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16/06/2013

Boendael d'après le guide du touring club de 1925

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Ce hameau d’aspect rustique a été annexé à Ixelles en 1829.  Son églisette, rebâtie en 1842, occupe, dans la Duyvel Delle, l’emplacement d’une chapelle fondée au XVème siècle et qui fut longtemps l’oratoire du Serment des Arquebusiers de Bruxelles.

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Cette minuscule église campagnarde possède deux magnifiques retables de l’école brabançonne, restaurés en 1865 par M. Malfait. 

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A côté du sanctuaire, un tilleul, contemporain de Charles-Quint, dresse son tronc trapu et décapité, à branches menues.  Il a fallu depuis longtemps panser se plaies et le cercler de fer, tellement l’âge l’a rongé.  Mais il reverdit chaque année, malgré sa caducité.

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Au bon temps de la vénerie, Boendael fut un des rendez-vous de chasse de nos anciens souverains (Marie de Hongrie inaugura en 1541 la chasse de nuit, à la lueur des flambeaux)… « Aux torches enflammées qui sillonnaient la forêt en tous sens, se mêlait la vive clarté de centaines de feux qu’on avait allumés pour guider la marche des traqueurs.  Qu’on joigne à cela les cris de la multitude et les sons aigres des trompes et des cornets, et l’on pourra se figurer une scène vraiment fantastique. » (L. Galesloot.)

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Au bout de la place, une rue se dirige vers Watermael.  Près de la station de cette localité, passons sous le viaduc du chemin de fer et descendons vers la place pour nous y rendre. 

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Chaussée de Watermael 

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Estaminet au Pelikan Rouge

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Rue du Relais

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Rue du Schoolgat

20/05/2013

Comment Bruxelles reçu son éclairage public

 

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Les éclairages publics intensifiés excitèrent toujours l’enthousiasme des foules….

 

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Les toutes premières « féeries » furent, sans doute, avant les feux d’artifice, les feux de joie dont font mention certains folklores régionaux et aussi les luminaires célébrants les joyeuses entrées de souverains, leurs mariages, leurs victoires.  La réception de Napoléon par Bruxelles fut d’un faste demeuré légendaire…..Mais revenons à l’histoire de l’éclairage public…

 

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Jusqu’au milieu du 17ème siècle, dès la tombée du jour, les rues devenaient de véritables « coupe-gorges »…. Le terrain idéal pour les malfrats. 

 

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Quelques recoins de rues étaient éclairés par des torches de résine ou de poix mais ne suffisaient pas pour dispenser assez de lumière la nuit.  Il arrivait souvent que dès le passage des gardes-ville, les voleurs éteignaient ces torches afin d’opérer aisément.

 

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Dès la nuit venue, à l’exception des fêtards, très peu de personnes circulaient dans les rues.  Les seigneurs, eux,  se hasardaient accompagnés d’une escorte armée et munie de torches.

 

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A cette époque, Paris était la seule ville éclairée d’Europe…. Bruxelles dès la nuit venue sombrait dans un vaste trou noir aux ruelles sinueuses où brillent au loin quelques flammes allumées par la population aux pieds des statues de saint… seul éclairage que les égorgeurs ou malandrins n’osaient éteindre par superstition. 

 

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Forcé de sortir la nuit ?  On faisait appel aux « falotiers »… qui contre quelques sous accompagnaient au pas de course et armés de flambeaux, les personnes qui devaient se déplacer.

 

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Pourtant, à partir de 1602, les autorités communales tentent d’instaurer un système d’éclairage en fixant une lanterne toutes les huit maisons.  C’était peine perdue.  Les truands n’avaient qu’à tendre le bras pour « moucher » la chandelle.

 

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Par la suite, on imagine le système à crochet lié à un câble actionné par une poulie. La lanterne placée à hauteur du 1er étage de la maison, un préposé communal était désigné pour allumer celle-ci. Criant sous la fenêtre et actionnant une cloche « Abaissez la lanterne !).  Les habitants se précipitaient pour la faire descendre à sa hauteur et l’homme l’allumait à l’aide d’une chandelle.  Fallait-il encore qu’il n’y a pas trop de vent…

 

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En 1703, Bruxelles étant la capitale des Pays-Bas, la Cour décide d’installer 3.000 lanternes à l’huile.  C’est le citoyen qui paie ce nouveau service.  10 sols par 100 florins de loyer.  Après analyse, il s’avère que ce service n’est pas rentable et que la ville est en déficit de 83.000 florins.  Il faut dire que cet éclairage ne fonctionne pas toujours très bien et certains préposés communaux revendent l’huile destinée aux lanternes pour leur propre compte.  La population s’énerve au sujet de cette taxe qui n’est pas imposée aux nantis pour des raisons très troubles.  Ce n’est qu’en 1756 qu’on arrivera à mettre de l’ordre dans ce service public.

