16/06/2013
Boendael d'après le guide du touring club de 1925





Ce hameau d’aspect rustique a été annexé à Ixelles en 1829. Son églisette, rebâtie en 1842, occupe, dans la Duyvel Delle, l’emplacement d’une chapelle fondée au XVème siècle et qui fut longtemps l’oratoire du Serment des Arquebusiers de Bruxelles.

Cette minuscule église campagnarde possède deux magnifiques retables de l’école brabançonne, restaurés en 1865 par M. Malfait.

A côté du sanctuaire, un tilleul, contemporain de Charles-Quint, dresse son tronc trapu et décapité, à branches menues. Il a fallu depuis longtemps panser se plaies et le cercler de fer, tellement l’âge l’a rongé. Mais il reverdit chaque année, malgré sa caducité.


Au bon temps de la vénerie, Boendael fut un des rendez-vous de chasse de nos anciens souverains (Marie de Hongrie inaugura en 1541 la chasse de nuit, à la lueur des flambeaux)… « Aux torches enflammées qui sillonnaient la forêt en tous sens, se mêlait la vive clarté de centaines de feux qu’on avait allumés pour guider la marche des traqueurs. Qu’on joigne à cela les cris de la multitude et les sons aigres des trompes et des cornets, et l’on pourra se figurer une scène vraiment fantastique. » (L. Galesloot.)

Au bout de la place, une rue se dirige vers Watermael. Près de la station de cette localité, passons sous le viaduc du chemin de fer et descendons vers la place pour nous y rendre.


Chaussée de Watermael








Estaminet au Pelikan Rouge

Rue du Relais

Rue du Schoolgat
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04/06/2013
Restaurant l'Atomium ... guide de 1965

Restaurant l’Atomium en 1965 (guide Julliard de Henri Gault Christian Millau)
Tel . 78-30-00 Ouvert tous les jours.
Pendant l’Exposition, les Bruxellois se devaient d’aller déjeuner ou dîner près d’un hublot du célèbre atomium, d’où l’on a une vue immense sur Bruxelles et ses environs. Les étrangers et les provinciaux ont pris la relève et le samedi, ainsi que le dimanche, il y a du monde dans l’ascenseur qui vous transporte, en 22 secondes, à 100 mètres du sol et, par la même occasion, à l’une des meilleures caves de la capitale. Les vins sont en effet, avec le panorama, le meilleur atout de ce restaurant luxueux où l’on pratique la cuisine internationale et les prix forts.
Environ 400 FB, sans le vin.
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20/05/2013
Comment Bruxelles reçu son éclairage public

Les éclairages publics intensifiés excitèrent toujours l’enthousiasme des foules….

Les toutes premières « féeries » furent, sans doute, avant les feux d’artifice, les feux de joie dont font mention certains folklores régionaux et aussi les luminaires célébrants les joyeuses entrées de souverains, leurs mariages, leurs victoires. La réception de Napoléon par Bruxelles fut d’un faste demeuré légendaire…..Mais revenons à l’histoire de l’éclairage public…

Jusqu’au milieu du 17ème siècle, dès la tombée du jour, les rues devenaient de véritables « coupe-gorges »…. Le terrain idéal pour les malfrats.

Quelques recoins de rues étaient éclairés par des torches de résine ou de poix mais ne suffisaient pas pour dispenser assez de lumière la nuit. Il arrivait souvent que dès le passage des gardes-ville, les voleurs éteignaient ces torches afin d’opérer aisément.

Dès la nuit venue, à l’exception des fêtards, très peu de personnes circulaient dans les rues. Les seigneurs, eux, se hasardaient accompagnés d’une escorte armée et munie de torches.

A cette époque, Paris était la seule ville éclairée d’Europe…. Bruxelles dès la nuit venue sombrait dans un vaste trou noir aux ruelles sinueuses où brillent au loin quelques flammes allumées par la population aux pieds des statues de saint… seul éclairage que les égorgeurs ou malandrins n’osaient éteindre par superstition.

Forcé de sortir la nuit ? On faisait appel aux « falotiers »… qui contre quelques sous accompagnaient au pas de course et armés de flambeaux, les personnes qui devaient se déplacer.

Pourtant, à partir de 1602, les autorités communales tentent d’instaurer un système d’éclairage en fixant une lanterne toutes les huit maisons. C’était peine perdue. Les truands n’avaient qu’à tendre le bras pour « moucher » la chandelle.

Par la suite, on imagine le système à crochet lié à un câble actionné par une poulie. La lanterne placée à hauteur du 1er étage de la maison, un préposé communal était désigné pour allumer celle-ci. Criant sous la fenêtre et actionnant une cloche « Abaissez la lanterne !). Les habitants se précipitaient pour la faire descendre à sa hauteur et l’homme l’allumait à l’aide d’une chandelle. Fallait-il encore qu’il n’y a pas trop de vent…

En 1703, Bruxelles étant la capitale des Pays-Bas, la Cour décide d’installer 3.000 lanternes à l’huile. C’est le citoyen qui paie ce nouveau service. 10 sols par 100 florins de loyer. Après analyse, il s’avère que ce service n’est pas rentable et que la ville est en déficit de 83.000 florins. Il faut dire que cet éclairage ne fonctionne pas toujours très bien et certains préposés communaux revendent l’huile destinée aux lanternes pour leur propre compte. La population s’énerve au sujet de cette taxe qui n’est pas imposée aux nantis pour des raisons très troubles. Ce n’est qu’en 1756 qu’on arrivera à mettre de l’ordre dans ce service public.
En 1722 apparaissent les premières lanternes à réverbère fonctionnant toujours à l’huile. En 1810, Bruxelles en compte à peine 900. Comparer à Paris qui en possède 11.000 … c’est peu. Ce service emploie 53 allumeurs.
Les soirs de pleine lune, par souci d’économie, la ville décide de ne pas allumer ces réverbères. Malgré tout, le détournement d’huile continue de plus belle.

