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04/04/2010

La plus populaire des actrices bruxelloises

ESTHER DELTENRE La plus populaire des actrices Bruxelloises.

Comédienne Chanteuse née à Lessen (à vérifier)le 26 mai 1877 et décédée à Forest le 24 octobre 1958 à Forest.

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Elle a seize ans…. Elle est déjà la vedette du Casino de la Bourse, dans un tout de chant.

On pouvait lire dans le « Soir Illustré » du 25/09/1947 au sujet d’Esther Deltenre,  l’article suivant :

Réception chez le Prince Régent, croix de chevalier de l’Ordre de la Couronne, médailles honorifiques de la ville de Bruxelles, parchemin lui conférant le titre de citoyenne d’honneur de la commune de Saint-Josse-Ten-Noode, représentation de gala aux Folies-Bergère, son théâtre actuel, discours, cadeaux, fleurs….. Rien n’aura manqué pour fêter les soixante ans de théâtre et les septante ans de la plus populaire des actrices bruxelloises, la joviale ESTHER DELTENRE. 

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Esther Deltenre à la sortie du Palais Royal, où le Prince Régent vient de lui remettre la Croix de Chevalier de l’Ordre de la Couronne.

On peut même dire que jamais actrice de chez nous ne fut fêtée avec tant de solennité, avec tant d’enthousiasme.  C’est que sa longue carrière artistique en fait une « recordwoman » peu banale !

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M. Verruck, directeur des Folies-Bergères, offre à Esther Deltenre le bijou de l’Ordre de la Couronne.

Elle a débuté à l’âge de dix ans dans un café-concert du boulevard du Hainaut – et que, comme le fit remarquer notre sympathique bourgmestre M. Van de Meulebroeck en lui remettant la « médaille de Bruxelles » , elle est la créatrice d’un genre dramatique : le genre Esther Deltenre.

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M. Van de Meulebroeck offre à l’artiste la médaille honorifique de la Ville de Bruxelles.

Ces distinctions extraordinaires méritaient bien un hommage exceptionnel.  Il n’est pas un acteur du terroir qui n’ait été son partenaire : Nossent, Libeau, Roels, Devère, Prosper De Wit, Murio, Rittche, Festerat, Miller, Mussière, Floro, Vodé, Simone Max, Vaerewijck, Van den Broeck, Emmy Van Es (nous citons au hasard de la plume), figurent parmi les contemporains, Jacque, Crommelynckx, Strack, Harzé, Delrez, Milo, Lejeune, Baltus, Genot, Fernande Dumont, De Bauw, Minet sont à citer parmi ceux d’autrefois, aujourd’hui disparus, qui furent ses camarades de plateau, et si l’énumération de ces noms ne dit pas grand’ chose à la présente génération, elle évoquera bien des souvenirs aux générations précédentes, de bons souvenirs d’une bonne époque faite de joie tranquille et de souriante insouciance. 

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Au temps des crinolines, avec Jacque (Olympia 1903)

Et nous oublions les comiques de province qui lui donnèrent tout aussi allègrement la réplique : Van Aerschot, Van den Bosch, Lamoen, d’Anvers, ;  Rinchon et Sabeau, de Charleroi ; Van Daele, de Gand ; Fauconnier, Delaxhe et Donat Wagner, de Liège.  Car notre Esther mérite le qualificatif de national qu’on joint d’habitude à son nom, ayant promené dans toutes les principales villes de notre pays son infatigable et inimitable humour. 

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Ceux d’autrefois.  De gauche à droite : Merin, Crommelynckx, Esther Deltenre, Jacque, Léopold, Nicolas Ambreville (1905)

Bien mieux : elle est aussi une vedette internationale, puisqu’elle se produisit sur la scène du Casino de Paris, en compagnie du plus célèbre des fantaisiste français, c’est-à-dire Maurice Chevalier, qui est resté l’un de ses plus chers amis…

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Un autre joyeux partenaire : Nossent.

