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24/04/2016

Everard ‘t Serclaes …. Libérateur de Bruxelles

Everard ‘t Serclaes, seigneur de Wambeek, Bodenghem et de Ternat est né vers 1320.

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Bruxelles était occupée par le comte de Flandre, à la suite du siège du 17 août 1356…

…  Durant la Guerre de succession du duché de Brabant, le 24 octobre 1356, aux alentour de minuit… Sous les murs de la ville, du côté du Warmoesbroec (aux alentours de l’actuelle jonction des rues du Marais et Montagne-aux-Herbes potagères) s’affaire une troupe de patriotes bruxellois silencieuse.   

…  A l’aide de cordes et d’échelles, elle escalade les remparts et fonce vers la Grand’Place… ce qui permit aux troupes de Jeanne de Brabant de reprendre la ville…

 

Leur chef est Everard ‘t Serclaes, alors âgé de trente-six ans, s’est juré de bouter hors de la cité les envahisseurs flamands. 

 

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En 1355, en effet, à la mort de Jean III, duc de Brabant, sa fille Jeanne, épouse de Wenceslas de Luxembourg, lui avait succédé. 

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Venceslas 1er de Luxembourg

Louis de Maele, qui avait épousé la deuxième fille de Jean III, avait contesté la succession, envahi le duché de Brabant et, après sa victoire à Scheut, occupé Bruxelles. 

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Longtemps, les bruxellois nommèrent cette bataille « den quaeden woensdag » le mercredi néfaste.

 

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Arrivé sur la Grand’Place, Everard se précipite vers la maison de l’Etoile à la façade de laquelle flottait l’étendard de Louis de Maele, l’en arrache et le remplace par celui des ducs de Brabant. 

Entre-temps, ses hommes s’affairent à réveiller les bruxellois.  Une importante troupe attaque la garnison flamande laissée sur place par Louis de Maele.  Assaillis à l’improviste, ils ne peuvent qu’abandonner la ville.

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Jeanne de Brabant

La réussite de cet audacieux coup de « commando » soulève l’enthousiasme de tout Bruxelles. 

‘t Serclaes est porté en triomphe et la population, soucieuse de récompenser ses mérites guerriers, l’élit séance tenante et à vie premier échevin de la cité.  Tout en lui délivrant le titre de « Libérateur de Bruxelles ». 

Jeanne et Weceslas, émigrés à Maastricht, purent rentrer dans leur capitale brabançonne à la vive satisfaction de leurs fidèles sujets, délivrés du joug flamand qui avait duré moins d’un an.

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Jeanne de Brabant et son époux Wenceslas

 

SWEDER D’ABCOUDE MIS EN ECHEC

Et les années passent… ‘t Serclaes continue à se dévouer à défendre la ville et ses privilèges.  Ce qui devait le conduire à la mort. 

Sweder d’Abcoude, seigneur de Gaesbeek, était possesseur d’une fortune immense et de nombreuses terres aux alentours de Bruxelles. Toujours avide d’agrandir ses terres, il propose  à plusieurs reprises des fonds à la duchesse de Brabant qui était en difficulté financière.   

De ce fait,  cela lui donnait, on s’en doute, beaucoup d’influence sur elle. 

L’homme n’avait qu’une idée : accroître sa puissance territoriale.  En 1388, il demanda à la duchesse de Brabant de lui céder une partie de la seigneurie de Rhode, comportant une bonne vingtaine de villages don Crainhem, Woluwe-Saint-Pierre, Uccle, Linkebeek, Watermael et Grand-Bigard.

Jeanne ne savait comment lui refuser.  

 

Mais les magistrats  bruxellois… ‘t Serclaes en tête ne l’entendaient pas de cette oreille : ils envisageaient avec une crainte pour le moins fondée la perspective d’un accroissement de la puissance de Sweder d’Abcoude.

D’une part, l’échange menace les intérêts économiques et fiscaux présent de la ville car, contrairement aux autres territoires concédés, la mairie de Rhode comprenant 29 villages fait partie du Quartier de Bruxelles. 

Il faut dire que Bruxelles qui cherche aussi à étendre son influence s’inquiète de la soudaine proximité d’un seigneur aussi puissant !

 

Everard, suivi de tous les échevins de la cité, se rendit chez la duchesse.  Il commença par lui exposer respectueusement qu’elle avait juré solennellement de ne pas céder la plus petite partie du territoire de Bruxelles, de ne pas respecter la Joyeuse Entrée, chèrement défendue, qui garantissait l’indivisibilité du duché….  En outre, le danger que représentaient pour la ville ces visées annexionnistes devait la forcer à rejeter sans autre forme de procès la demande du sire de Gaesbeek. 

