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08/03/2013

Nos estaminets et belles brasseries d'autrefois

 

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Tantôt pauvre, tantôt riche, le bruxellois a de tous les temps eu la réputation d’un bon vivant… aimant boire et manger…

Après tout, la Belgique n’est-elle  pas le pays de la bière !

Ce qui explique, en partie, la présence sur le territoire de Bruxelles de tant d’estaminets à l’époque.

 

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Au début du 20ème siècle, l’industrie brassicole constitue un secteur très important dans l’économie de Bruxelles.  Les commerçants de la bière se regroupe en quatre catégories :

Les malteurs, qui font germer l’orge

Les brasseurs qui préparent les brassins

Les marchands de bières qui approvisionnent les débits de boissons

Les cabaretiers qui sont les détaillants

 

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Principales bières sont la gueuze, la kriek, le lambic, le faro et la bière de mars.

 

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S’ajoutent à nos brasseries, des bières venues de province comme la Diest, la Peterman, La Uytzet, la Bormemn la Pittem, l’Oudenaarde etc…

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Statistique du nombre de débits de boissons relevés en 1882 (Avant la loi Vandervelde).

Bruxelles             3.268 débits

Saint Josse          513 débits

Molenbeek         943 débits

Laeken                 464 débits

Ixelles                  753 débits

Saint Gilles          662 débits

Schaerbeek         727 débits

Anderlecht          530 débits

Etterbeek            239 débits

Soit un total de 8.099 débits de boissons. 

 

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L’estaminet dans les années 1880 d’après Camille Lemonnier (contes flamands et wallons)

L’auteur écrit : « … sous les animaux fabuleux dont la dénomination correspond au nom de l’endroit, vous apercevez généralement ce mot, ESTAMINET, qui sert à désigner les misons où l’on consomme spécialement de la bière.  Ce n’est pas le café wallon tapissé de papier à fleurs, d’une gaîté faite pour amuser l’œil, et qui le retient par des coquetteries d’images et de glaces et les bariolures de ses comptoirs reluisants de verres de couleur.  Ici règne une simplicité rudimentaire : au mur, des affiches de ventes notariales jaunes et bleues pour tout ornement, quelquefois des cages où s’égosillent des canaris, un cadran émaillé pareil à un gros œil-de-bœuf, ou une vieille gaine sculptée d’horloge. »

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« Visiblement », poursuit Lemonnier, « toutes distraction qui pourrait troubler le client dans la dégustation du liquide fermenté est écartée comme attentatoire à la gravité de cette occupation ; une antichambre officielle n’a pas plus d’austérité, et les gens qui sont assis autour des tables, sérieux, un peu endormis, avec des gestes automatiques, participent de la sérénité qui semble l’atmosphère de ces lieux ;  Par surcroît, des pancartes accrochées au-dessus des têtes rappellent au respect de l’ordre les buveurs que des libations répétées pousseraient à s’échauffer outre mesure ; telle dit très nettement : Hier het is verboden te vloekken (ici il est défendu de blasphémer) ; telle autre enjoint de ne pas chanter.  Aussi n’entend-on s’élever souvent de ces réunions, parfois très nombreuses, qu’une sorte de ronflement général et comme le bruit assoupissant d’une troupe tournant sur elle-même. »

 

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Au Merlo uccle rue de neerstalle 209 verso.jpg

« La plupart des estaminets de Bruxelles ont d’ailleurs une clientèle spéciale, qui varie peu ; il en est où un intrus serait mal venu de s’introduire ; chacun, par une coutume tacite, observée par les autres consommateurs, conserve sa place à la table qu’il a choisie dès le premier jour, comme une propriété que personne ne s’avise de lui disputer. 

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 Les soirées passée à boire de la bière en fumant du tabac et en jouant aux cartes ou aux dominos sont une habitude si régulière de la vie bruxelloises qu’aucun évènement n’en peut distraire ceux qui l’ont contractée ; on rencontre fréquemment autour des tables des pères qui ont marié dans la journée leurs filles, des maris qui viennent d’enterrer leur femme, des gens d’affaires sous le coup d’un désastre financier ; et le médecin, l’avocat, le juge, le fonctionnaire, les hommes politiques les plus considérables se rassemblent au cabaret, aussi bien que le petit rentier, le boutiquier et le maçon devenu propriétaire. 

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C’est un trait des mœurs locales que cette égalité de toutes les classes dans la tabagie enfumée où, pour douze centimes, le pauvre et le riche s’achètent une place chaude, un bien-être engourdissant et la liberté de déblatérer contre les jésuites, les gendarmes et le pouvoir, s’il leur en prend envie. 

