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10/09/2014

Le Palais de Justice...... symphonie achevée.

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Le mastodonte de Joseph Poelaert est inauguré quelques années avant la fin du 19ème siècle(1866-1883) sur une montagne haute de 45 mètres au-dessus des pavés de l’Allée Verte (quartier gare du Nord).  Il est tellement « éléphantesque » qu’il faut détruire tout un quartier (la Marolle) pour l’y installer.  Ainsi disparaissent, entre autres, les rues de la Glacière et d’Artifice.

 

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L’Hospice Pachéco le 1er du nom au coin du boulevard de Waterloo et de la rue d’Artifice, est abattu pour faire place à un jardin public.

Mais Poelaert, si détesté par les Marolliens qu’il avait délogés, s’éteindra avant que son œuvre ne soit achevée et c’est son adjoint, l’architecte de Vestel, et l’infatigable conducteur des travaux Adolphe Anthierens qui achèveront la coupole. 

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Salle du Conseil de Guerre 

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Durant l'occupation Allemande en 14-18

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Guide à l'époque où l'on pouvait visiter la coupole

 

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A la fin de la guerre 40-45, la Coupole est incendiée par une dernière tentative d’offensive Allemande 

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Dans les années 50-60

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Projet d'aménagement en 1929

 

Un peu plus tard, on détruit l’ancien palais de Justice qui, entretemps, tombait en ruines et on perce par la même occasion, la rue Lebeau.  On relie ainsi le Grand-Sablon à la place de la Justice.  (G. Abeels)

 

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Ommegang en 1947 à l'ancienne place de la Justice

 

 

 Sur cette place, donne la Rue de Ruysbroek

 

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Sur les traces de la première enceinte :
Depuis la forteresse ducale , la muraille longe l'intérieur de la rue de Brederode jusqu'au carrefour de la rue de Namur . La porte du Coudenberg , située en contrebas n'a été démantelée qu'en 1761 . La courtine décrit alors un coude vers la droite en retrait de la rue des Petits Carmes, aménagée sur l'ancien fossé comblé, avant de traverser la rue de la Régence . Elle dévale ensuite le flanc escarpé de la rue de Ruisbroek qui s'identifie au fossé , en contrebas de l'Hôtel de Nassau auquel elle sert de mur de soutènement . La muraille enjambe le Ruisbroek en formant un angle droit .

 

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Rue de la Régence :
l'aménagement de la place Royale conduit les édiles locaux à améliorer la liaison vers le Sablon ; percée en 2 phases , la nouvelle rue évoque la Régence de Bruxelles , équivalent de notre collège échevinal pendant la période hollandaise .
Le premier tronçon a été aménagé en 1827,traversant les jardins de l'hôtel dArgenteau, la rue de la Régence enjambe la rue de Ruisbroek par un pont métallique et coupe en 2 la petite rue Bodenbroek . La prolongation de la rue de la Régence (1872) est liée à la construction du palais de justice et à la nécessité de relier le centre-ville à la promenade qui conduit au bois de la Cambre , l'avenue Louise .

 

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la rue de Ruisbroek est détournée (1887-1890) vers la rue de la Régence au prix d'une courbe en forte pente , rendue possible par la disparition de 2 beaux hôtels néo-classiques .
sources "Bruxelles des remparts aux boulevards " et "la première enceinte de Bruxelles "

 Article de Sylvie Jottrand 

04/09/2014

Bruxelles au 17ème siècle ...

Les transformations de la ville au XVIIème siècle.

 

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Outre les églises, les couvents et les maisons des corporations, la capitale des Pays-Bas vit s’élever un grand nombre de maisons ouvrières, de maisons bourgeoises et quelques riches hôtels seigneuriaux. 

Bruxelles ne cessa de se peupler et toujours d’avantage, de telle manière que la voirie urbaine dut s’étendre dans toutes les directions.  Le nombre de rues et aussi d’impasses établies au cours du XVIIème siècle est, en effet, considérable.

A l’une d’entre elles était réservé un avenir commercial exceptionnellement brillant.  Il s’agit de la rue Neuve.  Créée en 1617, au travers des prairies de la rive droite utilisées comme blanchisserie, elle ne tarda pas à être bordée de demeures cossues.  De sorte que, dès 1646, elle devenait le siège d’une paroisse, dite du Finistère.  Elle n’était en ce temps qu’un lieu de résidence, silencieux et paisible, et que le charroi ne troublait guère. 

 

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Ce caractère résidentiel appartenait également à la rue Isabelle (tracée en 1625, en contrebas du Coudenberg), à la rue et à la place de Bavière (1) (établies au flanc du Reuzenberg, proche de l’ancienne Steenpoort), à la place du Sablon et à la rue aux Laines, auxquelles les familles de la haute noblesse continuaient à témoigner leur préférence.

C’est dans la ville basse, et plus spécialement sur la rive gauche de la rivière, que se développèrent les quartiers animés par les affaires ou par le grouillement des petites gens.  Les Bassins intérieurs, maintenant bordés de quais et de maisons de commerce, se complètent, en 1639, par le creusement du Bassin au Foin sur l’emplacement d’une prairie dépendant du Grand Béguinage et du Bassin de la Voirie, di Mestback (Bac au fumier).  La Porte du Rivage, à l’entrée du canal sur le territoire de la capitale, est réédifiée.  Dans l’axe du bassin Sainte Catherine, est établi, en 1650, le Marché aux Grains. 

 

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A la défense accessoire en arc de cercle aménagée au XIVème siècle se substitue une suite de rues dénommées rues des Six Jetons, Marché aux Porcs et Rempart des Moines. 

Une ordonnance de 1627 décrète le pavement de ces voies nouvelles et impose aux riverains l’obligation de paver, à leurs frais, une largeur de trois pieds devant leurs maisons (2).

 

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Au sud de l’ancien rempart ainsi transformé, se développe un quartier ouvrier, au milieu de l’humide Voldersbeemd (pré des Foulons).  Autour d’une place qui, longtemps portera le nom de Vieux Marché (place Anneessens actuelle), se dessine bientôt tout un réseau de ruelles étroites.

En même temps se complétait le réseau des voies latérales des rues de Flandre et de Laeken.

