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16/06/2013

Boendael d'après le guide du touring club de 1925

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Ce hameau d’aspect rustique a été annexé à Ixelles en 1829.  Son églisette, rebâtie en 1842, occupe, dans la Duyvel Delle, l’emplacement d’une chapelle fondée au XVème siècle et qui fut longtemps l’oratoire du Serment des Arquebusiers de Bruxelles.

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Cette minuscule église campagnarde possède deux magnifiques retables de l’école brabançonne, restaurés en 1865 par M. Malfait. 

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A côté du sanctuaire, un tilleul, contemporain de Charles-Quint, dresse son tronc trapu et décapité, à branches menues.  Il a fallu depuis longtemps panser se plaies et le cercler de fer, tellement l’âge l’a rongé.  Mais il reverdit chaque année, malgré sa caducité.

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Au bon temps de la vénerie, Boendael fut un des rendez-vous de chasse de nos anciens souverains (Marie de Hongrie inaugura en 1541 la chasse de nuit, à la lueur des flambeaux)… « Aux torches enflammées qui sillonnaient la forêt en tous sens, se mêlait la vive clarté de centaines de feux qu’on avait allumés pour guider la marche des traqueurs.  Qu’on joigne à cela les cris de la multitude et les sons aigres des trompes et des cornets, et l’on pourra se figurer une scène vraiment fantastique. » (L. Galesloot.)

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Au bout de la place, une rue se dirige vers Watermael.  Près de la station de cette localité, passons sous le viaduc du chemin de fer et descendons vers la place pour nous y rendre. 

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Chaussée de Watermael 

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Estaminet au Pelikan Rouge

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Rue du Relais

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Rue du Schoolgat

04/06/2013

Restaurant l'Atomium ... guide de 1965

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Restaurant l’Atomium en 1965 (guide Julliard de Henri Gault Christian Millau)

Tel . 78-30-00 Ouvert tous les jours.

 

Pendant l’Exposition, les Bruxellois se devaient d’aller déjeuner ou dîner près d’un hublot du célèbre atomium, d’où l’on a une vue immense sur Bruxelles et ses environs.  Les étrangers et les provinciaux ont pris la relève et le samedi, ainsi que le dimanche, il y a du monde dans l’ascenseur qui vous transporte, en 22 secondes, à 100 mètres du sol et, par la même occasion, à l’une des meilleures caves de la capitale.  Les vins sont en effet, avec le panorama, le meilleur atout de ce restaurant luxueux où l’on pratique la cuisine internationale et les prix forts.

 

Environ 400 FB, sans le vin. 

20/05/2013

Comment Bruxelles reçu son éclairage public

 

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Les éclairages publics intensifiés excitèrent toujours l’enthousiasme des foules….

 

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Les toutes premières « féeries » furent, sans doute, avant les feux d’artifice, les feux de joie dont font mention certains folklores régionaux et aussi les luminaires célébrants les joyeuses entrées de souverains, leurs mariages, leurs victoires.  La réception de Napoléon par Bruxelles fut d’un faste demeuré légendaire…..Mais revenons à l’histoire de l’éclairage public…

 

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Jusqu’au milieu du 17ème siècle, dès la tombée du jour, les rues devenaient de véritables « coupe-gorges »…. Le terrain idéal pour les malfrats. 

 

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Quelques recoins de rues étaient éclairés par des torches de résine ou de poix mais ne suffisaient pas pour dispenser assez de lumière la nuit.  Il arrivait souvent que dès le passage des gardes-ville, les voleurs éteignaient ces torches afin d’opérer aisément.

 

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Dès la nuit venue, à l’exception des fêtards, très peu de personnes circulaient dans les rues.  Les seigneurs, eux,  se hasardaient accompagnés d’une escorte armée et munie de torches.

 

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A cette époque, Paris était la seule ville éclairée d’Europe…. Bruxelles dès la nuit venue sombrait dans un vaste trou noir aux ruelles sinueuses où brillent au loin quelques flammes allumées par la population aux pieds des statues de saint… seul éclairage que les égorgeurs ou malandrins n’osaient éteindre par superstition. 

 

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Forcé de sortir la nuit ?  On faisait appel aux « falotiers »… qui contre quelques sous accompagnaient au pas de course et armés de flambeaux, les personnes qui devaient se déplacer.

 

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Pourtant, à partir de 1602, les autorités communales tentent d’instaurer un système d’éclairage en fixant une lanterne toutes les huit maisons.  C’était peine perdue.  Les truands n’avaient qu’à tendre le bras pour « moucher » la chandelle.

 

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Par la suite, on imagine le système à crochet lié à un câble actionné par une poulie. La lanterne placée à hauteur du 1er étage de la maison, un préposé communal était désigné pour allumer celle-ci. Criant sous la fenêtre et actionnant une cloche « Abaissez la lanterne !).  Les habitants se précipitaient pour la faire descendre à sa hauteur et l’homme l’allumait à l’aide d’une chandelle.  Fallait-il encore qu’il n’y a pas trop de vent…

 

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En 1703, Bruxelles étant la capitale des Pays-Bas, la Cour décide d’installer 3.000 lanternes à l’huile.  C’est le citoyen qui paie ce nouveau service.  10 sols par 100 florins de loyer.  Après analyse, il s’avère que ce service n’est pas rentable et que la ville est en déficit de 83.000 florins.  Il faut dire que cet éclairage ne fonctionne pas toujours très bien et certains préposés communaux revendent l’huile destinée aux lanternes pour leur propre compte.  La population s’énerve au sujet de cette taxe qui n’est pas imposée aux nantis pour des raisons très troubles.  Ce n’est qu’en 1756 qu’on arrivera à mettre de l’ordre dans ce service public.