 

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Aussi, par ces côtés, l’estaminet est-il presque toujours une institution : on s’y rapproche, on s’y juge, on s’y connaît, les affaires s’y traitent, les marchés s’y négocient ; et, les jours de bourse surtout, le nombre de verres vidés y suit la proportion des transactions conclues ».

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« Presque toujours », conclut notre auteur, « une société, constituée soit pour le plaisir, soit pour la défense d’intérêts définis (et le chiffre des unes et des autres est considérable dans ce pays dont l’association constitue l’un des principes essentiels), choisit un estaminet pour y établir son local et y tenir ses séances ; de même les meetings, les conférences, les assemblée pour délibérer sur les actes publics s’installent de préférence dans le voisinage des pompes à bière.

C’est là que se complotent la ruine ou le triomphe des ministères, que les oracles doctrinaires et socialistes se font entendre, que se façonnent les fortunes politiques : c’était de là que partait, en 1830, le triomphe de la Révolution ».  

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Il faut savoir que l’estaminet d’autrefois ne ressemblait pas du tout à celui d’aujourd’hui.  Il y avait aussi, l’estaminet dit « le  bac à schnick » où l’on servait principalement le genièvre. Beaucoup débitent des liqueurs fortes et, accessoirement seulement, de la bière.  Il n’est pas rare de trouver, dans Bruxelles, des liquoristes qui écoulent une « pipe » de genièvre (environ 6 hectolitres) en 3 semaines !

 

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Bld Léopold II 74

Quelques objets incontournables de l’estaminet :

 

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Le déboucheur à gueuze avec un bac à égoutter les verres à gueuze (qui ne pouvait pas être essuyés) !

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Un fût de faïence contenant le genièvre

Divers cruchons et verres dont notamment les verres à gouttes au fond très épais

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Chope à bière d’un litre un faïence bleue de Bruxelles

Au mur, diverses affiches d’activités communales

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Le fameux extrait de la loi sur la répression de l’ivresse

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Un chromo représentant l’œil de Dieu avec la mention God ziet alles ; hier vloekt men niet !

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Et puis il y a le « zagemanneke » que le « baas » mettait en mouvement lorsqu’un client quelque peu éméché « sciait » en paroles les autres clients au comptoir.

 

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On y trouve aussi :

Un bac destiné à recevoir les jeux de cartes, une petite table avec un schietbak dans lequel on jouait avec des petits disques en laiton.  Au sol, le jeu de boules

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Fin du 19è et début du 20ème siècle, le tout était éclairé au moyen du bec Auer.

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Les estaminets d’alors avaient parfois une cour ou un jardin.  Ce qui permettait, en été d’y jouer aux boules ou aux quilles.

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L’estaminet était souvent aussi le « local » de sociétés diverses, … de pêche, de société de tir à l’arc, de colombophiles,  cyclistes, etc….

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ESTAMINET : (d’après le dictionnaire du dialecte bruxellois de Louis Quievreux) vient du flamand « stamenay », dérivé de « stamm » (sic) : souche, famille et qu’on a nommé « stamme » des assemblées de famille où l’on buvait et fumait.  Quant à l’espagnol « estamenta », assemblée d’états, il n’a rien à faire ici ».

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« La Nation Belge » (29-2-1940) risque une autre hypothèse : « le mot estaminet est purement flamand, il viendrait de l’espagnol ‘esta un minuto’ ».  « Esta un minuto » voudrait dire « demeuré une minute ».  Estaminet serait l’endroit où l’on passe en hâte boire un verre ».

 

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D’après l’auteur, « estaminet » dérive d’ « estaim » (étain).  Jusqu’au 17ème siècle on se servit du mot « estamoie » qui désignait un pot à couvercle, à une ou deux anses, contant plusieurs pintes, généralement en étain, mais parfois aussi en orfèvrerie ou en verre.  L’endroit où on se servait d’ « estamoies » ne pourrait-il pas être l’ « estaminet » ?

 

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D’autres pensent que « stamenij », « stamenee » dans le dialecte ostendais pourrait dériver de « stam » dans l’acception de « famille ».  D’après les vieilles chroniques, écrit « Volk en Staat » (26-8-1941), au cours des réunions de famille, les hommes ingurgitaient un nombre considérable de « pots » ce qui déplaisait aux épouses.  Les maris, piqués, décidèrent de se réunir là où leurs femmes n’auraient pas accès.  Les réunions continuèrent sous l’appellation de « stam » qui devint « staminets ». 