Ainsi donc, la croissance urbaine se marquait de plus en plus nettement sur cette rive gauche où la construction d’immeubles avait si longtemps été entravée par l’humidité du sol et les inondations. 

 

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L’aspect agreste d’autrefois n’avait cependant pas entièrement disparu.  Des prairies et des potagers subsistaient toujours à l’intérieur des limites de la seconde enceinte, dans les secteurs déterminés par les voies de circulation conduisant aux portes de la ville.  Des demeures patriciennes du Sablon et du Quartier aux Laines dépendaient de vastes jardins plantés d’arbres (3). 

 

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Quant au territoire des environs immédiats de la ville, son caractère essentiellement agricole restait intact.

Un plan de 1697, dressé par Georges de Backer, dédié « au très illustre et très vaillant seigneur Son Altesse le Prince de Vaudémont, Gouverneur général des armées de Sa Majesté aux Pays-Bas et commandant en chef des armées de Sa Majesté britanique », en témoigne éloquemment.  Ce plan indique notamment les retranchements que le prince fit établir sur les hauteurs de Saint-Gilles, dans les prairies de Cureghem-Anderlecht, sur les plateaux de Scheut, de Berchem Sainte-Agathe et de Koekelberg.  Leurs lignes courent à travers les champs et les pâtures.

 

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Au sud de la Ville, les bois couvraient une vaste zone s’étendant de l’abbaye de la Cambre à l’abbaye de Forest.

 

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Le succès du pèlerinage à Notre-Dame de Laeken fit de la rive orientale du canal de Willebroek une des promenades favorites des riches bourgeois et des nobles personnages.

 

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De part et d’autre bordée d’arbres, elle fut de ce fait dénommée Allée Verte. 

Des centaines de carrosses (4) y faisaient quotidiennement la navette au temps où la reine Marie de Médicis, fuyant la France, vint résider dans la capitale des Pays-Bas (5). 

 

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L'Allée Verte bien plus tard..... mais surprenante à découvrir ainsi aujourd'hui ! 

 

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En conclusion, Bruxelles méritait bien les appellations de « prinselijcke stad » (ville princière), et de «Petit Paris » qui lui étaient alors décernées.  Il le méritait par le nombre et la beauté de ses monuments civils et religieux, par ses parcs et jardins privés, par les bois magnifiques et les sites pittoresques dont il était entouré. 

(1)   Ainsi dénommées en l’honneur de l’Electeur de Bavière Maximilien-Emmanuel.  Depuis la fin de la grande guerre 1914-1918, elles sont appelées rue et place de Dinant.

(2)   Des Marez a fait remarquer l’intérêt de cette disposition à propos de l’origine des trottoirs et de l’histoire des règlements concernant la voirie urbaine.

(3 (1)   Le jardin du Palais d’Agmont en est le dernier vestige.

(4(2)   Au XVIIème siècle, l’emploi du carrosse se généralisa et devint une nécessité mondaine.  Il remplaça de plus en plus, bientôt complètement, la litière à brancards.  Cela entraîna pour les riches l’obligation de modifier le plan de leurs habitations.  Une remise devait dorénavant être prévue. 

(5(3)   Au XVIIème siècle, Bruxelles devint « l’auberge des princes en exil ».  Le prince de Condé s’y réfugia avec sa jeune épouse trop ardemment courtisée par le roi Henri IV (1609) ; Marie de Médicis, le duc de Vendôme et le duc de Bouillon, craignant la main de fer du cardinal de Richelieu, y arrivèrent en 1631 ; Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, en janvier 1632.  Plus tard ce fut au tour de don Emmanuel de Portugal, puis des fils de l’infortuné Charles 1er d’Angleterre, enfin du Grand Condé.

Les chefs du jansénisme français y trouvèrent également asile, au moins provisoire.  Le grand Arnauld s’y installa en 1679, bientôt suivi par ses amis Gerberon et Quesnel.

 

QUELQUES DATES ET EVENEMENTS.

Règne des Archiducs Albert et Isabelle (1598-1621)

Le 5 septembre 1599 les archiducs arrivèrent à Bruxelles.  Trois jours durant, des fêtes, des feux de joie, des illuminations, témoignèrent des sentiments d’enthousiasme de la population.  Inaugurés comme souverains Albert et Isabelle vinrent se fixer dans la capitale.  Ils y convoquèrent une réunion des Etats Généraux (1600).  Entre les conceptions politiques de l’assemblée et celles de l’archiduc une différence très nette se fit jour aussitôt.  Alors que les délégués des provinces souhaitaient négocier la paix avec les rebelles du Nord (les Hollandais), l’archiduc ne songeait qu’à obtenir les moyens financiers nécessaires pour l’achèvement de la guerre contre les dits rebelles.  Aussi les discussions furent-elles laborieuses.  La guerre n’en continua pas moins jusqu’en 1609… Alors seulement, les adversaires conclurent une trêve.

 

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L’année même où celle-ci expira (1621) le roi Philippe III et l’archiduc Albert moururent.  Les funérailles d’Albert furent célébrées à Bruxelles, l’année suivante, avec une somptuosité dont les quelques détails suivants suggèreront l’ampleur.  La cérémonie, commencée à huit heures du matin, ne se termina que vers le soir.  Sur la parcours du cortège funèbre deux mille quatre cent quatre-vingt-sept bourgeois de la ville formaient la haie, une torche à la main.  Durant six semaine, et pendant trois heures chaque jour, toutes les cloches de la cité sonnèrent le glas. 

 

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Gouvernement de l’Archiduchesse Isabelle (1621-1633).

La mort d’Albert fit retomber les Pays-Bas sous l’autorité directe de l’Espagne, où Phippe IV venait de succéder à Philippe III.  En mars 1623 les députés des provinces furent convoqués, à Bruxelles, successivement, pour y prêter serment au nouveau souverain devant l’Archiduchesse, devenue gouvernante-générale des Pays-Bas.

Lorsque l’Archiduchesse mourut (1er décembre 1633), le trésor public était vide.  L’on dut, par la suite, renoncer à la célébration de funérailles dignes de la fille de Philippe II. 

 

Gouvernement intérimaire du Marquis d’Aytona (1633). 

 

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Don Francisco de Moncada, marquis d'Aytona

Gouvernement du Cardinal-Infant (1634-1641).

