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04/09/2014

Bruxelles au 17ème siècle ...

Les transformations de la ville au XVIIème siècle.

 

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Outre les églises, les couvents et les maisons des corporations, la capitale des Pays-Bas vit s’élever un grand nombre de maisons ouvrières, de maisons bourgeoises et quelques riches hôtels seigneuriaux. 

Bruxelles ne cessa de se peupler et toujours d’avantage, de telle manière que la voirie urbaine dut s’étendre dans toutes les directions.  Le nombre de rues et aussi d’impasses établies au cours du XVIIème siècle est, en effet, considérable.

A l’une d’entre elles était réservé un avenir commercial exceptionnellement brillant.  Il s’agit de la rue Neuve.  Créée en 1617, au travers des prairies de la rive droite utilisées comme blanchisserie, elle ne tarda pas à être bordée de demeures cossues.  De sorte que, dès 1646, elle devenait le siège d’une paroisse, dite du Finistère.  Elle n’était en ce temps qu’un lieu de résidence, silencieux et paisible, et que le charroi ne troublait guère. 

 

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Ce caractère résidentiel appartenait également à la rue Isabelle (tracée en 1625, en contrebas du Coudenberg), à la rue et à la place de Bavière (1) (établies au flanc du Reuzenberg, proche de l’ancienne Steenpoort), à la place du Sablon et à la rue aux Laines, auxquelles les familles de la haute noblesse continuaient à témoigner leur préférence.

C’est dans la ville basse, et plus spécialement sur la rive gauche de la rivière, que se développèrent les quartiers animés par les affaires ou par le grouillement des petites gens.  Les Bassins intérieurs, maintenant bordés de quais et de maisons de commerce, se complètent, en 1639, par le creusement du Bassin au Foin sur l’emplacement d’une prairie dépendant du Grand Béguinage et du Bassin de la Voirie, di Mestback (Bac au fumier).  La Porte du Rivage, à l’entrée du canal sur le territoire de la capitale, est réédifiée.  Dans l’axe du bassin Sainte Catherine, est établi, en 1650, le Marché aux Grains. 

 

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A la défense accessoire en arc de cercle aménagée au XIVème siècle se substitue une suite de rues dénommées rues des Six Jetons, Marché aux Porcs et Rempart des Moines. 

Une ordonnance de 1627 décrète le pavement de ces voies nouvelles et impose aux riverains l’obligation de paver, à leurs frais, une largeur de trois pieds devant leurs maisons (2).

 

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Au sud de l’ancien rempart ainsi transformé, se développe un quartier ouvrier, au milieu de l’humide Voldersbeemd (pré des Foulons).  Autour d’une place qui, longtemps portera le nom de Vieux Marché (place Anneessens actuelle), se dessine bientôt tout un réseau de ruelles étroites.

En même temps se complétait le réseau des voies latérales des rues de Flandre et de Laeken.

Ainsi donc, la croissance urbaine se marquait de plus en plus nettement sur cette rive gauche où la construction d’immeubles avait si longtemps été entravée par l’humidité du sol et les inondations. 

 

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L’aspect agreste d’autrefois n’avait cependant pas entièrement disparu.  Des prairies et des potagers subsistaient toujours à l’intérieur des limites de la seconde enceinte, dans les secteurs déterminés par les voies de circulation conduisant aux portes de la ville.  Des demeures patriciennes du Sablon et du Quartier aux Laines dépendaient de vastes jardins plantés d’arbres (3). 

 

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Quant au territoire des environs immédiats de la ville, son caractère essentiellement agricole restait intact.

Un plan de 1697, dressé par Georges de Backer, dédié « au très illustre et très vaillant seigneur Son Altesse le Prince de Vaudémont, Gouverneur général des armées de Sa Majesté aux Pays-Bas et commandant en chef des armées de Sa Majesté britanique », en témoigne éloquemment.  Ce plan indique notamment les retranchements que le prince fit établir sur les hauteurs de Saint-Gilles, dans les prairies de Cureghem-Anderlecht, sur les plateaux de Scheut, de Berchem Sainte-Agathe et de Koekelberg.  Leurs lignes courent à travers les champs et les pâtures.

 

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Au sud de la Ville, les bois couvraient une vaste zone s’étendant de l’abbaye de la Cambre à l’abbaye de Forest.

 

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Le succès du pèlerinage à Notre-Dame de Laeken fit de la rive orientale du canal de Willebroek une des promenades favorites des riches bourgeois et des nobles personnages.

 

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De part et d’autre bordée d’arbres, elle fut de ce fait dénommée Allée Verte. 

Des centaines de carrosses (4) y faisaient quotidiennement la navette au temps où la reine Marie de Médicis, fuyant la France, vint résider dans la capitale des Pays-Bas (5). 

 

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L'Allée Verte bien plus tard..... mais surprenante à découvrir ainsi aujourd'hui ! 

 

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En conclusion, Bruxelles méritait bien les appellations de « prinselijcke stad » (ville princière), et de «Petit Paris » qui lui étaient alors décernées.  Il le méritait par le nombre et la beauté de ses monuments civils et religieux, par ses parcs et jardins privés, par les bois magnifiques et les sites pittoresques dont il était entouré. 

(1)   Ainsi dénommées en l’honneur de l’Electeur de Bavière Maximilien-Emmanuel.  Depuis la fin de la grande guerre 1914-1918, elles sont appelées rue et place de Dinant.

(2)   Des Marez a fait remarquer l’intérêt de cette disposition à propos de l’origine des trottoirs et de l’histoire des règlements concernant la voirie urbaine.

(3 (1)   Le jardin du Palais d’Agmont en est le dernier vestige.

(4(2)   Au XVIIème siècle, l’emploi du carrosse se généralisa et devint une nécessité mondaine.  Il remplaça de plus en plus, bientôt complètement, la litière à brancards.  Cela entraîna pour les riches l’obligation de modifier le plan de leurs habitations.  Une remise devait dorénavant être prévue. 

(5(3)   Au XVIIème siècle, Bruxelles devint « l’auberge des princes en exil ».  Le prince de Condé s’y réfugia avec sa jeune épouse trop ardemment courtisée par le roi Henri IV (1609) ; Marie de Médicis, le duc de Vendôme et le duc de Bouillon, craignant la main de fer du cardinal de Richelieu, y arrivèrent en 1631 ; Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, en janvier 1632.  Plus tard ce fut au tour de don Emmanuel de Portugal, puis des fils de l’infortuné Charles 1er d’Angleterre, enfin du Grand Condé.

Les chefs du jansénisme français y trouvèrent également asile, au moins provisoire.  Le grand Arnauld s’y installa en 1679, bientôt suivi par ses amis Gerberon et Quesnel.

 

QUELQUES DATES ET EVENEMENTS.