Mais …les « féeries lumineuses » qui, plus près de nous, réjouirent également nos aïeux et qui, à leur origine, durent les transporter de joie, ce furent les bonnes vieilles guirlandes de lanternes vénitiennes et de ‘vetpotteke’ multicolores qui, naguère encore, agrémentaient nos quartiers populaires les soirs de kermesse.

Vendeurs de lampions et confettis à la fête forraine

Le gaz hydrogène extrait du charbon (gaz de houille) est inventé par un Belge, Minkeleers , professeur à l’Université de Louvain(1795). Une compagnie est créée pour son exploitation et le 24 août 1819, la première usine à gaz du continent est inaugurée.
C’est l’échevin des Travaux publics et des Régies qui a inauguré rue Saint-Roch, une plaque commémorant l’érection, en 1819 à cet endroit, de la première usine à gaz du continent (les Anglais nous avaient devancés).
Place de la Monnaie on installe une colonne de gaz enflammé surmonté d’un « W » monumental ! Cette nouvelle attraction fait l’émerveillement des badauds.

Petit à petit, l’éclairage s’installe en façades des commerces et des auberges. De ce fait, les rues s’animent et la criminalité nocturne diminue. On fini par adapter les lampes à l’huile au gaz.

Rey Frères fondeurs constructeurs 1917
En 1840 raconte Louis Verniers, à l’occasion du Xème anniversaire de notre indépendance, le Vieux Bruxellois se couchait à neuf heures pour se levers avec le soleil : le nouveau Bruxellois se remue, vit et s’amuse encore à minuit : il a trouvé le gaz si brillant qu’il le préfère au soleil même… »
C’est sans doute alors qu’est née l’exclamation « Volle gaz ! »

En 1867, Bruxelles est même mieux éclairée que Paris !... Lorsque cette dernière décide d’introduire l’électricité en 1888, Bruxelles reste « frileuse » malgré les essais sur la Grand’Place en 1885 et préfère continuer à installer de plus en plus de réverbères à gaz…. Colonne de fonte dites « parisiennes » puisque Paris n’en veut plus !

Notre retard provient de ce que nos édiles furent tout d’abord séduits par une invention allemande : le manchon Auer qui, emprisonnant dans ses mailles une flamme de gaz ordinaire, décuplait son pouvoir éclairant. Son succès fut fulgurant ! Il marqua la mort des dernières lampes à pétrole dites « lampes belges »…

L’ingénieur allemand Auer retarda donc jusqu’en 1904 l’installation de la lumière dans notre capitale.
Ce fut le Parc de Bruxelles qui bénéficia des premières lampes à arc.

A Boitsfort en 1902, il y avait une centrale électrique… Les premières années, les promoteurs de l’éclairage public électrique étaient confrontés avec le problème de la distance séparant l’endroit de production et celui de l’utilisation. Dans de nombreuses communes de l’agglomération on vit donc se construire des « usines d’électricité ».





A Forest


Koekelberg


Illuminations pour le 75ème anniversaire de la Belgique

Notons pourtant qu’avant l’installation à titre permanent de l’éclairage public électrique aux boulevards intérieurs, des illuminations, également électriques, avaient déjà suscité l’admiration des Bruxellois…

c’était en 1905 à l’occasion du 75ème anniversaire de notre indépendance. Des ampoules bordaient les portes, les fenêtres et les toitures de plusieurs monuments, des lampes ornaient des portiques et des mâts placés aux extrémités des allées du Parc et des voûtes lumineuses s’étendaient sur nos places publiques et sur nos boulevards. On peut conclure que 1905 fut à l’avant-garde de nos féeries actuelles…

Le samedi 21 juin 1907, les boulevards du centre sont les premiers à bénéficier des bienfaits de la fée électricité.
On peut dire que ce furent des « féeries » solennelles qui par l’effervescence qu’elles suscitèrent, dépassèrent toutes les précédentes ! …
La ville, en effet, fait installer des mâts d’éclairage mixtes distribuant simultanément un éclairage à l’électricité (au centre) et au gaz (sur les côtés). 288 becs de gaz au lieu de 150 et installation supplémentaire de 144 lampes à arc, cela échelonné tout le long des deux kilomètre du boulevard allant du Midi jusqu’au Nord.