Jeanne de Brabant  écouta ces avis sensés et réserva une fin de non-recevoir à la demande de Sweder d’Abcoude cédant ainsi aux récriminations bruxelloises. 

 

UNE LÂCHE AGRESSION 

En apprenant cette décision, ce dernier entra dans une fureur épouvantable.  Il décida la mort d’Everard ‘t Serclaes.. le principal responsable à ses yeux de son échec.

Le 26 mars 1388, on vint lui faire part que celui-ci s’était rendu pour affaires à Lennick et allait rejoindre Bruxelles.  Il expédia Guillaume de Gaasbeek (fils naturel de Sweder) et Melys Uten Enghe, bailli de Gaasbeek pour dresser une embuscade. 

Lorsque le premier échevin parut, ils le jetèrent à bas de son cheval et lui tranchèrent la langue et le pied gauche.  Un des pieds qui l’avait porté devant la duchesse et la langue qui l’avait conseillée….  Ensuite, ils l’abandonnèrent sur le chemin.

 

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Everard sur son lit de mort...

Le malheureux resta longtemps étendu là, sans qu’âme qui vive vienne le secourir.  Le sang coulait à gros bouillons de sa bouche meurtrie et de sa jambe.  Ce n’est que plusieurs heures plus tard que Jean de Stalle curé-doyen de Hal, passant par hasard avec son chariot, accompagné de Jean Cooreman  son clerc, découvrit le moribond.  Les deux hommes le couchèrent avec précaution sur le plancher de la mauvaise guimbarde et le ramenèrent à Bruxelles, où on l’installa dans la maison de l’Etoile.  On prodigua au moribond les premiers soins, mais Albert Dithmar  le médecin appelé à la hâte déclara ses blessures inguérissables.

 

LA MORT DU PREMIER ECHEVIN VENGEE 

Tandis que le premier échevin agonisait, le bon peuple de Bruxelles se réunit devant la maison scabinale.  Très vite, son indignation et sa colère attinrent le maximum.  On fit sonne le tocsin au beffroi de l’église Saint-Nicolas, et les bruxellois se groupèrent en armes sur la Grand’Place.

 

Le soir même, une troupe imposante de bourgeois et d’ouvriers se mit en route pour Gaesbeek, et entamèrent le siège du château de Sweder d’Abcoude.  En voyant s’avancer les milices bruxelloises, celui-ci pris la fuite.

Le 31 mars, la nouvelle se répandit parmi les assiégeants de la mort d’Everard ‘t Serclaes : le malheureux avait rendu son âme à Dieu après cinq jours d’atroces souffrances.  Cette nouvelle, bien qu’attendue, décupla la fureur et la soif de vengeance des assaillants.  Les défenseurs du château se rendirent et,  le 31 avril 1388, les milices communales y entrèrent.  Ils le démolirent pierre par pierre et y boutèrent ensuite le feu.  Et le redoutable castel du sire de Gaesbeek ne fut plus qu’un immense brasier illuminant la nuit.  Everard ‘t Serclaes était vengé…

Pour l’anecdote, On raconte que les bruxellois étaient munis de forte victuailles, parmi lesquelles de nombreux et gros poulets de Bruxelles, ce qui leur valut le sobriquet de kiekefretters (mangeurs de poulets).

Everard ‘t Serclaes fut enterré sur ses terres à Ternat.

C’est en souvenir de la libération de Bruxelles par celui-ci qu’une des plus veilles artères de la capitale prote encore aujourd’hui le nom de rue d’Assaut.  C’est à deux pas de là, en effet, qu’il escalada avec sa troupe l’enceinte de la cité.

 

STATUE ET PLAQUE COMMÉMORATIVE

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Se trouve dans la galerie passant sous la Maison de l’Etoile, au coin de la rue Charles Buls et de la Grand’Place.  Elle est l’œuvre d’un artiste de talent, J. Dillens (1849-1901).  C’est dans cette maison que ‘t Serclaes décéda de ses blessures.

La plaque, inspirée de la Renaissance italienne, est faite de deux pilastres ornés de panoplies, soutenant un typan semi-circulaire d’où surgit un chevalier tout armé, portant l’étendard de Brabant-Limbourg.  En dessous, sur l’entablement, on lit Pro aris et focis (Pour nos autels et nos foyers en français).  A droite et à gauche, l’écusson de Bruxelles et celui du Brabant.