Règne des Archiducs Albert et Isabelle (1598-1621)

Le 5 septembre 1599 les archiducs arrivèrent à Bruxelles.  Trois jours durant, des fêtes, des feux de joie, des illuminations, témoignèrent des sentiments d’enthousiasme de la population.  Inaugurés comme souverains Albert et Isabelle vinrent se fixer dans la capitale.  Ils y convoquèrent une réunion des Etats Généraux (1600).  Entre les conceptions politiques de l’assemblée et celles de l’archiduc une différence très nette se fit jour aussitôt.  Alors que les délégués des provinces souhaitaient négocier la paix avec les rebelles du Nord (les Hollandais), l’archiduc ne songeait qu’à obtenir les moyens financiers nécessaires pour l’achèvement de la guerre contre les dits rebelles.  Aussi les discussions furent-elles laborieuses.  La guerre n’en continua pas moins jusqu’en 1609… Alors seulement, les adversaires conclurent une trêve.

 

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L’année même où celle-ci expira (1621) le roi Philippe III et l’archiduc Albert moururent.  Les funérailles d’Albert furent célébrées à Bruxelles, l’année suivante, avec une somptuosité dont les quelques détails suivants suggèreront l’ampleur.  La cérémonie, commencée à huit heures du matin, ne se termina que vers le soir.  Sur la parcours du cortège funèbre deux mille quatre cent quatre-vingt-sept bourgeois de la ville formaient la haie, une torche à la main.  Durant six semaine, et pendant trois heures chaque jour, toutes les cloches de la cité sonnèrent le glas. 

 

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Gouvernement de l’Archiduchesse Isabelle (1621-1633).

La mort d’Albert fit retomber les Pays-Bas sous l’autorité directe de l’Espagne, où Phippe IV venait de succéder à Philippe III.  En mars 1623 les députés des provinces furent convoqués, à Bruxelles, successivement, pour y prêter serment au nouveau souverain devant l’Archiduchesse, devenue gouvernante-générale des Pays-Bas.

Lorsque l’Archiduchesse mourut (1er décembre 1633), le trésor public était vide.  L’on dut, par la suite, renoncer à la célébration de funérailles dignes de la fille de Philippe II. 

 

Gouvernement intérimaire du Marquis d’Aytona (1633). 

 

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Don Francisco de Moncada, marquis d'Aytona

Gouvernement du Cardinal-Infant (1634-1641).

 

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Le 4 Novembre 1634 Bruxelles réservait une réception magnifique au nouveau gouverneur général, le cardinal-infant don Ferdinand.  A la fois homme de guerre et homme d’Eglise don Ferdinand devint rapidement populaire dans le pays, ainsi qu’en témoigne l’enseigne de mainte auberge de village en Flandre et en Brabant : « In den Prins-Cardinaal ».

A peine arrivé il eut à déployer toutes ses ressources de capitaine, la France ayant conclu une alliance avec les Provinces-Unies (8 février 1635).  Les forces franco-hollandaises opérèrent leur jonction près de Maestricht, pénétrèrent en Brabant, saccagèrent Tirlemont, investirent Louvain, occupèrent Tervueren.  Leurs avant-gardes s’avancèrent jusqu’au bois de Linthout (situé à l’emplacement du parc du Cinquantenaire actuel).  L’approche de renforts commandés par Octave Piccolomini les força heureusement à la retraite.  Bruxelles où, en toute hâte, on avait entrepris la réparation des fortifications, respira.  Le Cardinal-infant  atteint de la petite vérole disparut le 9 novembre 1641, à l’âge de 33 ans. 

 

Gouvernement intérimaire de Don Francisco de Melo (1641-1644).

 

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En attendant la désignation d’un prince du sang le gouvernement général des Pays-Bas fut confié à un capitaine espagnol réputé pour sa valeur et son courage. 

 

Gouvernement intérimaire de Castel-Rodrigo et de Piccolomini, pour compte de Don Juan d’Autriche (1644-1647).

 

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Marquis de Castel Rodrigo

 

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Ottavio Piccolomini

Melo fut remplacé par don Manuel de Moura, Corte Real, marquis de Castel-Rodrigo, chargé du gouvernement civil, pour compte de don Juan d’Autriche, fis naturel de Philippe IV, et par Octave Piccolomini, chargé du commandement des troupes.

La mésintelligence qui surgit entre les deux chefs affaiblit aussitôt la résistance espagnole aux attaques de la France.  En 1647 le roi envoyait aux Pays-Bas un nouveau gouverneur. 

 

Gouvernement de l’Archiduc Léopold-Guillaume d’Autriche (1647-1656).

 

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C’était un brillant capitaine.  Un ardent adversaire des protestants et des jansénistes.  Il accepta le gouvernement à la condition de disposer de pleins de pouvoirs.  Il n’hésita pas à violer ouvertement ce qui subsistait encore des franchises provinciales et dédaigna de convoquer les Etats Généraux.  Les Français menaçant le Brabant la mise en état de défenses de la capitale fut reprise.  Ce qui nécessita des impôts spéciaux.

1648, proclamation de la paix.  Le traité cependant ne nous débarrassait que d’un seul adversaire, la Hollande.  La lutte se poursuivait âprement contre l’autre, la France.

 

Gouvernement de Don Juan d’Autriche (1656-1658).

 

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Fils naturel du roi, qui arriva dans notre pays en mais 1656.  Le nouveau gouverneur dut poursuivre la lutte contre les armées françaises.  Le maréchal de Turenne, en effet, s’avançait à travers la Flandre, pénétrait en Brabant, et poussait ses coureurs jusqu’aux portes de Bruxelles (1658). 

Heureusement, l’année suivante le traité des Pyrénées mettait fin aux hostilités.  Don Juan rappelé en Espagne, était remplacé au gouvernement des Pays-Bas par le marquis de Caracena. 

 

Gouvernement du Marquis de Caracena (1658-1664).

 

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La paix conclue avec la France ne fut proclamée à Bruxelles que le 18 mai 1660.  Des réjouissances encore plus enthousiastes que celles ayant marqué la conclusion de la paix avec les Provinces-Unies, la saluèrent. 

Mais, débarrassées des armées françaises, les Pays-Bas ne l’étaient pas des armées espagnoles.  Or celles-ci, dépenaillées, privées de tout, prenaient de vivre force à l’habitant ce qu’elles réclamaient en vain du gouvernement.  Bruxelles eut à souffrir de leurs « foules, violences et larcins ».  Afin de garantir aux habitants un minimum de sécurité le Magistrat fut amené à organiser des patrouilles nocturnes dans les rues de la cité. 

Gouvernement du Marquis de Castel-Rodrigo (1664-1669).

 

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Celui-ci prêtait au nom de Charles II, successeur de Philippe IV, le serment de respecter les privilèges contenus dans la Joyeuse-Entrée.

L’avènement de Charles II allait bientôt faire déferler de nouvelles calamités sur les Pays-Bas.  Le roi de France, Louis XIV, ne réclamait-il pas ces pays à titre « d’avancement d’hoirie » (avance sur l’héritage de son épouse, Marie-Thérèse, fille de Philippe IV). 

La guerre dite de dévolution, allait s’ensuivre, elle éclata dès 1667.  Prévoyant l’événement, le Gouverneur avait dès 1666, donné ordre de moderniser l’organisation défensive de Bruxelles ; un ravelin avait été établi à la porte d’Obbrussel ; les demi-lunes proches de la Grosse Tour avaient été transformées en bastions ; la batterie de Notre-Dame défendant la chaussée hors la porte de Namur avait été reconstruite ; on avait dressé des palissades, à l’aide d’arbres coupés dans la forêt de Soignes. 