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D’aucuns font encore dériver « stamenee » de « stamelen » : bégayer, infirmité passagère provoquée par l’ivrognerie.

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Café Van Roy chée de Ninove à Molenbeek (Arrêt face à la Brasserie Vandenheuvel)

 

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Enfin, dit le journal précité, en Flandre, des tenanciers, pour attirer l’attention des voyageurs sur leur local, inscrivaient sur la façade « Sta, Mijnheer » (Arrêtez-vous, Monsieur).  Cette inscription devint proverbiale au point que pour inviter un ami au cabaret on lui disait « Veux-tu venir avec moi au « Sta Mijnheer » ?

 

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 Les « Kaberdoeches » (bistros de quartiers, gargote) appartiennent au folklore des Marolles depuis le Moyen Age. 

 

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Entrée de la rue Haute et l'ancienne Porte de Hal

Aux abords de la Porte de Hal qui en ces temps-là était encore une zone marécageuse, des ouvriers et des artisans s’y étaient établissent. 

 

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La rue Haute (ancienne voie romaine) qui s’étendait au-delà de la Steenpoort était très fréquentée par les voyageurs qui se rendaient à Paris et vers le sud.

En ces temps lointains, on trouvait tout autour de cette «chaussée », des relais pour les attelages, des auberges pour voyageurs et une foule d’artisans de passage. 

Les habitants de ce quartier s’expriment dans un langage particulier… mi-wallon, mi-flamand…. Naissance du Marollien ?... (à suivre)…

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Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, une surpopulation est recensée.  On verra se multiplier un nombre certain d’impasses dans les Marolles.  On assiste alors à un cortège de misère, d’épidémies et de l’apparition d’un terrible fléau… l’alcoolisme.

 

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On dénombre hélas aussi une prostitution de bas étage.  Dans les bacs à schnikke (bistrots où l’on sert de l’alcool) on y trouve des vieilles zattecutten (soûlardes) aguichés les clients pour se faire payer des witteke (genièvre).   De grandes bagarres éclatent régulièrement.

 

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Dans les années 1880, Les esprits ouvriers s’échauffent et de sérieuses émeutes éclatent dans les quartiers tout autour de la rue Haute. 

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Le peuple ouvrier riposte et est confronté aux gendarmes qui chargent de tous côtés. 

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http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sar_De_Paepe

Durant cette période critique, des hommes se réunissent des les estaminets pour discuter et s’échanger des imprimés avec des maximes du marxisme.  Un des plus acharnés est un typographe du nom de César Depaepe. 

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Ces émeutes conduiront en 1885 à la naissance du Parti Ouvrier Belge (POB) et à la construction d’une grande maison du Peuple à la rue Joseph Steven.  C’est l’architecte Victor Horta qui dessinera les plans.   C’est à cet endroit qu’est né le socialisme bruxellois.

L’épicentre populaire des Marolles était en ce temps-là, la place de Wallons (aujourd’hui disparue) « Waelsche Plaats » (Située plus ou moins  à l'arrière de l'actuelle gare de la Chapelle)

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Les anciennes auberges du 18ème siècle avaient des noms pour le moins pittoresques :

 

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In den naemen Jésus (Au nom de Jésus), Den groenen papegay : désignait la cible qui servait au tir à l’arbalète… (Le local des Arbalétriers n’étant pas bien loin de là ; à La Brasserie « Les Brigittinnes »  qui  disparaîtra également en 1962), Het sigoinnek : la petite cigogne …. Etc…

 

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Un si bel endroit paisible au coeur de la ville

 

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On y sert toutes sortes de boissons fortes… A l’exception d’eau bénite ! … En soirée, plus d’un rejoignait son domicile avec un fameux « stuk in zijn klûût »

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Suite aux divers travaux d’envergure décidés par la ville de Bruxelles, certaines enseignes célèbres à l’époque émigrèrent vers d’autres faubourgs de Bruxelles.

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C’est le cas notamment du « Chien Vert » situé rue Terre-Neuve, proche de  l’impasse des escargots (Caricolegang) qui rouvrira son « stamenei » avenue de Tervueren à Woluwe Saint Pierre. 

C’est la construction en 1850 de la Gare du Midi  et les travaux de la Jonction Nord-Midi qui sonneront le glas de la rue Haute en tant qu’artère de grande circulation. 

