UA-38716482-1

17/09/2014

Hôpital Saint Pierre

Hôpital universitaire St Pierre

Vaste complexe s’étendant entre les rues Haute, des Faisans, aux Laines, Montserrat et de l’Abricotier.

vue de la rue haute à l'époque.jpg

A l’origine s’y trouvait une léproserie remontant à la 2ème moitié du XIIème siècle, installée à l’extérieur de la 1ère enceinte.  Placée en 1270 sous la protection du duc Jean 1er, elle connaîtra alors une période florissante et de reconstruction au XIIIème siècle, suivie d’un déclin dès le XIVème siècle, dû à une régression des soins de santé.

En 1611, elle est convertie en couvent pour les Augustines contemplatives.  Suite à la suppression du couvent en 1783, les bâtiments ont été réaffectés comme «Hospice Royal », rebaptisé plus tard « Grand Hospice Civil », puis « Hospice St-Pierre » sous l’occupation française, placé sous la tutelle de l’Administration des Hospices.  A partir de cette époque, l’hospice connaîtra une expansion considérable comme l’une des trois institutions de soin les plus importantes à Bruxelles, avec l’Hospice de l’Infirmerie et l’Hospice St-Jean, initialement destinée aux infirmes et aux incurables, spécialisée dès 1801 dans les maladies graves, l’obstétrique, les affections contagieuses et la chirurgie.

hopital st pierre.jpg

 

 

Nouvel hôpital de style néo-classique construit sur les plans de l’architecte A. Partoes de 1848 à 1859, avec agrandissements ultérieurs.  Vers 1920, construction de l’actuel hôpital universitaire par la ville de Bruxelles, la C.A.P. (actuel CPAS) et l’U.L.B., avec le soutien de la Fondation Rockefeller, jouxtant les locaux de la Faculté de médecine et ceux de l’Ecole universitaire d’infirmières Edith Cavell-Marie Depage.

hôpital st pierre 2.jpg

hôpital st pierre 3.jpg

hôpital st pierre 4.jpg

hôpital st pierre 5.jpg

Complexe construit sur les plans de l’architecte J-B. Dewin de 1926 à 1932 ;

 

hopital st pierre rue haute 296 croquis perspectif extr. de l'e.jpg

hôpital st pierre inauguration.jpg

hôpital st pierre inauguration 2.jpg

pose de la 1ère pierre en 1929 et inauguration en 1935, constitué d’un bâtiment central ou Hôpital Général, d’un pavillon d’isolement au n°35 de la rue de Montserrat, d’un bâtiment administratif, d’un home et d’une école d’infirmières à la rue Haute, de la chapelle et de la morgue au n°103 de la rue aux Laines.

marolle vue du ciel.jpg

hôpital st pierre lits.jpg

Capacité initiale de 545 lits, avec possibilité de 100 lits supplémentaires.

entrée hôpital actuel.jpg

A l’angle de la rue des Faisans, pavillon d’entrée d’un seul niveau sous toiture mansardée couverte d’ardoises. (Source Le patrimoine monumentale de Belgique)

salle de consultations.jpg

Salle de consultations

hôpital st pierre infirmières.jpg

Salle de repos

réfectoire des infirmières.jpg

Réfectoire des infirmières 

hopital st pierre et cour intérieure.jpg

hôpital st pierre terminé.jpg

infirmières au balcon.jpg

 Monuments à l’intérieur de St Pierre

 

Statue du baron L.-M. Seutin (1793-1862) par le sculpteur W. Geefs, datée de 1875 ; et celle de A. Depage (1862-1925) par le sculpteur G. Devreese. 

08/03/2013

Nos estaminets et belles brasseries d'autrefois

 

caveau bruxellois.jpg

Tantôt pauvre, tantôt riche, le bruxellois a de tous les temps eu la réputation d’un bon vivant… aimant boire et manger…

Après tout, la Belgique n’est-elle  pas le pays de la bière !

Ce qui explique, en partie, la présence sur le territoire de Bruxelles de tant d’estaminets à l’époque.

 

charette brasseur.jpg

Au début du 20ème siècle, l’industrie brassicole constitue un secteur très important dans l’économie de Bruxelles.  Les commerçants de la bière se regroupe en quatre catégories :

Les malteurs, qui font germer l’orge

Les brasseurs qui préparent les brassins

Les marchands de bières qui approvisionnent les débits de boissons

Les cabaretiers qui sont les détaillants

 

gueuze becasse.jpg

Principales bières sont la gueuze, la kriek, le lambic, le faro et la bière de mars.

 

brasserie la monnaie st gilles.jpg

 

brasserie moeremans rue de launoy 145.jpg

 

brasserie phénix koekelberg.jpg

S’ajoutent à nos brasseries, des bières venues de province comme la Diest, la Peterman, La Uytzet, la Bormemn la Pittem, l’Oudenaarde etc…

au vieux st pierre marchand de bières rue de flandre 129.jpg

Statistique du nombre de débits de boissons relevés en 1882 (Avant la loi Vandervelde).

Bruxelles             3.268 débits

Saint Josse          513 débits

Molenbeek         943 débits

Laeken                 464 débits

Ixelles                  753 débits

Saint Gilles          662 débits

Schaerbeek         727 débits

Anderlecht          530 débits

Etterbeek            239 débits

Soit un total de 8.099 débits de boissons. 

 

estaminet au cercle d'or bxl.jpg

 

L’estaminet dans les années 1880 d’après Camille Lemonnier (contes flamands et wallons)

L’auteur écrit : « … sous les animaux fabuleux dont la dénomination correspond au nom de l’endroit, vous apercevez généralement ce mot, ESTAMINET, qui sert à désigner les misons où l’on consomme spécialement de la bière.  Ce n’est pas le café wallon tapissé de papier à fleurs, d’une gaîté faite pour amuser l’œil, et qui le retient par des coquetteries d’images et de glaces et les bariolures de ses comptoirs reluisants de verres de couleur.  Ici règne une simplicité rudimentaire : au mur, des affiches de ventes notariales jaunes et bleues pour tout ornement, quelquefois des cages où s’égosillent des canaris, un cadran émaillé pareil à un gros œil-de-bœuf, ou une vieille gaine sculptée d’horloge. »

brasserie d'époque aiglon.jpg

« Visiblement », poursuit Lemonnier, « toutes distraction qui pourrait troubler le client dans la dégustation du liquide fermenté est écartée comme attentatoire à la gravité de cette occupation ; une antichambre officielle n’a pas plus d’austérité, et les gens qui sont assis autour des tables, sérieux, un peu endormis, avec des gestes automatiques, participent de la sérénité qui semble l’atmosphère de ces lieux ;  Par surcroît, des pancartes accrochées au-dessus des têtes rappellent au respect de l’ordre les buveurs que des libations répétées pousseraient à s’échauffer outre mesure ; telle dit très nettement : Hier het is verboden te vloekken (ici il est défendu de blasphémer) ; telle autre enjoint de ne pas chanter.  Aussi n’entend-on s’élever souvent de ces réunions, parfois très nombreuses, qu’une sorte de ronflement général et comme le bruit assoupissant d’une troupe tournant sur elle-même. »