Lorsque les Bruxellois apprirent la marche en avant des troupes françaises ils consentirent à payer les contributions extraordinaires nécessaires à la levée et à l’entretien d’un corps d’infanterie.

Des approvisionnements furent amenés dans la ville ; les ponts du canal de Willebroeck furent rompus afin de gêner le passage éventuel de l’ennemi. 

En même temps, se concentraient à l’ouest de la capitale, les régiments commandés par le prince de Ligne et le comte de Rennebourg.  Ces précautions n’étaient pas inutiles puisque l’avant-garde française poussa, peu après, jusqu’au village de Dilbeek.

Au printemps de l’année suivante l’ennemi reparut en Brabant, ravageant les villages de la vallée de la Senne après avoir levé de lourdes contributions.  Bruxelles allait être investie lorsque Louis XIV conclut le traité d’Aix-la-Chapelle (2 mai 1668).

La cour de Madrid fit grief à Castel-Rodrigo des revers essuyés par l’armée espagnole et le remplaça par don Inigo de Velasco, connétable de Castille. 

Gouvernement de Don Inigo de Veasco (1669-1670).

Cet incapable fit son entrée solennelle à Bruxelles, le 12 janvier 1669.  Sous son gouvernement les désordres commis par la sodatesque espagnole ne cessèrent de se multiplier.  Exaspérés les Belges se vengèrent, non seulement par la publication d’une nuée de libelles, mais aussi par les meurtres militaires.

 

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Dans la capitale les malheurs d’une épidémie de peste venaient s’ajouter à ces troubles.  La population pauvre des quartiers de la rue Haute et de la rue de Flandre fut décimée.  Commencée en 1667 l’épidémie ne cessa qu’en 1669.  Elle fit 4000 victimes.

Gouvernement de Don Juan Domingo de Zuniga Y Fonseca Comte de Monterey (1670-1674).

 

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Jeune homme de 28 ans, intelligent, actif et bon.  Celui-ci fit aussitôt poursuivre les travaux de défense de Bruxelles, en prévision des menaces d’une nouvelle guerre.  On construisit un nouveau ravelin entre la porte de Namur et le bastion Saint-Jean ; on convertit en bastions les ravelins défendant les portes de Coudenberg, de Louvain et de Schaerbeek ; on édifia un ouvrage à cornes devant la porte de Schaerbeek, plus une demi-lune au village de Schaerbeek ; on compléta la défense de la porte de Hal par l’adjonction de trois bastions (dénommés Monterey, Castel-Rodrigo et Sainte-Claire) et d’un fort (dit de Monterey) élevé sur les hauteurs d’Obbrussel (Le souvenir de ce fort est conservé par le nom de la rue du Fort à Saint-Gilles). 

 

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Sur tout le pourtour de la ville on améliora la contrescarpe ; on couvrit en outre la ville basse par un cordon de ravelins et de retranchement protégeant spécialement la porte de Flandre et l’écluse du Chien, proche de la Porte du Rivage. 

 

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 Porte de Hal après rénovation

En juin 1672 Louis XIV déclara la guerre aux Provinces-Unies (qui venaient de conclure une alliance défensive avec l’Espagne).  Notre pays devait nécessairement en subir les contrecoups.  Le 1er juin de l’année suivante des éléments de l’armée française arrivaient en vue de Bruxelles et prenaient position sur les hauteurs d’Anderlecht.  Peu après la capitale était presque entièrement encerclée.  L’ennemi se livrait aux pries violences dans les campagnes environnantes.  Seules les communications par la porte de Namur demeuraient libres.   Cette situation pénible ne dura heureusement pas très longtemps, les troupes s’étant retirées du Brabant pour aller entreprendre le siège de Maestricht. 

Louis XIV n’avait cependant pas fait de déclaration de guerre à l’Espagne.  C’est celle-ci qui, après s’être alliée à l’Empire, déclara la guerre à la France.  Monterey fut chargé de la notification (16 octobre 1673).  Aussitôt la garnison de Bruxelles fut renforcée ; les maisons pouvant gêner le tir des batteries des portes de Louvain, de Namur et de Hal, furent démolies.  Mais les armées françaises se retirèrent derrière la ligne de la Meuse.  

Infos complémentaires :  

http://www.irismonument.be/pdf/fr/1060-developpement_urbanistique_1_saint-gilles.pdf

En 1674, le duc de Villa-Hermosa remplaçait le comte de Monterey à la tête des Pays-Bas.

 

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Gouvernement du Duc de Villa-Hermosa (1674-1680).

 

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info : http://www.reflexcity.net/bruxelles/communes/ville-de-bruxelles/quartiers/quartier-royal/rue-villa-hermosa

En 1677, la capitale fut à nouveau menacée (cette fois par l’armée du maréchal de Luxembourg).

L’année suivante la paix était enfin signée à Nimègue (10 août 1678).  Les Bruxellois purent se livrer à l’espérance de voir revenir des jours heureux.  Hélas, les circonstances étaient par trop défavorables : l’incompétence de la plupart des gouverneurs qui s’étaient succédé dans le pays, la lourdeur croissante des charges imposées par la guerre, les spoliations du trésor public par les fonctionnaires espagnols - de plus en plus nombreux dans les cadres de l’administration… tout s’opposait au retour d’une vraie paix ! 

Aussi, des heurts brutaux étaient-ils à redouter.  Lorsque en septembre 1680, le Gouverneur prétendit lever un impôt seulement consenti par les deux premiers Ordres – mais non encore par le Tiers-Etat, - l’émeute gronda dans les rues.  Les « nations » en étaient les animatrices.

Le mois suivant, une nouvelle fermentation populaire se manifestait à propos d’un autre impôt dit « droit de chaussée ».  Le Magistrat dut convoquer les serments, organiser des patrouilles nocturnes et tendre les chaînes au travers des rues aboutissant à la Grand’Place, afin de rétablir l’ordre.

 

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Gouvernement du Prince Alexandre Farnèse (1680-1682).

 

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L’agitation populaire redoubla sous le gouvernement de l’incapable Farnèse !  Le spectacle offert par cet indigne rejeton d’un homme illustre n’était pas de nature à l’apaiser !  Incapable de monter à cheval, le gros homme paradait en un superbe carrosse au milieu de la foule empressée de ses favoris italiens. 

C’est en pleine agitation, et sans avoir osé mettre ses menaces à exécution, que Farnèse quitta Bruxelles, où le Marquis de Grana vint le remplacer.

 

Gouvernement du Marquis de Grana (1681-1685).

A peine le nouveau gouverneur avait-il pris les rênes du pouvoir que les Français envahirent encore une fois le pays !  Le Brabant subit de nouvelles dévastations ; le maréchal fit feu aux maisons des villages de la cuve : 30 furent détruites au hameau de Koekelberg, 4 au village d’Ixelles (janvier 1684).  Par bonheur une armée hollandaise vint l’empêcher de faire le siège de la capitale.  Peu après (août 1684) les hostilités furent arrêtées par la signature de la trêve de Ratisbonne.  Le 19 juin de l’année suivante mourait le marquis. 