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A cette époque-là, les socialistes gagnent un double combat : Le Suffrage Universel et la loi Vandervelde (loi anti-alcool) à afficher dans chaque établissement. (voir affiche plus haut)

 

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A défaut de voyageurs, les habitants, marchands et artisans remplaceront en majorité la clientèle de ces « Kaberdoeches ». 

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Jusqu’en 1920, on dénombre aussi une foule de campagnards cherchant à faire fortune à Bruxelles. Cela provoquera même une crise du logement !  Ces nouveaux arrivants s’installent là où ils peuvent … ils prennent souvent quartier près de la rue Haute et aux alentours.   De ce fait, les tenanciers d’estaminets proposent « un logement ».  On fait de la place partout ! … Une chambre à côté, au dessus et même en dessous !  Certains vont même jusqu’à proposer d’occuper les caves !

 

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Profils des piliers de comptoirs

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Le « zattekul » philosophe, Le pouffer qui discute toujours sont addition après plusieurs jours de crédit....

 Devant le bar des « Mille Colonnes », juste derrière le stationnement des fiacres, le zattekul philosophe, membre influent de la « chocheté mutuelle de la soif », vide sa chope en remarquant : « Voulez-vous croire que ça sont aujourd’hui percis’ cinquante ans que moi j’aie bu mon premier verre de lambic ? Alleie, à ton santé ! »

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Il y a aussi celui qui fait des son « genre »…. Le prétentieux, le je sais tout…. « Zaïene grüte Jan oïetagne » en bruxellois

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Expressions :

 Ei ess züe zat as e kanong : Il ivre comme un canon (bourré jusqu’à la gueule)

 Ne zoeïper : un buveur habitué

 Zoeïpe : boire jusqu’à plus soif

 Zoeiper : buveur

 Ne flessevringer : un tordeur de bouteilles (ivrogne)

 Geif ma enn lkouch bé : Donne-moi un verre de bière

 Ge zaait beiter in a klaain stameneike as in en gruute kerk (on est mieux dans un petit estaminet que dans une grande église) : dit par un pilier de cabaret qui n’est pas un pilier d’église.

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26/03/2009

Lambic et faro ...

A Bruxelles à la fin du 19ème siècle, on prétendait que le lambic était pour la bière ce que le bourgogne est pour le vin.  Il était le roi des brasseries bruxelloises.

brasserie bière faro

Le lambic était  une bière fabriquée avec moitié froment et moitié orge germée.  Pour faire un bon lambic, il fallait prendre tout son temps ! ...

Un an pour le goûter, après deux ans, il devenait agréable à boire et à trois ans, il était parfait....le résultat donnait une bière corsée, fraîche, digestive et nourrissante d'une couleur limpide,  ni claire ni foncée avec une mousse naturelle. 

Le lambic était une bière qui devait sa qualité à son froment. Il servait également aux brasseurs de province à couper leurs bières locales.

 

Le faro était préparé avec le lambic et la bière de mars ; il était tiré à la pompe ; il était doux. 

Le faro est un diminutif du lambic. Le lambic était le produit des premières « trempes » et la bière de mars (dite bière de table) était formée des dernières infusions du brassin.

Pour préparer deux tonneaux de faro, il fallait 100 kg de « brai », ou malt moulu.  On y ajoutait 500 g de houblon par tonneau.  Le faro devait vieillir deux ans avant d'être bu. 

Pour un faro plus fort, Le « half en half » on remplissait le verre moitié lambic et moitié faro au comptoir.

brasserie

 

Après une révolte concernant l'augmentation des prix de la bière, les patrons de bistro commandèrent des verres de mêmes dimensions mais à fonds plus épais plutôt que d'appliquer de nouveaux prix....avec une bonne « clache » de mousse par-dessus, le tour était joué !!!!

brasserie de forest

 

Vers 1885, le commerce des bières était divisé en quatre professions :

-le malteur faisait germer l'orge.

-le brasseur faisait tremper le malt et bouillir le moût  pour ensuite mettre la bière en tonneau.

-le marchand de bière ou préparateur achetait le lambic et la « mars » au brasseur et en faisait du faro et de la bière de table.

