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08/03/2013

Nos estaminets et belles brasseries d'autrefois

 

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Tantôt pauvre, tantôt riche, le bruxellois a de tous les temps eu la réputation d’un bon vivant… aimant boire et manger…

Après tout, la Belgique n’est-elle  pas le pays de la bière !

Ce qui explique, en partie, la présence sur le territoire de Bruxelles de tant d’estaminets à l’époque.

 

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Au début du 20ème siècle, l’industrie brassicole constitue un secteur très important dans l’économie de Bruxelles.  Les commerçants de la bière se regroupe en quatre catégories :

Les malteurs, qui font germer l’orge

Les brasseurs qui préparent les brassins

Les marchands de bières qui approvisionnent les débits de boissons

Les cabaretiers qui sont les détaillants

 

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Principales bières sont la gueuze, la kriek, le lambic, le faro et la bière de mars.

 

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S’ajoutent à nos brasseries, des bières venues de province comme la Diest, la Peterman, La Uytzet, la Bormemn la Pittem, l’Oudenaarde etc…

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Statistique du nombre de débits de boissons relevés en 1882 (Avant la loi Vandervelde).

Bruxelles             3.268 débits

Saint Josse          513 débits

Molenbeek         943 débits

Laeken                 464 débits

Ixelles                  753 débits

Saint Gilles          662 débits

Schaerbeek         727 débits

Anderlecht          530 débits

Etterbeek            239 débits

Soit un total de 8.099 débits de boissons. 

 

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L’estaminet dans les années 1880 d’après Camille Lemonnier (contes flamands et wallons)

L’auteur écrit : « … sous les animaux fabuleux dont la dénomination correspond au nom de l’endroit, vous apercevez généralement ce mot, ESTAMINET, qui sert à désigner les misons où l’on consomme spécialement de la bière.  Ce n’est pas le café wallon tapissé de papier à fleurs, d’une gaîté faite pour amuser l’œil, et qui le retient par des coquetteries d’images et de glaces et les bariolures de ses comptoirs reluisants de verres de couleur.  Ici règne une simplicité rudimentaire : au mur, des affiches de ventes notariales jaunes et bleues pour tout ornement, quelquefois des cages où s’égosillent des canaris, un cadran émaillé pareil à un gros œil-de-bœuf, ou une vieille gaine sculptée d’horloge. »

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« Visiblement », poursuit Lemonnier, « toutes distraction qui pourrait troubler le client dans la dégustation du liquide fermenté est écartée comme attentatoire à la gravité de cette occupation ; une antichambre officielle n’a pas plus d’austérité, et les gens qui sont assis autour des tables, sérieux, un peu endormis, avec des gestes automatiques, participent de la sérénité qui semble l’atmosphère de ces lieux ;  Par surcroît, des pancartes accrochées au-dessus des têtes rappellent au respect de l’ordre les buveurs que des libations répétées pousseraient à s’échauffer outre mesure ; telle dit très nettement : Hier het is verboden te vloekken (ici il est défendu de blasphémer) ; telle autre enjoint de ne pas chanter.  Aussi n’entend-on s’élever souvent de ces réunions, parfois très nombreuses, qu’une sorte de ronflement général et comme le bruit assoupissant d’une troupe tournant sur elle-même. »

 

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« La plupart des estaminets de Bruxelles ont d’ailleurs une clientèle spéciale, qui varie peu ; il en est où un intrus serait mal venu de s’introduire ; chacun, par une coutume tacite, observée par les autres consommateurs, conserve sa place à la table qu’il a choisie dès le premier jour, comme une propriété que personne ne s’avise de lui disputer. 

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 Les soirées passée à boire de la bière en fumant du tabac et en jouant aux cartes ou aux dominos sont une habitude si régulière de la vie bruxelloises qu’aucun évènement n’en peut distraire ceux qui l’ont contractée ; on rencontre fréquemment autour des tables des pères qui ont marié dans la journée leurs filles, des maris qui viennent d’enterrer leur femme, des gens d’affaires sous le coup d’un désastre financier ; et le médecin, l’avocat, le juge, le fonctionnaire, les hommes politiques les plus considérables se rassemblent au cabaret, aussi bien que le petit rentier, le boutiquier et le maçon devenu propriétaire. 