Le centre comporte trois bas-reliefs superposés.  Ils racontent deux épisodes glorieux de l’histoire de Bruxelles auxquels le nom de ‘t Serclaes est intimement lié.

Le premier bas-relief se rapporte à la reprise de Bruxelles par Everard ‘t Serclaes.   En dessous de ce bas-relief, on lit ces fières paroles : Met hand en tand voor stad en land.  Sous le deuxième bas-relief, on lit le cri de guerre de destruction du château de Gaasbeek par les Bruxellois. 

 

Les culots qui soutiennent les pilastres font également allusion aux kiekefretters (mangeurs de poulets)… Ce détail pittoresque  est rappelé sur le bas-relief, à droite, par une femme qui tire d’un panier une superbe volaille.  A gauche, un marmiton serrant un poulet mis en broche ; à droite un gai luron tenant une cannette sur laquelle on lit « Kieke(n)vreters »…. Kiekefretters en dialecte bruxellois.

 

Au bas du monument gît le corps mutilé d’Everard ‘t Serclaes.  Sur la base on lit Eberhardo ‘t Serclaes liberatori patrioe.   L’écusson du héros populaire et des relief.

Sur le socle du pilastre de droite on rappelle le double épisode que nous venons de narrer : Le 24 octobre 1356, Everard ‘t Serclaes, par un hardi coup de main, chassa les soldats étrangers qui occupaient Bruxelles.  Après avoir été cinq fois échevin de sa ville natale, il mourut le 31 mars 1388 lâchement assassiné pour avoir défendu les droits de la cité.  Sur le socle du pilastre de gauche on a inscrit ces mots : Le 6 juin 1898, le Conseil communal de Bruxelles a chargé le sculpteur Julien Dillens d’édifier ce monument en honneur d’Everard ‘t Serclaes, échevin.

En dessous, dans un cartel, on lit deux dates 1320 ( ?) et 1388.  La première date présumée de la naissance de ‘t Serclaes, l’autre est la date de son assassinat. En dessous les deux mots « Fortiter » et « Fideliter », qui forment la devise des ‘t Serclaes.

 

Polémique (d’après l’article sur Wikipédia).

En 1902, l'archiviste de la Ville de Bruxelles, Jean Van Malderghem, écrit sous un pseudonyme un article très critique à l'égard de Dillens7. Il lui reproche notamment d'avoir choisi le style de la Renaissance italienne plutôt que le style gothique et d'avoir attribué à Éverard t'Serclaes des armoiries anachroniques, celles des t'Serclaes n'apparaissant, selon lui, qu'au XVe siècle. En outre, t'Serclaes n'aurait pas eu comme devise «Fortiter Fideliter» et les tours de Saint-Gudule n'auraient pas leur place sur le monument, car elles ne furent terminées qu'au XVe siècle. L'inscription «Kiekefretters» (sic) serait elle aussi anachronique, Van Malderghem doutant que ce sobriquet ait déjà existé au XIVe siècle. L'une de ses critiques confine à la mesquinerie : il fait remarquer qu'une des inscriptions en néerlandais comporte une erreur d'orthographe : «gemeentecaad» au lieu de «gemeenteraad» (conseil communal). L'article aurait peut-être été dicté par le dépit qu'éprouvait Van Malderghem de ne pas avoir été consulté à propos de l'élaboration du monument

Source : 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_%C3%A0_%C3%89verar...

 

Pour l’Histoire…

En face sur le mur de l’Hôtel de Ville, l’Administration communale a fait placer

Une plaque commémorative du 200ème anniversaire de la reconstruction de la Grand’Place.  Elle est ainsi libellée : « Les habitants de Bruxelles, honorant l’énergie de leurs ancêtres qui en deux ans relevèrent de ses ruines leur ville détruite par le bombardement de 1695, ont célébré, le 26 juin 1897, le 200ème anniversaire de la réédification des maisons de la Grand’Place ».  L’inauguration se fit, en réalité, le 11 juillet 1897.