Et le débitant, ...

brasserie moeder lambic

 

Hors vers 1840, l'Angleterre envoya ses premières bières anglaises à Bruxelles ! ...Suivie par l'Allemagne...ces bières étaient chères mais devenait dangereusement à la mode.

brasserie bière anglaise

Pourtant, à l'inverse, les Anglais ne voulaient pas de nos bières...les Allemands en commandaient mais prétendaient qu'elles étaient infectes !! ...Les Français adoptaient plutôt nos bières de ménage ou le faro.  (Sauf Baudelaire qui prétendait que le faro c'est de la bière deux fois bue ! « Le faro est  tiré de la grande latrine, la Senne.  C'est une boisson extraite des excréments de la ville soumis à l'appareil diviseur ( ?)...Ainsi, depuis des siècles, la ville boit son urine ») ! ....(Merci Beaudelaire)

brasserie bière anglaise ets wouters

Entre 1869 et 1885 l'apparition de la bière « Brune » fit son apparition et ce fut une rude concurrente  pour le faro.  Vendue au même prix avec  une marge bénéficiaire plus importante, elle plaisait aux femmes et aux enfants parce qu'elles étaient moins acide. 

L'apparition de la « brune » avait comme conséquence qu'elle était du type « bière jeune »...elle exigeait donc une clarification....pour cela, les brasseurs utilisaient de la colle à poisson achetée en Russie. 

C'est le bruxellois A. Laurent qui proposa d'utiliser les peaux de raies en provenance du Marché aux poissons pour remplacer la colle à poisson et ainsi faire la clarification.  Cette découverte fit la fortune des poissonniers qui auparavant jetaient celles-ci dans les eaux de la Senne !

brasserie   in t'spin

Quelques enseignes célèbres...

brasserie des brigittines

Brasserie des Brigittines

brasserie porte rouge

A la rue Haute...

19/09/2008

Café de coin

café au bon coin watermael

Me fais bizare de voir cette photo...pour avoir habiter à quelques mètres...

Bon week-end à tous et si cela vous chante, ce soir il y a de la zique comme j'aime au café la Brocante place du jeu de balle.....j'y serai à 21h

voir sur http://www.myspace.com/themoonshineplayboys

A bientôt...

26/05/2008

Commerce de la rue Saint Guislain

Numériser0001

genealogie 010

Bonjour à tous
Le café chez Jules ,maintenant c'est café au Bijou rue St Ghislain
Jean-Jacques Hellinckx....
Merci Jean-Jacques....
procession aemet

Petite question :

Pourquoi a-t-on appelé le café (sur le coin gauche) ...Au mouton bleu ?

J'ai toujours connu ce bistro...il existe toujours mais à complètement perdu son âme de "stamp caféi" ou petit bistro de quartier (si l'on préfère)....

10:04 Publié dans marolles | Commentaires (13) |  Facebook | |

08/02/2008

Où sont passés nos belles brasseries ?

avenue Fonsny

bld emile bockstael

boulevard Emile Bockstael

brasserie de la monnaie

 

brasserie de l'iser rue neuve

Rue Neuve

brasserie des sports recto

brasserie des sport verso

brasserie dld du midi 135

Bld du Midi 138- Même celle-ci a perdu son âme !

brasserie moeder lambic

Celle-ci, n'en parlons plus.....c'est très très loin !

foire commerciale roi

 

place de la monnaie

Brasserie La Lunette 3, place de la Monnaie....

rue du brabant

Il y a écrit : Chambres pour visiteurs....1,50fr !!!!

terrasse chalet robinson

Pas triste non plus la terrasse du Chalet Robinson au Bois de la Cambre !

Cela donne l'envie de dire : Où est passée l'ambiance de nos stamenei d'autrefois ?

bab

belle vue
brasserie artois louvain
pub stella
cap
celta
haecht
leffe

LEFFE
 
Un  ouvrier en bâtiment va commencer sa journée de travail avec son nouveau collègue : un noir.

 

Il lui explique les instructions qu'il donnera quand il sera sur l'échafaudage.

 

"Si je te montre un doigt, tu montes du ciment.

 

Si je te montre deux doigts, tu montes avec des briques.

 

Si je te montre trois doigts, attention, tu dois me monter une bonne LEFFE bien froide."

 

Il est occupé depuis un moment sur son échafaudage et appelle le collègue en lui montrant trois doigts.

 

L'autre regarde en l'air et tourne ses mains. Le premier lui remontre alors trois doigts.

 

Et à nouveau, le noir tourne les mains en montrant la paume et le dos de la main.

 

Enervé, l'ouvrier descend en criant :

 

"Et alors espèce d'abruti, je t'avais pourtant dit que trois doigts signifiait une Leffe bien froide."

 

Et le noir de répondre :

 

"Et moi, je te demandais si tu voulais une blonde ou une brune !"

ptit blague envoyée par Miche @//G enfin....celui qui signe toujours comme ça !

 

Tant qu'on y est hein.....voici mon nouveau blog (avec Michel) et si cela vous dit, c'est là qu'on sera ce soir ....