Mais c’est surtout au point de vue rétrospectif que la rondouillarde et toujours jeune Esther est la plus évocatrice.  Elle rappelle de vieux théâtres à présent disparus : l’Olympia, à présent remplacé par un cinéma et qui se trouvait en face de l’actuel théâtre de la Bourse, la Brasserie Flamande, le Casino de la Bourse  rue Van Praet ; la Scala, place de Brouckère, l’Alcazar, rue d’Arenberg. 

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Elle s’est éprise d’un « tchouk-tchouk », lequel n’est autre que le comique anversois Van Aerschot.

Ce fut à l’Olympia qu’elle incarna la fameuse Casque d’or, célébrité parisienne jugée indésirable par notre gouvernement et qui fut expulsée de Bruxelles un beau matin. 

« Chers Bruxellois, j’ai soupé d’votr’ figure,

Vous n’verrez plus la môme Casque d’Or. »

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Un de ses triomphes : Casque d’Or, indésirable célébrité parisienne.

Ce fut à la Scala qu’elle chanta le premier bassin populaire de natation aménagé en notre ville :

« Les ketjes des Marolles

Accour’nt en bandes folles

Comme les chics messieurs

Dans mon local spacieux »

 

Ce fut à la Scala qu’elle arbora le fringant uniforme de cantinière des « chasseurs de prinkères », la chasse aux hannetons au Bois de la Cambre donnant lieu, chaque année, à une expédition de gais lurons qui, le soir venu, regagnaient leurs pénates dans un état plus ou moins « vaseux ».  Heureux temps où les hannetons étaient nos seuls ennemis auxquels il fallait faire la guerre !

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N’est-ce pas qu’elle a l’allure martiale, cette cantinière du régiment des « chasseurs de prinkères » ?

Ce fut à l’Olympia qu’elle chanta les vertus de notre « Kip-Kap » national avec Nicolas Abzreville, son émule en corpulence. 

 

Ce fut à la Scala qu’elle blagua le concours de politesse institué pour les marchandes de quatre saisons par Charles Buls.  Et les bouquets qu’elle offrait au public étaient plutôt sonores…..

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La leçon de politesse à l’Olympia en 1899

Ce fut à la Scala qu’on la vit jouer du trombone, personnifiant  une des « gretchens » qui, à l’Exposition de 1910, composaient les orchestres allemands qu’animaient de leurs flonflons la section germanique…

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Et la voilà personnifiant une « gretche » de l’Exposition de 1910

Car, avant de passer à la Gaîté, à l’Alhambra et aux Folies-Bergère, la dynamique Esther fut surtout la pensionnaire de la Scala, de l’Olympia et des Galeries.

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La voici en acrobate, avec Merin, Léo et Jacque dans une revue.

Bref, c’est tout le vieux Bruxelles qu’elle a chanté de sa voix claironnante, forçant le succès par un entrain, une verdeur, une force comique irrésistible.

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« Qui veut de bonnes couques de Dinant ? »

Esther Deltenre se produisit aussi, tout aussi triomphalement, dans des comédies, des opérettes, des parodies diverses (ceux qui  l’ont vue en Mimi dans « la Petite Bohème » ne l’oublieront jamais !).

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Elle explique à deux autres commères des Folies-Bergère (Mmes Martens et Berodes), le mystère des soucoupes volantes (1947).

Mais c’est dans la revue qu’elle a conquis son plus beau titre de gloire et cela suffit à la classer parmi les acteurs belges les plus dignes de notre reconnaissance et de notre admiration, ce genre de pièces ayant, de tous temps, jouis des faveurs de nos compatriotes.

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Les Folies-Bergère nous présentent Esther Deltenre en … M. Van de Meulebroeck ! (un rôle d’homme) !  Elle avait déjà représenté, en 1910, Armand Fallières, … autres « rondeur »

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Article de Fernand SERVAIS.

 

Pour terminer, je citerai la définition du livre « le folklore bruxellois de A à Z » de Bob de Backer et Daniel Polet :

ZWANZE (la) : La zwanze bruxelloise est la grosse blague fraîche et joyeuse…. Elle est une des manifestations les plus pures du vrai folklore.  Tout Bruxellois a dans le cœur un « zwanazeur » qui sommeille.  La bière est à la zwanze ce que l’œuf est à la poule, en d’autres mots, elle est la cause et la conséquence.