 

En 1722 apparaissent les premières lanternes à réverbère fonctionnant toujours à l’huile.  En 1810, Bruxelles en compte à peine 900.  Comparer à Paris qui en possède 11.000 … c’est peu.  Ce service emploie 53 allumeurs.

 

Les soirs de pleine lune, par souci d’économie, la ville décide de ne pas allumer ces réverbères.  Malgré tout, le détournement d’huile continue de plus belle.

 

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Mais …les « féeries lumineuses » qui, plus près de nous, réjouirent également nos aïeux et qui, à leur origine, durent les transporter de joie, ce furent les bonnes vieilles guirlandes de lanternes vénitiennes et de ‘vetpotteke’ multicolores qui, naguère encore, agrémentaient nos quartiers populaires les soirs de kermesse.

 

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Vendeurs de lampions et confettis à la fête forraine

 

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Le gaz hydrogène extrait du charbon (gaz de houille) est inventé par un Belge, Minkeleers , professeur à l’Université de Louvain(1795).  Une compagnie est créée pour son exploitation et le 24 août 1819, la première usine à gaz du continent est inaugurée. 

 

C’est l’échevin des Travaux publics et des Régies qui a inauguré rue Saint-Roch, une plaque commémorant l’érection, en 1819 à cet endroit, de la première usine à gaz du continent (les Anglais nous avaient devancés). 

 

Place de la Monnaie on installe une colonne de gaz enflammé surmonté d’un « W » monumental !  Cette nouvelle attraction fait l’émerveillement des badauds.

 

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Petit à petit, l’éclairage s’installe en façades des commerces et des auberges.  De ce fait, les rues s’animent et la criminalité nocturne diminue.  On fini par adapter les lampes à l’huile  au gaz.

 

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Rey Frères fondeurs constructeurs 1917

 

En 1840 raconte Louis Verniers, à l’occasion du Xème anniversaire de notre indépendance, le Vieux Bruxellois se couchait à neuf heures pour se levers avec le soleil : le nouveau Bruxellois se remue, vit et s’amuse encore à minuit : il a trouvé le gaz si brillant qu’il le préfère au soleil même… »

 

C’est sans doute alors qu’est née l’exclamation « Volle gaz ! »

 

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En 1867, Bruxelles est même mieux éclairée que Paris !... Lorsque cette dernière décide d’introduire l’électricité en 1888, Bruxelles reste « frileuse » malgré les essais sur la Grand’Place en 1885 et préfère continuer à installer de plus en plus de réverbères à gaz…. Colonne de fonte dites « parisiennes » puisque Paris n’en veut plus !

 

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Notre retard provient de ce que nos édiles furent tout d’abord séduits par une invention allemande : le manchon Auer qui, emprisonnant dans ses mailles une flamme de gaz ordinaire, décuplait son pouvoir éclairant.  Son succès fut fulgurant !  Il marqua la mort des dernières lampes à pétrole dites « lampes belges »…

 

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L’ingénieur allemand Auer retarda donc jusqu’en 1904 l’installation de la lumière dans notre capitale.

Ce fut le Parc de Bruxelles qui bénéficia des premières lampes à arc. 

 

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A Boitsfort en 1902, il y avait une centrale électrique… Les premières années, les promoteurs de l’éclairage public électrique étaient confrontés avec le problème de la distance séparant l’endroit de production et celui de l’utilisation.  Dans de nombreuses communes de l’agglomération on vit donc se construire des « usines d’électricité ».

 

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A Forest 

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Koekelberg

 

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Illuminations pour le 75ème anniversaire de la Belgique

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Notons pourtant qu’avant l’installation à titre permanent de l’éclairage public électrique aux boulevards intérieurs, des illuminations, également électriques, avaient déjà suscité l’admiration des Bruxellois…

 

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c’était en 1905 à l’occasion du 75ème anniversaire de notre indépendance. Des ampoules bordaient les portes, les fenêtres et les toitures de plusieurs monuments, des lampes ornaient des portiques et des mâts placés aux extrémités des allées du Parc et des voûtes lumineuses s’étendaient sur nos places publiques et sur nos boulevards.  On peut conclure que 1905 fut à l’avant-garde de nos féeries actuelles…

 

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Le samedi 21 juin 1907, les boulevards du centre sont les premiers à bénéficier des bienfaits de la fée électricité.

On peut dire que ce furent des « féeries » solennelles qui par l’effervescence qu’elles suscitèrent, dépassèrent toutes les précédentes ! …

 

La ville, en effet, fait installer des mâts d’éclairage mixtes distribuant simultanément un éclairage à l’électricité (au centre) et au gaz (sur les côtés).  288 becs de gaz au lieu de 150 et installation supplémentaire de 144 lampes à arc, cela échelonné tout le long des deux kilomètre du boulevard allant du Midi jusqu’au Nord.

 

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Ces candélabres, peu esthétiques, furent aussi très critiqués par les artistes de l’époque.