 

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Le 4 Novembre 1634 Bruxelles réservait une réception magnifique au nouveau gouverneur général, le cardinal-infant don Ferdinand.  A la fois homme de guerre et homme d’Eglise don Ferdinand devint rapidement populaire dans le pays, ainsi qu’en témoigne l’enseigne de mainte auberge de village en Flandre et en Brabant : « In den Prins-Cardinaal ».

A peine arrivé il eut à déployer toutes ses ressources de capitaine, la France ayant conclu une alliance avec les Provinces-Unies (8 février 1635).  Les forces franco-hollandaises opérèrent leur jonction près de Maestricht, pénétrèrent en Brabant, saccagèrent Tirlemont, investirent Louvain, occupèrent Tervueren.  Leurs avant-gardes s’avancèrent jusqu’au bois de Linthout (situé à l’emplacement du parc du Cinquantenaire actuel).  L’approche de renforts commandés par Octave Piccolomini les força heureusement à la retraite.  Bruxelles où, en toute hâte, on avait entrepris la réparation des fortifications, respira.  Le Cardinal-infant  atteint de la petite vérole disparut le 9 novembre 1641, à l’âge de 33 ans. 

 

Gouvernement intérimaire de Don Francisco de Melo (1641-1644).

 

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En attendant la désignation d’un prince du sang le gouvernement général des Pays-Bas fut confié à un capitaine espagnol réputé pour sa valeur et son courage. 

 

Gouvernement intérimaire de Castel-Rodrigo et de Piccolomini, pour compte de Don Juan d’Autriche (1644-1647).

 

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Marquis de Castel Rodrigo

 

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Ottavio Piccolomini

Melo fut remplacé par don Manuel de Moura, Corte Real, marquis de Castel-Rodrigo, chargé du gouvernement civil, pour compte de don Juan d’Autriche, fis naturel de Philippe IV, et par Octave Piccolomini, chargé du commandement des troupes.

La mésintelligence qui surgit entre les deux chefs affaiblit aussitôt la résistance espagnole aux attaques de la France.  En 1647 le roi envoyait aux Pays-Bas un nouveau gouverneur. 

 

Gouvernement de l’Archiduc Léopold-Guillaume d’Autriche (1647-1656).

 

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C’était un brillant capitaine.  Un ardent adversaire des protestants et des jansénistes.  Il accepta le gouvernement à la condition de disposer de pleins de pouvoirs.  Il n’hésita pas à violer ouvertement ce qui subsistait encore des franchises provinciales et dédaigna de convoquer les Etats Généraux.  Les Français menaçant le Brabant la mise en état de défenses de la capitale fut reprise.  Ce qui nécessita des impôts spéciaux.

1648, proclamation de la paix.  Le traité cependant ne nous débarrassait que d’un seul adversaire, la Hollande.  La lutte se poursuivait âprement contre l’autre, la France.

 

Gouvernement de Don Juan d’Autriche (1656-1658).

 

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Fils naturel du roi, qui arriva dans notre pays en mais 1656.  Le nouveau gouverneur dut poursuivre la lutte contre les armées françaises.  Le maréchal de Turenne, en effet, s’avançait à travers la Flandre, pénétrait en Brabant, et poussait ses coureurs jusqu’aux portes de Bruxelles (1658). 

Heureusement, l’année suivante le traité des Pyrénées mettait fin aux hostilités.  Don Juan rappelé en Espagne, était remplacé au gouvernement des Pays-Bas par le marquis de Caracena. 

 

Gouvernement du Marquis de Caracena (1658-1664).

 

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La paix conclue avec la France ne fut proclamée à Bruxelles que le 18 mai 1660.  Des réjouissances encore plus enthousiastes que celles ayant marqué la conclusion de la paix avec les Provinces-Unies, la saluèrent. 

Mais, débarrassées des armées françaises, les Pays-Bas ne l’étaient pas des armées espagnoles.  Or celles-ci, dépenaillées, privées de tout, prenaient de vivre force à l’habitant ce qu’elles réclamaient en vain du gouvernement.  Bruxelles eut à souffrir de leurs « foules, violences et larcins ».  Afin de garantir aux habitants un minimum de sécurité le Magistrat fut amené à organiser des patrouilles nocturnes dans les rues de la cité. 

Gouvernement du Marquis de Castel-Rodrigo (1664-1669).

 

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Celui-ci prêtait au nom de Charles II, successeur de Philippe IV, le serment de respecter les privilèges contenus dans la Joyeuse-Entrée.

L’avènement de Charles II allait bientôt faire déferler de nouvelles calamités sur les Pays-Bas.  Le roi de France, Louis XIV, ne réclamait-il pas ces pays à titre « d’avancement d’hoirie » (avance sur l’héritage de son épouse, Marie-Thérèse, fille de Philippe IV). 

La guerre dite de dévolution, allait s’ensuivre, elle éclata dès 1667.  Prévoyant l’événement, le Gouverneur avait dès 1666, donné ordre de moderniser l’organisation défensive de Bruxelles ; un ravelin avait été établi à la porte d’Obbrussel ; les demi-lunes proches de la Grosse Tour avaient été transformées en bastions ; la batterie de Notre-Dame défendant la chaussée hors la porte de Namur avait été reconstruite ; on avait dressé des palissades, à l’aide d’arbres coupés dans la forêt de Soignes. 

Lorsque les Bruxellois apprirent la marche en avant des troupes françaises ils consentirent à payer les contributions extraordinaires nécessaires à la levée et à l’entretien d’un corps d’infanterie.

Des approvisionnements furent amenés dans la ville ; les ponts du canal de Willebroeck furent rompus afin de gêner le passage éventuel de l’ennemi. 

En même temps, se concentraient à l’ouest de la capitale, les régiments commandés par le prince de Ligne et le comte de Rennebourg.  Ces précautions n’étaient pas inutiles puisque l’avant-garde française poussa, peu après, jusqu’au village de Dilbeek.

Au printemps de l’année suivante l’ennemi reparut en Brabant, ravageant les villages de la vallée de la Senne après avoir levé de lourdes contributions.  Bruxelles allait être investie lorsque Louis XIV conclut le traité d’Aix-la-Chapelle (2 mai 1668).

La cour de Madrid fit grief à Castel-Rodrigo des revers essuyés par l’armée espagnole et le remplaça par don Inigo de Velasco, connétable de Castille. 