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C’est un trait des mœurs locales que cette égalité de toutes les classes dans la tabagie enfumée où, pour douze centimes, le pauvre et le riche s’achètent une place chaude, un bien-être engourdissant et la liberté de déblatérer contre les jésuites, les gendarmes et le pouvoir, s’il leur en prend envie. 

 

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Aussi, par ces côtés, l’estaminet est-il presque toujours une institution : on s’y rapproche, on s’y juge, on s’y connaît, les affaires s’y traitent, les marchés s’y négocient ; et, les jours de bourse surtout, le nombre de verres vidés y suit la proportion des transactions conclues ».

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« Presque toujours », conclut notre auteur, « une société, constituée soit pour le plaisir, soit pour la défense d’intérêts définis (et le chiffre des unes et des autres est considérable dans ce pays dont l’association constitue l’un des principes essentiels), choisit un estaminet pour y établir son local et y tenir ses séances ; de même les meetings, les conférences, les assemblée pour délibérer sur les actes publics s’installent de préférence dans le voisinage des pompes à bière.

C’est là que se complotent la ruine ou le triomphe des ministères, que les oracles doctrinaires et socialistes se font entendre, que se façonnent les fortunes politiques : c’était de là que partait, en 1830, le triomphe de la Révolution ».  

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Il faut savoir que l’estaminet d’autrefois ne ressemblait pas du tout à celui d’aujourd’hui.  Il y avait aussi, l’estaminet dit « le  bac à schnick » où l’on servait principalement le genièvre. Beaucoup débitent des liqueurs fortes et, accessoirement seulement, de la bière.  Il n’est pas rare de trouver, dans Bruxelles, des liquoristes qui écoulent une « pipe » de genièvre (environ 6 hectolitres) en 3 semaines !

 

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Bld Léopold II 74

Quelques objets incontournables de l’estaminet :

 

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Le déboucheur à gueuze avec un bac à égoutter les verres à gueuze (qui ne pouvait pas être essuyés) !

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Un fût de faïence contenant le genièvre

Divers cruchons et verres dont notamment les verres à gouttes au fond très épais

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Chope à bière d’un litre un faïence bleue de Bruxelles

Au mur, diverses affiches d’activités communales

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Le fameux extrait de la loi sur la répression de l’ivresse

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Un chromo représentant l’œil de Dieu avec la mention God ziet alles ; hier vloekt men niet !

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Et puis il y a le « zagemanneke » que le « baas » mettait en mouvement lorsqu’un client quelque peu éméché « sciait » en paroles les autres clients au comptoir.

 

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On y trouve aussi :

Un bac destiné à recevoir les jeux de cartes, une petite table avec un schietbak dans lequel on jouait avec des petits disques en laiton.  Au sol, le jeu de boules

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Fin du 19è et début du 20ème siècle, le tout était éclairé au moyen du bec Auer.

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Les estaminets d’alors avaient parfois une cour ou un jardin.  Ce qui permettait, en été d’y jouer aux boules ou aux quilles.

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L’estaminet était souvent aussi le « local » de sociétés diverses, … de pêche, de société de tir à l’arc, de colombophiles,  cyclistes, etc….

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ESTAMINET : (d’après le dictionnaire du dialecte bruxellois de Louis Quievreux) vient du flamand « stamenay », dérivé de « stamm » (sic) : souche, famille et qu’on a nommé « stamme » des assemblées de famille où l’on buvait et fumait.  Quant à l’espagnol « estamenta », assemblée d’états, il n’a rien à faire ici ».

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« La Nation Belge » (29-2-1940) risque une autre hypothèse : « le mot estaminet est purement flamand, il viendrait de l’espagnol ‘esta un minuto’ ».  « Esta un minuto » voudrait dire « demeuré une minute ».  Estaminet serait l’endroit où l’on passe en hâte boire un verre ».

 

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D’après l’auteur, « estaminet » dérive d’ « estaim » (étain).  Jusqu’au 17ème siècle on se servit du mot « estamoie » qui désignait un pot à couvercle, à une ou deux anses, contant plusieurs pintes, généralement en étain, mais parfois aussi en orfèvrerie ou en verre.  L’endroit où on se servait d’ « estamoies » ne pourrait-il pas être l’ « estaminet » ?