Esther Deltenre triomphait dans la parodie de « la Bohème » que Garnir avait intercalée dans une de ses revues à la Scala et dont elle était la principale interprète.  Le rôle de Mimi lui était dévolu.  Con connaît l’opéra : couchée dans son lit d’agonisante, Mimi, dont les mains se glacent, demande un manchon.  A la Monnaie, on lui apporte un manchon de fourrure.  A la Scala c’était un manchon Auer qu’on lui apportait ! …

 

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Une grande réunion des autorités fut organisée dès 20h à l’hôtel Métropole.  Après les discours, raconte la Dernière Heure, les invités ont tenté de traverser la place de Brouckère pour gagner le terre-plein entourant le monument Anspach, d’où M. De Mot échevin de l’époque devait, d’un doigt magique, lancer le courant électrique vers les lampes à arc.  La foule était immense : une cohue invraisemblable s’écrasait sur la chaussée… bien entendu…la circulation des voitures fut interdite ce jour-là.

« Fiat lux ! » s’écria M. De Mot et l’électricité étincela dans les lampes, à perte de vue… On entendit alors retentir les cris de la foule émerveillée.

 

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Tous les journaux de la presse nationale constatèrent la réussite de l’entreprise et le succès prodigieux de la fête. 

 

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Les musiques de la garnison et la garde civique étaient là… Ils étaient escortés des porteurs de lampes à acétylène qui avaient eu tant de succès lors des fêtes de 1905.  

 

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La seule critique faite par le journal Le Soir fut de constater que les moindres recoins de villages étaient depuis un certains temps déjà éclairés à l’électricité et que Watermael-Boitsfort possédait depuis un bon bout de temps une usine…. Qu’il était déplorable que Bruxelles ait attendu si longtemps mais reconnu que la longue attente fut compensée par un franc succès.

 

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Publicité CUBEX 1937

 

Il faudra attendre 1910 pour que Bruxelles passe au fil des jours à l’électricité…. Avenue de Tervueren, un grand candélabre mixte est installé… il marquera le passage d’une époque, celle du gaz, à une autre, celle de l’électricité.  Ce réverbère mixte était construit par la fonderie anderlechtoise Rey frères.

 

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En 1948, on vit disparaître un à un  les derniers «Bec de Gaz » et avec eux, les derniers allumeurs de réverbères, silhouettes surmontées d’une perche enflammée, qui marchaient le long des rues dès le coucher du soleil…

 

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En France ....

En 1959, il n’existait plus que 10 lanternes à gaz en service sur le territoire de la ville.  Le tout dernier allumeur fut pensionné en 1965, il s’appelait André Reynaert dit « de kop »…. Il habitait les Marolles.  Il était entré dans le métier en 1928 en observant un arrêt durant la guerre.  Sur sa carte d’identité il était mis « gazier » comme profession et à la Ville qui l’employait, son képi portait le n°284. 

 

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La perche de l’allumeur de réverbères était munie à son extrémité d’un dispositif au carbure permettant de maintenir en vie la flamme qui allait tout au long du parcours, allumer l’un après l’autre, les réverbères de la tournée. 

Le matin venu, le « lanteireman » reprenait sa perche pour aller les éteindre.  On prétend qu’il y avait alors tant de bistrots sur son passage qu’il ne rentrait bien souvent que juste à temps pour repartir les allumer !

 

 

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Personnel du Gaz à Anderlecht

Les petites charrettes à bras du service du gaz étaient parfois tractées par les tramways dans les montées

 

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Rue Rempart aux Moines 


22/02/2013

Quand les bruxellois aimaient les pigeons.... Les colombophiles.

Petit article en hommage à mon Grand Père maternel (Ferdinand Hoeffler) qui tous les matins coupait avec application des petits croûtons de pain pour donner à manger aux pigeons….

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Encore dans les années 50, nombre de Bruxellois possèdent au sommet de leur demeure un pigeonnier.  « un Kijker » en bruxellois où ils élèvent des pigeons voyageurs.   Quand il ne voyage pas, le pigeon roucoule et les voisins doivent renoncer, une fois pour toutes, à faire la grasse matinée !  C’était le cas pour mes parents qui vivaient dans un immeuble sur la Place de Jeu de Balle.

Quand le pigeon voyage et revient des lieux où il fut convoyé, il lui prend parfois la fantaisie de s’attarder à deux pas de sa demeure, sur quelque corniche.  On assiste alors à une scène où notre passion des pigeons prend des accents exceptionnels.  Mimique persuasive, implorante, menaçante, du propriétaire pour décider le volatile à réintégrer son domicile ; paroles tendres, petits noms, diminutifs en « ke » ou en « che », comme « chouque, tache,… » que l’indifférent reçoit comme une grand dame les hommages d’un pâle inconnu.

Vient un moment où l’homme se fâche ; ses gestes se font comminatoires, sa voix s’élève, se fait rude.  Il perd la partie, mais il faut que colère se passe…

… Et voilà pour quoi notre radio nationale consacre, chaque dimanche, plusieurs émissions sibyllines aux profanes, vouées aux convois et aux lâchers, religieusement écoutées par des milliers d’amateurs de colombophilie. 

 

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Si vous croisez à Bruxelles ces passants porteurs de paniers, nul doute : voici des fervents d’un sport grave et populaire entre tous : LA COLOMBOPHILIE !

 

N’allez pas croire que ces volatils étaient considérés comme aujourd’hui !

