou des danseuses s’y fixent rendez-vous.  Rue de Laeken on apercevra d’autres lieux de répétitions : la Cour de Tilmont et la Cour d’Angleterre.  C’est dans la rue Tête d’Or que se trouve l’amusant décor du Mayeur, et rue Marché aux Poulets que se réunissent les enfants de la balle, à l’Elberg Bourse.

 

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Autour de la Grand’Place.

 

 

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Si vous aimez ce que les vieux coins des grandes villes nous livrent de sordide et de chaleureux, de hideusement attractif et de follement piquant, si vous aimez les portes du XVIIème et les façades du XVIIIème, si vous aimez le pavé inégal des ruelles et le sourire gâté des portiers au teint verdâtre, vous aurez le coup de foudre pour tout ce quartier qui entoure la Grand’Place et qui a conservé le nom cocasse de ses rues : Rue des Bouchers, rue de la Violette, rue des Dominicains, Petite rue des Bouchers, rue du Marché aux Peaux, et l’extraordinaire rue d’Une Personne, sans oublier la rue de la Fourche, la rue de la Colline et la rue des Harengs. 

Rue des Harengs, vous pouvez, si vous le désirez, vous plonger dans l’ambiance slave, au Paprika.  Un minuscule orchestre a son répondant du côté de la porte de Namur, et pour ce dernier, la direction ne s’est pas cassé la tête pour lui trouver une enseigne, puisqu’il s’appelle très simplement : Le Slave.

 

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On regrettera que la pioche des démolisseurs ait mis à bas tant d’endroits pittoresques où se réfugiaient les noctambules.  Mais on espère que la rue d’Une Personne ne disparaîtra pas trop rapidement, ni son bar extraordinaire qui avait tout l’air d’un mauvais lieu mais qui, en réalité, était surtout un refuge pour aviateurs à la recherche d’un peu de détente.  J’en dirai autant de chez Papy, le minuscule local du Marché aux Peaux, dont le grand patron est si sympathique aux jeunes.  Il ne se  pas de soirée sans que l’un ou l’autre guitariste ne vienne essayer là ses chansons.  Et quelques mois ou quelques années plus tard, on est tout surpris de réentendre ces mêmes chansons dans de riches enregistrements de riches maisons de disques.

 

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L’établissement le plus célèbre du coin est certainement la Rose Noire, qui se situe Petite rue des Bouchers.  Si la rue n’est pas recommandable et même assez « particulière », la Rose Noire est surtout un rendez-vous d’enragé de la batterie et des dernières convulsions du jazz d’aujourd’hui.  C’est Louis Laydu, frère du comédien Claude Laydu, qui dirige ce local et a réussi à lui donner un genre très original.  Au rez-de-chaussée, une demi-douzaine de musiciens s’agite sur le plateau.  On danse peu.  On se trémousse beaucoup sur son tabouret en prenant des aires de mâcheurs de drogues.  On boit peu.  On crie beaucoup et l’on fume plus encore.

 

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Quand on en a assez d’écouter les furieux assauts de la batterie, on monte au premier étage, qui est un « cercle privé ».  On y retrouve la même musique qu’au rez-de-chaussée, mais enregistrée, un barman à la page, des poupées bien coiffées et très sages, des gars mieux coiffés encore et qui affectent de parler l’anglais… avec un terrible accent local.  Cela vaut la peine de se payer un whisky pour les admirer de plus près.  Cela vaut la peine aussi de payer une bière (il ne boit pas de whisky) à Louis Laydu pour qu’il vous parle à la fois de la vie nocturne de Bruxelles et de ses accidents de voiture.  On sort de la Rose Noire payé de sa peine.

Au début de la rue Tête d’Or, au premier étage d’un restaurant, s’ouvre la porte de la Tour de Babel qui a failli devenir, sous la talentueuse direction de Jo Deckmine, notre cabaret de la Rive Gauche.  Il a malheureusement abandonné la partie après quelques mois et ses successeurs n’ont plus réussi à attirer la même clientèle que lui.  Ce public passionné d’avant-gardisme a pu y entendre Léo Ferré, Catherine Sauvage, Stéphane Golmann, Jean-Claude Darnal, Jacques Verrière, Cora Vaucaire, etc.