 

En 1722 apparaissent les premières lanternes à réverbère fonctionnant toujours à l’huile.  En 1810, Bruxelles en compte à peine 900.  Comparer à Paris qui en possède 11.000 … c’est peu.  Ce service emploie 53 allumeurs.

 

Les soirs de pleine lune, par souci d’économie, la ville décide de ne pas allumer ces réverbères.  Malgré tout, le détournement d’huile continue de plus belle.

 

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Mais …les « féeries lumineuses » qui, plus près de nous, réjouirent également nos aïeux et qui, à leur origine, durent les transporter de joie, ce furent les bonnes vieilles guirlandes de lanternes vénitiennes et de ‘vetpotteke’ multicolores qui, naguère encore, agrémentaient nos quartiers populaires les soirs de kermesse.

 

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Vendeurs de lampions et confettis à la fête forraine

 

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Le gaz hydrogène extrait du charbon (gaz de houille) est inventé par un Belge, Minkeleers , professeur à l’Université de Louvain(1795).  Une compagnie est créée pour son exploitation et le 24 août 1819, la première usine à gaz du continent est inaugurée. 

 

C’est l’échevin des Travaux publics et des Régies qui a inauguré rue Saint-Roch, une plaque commémorant l’érection, en 1819 à cet endroit, de la première usine à gaz du continent (les Anglais nous avaient devancés). 

 

Place de la Monnaie on installe une colonne de gaz enflammé surmonté d’un « W » monumental !  Cette nouvelle attraction fait l’émerveillement des badauds.

 

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Petit à petit, l’éclairage s’installe en façades des commerces et des auberges.  De ce fait, les rues s’animent et la criminalité nocturne diminue.  On fini par adapter les lampes à l’huile  au gaz.

 

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Rey Frères fondeurs constructeurs 1917

 

En 1840 raconte Louis Verniers, à l’occasion du Xème anniversaire de notre indépendance, le Vieux Bruxellois se couchait à neuf heures pour se levers avec le soleil : le nouveau Bruxellois se remue, vit et s’amuse encore à minuit : il a trouvé le gaz si brillant qu’il le préfère au soleil même… »

 

C’est sans doute alors qu’est née l’exclamation « Volle gaz ! »

 

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En 1867, Bruxelles est même mieux éclairée que Paris !... Lorsque cette dernière décide d’introduire l’électricité en 1888, Bruxelles reste « frileuse » malgré les essais sur la Grand’Place en 1885 et préfère continuer à installer de plus en plus de réverbères à gaz…. Colonne de fonte dites « parisiennes » puisque Paris n’en veut plus !

 

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Notre retard provient de ce que nos édiles furent tout d’abord séduits par une invention allemande : le manchon Auer qui, emprisonnant dans ses mailles une flamme de gaz ordinaire, décuplait son pouvoir éclairant.  Son succès fut fulgurant !  Il marqua la mort des dernières lampes à pétrole dites « lampes belges »…

 

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L’ingénieur allemand Auer retarda donc jusqu’en 1904 l’installation de la lumière dans notre capitale.

Ce fut le Parc de Bruxelles qui bénéficia des premières lampes à arc. 

 

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A Boitsfort en 1902, il y avait une centrale électrique… Les premières années, les promoteurs de l’éclairage public électrique étaient confrontés avec le problème de la distance séparant l’endroit de production et celui de l’utilisation.  Dans de nombreuses communes de l’agglomération on vit donc se construire des « usines d’électricité ».

 

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A Forest 

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Koekelberg

 

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Illuminations pour le 75ème anniversaire de la Belgique

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Notons pourtant qu’avant l’installation à titre permanent de l’éclairage public électrique aux boulevards intérieurs, des illuminations, également électriques, avaient déjà suscité l’admiration des Bruxellois…

 

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c’était en 1905 à l’occasion du 75ème anniversaire de notre indépendance. Des ampoules bordaient les portes, les fenêtres et les toitures de plusieurs monuments, des lampes ornaient des portiques et des mâts placés aux extrémités des allées du Parc et des voûtes lumineuses s’étendaient sur nos places publiques et sur nos boulevards.  On peut conclure que 1905 fut à l’avant-garde de nos féeries actuelles…

 

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Le samedi 21 juin 1907, les boulevards du centre sont les premiers à bénéficier des bienfaits de la fée électricité.

On peut dire que ce furent des « féeries » solennelles qui par l’effervescence qu’elles suscitèrent, dépassèrent toutes les précédentes ! …

 

La ville, en effet, fait installer des mâts d’éclairage mixtes distribuant simultanément un éclairage à l’électricité (au centre) et au gaz (sur les côtés).  288 becs de gaz au lieu de 150 et installation supplémentaire de 144 lampes à arc, cela échelonné tout le long des deux kilomètre du boulevard allant du Midi jusqu’au Nord.