Ces candélabres, peu esthétiques, furent aussi très critiqués par les artistes de l’époque.
Esther Deltenre triomphait dans la parodie de « la Bohème » que Garnir avait intercalée dans une de ses revues à la Scala et dont elle était la principale interprète. Le rôle de Mimi lui était dévolu. Con connaît l’opéra : couchée dans son lit d’agonisante, Mimi, dont les mains se glacent, demande un manchon. A la Monnaie, on lui apporte un manchon de fourrure. A la Scala c’était un manchon Auer qu’on lui apportait ! …

Une grande réunion des autorités fut organisée dès 20h à l’hôtel Métropole. Après les discours, raconte la Dernière Heure, les invités ont tenté de traverser la place de Brouckère pour gagner le terre-plein entourant le monument Anspach, d’où M. De Mot échevin de l’époque devait, d’un doigt magique, lancer le courant électrique vers les lampes à arc. La foule était immense : une cohue invraisemblable s’écrasait sur la chaussée… bien entendu…la circulation des voitures fut interdite ce jour-là.
« Fiat lux ! » s’écria M. De Mot et l’électricité étincela dans les lampes, à perte de vue… On entendit alors retentir les cris de la foule émerveillée.

Tous les journaux de la presse nationale constatèrent la réussite de l’entreprise et le succès prodigieux de la fête.

Les musiques de la garnison et la garde civique étaient là… Ils étaient escortés des porteurs de lampes à acétylène qui avaient eu tant de succès lors des fêtes de 1905.

La seule critique faite par le journal Le Soir fut de constater que les moindres recoins de villages étaient depuis un certains temps déjà éclairés à l’électricité et que Watermael-Boitsfort possédait depuis un bon bout de temps une usine…. Qu’il était déplorable que Bruxelles ait attendu si longtemps mais reconnu que la longue attente fut compensée par un franc succès.


Publicité CUBEX 1937
Il faudra attendre 1910 pour que Bruxelles passe au fil des jours à l’électricité…. Avenue de Tervueren, un grand candélabre mixte est installé… il marquera le passage d’une époque, celle du gaz, à une autre, celle de l’électricité. Ce réverbère mixte était construit par la fonderie anderlechtoise Rey frères.

En 1948, on vit disparaître un à un les derniers «Bec de Gaz » et avec eux, les derniers allumeurs de réverbères, silhouettes surmontées d’une perche enflammée, qui marchaient le long des rues dès le coucher du soleil…

En France ....
En 1959, il n’existait plus que 10 lanternes à gaz en service sur le territoire de la ville. Le tout dernier allumeur fut pensionné en 1965, il s’appelait André Reynaert dit « de kop »…. Il habitait les Marolles. Il était entré dans le métier en 1928 en observant un arrêt durant la guerre. Sur sa carte d’identité il était mis « gazier » comme profession et à la Ville qui l’employait, son képi portait le n°284.


La perche de l’allumeur de réverbères était munie à son extrémité d’un dispositif au carbure permettant de maintenir en vie la flamme qui allait tout au long du parcours, allumer l’un après l’autre, les réverbères de la tournée.
Le matin venu, le « lanteireman » reprenait sa perche pour aller les éteindre. On prétend qu’il y avait alors tant de bistrots sur son passage qu’il ne rentrait bien souvent que juste à temps pour repartir les allumer !

Personnel du Gaz à Anderlecht
Les petites charrettes à bras du service du gaz étaient parfois tractées par les tramways dans les montées

Expo 1935

Expo 1935

Expo 1935

Expo 1935

Expo 1935

Expo 1935





Rue Rempart aux Moines
16:22 Publié dans anderlecht, BELGIQUE, BRUXELLES, COMMUNES BRUXELLOISES, divers, journaux, ET PENDANT CE TEMPS LA A BRUXELLES ..., Expo 1935, expressions bruxelloises, fêtes,foires,fêtes forraines, gare du midi-gare du nord-train, ixelles,watermael boitsfort, petits métiers d'autrefois, saint-gilles,forest,uccle, vismet - marchés-port de bruxelles,canal,senne | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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08/03/2013
Nos estaminets et belles brasseries d'autrefois

Tantôt pauvre, tantôt riche, le bruxellois a de tous les temps eu la réputation d’un bon vivant… aimant boire et manger…
Après tout, la Belgique n’est-elle pas le pays de la bière !
Ce qui explique, en partie, la présence sur le territoire de Bruxelles de tant d’estaminets à l’époque.

Au début du 20ème siècle, l’industrie brassicole constitue un secteur très important dans l’économie de Bruxelles. Les commerçants de la bière se regroupe en quatre catégories :
Les malteurs, qui font germer l’orge
Les brasseurs qui préparent les brassins
Les marchands de bières qui approvisionnent les débits de boissons
Les cabaretiers qui sont les détaillants

Principales bières sont la gueuze, la kriek, le lambic, le faro et la bière de mars.



S’ajoutent à nos brasseries, des bières venues de province comme la Diest, la Peterman, La Uytzet, la Bormemn la Pittem, l’Oudenaarde etc…

Statistique du nombre de débits de boissons relevés en 1882 (Avant la loi Vandervelde).
Bruxelles 3.268 débits
Saint Josse 513 débits
Molenbeek 943 débits
Laeken 464 débits
Ixelles 753 débits
Saint Gilles 662 débits
Schaerbeek 727 débits
Anderlecht 530 débits
Etterbeek 239 débits
Soit un total de 8.099 débits de boissons.