Ces mêmes personnes prennent certainement plus de plaisir à fréquenter le Coup de Lune, qui ouvre sa porte le samedi soir, où l’on ne boit pas, où l’on ne fume pas, où l’on s’écrase, où l’on est jeté tout nu dans un bain étonnant de véritable poésie, et d’où l’on sort tout ruisselant de ces mots magiques qui font du bien à l’âme parce qu’ils l’ont comme purifiée.   Jacques Brel y a fait ses débuts en compagnie de Georgette Noguet et de celui qui signe ces lignes.  On y a surpris les premières notes de guitare de Georges Renoy, d’Edmond Carpentier, de Jean-Claude Colin ou de Robert Sabatier, de Kim Stéphane ou d’Edouard Michel ; on a pu y goûter le charme de Wilhemine et l’esprit de Stéphane Steeman.  Le Coup de Lune est admirablement situé, à l’ombre de l’église de la Chapelle, à deux pas du Théâtre de Toone. 

 

 

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Du Bœuf au Zodiaque.

 

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S’il vous arrive de trainer à deux heures du matin d’un bar à l’autre, à New-York, à la Havane, à Londres ou à Santiago, et de rencontrer un gars qui connait notre capitale, si vous le questionnez sur la vie de Bruxelles-la-nuit, il vous parlera du Bœuf sur le Toit.

Chacun de nous sait que c’est Jean Cocteau, inspiré par Paul Claudel qui, vers les 1920, trouva ce nom pour le moins curieux et typiquement surréaliste et en accrocha l’enseigne devant un cabaret des Champs Elysées.  Bruxelles ne voulut pas être en reste.  Et notre Bœuf sur le Toit à nous vint au monde, baptisé au champagne, comme il se devait.  Les marraines étaient choisies parmi les vingt plus jolies filles d’Europe.  Du moins, certains dépliants publicitaires le prétendaient.

 

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Il faut avouer que le décor du Bœuf est rococo.  Il faut avouer aussi qu’il est savamment agencé : lumières roses faites pour avantager les visages fatigués des clients, petites tables qui deviennent de grandes tables s’il vous prend la fantaisie de souper, bar profond que douze personnes déjà paraissent occuper entièrement, mais qui peut en recevoir une centaine (quand on se serre un peu beaucoup, les samedis soirs).

Le programme ? Jean Omer vous dira que c’est le plus riche d’Europe.  Mettons qu’il exagère un peu.  Il existe tout de même le Lido quelque part dans Paris.  Et des comparaisons seraient écrasantes.  Un très bon orchestre ?  Bien sûr.  De très jolies filles ?  Bien sûr.  Des robes fluorescentes ? Bien sûr.  Des déshabillés qui ne le sont pas moins ?  Bien sûr.  Une piste de verre ?  Rebiensûr Une débauche de plumes, de soies et de bouches peintes ? Rebiensûr.

Mais vous aurez beau tendre l’oreille, vous n’entendrez pas un refrain bien écrit : non !  Vous n’entendrez pas trois mots qui vous feront sourire : non !  Vous ne verrez pas un chanteur mettre un tout petit peu de cœur dans ce qu’il chante : non !

C’est pourquoi, sans doute, ce lieu de plaisir international m’a paru triste.  Peut-être aussi parce que l’on a vaguement l’impression que le Bœuf méprise son public-de-gens-blasés-qui-ont-de-la-galette.  Et ce public-là exige, lui aussi, qu’on le respecte, même quand on imagine qu’il ne comprend pas le français.

 

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Mais soyons juste : on n’a pas vu Bruxelles-la-nuit si l’on n’a pas vu le Bœuf sur le Toit aux petites heures, au moment où le troisième show de la soirée vient de se terminer.

Le Nouveau Gaity appartient aussi à Jean Omer.  C’est dire que les shows que l’on y présente sont de la même classe, qui est certaine, mais aussi du même genre. 