Gouvernement de Don Inigo de Veasco (1669-1670).

Cet incapable fit son entrée solennelle à Bruxelles, le 12 janvier 1669.  Sous son gouvernement les désordres commis par la sodatesque espagnole ne cessèrent de se multiplier.  Exaspérés les Belges se vengèrent, non seulement par la publication d’une nuée de libelles, mais aussi par les meurtres militaires.

 

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Dans la capitale les malheurs d’une épidémie de peste venaient s’ajouter à ces troubles.  La population pauvre des quartiers de la rue Haute et de la rue de Flandre fut décimée.  Commencée en 1667 l’épidémie ne cessa qu’en 1669.  Elle fit 4000 victimes.

Gouvernement de Don Juan Domingo de Zuniga Y Fonseca Comte de Monterey (1670-1674).

 

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Jeune homme de 28 ans, intelligent, actif et bon.  Celui-ci fit aussitôt poursuivre les travaux de défense de Bruxelles, en prévision des menaces d’une nouvelle guerre.  On construisit un nouveau ravelin entre la porte de Namur et le bastion Saint-Jean ; on convertit en bastions les ravelins défendant les portes de Coudenberg, de Louvain et de Schaerbeek ; on édifia un ouvrage à cornes devant la porte de Schaerbeek, plus une demi-lune au village de Schaerbeek ; on compléta la défense de la porte de Hal par l’adjonction de trois bastions (dénommés Monterey, Castel-Rodrigo et Sainte-Claire) et d’un fort (dit de Monterey) élevé sur les hauteurs d’Obbrussel (Le souvenir de ce fort est conservé par le nom de la rue du Fort à Saint-Gilles). 

 

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Sur tout le pourtour de la ville on améliora la contrescarpe ; on couvrit en outre la ville basse par un cordon de ravelins et de retranchement protégeant spécialement la porte de Flandre et l’écluse du Chien, proche de la Porte du Rivage. 

 

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 Porte de Hal après rénovation

En juin 1672 Louis XIV déclara la guerre aux Provinces-Unies (qui venaient de conclure une alliance défensive avec l’Espagne).  Notre pays devait nécessairement en subir les contrecoups.  Le 1er juin de l’année suivante des éléments de l’armée française arrivaient en vue de Bruxelles et prenaient position sur les hauteurs d’Anderlecht.  Peu après la capitale était presque entièrement encerclée.  L’ennemi se livrait aux pries violences dans les campagnes environnantes.  Seules les communications par la porte de Namur demeuraient libres.   Cette situation pénible ne dura heureusement pas très longtemps, les troupes s’étant retirées du Brabant pour aller entreprendre le siège de Maestricht. 

Louis XIV n’avait cependant pas fait de déclaration de guerre à l’Espagne.  C’est celle-ci qui, après s’être alliée à l’Empire, déclara la guerre à la France.  Monterey fut chargé de la notification (16 octobre 1673).  Aussitôt la garnison de Bruxelles fut renforcée ; les maisons pouvant gêner le tir des batteries des portes de Louvain, de Namur et de Hal, furent démolies.  Mais les armées françaises se retirèrent derrière la ligne de la Meuse.  

Infos complémentaires :  

http://www.irismonument.be/pdf/fr/1060-developpement_urbanistique_1_saint-gilles.pdf

En 1674, le duc de Villa-Hermosa remplaçait le comte de Monterey à la tête des Pays-Bas.

 

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Gouvernement du Duc de Villa-Hermosa (1674-1680).

 

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info : http://www.reflexcity.net/bruxelles/communes/ville-de-bruxelles/quartiers/quartier-royal/rue-villa-hermosa

En 1677, la capitale fut à nouveau menacée (cette fois par l’armée du maréchal de Luxembourg).

L’année suivante la paix était enfin signée à Nimègue (10 août 1678).  Les Bruxellois purent se livrer à l’espérance de voir revenir des jours heureux.  Hélas, les circonstances étaient par trop défavorables : l’incompétence de la plupart des gouverneurs qui s’étaient succédé dans le pays, la lourdeur croissante des charges imposées par la guerre, les spoliations du trésor public par les fonctionnaires espagnols - de plus en plus nombreux dans les cadres de l’administration… tout s’opposait au retour d’une vraie paix ! 

Aussi, des heurts brutaux étaient-ils à redouter.  Lorsque en septembre 1680, le Gouverneur prétendit lever un impôt seulement consenti par les deux premiers Ordres – mais non encore par le Tiers-Etat, - l’émeute gronda dans les rues.  Les « nations » en étaient les animatrices.

Le mois suivant, une nouvelle fermentation populaire se manifestait à propos d’un autre impôt dit « droit de chaussée ».  Le Magistrat dut convoquer les serments, organiser des patrouilles nocturnes et tendre les chaînes au travers des rues aboutissant à la Grand’Place, afin de rétablir l’ordre.

 

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Gouvernement du Prince Alexandre Farnèse (1680-1682).

 

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L’agitation populaire redoubla sous le gouvernement de l’incapable Farnèse !  Le spectacle offert par cet indigne rejeton d’un homme illustre n’était pas de nature à l’apaiser !  Incapable de monter à cheval, le gros homme paradait en un superbe carrosse au milieu de la foule empressée de ses favoris italiens. 

C’est en pleine agitation, et sans avoir osé mettre ses menaces à exécution, que Farnèse quitta Bruxelles, où le Marquis de Grana vint le remplacer.

 

Gouvernement du Marquis de Grana (1681-1685).

A peine le nouveau gouverneur avait-il pris les rênes du pouvoir que les Français envahirent encore une fois le pays !  Le Brabant subit de nouvelles dévastations ; le maréchal fit feu aux maisons des villages de la cuve : 30 furent détruites au hameau de Koekelberg, 4 au village d’Ixelles (janvier 1684).  Par bonheur une armée hollandaise vint l’empêcher de faire le siège de la capitale.  Peu après (août 1684) les hostilités furent arrêtées par la signature de la trêve de Ratisbonne.  Le 19 juin de l’année suivante mourait le marquis. 

 

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Gouvernement du Marquis de Gastanaga (1685-1691).