 

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Ces candélabres, peu esthétiques, furent aussi très critiqués par les artistes de l’époque.

Esther Deltenre triomphait dans la parodie de « la Bohème » que Garnir avait intercalée dans une de ses revues à la Scala et dont elle était la principale interprète.  Le rôle de Mimi lui était dévolu.  Con connaît l’opéra : couchée dans son lit d’agonisante, Mimi, dont les mains se glacent, demande un manchon.  A la Monnaie, on lui apporte un manchon de fourrure.  A la Scala c’était un manchon Auer qu’on lui apportait ! …

 

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Une grande réunion des autorités fut organisée dès 20h à l’hôtel Métropole.  Après les discours, raconte la Dernière Heure, les invités ont tenté de traverser la place de Brouckère pour gagner le terre-plein entourant le monument Anspach, d’où M. De Mot échevin de l’époque devait, d’un doigt magique, lancer le courant électrique vers les lampes à arc.  La foule était immense : une cohue invraisemblable s’écrasait sur la chaussée… bien entendu…la circulation des voitures fut interdite ce jour-là.

« Fiat lux ! » s’écria M. De Mot et l’électricité étincela dans les lampes, à perte de vue… On entendit alors retentir les cris de la foule émerveillée.

 

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Tous les journaux de la presse nationale constatèrent la réussite de l’entreprise et le succès prodigieux de la fête. 

 

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Les musiques de la garnison et la garde civique étaient là… Ils étaient escortés des porteurs de lampes à acétylène qui avaient eu tant de succès lors des fêtes de 1905.  

 

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La seule critique faite par le journal Le Soir fut de constater que les moindres recoins de villages étaient depuis un certains temps déjà éclairés à l’électricité et que Watermael-Boitsfort possédait depuis un bon bout de temps une usine…. Qu’il était déplorable que Bruxelles ait attendu si longtemps mais reconnu que la longue attente fut compensée par un franc succès.

 

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Publicité CUBEX 1937

 

Il faudra attendre 1910 pour que Bruxelles passe au fil des jours à l’électricité…. Avenue de Tervueren, un grand candélabre mixte est installé… il marquera le passage d’une époque, celle du gaz, à une autre, celle de l’électricité.  Ce réverbère mixte était construit par la fonderie anderlechtoise Rey frères.

 

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En 1948, on vit disparaître un à un  les derniers «Bec de Gaz » et avec eux, les derniers allumeurs de réverbères, silhouettes surmontées d’une perche enflammée, qui marchaient le long des rues dès le coucher du soleil…

 

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En France ....

En 1959, il n’existait plus que 10 lanternes à gaz en service sur le territoire de la ville.  Le tout dernier allumeur fut pensionné en 1965, il s’appelait André Reynaert dit « de kop »…. Il habitait les Marolles.  Il était entré dans le métier en 1928 en observant un arrêt durant la guerre.  Sur sa carte d’identité il était mis « gazier » comme profession et à la Ville qui l’employait, son képi portait le n°284. 

 

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La perche de l’allumeur de réverbères était munie à son extrémité d’un dispositif au carbure permettant de maintenir en vie la flamme qui allait tout au long du parcours, allumer l’un après l’autre, les réverbères de la tournée. 

Le matin venu, le « lanteireman » reprenait sa perche pour aller les éteindre.  On prétend qu’il y avait alors tant de bistrots sur son passage qu’il ne rentrait bien souvent que juste à temps pour repartir les allumer !

 

 

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Personnel du Gaz à Anderlecht

Les petites charrettes à bras du service du gaz étaient parfois tractées par les tramways dans les montées

 

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Expo 1935

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Expo 1935

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Rue Rempart aux Moines 


20/01/2013

Bruxelles sous la neige

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29 décembre 1893, récolte de glace au Bois de la Cambre.

Sacrée aubaine pour les marchands de glace que cet hiver rigoureux : la glace atteint cette année de 20 à 21 cm d’épaisseur !  C’est un objet de curiosité que la façon dont s’effectue la récolte de glace.  Nombre de promeneurs, malgré le froid intense, viennent sur les bords des étangs du bois voir comment on la pratique.  Montés sur des bateaux, les ouvriers brisent la couche gelée à l’aide de longues piques.  Près de la rive, des chariots reçoivent les glaçons qui sont emmagasinés jusqu’à l’été pour fournir les nombreuses glacières de la capitale.  Après un hiver comme celui que nous subissons actuellement, les Bruxellois ne risquent pas de manquer de glace l’été prochain : il est le plus rude que nous ayons connu depuis dix ans.