 

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 Comme au Bœuf, pas mal de personnes s’y rendent surtout pour danser aux sons d’un orchestre choix, capable d’exceller dans tous les genres et de se renouveler prodigieusement au long des heures.  Les costumes sont ravissants, les ballets d’un modernisme de bon goût et l’on a mis à la disposition du machiniste des coulisses extrêmement bien agencées.

Si le Bœuf sur le Toit a des concurrents ? 

 

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Evidemment ! Le Moulin Rouge fait tourner ses ailes de néon sur la Place de Brouckère.  Ici aussi c’est le règne de la revue, mais d’une revue où l’on tente de glisser un mot drôle et un refrain à la mode.  Les costumes sont soignés, l’orchestre aimable et plein d’un bel entrain, le revuiste a des idées originales.  On me permettra pourtant de regretter que le clou d’un spectacle soit un strip-tease d’un goût douteux.

 

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Rue du Pont Neuf, alors que pour se rendre au Parisiana il faut descendre au sous-sol, il faut monter au premier étage pour accéder au Florida où nous retrouverons les lampadaires roses et rouges classiques, une brochette de demoiselles entourant le bar et disparaissant dans les coulisses juste avant le show. 

 

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Détail piquant : le violoniste de l’orchestre est au service du même patron depuis dix ans.  Bravo pour le patron et pour les violonistes !

Si les heures où passent les shows au Florida vous intéressent, les voici : 23h 15, 24h15 et 2h15.  Peut-être, s’il est plus tard encore, vous annoncera-t-on un quatrième show.  Mais vous n’y aurez droit, vers les quatre heures du matin, que si vous êtes un buveur de champagne puissamment assoiffé.

Au Parisiana, l’ambiance est créée par le raconteur d’histoires Edouard Caillaux. 

 

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On ne l’écoute pas toujours, mais c’est le moindre de ses soucis : il y a toujours dans l’un ou l’autre coin un client qui « se marrera à la chute » et cela lui suffit.  Edouard Caillaux est un sage.  Il n’a pas l’air de présenter très sérieusement le programme du Parisiana.  Et c’est la bonne façon de le faire. 

A deux pas de moi, un client fait l’impossible pour avoir l’air d’un riche Américain : il porte une horrible cravate rose et violet sur une chemise bleue aux larges raies beignes.  Il y réussit presque en dodelinant de la tête au moment où la batterie se démène pour accompagner un superbe numéro de dans acrobatique.

 

Du caprice d’Eve au Whisky à Gogo.

 

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Travaux des tunnels Louise en 1957

 

Vous n’êtes pas encore saturés de lumières tamisées, de bars à champagne, de jeunes femmes « du tonnerre » et de jazz ?  Rendez-vous donc au Zodiaque, qui se trouve rue d’Alsace-Lorraine et dont la directrice est la plus charmantes des hôtesses.  Elle a réussi à faire du Zodiaque l’un des plus chics et certainement l’un des cabarets de nuit les plus sympathiques de la capitale.  Les attractions qu’elle engage ont toujours beaucoup d’allure.  Les orchestres qui s’y produisent sont endiablés.  Les clients sont satisfaits.  Aussi notre directrice a-t-elle ouvert un nouvel établissement : Le Caprice d’Eve, où le luxe et le charme sont inimitables.  Tout a été mis en œuvre pour faire de ce lieu de plaisir un modèle du genre : les grands noms de l’architecture et de la décoration ont été mis à contribution.  Et le spectacle vaut le décor.

L’un des mes amis prétend que la seule chose qui l’amuse lorsque la fantaisie lui prend de faire le tour de nos grandes boîtes de nuit, depuis le Bœuf jusqu’au caprice d’Eve en passant par le Parisaina et le Moulin Rouge, c’est le contraste curieux de la piste, vue à deux moments successifs : pendant les numéros et pendant le dancing.  Quand on a encore les yeux remplis des mouvements gracieux d’un mannequin, il est amusant de voir évoluer une abondante matrone au bras de son cavalier quinquagénaire, et qui essaient de prouver que six verres de whisky ne risquent pas de leur faire perdre l’équilibre quand ils veulent danser le cha-cha-cha. 