 

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C’est au temps de son gouvernement que les Pays-Bas ressentirent les effets de la guerre dite de la Ligue d’Augsbourg (La France contre la Ligue, c'est-à-dire l’Empire, l’Espagne, la Suède, la Bavière et la Saxe).  Vainqueurs à Fleurus (1er juillet 1690), les Français s’avancèrent vers le Nord et détruisirent Hal, à 15 kilomètres de Bruxelles.  Gastanaga établit son quartier général à Schaerbeek.  Tous les villages de la cuve furent encombrés de troupes ; chargées de la défense du pays, celles-ci se livraient néanmoins aux pires excès, vivant entièrement aux dépens « du bonhomme », le pauvre paysan, éternelle victimes des guerres. 

 

Gouvernement de Maximilien-Emmanuel de Bavière (à partir du 26 mars 1692).

 

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Précédé d’une réputation extrêmement flatteuse à cause de ses succès contre les Turcs, il fut accueilli en sauveur.  Il ne put cependant empêcher les Français de remporter des victoires répétées sur les alliés.  Il ne put d’avantage empêcher le maréchal de Villeroi, de mettre le siège devant Bruxelles et de livrer cette ville aux horreurs d’un bombardement.  La ville était devenue un immense brasier.  Trois mille huit cent trente immeubles avaient été anéantis. 

 

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On profita des circonstances malheureuses pour rectifier, élargir et rehausser certaines rues, proches de la Grand’Place (notamment rue au Beurre, rue de la Colline et la rue des Chapeliers), pour réédifier, suivant certaines prescriptions, les maisons sans saillie sur la voie publique et pourvues dorénavant de gouttière conduisant les eaux de plus jusqu’au niveau du sol. 

Dans le dessein de favoriser la reconstruction, le Gouvernement autorisa la Ville à pratiquer des coupes dans la forêt de Soignes et l’exempta, pour un terme de trois ans, toutes charges et impositions à l’entrée dans le pays et dans la ville, de tous les matériaux destinés à la réédification des immeubles détruits.  Il permit aussi l’établissement d’un prix maximum du bois de charpente et d’autres matériaux de construction.

La signature de la paix de Ryswyck, en octobre 1697, vit à point stimuler le courage des bourgeois de Bruxelles. 

 

Le Régime Anjouin (1700-1711).

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Charles II, décédé le 1er novembre 1700, avait légué tous ses Etats à Philippe d’Anjou (Philippe V), petit-fils du roi de France Louis XIV.  D’où l’expression « régime anjouin » pour désigner le gouvernement franco-espagnol qui s’exerça dans les Pays-Bas catholiques de 1700 à 1711. 

L’avènement de Philippe V ayant été l’occasion d’une amnistie générale pour tous ceux qui avaient été impliqués dans les troubles politiques des années récentes, le nouveau souverain bénéficia d’un préjugé favorable auprès des « nations » bruxelloises.

Le 21 février 1701, les troupes de Louis XIV entrèrent dans la ville et en prirent possession au nom du roi d’Espagne.  Le 19 du mois suivant, l’archiduc Maximilien-Emmanuel, qui s’était secrètement allié à la France, abandonnait provisoirement le gouvernement des Pays-Bas (il reprit ses fonctions en octobre 1704) au marquis de Bedmar et se rendait dans ses Etats bavarois pour y lever des troupes destinées à combattre l’empereur d’Allemagne.  Ainsi se préparait une nouvelle guerre, dite de la Succession d’Espagne.

La déclaration de guerre fut publiée à Bruxelles le 16 août de l’année suivante.  En mai, l’armée française ayant été vaincue à Ramillies (Perwez), Bruxelles évacué, vit s’approcher l’armée des coalisés, commandée par le duc de Marlborough.  Ayant obtenu la promesse de voir respecter ses privilèges, la ville ouvrit le 28, ses portes aux vainqueurs.  Churchill frère de Marlborough (plus tard remplacé par le marquis de Pascale), fut investi du commandement de la capitale et des places voisines.  Il fit aussitôt réparer les fortifications et placer des herses de fer aux portes de l’enceinte.   De plus, il abolit toutes les innovations que les autorités françaises agissant au nom du roi d’Espagne avaient introduites dès 1700 dans l’organisation politique, administrative et économique.  Ces innovations tendaient à instaurer dans les Pays-Bas un régime de centralisation, comparable à celui qui caractérisait alors le royaume de France. 

Infos complémentaires : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pays-Bas_autrichiens

 

Au cours des années 1713-1714-1715, les traités d’Utrecht, de Rastadt et de Bade mirent enfin un terme à la guerre de la Succession d’Espagne.

Les Pays-Bas catholiques cessèrent d’appartenir à l’Espagne et passèrent sous l’autorité de l’Autriche. 

 

C’est à bon droit que le XVIIème siècle est considéré comme « Le siècle de malheur » de notre histoire.

 

LA CHANCE DE BRUXELLES.  

D’autre part, il importe de distinguer Bruxelles du reste des Pays-Bas.  Sa position de capitale lui valut une chance exceptionnelle.  Au temps des archiducs Albert et Isabelle, la Cour y fixa nombre de familles nobles, indigènes et étrangères, des ambassadeurs de tous les pays catholiques, des dignitaires de l’Eglise, parmi lesquels un nonce de pape.  Au dire de Pirenne, Bruxelles passait en ce temps « pour l’une des résidences les plus vivantes et les plus cosmopolites » de l’Europe.  La pompe et le luxe déployés par les souverains suscitaient l’admiration des étrangers de passage. 

La présence de cette « clientèle » riche et dépensière devait nécessairement provoquer un nouvel essor du commerce des produits d’alimentation et des articles de luxe.  L’orfèvrerie et, plus encore, la tapisserie se relèvent rapidement.  Plusieurs industries nouvelles s’installent et prospèrent.  Au premier rang d’entre elles : la confection de dentelles, de soieries, de velours, de cuirs rehaussés d’or à la façon d’Espagne, de carrosses.  Des raffineries de sel et des savonneries font aussi leur apparition.

L’élan pris pendant la trêve permit à la plupart de ces entreprises de continuer à vivre assez normalement au cours du quart de siècle qui suivit la mort de l’archiduc Albert. 

 

Pendant la seconde moitié du siècle, Bruxelles, à son tour, allait payer tribut à la guerre.  A mesure que les années se succédaient, les conditions de la vie économique s’y firent plus difficiles.  