 

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Gouvernement du Marquis de Gastanaga (1685-1691).

 

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C’est au temps de son gouvernement que les Pays-Bas ressentirent les effets de la guerre dite de la Ligue d’Augsbourg (La France contre la Ligue, c'est-à-dire l’Empire, l’Espagne, la Suède, la Bavière et la Saxe).  Vainqueurs à Fleurus (1er juillet 1690), les Français s’avancèrent vers le Nord et détruisirent Hal, à 15 kilomètres de Bruxelles.  Gastanaga établit son quartier général à Schaerbeek.  Tous les villages de la cuve furent encombrés de troupes ; chargées de la défense du pays, celles-ci se livraient néanmoins aux pires excès, vivant entièrement aux dépens « du bonhomme », le pauvre paysan, éternelle victimes des guerres. 

 

Gouvernement de Maximilien-Emmanuel de Bavière (à partir du 26 mars 1692).

 

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Précédé d’une réputation extrêmement flatteuse à cause de ses succès contre les Turcs, il fut accueilli en sauveur.  Il ne put cependant empêcher les Français de remporter des victoires répétées sur les alliés.  Il ne put d’avantage empêcher le maréchal de Villeroi, de mettre le siège devant Bruxelles et de livrer cette ville aux horreurs d’un bombardement.  La ville était devenue un immense brasier.  Trois mille huit cent trente immeubles avaient été anéantis. 

 

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On profita des circonstances malheureuses pour rectifier, élargir et rehausser certaines rues, proches de la Grand’Place (notamment rue au Beurre, rue de la Colline et la rue des Chapeliers), pour réédifier, suivant certaines prescriptions, les maisons sans saillie sur la voie publique et pourvues dorénavant de gouttière conduisant les eaux de plus jusqu’au niveau du sol. 

Dans le dessein de favoriser la reconstruction, le Gouvernement autorisa la Ville à pratiquer des coupes dans la forêt de Soignes et l’exempta, pour un terme de trois ans, toutes charges et impositions à l’entrée dans le pays et dans la ville, de tous les matériaux destinés à la réédification des immeubles détruits.  Il permit aussi l’établissement d’un prix maximum du bois de charpente et d’autres matériaux de construction.

La signature de la paix de Ryswyck, en octobre 1697, vit à point stimuler le courage des bourgeois de Bruxelles. 

 

Le Régime Anjouin (1700-1711).

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Charles II, décédé le 1er novembre 1700, avait légué tous ses Etats à Philippe d’Anjou (Philippe V), petit-fils du roi de France Louis XIV.  D’où l’expression « régime anjouin » pour désigner le gouvernement franco-espagnol qui s’exerça dans les Pays-Bas catholiques de 1700 à 1711. 

L’avènement de Philippe V ayant été l’occasion d’une amnistie générale pour tous ceux qui avaient été impliqués dans les troubles politiques des années récentes, le nouveau souverain bénéficia d’un préjugé favorable auprès des « nations » bruxelloises.

Le 21 février 1701, les troupes de Louis XIV entrèrent dans la ville et en prirent possession au nom du roi d’Espagne.  Le 19 du mois suivant, l’archiduc Maximilien-Emmanuel, qui s’était secrètement allié à la France, abandonnait provisoirement le gouvernement des Pays-Bas (il reprit ses fonctions en octobre 1704) au marquis de Bedmar et se rendait dans ses Etats bavarois pour y lever des troupes destinées à combattre l’empereur d’Allemagne.  Ainsi se préparait une nouvelle guerre, dite de la Succession d’Espagne.

La déclaration de guerre fut publiée à Bruxelles le 16 août de l’année suivante.  En mai, l’armée française ayant été vaincue à Ramillies (Perwez), Bruxelles évacué, vit s’approcher l’armée des coalisés, commandée par le duc de Marlborough.  Ayant obtenu la promesse de voir respecter ses privilèges, la ville ouvrit le 28, ses portes aux vainqueurs.  Churchill frère de Marlborough (plus tard remplacé par le marquis de Pascale), fut investi du commandement de la capitale et des places voisines.  Il fit aussitôt réparer les fortifications et placer des herses de fer aux portes de l’enceinte.   De plus, il abolit toutes les innovations que les autorités françaises agissant au nom du roi d’Espagne avaient introduites dès 1700 dans l’organisation politique, administrative et économique.  Ces innovations tendaient à instaurer dans les Pays-Bas un régime de centralisation, comparable à celui qui caractérisait alors le royaume de France. 

Infos complémentaires : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pays-Bas_autrichiens

 

Au cours des années 1713-1714-1715, les traités d’Utrecht, de Rastadt et de Bade mirent enfin un terme à la guerre de la Succession d’Espagne.

Les Pays-Bas catholiques cessèrent d’appartenir à l’Espagne et passèrent sous l’autorité de l’Autriche. 

 

C’est à bon droit que le XVIIème siècle est considéré comme « Le siècle de malheur » de notre histoire.

 

LA CHANCE DE BRUXELLES.  

D’autre part, il importe de distinguer Bruxelles du reste des Pays-Bas.  Sa position de capitale lui valut une chance exceptionnelle.  Au temps des archiducs Albert et Isabelle, la Cour y fixa nombre de familles nobles, indigènes et étrangères, des ambassadeurs de tous les pays catholiques, des dignitaires de l’Eglise, parmi lesquels un nonce de pape.  Au dire de Pirenne, Bruxelles passait en ce temps « pour l’une des résidences les plus vivantes et les plus cosmopolites » de l’Europe.  La pompe et le luxe déployés par les souverains suscitaient l’admiration des étrangers de passage. 

La présence de cette « clientèle » riche et dépensière devait nécessairement provoquer un nouvel essor du commerce des produits d’alimentation et des articles de luxe.  L’orfèvrerie et, plus encore, la tapisserie se relèvent rapidement.  Plusieurs industries nouvelles s’installent et prospèrent.  Au premier rang d’entre elles : la confection de dentelles, de soieries, de velours, de cuirs rehaussés d’or à la façon d’Espagne, de carrosses.  Des raffineries de sel et des savonneries font aussi leur apparition.

L’élan pris pendant la trêve permit à la plupart de ces entreprises de continuer à vivre assez normalement au cours du quart de siècle qui suivit la mort de l’archiduc Albert. 

 

Pendant la seconde moitié du siècle, Bruxelles, à son tour, allait payer tribut à la guerre.  A mesure que les années se succédaient, les conditions de la vie économique s’y firent plus difficiles.  

06/07/2008

La petite Venise..proche de Bruxelles...Hofstade..la suite

 

 

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Avant-propos.