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Au 28 de la rue Ste Catherine, à la brasserie du grand château d’or, le coup d’éclat suivant fut réalisé par le patron Mr Vandenkerckhoven.  Il obtint en juillet 1859 , de fournir ses locaux aux réunion de la « Société de Colombophiles Union et Progrès », avec d’emblée l’envoi de 63 pigeons parmi les grands cracks du moment, au concours d’Angoulême.  Un mois plus tard, ce furent 169 bestioles qui prirent le train de Pontoise.  Les deux premières rentrées au bercail appartenaient à M. Beghuin, la 3ème  à M. Deruysscher, la 17 ème et dernière au pauvre M. Ysermans… Et le même mois encore, ce fut grande agitation dans la brasserie à l’occasion d’un concours à Versailles, qui donna l’occation à M. Deruysscher de prendre sa revanche…

 

 

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En septembre 1887, la fédération des sociétés colombophiles de l’agglomération bruxelloise a organisé, sous le patronage de la société Bruxelles-Attractions, une fête originale qui a obtenu un vif succès d’intérêt et de curiosité.  

Il faut dire qu’il existait bon nombre de colombophiles en Belgique.  

Cette fête, donnée au profit  des pauvres, consistait en un grand lâcher de pigeons, en courses pédestres.  Le lâcher s’est fait au parc Léopold.  Le matin a eu lieu, à travers les rues de la capitale, le défilé des chars transportant les paniers qui allaient prendre part au concours. 

A 14h, au milieu d’une foule énorme, on a libéré 25.000 pigeons qui, tous à la fois, sont partis en un seul groupe, obscurcissant la lumière du jour par leur masse compacte.  Imaginez, le froissement engendré par 50.000 ailes battant de concert…. Ce bruit  produisit un son comparable à un coup de tonnerre. 

L’immense essaim a tournoyé un instant dans l’espace tel une véritable orgie ornithologique !  Puis, à un moment donné, comme obéissant à  un commandement, les oiseaux se sont dispersés aux quatre coins de l’horizon. 

A ce moment-là, un aérostat s’élevait gracieusement dans les airs, semblant poursuivre les pigeons. 

 

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Ce spectacle, très curieux, a été suivi avec intérêt et émotion par la foule de spectateurs. Quelques instants plus tard, la foule se disloqua lentement.  Chacun avait la tête encore emplie du vol des pigeons.  Certains avaient aussi les poches vides suite aux vols perpétrés par les « pickpockets » !  Car il s’en trouve toujours là où il y a des pigeons à plumer…. Et oui…. Déjà en ce temps là !

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Vendeur de pigeons sur la Gd Place à Bruxelles

 

Après le pain, les jeux, cela se savait déjà au temps des Romain.  Aussi le cabaretier J.H. Werrie-Winteroy put-il, lors de la Kermesse de juillet 1889, recevoir en son Jardin Joyeux les non moins joyeux colombophiles de la société « La Colombe Joyeuse » chargés du grand concours par la Fédération des Société colombophiles bruxelloises.  Une cérémonie répétée en 1898, et marquée par un grand lancement de pigeons à Chantilly. 

 

En évoquant cette Colombe Joyeuse, voici un instant, profitons-en pour souligner combien, avec le jeu de balle (et bien sûr tus ces tirs d’archers et arbalétriers), le culte de la colombophilie appartient de façon extraordinairement intime à l’âme bruxelloise.  Il faut savoir que voici un siècle et davantage, les innombrables estaminets spécialisés ne vivaient pratiquement que de l’effervescence que leur apportaient les comités colombophiles dont ils étaient arrivés à obtenir les réunions régulières chez eux.  Et les jours de concours, on scrutait l’arrivée des coureurs, hors d’haleine, porteurs des précieuses bagues des pigeons rentrés au pigeonnier. 

 

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En ces temps où les enregistreuses n’étaient pas encore inventées, seul comptait en effet le moment de la remise de la bague au chronométreur.  Le propriétaire du pigeon, stationné dans son pigeonnier, scrutait les cieux, et sitôt l’oiseau rentré, il s’emparait de la bague, la jetait dans un tube fixé à sa façade, où les ketjes la saisissait et filait au « kaberdouche ».  En hurlant, avec ses compères de rencontre « Pigeon, pigeon ! », et manquant à chaque instant de faire trébucher les bourgeois malencontreusement dans son chemin.

Alors ceux-ci se lançaient à la poursuite des impudents garnements, ce qui créait parfois d’indescriptibles désordres !  Tout cela appartenait à un folklore bien établi, et finalement personne n’y trouvait à redire. 

 

…Un folklore qui devait disparaître d’un coup, comme nous en informe la presse de janvier 1896, « encore un petit métier qui va disparaître » ajouta-t-elle la larme à l’œil.  Par l’invention en France de l’appareil « L’inviolable », qui …supprime les coureurs portant, à une allure extraordinaire, les bagues aux sièges sociaux, et les froissements qui peuvent surgir entre les membres d’une même société ». 

Naissance de l’appareil à horloge marquante, scellé, plombé, où l’on introduit la bague des pigeons rentrés au colombier, et rendant toute fraude impossible.  « Voilà qui va révolutionner les règlements de la colombophilie ».  En effet, finis les gamins à la course folle.

 

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Les pigeons du Bois de la Cambre

Telle étaient donc les mœurs des colombophiles du siècle dernier, et en particulier ceux du cabaret « Le Jardin Joyeux ».  Lequel acquit au cours des années 1895 une importance à peu près égale à celle du « Grand Château d’Or » de la rue Ste Catherine, si l’on en juge par les sociétés qu s’y réunissaient régulièrement. 