L’estaminet dans les années 1880 d’après Camille Lemonnier (contes flamands et wallons)
L’auteur écrit : « … sous les animaux fabuleux dont la dénomination correspond au nom de l’endroit, vous apercevez généralement ce mot, ESTAMINET, qui sert à désigner les misons où l’on consomme spécialement de la bière. Ce n’est pas le café wallon tapissé de papier à fleurs, d’une gaîté faite pour amuser l’œil, et qui le retient par des coquetteries d’images et de glaces et les bariolures de ses comptoirs reluisants de verres de couleur. Ici règne une simplicité rudimentaire : au mur, des affiches de ventes notariales jaunes et bleues pour tout ornement, quelquefois des cages où s’égosillent des canaris, un cadran émaillé pareil à un gros œil-de-bœuf, ou une vieille gaine sculptée d’horloge. »

« Visiblement », poursuit Lemonnier, « toutes distraction qui pourrait troubler le client dans la dégustation du liquide fermenté est écartée comme attentatoire à la gravité de cette occupation ; une antichambre officielle n’a pas plus d’austérité, et les gens qui sont assis autour des tables, sérieux, un peu endormis, avec des gestes automatiques, participent de la sérénité qui semble l’atmosphère de ces lieux ; Par surcroît, des pancartes accrochées au-dessus des têtes rappellent au respect de l’ordre les buveurs que des libations répétées pousseraient à s’échauffer outre mesure ; telle dit très nettement : Hier het is verboden te vloekken (ici il est défendu de blasphémer) ; telle autre enjoint de ne pas chanter. Aussi n’entend-on s’élever souvent de ces réunions, parfois très nombreuses, qu’une sorte de ronflement général et comme le bruit assoupissant d’une troupe tournant sur elle-même. »


« La plupart des estaminets de Bruxelles ont d’ailleurs une clientèle spéciale, qui varie peu ; il en est où un intrus serait mal venu de s’introduire ; chacun, par une coutume tacite, observée par les autres consommateurs, conserve sa place à la table qu’il a choisie dès le premier jour, comme une propriété que personne ne s’avise de lui disputer.

Les soirées passée à boire de la bière en fumant du tabac et en jouant aux cartes ou aux dominos sont une habitude si régulière de la vie bruxelloises qu’aucun évènement n’en peut distraire ceux qui l’ont contractée ; on rencontre fréquemment autour des tables des pères qui ont marié dans la journée leurs filles, des maris qui viennent d’enterrer leur femme, des gens d’affaires sous le coup d’un désastre financier ; et le médecin, l’avocat, le juge, le fonctionnaire, les hommes politiques les plus considérables se rassemblent au cabaret, aussi bien que le petit rentier, le boutiquier et le maçon devenu propriétaire.

C’est un trait des mœurs locales que cette égalité de toutes les classes dans la tabagie enfumée où, pour douze centimes, le pauvre et le riche s’achètent une place chaude, un bien-être engourdissant et la liberté de déblatérer contre les jésuites, les gendarmes et le pouvoir, s’il leur en prend envie.

Aussi, par ces côtés, l’estaminet est-il presque toujours une institution : on s’y rapproche, on s’y juge, on s’y connaît, les affaires s’y traitent, les marchés s’y négocient ; et, les jours de bourse surtout, le nombre de verres vidés y suit la proportion des transactions conclues ».

« Presque toujours », conclut notre auteur, « une société, constituée soit pour le plaisir, soit pour la défense d’intérêts définis (et le chiffre des unes et des autres est considérable dans ce pays dont l’association constitue l’un des principes essentiels), choisit un estaminet pour y établir son local et y tenir ses séances ; de même les meetings, les conférences, les assemblée pour délibérer sur les actes publics s’installent de préférence dans le voisinage des pompes à bière.
C’est là que se complotent la ruine ou le triomphe des ministères, que les oracles doctrinaires et socialistes se font entendre, que se façonnent les fortunes politiques : c’était de là que partait, en 1830, le triomphe de la Révolution ».

Il faut savoir que l’estaminet d’autrefois ne ressemblait pas du tout à celui d’aujourd’hui. Il y avait aussi, l’estaminet dit « le bac à schnick » où l’on servait principalement le genièvre. Beaucoup débitent des liqueurs fortes et, accessoirement seulement, de la bière. Il n’est pas rare de trouver, dans Bruxelles, des liquoristes qui écoulent une « pipe » de genièvre (environ 6 hectolitres) en 3 semaines !

Bld Léopold II 74
Quelques objets incontournables de l’estaminet :

Le déboucheur à gueuze avec un bac à égoutter les verres à gueuze (qui ne pouvait pas être essuyés) !

Un fût de faïence contenant le genièvre
Divers cruchons et verres dont notamment les verres à gouttes au fond très épais

Chope à bière d’un litre un faïence bleue de Bruxelles
Au mur, diverses affiches d’activités communales

Le fameux extrait de la loi sur la répression de l’ivresse

Un chromo représentant l’œil de Dieu avec la mention God ziet alles ; hier vloekt men niet !

Et puis il y a le « zagemanneke » que le « baas » mettait en mouvement lorsqu’un client quelque peu éméché « sciait » en paroles les autres clients au comptoir.

On y trouve aussi :
Un bac destiné à recevoir les jeux de cartes, une petite table avec un schietbak dans lequel on jouait avec des petits disques en laiton. Au sol, le jeu de boules

Fin du 19è et début du 20ème siècle, le tout était éclairé au moyen du bec Auer.

Les estaminets d’alors avaient parfois une cour ou un jardin. Ce qui permettait, en été d’y jouer aux boules ou aux quilles.


L’estaminet était souvent aussi le « local » de sociétés diverses, … de pêche, de société de tir à l’arc, de colombophiles, cyclistes, etc….