 

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D’autres pensent que « stamenij », « stamenee » dans le dialecte ostendais pourrait dériver de « stam » dans l’acception de « famille ».  D’après les vieilles chroniques, écrit « Volk en Staat » (26-8-1941), au cours des réunions de famille, les hommes ingurgitaient un nombre considérable de « pots » ce qui déplaisait aux épouses.  Les maris, piqués, décidèrent de se réunir là où leurs femmes n’auraient pas accès.  Les réunions continuèrent sous l’appellation de « stam » qui devint « staminets ». 

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D’aucuns font encore dériver « stamenee » de « stamelen » : bégayer, infirmité passagère provoquée par l’ivrognerie.

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Café Van Roy chée de Ninove à Molenbeek (Arrêt face à la Brasserie Vandenheuvel)

 

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Enfin, dit le journal précité, en Flandre, des tenanciers, pour attirer l’attention des voyageurs sur leur local, inscrivaient sur la façade « Sta, Mijnheer » (Arrêtez-vous, Monsieur).  Cette inscription devint proverbiale au point que pour inviter un ami au cabaret on lui disait « Veux-tu venir avec moi au « Sta Mijnheer » ?

 

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 Les « Kaberdoeches » (bistros de quartiers, gargote) appartiennent au folklore des Marolles depuis le Moyen Age. 

 

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Entrée de la rue Haute et l'ancienne Porte de Hal

Aux abords de la Porte de Hal qui en ces temps-là était encore une zone marécageuse, des ouvriers et des artisans s’y étaient établissent. 

 

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La rue Haute (ancienne voie romaine) qui s’étendait au-delà de la Steenpoort était très fréquentée par les voyageurs qui se rendaient à Paris et vers le sud.

En ces temps lointains, on trouvait tout autour de cette «chaussée », des relais pour les attelages, des auberges pour voyageurs et une foule d’artisans de passage. 

Les habitants de ce quartier s’expriment dans un langage particulier… mi-wallon, mi-flamand…. Naissance du Marollien ?... (à suivre)…

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Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, une surpopulation est recensée.  On verra se multiplier un nombre certain d’impasses dans les Marolles.  On assiste alors à un cortège de misère, d’épidémies et de l’apparition d’un terrible fléau… l’alcoolisme.

 

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On dénombre hélas aussi une prostitution de bas étage.  Dans les bacs à schnikke (bistrots où l’on sert de l’alcool) on y trouve des vieilles zattecutten (soûlardes) aguichés les clients pour se faire payer des witteke (genièvre).   De grandes bagarres éclatent régulièrement.

 

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Dans les années 1880, Les esprits ouvriers s’échauffent et de sérieuses émeutes éclatent dans les quartiers tout autour de la rue Haute. 

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Le peuple ouvrier riposte et est confronté aux gendarmes qui chargent de tous côtés. 

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http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sar_De_Paepe

Durant cette période critique, des hommes se réunissent des les estaminets pour discuter et s’échanger des imprimés avec des maximes du marxisme.  Un des plus acharnés est un typographe du nom de César Depaepe. 

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Ces émeutes conduiront en 1885 à la naissance du Parti Ouvrier Belge (POB) et à la construction d’une grande maison du Peuple à la rue Joseph Steven.  C’est l’architecte Victor Horta qui dessinera les plans.   C’est à cet endroit qu’est né le socialisme bruxellois.

L’épicentre populaire des Marolles était en ce temps-là, la place de Wallons (aujourd’hui disparue) « Waelsche Plaats » (Située plus ou moins  à l'arrière de l'actuelle gare de la Chapelle)

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Les anciennes auberges du 18ème siècle avaient des noms pour le moins pittoresques :

 

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In den naemen Jésus (Au nom de Jésus), Den groenen papegay : désignait la cible qui servait au tir à l’arbalète… (Le local des Arbalétriers n’étant pas bien loin de là ; à La Brasserie « Les Brigittinnes »  qui  disparaîtra également en 1962), Het sigoinnek : la petite cigogne …. Etc…

 

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Un si bel endroit paisible au coeur de la ville

 

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On y sert toutes sortes de boissons fortes… A l’exception d’eau bénite ! … En soirée, plus d’un rejoignait son domicile avec un fameux « stuk in zijn klûût »

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Suite aux divers travaux d’envergure décidés par la ville de Bruxelles, certaines enseignes célèbres à l’époque émigrèrent vers d’autres faubourgs de Bruxelles.