J’hésitais à développer ce sujet devant s’ajouter à celui concernant Hofstade, publié en juillet 2007. Je pensais qu’à côté de la plage la plus proche de Bruxelles, les autres emplacements « balnéaires » relevaient plus de l’histoire locale de Hofstade et d’Elewijt qu’à autre chose. Quels étaient ces établissements ? Disons qu’ils étaient des « baby shark shops » à l’instar des ces magasins qui s’agglutinent à proximité immédiate de nos grandes surfaces, souvent intégrés dans leurs murs extérieurs. C’est exactement le même phénomène à Hostade/Elewijt : rapide sur la balle, des ‘bébés requins’ se sont implantés à proximité immédiate des grands lacs. Ils sont trois : la Petite Venise, le Solarium et la Villa des Roses…

Pourquoi en parler malgré tout ? Parce qu’ils sont déjà tous des reliques méritant des recherches archéologiques et leurs vestiges abîmés seront d’ici peu totalement détruits. Ne lançons pas la pierre : nouvelles routes digne de ce nom, constructions nouvelles réhabiliteront l’espace cerné par la petite rivière, le Barebeek, affluent de la Senne, et une avenue qui déboule de l’autoroute. Les Brusselaires n’ignoraient pas ces stations de plein air. Dès lors, voici leur histoire.

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La Petite Venise dans toute sa splendeur et son pont des soupirs… La Petite Venise

En 1933, la société Gelders & De Gendt construit une sorte de petit château de style éclectique dont le motif répétitif est l’arche en plein cintre. D’aspect cubique, à deux étages, la construction s’érige sur le bord d’un lac artificiel dont les berges circulaires sont bétonnées. Le flanc sud comprend une terrasse couverte accessible par un pont de briques reposant sur une série d’arches. Ce pont aboutit à la chaussée de Tervuren. Etant donné que la clientèle pouvait s’adonner au canotage sur la douve, l’appellation ‘Petite Venise’ n’était qu’un clin d’œil ‘marketing’ assez habile. Cet hôtel restaurant, ouvert toute l’année, ne se posait pas en concurrent d’Hofstade-bains, sa clientèle étant plus huppée, il ne faisait que surfer sur la vague du succès de son voisin. Si dans un premier temps, une enseigne publicitaire pour une bière balafre la façade, celle-ci est remplacée par un lettrage « Chez Miss Hofstade » assez sympathique.

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Hélas, on n’aperçoit pas Miss Hofstade perchée sur ses compensés.

 

L’histoire est peu prolixe en détails pour la période de la guerre. Rappelez-vous que Hofstade était un centre de récréation allemand, puis une zone de réparation de véhicules gérée par l’US Army. On peut penser que la ‘folie’ a été utilisée par différents belligérants, mais sans preuve aucune. Dans l’après-guerre, le bâtiment devient le domicile d’un avocat, Maître Schiettecatte, pour passer dans les ‘sixites’ dans les mains du Mouvement chrétien « Rerum Novarum » qui construit à l’arrière du château un immeuble de vacances et un espace pour réunions. Le directeur, Jean Binst, et sa famille occupent alors le château dont le pont est partiellement remanié, tout comme le lac qui est réduit. De toute façon, les lieux conservent un charme désuet certain. Un charmant pigeonnier existe toujours dans le jardin…

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Monsieur Robert, un Byrrh sur glace comme d’habitude ?

 

Après le départ à la retraite de Jean Binst, l’agence de voyage « Ultra Montes » s’installe. Pour peu d’années. Le château étant considéré insalubre est démoli pour faire place à une construction moderne abritant le « Elewijt Center », proposant hôtel, salles de conférence, restaurants, parkings etc. La douve est réduite au quart. La « Petite Venise » n’est plus qu’un souvenir, malgré les pétitions pour une préservation intelligente. Imaginons qu’une partie du château ait été conservée et intégrée, la nouvelle construction eut un charme imaginatif fou. Maintenant, ce blockhaus paraît déjà vieux.

 Le Solarium

A quelques centaines de mètres, au nord nord-est du château, un autre établissement prend forme sous la houlette des mêmes entrepreneurs que ceux de la « Petite Venise » et cela à la même époque.

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Le succès est attendu en cette période de guerre. 

Belle diversification : ici, le maître d’hôtel à jaquette blanche fait place au ‘gentil maître-nageur en marcel’. Un bâtiment café, qui existe toujours reconverti en habitation, affublé d’un fronton à degrés présente, à l’arrière, une terrasse au-dessus des cabines de déshabillage. L’idée est d’offrir une solution sociale un brin au-dessus de celle d’Hofstade.

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Tous les arbres qui ont percé le tarmac ont été coupés. 

Les inventeurs du site ont de l’imagination : une piscine conventionnelle, un magasin cafétéria et vente de souvenirs, une deuxième piscine en forme d’étang qui jouxte le Barebeek, un coin kermesse et d’amples possibilités de surveillance des gosses sous parasols. La piscine est une 25 mètres conventionnelle bâtie de briques recouvertes d’une épaisseur de ciment pour ses flancs et son fond ; avec plongeoir et escaliers.

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A noter le tronc d’arbre près de l’escalier et le plongeoir. 

La mise à eau est effectuée par une pompe artésienne tirant la nappe phréatique à quelques 35 m sous terre. La dalle de béton recouverte par une plaque métallique est toujours visible. A une époque incertaine, la longueur de la piscine fut raccourcie de quelques mètres peut-être à cause de problèmes d’adjonction d’eau, les traces sont visibles.

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La prise d’eau via puits artésien et le massif de remplissage du faux lac.

 

Au niveau de la grande profondeur, un dispositif ingénieux permet d’alimenter en eau le lac artificiel, la grande mare aux canards. Celui-ci est aussi entièrement cimenté, formant une espèce de cercle irrégulier dont une issue de béton semble rejoindre le Barebeek. De prime abord, je pensais que la rivière alimentait cette piscine. Or, Alain Mulkay m’a permis de découvrir l’envers du décor. Le massif du déversoir est toujours en place et mériterait une classification si il y avait une éventuelle préservation.

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Les croquis présentés doivent provenir de la belle patte de Wilfried Roels, toutefois sans certitude…

  

Quand j’ai visité le site, en hiver, le propriétaire des lieux avait coupé tous les arbres. Ils avaient percé les tarmacs !, des arbres de 20 cm au tronc. Début 1960, l’affaire est arrêtée et le terrain est acheté par les familles Putseys & Vandendries. Les activités sont abandonnées et les terrains du pourtour loués pour y ériger des bungalows.

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Cela ne vous est-il jamais venu à l’idée de rouler à vélo dans une piscine ? 

Toutefois, la piscine a encore été utilisée par la jeunesse des alentours. Des bungalows, en 2008, ne subsistent que les fondations. Au centre de cette piscine improbable, j’éprouvais une drôle de sensation, celle d’avoir remonté le temps. Curieusement, lors de tout notre périple, un rouge-gorge nous a suivi, prudent le rigolo, pas à plus d’un mètre, quand même. On s’en étonnait, voici son portrait.

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 La Villa des Roses

Au sud est de la « Petite Venise », toujours à quelques centaines de mètres, voici le troisième ‘baby shark’. Ici, encore, le Barebeek aura son influence en matière de divertissement. L’affaire est lancée en 1935 sur le terrain de la famille Tordeur & De Wael qui y érigent un bâtiment atelier de menuiserie et de métallurgie. Celui-ci est transformé en 1943 en café et cabines de déshabillage. Rappelons qu’Hofstade étant fermé, la foule avide de distractions sportives se pressait pendant la guerre…

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La piste de danse en marbre se situe entre le chalet et la piscine, Lambeth Walk obligatoire !