ESTAMINET : (d’après le dictionnaire du dialecte bruxellois de Louis Quievreux) vient du flamand « stamenay », dérivé de « stamm » (sic) : souche, famille et qu’on a nommé « stamme » des assemblées de famille où l’on buvait et fumait. Quant à l’espagnol « estamenta », assemblée d’états, il n’a rien à faire ici ».


« La Nation Belge » (29-2-1940) risque une autre hypothèse : « le mot estaminet est purement flamand, il viendrait de l’espagnol ‘esta un minuto’ ». « Esta un minuto » voudrait dire « demeuré une minute ». Estaminet serait l’endroit où l’on passe en hâte boire un verre ».


D’après l’auteur, « estaminet » dérive d’ « estaim » (étain). Jusqu’au 17ème siècle on se servit du mot « estamoie » qui désignait un pot à couvercle, à une ou deux anses, contant plusieurs pintes, généralement en étain, mais parfois aussi en orfèvrerie ou en verre. L’endroit où on se servait d’ « estamoies » ne pourrait-il pas être l’ « estaminet » ?


D’autres pensent que « stamenij », « stamenee » dans le dialecte ostendais pourrait dériver de « stam » dans l’acception de « famille ». D’après les vieilles chroniques, écrit « Volk en Staat » (26-8-1941), au cours des réunions de famille, les hommes ingurgitaient un nombre considérable de « pots » ce qui déplaisait aux épouses. Les maris, piqués, décidèrent de se réunir là où leurs femmes n’auraient pas accès. Les réunions continuèrent sous l’appellation de « stam » qui devint « staminets ».


D’aucuns font encore dériver « stamenee » de « stamelen » : bégayer, infirmité passagère provoquée par l’ivrognerie.

Café Van Roy chée de Ninove à Molenbeek (Arrêt face à la Brasserie Vandenheuvel)

Enfin, dit le journal précité, en Flandre, des tenanciers, pour attirer l’attention des voyageurs sur leur local, inscrivaient sur la façade « Sta, Mijnheer » (Arrêtez-vous, Monsieur). Cette inscription devint proverbiale au point que pour inviter un ami au cabaret on lui disait « Veux-tu venir avec moi au « Sta Mijnheer » ?

Les « Kaberdoeches » (bistros de quartiers, gargote) appartiennent au folklore des Marolles depuis le Moyen Age.

Entrée de la rue Haute et l'ancienne Porte de Hal
Aux abords de la Porte de Hal qui en ces temps-là était encore une zone marécageuse, des ouvriers et des artisans s’y étaient établissent.

La rue Haute (ancienne voie romaine) qui s’étendait au-delà de la Steenpoort était très fréquentée par les voyageurs qui se rendaient à Paris et vers le sud.
En ces temps lointains, on trouvait tout autour de cette «chaussée », des relais pour les attelages, des auberges pour voyageurs et une foule d’artisans de passage.
Les habitants de ce quartier s’expriment dans un langage particulier… mi-wallon, mi-flamand…. Naissance du Marollien ?... (à suivre)…

Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, une surpopulation est recensée. On verra se multiplier un nombre certain d’impasses dans les Marolles. On assiste alors à un cortège de misère, d’épidémies et de l’apparition d’un terrible fléau… l’alcoolisme.


On dénombre hélas aussi une prostitution de bas étage. Dans les bacs à schnikke (bistrots où l’on sert de l’alcool) on y trouve des vieilles zattecutten (soûlardes) aguichés les clients pour se faire payer des witteke (genièvre). De grandes bagarres éclatent régulièrement.



Dans les années 1880, Les esprits ouvriers s’échauffent et de sérieuses émeutes éclatent dans les quartiers tout autour de la rue Haute.

Le peuple ouvrier riposte et est confronté aux gendarmes qui chargent de tous côtés.

http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sar_De_Paepe
Durant cette période critique, des hommes se réunissent des les estaminets pour discuter et s’échanger des imprimés avec des maximes du marxisme. Un des plus acharnés est un typographe du nom de César Depaepe.

Ces émeutes conduiront en 1885 à la naissance du Parti Ouvrier Belge (POB) et à la construction d’une grande maison du Peuple à la rue Joseph Steven. C’est l’architecte Victor Horta qui dessinera les plans. C’est à cet endroit qu’est né le socialisme bruxellois.
L’épicentre populaire des Marolles était en ce temps-là, la place de Wallons (aujourd’hui disparue) « Waelsche Plaats » (Située plus ou moins à l'arrière de l'actuelle gare de la Chapelle)

Les anciennes auberges du 18ème siècle avaient des noms pour le moins pittoresques :

In den naemen Jésus (Au nom de Jésus), Den groenen papegay : désignait la cible qui servait au tir à l’arbalète… (Le local des Arbalétriers n’étant pas bien loin de là ; à La Brasserie « Les Brigittinnes » qui disparaîtra également en 1962), Het sigoinnek : la petite cigogne …. Etc…





Un si bel endroit paisible au coeur de la ville


On y sert toutes sortes de boissons fortes… A l’exception d’eau bénite ! … En soirée, plus d’un rejoignait son domicile avec un fameux « stuk in zijn klûût »

Suite aux divers travaux d’envergure décidés par la ville de Bruxelles, certaines enseignes célèbres à l’époque émigrèrent vers d’autres faubourgs de Bruxelles.