 

Au Merlo café restaurant.jpg

Au Merlo uccle rue de neerstalle 209 verso.jpg

« La plupart des estaminets de Bruxelles ont d’ailleurs une clientèle spéciale, qui varie peu ; il en est où un intrus serait mal venu de s’introduire ; chacun, par une coutume tacite, observée par les autres consommateurs, conserve sa place à la table qu’il a choisie dès le premier jour, comme une propriété que personne ne s’avise de lui disputer. 

bisto époque.jpg

 Les soirées passée à boire de la bière en fumant du tabac et en jouant aux cartes ou aux dominos sont une habitude si régulière de la vie bruxelloises qu’aucun évènement n’en peut distraire ceux qui l’ont contractée ; on rencontre fréquemment autour des tables des pères qui ont marié dans la journée leurs filles, des maris qui viennent d’enterrer leur femme, des gens d’affaires sous le coup d’un désastre financier ; et le médecin, l’avocat, le juge, le fonctionnaire, les hommes politiques les plus considérables se rassemblent au cabaret, aussi bien que le petit rentier, le boutiquier et le maçon devenu propriétaire. 

berchem ste agathe café rest hotel a l'aviation.jpg

C’est un trait des mœurs locales que cette égalité de toutes les classes dans la tabagie enfumée où, pour douze centimes, le pauvre et le riche s’achètent une place chaude, un bien-être engourdissant et la liberté de déblatérer contre les jésuites, les gendarmes et le pouvoir, s’il leur en prend envie. 

 

boitsfort café pré de agneaux.jpg

 

Aussi, par ces côtés, l’estaminet est-il presque toujours une institution : on s’y rapproche, on s’y juge, on s’y connaît, les affaires s’y traitent, les marchés s’y négocient ; et, les jours de bourse surtout, le nombre de verres vidés y suit la proportion des transactions conclues ».

brasserie de la monnaie.jpg

« Presque toujours », conclut notre auteur, « une société, constituée soit pour le plaisir, soit pour la défense d’intérêts définis (et le chiffre des unes et des autres est considérable dans ce pays dont l’association constitue l’un des principes essentiels), choisit un estaminet pour y établir son local et y tenir ses séances ; de même les meetings, les conférences, les assemblée pour délibérer sur les actes publics s’installent de préférence dans le voisinage des pompes à bière.

C’est là que se complotent la ruine ou le triomphe des ministères, que les oracles doctrinaires et socialistes se font entendre, que se façonnent les fortunes politiques : c’était de là que partait, en 1830, le triomphe de la Révolution ».  

estaminet 18ème.jpg

Il faut savoir que l’estaminet d’autrefois ne ressemblait pas du tout à celui d’aujourd’hui.  Il y avait aussi, l’estaminet dit « le  bac à schnick » où l’on servait principalement le genièvre. Beaucoup débitent des liqueurs fortes et, accessoirement seulement, de la bière.  Il n’est pas rare de trouver, dans Bruxelles, des liquoristes qui écoulent une « pipe » de genièvre (environ 6 hectolitres) en 3 semaines !

 

molenbeek cafe leopold bld leopold II 74.jpg

Bld Léopold II 74

Quelques objets incontournables de l’estaminet :

 

déboucheur de geuze.jpg

Le déboucheur à gueuze avec un bac à égoutter les verres à gueuze (qui ne pouvait pas être essuyés) !

genièvre tonneau mise en bouteille.jpg

Un fût de faïence contenant le genièvre

Divers cruchons et verres dont notamment les verres à gouttes au fond très épais

pot à bière en faience bleue de bxl.jpg

Chope à bière d’un litre un faïence bleue de Bruxelles

Au mur, diverses affiches d’activités communales

répression ivresse affiche.jpg

Le fameux extrait de la loi sur la répression de l’ivresse

God Ziet Alles.jpg

Un chromo représentant l’œil de Dieu avec la mention God ziet alles ; hier vloekt men niet !

zoegeman.jpg

Et puis il y a le « zagemanneke » que le « baas » mettait en mouvement lorsqu’un client quelque peu éméché « sciait » en paroles les autres clients au comptoir.

 

brasserie du sportman rue du radis 18.jpg

On y trouve aussi :

Un bac destiné à recevoir les jeux de cartes, une petite table avec un schietbak dans lequel on jouait avec des petits disques en laiton.  Au sol, le jeu de boules

bec auer.jpg

Fin du 19è et début du 20ème siècle, le tout était éclairé au moyen du bec Auer.

jeu de boules de stroff.jpg

Les estaminets d’alors avaient parfois une cour ou un jardin.  Ce qui permettait, en été d’y jouer aux boules ou aux quilles.

brasserie de la grande porte.jpg

boendael réunion des cyclistes local.jpg

 

L’estaminet était souvent aussi le « local » de sociétés diverses, … de pêche, de société de tir à l’arc, de colombophiles,  cyclistes, etc….

brasserie d'époque aiglon.jpg

 

ESTAMINET : (d’après le dictionnaire du dialecte bruxellois de Louis Quievreux) vient du flamand « stamenay », dérivé de « stamm » (sic) : souche, famille et qu’on a nommé « stamme » des assemblées de famille où l’on buvait et fumait.  Quant à l’espagnol « estamenta », assemblée d’états, il n’a rien à faire ici ».

un ancien client.jpg

brasserie du faucon.jpg

« La Nation Belge » (29-2-1940) risque une autre hypothèse : « le mot estaminet est purement flamand, il viendrait de l’espagnol ‘esta un minuto’ ».  « Esta un minuto » voudrait dire « demeuré une minute ».  Estaminet serait l’endroit où l’on passe en hâte boire un verre ».