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Le 24 janvier 1886, il a neigé sur Bruxelles toute la journée.  Très rapidement, la ville s’est recouverte d’un épais manteau blanc, qui a perturbé le trafic dans le centre, spécialement celui des omnibus à traction chevaline.  Dans la soirée, la Grand’Place revêtait une allure fantasmagorique.  Aspect encore accentué par les deux grands mâts électrique récemment installés en son centre et dont la lumière crue allume de bizarres reflets sur le sol enneigé.  Cette débauche de lumière que certains ont critiquée est aujourd’hui la bienvenue : elle permet aux balayeurs de déblayer la place, tandis que les habitants du quartier peuvent dorénavant y circuler une fois la nuit tombée.  Sans courir le danger de se voir détroussés par un quelconque malandrin qui profitait de ce coupe-gorge obscur pour perpétrer impunément son forfait.

 

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Bois de la Cambre

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Au Parc de Bruxelles

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En 1886

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Au Parc de Saint-Gilles en 1922

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Le Marchand de marrons chauds.

Les premières froidures de cet hiver 1886 on vu réapparaître dans les rues de la capitale les représentants d’un petit métier ambulant qui forment le décor immuable de notre cité dès que les températures chutent : Les marchands de marrons chauds.  Leur cri, bien connu des habitués, retentit dans les artères du centre et sur les places publiques où ils s’installent pour s’abriter du vent, leur appel traditionnel : « Chauds, chauds les marrons chauds » !  Leur clientèle, composée d’habitués et de passants attirés par le fumet des châtaignes rôtissant sur un feu de charbon de bois ou de coke, comporte nombre d’enfants qui apprécient cette friandise.  Un cornet contenant une douzaine de marrons coûte 5 centimes… Au Prix d’un travail pour le moins ingrat.  Passer son existence à l’extérieur, peu importe le temps, n’a rien d’agréable !

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21 décembre 1922.  Depuis quelques jours, la neige tombe sur Bruxelles, transformant notre capitale en la recouvrant de son blanc manteau.  Qui donc reconnaît encore, sur cette photo, ce carrefour parmi les plus animés de la ville qu’es la Porte de Namur ?  Le mauvais temps en a fait un endroit presque désert où trône, impassible, la Fontaine de Brouckère…

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En ce mois de janvier 2013, nous sommes victimes d'une offensive hivernale.... Pensons aux SDF et aux victimes de la crise

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Malgré les services d'aides qui existent depuis bien des années, agissons ensemble aujourd'hui, ...ne soyez pas indifférents !

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Il y a de plus en plus de personnes seules...Consacrez un peu de votre temps....

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SI VOUS VOYEZ UN SDF EN DETRESSE ou 1 PERSONNE EN DIFFICULTE, MERCI DE BIEN VOULOIR CONTACTER LES SERVICES SUIVANTS :

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En espérant quand-même que cela ne vous mine pas non plus le moral, voici une attraction d'époque pas si lointaine que ça  à WOLUWE ST LAMBERT .... le ski artificiel....

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16/09/2011

Bruxelles nocturne dans les années 50 d’après Camille Biver.

Bruxelles nocturne dans les années 50 d’après Camille Biver.

 

 

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Après neuf heures du soir, Bruxelles, qui vient de bien dîner, boit une tasse de café brûlant, éteint ici et là les lumières de quelques boutiques et lance à travers places et boulevards les premières mesures d’une chanson trépidante où chaque couplet parle d’une distraction nouvelle, mais où le refrain, toujours, se termine par le mot : « encore » !

 

Vers neuf heures du soir.

 

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Mais bien sûr qu’il est encore temps de nous rendre au music-hall.  Le spectacle vient à peine de commencer.  Ne quittons pas le centre ville.  Voici, à deux pas de la Bourse, rue des Pierres, l’Ancienne Belgique, le music-hall que certains ont appelé « le jardin d’enfants pour grandes personnes ».  Entrons !

Malgré les deux mille places, le cadre parvient à être intime.  Les murs racontent les beautés des grandes villes de Belgique : clocher, beffrois, pont jetés sur des fleuves, grand’places aux maisons à pignons.  Le public est du type familial et extrêmement divers pourtant : depuis le genre bon-enfant qui glousse de joie devant le chanteur à voix, jusqu’aux bandes de jeunes gars qui viennent applaudir la dernière coqueluche des cabarets parisiens.  Un grand orchestre est chargé de créer l’ambiance et le défilé commence : jongleurs et mangeurs de feu, danseurs et danseuses, hommes-serpents et acrobates, dresseurs de chiens et charmeuses d’oiseaux, cascadeurs et clowns, funambules et trapézistes.  Mais rassurez-vous : les exercices périlleux des artistes ne coûteront plus, ici, de vies humaines.  En 1955, une acrobate s’écrasa, depuis les cintres, sur le plateau, devant les yeux épouvanté du directeur, Georges Mathonet.  Depuis ce jour-là, le filet a été rendu obligatoire.