A propos de whisky, nous ne pouvons pas songer à aller nous coucher sans avoir été prendre ensemble un dernier drink au Whisky à Gogo.  Où se trouve le Whisky à Gogo ?  Porte Louise, dans la Galerie Louise.  Ce que l’on y fait ?  Rien !  On y boit.  Mais en bonne compagnie.  Et sec !  Car chacun possède son propre casier où il enferme sa propre bouteille de whisky.

 

Choux rouges, lilas et salsifis.

 

 

 

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Fatigués, après toute cette nuit de prétendue débauche ?  Mais oui.  Un peu d’air vous ferait du bien avant de rejoindre votre hôtel ou votre home.

Pourquoi ne feriez-vous pas un tour du côté du marché matinal ? 

- Si vous tenez à votre carrosserie, Monsieur, allez garer ailleurs.  Garons donc la voiture sur le Boulevard qui est tout proche.  Brrr !  Qu’il fait froid, qu’il fait noir au sortir de cette auto.  L’aube tarde à se lever.  Comme elle est étrange, cette ville sans passants, sans trams, sans néon, sans vitrines illuminées.

 

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Rue au Beurre, vous pénétrez avec difficulté dans une masse grouillante d’hommes et de choux, de charrettes et de carottes, de femmes et de salades, de conciliabules et de coups de klaxons, de hurlements et d’amoncellements de verdure.

On se perd dans les Halles de Paris et le touriste y est beaucoup plus attiré par la soupe aux oignons des restaurants spécialisé dans les menus ultra-tardifs que par le spectacle de l’oseille et du persil offerts par centaines de kilos.  Ici, rien de pareil.  Pas de restaurants pour vous !  S’il vous advient d’avoir faim pendant vos expéditions nocturnes, je vous conseille de vous rendre à l’Auberge de l’Ange Gardien, en face du Bœuf que nous connaissons déjà.  C’est à l’Auberge de l’Ange Gardien que je me suis amusé souvent à questionner les gens, alors que l’aube allait se lever.  Le spaghetti y est appétissant, le goulasch servi de main de maître et le couscous du chef ferait se pâmer d’admiration les fatmas des casbahs.

 

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Marché Saint Catherine en 1957

 

Douze roses rouges.

 

 

 

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Voulez-vous garder de ce voyage au pays de l’ombre trouée de vives lumières un dernier souvenir agréable ?  Suivez-moi donc au marché aux fleurs qui est ouvert depuis quatre heures du matin.  Sur la Place de Brouckère, les ailes du Moulin Rouge tournent toujours.  A deux pas, se dressent les échoppes des producteurs de fleurs.

-          Une douzaine de belles roses ?  vous demandera la marchande.  Laissez-vous tenter.  Vous paieriez votre douzaine de roses trois fois plus cher chez la fleuriste !!!

Et si votre épouse, votre mère, vous reprochent de rentrer vraiment trop tard, vous pourrez leur répondre que si le charme de Bruxelles-la –nuit vous a retenu, vous avez surtout voulu attendre que l’aube vienne, afin de pouvoir leur offrir en rentrant ces douze roses fraîches écloses en témoignage d’affection de tendres remords. 

 

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Place Rogier en 1959

 

 

 

 

 

12/02/2009

Rendez-vous Bruxellois et blogeurs

bxl

Avec la collaboration de l'auteur, ces coffrets (10 CD) de chansons bruxelloises seront en vente ce samedi et il y en aura 1 à remporter lors d'une tombola....

jojo et bill

Bill et Jojo

 

affiche soirée blog022

 

lydia da rocha

Lydia Da Rocha à voir sur

http://www.zikpot.fr/artiste-Lydia+da+Rocha

Je suis également dans l'attente de confirmation pour un spectacle travesti

Et mon ami Christian sera présent avec son banc d'écailler

Ce sera vraiment une chouette rencontre !