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C’est le cas notamment du « Chien Vert » situé rue Terre-Neuve, proche de  l’impasse des escargots (Caricolegang) qui rouvrira son « stamenei » avenue de Tervueren à Woluwe Saint Pierre. 

C’est la construction en 1850 de la Gare du Midi  et les travaux de la Jonction Nord-Midi qui sonneront le glas de la rue Haute en tant qu’artère de grande circulation. 

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A cette époque-là, les socialistes gagnent un double combat : Le Suffrage Universel et la loi Vandervelde (loi anti-alcool) à afficher dans chaque établissement. (voir affiche plus haut)

 

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A défaut de voyageurs, les habitants, marchands et artisans remplaceront en majorité la clientèle de ces « Kaberdoeches ». 

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Jusqu’en 1920, on dénombre aussi une foule de campagnards cherchant à faire fortune à Bruxelles. Cela provoquera même une crise du logement !  Ces nouveaux arrivants s’installent là où ils peuvent … ils prennent souvent quartier près de la rue Haute et aux alentours.   De ce fait, les tenanciers d’estaminets proposent « un logement ».  On fait de la place partout ! … Une chambre à côté, au dessus et même en dessous !  Certains vont même jusqu’à proposer d’occuper les caves !

 

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Profils des piliers de comptoirs

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Le « zattekul » philosophe, Le pouffer qui discute toujours sont addition après plusieurs jours de crédit....

 Devant le bar des « Mille Colonnes », juste derrière le stationnement des fiacres, le zattekul philosophe, membre influent de la « chocheté mutuelle de la soif », vide sa chope en remarquant : « Voulez-vous croire que ça sont aujourd’hui percis’ cinquante ans que moi j’aie bu mon premier verre de lambic ? Alleie, à ton santé ! »

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Il y a aussi celui qui fait des son « genre »…. Le prétentieux, le je sais tout…. « Zaïene grüte Jan oïetagne » en bruxellois

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Expressions :

 Ei ess züe zat as e kanong : Il ivre comme un canon (bourré jusqu’à la gueule)

 Ne zoeïper : un buveur habitué

 Zoeïpe : boire jusqu’à plus soif

 Zoeiper : buveur

 Ne flessevringer : un tordeur de bouteilles (ivrogne)

 Geif ma enn lkouch bé : Donne-moi un verre de bière

 Ge zaait beiter in a klaain stameneike as in en gruute kerk (on est mieux dans un petit estaminet que dans une grande église) : dit par un pilier de cabaret qui n’est pas un pilier d’église.

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26/04/2010

800ème anniversaire de la Chapelle ... tout un quartier en fête le 8 mai 2010

800ème anniversaire de la paroisse de la Chapelle

affiche chapelle

 

En 2010 a lieu l’anniversaire des 800 ans de la paroisse de la Chapelle.   De ce fait, cette année marque l’édification du quartier « des Marolles » en tant que territoire. 

Pour fêter dignement ces 8 siècles, le Centre Culturel Bruegel organise durant toute l’année,  des festivités reprenant les évènements marquants de l’histoire et de l’identité du quartier et de ses habitants. 

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A cette occasion, en partenariat avec les habitants, les écoles, les commerces des environs, le Centre Bruegel organise le 8 mai 2010, une grande fête tout autour de l’église.  Une multitude d’activités retraçant la création du quartier est prévue ce jour-là. 

Vous pourrez admirer 12 bouffons bonimenteurs, 6 nouveaux géants représentant chacun une école primaire du quartier, il y aura également le photomaton itinérants.

A travers le quartier, vous replongerez dans l’histoire grâce aux divers participants. 

-         Les confréries, les métiers, l’Ancien grand serment royal et noble des arbalétriers de Notre-Dame du Sablon, un marché biologique, l’Ordre du Bloempanch, des anciens jeux en bois, un parcours retraçant les tableaux de Bruegel, des danses bruegéliennes, une dictée en bruxellois dans l’école Baron Steens,  la vie des capucins à la place du Jeu de Balle, l’histoire de Mozart à Bruxelles, la participation des Archives de la rue des Tanneurs, un cabaret chantant dans le jardin de la Porte Rouge, un thé dansant rue du Miroir, représentation des luttes pour le suffrage universel dans les bistrots de la rue des Renards, initiation au skate board pour les jeunes et pour clôturer cette journée de fête, un Bal populaire…..