20/01/2013

Bruxelles sous la neige

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29 décembre 1893, récolte de glace au Bois de la Cambre.

Sacrée aubaine pour les marchands de glace que cet hiver rigoureux : la glace atteint cette année de 20 à 21 cm d’épaisseur !  C’est un objet de curiosité que la façon dont s’effectue la récolte de glace.  Nombre de promeneurs, malgré le froid intense, viennent sur les bords des étangs du bois voir comment on la pratique.  Montés sur des bateaux, les ouvriers brisent la couche gelée à l’aide de longues piques.  Près de la rive, des chariots reçoivent les glaçons qui sont emmagasinés jusqu’à l’été pour fournir les nombreuses glacières de la capitale.  Après un hiver comme celui que nous subissons actuellement, les Bruxellois ne risquent pas de manquer de glace l’été prochain : il est le plus rude que nous ayons connu depuis dix ans.

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Le 24 janvier 1886, il a neigé sur Bruxelles toute la journée.  Très rapidement, la ville s’est recouverte d’un épais manteau blanc, qui a perturbé le trafic dans le centre, spécialement celui des omnibus à traction chevaline.  Dans la soirée, la Grand’Place revêtait une allure fantasmagorique.  Aspect encore accentué par les deux grands mâts électrique récemment installés en son centre et dont la lumière crue allume de bizarres reflets sur le sol enneigé.  Cette débauche de lumière que certains ont critiquée est aujourd’hui la bienvenue : elle permet aux balayeurs de déblayer la place, tandis que les habitants du quartier peuvent dorénavant y circuler une fois la nuit tombée.  Sans courir le danger de se voir détroussés par un quelconque malandrin qui profitait de ce coupe-gorge obscur pour perpétrer impunément son forfait.

 

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Bois de la Cambre

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Au Parc de Bruxelles

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En 1886

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Au Parc de Saint-Gilles en 1922

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Le Marchand de marrons chauds.

Les premières froidures de cet hiver 1886 on vu réapparaître dans les rues de la capitale les représentants d’un petit métier ambulant qui forment le décor immuable de notre cité dès que les températures chutent : Les marchands de marrons chauds.  Leur cri, bien connu des habitués, retentit dans les artères du centre et sur les places publiques où ils s’installent pour s’abriter du vent, leur appel traditionnel : « Chauds, chauds les marrons chauds » !  Leur clientèle, composée d’habitués et de passants attirés par le fumet des châtaignes rôtissant sur un feu de charbon de bois ou de coke, comporte nombre d’enfants qui apprécient cette friandise.  Un cornet contenant une douzaine de marrons coûte 5 centimes… Au Prix d’un travail pour le moins ingrat.  Passer son existence à l’extérieur, peu importe le temps, n’a rien d’agréable !

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21 décembre 1922.  Depuis quelques jours, la neige tombe sur Bruxelles, transformant notre capitale en la recouvrant de son blanc manteau.  Qui donc reconnaît encore, sur cette photo, ce carrefour parmi les plus animés de la ville qu’es la Porte de Namur ?  Le mauvais temps en a fait un endroit presque désert où trône, impassible, la Fontaine de Brouckère…

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En ce mois de janvier 2013, nous sommes victimes d'une offensive hivernale.... Pensons aux SDF et aux victimes de la crise

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Malgré les services d'aides qui existent depuis bien des années, agissons ensemble aujourd'hui, ...ne soyez pas indifférents !

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Il y a de plus en plus de personnes seules...Consacrez un peu de votre temps....

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SI VOUS VOYEZ UN SDF EN DETRESSE ou 1 PERSONNE EN DIFFICULTE, MERCI DE BIEN VOULOIR CONTACTER LES SERVICES SUIVANTS :

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En espérant quand-même que cela ne vous mine pas non plus le moral, voici une attraction d'époque pas si lointaine que ça  à WOLUWE ST LAMBERT .... le ski artificiel....

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13/01/2010

rue des Harengs et rue Chair et Pain

vue de la Gd Place 002

La Grand’Place en 1594.  On aperçoit à gauche, les maisons situées entre la rue des Harengs et la rue de la Colline.  À droite, la rue des Chapeliers.  L’arc de triomphe qui masque l’entrée de la rue de la Colline, fut érigée en l’honneur de l’archiduc Ernest. 

Rue des Harengs

 Courte ruelle reliant la rue du Marché aux Herbes à la Grand’Place.  

Déjà tracée sur des plans de la ville au XIVème siècle sous le nom de Haerinc strate, elle n’en conserve à ce jour, que  des habitations du côté pair.  Son nom serait à l’origine dû à  l’activité de la corporation des poissonniers.  Leurs étals étaient situés  le long de la rue Marché aux Herbes à côté de l’ancienne Grande Boucherie.  

rue des harengs au filet de boeuf

Elle est composée de maisons  à pignons et de façades néo-classiques. 

rue des harengs resto

La partie droite  (côté impair), est occupée par  la façade latérale du Nouveau Palais (ancienne Grande Boucherie et actuel siège de la Fédération touristique du Brabant et du Commissariat Général au Tourisme) du n°61-63 de la rue Marché aux Herbes et de la partie  latérale de la Maison du Roi. 

rue des harengs épaule de mouton

On peut citer pour l’histoire, que les 2 deux restaurants typiques de l’époque, étaient  l’Epaule de Mouton  au n°16 … où de nombreuses vedettes très célèbres signaient  le livre d’or et le Filet de Bœuf au n°6-8 qui existait depuis le XVIIIème siècle. 

rue des harengs épaule de mouton chantraine

Au n°18 de cette même rue, durant la seconde guerre mondiale, le café « Au Coq de Jemappes », fut un des hauts-lieux de la Résistance. 

 

Rue Chair et Pain

Parallèle à la rue des Harengs, elle relie la rue du Marché aux Herbes à la Grand’Place.   Du XIVème au XVIIème siècle, elle était appelée rue au Poivre (Peperstraet) et n’aurait en principe jamais du changer de nom !

rue pain et chair gd place

Au XVIème siècle, une petite ruelle fut tracée entre la Maison du Roi (Broodhuis) et l’ancienne Grande Boucherie qui se situait en façade à la rue Marché aux Herbes.  Il était donc évident que celle-ci soit nommée « Tussen Vleesh (viande) en Brood (pain) »…. « Entre Chair et Pain ».  On prétend qu’au XVIIIème siècle, les ouvriers communaux auraient commis une erreur lorsqu’ils furent chargés de placer les nouvelles « plaques » des rues ….  Depuis, la ville n’a jamais rectifiée cette faute ! …. Les noms des ces deux rues restent donc permutés !