 

st josse place st lazaire.jpg

 

 

pinte étain.jpg

D’après l’auteur, « estaminet » dérive d’ « estaim » (étain).  Jusqu’au 17ème siècle on se servit du mot « estamoie » qui désignait un pot à couvercle, à une ou deux anses, contant plusieurs pintes, généralement en étain, mais parfois aussi en orfèvrerie ou en verre.  L’endroit où on se servait d’ « estamoies » ne pourrait-il pas être l’ « estaminet » ?

 

brasserie de la cambre.jpg

hommes heureux sans femmes.jpg

D’autres pensent que « stamenij », « stamenee » dans le dialecte ostendais pourrait dériver de « stam » dans l’acception de « famille ».  D’après les vieilles chroniques, écrit « Volk en Staat » (26-8-1941), au cours des réunions de famille, les hommes ingurgitaient un nombre considérable de « pots » ce qui déplaisait aux épouses.  Les maris, piqués, décidèrent de se réunir là où leurs femmes n’auraient pas accès.  Les réunions continuèrent sous l’appellation de « stam » qui devint « staminets ». 

chee de boondael brasserie.jpg

union fait la force.jpg

D’aucuns font encore dériver « stamenee » de « stamelen » : bégayer, infirmité passagère provoquée par l’ivrognerie.

molenbeek café Van Roy chée de ninove arrêts Vandenheuvel brasserie.jpg

Café Van Roy chée de Ninove à Molenbeek (Arrêt face à la Brasserie Vandenheuvel)

 

pub buveur.jpg

Enfin, dit le journal précité, en Flandre, des tenanciers, pour attirer l’attention des voyageurs sur leur local, inscrivaient sur la façade « Sta, Mijnheer » (Arrêtez-vous, Monsieur).  Cette inscription devint proverbiale au point que pour inviter un ami au cabaret on lui disait « Veux-tu venir avec moi au « Sta Mijnheer » ?

 

Café du Faucon.jpg

 Les « Kaberdoeches » (bistros de quartiers, gargote) appartiennent au folklore des Marolles depuis le Moyen Age. 

 

porte de Hal 19ème siècle.jpg

Entrée de la rue Haute et l'ancienne Porte de Hal

Aux abords de la Porte de Hal qui en ces temps-là était encore une zone marécageuse, des ouvriers et des artisans s’y étaient établissent. 

 

arrivée rue Haute de la malle-poste de Paris vers 1805.jpg

La rue Haute (ancienne voie romaine) qui s’étendait au-delà de la Steenpoort était très fréquentée par les voyageurs qui se rendaient à Paris et vers le sud.

En ces temps lointains, on trouvait tout autour de cette «chaussée », des relais pour les attelages, des auberges pour voyageurs et une foule d’artisans de passage. 

Les habitants de ce quartier s’expriment dans un langage particulier… mi-wallon, mi-flamand…. Naissance du Marollien ?... (à suivre)…

rue haute impasse de la chanson.jpg

Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, une surpopulation est recensée.  On verra se multiplier un nombre certain d’impasses dans les Marolles.  On assiste alors à un cortège de misère, d’épidémies et de l’apparition d’un terrible fléau… l’alcoolisme.

 

femme au bistro009.jpg

 

genièvre pubn.jpg

On dénombre hélas aussi une prostitution de bas étage.  Dans les bacs à schnikke (bistrots où l’on sert de l’alcool) on y trouve des vieilles zattecutten (soûlardes) aguichés les clients pour se faire payer des witteke (genièvre).   De grandes bagarres éclatent régulièrement.

 

rixe.jpg

brasserie du sportwereld où ... meme lettre que frat.jpg

manifestation 1er mai gravure de gérardin 1892.jpg

Dans les années 1880, Les esprits ouvriers s’échauffent et de sérieuses émeutes éclatent dans les quartiers tout autour de la rue Haute. 

émeute rue haute.jpg

Le peuple ouvrier riposte et est confronté aux gendarmes qui chargent de tous côtés. 

cesar de paepe.png

http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sar_De_Paepe

Durant cette période critique, des hommes se réunissent des les estaminets pour discuter et s’échanger des imprimés avec des maximes du marxisme.  Un des plus acharnés est un typographe du nom de César Depaepe. 

maison du peuple.jpg

Ces émeutes conduiront en 1885 à la naissance du Parti Ouvrier Belge (POB) et à la construction d’une grande maison du Peuple à la rue Joseph Steven.  C’est l’architecte Victor Horta qui dessinera les plans.   C’est à cet endroit qu’est né le socialisme bruxellois.

L’épicentre populaire des Marolles était en ce temps-là, la place de Wallons (aujourd’hui disparue) « Waelsche Plaats » (Située plus ou moins  à l'arrière de l'actuelle gare de la Chapelle)

emblème des ivrognes à malines.jpg

Les anciennes auberges du 18ème siècle avaient des noms pour le moins pittoresques :

 

brasserie du jambon place anneessens 2.jpg

 

In den naemen Jésus (Au nom de Jésus), Den groenen papegay : désignait la cible qui servait au tir à l’arbalète… (Le local des Arbalétriers n’étant pas bien loin de là ; à La Brasserie « Les Brigittinnes »  qui  disparaîtra également en 1962), Het sigoinnek : la petite cigogne …. Etc…

 

brasserie des Brigittines rue des Visitandines.jpg

brasserie des Brigittines intérieur.jpg

Brigittines escaliers.jpg

Brigittines terrasse.jpg

brasserie des brigittines 3 rue des visitandines.jpg

Un si bel endroit paisible au coeur de la ville

 

café berre spidex.jpg

mari rigolo.jpg

On y sert toutes sortes de boissons fortes… A l’exception d’eau bénite ! … En soirée, plus d’un rejoignait son domicile avec un fameux « stuk in zijn klûût »

carton ketje.jpg

Suite aux divers travaux d’envergure décidés par la ville de Bruxelles, certaines enseignes célèbres à l’époque émigrèrent vers d’autres faubourgs de Bruxelles.

travaux jonction Nord-Midi.jpg

C’est le cas notamment du « Chien Vert » situé rue Terre-Neuve, proche de  l’impasse des escargots (Caricolegang) qui rouvrira son « stamenei » avenue de Tervueren à Woluwe Saint Pierre. 