Bref….. Un programme bien chargé !

place de la chapelle
 

L’accès aux activités est gratuit.  Vous trouverez le programme complet sur le site  http://800anschapelle.be

 Pour info,

Coordination : Centre Culturel Bruegel – Christine Rigaux

christine.rigaux@ccbruegel.be  0494 06 40 74 – Rue Haute 247 – 1000 Bruxelles

 

Venez  nombreux  le 8 mai 2010 pour fêter cette journée inoubliable !!!!

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Bob De Backer... président de l'Ordre du Bloempanch

le jour-là, l’Ordre du Bloempanch participera aux festivités de 10h à 18h  avec un stand de vente sur la place de la Chapelle. 

Pour cette occasion, il y aura entre autre, la parution d’une brochure consacrée aux spécialités culinaires bruxelloises. 

Je serai bien entendu présente…. Profitons-en pour faire connaissance…..

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Place de la Chapelle dans les années 30

On retiendra pour l’histoire, que Pierre Bruegel le Vieux meurt probablement le 5 septembre 1569 et fut inhumé dans l’église de la Chapelle aux côtés de son épouse.

Pierre Bruegel logeait à cette époque à l’angle de la rue Haute et de la rue de la Porte Rouge. 

Son fils, commanda à Pierre Paul Rubens un tableau qu’il fit placer dans la Chapelle  en mémoire de son père.  Ce tableau représente Le Christ remettant les clés à Saint Pierre. 

En 1765, la fabrique de l’église vendit la toile à un marchant d’Amsterdam pour la modique somme de 5000 florins !!!!  La seule condition fut que l’acquéreur fasse exécuter une copie à ses frais.  Celle-ci figure encore à la place de l’original…..

chapelle marché

A l’intérieur de la Paroisse, vous pouvez également admirer le monument funéraire d’Anneessens…..  Mort en 1719 pour avoir défendu les privilèges des artisans.    

Histoire de Notre Dame de la Chapelle : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_la_Chapelle

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Jadis, en juillet dans le quartier de la Chapelle, il y avait la kermesse « del Blatte » ou « Schollekermis ».  Précédait  à cette fête, une procession où se côtoyaient les aristocrates de la rue aux Laines et les habitants du quartier.

Pourquoi « del Blatte » ?  Parce qu’avant la construction du Palais de Justice, il y eut là une rue des Feuilles…. Traduction du flamand « blad » … qui était aussi celle de la ducasse.

De souvenirs de bruxellois, j’ai pu entendre et lire que le samedi soir, cette kermesse était le prétexte à une gargantuesque ripaille !  Que les habitants fêtaient l’évènement en vidant des litres de bières et en mangeant des kilos de crabes, de crevettes et des « bintjes de scholles ».  (Scholle – plies)

Que les gens circulaient dans les rues en se penchent en avant, puis se rejettent en arrière  tout en chantant et en riant à gorges déployées….

« En en dikke panch,n en en snei van’t varke

Boere leive dat es plaizant »…..

Ou encore :

« Oh ! Mieke Pijpe kop !

Geeft ons nog en bobijntje !

Lever een groet alse en kleintje

As er mo genèvel in es ! »

 

A l’heure actuelle, la Marolle s’est transformée radicalement et ce, depuis le siècle dernier.  Peu à peu, elle a perdu son atmosphère et son caractère.  Elle était comparable à aucun autre quartier de la capitale.  Probablement grâce à sa population qui a l’origine était née d’un mélange de Flamands bruxellois et d’ouvriers wallons …. Des maçons venu travailler à la construction des églises. 

De cette fusion ethnique est née une population à l’esprit d’indépendance, hospitalière  avec un  grand cœur …  toutefois capable de colères homériques mais pas rancunière !