 

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En Août 1898, on convia la foule à venir participer depuis la gare du Midi jusqu’à la Porte d’Anderlecht à un lâcher monstre de pigeons, avec « des dizaines et des dizaines de paniers remplis de pigeons » rangés à côté des baraque de la foire.  Après 3 coups de canon retentissants, les paniers sont ouvert, quelques pigeons s’échappent, filent à tire d’aile, puis la grande masse des oiseaux s’élèvent, tournoie comme de larges feuilles mortes emportées comme un tourbillon, tandis que les orchestres de la foire tonitruent, que les orgues de Barbarie gémissent des airs d’opéra et que les danseuses de parades esquissent des pas plus ou moins légers…

Les pigeons partis, on s’en retourne aux montagnes russes…

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Durant la guerre 14-18

Malgré le fait qu’à l’époque on voyait se développer la téléphonie et l’émission radio, il était fréquent que des unités soient isolées ou que des messages devaient être envoyés rapidement sur de longues distances.  Dans ce cas, on avait recours aux pigeons voyageurs. Ils étaient élevés et transportés vers des unités mobiles au gré des besoins dans les zones de front différentes. 

100.000 pigeons furent employés par les Anglais durant cette guerre.

C’était une belle stratégie mais l’occupant allemand prit connaissance de ce subterfuge et décida d’interdire aux civils des zones occupées de lâcher les pigeons !

Toutes personnes désobéissantes étaient menacées de mort par voie de presse.   Les personnes qui récupéraient des pigeons voyageurs, étaient également tenues de remettre ceux-ci aux autorités militaires faute de quoi, elles seraient accusées d’espionnage !

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14 mai 1922, voici l’un des 2 avions … butin de guerre pris à l’Allemagne, qui vient d’être transformé en colombier volant pour le transport de pigeons voyageurs mis au concours.  Nous avion déjà l’aviation militaire, l’aviation civile, voici l’aviation pour … volatiles !

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Les colombophiles espèrent, par ce moyen épargner à leurs pigeons les fatigants et coûteux voyages en train ou en camion.  Comme le montre notre photo, des loges latérales ont aménagées dans le fuselage de l’avion.  Il suffit d’amener les paniers contenant les pigeons et le transbordement s’accomplit.  L’aéroplane n’a plus qu’à voguer vers le lieu de lâcher, où il arrivera en quelques heures au lieu de 2 jours.

 

LA STATUE.

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Bruxelles fut probablement la seule ville à rendre hommage aux pigeons voyageurs durant la guerre.  Cette statue est l’œuvre de Victor Voets et fut inaugurée en mars 1931.  Elle se situe Square des Blindés à Bruxelles.  

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Merci à Jeancke …. (Jean-Pierre Roels) pour la recherche de documents…

 

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N’empêche, que les bruxellois aiment aussi la saveur du pigeon…et certains terminaient à la casserole ! ... Allei ! Mangez… ‘t es van brussel …

 

 

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PIGEON A LA HOEILLAARTOISE

 

Vieille recette mais savoureuse d’une commune où les pigeonniers étaient légion.

 

Procurez-vous 2 pigeons jeunes et bien en chair.

Videz-les et troussez-les.

Dans une sauteuse, faites fondre un bon morceau de beurre et déposez-y les pigeons.

Faites-les rôtir sur chaque face durant quelques minutes.

Ajoutez ensuite un demi-litre de bouillon de volaille et 25 cl de vin blanc.

Salez, poivrez, ajoutez du thym et du laurier.

Pendant ce temps, épluchez  une dizaines de petits oignons et nettoyez 250 gr de champignons.

Ajoutez-les dans la sauteuse.

Couvrez et laissez mijoter 50 à 60 minutes à feu doux.

A la fin de la cuisson, retirez les pigeons et laissez réduire un peu le jus de cuisson…. Puis liez la sauce avec 2 jaunes d’œufs dilués dans 15 cl de crème fraîche.  Rectifiez l’assaisonnement et laissez réduire 1 à 2 minutes.  Passez la sauce au tamis.

Dressez les pigeons dans un plat avec la sauce.

 

PIGEONS AUX PETITS OIGNONS.

 

Prenez 2 pigeons.  Coupez-les en 4 (dans le sens de la longueur puis en chaque moitié).

Dans une cocotte, faites fondre 2 bonnes cuillères à soupe de beurre.

Faites-y dorer les morceaux de pigeons sur chaque face.

Quand ils ont prit une bonne couleur, ajoutez-y une trentaine de petits oignons épluchés.

Couvrez et laissez cuire environ 7 à 8 minutes en mélangeant de temps à autre.

Ajoutez ensuite 25 cl de vin blanc sec,  25 cl de bouillon de volaille, un bouquet garni, un clou de girofle, un peu de ciboulette hachée du sel et du poivre.

Laissez mijoter environ 1 heure à feu doux

Pendant ce temps, préparez la garniture suivante :

Epluchez 125 gr de champignons de Paris, faites-les revenir dans du beurre.

Nettoyez 4 ris d’agneau et un ris de veau.

Faites-les dégorger dans de l’eau froide puis trempez-les quelques instants dans de l’eau bouillante pour les faire blanchir.

D’autre part, détaillez en petits morceaux, un rognon de veau et faites-le sauter à la poêle dans un peu de beurre. 