C’est la construction en 1850 de la Gare du Midi  et les travaux de la Jonction Nord-Midi qui sonneront le glas de la rue Haute en tant qu’artère de grande circulation. 

mari ivrogne.jpg

A cette époque-là, les socialistes gagnent un double combat : Le Suffrage Universel et la loi Vandervelde (loi anti-alcool) à afficher dans chaque établissement. (voir affiche plus haut)

 

café porte rouge format blog.jpg

 

A défaut de voyageurs, les habitants, marchands et artisans remplaceront en majorité la clientèle de ces « Kaberdoeches ». 

crise du logement.jpg

Jusqu’en 1920, on dénombre aussi une foule de campagnards cherchant à faire fortune à Bruxelles. Cela provoquera même une crise du logement !  Ces nouveaux arrivants s’installent là où ils peuvent … ils prennent souvent quartier près de la rue Haute et aux alentours.   De ce fait, les tenanciers d’estaminets proposent « un logement ».  On fait de la place partout ! … Une chambre à côté, au dessus et même en dessous !  Certains vont même jusqu’à proposer d’occuper les caves !

 

crise du logement 2.jpg

 

Profils des piliers de comptoirs

le pouffer.jpg

Le « zattekul » philosophe, Le pouffer qui discute toujours sont addition après plusieurs jours de crédit....

 Devant le bar des « Mille Colonnes », juste derrière le stationnement des fiacres, le zattekul philosophe, membre influent de la « chocheté mutuelle de la soif », vide sa chope en remarquant : « Voulez-vous croire que ça sont aujourd’hui percis’ cinquante ans que moi j’aie bu mon premier verre de lambic ? Alleie, à ton santé ! »

bière faro pub.jpg

Il y a aussi celui qui fait des son « genre »…. Le prétentieux, le je sais tout…. « Zaïene grüte Jan oïetagne » en bruxellois

carte café daring club.jpg

 

pub au tonnelier.jpg

 

av des saisons 19 xl.jpg

café du boulevard.jpg

Expressions :

 Ei ess züe zat as e kanong : Il ivre comme un canon (bourré jusqu’à la gueule)

 Ne zoeïper : un buveur habitué

 Zoeïpe : boire jusqu’à plus soif

 Zoeiper : buveur

 Ne flessevringer : un tordeur de bouteilles (ivrogne)

 Geif ma enn lkouch bé : Donne-moi un verre de bière

 Ge zaait beiter in a klaain stameneike as in en gruute kerk (on est mieux dans un petit estaminet que dans une grande église) : dit par un pilier de cabaret qui n’est pas un pilier d’église.

prière de la bière.png

brasserie conduites frigorifiques.jpg

georges gendarme.jpg

brasseries vadenheuvel pub.jpg

fête stand wielemans.jpg

perle 28 caulier.jpg

publicité brasserie rue de la grande ile (2).jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10/10/2010

L’église des Saints Jean et Etienne aux Minimes.

L’intéressant livre « The Cult of the Black Virgin » d’Ean Begg à peine refermé, la raison de son silence concernant l’église des Minimes et sa chapelle de Lorette m’a fait sourciller. Je vous livre donc cette courte étude à considérer bien entendu ‘brute de décoffrage’, elle pourra peut-être déclencher une recherche nettement plus rigoureuse. De plus, il est triste de constater que Notre-Dame de Lorette semble bien oubliée en ce lieu somme toute sacré, que l’environnement de l’église – et son bâti - mérite une réhabilitation d’ordre divin.

Minimes2.jpg

Ce lieu de culte, situé à la limite historique des Marolles, rue des Minimes, peut paraître écrasé par l’ampleur du Palais de Justice si le visiteur utilise cet ascenseur incongru qui mène vers le bas de la ville. Il en va autrement s’il emprunte la rue Haute, Porte de Hal dans le dos, et tourne dans la rue du Temple qui se termine par une volée de marches. Qu’il reprenne son souffle, tourne son regard vers la droite et l’église des Minimes se dresse fièrement ! Une vision assez fascinante qui plonge le visiteur dans le XVIIe siècle… Certes le recul pour observer l’édifice est mince, réminiscence des rues du Haut Moyen Age. L’adoption d’un appareil digital avec grand angle est requise. L’histoire récente de l’église a été chahutée par des ‘sittings’ et des occupations. Mieux vaut se rappeler que le site présente d’excellents concerts de musique classique. Un bel orgue baroque de François Noelsmans et datant de 1681, restauré par Guido Schumacher, résonne ici du feu de ses tuyaux d’airain. J’ai assisté par hasard à une ‘mise en doigts et pieds’ d’une oeuvre de Bach, peut-être  la ‘BWV 572 Fantasia G Major’ : magnifique et convenant bien à l’acoustique de ce bel espace ! Que cela ne nous éloigne pas du passé de l’édifice qui est flanqué sur sa droite d’une chapelle chère aux aéronautes.

P1000387.jpg

L’église Saint-Pierre près de la place Saint-Guidon (RD).

Tout débute à Anderlecht où les frères Minimes de l’Ordre de Saint François de Paule reçoivent des archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas espagnols, l’autorisation de migrer vers Bruxelles. Vêtus de bures noires, adeptes de la contemplation et de l’étude, les frères s’étaient établis, en 1616, à proximité de l’église Saint-Pierre, près de l’actuelle place Saint-Guidon.

La raison de leur départ demeure inconnue, peut-être l’attrait de la capitale ? Si bien que le 7 décembre 1616, la duchesse Anne de Bournonville leur cède la maison d’André Vésale, l’anatomiste mort en 1564. Les frères installent leur couvent dans cet édifice et rêvent d’une église. Les suppliques filent bon train puisque le 6 avril 1621, l’Infante Isabelle elle-même pose la première pierre et l’édifice est terminé en 1625. Toujours active, Isabelle achète à fort prix une maison de débauche située juste à côté de l’église afin d’y bâtir une reproduction de la Santa Casa de Lorette, sur laquelle figure l’inscription « Que fuerunt Veneris nunc fiunt Virginis aedes » soit ‘ce qui autrefois fut le temple de Vénus est devenu aujourd'hui la maison de la Vierge’, histoire de signifier aux filles de joie que la rédemption est possible.

DSC_3617.jpg

Curieusement, cet assemblage de lieux saints est démoli à la fin du XVIIe siècle.