 

On trouvait une série de bungalows de vacance, un potager, des balançoires et moulins, une piste de danse en marbre et la piscine de quelque vingt mètres de long sur douze de large à rebord bétonné et pourvu d’une balustrade. L’admission d’eau devait se faire aussi par puits artésien puisque subsiste une pompe.

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Etat actuel et la pompe rescapée vu les tranchées récentes. 

L’originalité vient de l’aménagement du Barebeek : une ellipse de 20 m de large sur 40 m de long est aménagée dans le lit de la petite rivière et équipée d’un ponton plongeoir. De nos jours, mis à part le café et ses dépendances – abandonnés ? - qui existent encore, plus rien n’est visible. Quant à savoir quand l’exploitation du site a pris fin reste énigmatique.

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Succès de foule indéniable, remarquez la balustrade. 

Des travaux de voiries étant déjà engagés lors de ma visite en hiver, j’ai repéré dans une tranchée un soubassement de béton à l’emplacement de la piscine. Quand on regarde en aval du Barebeek à partir du petit pont récemment rénové, on peut deviner la courbe gauche de l’ellipse de la piscine en eau vive. On barbotait donc là il y a cinquante ans ou plus, aujourd’hui un nageur de combat en combinaison NBC hésiterait à sauter du pont !

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Le flanc gauche indique l’ellipse de la cours des grands.

 

Comme quoi, ces courtes investigations d’histoire locale peuvent révéler la dégradation de notre environnement. Dans le même ordre d’idée, le grand photographe Ara Güler explique dans le dernier numéro du magazine « Réponses Photo » : « Photographe c’est un métier de magicien, tu ramasses tout ce qui est déjà fini. Tu ramasses les souvenirs et la photo, c’est la preuve que tout cela a existé. On est des créateurs de fantômes ». Voir Venise et mourir.

 

Robert Dehon

 

Remerciements

A Alain Mulkay, guide émérite, qui m’a proposé des documents photographiques, et Raymond Waeyenbergh, vice-président du « Heemkundige Kring Hertog Hendrik I Vilvoorde ». Sans leur coopération, rien n’était possible ! Zonder hun meedewerking was niets mogelijk !

 Sources

« Nieuw-Zemst bij leven en welzijn », André ver Elst, Het Streekboek, 1990.

« Zeven eeuwen heerlijkheid Perk-Elewijt, het mooie land van Rubens en Teniers », Jos Lauwers, Heemkring David Teniers-Perk, 1997.

Ces deux livres sont malheureusement épuisés depuis longue date.

Pour les amateurs de Google Earth, la zone est visible dans une bonne définition : 50° 58’ 30 N & 4° 30’ 05 E.

 

Si comme Robert, vous désirez prendre la plume et créer un bel article pour le blog, n'hésitez pas....envoyez-le moi et je le publierai avec grand plaisir...

 

  

21/03/2008

Les premiers tramways bruxellois

 

 

porte louise et tram

Porte Louise 

Petit résumé : (j'ai bien dis ... ;-)....je ne prétends pas avoir rassembler toutes les infos pour recréer l'histoire) ...Mais ceci est déjà intéressant

C'est dans le haut de la ville que sont apparus les premiers Tramways de Bruxelles. Grâce à la construction de l'avenue Louise et le succès des ballades au Bois de la Cambre.

place stephanie et tram

 

Il n'y avait que les chemins de fer qui assuraient le trafic intensif.   Quelques omnibus  assuraient le transport en commun des voyageurs mais ce n'était plus suffisant.   

tram cheval

 

En Amérique déjà, il existait des lignes d'omnibus sur rails.  Comme l'activité était devenue intense dans Bruxelles, la possibilité d'exploiter un chemin de fer américain devenait impérative.  Le coût de l'entretien des chevaux était élevé ! L'état de la voirie bruxelloise n'était pas non plus idéal pour envisager une installation rapide. 

Le Collège étudia la question...

 

C'est l'Échevin Watteeu qui prit la décision d'installer une seule et unique ligne de chemin de fer américain....

Celle-ci allait relier le centre de la ville au Bois de la Cambre.  Il n'était pas possible d'envisager le même type de transport sur une avenue en pente par exemple le Botanique !  Trop dangereux disait l'échevin....Et qui allait assumer la responsabilité en cas d'accident ?   Que deviendraient les voyageurs dans une voiture descendant une avenue à toute vitesse ? 

botanique avenue

 

Après de longues négociations, en 1869 le premier tronçon de la ligne Porte de Namur - Bois de la Cambre était actif.

Faute de budget, ce fut un groupe financier anglais qui apporta l'aide nécessaire.

 

Peu de temps après d'autres lignes furent construites :

Porte de Schaerbeek - église Royale Sainte Marie

royale ste marie et tram

Chaussée d'Haecht - rue Teniers en prolongement de la Porte de Schaerbeek...

chaussée d'Haecht et tram

Pour les rues à faibles pentes, les véhicules étaient tirés par 2 chevaux.

 

Ce transport n'était pas à la portée de toutes les bourses  et l'attente entre chaque voyage était longue puisque la ligne établie était à voie unique.  Malgré le bon accueil, le public n'était pas satisfait.

boitsfort chée d la hulpe tram

(Vers 1874, la compagne Morris doubla les lignes).

 

Après le voûtement de la Senne, il fut nécessaire de faire un trait d'union entre les gares du Nord et du Midi.  L'administrateur Albert Vaucamps qui était à la tête de l'entreprise la plus importante de transports en commun de la capitale, obtint le chantier permettant de relier celles-ci.

 

Pour le tout nouveau Quartier Léopold, c'est  la Société Becquet qui fut choisie pour l'entreprise et l'exploitation des lignes de tramways.

En 1874, cette société transfèrera ses privilèges dans une S.A au Brésil.  Le nouveau nom d'exploitation sera : Société Brésilienne des Tramways....

Vu les coûts élevés des entretiens des véhicule et le manque de rendement, elle fusionna avec les Tramways Bruxellois  en 1879.

bourse tram 1916

Comme il y avait trois lignes de chemins de fer américains qui desservaient le centre et l'agglomération, la gestion des parcours devenait difficile.

 En 1872, la ville de Bruxelles envisagea la fusion entre ces compagnies. 

bourse tram point central

Certains actionnaires étaient assez réticents face à cette proposition et les négociations furent difficiles. 

C'est en 1874 qu'un accord fut signé et on désigna la nouvelle société ‘Les Tramways Bruxellois'

Le siège était situé rue du Vautour 47-49 à 1000 Bruxelles dans les bureaux de la société Vaucamps.

barrière et tram

En 1881, les Tramways Bruxellois possédaient un réseau étendu sur près de 50 km.

boitsfort commune et tram

En 1892, on déclara la société des Tramways Bruxellois propriétaire et concessionnaire officiel des lignes....Il n'y avait plus de discussion possible au sujet de la légalité.   

chée d'Alsenberg

 

etterbeek rue G. Leman

 

laeken le pont

 

pl pavillon et tram

 

 

porte de ninove et tram

Et dans un passé moins lointain ...

tram porte de Namur

Les trams en surface...Porte de Namur...

tram place stéphanie

Place Stephanies (entrée avenue Louise)

bourse camion

Tram en surface à la Bourse...