10 minutes avant de servir, ajoutez dans la cocotte des pigeons, les champignons, les ris et les rognons.  Rectifiez l’assaisonnement et laissez mijoter environ 10 minutes.

En fin de cuisson, disposez les morceaux de pigeons entourés de leur garnitures de cuisson et réservez au chaud.

Liez la sauce avec un demi-citron pressé et un peu de maïzena diluée dans du lait. 

Nappez votre plat de cette sauce et servez…

Bon appétit ….

14/02/2013

Atmosphère années 50 .... évolution du niveau de vie...

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Dès 1948 … après la guerre, à peine a-t-elle pansé ses plaies, Bruxelles se place aux avant-postes du combat pour une Europe Unie. 

 

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Le Benelux, premier rapprochement et le 17 mars de cette même année, la seconde étape : la signature du traité de Bruxelles, consacrant l’alliance étroite de la France, de la Grande-Bretagne, de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg.   

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naissance du Bénélux 1947

Au début des années 50, tout a commencé à augmenter ;  par contre, on en avait deux fois plus pour notre argent !

Il faut dire que durant les années 50-60, Bruxelles avait ceci de particulier pour un tout petit pays ; Brasser des affaires gigantesques à l’échelle mondiale !

 

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Le Sénat

Des institutions régularisent la vie de l’argent.  Le sang des affaires circule bien et donne à Bruxelles, qui en est le cœur, des battements ordonnés et paisible. 

 

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La Bourse

A cette époque, on prenait en considération pour le budget, le prix des aliments de base pour le ménage, le prix du chauffage (souvent le charbon à cette époque)  et en extra, un petit budget pour l’habillement et quelques accessoires ménagés.

 

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Ce n’est que vers 1955, que le comportement des citoyens a réellement changé.  Sont venu s’ajouter au budget des extras, les sorties (dancing, cinémas etc.), le prix des transports en communs, les salons de coiffures et d’esthétiques, les jouets sophistiqués pour enfants, la télévision … et la carte de crédit  (une redoutable machine à consommation)  pour ceux qui n’arrivaient pas à suivre…

 

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Collection  de Mr Denis Keller

Série de pochettes photos. Étant donné que votre blog fonctionne surtout par l'imagerie, j'ai trouvé amusant de montrer quelques-unes de ces pochettes anciennes fournies par les magasins de photo pour placer les tirages de leurs clients. C'était au temps où la photo numérique n'existait pas encore et où tout le monde fonctionnait avec de la pellicule "argentique". J'ai sélectionné uniquement des pochettes publicitaires de magasins situés à Bruxelles. Les adresses de ces magasins figurent sur les pochettes.

 

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mettez la souris sur l'image pour connaître le modèle de l'appareil

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1958… Bruxelles est fin prête pour montrer au monde entier lors de l’Exposition que  nous sommes un modèle de société tournée vers la finance et le futur….La Banque Nationale étant le régulateur de la vie monétaire et de la tenue du franc, La Belgique se doit d’être à la hauteur de ses ambitions.

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Son gouverneur reste le grand conseil et le frein de tous les gouvernements, quel que soit le parti auquel ils appartiennent.

 

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Le Crédit Communal est le grand trésorier des communes et leur banquier ; c’est un autre élément régulateur qui freine les mégalomanies possibles (disait-on).

 

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Avec sagesse, Bruxelles est devenu la terre d’élection de très grands trust : par exemple, la Société Générales, la Banque de Bruxelles, la Kredietbank, la Banque Lambert, le Groupe Empain, le Groupe Nagelmakers…

 

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Collection Mr Keller Denis

 

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Deux étiquettes de bagages des années 1950s

 

C’est la Société Générale qui a construit de toutes pièces l’Union Minière du Haut Katanga.  La Banque de Bruxelles a soutenu de toutes ses forces l’industrie liégeoise.  Le Groupe Empain s’est occupé de la chimie et de l’électricité.

 

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A cette époque, le groupe de la Banque de Bruxelles était conduit par un homme d’une main de fer, le comte de Launoit.  Il mené une des plus vaste opérations financières …. La fusion des trois plus importantes sociétés de métallurgie : Ougrée-Marihaye, John Cockerill et Ferbatil. 

 

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 Le bénéficiaire le plus évident c’était le « standing du pays ».

 

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Quartier Gare Centrale ...Les naveteurs

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Tout un peuple vivait autour de ces banques ;  Le soir, la gare centrale (cité aux falaises de béton) absorbait comme une fourmilière les hommes qui œuvraient à l’accroissement financier du pays. 

 

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Le commerçant qui réalisait un bon chiffre d’affaire portait à la banque le fruit de son dur labeur.

 

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C’était des milliers de commerçants qui contribuaient au « Pactole » et par la suite ils avaient la possibilité d’acheter des actions. 

 

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On pouvait même considérer que le chiffre d’affaires du Bas de la Ville avec ses petits commerçants atteignait la moitié du chiffre d’affaire de l’agglomération entière.  Tous les secteurs de l’activité commerciale étaient représentés. 

 

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Ceux-ci étaient localisés dans des endroits bien précis…. Par exemple : Machines de bureaux dans la rue d’Assaut, bijouteries-horlogeries rue au Beurre, collectionneurs de timbres et monnaies rue du Midi, papiers peints et luminaires rue Blaes, articles de mode rue des Eperonniers…. Et aussi tous les métiers ambulants et autres artisans….. Il y en avait pour tout le monde….. Sans exceptions !