Le 28 octobre 1700, l’Electeur de Bavière, Maximilien II Emmanuel, pose la première pierre – serait-elle d’angle ? – d’une nouvelle église à l’emplacement que nous connaissons… avec sa petite chapelle de Lorette, à l’extérieur du bâtiment, et non intégrée au sein de ce dernier. Ceci sous la supervision de l’architecte père Philibert Bressand. Les lieux sont achevés vers 1715, plus ou moins car la façade ne reçoit pas sa deuxième tour, celle de gauche. Il est à noter que les matériaux pierreux proviennent de carrières situées à Uccle et plus précisément au quartier du Chat. Entité qui servira bien plus tard au regroupement de familles marolliennes expulsées par les travaux du palais de Justice.

DSC_3621.jpg

Hélas, ce n’est pas la fin des ennuis pour les frères Minimes. Le couvent cesse son activité le 7 novembre 1796, suite à la révolution française, pour être remplacé par un dépôt de mendicité en 1801, après la signature du Concordat… pour se voir à nouveau fermée en 1811, car on pense à nouveau installer une manufacture de tabacs, cette fois impériale ! Il devient ensuite un atelier de travail et de mendicité, une fabrique de tabacs en 1813, un atelier de lithographie en 1815. Les Hollandais y installent alors un hôpital militaire, une école et une prison pour femmes !

Les Marolliens disputent âprement la décision et les Français restituent l’église au culte : elle devient paroisse sous la protection de Saint Jean et Saint Etienne. Le clocher avec ses trois cloches du XVIe et XIXe siècle et les hauts de l’édifice sont restaurés en 1849.

 

 

DSC_3627.jpg

De toutes les églises, terme générique, Bruxelles s’offre une chronologie architecturale particulière. Soit cinq grands groupes pour simplifier : le romano-ogival et ogival (N-D de la Chapelle), la renaissance italo-flamande (N-D de Bon Secours), la transition entre l’italo-flamand et le néo-classicisme (N-D du Finistère), le néo-classique (St. Jacques sur Coudenberg) et le classicisme moderne (Sainte-Catherine). L’église des Minimes prend place dans la période de transition, soit le XVIIIe siècle. Qui parle de période transitoire pourrait croire que ‘c’est un peu de tout’, or il n’en n’est rien. L’église est « remarquable par la pureté de son style et l’heureuse harmonie de ses proportions », indique Des Marez. Une telle allégation mérite un détour par l’extérieur et une rapide promenade sous la voûte de plan basilical.

 

DSC_3629.jpg

De nos jours et sans doute jadis, seule la façade et une petite partie du flanc gauche s’admirent. Les Minimes sont engoncés dans les tissus urbains ; on ne se promène pas autour de l’église. Actuellement, d’un côté du porche, une chapelle accolée chapeautée d’une sorte de clocheton, puis une bâtisse commerciale qui forme le coin de la rue, de l’autre côté, une chapelle à l’identique noyée dans des murs de façade. La toiture est banale, seule la tour de droite rythme l’ensemble, dit-on. L’architecte a imposé un ordre simplifié de deux colonnes corinthiennes qui font saillies et de quatre pilastres surmontés d’un fronton hémisphérique qui se répète au-dessus de la porte centrale. Une fenêtre centrale et deux latérales surplombées chacune par une alcôve vide de statue.

Chap_Lor_Grplan.jpg

Gravures de la chapelle à Loreto et son plan (RD, Abbé Grillot).

Passant la porte, le visiteur découvre un vaste quadrilatère : la nef centrale accompagnée de deux bas-côtés terminée d’une abside hémisphérique. Six piliers poussent le regard vers le ciel de l’église. Quatre d’entre eux, au croisement du transept, supporte un dôme agrémenté d’un oculus. De part et d’autre de l’abside se situent deux chapelles avec étages ornés d’une balustrade. Pour ceux qui sont férus d’architecture symbolique ou mystérieuse à la ‘Paul de Saint-Hilaire’, il semblerait que le plan rectangulaire soit dessiné sur une proportion pythagoricienne : la largeur multipliée par le ‘nombre d’or’ (1,618) en déterminerait la longueur. De même, l’assise des piliers s’inscrirait sur deux carrés joints. Bien entendu, cette hypothèse ne peut se vérifier qu’avec les plans originaux, mais si tel en était le cas, une observation des proportions volumiques mériterait aussi une étude, à la recherche d’une harmonique d’or. Rassurons-nous, ces travaux n’ont jamais été effectués : le diable se dissimule dans les détails, non ?

P1000389.jpg

 

 Pas vraiment le compas dans l’œil pour les panneaux (RD).

L’église des Minimes est un lieu à « échelle humaine », elle n’écrase pas comme une cathédrale si belle fut-elle, elle ne confine pas comme une chapelle, plus individuelle.

Le mobilier attire le regard de par sa qualité : une Descente de la Croix de François Gérard (1770-1837), le Martyre de Saint Etienne par Ferdinand Delvaux (1782-1815) ou les Quatre Evangélistes de Pierre François (1759-1851). Le mausolée du comte Charles Ghislain de Mérode, bourgmestre de Bruxelles de 1805 à 1809, et de son épouse sculpté par Charles Geerts, mérite un détour attentif. Tout comme la chaire de vérité, encadrée des symboles remontant aux âges des Evangélistes, à savoir Marc le lion, Luc le taureau, Mathieu l’ange et Jean l’aigle, tous soutenant le monde !

 

P1000405.jpg

Au-dessus de l’entrée de la chapelle, belle évocation de la ‘Translation’ sur bois doré (RD.

Ce qui nous amène, après ce tour d’horizon, à retourner au porche et prendre après celui-ci vers la droite où se situe une annexe surmontée d’une lanterne qui donne accès à la Santa Casa de Lorette. Voici un culte particulièrement curieux et, partant, très intéressant puisqu’il a sa représentation dans les Marolles. La première chose à préciser est que « Lorette » n’est pas une sainte : c’est le nom d’un lieu situé en Italie. L’appellation doit se comprendre : Notre-Dame DE Lorette, provenant de Loreto.

De nombreuses chapelles portent ce nom de par l’Europe. Par exemple à Rochefort en Belgique ou près d’Arras, lieu de pèlerinage incroyable en faveur des soldats français disparus lors de la Grande Guerre, également deux en pourtour proche de la Capitale. En voici l’histoire, malheureusement fortement résumée.

 

DSC_3636.jpg

Vues de la chapelle de Lorette (RD).