…Et je pense  que notre Esther nationale était un réelle « zwanzeuse » …

Sofei

28/02/2008

Charel de Bruxellesé

Bonjour, je vous signale que la pièce de théâtre "Charel de Bruxellesé sera jouée le 28,29 et 30 mars en la salle Molière d'Anderlecht. Pour en savoir plus cliquez sur mon bloget sur le poisson.
http://poeteplanetaire.skynetblogs.be
Au plaisir de vous y rencontrer
Jean L- Froment

27/04/2007

L'Alhambra, un chef d'oeuvre disparu

L’Alhambra avait ouvert ses portes en 1846 et s’appelait d’abord le théâtre du Cirque à cette époque, il était encore sur les bords de la Senne.  Quelque trente années après le voûtement de la Senne ; le théâtre fut inauguré au n°20 sur le tout nouveau boulevard Emile Jacqmain près de la place De Brouckère.   Edifié, exactement cent ans plus tôt, par l’architecte Cluysenaer, à l’emplacement du premier cirque de la capitale, dont l’entrée se trouvait rue du Cirque. 

 

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La façade était somptueuse et monumentale.  En hauteur, on apercevait 4 splendides cariatides représentant la Comédie, la Tragédie, le Drame et la Danse. On publiait en 1874 qu’elles avaient été sculptées par Vanderstappen mais après sa démolition un expert s’aperçut qu’elles avaient été sculptées par Rodin !

 

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 C’était à l’époque, la plus grande salle de spectacle de Bruxelles, il y avait 2000 fauteuils.   L’Alhambra connut tous les genres …le drame, la comédie et le music-hall.  Sa grande époque fut sans conteste celle de l’entre-deux guerres ; sous le règne du célèbre spécialiste du music-hall le Parisien Léon Volterra. Il y monta des revues fastueuses avec 180 girls !  Il ne lésinait pas sur les moyens ni sur les prouesses techniques pour offrir au public des mises en scène éblouissantes, comme celle de la Revue du Centenaire, qui tint l’affiche pendant 5 mois en 1930.  A cette époque, il y avait à l’affiche, Maurice Chevalier et Mistinguett.

 

Plus tard, les frères Van Stalle succédèrent à Volterra et  continuèrent de plus belle.  On pouvait y applaudir, Charles Trénet, Joséphine Baker, Libeau, Roels, Laurel et Hardy, Georges Guétary, Luis Mariano, Rose Amy, Jean Kipura, André Dassary, Fernandel, Jean Tranchant, Lucienne Boyer, José Janson, Gustave Libeau, Esther Deltenre, Zizi Festerat, etc……. .Chaque année, le public était plus nombreux. 

 

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  Notons aussi que pendant la guerre de 14-18 l’endroit fut occupé par les Allemands.  Il avait été le siège des congrès du Raad van Vlanderen). 

 

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Il y avait aussi le grand bar du théâtre nommé Le Perroquet.  Pour la première fois en 1920 on y entendit un jazz band, les Mitchell’s Jazz Kings et la présence d’un musicien totalement inconnu à cette époque : Sidey Bechet !

 

En 1959, le bâtiment fut racheté une nouvelle fois, mais pour y faire un parking !!!!  L’endroit sombra dans l’agonie…

Tous les prétextes ont été bons pour prendre la fatale décision.  Trop grand, trop vieux, plus rentable…etc….

Il fut mis en vente le 19 novembre 1975 …c’est  un boucher anversois qui pu l’acquérir pour la somme de 10 millions.  Après ce fut sa disparition définitive…

 

Merci à Francis Jacoby et Jean-Pierre Roels pour les photos.

26/12/2006

Melle Beulemans

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On ne s'attendait pas à un tel succès !  5 ou 6 représentations à tout cassé avaient dit l'organisateur....Il y en eut  des milliers et des milliers...

Elle fut portée à l'écran après 1918 par Duvivier.

 

18:53 Publié dans Actualité | Commentaires (1) |  Facebook | |