C’est le cas notamment du « Chien Vert » situé rue Terre-Neuve, proche de l’impasse des escargots (Caricolegang) qui rouvrira son « stamenei » avenue de Tervueren à Woluwe Saint Pierre.
C’est la construction en 1850 de la Gare du Midi et les travaux de la Jonction Nord-Midi qui sonneront le glas de la rue Haute en tant qu’artère de grande circulation.

A cette époque-là, les socialistes gagnent un double combat : Le Suffrage Universel et la loi Vandervelde (loi anti-alcool) à afficher dans chaque établissement. (voir affiche plus haut)

A défaut de voyageurs, les habitants, marchands et artisans remplaceront en majorité la clientèle de ces « Kaberdoeches ».

Jusqu’en 1920, on dénombre aussi une foule de campagnards cherchant à faire fortune à Bruxelles. Cela provoquera même une crise du logement ! Ces nouveaux arrivants s’installent là où ils peuvent … ils prennent souvent quartier près de la rue Haute et aux alentours. De ce fait, les tenanciers d’estaminets proposent « un logement ». On fait de la place partout ! … Une chambre à côté, au dessus et même en dessous ! Certains vont même jusqu’à proposer d’occuper les caves !

Profils des piliers de comptoirs…

Le « zattekul » philosophe, Le pouffer qui discute toujours sont addition après plusieurs jours de crédit....
Devant le bar des « Mille Colonnes », juste derrière le stationnement des fiacres, le zattekul philosophe, membre influent de la « chocheté mutuelle de la soif », vide sa chope en remarquant : « Voulez-vous croire que ça sont aujourd’hui percis’ cinquante ans que moi j’aie bu mon premier verre de lambic ? Alleie, à ton santé ! »

Il y a aussi celui qui fait des son « genre »…. Le prétentieux, le je sais tout…. « Zaïene grüte Jan oïetagne » en bruxellois




Expressions :
Ei ess züe zat as e kanong : Il ivre comme un canon (bourré jusqu’à la gueule)
Ne zoeïper : un buveur habitué
Zoeïpe : boire jusqu’à plus soif
Zoeiper : buveur
Ne flessevringer : un tordeur de bouteilles (ivrogne)
Geif ma enn lkouch bé : Donne-moi un verre de bière
Ge zaait beiter in a klaain stameneike as in en gruute kerk (on est mieux dans un petit estaminet que dans une grande église) : dit par un pilier de cabaret qui n’est pas un pilier d’église.







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22/02/2013
Quand les bruxellois aimaient les pigeons.... Les colombophiles.
Petit article en hommage à mon Grand Père maternel (Ferdinand Hoeffler) qui tous les matins coupait avec application des petits croûtons de pain pour donner à manger aux pigeons….

Encore dans les années 50, nombre de Bruxellois possèdent au sommet de leur demeure un pigeonnier. « un Kijker » en bruxellois où ils élèvent des pigeons voyageurs. Quand il ne voyage pas, le pigeon roucoule et les voisins doivent renoncer, une fois pour toutes, à faire la grasse matinée ! C’était le cas pour mes parents qui vivaient dans un immeuble sur la Place de Jeu de Balle.
Quand le pigeon voyage et revient des lieux où il fut convoyé, il lui prend parfois la fantaisie de s’attarder à deux pas de sa demeure, sur quelque corniche. On assiste alors à une scène où notre passion des pigeons prend des accents exceptionnels. Mimique persuasive, implorante, menaçante, du propriétaire pour décider le volatile à réintégrer son domicile ; paroles tendres, petits noms, diminutifs en « ke » ou en « che », comme « chouque, tache,… » que l’indifférent reçoit comme une grand dame les hommages d’un pâle inconnu.
Vient un moment où l’homme se fâche ; ses gestes se font comminatoires, sa voix s’élève, se fait rude. Il perd la partie, mais il faut que colère se passe…
… Et voilà pour quoi notre radio nationale consacre, chaque dimanche, plusieurs émissions sibyllines aux profanes, vouées aux convois et aux lâchers, religieusement écoutées par des milliers d’amateurs de colombophilie.

Si vous croisez à Bruxelles ces passants porteurs de paniers, nul doute : voici des fervents d’un sport grave et populaire entre tous : LA COLOMBOPHILIE !
N’allez pas croire que ces volatils étaient considérés comme aujourd’hui !

Au 28 de la rue Ste Catherine, à la brasserie du grand château d’or, le coup d’éclat suivant fut réalisé par le patron Mr Vandenkerckhoven. Il obtint en juillet 1859 , de fournir ses locaux aux réunion de la « Société de Colombophiles Union et Progrès », avec d’emblée l’envoi de 63 pigeons parmi les grands cracks du moment, au concours d’Angoulême. Un mois plus tard, ce furent 169 bestioles qui prirent le train de Pontoise. Les deux premières rentrées au bercail appartenaient à M. Beghuin, la 3ème à M. Deruysscher, la 17 ème et dernière au pauvre M. Ysermans… Et le même mois encore, ce fut grande agitation dans la brasserie à l’occasion d’un concours à Versailles, qui donna l’occation à M. Deruysscher de prendre sa revanche…