L’histoire débute 33 ans avant notre ère. Marie reçoit la visite de Gabriel, c’est l’Annonciation, elle est enceinte par les Voies du Seigneur de Jésus. Ceci se passe dans sa chaumière de Nazareth qu’elle partage avec son mari, Joseph. Il s’agit d’une construction de trois murs de pierres dont un flanc est accolé à l’entrée d’une grotte. Les archéologues ont parfaitement relevé et étudié cet emplacement qui est vénéré des Chrétiens. Le catholicisme se développe, mais les Lieux Saints se voient convoités si bien que l’épopée des croisades démarre et Godefroid l’emporte en 1099. La victoire ne durera pas, en 1291, il n’y a plus d’états chrétiens au Proche-Orient. Comme le sanctuaire des parents de Jésus est un lieu de culte depuis plus de mille ans, il ne se conçoit pas qu’il soit abandonné à la force des cimeterres et du Croissant.

DSC_3638.jpg

Que faire puisque même les Templiers se sont repliés en Méditerranée ? Le Seigneur envoie alors ses anges pour extraire la maison et la transporter par les airs vers des lieux plus sûrs. Après, dit-on, une halte à quelques lieues de Nazareth, le 10 mai toujours selon la légende, elle est déposée sur les rivages de l’Adriatique, en Dalmatie (actuelle Croatie), près de Rijeka. On y découvre une statuette de cèdre représentant la Vierge et l’Enfant Jésus. Cette opération d’extraction aérienne est appelée la « Translation de la Sainte Maison ». L’évêque Alexandre apprenant cette arrivée a une vision pendant laquelle la Vierge lui explique l’affaire. Il conduit même une enquête jusqu’à Nazareth, sans doute pour vérifier les lieux.

 

DSC_3637.jpg

Mais le 10 décembre 1294, pour des raisons seules connues du Seigneur et de ses conseillers en aéronautique, la translation se répète : les anges passent l’Adriatique pour ‘atterrir’ près d’Ancône en Italie, dans une forêt possession d’une dame nommée Loreto d’où le nom de l’endroit. La Santa Casa devient immédiatement un lieu de culte important que la Papauté protège et promulgue en 1585 siège épiscopal. L’impact de Notre-Dame de Lorette sur le monde chrétien est très important au courant des siècles : de nombreuses chapelles ou basiliques portent ce nom.

Se rappelant que la translation s’est opérée par les airs, Benoît XV proclame en 1920 la Vierge de Lorette patronne des aviateurs ! Ainsi, Charles Lindbergh avait accroché dans le cockpit de son Ryan M-2 Spirit of St. Louis une médaille de Lorette, remise le 11 mai 1927 par le père Henry Hussman, avant son départ pour la fameuse traversée de l’Atlantique.

DSC_3639.jpg

 

La Vierge Noire portant l’Enfant (RD).

Pour en revenir à la chapelle de Notre-Dame de Lorette jouxtant l’église des Minimes, il fut un temps où des maquettes d’avion ainsi que d’autres artéfacts aériens étaient suspendus au plafond, à l’instar des ex-voto de marins. Bizarrement, ceux-ci ont actuellement disparu… Dommage. La chapelle est d’une simplicité céleste. Sur les parois de flanc deux fresques enfantines, l’une présentant Joseph à Nazareth, l’autre une scène de village de pêche. Une troisième fresque avec des éléments culinaires sert d’arrière-plan à une Vierge à l’Enfant qui fait directement penser à une Vierge Noire. Elle surplombe un large reliquaire de bois équipé d’une petite fenêtre de verre horizontale assez ternie où sont proposé au regard … un mystère au sens commun.

Vierge noire disons-nous car elle semble sculptée dans l’ébène, le Christ y compris.

Min_Ens.jpg

 

Gravure du XIXe, à noter les deux tours (DR).

Voici qui ajoute de l’intérêt à la Santa Casa des Minimes car ces statuettes se différencient des Vierges Blanches – de loin les plus nombreuses - de par la couleur même de leur ‘peau’. Les hypothèses vont bon train quant à leur apparition aux environs du XIe siècle. Elles succèdent ou remplacent d’anciennes divinités celtiques, ce qui est peu simple à vérifier vu le millénaire de différence en temps. Soit elles ont été promotionnées par Bernard de Clervaux, au XIe siècle, parce qu’il était obnubilé par le Cantique des Cantiques (Premier Testament, vers le IIIe siècle pour faire simple), aussi appelé Cantique de Salomon, où l’héroïne clamait « Je suis noire mais je suis belle, oh filles de Jérusalem », donc le mariage mystique avec son église, sa mère et ses fidèles. Plus sombre est l’appartenance à des milieux initiatiques tels les Templiers, ne pas les mentionner serait parjure…

PlanMin_Hil.jpg

 

Plan de l’église des Minimes et croquis de son possible ésotérisme (RD).

Bref, l’existence des Vierges Noires demeure un sujet très pointu sur lequel nombre de chercheurs se sont limés dents. Ceci dit, acceptons ce simple fait : l’impact de la Mère du Christ, ignoré dans les premiers temps, est en l’An Mil une sorte de révolution au sein du catholicisme – terme générique -, Noire vis-à-vis de sa concurrente Blanche, elle augmente son influence en ces périodes troubles, en faveur de l’église.

Gardons sang-froid et respectons ceux qui y accordent une éventuelle importance.

 

Robert Dehon

 

 

Notes

L’Infante Isabelle est célèbre pour la couleur de sa chemise : lors du siège du port d’Ostende de 1601 à 1604 et selon le légendaire belge, elle décida de ne plus changer de chemise avant la victoire des Espagnols, d’où l’expression « couleur isabelle » que je vous laisse deviner.

Il est curieux de noter que l’intérieur du cône d’hélice du Ryan M-2 de Lindbergh était affublé d’une croix gammée lévogyre accompagnée des signatures des techniciens de la compagnie Ryan qui ont modifié l’appareil. Etant lévogyre, pointant vers la gauche, c’est un symbole porte-bonheur ; dextrogyre, pointant vers la droite, c’est le symbole choisi par Hitler en 1920.

Lor_Meise.jpg

 

Meise : Vierge Noire et le monogramme de Marie « Ave Maria Mater Iesus Hominis Salvator Redemptor » sur le linteau (XIXe siècle) - RD.