 

 

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Les petites affaires comme les grandes étaient exposées à la lumière de la place publique.  Les rotatives livraient chaque jour au peuple les secrets des affaires en des journaux bourrés de chiffres.  

 

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Bruxelles était la Capitale des Affaires.  Celui qui était « rusé » pouvait devenir puissant…  Une petite entreprise pouvait très vite prospérer.

 

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19-21 Bld du Midi

 

 

Autre exemple d’ascension :

La caisse d’épargne IPPA connaît après la deuxième guerre mondiale, un essor fulgurant. 

Les sièges et bureaux se multiplient dans les années 50, le siège de Bruxelles vient occuper de nouveaux locaux. 

Le chiffre d’affaire ne cesse d’augmenter.  Le premier milliard de dépôts  d’épargne est atteint en 1951, le dixième en 1967. 

Le nombre d’agences n’a cessé de s’accroître… d’une agence en 1903, il passe à plus de 1.400 en 1970 !

Au vu de son succès, IPPA créera le groupe TRANSGA, la compagnie immobilière qui offrira à ceux qui préfèrent placer leur argent dans des « briques » ou des terrains, un large choix de placements immobiliers.  

 

 

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 On commence dès lors à parler de pouvoir d’achat et de consommateurs… On s’imaginait que l’avenir serait « rose »… Un peu le rêve américain… Le niveau de vie était plus élevé et les salaires augmentaient… s’ajoutaient à cela, les avantages divers comme une deuxième semaine de congés payés et les allocations familiales… Rien d’alarmant puisque jusqu’au début des années 60, le taux de chômage était de 2,3%...

 

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prévoyance sociale ancien

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C’est le 18 décembre 1957 que Delhaize le Lion inaugure le premier magasin « self-service » à la place Flagey à Ixelles….C’était un genre de magasin à « l’américaine ».  Très bonne stratégie pour l’époque puisque l’endroit était desservit par le tram, il y avait un parking et on pouvait compter sur de nombreux habitants à « fort pouvoir d’achat ». 

Les gens repartaient avec leurs victuailles emballées dans des sacs en papier brun et la viande était déjà préemballée. 

Toute la presse parlait de cette nouvelle manière de faire ses achats mais d’abord en la critiquant ! 

 

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Photo Pub Monoprix en France (idem)

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En 1959, les enfants font la découverte de Barbie pour les filles et les garçons ne sont pas en reste non plus …. Les grands magasins regorgent d’idées pour attirer les familles…. Et à la Saint Nicolas, c’est dans un décor féérique que les enfants sages découvrent toutes les nouveautés dans le monde du jouet…

 

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Collection de Mr Vanstenkiste...... attraction lors de la Saint Nicolas à l'Innovation dans les années 50

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Innovation années 50

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Pour les garçons

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Rayon ménager miniature pour les filles

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Décembre 1951, les merveilleuses poupées à l'Innovation... Le rêve de chaque petite fille....

Merci à Monsieur Vansteenkiste de nous faire partager ces souvenirs

 

Témoignage de Mr Denis Keller

 

Grands magasins : ici je dois raconter. Lorsque j'étais enfant dans les années 1940s et 50s les grands magasins exerçaient sur moi une fascination fantastique. C'était un univers de rêve que l'on visitait en famille. Pas nécessairement pour acheter mais pour voir et découvrir toutes les nouveautés de l'époque où le modernisme et le confort étaient des thèmes essentiels. On accédait encore aux étages par des ascenseurs grillagés "conduits" par un liftier en uniforme et gants blancs qui annonçaient les départements à chaque étage. Les plus modernes commençaient à disposer d'Escalator mécaniques en bois. La concurrence entre ces grands magasins était assez forte et chacun proposait des événements attractifs : goûters dansants, émissions radiophoniques en direct, des fauves en cage de verre, etc... Les vitrines de fêtes (St Nicolas, Pâques, Noël, Nouvel an,...) étaient magnifiques et animées même avec des personnages vivants. Les premières télévisions étaient exposées en fonctionnement en vitrine et étaient une attraction populaire qui attirait beaucoup de monde. C'était aussi l'époque où on pouvait écouter, chez les disquaires, les premiers disques en Vinyle dans des cabines individuelles sur un tourne-disque à aiguille saphir et avec le son mono et pas stéréo car l’hi-fi n'existait pas encore.

La plupart des jeunes femmes ont un emploi en dehors de leur foyer et l’arrivée des électroménagers facilitent  la vie de celles-ci. 

 

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1er Bic à 4 couleurs1950

 

 

On retrouve dans ce nouveau mode de vie, le confort de la cuisine équipée et la généralisation de l’achat d’un frigo, d’une cocotte minute et de poêle Tefal, d’une machine à laver le linge avec rouleau pour l’essorage et de la poudre à lessiver, les détergents miracles font également leur apparition etc ...  Et les crédits explosent… notamment  pour l’achat d’une voiture …  

 

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Durant cette décennie, on dépense, on gaspille, on vit « bien », on s’invite au restaurant, certains investissent, d’autres s’offrent des vacances à l’étranger, on fume, on danse, on fait la fête…  La vie est devenue si paisible… du moins pour une grande majorité d’employés, de fonctionnaires et de commerçants…

 

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1955

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Rue Neuve

Qu’en était-il des préoccupations de nos parlementaires pour satisfaire la population durant ce temps-là ? (petit rappel)…

 

De 1910 aux années 50, plus de 80% des artères de la ville, y compris celles du centre, étant neuves, remaniées ou reconstruites, le rythme des travaux d’urbanisme fut incessant. 