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Pour l’histoire, la Grande Boucherie « Halle à la viande » fut bâtie aux environs du 13ème siècle.

Ci-dessus, La Grande Boucherie d’après le dessin de Puttaert.

 Au cours des siècles,  ce bâtiment connu diverses rénovations.

Au 19ème siècle, la ville qui n’en tirait plus aucun bénéfice, décida de  vendre celui-ci à un particulier.

rue des harengs grande boucherie

En 1912, malgré les protestations des journalistes et de certains bruxellois,  il fut question de démolition.   Le débat fut clôt le 9 mai 1917 lorsque l’édifice s’effondra lors d’une tempête de vent !

A présent, vous pouvez admirer à cet endroit (61-63 rue Marché aux Herbes), Le Nouveau Palais ;  immeuble érigé en style néo-baroque datant de 1928. 

C’est là aussi que vous trouverez L’Offices du tourisme à Bruxelles

Pour info clic ci-dessous :

http://www.bruxelles.irisnet.be/fr/tourismeloisirs/touris...

26/11/2009

le CEGES à la recherche d’éléments historiques

Le CEGES a un avenir certain !          

 

 

L’Imperial War Museum de Londres, ainsi que les National Archives de Kew et The Aerial Reconnaissance Archives à l’université de Keele du temps de son exceptionnelle directrice, Ms Marylyn Beech, m’ont été d’une aide précieuse lors des recherches sur le Fort de la Crèche à Wimereux, mon aventure personnelle.

Je me rappelle Philippe Francart, disparu trop tôt, le rat de bibliothèque effréné de l’époque du Centre de Recherches et d'Etudes historiques de la Seconde Guerre mondiale (CREHSGM). Ou encore de la lettre du Professeur Luc De Vos, Ecole Royale Militaire, me conseillant amicalement de prendre langue avec la Fondation Simon Stévin d’Anvers pour me mettre « à niveau » en matière d’étude des fortifications belges. Que d’excellents souvenirs de ces collaborations.

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Sans avoir les ressources de pays plus « armés » au point de vue budgétaire, la Belgique s’est dotée d’un organisme centralisateur non seulement efficace mais qui se hisse vraiment au niveau de compétence de ses homologues étrangers : le Centre d'Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGES).

 L’impact, de fin 2006 à ce jour, du blog de Sophie Peeters a sans doute décidé Chantal Kesteloot, responsable des Activités scientifiques et publications, à la contacter. La raison est évidente : la recherche d’éléments historiques se doit aussi de passer par le public, afin de compléter les acquis provenant des sources officielles. C’est une phase de consolidation pendant qu’il est encore temps. Aucun cynisme ici : nos parents s’éloignent et avec eux leurs souvenirs photographiques ou écrits, peut-être dispersés, sinon malencontreusement détruits. Or, le blog de Sophie n’est-il pas constitué de fonds secrets empilés dans nos coffres « Rackham le Rouge » ?

Personnellement, je pense que cet appel mérite toute votre attention pour l’avenir de notre histoire commune !

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Vues de l’impressionnant hall d’entrée, en mezzanine l’espace de consultation des documents (photos CEGES).

Chantal Kestelloot s’en explique : « Le CEGES est à la recherche de photos de particuliers sur le thème des “villes en guerre” et ce dans le cadre de volumes et d'expositions en préparation consacrés à Bruxelles, Anvers, Liège, Gand et Charleroi sous l'occupation. Nous ne sommes pas seulement intéressés par des photos de bâtiments ou de l'occupant mais aussi par des clichés illustrant la vie au quotidien de Monsieur et Madame Tout le Monde. Des phénomènes comme l'exode de mai 1940 (et le retour), le travail, l'école, les fêtes de famille sont au nombre des thèmes qui nous intéressent. De même, la vie dans les campagnes fait également partie des centres d'intérêt du CEGES. Que vous possédiez une photo ou plusieurs albums, l'ensemble constitue à n'en pas douter, de précieux témoignages visuels permettant de mieux comprendre la vie au quotidien durant cette période difficile ».

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Table de digitalisation grand format avec sa colonne-caméra.

 Au fait, comment procéder ?

Chantal Kesteloot : « Vous êtes bien entendu attachés à vos photos et vous ne souhaitez pas vous en séparer ! Quoi de plus normal ! Pas de problème. Grâce à la digitalisation, nous vous les restituons très rapidement et nous vous offrons une copie sur CD des images numérisées. Leur valeur documentaire sera ainsi sauvegardée ».

Le plus simple est de contacter Florence Gillet, en charge du secteur « Images et Sons », par mail (florence.gillet@cegesoma.be) ou par téléphone (+32 2 556 92 11).

 Voilà pour l’appel de Chantal Kesteloot que Sophie et moi répercutons avec grand plaisir. Mais le CEGES possède aussi sa part d’histoire. En voici le résumé.

Le CREHSGM, situé Place de Louvain, est créé le 13 décembre 1967 pour prendre toutes les mesures nécessaires en vue de recenser, sauvegarder et dépouiller les documents ou archives se rapportant à la Seconde Guerre mondiale en Belgique, ses antécédents et préliminaires et ses conséquences. Le CEGES remplace le CREH… en 1993 et est installé jusqu’à 2004 au Résidence Palace.

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Consultation de documents dans les bureaux étriqués de la Place de Louvain (photo CEGES).

 En 1969, une équipe de six chercheurs se met en place et lance des travaux pionniers sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique. C'est ainsi qu'en 1971, José Gotovitch publie, en collaboration avec Jules Gérard-Libois, l'ouvrage de référence L'An 40. Depuis cette époque, Le Centre fait partie du Comité International d'Histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Nonobstant sa collecte d’archives, en 1980, il organise des séminaires et, dès 1990, des colloques internationaux. Début 1997, a lieu le changement d’appellation : le CEGES naît ! Et revêt aussi son sigle néerlandais, SOMA, soit Studie- en Documentatiecentrum Oorlog en Hedendaagse Maatschappij. Actuellement, le CEGES est fort d’une quarantaine de collaborateurs dont un encadrement scientifique permanent comprenant sept spécialistes, un informaticien et… un directeur.