 

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Hôtel de Ville de Bruxelles, gravure de Drawn et Woolmoth. 1825 ... On y voit l'ancienne maison de l'Etoile

Rue de l’Etoile… rue Charles Buls…

Jadis, cette petite rue s’appelait rue de l’Etoile, du nom d’une très ancienne demeure qu’elle avait au coin du forum.  Cette maison, déjà mentionnée au 13ème siècle, était occupée par l’amman de la ville.  En 1842, le bourgmestre De Brouckère fit démolir cette maison ancestrale pour élargir la rue.  La petite rue reçut alors le nouveau nom de la rue de l’Hôtel de Ville.  Cinquante ans plus tard, le bourgmestre Buls fit reconstruire une Maison de l’Etoile dans le style de l’ancienne, mais un plus étroite et avec un trottoir sous arcade au lieu de rez-de-chaussée.

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Le 15 mars 1897, le Conseil communal (en l’absence de Buls) adopta à l’unanimité une proposition visant à donner à la vieille rue de l’Etoile le nom de Charles Buls (Bruxelles, le 13 octobre 1837- Ixelles, le 13 juillet 1914), en hommage aux efforts qu’avait déployés durant vingt ans ce bourgmestre pour rendre à la Grand’Place son éclat d’autrefois.  

 

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Et pourtant…  Rue de l’Etoile…  Du nom de la maison à l’angle de la Grand’Place.  Espérons que cette antique dénomination sera rétablie, conformément au vœu exprimé maintes fois par Charles Buls lui-même, et que le nom d’un magistrat, qui brille en caractères lumineux dans les fastes de la Ville, sera donné, non à une rue qui compte six maisons, mais à la plus belle artère que Bruxelles créera dans ses nouveaux quartiers.

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Années 60

 

A lire : "Le différend entre Sweder d'Abcoude et la ville de Bruxelles. La chute du château de Gaesbeek (mars-avril 1388)"

 

31/08/2014

Le Bain Royal au Cirque Royal

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C'était au 62 rue de l'enseignement

Naissance du cirque en 1878.  Bâti par l’architecte Wilhelm Kuhnen pour MM. Docq et Macau propriétaires.  Ces dynamiques capitalistes firent aussi construire, en même temps que le cirque et dans son voisinage immédiat, rue de l’Enseignement, n°62, le Théâtre des Familles (transformé chaque été en bassin de natation).

 

C’est en 1883, que la Ville devint propriétaire du Cirque, à la suite de certains échanges de terrains…. C’est à ce moment-là, que l’établissement reçut alors le qualificatif de Royal.  L’éclairage fut installé en 1896.  

29/08/2014

Taverne Le Diable au Corps

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Au n°12 de la rue aux Choux, s’ouvrit en 1892 un cabaret d’un genre tout différent : le fameux Diable-au-Corps, bientôt hanté par de tumultueux poètes, écrivains, peintre, journalistes, des étudiants à longues « pennes » s’y rencontraient plus ou moins courtoisement…. Il se trouvait dans une vieille arrière-maison, au fond d’une cour aux murs couverts de vigne vierge, à laquelle on accédait par un long couloir.  En évitant de marcher sur les nombreuses poules qui picoraient on ne sait quoi, il fallait atteindre une petite porte vermoulue surmontant trois marches de pierre usées : c’était là !

Salle étroite et longue ; dallage rouge parsemé de sable fin ; tables de bois blanc bien récurées portant chacune un monumental porte-allumettes de faïence ; plafond à solives d’où pendaient de petits luminaires de synagogue ; divers ustensiles de cuisine démodés et aussi des voiliers en miniature ; lambris décorés de petits carreaux de Delft ; fenêtres à croisillons serrés ; énorme poêle de Louvain au fourneau obèse ; haute cheminée campagnarde surplombée d’objets hétéroclites et encadrée d’impressionnants rateliers de pipes de terre cuite : tout cela avait l’aspect de bric à brac, mais douillet et avenant, généreusement patiné par la fumée de tabac et par l’âge.

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Au cours du premier quart du 20ème siècle, le père Gaspar, tenancier a eu la clientèle plus ou moins assidue d’un beau cénacle de gens de plume : le truculent Maurice Gauchez, président de la « Renaissance d’Occident », le diaphane poète Odilon-Jean Périer, le sémillant Robert Goffin, le classique Thomas Braun, l’ardent socialiste René Lyr, le gros Charles Conrardy, le romantique barbu Eugène Herdies, les sec Charles Plisnier, l’ironique Souguenet, l’aristocratique Roger Kervyn de Mrcke ten Driessche (allias Pitje Schramouille), le bohème Michel de Ghelderode ; citons aussi les journalistes Geroges Garnir, Fernand Servais, Victor Boin, Frans Fisher, Frédéric Denis, les jeunes Théo Fleischman et Fernand Demany.  L’étudiant Paul-Henri-Spaak y fit quelques harangues, le peintre James Ensor y vint quelques fois bavarder avec son ami le fécond dessinateur Amédée Lynen, qui fut l’un des plus solides piliers du Diable-au-Corps et qui illustra gratuitement sous le même titre satanique.