Sur les planches de l’Ancienne Belgique, les meilleures attractions internationales ont déroulé leurs guirlandes multicolores.   Mais la place faite à la chanson d’aujourd’hui est large et si l’on peut encore, à l’occasion, y entendre Tino Rossi, Marie Dubas et Joséphine Baker, le public accueille très chaleureusement les vedettes du jour : Georges Brassens, Gilbert Bécaud, Catherine Sauvage, Varelo et Bailly, Moulodji, Lise Rollan, Eddie Constantine, tout comme les vedettes de demain que la direction a très souvent le beau courage de découvrir pour le grand public belge.  L’Ancienne Belgique est connue dans le monde entier.  Pourtant l’atmosphère qui y règne est spécifiquement belge et les réactions de son public ne sont pas toujours celles des Parisiens.  On a vu des attractions « faire un triomphe » à l’Olympia et « faire un bide » trois semaines plus tard à l’Ancienne Belgique.

 

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Si vous n’avez aucun goût pour les vedettes du trapèze ou pour les vedettes de la chanson, vous pouvez passer quelques heures agréables au Vieux-Bruxelles, où les artistes n’ont pas une grande réputation, mais où le tarif des consommations pousse le client à ne pas laisser son verre vide !

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L’Alhambra, dont on annonce la fermeture définitive chaque saison, trouve toujours de nouveaux bailleurs de fonds pour remettre le bateau à flot.  Spécialisée dans l’opérette à grand spectacles, cette maison produit aussi des spectacles de music-hall.  

 

Les Façades dorées de la Grand’Place.

 

 

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En passant dans la rue de la Bourse, vous lirez, devant un bistrot, une enseigne : « Simone Max chez elle ».  Si l’esprit de « zwanze » un peu gros ne vous fait pas peur, entrez donc.  Vous  vous installerez devant une bonne gueuze et si « la patronne » Simone Max est dans ses bons jours, vous risquez de vivre une heure de rire du type breughelien.

Vous n’aimez pas les plaisanteries un peu salées et l’esprit des chansonniers de 1930 ?  Tant pis pour vous !  Peut-être goûterez-vous mieux le spectacle de cabaret du « Poulailler », qui se trouve tout près de là, rue Orts.  Le décor en est très montmartroise et celui qui créa la mentalité de la maison, le regretté Christian, avait presque du génie.  Ses successeurs font de leur mieux pour satisfaire ceux qui viennent chercher là un reflet des couplets de la Butte. Ils n’ont pas toujours la classe de Christian et c’est dommage.  Mais n’est-ce pas la faute d’un certain public, qui exige d’eux trop de facilité et n’exige pas assez qu’ils se renouvellent ?  Il faut cependant reconnaître les grands mérites et le beau courage d’un Marcel Antoine, d’un Robert Carllier, d’un Jacques Lippe, d’un Bob Boudard ou d’un Raymond Errera.

 

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Rue J. Van Praet en 1959

De l’autre côté de la Bourse, nous trouvons de très populaires mais sympathiques brasseries qui s’appellent l’Espana, le Galopin ou le Brasseur.  Un peu plus loin, une autre porte le joli nom de Brasserie Sainte-Catherine.  Là le spectacle est autant dans la salle que sur le minuscule plateau.  Le brave orchestre fait du bruit pendant que la diseuse à voix détaille ses refrains.  La bière coule à flots, car il n’y a généralement pas « d’augmentation pendant le concert ». 

 

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Le bon populo crie, s’émeut, sourit, rit à gorge déployée.  Le garçon lâche sa serviette pour monter sur les planches et lancer par-dessus les têtes ce qu’il prend pour une voix de ténor italien.  Mais on s’amuse et l’on est heureux parfois de retrouver dans de tels endroits la cordialité de ces cafés chantants qui ont disparue pour faire place à nos tristes cinémas.

 

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Sur la Grand’Place, les autos tournent et tournent dans l’espoir de trouver un endroit où se garer.  Les agents ont beau être de braves gens, ils n’acceptent pas que l’on transforme toute la surface de la place en un affreux garage.  Et ils ont raison.

 

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D’autres vous auront dit le charme de ces façades que lèchent maintenant les pinceaux jaunes des projecteurs.  Non : n’allez pas croire qu’un incendie s’est déclaré au Roi d’Espagne ! Les bûches de l’immense feu ouvert viennent de s’écrouler en gerbes folles d’étincelles, voilà tout. 