 

 

 

17/03/2008

De la Madeleine à la prison de Vilvorde.

  

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Quels sont les liens entre la petite rue de la Madeleine, située au centre de la Capitale, hélas disparue lors des travaux de la Jonction, et la « Correction » de Vilvorde ? Ils sont deux : d’abord l’anecdote développée par Louis Quiévreux, ensuite le fait que l’énorme bâtiment qu’est l’ancienne prison de Vilvorde sera visitable après tant d’années d’abandon.

 

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  La chapelle de la Madeleine et son appendice, la chapelle Saint-Anne, transplantée de la rue de la Montagne ; la flèche indique la petite rue de la Madeleine. 

 

Débutons par Quiévreux. Ainsi en 1838, à un endroit inconnu de la petite rue de la Madeleine, se situait un cabaret tenu par un étrange personnage. Le tenancier, nommé Wallop, s’était reconverti… car en fait il avait été un des aumôniers de la prison de Vilvorde, appelée « la Correction ou ‘Tuchthuis’ en néerlandais ». Il avait été chassé suite à quelques problèmes avec le directeur de l’établissement pénitencier ; ou avait-il simplement fuit son sacerdoce ? Son ‘caberdouche’ marchait bien car notre homme, la langue bien pendue, régalait sa clientèle à la fois de ses aventures et de bières fines accompagnées de genièvre. « Les récits du curé cabaretier avaient une telle saveur, un tel piquant, que tout Bruxelles se pressait dans la petite rue de la Madeleine pour les entendre… explique Quiévreux ». Faut-il rappeler que ce quartier de l’église de la Madeleine était « the place to be » au début du 19e siècle ? Quel était l’emplacement de la ruelle ? Elle devait longer l’église de la Madeleine pour peut-être joindre la rue de l’Infante Isabelle, du temps où ce lieu de culte était cerné de maisons à l’instar de l’église Saint-Nicolas. Ce qui était encore le cas après guerre avant les travaux de la Jonction.

 

 

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L’ancien quartier où filait la petite rue de la Madeleine. 

 

Le succès lui montant à la tête, Wallop décide d’imprimer un mémoire contre le directeur de la prison qu’il dédicace à Monseigneur Englebert, archevêque de Malines et il le diffuse, ni plus ni moins ! Si bien que le directeur, nommé Leduc par Quiévreux pour ne pas offusquer ses descendants, porte plainte pour calomnie.

L’affaire passe en justice en avril 1838 et offre son lot de révélations. Le directeur Leduc s’était érigé en dictateur de la prison : maltraitement des prisonniers, nourriture infecte, détournement de biens… et un intérêt très vif pour les jeunes et avenantes prisonnières. En effet, la Correction est mixte ! Si bien que, vu les remous du procès, une prisonnière dépose contre Leduc et donne les détails croustillants de ses agissements. « L’amusement favori du directeur était de faire, le soir, la ronde dans le dortoir des femmes. Passant d’un lit à l’autre, il soulevait les couvertures… ». Bref, une ambiance concentrationnaire se dégage de cette attitude. Il y aura bien entendu des incidents au cours du procès qui finissent parfois en éclats de rire, et rapportés dans la presse. La loi est la loi, le directeur est renvoyé et Wallop, le prévenu, condamné à trois mois d’emprisonnement, cinq ans de privation des droits civils et à 50 francs d’amende. Il doit aussi publier à cent exemplaires l’arrêt de la Cour ! « Wallop rentra dans son cabaret et se remit à servir force half-scheuts et strieps pour payer les frais de son procès ». Je rejoins Quiévreux pour poser la question : pendant combien de temps ? On l’ignore !

 

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Le porche du corps de garde vu de la berge droite de la Senne ; notez la poterne donnant sur un mystérieux tunnel. 

 

Fin 1779, sous l’impulsion du prince Charles de Lorraine, nous sommes sous le règne de l’impératrice douairière et reine Marie-Thérèse des Pays-Bas Autrichiens, est achevée la Maison de Correction provinciale du Brabant à Vilvorde. Elle est construite sur un terrain très proche du château de la ville, aujourd’hui disparu, mais pendant l’aménagement des berges de la Senne, les fondations de la fortification ont été redécouvertes sur la berge droite, à proximité du pont datant de 1880. L’architecte attitré de Charles de Lorraine, Laurent-Benoît Dewez, en fixe les plans. La Correction se situe donc entre l’actuel canal de Willebroek et la Senne. Le bâtiment à l’origine couvre une superficie de 1,8 ha, soit un quadrilatère de 190 m de large pour 63 m de profondeur, soit une surface totale comprenant le mur extérieur de 3 ha. La façade principale est précédée d’un porche corps de garde à proximité de la rivière. La construction verra son implantation modifiée au cours des temps : destructions, constructions, ajouts modernes… de même que ses affectations !

 

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Plan de 1779 exécuté par J-B. Provost en 1784 et croquis simplifié du complexe avec le château et l’église de Vilvorde.

 

 

La portion centrale de l’édifice correspond au style néoclassique, tandis que le reste revêt un aspect nettement plus pratique ! De part et d’autre de la section administrative et des appartements du directeur, partent deux sections d’emprisonnement : à gauche, les hommes ; à droite, les femmes. Haute de quatre étages de cellules, ces constructions se prolongent à angle droit vers le canal pour s’achever par une aile arrière qui ferme le quadrilatère de la Correction. De chaque côté des ailes perpendiculaires se trouve une chapelle réservée à chaque sexe. Wallop galope donc dans ces lieux dédiés à l’âme.

 

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Le bâtiment central, logement du directeur. 

 

Prison mixte ? En effet, les autorités de l’époque n’envisageaient pas uniquement confiner les délinquants mais avaient une politique plus large qui s’articulait sur les principes suivants : punir par le travail ceux qui avaient échappé à la peine de mort, nettoyer les villes des sans-logis et autres vagabonds tout comme les prostituées. Dans une certaine mesure à Wallop d’accélérer leur rédemption… La Correction, dans l’esprit de l’époque, peut être considérée moderne puisque la notion de ‘travaux forcés’ est mise en pratique d’où ces immenses halls devant accueillir des ateliers.

 

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Immense hall pour atelier, le parachèvement de briques est typique de l’architecture militaire de l’époque.

 

 

Ce qui n’empêche pas les critiques, ainsi Alphonse Wauters rapporte les remarques de l’abbé augustin Derival (en fait Pierre Damiens) : « les cases sont éclairées par des meurtrières de 4 à 6 pouces de haut sur 8 à 9 de large et par une ouverture à peu près semblable exécutée dans une porte qui donne dans la galerie servant de débouché de 50 à 60 de ces cases. Cette galerie, beaucoup trop basse, les ateliers, les salles de travail, la chapelle, l’infirmerie, la boulangerie, etc., tout manque également d’harmonie ; rien n’est placé où il devrait être ». Wauters les confirme d’ailleurs : « Ce que l’on peut reprocher à Dewez, c’est le peu d’ornementation de la prison ; elle forme un quadrilatère régulier percé de plusieurs rangs d’embrasures. Sauf du côté de la porte et du bout sur la Senne qui la précède, elle offre l’aspect le plus triste et le plus monotone ». Mais fallait-il s’attendre à autre chose pour une telle fonction ? Contemplez un édifice carcéral actuel pour vous faire une opinion !