En septembre 1887, la fédération des sociétés colombophiles de l’agglomération bruxelloise a organisé, sous le patronage de la société Bruxelles-Attractions, une fête originale qui a obtenu un vif succès d’intérêt et de curiosité.
Il faut dire qu’il existait bon nombre de colombophiles en Belgique.
Cette fête, donnée au profit des pauvres, consistait en un grand lâcher de pigeons, en courses pédestres. Le lâcher s’est fait au parc Léopold. Le matin a eu lieu, à travers les rues de la capitale, le défilé des chars transportant les paniers qui allaient prendre part au concours.
A 14h, au milieu d’une foule énorme, on a libéré 25.000 pigeons qui, tous à la fois, sont partis en un seul groupe, obscurcissant la lumière du jour par leur masse compacte. Imaginez, le froissement engendré par 50.000 ailes battant de concert…. Ce bruit produisit un son comparable à un coup de tonnerre.
L’immense essaim a tournoyé un instant dans l’espace tel une véritable orgie ornithologique ! Puis, à un moment donné, comme obéissant à un commandement, les oiseaux se sont dispersés aux quatre coins de l’horizon.
A ce moment-là, un aérostat s’élevait gracieusement dans les airs, semblant poursuivre les pigeons.


Ce spectacle, très curieux, a été suivi avec intérêt et émotion par la foule de spectateurs. Quelques instants plus tard, la foule se disloqua lentement. Chacun avait la tête encore emplie du vol des pigeons. Certains avaient aussi les poches vides suite aux vols perpétrés par les « pickpockets » ! Car il s’en trouve toujours là où il y a des pigeons à plumer…. Et oui…. Déjà en ce temps là !

Vendeur de pigeons sur la Gd Place à Bruxelles
Après le pain, les jeux, cela se savait déjà au temps des Romain. Aussi le cabaretier J.H. Werrie-Winteroy put-il, lors de la Kermesse de juillet 1889, recevoir en son Jardin Joyeux les non moins joyeux colombophiles de la société « La Colombe Joyeuse » chargés du grand concours par la Fédération des Société colombophiles bruxelloises. Une cérémonie répétée en 1898, et marquée par un grand lancement de pigeons à Chantilly.
En évoquant cette Colombe Joyeuse, voici un instant, profitons-en pour souligner combien, avec le jeu de balle (et bien sûr tus ces tirs d’archers et arbalétriers), le culte de la colombophilie appartient de façon extraordinairement intime à l’âme bruxelloise. Il faut savoir que voici un siècle et davantage, les innombrables estaminets spécialisés ne vivaient pratiquement que de l’effervescence que leur apportaient les comités colombophiles dont ils étaient arrivés à obtenir les réunions régulières chez eux. Et les jours de concours, on scrutait l’arrivée des coureurs, hors d’haleine, porteurs des précieuses bagues des pigeons rentrés au pigeonnier.

En ces temps où les enregistreuses n’étaient pas encore inventées, seul comptait en effet le moment de la remise de la bague au chronométreur. Le propriétaire du pigeon, stationné dans son pigeonnier, scrutait les cieux, et sitôt l’oiseau rentré, il s’emparait de la bague, la jetait dans un tube fixé à sa façade, où les ketjes la saisissait et filait au « kaberdouche ». En hurlant, avec ses compères de rencontre « Pigeon, pigeon ! », et manquant à chaque instant de faire trébucher les bourgeois malencontreusement dans son chemin.
Alors ceux-ci se lançaient à la poursuite des impudents garnements, ce qui créait parfois d’indescriptibles désordres ! Tout cela appartenait à un folklore bien établi, et finalement personne n’y trouvait à redire.
…Un folklore qui devait disparaître d’un coup, comme nous en informe la presse de janvier 1896, « encore un petit métier qui va disparaître » ajouta-t-elle la larme à l’œil. Par l’invention en France de l’appareil « L’inviolable », qui …supprime les coureurs portant, à une allure extraordinaire, les bagues aux sièges sociaux, et les froissements qui peuvent surgir entre les membres d’une même société ».
Naissance de l’appareil à horloge marquante, scellé, plombé, où l’on introduit la bague des pigeons rentrés au colombier, et rendant toute fraude impossible. « Voilà qui va révolutionner les règlements de la colombophilie ». En effet, finis les gamins à la course folle.

Les pigeons du Bois de la Cambre
Telle étaient donc les mœurs des colombophiles du siècle dernier, et en particulier ceux du cabaret « Le Jardin Joyeux ». Lequel acquit au cours des années 1895 une importance à peu près égale à celle du « Grand Château d’Or » de la rue Ste Catherine, si l’on en juge par les sociétés qu s’y réunissaient régulièrement.
En Août 1898, on convia la foule à venir participer depuis la gare du Midi jusqu’à la Porte d’Anderlecht à un lâcher monstre de pigeons, avec « des dizaines et des dizaines de paniers remplis de pigeons » rangés à côté des baraque de la foire. Après 3 coups de canon retentissants, les paniers sont ouvert, quelques pigeons s’échappent, filent à tire d’aile, puis la grande masse des oiseaux s’élèvent, tournoie comme de larges feuilles mortes emportées comme un tourbillon, tandis que les orchestres de la foire tonitruent, que les orgues de Barbarie gémissent des airs d’opéra et que les danseuses de parades esquissent des pas plus ou moins légers…
Les pigeons partis, on s’en retourne aux montagnes russes…

Durant la guerre 14-18
Malgré le fait qu’à l’époque on voyait se développer la téléphonie et l’émission radio, il était fréquent que des unités soient isolées ou que des messages devaient être envoyés rapidement sur de longues distances. Dans ce cas, on avait recours aux pigeons voyageurs. Ils étaient élevés et transportés vers des unités mobiles au gré des besoins dans les zones de front différentes.
100.000 pigeons furent employés par les Anglais durant cette guerre.
C’était une belle stratégie mais l’occupant allemand prit connaissance de ce subterfuge et décida d’interdire aux civils des zones occupées de lâcher les pigeons !
Toutes personnes désobéissantes étaient menacées de mort par voie de presse. Les personnes qui récupéraient des pigeons voyageurs, étaient également tenues de remettre ceux-ci aux autorités militaires faute de quoi, elles seraient accusées d’espionnage !