 

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L’ambiance est sympathique ; accorte, la serveuse ; amusant, le cheval empaillé ; pittoresques, les marionnettes ; bon au toucher, le bois nu de la table ; exquis, le fumet de bois brûlé qui s’échappe des flammes : résine et parfum d’aiguilles de pin, brouillard de la Semois et vent de Campine.

 

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Etudiants et artistes.

 

Le Bierkelder est tout ce qui subsiste des caves à étudiant plus ou moins existentialistes d’il y a quelques années. 

 

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On y trouve encore des garçons de 17 ans très fiers de leur barbe et des jeunes filles de gonne famille qui croient qu’elles se sont encanaillées parce qu’elles ont abandonné la jupe pour le blue-jeans et la sucette pour la cigarette.  Comme partout à travers le monde, nos adolescents, qui se croient très vaguement misanthropes, ne sortent que par bandes de cinq ou six.  Et c’est à qui fera le plus de chahut.  Mais peut-être êtes-vous de ceux ou de celles qui aiment à retrouver l’ambiance des boîtes à étudiants ?

 

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 Ne croyez pas ceux qui prétendent toujours que « c’était mieux de leur temps ».  Le Nez Qui Prend ou la Jambe de Bois sont aussi lugubres et sots aujourd’hui qu’il y a 20 ans !  Ils sont tout simplement un peu moins sales, ce qui leur a enlevé de leur pittoresque.  Mais on y retrouvera éternellement, et en cela non plus rien n’a changé, plus de bourgeois que d’étudiants, ces derniers étant surtout avides d’étonner les premiers en leur chantant des chansons estudiantines que les bourgeois, hélas, connaissent souvent mieux qu’eux !

Peut-être aussi êtes-vous de ceux qui aiment à voir de près les artistes ?  Que je vous donne vite en passant quelques adresses.  Il y a tout d’abord Cabotinville, autrement dit « Chez Stans ».  Vous y retrouverez chaque soir un bon nombre de nos vedettes et un plus grand nombre de nos jeunes comédiens et comédiennes.  Sachez que les artistes du Théâtre de Poche se retrouvent après le travail ou les répétitions « à la troisième brasserie à droite dans la chaussée de Wavre ».  Quant aux musiciens, ils ont aussi, bien entendu, leurs lieux de réunion préférés parmi lesquels il faut citer le Carlton Club, rue des Hirondelles, le Café Stella, rue de la Coline, le Cosmopolite, Place Rogier, et le Mylord, rue des Augustins.

Vers les minuits, on trouve aussi au Roi d’Espagne, dont j’ai parlé déjà, pas mal d’artistes qui aiment à venir bavarder devant son feu de bois.  Comme le premier étage de la Rose Blanche ou de la Bécasse, pittoresques cafés de la Grand’Place, sont des locaux de répétitions, pour la très simple raison qu’on y trouve un piano plus ou moins bien accordé, il arrive souvent que des musiciens, des chanteuses, des chanteurs ou des danseuses s’y fixent rendez-vous.  Rue de Laeken on apercevra d’autres lieux de répétitions : la Cour de Tilmont et la Cour d’Angleterre.  C’est dans la rue Tête d’Or que se trouve l’amusant décor du Mayeur, et rue Marché aux Poulets que se réunissent les enfants de la balle, à l’Elberg Bourse.

 

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Autour de la Grand’Place.

 

 

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Si vous aimez ce que les vieux coins des grandes villes nous livrent de sordide et de chaleureux, de hideusement attractif et de follement piquant, si vous aimez les portes du XVIIème et les façades du XVIIIème, si vous aimez le pavé inégal des ruelles et le sourire gâté des portiers au teint verdâtre, vous aurez le coup de foudre pour tout ce quartier qui entoure la Grand’Place et qui a conservé le nom cocasse de ses rues : Rue des Bouchers, rue de la Violette, rue des Dominicains, Petite rue des Bouchers, rue du Marché aux Peaux, et l’extraordinaire rue d’Une Personne, sans oublier la rue de la Fourche, la rue de la Colline et la rue des Harengs. 

Rue des Harengs, vous pouvez, si vous le désirez, vous plonger dans l’ambiance slave, au Paprika.  Un minuscule orchestre a son répondant du côté de la porte de Namur, et pour ce dernier, la direction ne s’est pas cassé la tête pour lui trouver une enseigne, puisqu’il s’appelle très simplement : Le Slave.

 

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On regrettera que la pioche des démolisseurs ait mis à bas tant d’endroits pittoresques où se réfugiaient les noctambules.  Mais on espère que la rue d’Une Personne ne disparaîtra pas trop rapidement, ni son bar extraordinaire qui avait tout l’air d’un mauvais lieu mais qui, en réalité, était surtout un refuge pour aviateurs à la recherche d’un peu de détente.  J’en dirai autant de chez Papy, le minuscule local du Marché aux Peaux, dont le grand patron est si sympathique aux jeunes.  Il ne se  pas de soirée sans que l’un ou l’autre guitariste ne vienne essayer là ses chansons.  Et quelques mois ou quelques années plus tard, on est tout surpris de réentendre ces mêmes chansons dans de riches enregistrements de riches maisons de disques.