 

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Le cheminement vers la cellule : escaliers, grilles… 

De 1794 à 1815, l’énorme bâtiment est affecté en tant qu’hôpital militaire. Puis, jusqu’à 1871, il retourne à une fonction de prison d’Etat. A partir de cette date à 1913, il sert de prison disciplinaire militaire, ensuite, pour une année, il devient une caserne des Carabiniers. Pendant la Première Guerre mondiale l’infrastructure sert de lieu d’internement de prisonniers politiques par l’armée allemande d’occupation. Le 31 mai 1919, l’usine d’explosifs Flavier, à 700 m de là, voit une énorme déflagration qui met le feu aux toitures de la Correction. L’aile longeant le canal est détruite ainsi que des portions des ailes de flanc.

 

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Coursive large et cellule sans doute d’isolation. 

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’occupant nazi récupère à nouveau l’infrastructure pour l’incarcération de prisonniers politiques. De 1945 à 1975, nouvelle utilisation en tant que casernement pour les troupes des Transmissions de l’Armée, les chambrées de 70 lits sont sous les combles. Dans cet intervalle, deux ailes de trois étages sont construites de part et d’autre du bâtiment central et le reste du bâti est fortement modifié, surtout au niveau des fenêtres. Les années cinquante voient encore des destructions ou l’érection de quelques bâtiments extérieurs pour le compte de l’Armée. Puis, à nouveau, s’ensuit un lent abandon définitif.

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Encore quelques pas et vous y êtes ! 

 

En 1981, la ville de Vilvorde devient propriétaire des lieux et y installe ses services techniques. Il faut attendre 2006 pour que les parties historiques soient protégées par les Monuments et Sites et 2007 pour voir le début de la restauration et de la rénovation. Il faut saluer les autorités communales de Vilvorde qui, pour réhabiliter cette zone du canal, ont choisi la solution du développement durable : la conservation de ce vestige historique somme toute incomparable puisque seul et unique en Belgique !

 

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Un graffiti de prisonnier, dit « le zodiaque ». 

Quant aux liens entre la petite rue de la Madeleine et la Correction comme relatés en début d’article, relisons ces lignes de Wauters : « En 1835 parut à Bruxelles un curieux pamphlet dont l’auteur paraît avoir voulu, par un plaidoyer pro domo, du reste maladroit et écrit en un style alambiqué et ridicule, intéresser le public à des déconvenues personnelles peu intéressantes ». La source est une plaquette d’un certain De Jumne intitulée « Vices et intrigues de la maison de détention » publiée à Bruxelles en 1835. Des noms sont cités mais comme Quiévreux je maintiendrai l’anonymat… En tout cas pas un mot du sieur Wallop ! Curieuse histoire !

 

 Robert Dehon   Wall_Win

Bâtiment des geôles des femmes avant restauration.  

 

Je remercie vivement Raymond Waeyenbergh, vice-président du « Heemkundige Kring Hertog Hendrik I Vilvoorde », pour son aide documentaire et pour m’avoir fait visiter la « Tuchthuis » avec toutes les facilités de prises de vues. Actuellement, la Correction est encore un vaste chantier mais des visites de groupe seront possibles (commentaires en néerlandais ou français) dans quelque temps. Vous serez tenu informés sur ce website.

Sources

« Bruxelles notre capitale », Louis Quiévreux, éditions PIM-Services, ca 1951

« Het voormalige tuchthuis van Vilvoorde », Dieter Nuyten et al, M&L, Ministerie van de Vlaamse Gemeenschap, nr. 1, 2006.

« Histoire des environs de Bruxelles », A. Wauters, 1972.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore une fois, MERCI  Robert Dehon pour la qualité qu'il apporte au blog avec ses formidables articles.

Sophie

18/06/2007

Notre Dame au Rouge

 

Voici ce que l’on en dit vers 1850 :

-La chapelle de Notre-Dame-sur-Senne, plus connue encore sous le nom de Notre-Dame-au-Rouge, est rue d’Anderlecht.  On appelle cette Madone, dont la chapelle est bâtie sur pilotis au-dessus d’un petit bras de la Senne, Notre-Dame-au Rouge, parce qu’on l’invoque contre la fièvre scarlatine : elle est la patronne du quartier.

 

On dit aussi qu’il s’agit de « Onze-Lieve-Vrouw ten Raad ».  Notre-Dame de Bon Conseil. Il y a plusieurs suppositions quant au mot « Raad » mais je laisse cela aux historiens…

 

Vers 1500 le long de la chaussée d’Anderlecht (rue Van Aertevelde aujourd’hui s’étendaient des champs et des prairies. 

 

Pour Sophie

 

 

Vers 1700 les habitations se groupaient dans les rues de Vierges, des Potiers, du  Vautour, du Poivre, des Chats, d’Anderlecht jusqu’à une vaste étendue où il n’y avait pas d’habitations…le « Bemt » (la prairie) qui allait de l’actuelle place Anneessens jusqu’à la Porte d’Anderlecht.  C’est sur cette prairie qu’allaient naître plus tard, les rues de Bodeghem, d’Artois, des Foulons et de la Caserne.  Un bras de la Senne coupait perpendiculairement la chaussée d’Anderlecht.  C’est sur le pont de cette chaussée que se trouvait la chapelle de Notre-Dame-au-Rouge. 

 

On note aussi rue d’Anderlecht l’établissement célèbre « Au Vieux Saint pierre » …On dit que Erasme lors de son séjour à Anderlecht, descendait jusqu’à cette auberge. On dit aussi que la décoration de cet endroit était très particulière…au mur il y avait toutes d’objets insolites.

 

La célèbre Kermesse de cet endroit était l’une des plus folklorique de Bruxelles.

 

Ancien combattants Navets

 

 

Les anciens combattants de la rue des Navets

 

Enterement

 

 

Enterrement à la rue des Navets...

 

 

 

Rue des Navets : visible imp. De la Maternité + où il y a les pompes funèbre = une très grande cour avec un atelier de menuiserie du ‘kiste mouker’ du quartier
Charles Rocus, il faisait mes épées en bois gratuitement et pour les autres kets aussi. (moi, j’étais mieux servi car de la strootje)

 

Swa van klan Mariajte

 

 

Swa van Kla Mariajte – rue des Navets – Plus petit café et magasin de boule de Bruxelles ! Comme chaque année la visite du Bourgmestre de Bruxelles pour l’ouverture de la kermesse

Kermesse Notre dame au rouge

 

 

Kermesse Notre Dame au Rouge – rue des Navets 1919.

Rue d’Anderlecht (dans le fond la place Fontainas)

 

Notre Dame au Rouge - A la Bourse

 

 

La « sossieté » de Notre Dame au Rouge à la  Bourse.

 

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Pierrot au Petit Château (6/12/61) + Michel Decembre (Saint Gille + ????

 

Commentaires et photos de Pierrot Heymbeeck

 

Un énorme merci Pierrot...