En Belgique l’on compte – inventaire non exhaustif - 22 chapelles de Lorette, 15 en Wallonie (la plus célèbre étant celle de Rochefort, 6 en Flandres (dont celle de Ronse/Renaix) et une à Bruxelles. Les plus proches de la Capitale sont celles de Meise (Klepperstraat) et Sint-Pieters-Leeuw (Steenbergerstraat). Il ne semble pas exister un réel inventaire des chapelles de Lorette pour notre pays : avis aux amateurs !

P1000377.jpg

 

Sint-Peeters-Leeuw : chapelle moderne de 1953 érigée par le club auto-moto (!?!) de Vlezembeek, pas de Vierge Noire (porte brisée) - RD.

Il n’y a pas que la Santa Casa qui a été transportée de par les cieux, Eugène Zimmer donne cet exemple : « Trois chevaliers de Saint-Jean sont faits captifs au Caire lors de la Première Croisade. Aidés par une statue miraculeuse taillée par des anges, ils convertissent la fille du sultan, Ismérie, et tous sont transportés par les airs pour atterrir dans les environs de Laon, à Liesse en France. Arrivés près d’une source, la statue devient trop lourde et un premier oratoire est bâti pour l’abriter ». Il s’agit d’une Vierge Noire ; l’oratoire est agrandi en chapelle puis en basilique » (voir sources).

Il est aussi à noter que le dernier épisode de la formidable série « Secret Army » de la BBC, une séquence se passe dans la rue des Minimes avec l’église en arrière-plan ; les scènes intérieures sont prises dans une église de Londres.

Vierges Noires : si vous tapez ces termes en français sur Google, vous accédez à plus de 175.000 liens. Méfiez-vous, il y en a qu’une poignée de sérieux, disons cinq, les autres (174.995) reçoivent sans partage l’oscar du farfelu souvent teintés de relents d’extrémisme de tous bords (!), destiné, bien entendu, aux gogos du même métal !

Enfin, vous pouvez consultez le site MultiMap/BING (http://www.multimap.com/maps/?qs=&countryCode=BE ), vous zoomez sur Bruxelles à partir de la carte, puis sur l’église des Minimes ; cliquez sur ‘Aerial’ pour passer en vue satellite, puis cliquez sur ‘Bird’s Eye’ et vous avez un choix de vues obliques… des boutons fléchés vous permettent de tourner autour du site. Malheureusement, cette fonction n’est pas disponible pour l’entièreté du pays et il est interdit de copier les images pour publication (voir les FAQ).

 

Sources

« Les monuments civils et religieux – tome 1 », Guillaume Des Marez, Touring Club, mars 1918.

« Découverte de Bruxelles », Albert Guislain, L’Eglantine, 1931.

« La Belgique illustrée », Emile Bruylant, Bruylant-Christophe & Cie, 1893.

« Y a-t-il vraiment un mystère des vierges noires », Eugène Zimmer in Kadath n° 66, 1987.

« The Cult of the Black Virgin », Ean Begg, Arkana, 1996.

« La Sainte Maison de Lorette », Abbé A. Grillot, A. Mame et Fils, 1876.

Dans sa série « Les mystères de… » éditée chez Rossel, feu Paul Meurice alias ‘Paul de Saint Hilaire’ n’évoque mystérieusement pas l’église des Minimes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08/06/2010

Invitation 14ème Chapitre de l'Ordre du Bloempanch

affiche chapitre

 

INVITATION AU

14ème CHAPITRE DE L’ORDRE DU BLOEMPANCH

SAMEDI 12 JUIN 2010

 

PROGRAMME :

 

Rendez-vous :

 

13.00 : Au Wiels Renard, 233 rue Haute (coin de la rue des Renards)

13.30 : départ en cortège, sous la conduite de la Fanfare du Meyboom, de notre          Porte-Drapeau – l’Agent 15 et Lydia Da Rocha Miss Bloempanch 2009-2010.

 

Suivent ensuite, les délégations des associations folkloriques, les invités d’honneurs, les futurs intronisés et les membres et amis du Bloempanch

 

13.45 : montée du Bloempanchgang et ‘Op de Marolle – (plaques de rues) – Hommage à notre ami Bich et ensuite arrêt au 44, rue de la Prévoyance devant la plaque commémorant les Funérailles fictives d’Adolphe Hitler le dimanche 10 juin 1945.

14.00 : Hommage au « Monument aux Vivants » in de Builestroet  - Dépôt de gerbe – Hymne National Marollien

14.15 : Arrêt …. Désaltérants chez nos membres Sponsors :

Wiles Renard – Au Petit Lion – Bar Espagnol de la rue Haute

14.45 : 186, rue Haute : arrêt au « Polakkegang », qui fut le haut lieu du Théâtre de Toone de 1932 à 1944.

15.00 : Rue Joseph Stevens : arrêt désaltérant chez notre Sponsor Geoffrey, patron de la Taverne – Restaurant le « Schievelat » info : http://www.skievelat.be/sablon.htm

 

15.15 : direction le Sablon, rue Lebeau, rue de l’Hôpital, rue du Lombard, rue Charles Buls

15.30 : Cour de l’Hôtel de Ville de Bruxelles à la Grand’Place

15.45 : Tour de la Grand’Place en fanfare

16.00 : 14ème Chapitre de l’Ordre du Bloempanch en la Salle Gothique avec l’intronisation des nouveaux membres ‘Honoris-Causa’ (avec entre autre Sophie Peeters  (sofei vandenaemet) créatrice du blog ‘c’était au temps où Bruxelles brussellait’)

16.30 : Salle des Mariages de l’Hôtel de Ville

- drink offert par la Ville de Bruxelles

-dégustation de Bloempanch et Royal Tremblant

17.30 : Tour d’honneur de la Grand’Place en fanfare et ensuite, direction la statue de Menneke-Pis par la rue Charles Buls et la rue de l’Etuve

18.00 : arrivée devant le Petit Julien (Menneke-Pis) habillé en ‘Boucher Belle Epoque’

- la statuette est dévoilée par les nouveaux intronisés

- hymne national Marollien et jet de chicklets

- Menneke-Pis débitera pour l’occasion, du Faro Cantillon aux son des airs populaires de la Fanfare du Meyboom

19.00 : Clôture du 14ème Chapitre

Nous vous attendons nombreux pour l’occasion...