 

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Vue sur les Bas Fonds 1955

 

Les deux périodes de guerre, les crises économiques et monétaires, la dénatalité, la substitution d’impulsions collectives et trop souvent mesquines aux larges et efficientes initiatives léopoldiennes, ont fait que ...

 

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Impasse de la Maternité

...plus des trois quarts des « taudis » et impasses furent rayées de la carte du Pentagone ; tandis qu’une autre grande partie des immeubles « anciens » de la capitale ont été cédés à des investisseurs étrangers, à de  grandes sociétés ou même aux banques… Un paradis pour les promoteurs…  

 

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Quant aux bruxellois, après avoir vécu dans des anciens quartiers sans confort,  ils ont préférés s’établir ailleurs….

 

Les couples qui travaillaient dans le privé ou dans l’administration pouvaient   s’offrir  le luxe de l’achat à crédit d’un appartement.

 

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La construction de grands nouveaux  immeubles situés dans d’autres communes et dans des quartiers paisibles et verdoyants à proximité du centre de la ville a encouragé la population à déménagé. 

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Les autres, aux revenus plus modestes se sont peu à peu installés en « banlieue » laissant la place aux utopistes….et aux indéracinables bruxellois.

 

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Il faut dire qu’après la guerre, les vieilles pierres n’intéressaient plus grand monde. 

Suite à la demande et à l’offre de crédit des banques, le béton coulait à flots aux quatre coins de la capitale !

 

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Tunnel Rogier vers Viaduc direction Koekelberg

 

On reprit, après maintes tergiversations, les travaux de la Jonction et du Mont des Arts, du percement des tunnels à travers la ville. 

Ces travaux d’urbanisme conjuguèrent leurs effets à ceux de la « City Building »… processus commun au centre de toutes les grandes villes contemporaines.

 

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CEE

 

Il faut noter que durant cette période, les expropriations urbanistiques  on coûté quelque 30.000 habitants, dont la moitié pour la Jonction.  Et la prolifération des constructions non destinées à l’habitation jointe au progrès de la dénatalité en ont fait disparaître plus de 50.000 autres.

Durant des dizaines d’années, certains quartiers fantômes en attente des grands travaux ont été la terre d’accueil des plus démunis.

 

 

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La place était faite pour accueillir le monde de la finance des spéculateurs et des affaires…..  Il n’y avait plus qu’à attendre que le temps fasse sont travail sur l’état de délabrement de ces vieux quartiers…

 

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Les constructions incessantes de nouveaux immeubles dans les faubourgs de la ville, l’installation du métro en sous-sol, l’ouverture de galeries commerçantes etc.… offraient un tel nombre de postes que la Belgique dû faire appel à la main d’œuvre étrangère.

 

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Malgré tout ces projets grandioses, où allait-on loger toutes ces nouvelles familles ?.... Réponse : Tant qu’il n’y avait pas d’avis de démolition…

Dans ces fameux quartiers « fantômes)…. En attendant les propositions des grands promoteurs… 

 

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Vue de la Colonne du Congrès en 1954

Considérée comme un paradis fiscal avec une sécurité sociale à la pointe que rêver de mieux pour  y vivre paisiblement ?  La Belgique offrait tous les avantages sociaux et l’aide nécessaire à l’intégration des familles …

 

 

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Paisible Marché place Ste Catherine années 50

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Le Vieux Marché dans les années 50.... les bonnes affaires...

 

 

 

 

La Belgique à accueillit a bras ouverts ces nouvelles populations venue de si loin qui allaient se joindre à nous pour contribuer à l’essor de nos économies !

 

Avec 1.248.310 d’habitants en région bruxelloise en 1959 que devions-nous craindre ? 

Un tel essor au niveau économique et social faisait de notre capitale l’endroit idéal pour évoluer dans la société.   Chacun y trouvait sa place.   Et puis avec un taux de chômage aussi bas…. Pourquoi redouter le futur ?  Dans  l’euphorie de la  réussite sociale et économique, étions-nous en mesure de prévoir la crise en 2007 ?

 

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1954

 

 

Paradoxalement,  les gens troublés par des nouvelles pessimistes venant de tous côtés, il était déjà devenu courant d’entendre parler « du bon vieux temps » dans les années 60-70 !..... Celui d’avant 1914 !

 

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Eh oui…. Il semblerait qu’il a bien existé…. Et pourtant…

 

La marchandise était de bon aloi et l’ersatz n’encombrait pas nos tiroirs. 

 

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Au parc de Bruxelles 2 1954.jpg

 

 

Le bon vieux temps peut-être regretté par les poètes et par les riches, PAS par les ouvriers.

Pour créer un pays aussi riche, il en a fallut des sacrifices, des révolutions et des débats.

Avec un salaire considéré comme « beau » à  l’époque de 4,25FB par jour  pour un receveur de tram, seuls dans l’industrie privée, des contremaîtres de valeur arrivaient à cent sous !

Sans compter les heures de travail qui n’étaient pas encore réglementées !

 

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Terrasse à la Bourse.... un matin... bien animé et pourtant paisible...

 

 

Pourtant, ……Mon dieu qu’il faisait bon vivre ici !

 

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