 

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L’établissement le plus célèbre du coin est certainement la Rose Noire, qui se situe Petite rue des Bouchers.  Si la rue n’est pas recommandable et même assez « particulière », la Rose Noire est surtout un rendez-vous d’enragé de la batterie et des dernières convulsions du jazz d’aujourd’hui.  C’est Louis Laydu, frère du comédien Claude Laydu, qui dirige ce local et a réussi à lui donner un genre très original.  Au rez-de-chaussée, une demi-douzaine de musiciens s’agite sur le plateau.  On danse peu.  On se trémousse beaucoup sur son tabouret en prenant des aires de mâcheurs de drogues.  On boit peu.  On crie beaucoup et l’on fume plus encore.

 

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Quand on en a assez d’écouter les furieux assauts de la batterie, on monte au premier étage, qui est un « cercle privé ».  On y retrouve la même musique qu’au rez-de-chaussée, mais enregistrée, un barman à la page, des poupées bien coiffées et très sages, des gars mieux coiffés encore et qui affectent de parler l’anglais… avec un terrible accent local.  Cela vaut la peine de se payer un whisky pour les admirer de plus près.  Cela vaut la peine aussi de payer une bière (il ne boit pas de whisky) à Louis Laydu pour qu’il vous parle à la fois de la vie nocturne de Bruxelles et de ses accidents de voiture.  On sort de la Rose Noire payé de sa peine.

Au début de la rue Tête d’Or, au premier étage d’un restaurant, s’ouvre la porte de la Tour de Babel qui a failli devenir, sous la talentueuse direction de Jo Deckmine, notre cabaret de la Rive Gauche.  Il a malheureusement abandonné la partie après quelques mois et ses successeurs n’ont plus réussi à attirer la même clientèle que lui.  Ce public passionné d’avant-gardisme a pu y entendre Léo Ferré, Catherine Sauvage, Stéphane Golmann, Jean-Claude Darnal, Jacques Verrière, Cora Vaucaire, etc.

Ces mêmes personnes prennent certainement plus de plaisir à fréquenter le Coup de Lune, qui ouvre sa porte le samedi soir, où l’on ne boit pas, où l’on ne fume pas, où l’on s’écrase, où l’on est jeté tout nu dans un bain étonnant de véritable poésie, et d’où l’on sort tout ruisselant de ces mots magiques qui font du bien à l’âme parce qu’ils l’ont comme purifiée.   Jacques Brel y a fait ses débuts en compagnie de Georgette Noguet et de celui qui signe ces lignes.  On y a surpris les premières notes de guitare de Georges Renoy, d’Edmond Carpentier, de Jean-Claude Colin ou de Robert Sabatier, de Kim Stéphane ou d’Edouard Michel ; on a pu y goûter le charme de Wilhemine et l’esprit de Stéphane Steeman.  Le Coup de Lune est admirablement situé, à l’ombre de l’église de la Chapelle, à deux pas du Théâtre de Toone. 

 

 

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Du Bœuf au Zodiaque.

 

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S’il vous arrive de trainer à deux heures du matin d’un bar à l’autre, à New-York, à la Havane, à Londres ou à Santiago, et de rencontrer un gars qui connait notre capitale, si vous le questionnez sur la vie de Bruxelles-la-nuit, il vous parlera du Bœuf sur le Toit.

Chacun de nous sait que c’est Jean Cocteau, inspiré par Paul Claudel qui, vers les 1920, trouva ce nom pour le moins curieux et typiquement surréaliste et en accrocha l’enseigne devant un cabaret des Champs Elysées.  Bruxelles ne voulut pas être en reste.  Et notre Bœuf sur le Toit à nous vint au monde, baptisé au champagne, comme il se devait.  Les marraines étaient choisies parmi les vingt plus jolies filles d’Europe.  Du moins, certains dépliants publicitaires le prétendaient.

 

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Il faut avouer que le décor du Bœuf est rococo.  Il faut avouer aussi qu’il est savamment agencé : lumières roses faites pour avantager les visages fatigués des clients, petites tables qui deviennent de grandes tables s’il vous prend la fantaisie de souper, bar profond que douze personnes déjà paraissent occuper entièrement, mais qui peut en recevoir une centaine (quand on se serre un peu beaucoup, les samedis soirs).