30/05/2009

Venez tous zwanzer avec nous le 6juin 2009

13ème CHAPITRE DE L’ORDRE DU BLOEMPANCH SAMEDI 6 JUIN 2009

Programme :

13H : rendez-vous au café Wiels’Renard – 233, rue Haute (coin de la rue des Renard)

13H15 : départ en cortège, sous la conduite de la Fanfare du Meyboom, de notre porte-drapeau, de l’Agent 15 et de la Nouvelle Miss Bloempanch 2009 LYDIA DA ROCHA

LYDIA

(chanteuse née à l’hôpital St Pierre ayant vécu toute son enfance à la Place Emile Vandervelde à l’actuel Skievelat ….nièce de Sofei Vandenaemet)

Suivent ensuite les délégations des associations folkloriques, les invités d’honneur, nos futurs intronisés ainsi que les membres et amis.

13H30 : Inauguration par Andrée Longcheval( épouse du marionnettiste José Géal  mieux connu sous le pseudo de Toone VII) d’une plaque commémorative des funérailles fictives d’Adolf Hitler le dimanche 10 juin 1945 au 44, de la rue de la Prévoyance.

13H45 : Arrêt devant la plaque rappelant le 40ème anniversaire de LA BATAILLE DES MAROLLES au coin de la rue de la Prévoyance et de la rue Montserat (dans la Marolle).

14H : Hommage au « Monument aux Vivants », rue du Faucon- dépôt de gerbe et hymne national Marollien

14H15 : Pauses désaltérantes chez les membres et sponsors

-         Restaurant les 3 Chicons rue des Renards

-         Restaurant Restobières  rue des Renards

-         Le Petit  Lion

-         Le Bar Espagnol chez Angelo rue Haute

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14H45 : Inauguration de la plaque « Pollakkengang » au 186 rue Haute, qui fut le haut lieu du Théâtre de Toone de 1932 à 1944.  La plaque sera dévoilée par JOSE GEAL, notre Toone VII

 

-         Arrêt ….au resto La Cantine rue Haute et à la Fleur en Papier doré rue des Alexiens

 

15H30 : cour de l’Hôtel de Ville de Bruxelles

15H45 : tour d’honneur de la Grand’Place

16H : 13ème Chapitre de l’Ordre du Bloempanch en la Salle Gothique :  (Ouvert à tous)

            Intronisation en que membre ‘Honris-Causa’ de :

            -José Walraet patronne du café de l’Horloge à Anderlecht depuis plus de 50 ans

            -Diane Dasseville chef du Protocole de la Ville de Bruxelles

            -Joëlle Dangel  patron de la Poissonnerie –Traiteur  depuis 25 ans à la rue Haute

roger vanden stock

            -Roger Vanden Stock Président du R.S.C. Anderlecht

-Daniel Verhoeft restaurateur qui fait revivre la rue des Dominicains, dont le célèbre resto « Chez Stans »

 

-         Drink offert par la Ville de Bruxelles

-         Dégustation de Bloempanch et Royal Tremblant (Kip-Kap)

17H30 : 2ème tour d’honneur de la Grand’Place en direction de Menneke-Pis en passant par la rue Charles Buls et la rue de l’Etuve

18H : arrivée devant le Petit Julien (Menneke-Pis) qui sera habillé en « Boucher Belle Epoque »

 

La statuette sera dévoilée par les nouveaux intronisés au son de l’hymne national Marollien suivi par le traditionnel jet de chicklets

A ce moment là, Menneke-Pis débitera du Faro Cantillon au son des airs populaires de la Fanfare du Meyboom.

 

19H : Clôture du 13ème Chapitre.

 

!!!!Nous vous attendons nombreux ce jour-là pour faire la zwanze ensemble !!!!!

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Bob De Backer président de l'Ordre du Bloempanch ....clic sur l'image

26/03/2009

Lambic et faro ...

A Bruxelles à la fin du 19ème siècle, on prétendait que le lambic était pour la bière ce que le bourgogne est pour le vin.  Il était le roi des brasseries bruxelloises.

brasserie bière faro

Le lambic était  une bière fabriquée avec moitié froment et moitié orge germée.  Pour faire un bon lambic, il fallait prendre tout son temps ! ...

Un an pour le goûter, après deux ans, il devenait agréable à boire et à trois ans, il était parfait....le résultat donnait une bière corsée, fraîche, digestive et nourrissante d'une couleur limpide,  ni claire ni foncée avec une mousse naturelle. 