14 mai 1922, voici l’un des 2 avions … butin de guerre pris à l’Allemagne, qui vient d’être transformé en colombier volant pour le transport de pigeons voyageurs mis au concours. Nous avion déjà l’aviation militaire, l’aviation civile, voici l’aviation pour … volatiles !

Les colombophiles espèrent, par ce moyen épargner à leurs pigeons les fatigants et coûteux voyages en train ou en camion. Comme le montre notre photo, des loges latérales ont aménagées dans le fuselage de l’avion. Il suffit d’amener les paniers contenant les pigeons et le transbordement s’accomplit. L’aéroplane n’a plus qu’à voguer vers le lieu de lâcher, où il arrivera en quelques heures au lieu de 2 jours.
LA STATUE.

Bruxelles fut probablement la seule ville à rendre hommage aux pigeons voyageurs durant la guerre. Cette statue est l’œuvre de Victor Voets et fut inaugurée en mars 1931. Elle se situe Square des Blindés à Bruxelles.


Merci à Jeancke …. (Jean-Pierre Roels) pour la recherche de documents…

N’empêche, que les bruxellois aiment aussi la saveur du pigeon…et certains terminaient à la casserole ! ... Allei ! Mangez… ‘t es van brussel …

PIGEON A LA HOEILLAARTOISE
Vieille recette mais savoureuse d’une commune où les pigeonniers étaient légion.
Procurez-vous 2 pigeons jeunes et bien en chair.
Videz-les et troussez-les.
Dans une sauteuse, faites fondre un bon morceau de beurre et déposez-y les pigeons.
Faites-les rôtir sur chaque face durant quelques minutes.
Ajoutez ensuite un demi-litre de bouillon de volaille et 25 cl de vin blanc.
Salez, poivrez, ajoutez du thym et du laurier.
Pendant ce temps, épluchez une dizaines de petits oignons et nettoyez 250 gr de champignons.
Ajoutez-les dans la sauteuse.
Couvrez et laissez mijoter 50 à 60 minutes à feu doux.
A la fin de la cuisson, retirez les pigeons et laissez réduire un peu le jus de cuisson…. Puis liez la sauce avec 2 jaunes d’œufs dilués dans 15 cl de crème fraîche. Rectifiez l’assaisonnement et laissez réduire 1 à 2 minutes. Passez la sauce au tamis.
Dressez les pigeons dans un plat avec la sauce.
PIGEONS AUX PETITS OIGNONS.
Prenez 2 pigeons. Coupez-les en 4 (dans le sens de la longueur puis en chaque moitié).
Dans une cocotte, faites fondre 2 bonnes cuillères à soupe de beurre.
Faites-y dorer les morceaux de pigeons sur chaque face.
Quand ils ont prit une bonne couleur, ajoutez-y une trentaine de petits oignons épluchés.
Couvrez et laissez cuire environ 7 à 8 minutes en mélangeant de temps à autre.
Ajoutez ensuite 25 cl de vin blanc sec, 25 cl de bouillon de volaille, un bouquet garni, un clou de girofle, un peu de ciboulette hachée du sel et du poivre.
Laissez mijoter environ 1 heure à feu doux
Pendant ce temps, préparez la garniture suivante :
Epluchez 125 gr de champignons de Paris, faites-les revenir dans du beurre.
Nettoyez 4 ris d’agneau et un ris de veau.
Faites-les dégorger dans de l’eau froide puis trempez-les quelques instants dans de l’eau bouillante pour les faire blanchir.
D’autre part, détaillez en petits morceaux, un rognon de veau et faites-le sauter à la poêle dans un peu de beurre.
10 minutes avant de servir, ajoutez dans la cocotte des pigeons, les champignons, les ris et les rognons. Rectifiez l’assaisonnement et laissez mijoter environ 10 minutes.
En fin de cuisson, disposez les morceaux de pigeons entourés de leur garnitures de cuisson et réservez au chaud.
Liez la sauce avec un demi-citron pressé et un peu de maïzena diluée dans du lait.
Nappez votre plat de cette sauce et servez…
Bon appétit ….
12:54 Publié dans aviation, aérodrome,sabena, BELGIQUE, BRUXELLES, ET PENDANT CE TEMPS LA A BRUXELLES ..., fêtes,foires,fêtes forraines, images de guerre, jeux,jouets d'autrefois,livres enfance, LES SPORTS, Marolle, marolles, recettes, vieux marché,place du jeu de balle,aemet,puces de Bruxelles et environs, vismet - marchés-port de bruxelles,canal,senne | Commentaires (8) | Envoyer cette note |
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