A bientôt je l'espère

11:19 Publié dans BRUXELLES | Commentaires (12) |  Facebook | |

28/02/2008

Coup de coeur de notre ami DUDU

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Voici son message en Copier/Coller :  
Pour la moke,elle chante Piaf,Brel,Dalida,Donna Somers, Dion avec beaucoup de talent.
Elle chante et fait des soirées dans divers resto,c'est comme ça que j'ai fait sa coneine sauce.
Le spectacle du 29 mars c'est un tour de chant de 2h,ou j'ai quelques personnes de ma familles et moi mème pour aller ovationner cette jeune fille de 23 ans, Brusseles jusqu'au bout de ses orteils et en plus très sympa.
...Voilà comme promis Dudu mais a toi de faire sa promo maintenant !!!!  Son nom, où va-t-elle se produire, etc......le lien de son site peut-être aussi ou alors elle peut aussi mettre un commentaire ?
Aller .....bonne chance à cette jeune demoiselle pour son tour de chant et soyez nombreux à l'applaudir hein ;-)
Sofei

14:14 Publié dans BRUXELLES | Commentaires (1) |  Facebook | |

29/03/2007

Maison de la Bellone rue de Flandre

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Le n°44 de la rue de Flandre à Bruxelles, était décrit en 1837 comme « une belle et grande maison à porte cochère, avec cour, jardin et autres dépendances.  Elle était nommée La Porte d’Ardoises.  Il est certain que l’on parle bien de la célèbre « Maison de Bellone » située actuellement au numéro 46 de la même rue. 

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Dans les années 50, bien rares étaient les Bruxellois qui connaissaient cet endroit !  Qui pouvait imaginer que passer une banale porte de bois, et après avoir traverser un couloir assez sordide avec de vieux pavés apparaissait au fond d’un jardin, une magnifique maison ? 

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Une remarquable maison de pur style baroque bâtie en 1697 et commandée à l’architecte sculpteur de la Grand’Place ; le bruxellois Jan Cosyn auteur de la maison « Le Roi d’Espagne ».  Cette maison seigneuriale fut bâtie dans l’enceinte du couvent de Jéricho.

bellone buste

 

 

Elle était à l’origine l’hôtel de Soissons.  On peut croire que le buste sculpté en médaillon sur le haut de la façade représente la première maîtresse des lieux, la comtesse de Soissons. 

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Elle fut baptisée « Maison de la Bellone » par Charles Buls (qui était  très érudit archéologue et à ce titre vice-président de la Société d’Archéologie de Bruxelles).  Il était tombé amoureux de cette maison et avait choisi ce nom en référence au buste de la déesse que l’on  peut voir sur la façade.  Cette demeure fut acquise par la Ville sous l’impulsion de l’ancien bourgmestre (Charles Buls) en 1913.

fontaine charles buls

fontaine Charles Buls face à la Galerie Agora

 

Bien longtemps la Maison de Bellone servit à un négociant en denrées coloniales, puis vers 1885 au dépôt d’huiles d’un certain monsieur Vanbever.  Lors de son acquisition en 1913, elle était inoccupée.  Par la suite, des hôtes multiples se sont succédé dans cet endroit…la Croix Rouge, la police du Vismet, la société de l’Ommegang….En 1980, à l’initiative du peintre, scénographe, affichiste et décorateur Serge Creuz, la Maison du Spectacle s’y installa.  En 1991, on réalisa avec l’intervention de la Ville de Bruxelles des extensions.  En 1993, une campagne de restauration fut entamée pour être achevée en 1995 avec la couverture de la cour intérieure par une verrière.  Serge Creuz à nommé l’endroit le « Toit sur cour ».

 

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On a pu lire dans un rapport ceci :

Si cet hôtel a échappé au courroux des vandales, c’est assurément grâce à sa situation au fond d’une cour, où il aura passé inaperçu.  On devine ce que les sans-culottes de 1793 auraient fait des tyrans qui le décorent !!!!!  Encore heureux donc que cet immeuble ai été masqué par des constructions annexes. 

 

bellon verrière

 

 

La Maison de la Bellone a depuis été mise à disposition de la Maison du Spectacle.  Forum des Arts de la Scène et espace d’information, elle propose, des expositions, des colloques, des animations…en rapport avec les arts de la scène.  Il y a aussi un service à l’attention des professionnels du spectacle des propositions d’adresses, de casting et curriculum vitae en ligne. 

 

A voir aussi...2 très belles photos de l'endroit chez Charles http://charles02.skynetblogs.be