Bob De Backer président de l’Ordre du Bloempanch

lydia et Toone

Lydia Da Rocha Miss Bloempanch 2010 est la  nièce de Sophie Peeters (sofei).  Elle  est née dans la Marolle et a grandi place Emile Vandervelde (sablon).  Ses parents étaient les tenanciers du Café des Arts… actuel  Bar/Restaurant Sckievelat.  Commerciale de formation, elle est également chanteuse et DJ … visitez son site : http://www.myspace.com/lydiadarocha

lydia et deejay joss mendozah
Il y a environ 2 mois, elle a composé un duo avec le célèbre Deejay Joss en voici la video lors des NRJ Tour à Waterloo.

 

Voici son dernier single très bien placé actuellement dans une compil...

Si vous êtes à la recherche d'une chanteuse (également compositeur)... Laissez-moi un message, je ferai suivre :)

26/04/2010

800ème anniversaire de la Chapelle ... tout un quartier en fête le 8 mai 2010

800ème anniversaire de la paroisse de la Chapelle

affiche chapelle

 

En 2010 a lieu l’anniversaire des 800 ans de la paroisse de la Chapelle.   De ce fait, cette année marque l’édification du quartier « des Marolles » en tant que territoire. 

Pour fêter dignement ces 8 siècles, le Centre Culturel Bruegel organise durant toute l’année,  des festivités reprenant les évènements marquants de l’histoire et de l’identité du quartier et de ses habitants. 

 chapelle 1

A cette occasion, en partenariat avec les habitants, les écoles, les commerces des environs, le Centre Bruegel organise le 8 mai 2010, une grande fête tout autour de l’église.  Une multitude d’activités retraçant la création du quartier est prévue ce jour-là. 

Vous pourrez admirer 12 bouffons bonimenteurs, 6 nouveaux géants représentant chacun une école primaire du quartier, il y aura également le photomaton itinérants.

A travers le quartier, vous replongerez dans l’histoire grâce aux divers participants. 

-         Les confréries, les métiers, l’Ancien grand serment royal et noble des arbalétriers de Notre-Dame du Sablon, un marché biologique, l’Ordre du Bloempanch, des anciens jeux en bois, un parcours retraçant les tableaux de Bruegel, des danses bruegéliennes, une dictée en bruxellois dans l’école Baron Steens,  la vie des capucins à la place du Jeu de Balle, l’histoire de Mozart à Bruxelles, la participation des Archives de la rue des Tanneurs, un cabaret chantant dans le jardin de la Porte Rouge, un thé dansant rue du Miroir, représentation des luttes pour le suffrage universel dans les bistrots de la rue des Renards, initiation au skate board pour les jeunes et pour clôturer cette journée de fête, un Bal populaire…..

Bref….. Un programme bien chargé !

place de la chapelle
 

L’accès aux activités est gratuit.  Vous trouverez le programme complet sur le site  http://800anschapelle.be

 Pour info,

Coordination : Centre Culturel Bruegel – Christine Rigaux

christine.rigaux@ccbruegel.be  0494 06 40 74 – Rue Haute 247 – 1000 Bruxelles

 

Venez  nombreux  le 8 mai 2010 pour fêter cette journée inoubliable !!!!

 bob photo journal008

Bob De Backer... président de l'Ordre du Bloempanch

le jour-là, l’Ordre du Bloempanch participera aux festivités de 10h à 18h  avec un stand de vente sur la place de la Chapelle. 

Pour cette occasion, il y aura entre autre, la parution d’une brochure consacrée aux spécialités culinaires bruxelloises. 

Je serai bien entendu présente…. Profitons-en pour faire connaissance…..

marché année 30018

Place de la Chapelle dans les années 30

On retiendra pour l’histoire, que Pierre Bruegel le Vieux meurt probablement le 5 septembre 1569 et fut inhumé dans l’église de la Chapelle aux côtés de son épouse.

Pierre Bruegel logeait à cette époque à l’angle de la rue Haute et de la rue de la Porte Rouge. 

Son fils, commanda à Pierre Paul Rubens un tableau qu’il fit placer dans la Chapelle  en mémoire de son père.  Ce tableau représente Le Christ remettant les clés à Saint Pierre. 

En 1765, la fabrique de l’église vendit la toile à un marchant d’Amsterdam pour la modique somme de 5000 florins !!!!  La seule condition fut que l’acquéreur fasse exécuter une copie à ses frais.  Celle-ci figure encore à la place de l’original…..

chapelle marché

A l’intérieur de la Paroisse, vous pouvez également admirer le monument funéraire d’Anneessens…..  Mort en 1719 pour avoir défendu les privilèges des artisans.    

Histoire de Notre Dame de la Chapelle : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_la_Chapelle

scholle kermis017
 

Jadis, en juillet dans le quartier de la Chapelle, il y avait la kermesse « del Blatte » ou « Schollekermis ».  Précédait  à cette fête, une procession où se côtoyaient les aristocrates de la rue aux Laines et les habitants du quartier.

Pourquoi « del Blatte » ?  Parce qu’avant la construction du Palais de Justice, il y eut là une rue des Feuilles…. Traduction du flamand « blad » … qui était aussi celle de la ducasse.

De souvenirs de bruxellois, j’ai pu entendre et lire que le samedi soir, cette kermesse était le prétexte à une gargantuesque ripaille !  Que les habitants fêtaient l’évènement en vidant des litres de bières et en mangeant des kilos de crabes, de crevettes et des « bintjes de scholles ».  (Scholle – plies)

Que les gens circulaient dans les rues en se penchent en avant, puis se rejettent en arrière  tout en chantant et en riant à gorges déployées….

« En en dikke panch,n en en snei van’t varke

Boere leive dat es plaizant »…..

Ou encore :

« Oh ! Mieke Pijpe kop !

Geeft ons nog en bobijntje !

Lever een groet alse en kleintje

As er mo genèvel in es ! »

 

A l’heure actuelle, la Marolle s’est transformée radicalement et ce, depuis le siècle dernier.  Peu à peu, elle a perdu son atmosphère et son caractère.  Elle était comparable à aucun autre quartier de la capitale.  Probablement grâce à sa population qui a l’origine était née d’un mélange de Flamands bruxellois et d’ouvriers wallons …. Des maçons venu travailler à la construction des églises. 

De cette fusion ethnique est née une population à l’esprit d’indépendance, hospitalière  avec un  grand cœur …  toutefois capable de colères homériques mais pas rancunière !