Le lambic était une bière qui devait sa qualité à son froment. Il servait également aux brasseurs de province à couper leurs bières locales.

 

Le faro était préparé avec le lambic et la bière de mars ; il était tiré à la pompe ; il était doux. 

Le faro est un diminutif du lambic. Le lambic était le produit des premières « trempes » et la bière de mars (dite bière de table) était formée des dernières infusions du brassin.

Pour préparer deux tonneaux de faro, il fallait 100 kg de « brai », ou malt moulu.  On y ajoutait 500 g de houblon par tonneau.  Le faro devait vieillir deux ans avant d'être bu. 

Pour un faro plus fort, Le « half en half » on remplissait le verre moitié lambic et moitié faro au comptoir.

brasserie

 

Après une révolte concernant l'augmentation des prix de la bière, les patrons de bistro commandèrent des verres de mêmes dimensions mais à fonds plus épais plutôt que d'appliquer de nouveaux prix....avec une bonne « clache » de mousse par-dessus, le tour était joué !!!!

brasserie de forest

 

Vers 1885, le commerce des bières était divisé en quatre professions :

-le malteur faisait germer l'orge.

-le brasseur faisait tremper le malt et bouillir le moût  pour ensuite mettre la bière en tonneau.

-le marchand de bière ou préparateur achetait le lambic et la « mars » au brasseur et en faisait du faro et de la bière de table.

Et le débitant, ...

brasserie moeder lambic

 

Hors vers 1840, l'Angleterre envoya ses premières bières anglaises à Bruxelles ! ...Suivie par l'Allemagne...ces bières étaient chères mais devenait dangereusement à la mode.

brasserie bière anglaise

Pourtant, à l'inverse, les Anglais ne voulaient pas de nos bières...les Allemands en commandaient mais prétendaient qu'elles étaient infectes !! ...Les Français adoptaient plutôt nos bières de ménage ou le faro.  (Sauf Baudelaire qui prétendait que le faro c'est de la bière deux fois bue ! « Le faro est  tiré de la grande latrine, la Senne.  C'est une boisson extraite des excréments de la ville soumis à l'appareil diviseur ( ?)...Ainsi, depuis des siècles, la ville boit son urine ») ! ....(Merci Beaudelaire)

brasserie bière anglaise ets wouters

Entre 1869 et 1885 l'apparition de la bière « Brune » fit son apparition et ce fut une rude concurrente  pour le faro.  Vendue au même prix avec  une marge bénéficiaire plus importante, elle plaisait aux femmes et aux enfants parce qu'elles étaient moins acide. 

L'apparition de la « brune » avait comme conséquence qu'elle était du type « bière jeune »...elle exigeait donc une clarification....pour cela, les brasseurs utilisaient de la colle à poisson achetée en Russie. 

C'est le bruxellois A. Laurent qui proposa d'utiliser les peaux de raies en provenance du Marché aux poissons pour remplacer la colle à poisson et ainsi faire la clarification.  Cette découverte fit la fortune des poissonniers qui auparavant jetaient celles-ci dans les eaux de la Senne !

brasserie   in t'spin

Quelques enseignes célèbres...

brasserie des brigittines

Brasserie des Brigittines

brasserie porte rouge

A la rue Haute...

15/02/2008

Marchands ambulants d'autrefois

marchande de crabes

La Marchande de Crabes.....J'aimerais bien savoir comment étaient-ils préparé et servi ?  Pourquoi autant de marchands de Crabes à Bruxelles ? ...C'est plutôt une spécialité de la côte non ?  Ou serait-ce parce que le Vismet était livré en direct de la mer en bateau vers Bruxelles ????? Merci de m'éclairer un petit peu s'il vous plaît....Il y a peut-être parmi les visiteurs, d'anciens marchands de poissons !

Raccomodeur de porcelaine
Aah Guy Jonau....Encore un tout grand merci pour vos si belles cartes postales sur les métiers d'autrefois...Ici, le raccomodeur de porcelaine.

Rétameur [1]..

Le rétameur de Casserolles....ça aussi ...c'est bien loin tout cela.  Nous sommes à l'époque du jettable à présent !

marchand de beignets