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Hélas ! En 1928, le vieux cabaret fut exproprié : l’Innovation devait agrandir ses locaux.  Mais déjà l’atmosphère littéraire n’était plus la même.  Le Diable-au-Corps avait fait son temps.  Tout son « brol » familier fut dispersé en vente publique.  Amédée Lynen, seul survivant de l’équipe de 1892, acheta en pleurant la petite horloge à carillon qui, pendant trente-six ans, avait égrené sa douce chanson au-dessus du comptoir du père Gaspar.

 

Depuis la dernière guerre, cette rue connu les démolitions en masse, le délabrement, la désertion…  (Texte de Jean d’Osta).

14/05/2014

Le « scandale » du Petit Sablon

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Le 20 juillet 1890, à 11 heures, le bourgmestre Charles Buls, entouré du ban et de l’arrière-ban des édiles communaux, inaugure en grande pompe le nouveau square du Petit Sablon.

Huit jours plus tard, c’est la catastrophe !  Un brave bourgeois de Bruxelles dont l’histoire n’a pas retenu le nom, demande audience au maïeur.  Pour lui faire part, affirme-t-il, d’une très regrettable anomalie à propos du Petit Sablon.  Intrigué, Charles Buls le reçoit.  Notre homme explique au premier magistrat pour le moins abasourdi que, parmi les dix personnalités statufiées entourant les comtes d’Egmont et de Hornes, se trouve Gérard Mercator (de son vrai nom Gérard de Cremer).  Le célèbre géographe, cosmographe et mathématicien – le socle de la statue enseigne aux visiteurs qu’il naquit en 1512 et décéda en 1594, ce qui est parfaitement exact – tient dans sa dextre la représentation du globe terrestre qu’il contemple avec l’air d’en avoir deux… Il y a de quoi être étonné, affirme notre bourgeois au bourgmestre : le sculpteur Louis-Pierre Van Biesbroeck, auteur de la statue, fait figurer sur la mappemonde les contours de l’Australie !  Un continent qui, n’importe quel potache vous l’affirmera, n’a été découvert que dans le courant du XVIIIème siècle !!!

Effondré, le bourgmestre ne sait quelle attitude adopter …  Lui qui fait partie du corps enseignant, il imagine déjà les gorges chaudes que feront ses adversaires politiques devant une telle bévue.  Pour éviter le « scandale » qui lui retomberait sans conteste sur le dos, il demande au futé bourgeois de garder le secret sur ce regrettable incident.  Ce que ce dernier fit, et très bien.  Puisqu’il fallut attendre presque un demi-siècle – exactement 49 ans – pour qu’un autre quidam se rende compte, en 1939, de cet anachronisme pourtant flagrant. 

 

Si d’aventure vous passez par le square du Petit Sablon, rendez visite à Mercator : sa statue se trouve en haut à gauche de la butte arrière du square.  Vous constaterez que sa mappemonde n’indique plus les continents, lesquels ont été remplacés par des sortes de fuseaux qui n’ont rien d’horaires.  Quant la transformation a-t-elle eu lieu ?  Mystère… La ville les a fait exécuter en « stoumelinks » ! 

17/04/2014

Rue de la Cigogne

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Merci à Micheline Gellaerts pour cette magnifique photo de

famille.  Ses parents résidaient au n°17.

Rue de la Cigogne

Ruelle sinueuse, accessible depuis la rue Rempart des Moines par un portail en style Louis XV ouvert entre le n° 21 et 23, depuis la rue de Flandre par un passage couvert au n°138, pourvu autrefois d’un portail cintré à clé peut-être encore présent sous le revêtement de bois du RDC de cet immeuble. 

Étroite et pittoresque, la venelle est bordée de modestes maisons dont le noyau remonte au moins au 17ème siècle, modifiées et banalisées, pour faire disparaître les détails architectoniques au 19ème et 20ème siècle.  Elle est aujourd’hui caractérisée par un alignement relativement homogène. 

 

 

Notons … Portail d’entrée dans la rue Rempart des Moines, daté au larmier : « ANNO – ST ROCHUS – 1760 »  et restauré en 1885.  

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