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Le « Front de l’Indépendance » a transféré l’intégralité de son fonds au CEGES, voici le moment de la signature de la convention : de g. à dr., G. Corthouts, secrétaire-adjoint du FI, Rudi Van Doorslaer, directeur du CEGES, Michel Vanderborght, secrétaire national du FI et Dirk Martin, responsable du secteur Documentation du CEGES (photo CEGES).

 Dès la première illustration de cet article, vous avez deviné que les bureaux du CEGES sont installés dans un magnifique immeuble situé Square de l’Aviation, à la limite de Cureghem et de Bruxelles-ville, dont l’assise triangulaire s’ouvre sur le Boulevard Poincarré, voie « rapide » de la Petite Ceinture. Dans le cadre du programme Beliris, la place est devenue piétonnière. Plusieurs beaux bâtiments d’inspiration Art Nouveau délimitent l’espace… malgré quelques bannières ‘corporate » intempestives. L’endroit ne manque pas de charme, la célèbre « Librairie du Midi », sur le coin, réveille des souvenirs d’étudiant. Sans compter le magnifique Mémorial aux Forains morts pour la Patrie lors des deux guerres. Dommage qu’un parking de bus touristiques ait été implanté sur le boulevard : pas simple pour le cadrage des photos, puisqu’ils outrepassent la zone concernée.

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La librairie du Midi et le Mémorial des Forains (RD).

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Ce qui nous amène à la cerise sur le gâteau architectural : le foyer du CEGES ! La Prévoyance Sociale, une compagnie d’assurance populaire sur la vie, enrôle l’architecte Richard Pringier, collaborateur de Horta, pour la construction d’un bâtiment de six étages au coin du Square de l’Aviation, formé par les rues de l’Autonomie et Lambert Crickx. Celui-ci comprend des services administratifs de l’entreprise, des magasins et des appartements. C’est la première partie de l’ouvrage car en 1930 l’architecte Fernand Brunfaut accompagné de son fils Maxime, augmentent le volume immobilier par l’adjonction de deux autres immeubles de part et d’autre des deux rues citées. Ces constructions se fondent au premier qui, lui, subit une modernisation et un ajout de deux étages surmonté d’un dôme de verre assis sur une structure hexagonale. L’ensemble, formant un îlot, se voit aussi pourvu d’une tour-dépôt. Ils ajoutent les balcons sertis de fer, inventent des poignées de portes, reluquent le moindre détail…

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Le sgraffite majestueux de la Prévoyance Sociale (RD).

La Prévoyance Sociale quitte cet emplacement en 1957 pour ériger le premier « gratte-ciel bruxellois » au haut du Botanique. L’Etat installe alors le Service des Victimes de la guerre dans l’ancienne adresse. La situation pierreuse se dégrade et il faut attendre 1998 pour que la Régie des Bâtiments réagisse en lançant la réfection de l’ensemble, après que ce dernier fut classé en 1993. Du bel ouvrage, un rapport indique : « … ainsi, une partie des plaques en marbre Bleu belge de Bioul avaient disparu. Ce marbre n’étant plus exploité, il a été remplacé par un Marquina espagnol. Afin d’éviter un effet mosaïque, les lacunes de la partie avant ont été comblées par des plaques de marbre originelles provenant des façades latérales, où on a placé uniquement du marbre Marquina ». Sans parler du superbe sgraffite frontal horloger renaissant dans sa polychromie d’origine : lettres rouges rehaussées d’un filet à la feuille d’or. Et, bien entendu, le cartouche – véritable logo ! – qui surplombe l’entrée stylisant la prévoyance pour la famille. Il en va de même pour la modernisation interne qui se verra particulièrement compliquée.

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Le bouclier de l’homme couvre l’épouse et l’enfant des incertitudes, véritable allégorie signée d’un simple « D » (RD).

Cette courte évocation du CEGES et de son environnement géographique immédiat, ne doit pas oublier le message principal de cet article : si vous avez des documents de la Seconde Guerre mondiale, partagez-les ! Cela fera du bien à la Belgique !

Florence Gillet est à votre disposition : florence.gillet@cegesoma.be

 

Robert Dehon

 

Notes

Pour les « fidèles de chez fidèle », comme on dit bêtement actuellement, l’appel de Mme. Kesteloot avait déjà été émis sous forme d’un ‘comment’, bien sûr perdu parmi les milliers d’autres… Etant membre du CEGES, je tenais à répéter son appel et profiter de l’instant pour l’insérer dans une approche historique bruxelloise.

Ph. Francart a publié en 1988 et à compte d’auteur « La Côte belge 1940/44, le Mur de l’Atlantique », deux tomes étonnants et difficiles à trouver (686 pages en tout).

Le Front de l’Indépendance, fondé début 1941 et d’obédience communiste, fut avec l’Armée Secrète un des groupes de résistance armée le plus important numériquement en Belgique, histoire de rappeler les faits.

Enfin, le CEGES possède son site Internet à cette adresse : http://www.cegesoma.be/cms/index_fr.php , à première vue, cela peut sembler un peu compliqué ; il faut s’y habituer. Mais si vous cliquez, colonne de gauche, sur ‘Catalogue en ligne…’, vous pouvez consulter le catalogue PALLAS, cliquez… une nouvelle fenêtre s’ouvre sur un questionnaire, tapez votre requête en, par exemple, choisissant ‘photothèque’… suit une liste… Cliquez sur un sujet, il y a en haut l’icône d’un œil, cliquez ! Vous avez presque tout saisi. Bon voyage dans le temps.

Lompret

A titre d’exemple, je ne sais si le CEGES sera intéressé par cette image prise en 1946 ou 47 à Lompret, près de Chimay où passe l’Eau Blanche, lieu d’un camp de résistance (à vrai dire pas loin du Hauptquartier du Führer à Brûly-de-Pesche) ; le ‘grand’ est mon cousin Marcel Thiebault et à droite peut-être mon père. Les gamins exhibent des armes mais ce ne sont pas des Tommy Guns (RD).