Le programme ? Jean Omer vous dira que c’est le plus riche d’Europe.  Mettons qu’il exagère un peu.  Il existe tout de même le Lido quelque part dans Paris.  Et des comparaisons seraient écrasantes.  Un très bon orchestre ?  Bien sûr.  De très jolies filles ?  Bien sûr.  Des robes fluorescentes ? Bien sûr.  Des déshabillés qui ne le sont pas moins ?  Bien sûr.  Une piste de verre ?  Rebiensûr Une débauche de plumes, de soies et de bouches peintes ? Rebiensûr.

Mais vous aurez beau tendre l’oreille, vous n’entendrez pas un refrain bien écrit : non !  Vous n’entendrez pas trois mots qui vous feront sourire : non !  Vous ne verrez pas un chanteur mettre un tout petit peu de cœur dans ce qu’il chante : non !

C’est pourquoi, sans doute, ce lieu de plaisir international m’a paru triste.  Peut-être aussi parce que l’on a vaguement l’impression que le Bœuf méprise son public-de-gens-blasés-qui-ont-de-la-galette.  Et ce public-là exige, lui aussi, qu’on le respecte, même quand on imagine qu’il ne comprend pas le français.

 

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Mais soyons juste : on n’a pas vu Bruxelles-la-nuit si l’on n’a pas vu le Bœuf sur le Toit aux petites heures, au moment où le troisième show de la soirée vient de se terminer.

Le Nouveau Gaity appartient aussi à Jean Omer.  C’est dire que les shows que l’on y présente sont de la même classe, qui est certaine, mais aussi du même genre. 

 

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 Comme au Bœuf, pas mal de personnes s’y rendent surtout pour danser aux sons d’un orchestre choix, capable d’exceller dans tous les genres et de se renouveler prodigieusement au long des heures.  Les costumes sont ravissants, les ballets d’un modernisme de bon goût et l’on a mis à la disposition du machiniste des coulisses extrêmement bien agencées.

Si le Bœuf sur le Toit a des concurrents ? 

 

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Evidemment ! Le Moulin Rouge fait tourner ses ailes de néon sur la Place de Brouckère.  Ici aussi c’est le règne de la revue, mais d’une revue où l’on tente de glisser un mot drôle et un refrain à la mode.  Les costumes sont soignés, l’orchestre aimable et plein d’un bel entrain, le revuiste a des idées originales.  On me permettra pourtant de regretter que le clou d’un spectacle soit un strip-tease d’un goût douteux.

 

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Rue du Pont Neuf, alors que pour se rendre au Parisiana il faut descendre au sous-sol, il faut monter au premier étage pour accéder au Florida où nous retrouverons les lampadaires roses et rouges classiques, une brochette de demoiselles entourant le bar et disparaissant dans les coulisses juste avant le show. 

 

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Détail piquant : le violoniste de l’orchestre est au service du même patron depuis dix ans.  Bravo pour le patron et pour les violonistes !

Si les heures où passent les shows au Florida vous intéressent, les voici : 23h 15, 24h15 et 2h15.  Peut-être, s’il est plus tard encore, vous annoncera-t-on un quatrième show.  Mais vous n’y aurez droit, vers les quatre heures du matin, que si vous êtes un buveur de champagne puissamment assoiffé.

Au Parisiana, l’ambiance est créée par le raconteur d’histoires Edouard Caillaux. 

 

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On ne l’écoute pas toujours, mais c’est le moindre de ses soucis : il y a toujours dans l’un ou l’autre coin un client qui « se marrera à la chute » et cela lui suffit.  Edouard Caillaux est un sage.  Il n’a pas l’air de présenter très sérieusement le programme du Parisiana.  Et c’est la bonne façon de le faire. 

A deux pas de moi, un client fait l’impossible pour avoir l’air d’un riche Américain : il porte une horrible cravate rose et violet sur une chemise bleue aux larges raies beignes.  Il y réussit presque en dodelinant de la tête au moment où la batterie se démène pour accompagner un superbe numéro de dans acrobatique.

 

Du caprice d’Eve au Whisky à Gogo.

 

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Travaux des tunnels Louise en 1957

 

Vous n’êtes pas encore saturés de lumières tamisées, de bars à champagne, de jeunes femmes « du tonnerre » et de jazz ?  Rendez-vous donc au Zodiaque, qui se trouve rue d’Alsace-Lorraine et dont la directrice est la plus charmantes des hôtesses.  Elle a réussi à faire du Zodiaque l’un des plus chics et certainement l’un des cabarets de nuit les plus sympathiques de la capitale.  Les attractions qu’elle engage ont toujours beaucoup d’allure.  Les orchestres qui s’y produisent sont endiablés.  Les clients sont satisfaits.  Aussi notre directrice a-t-elle ouvert un nouvel établissement : Le Caprice d’Eve, où le luxe et le charme sont inimitables.  Tout a été mis en œuvre pour faire de ce lieu de plaisir un modèle du genre : les grands noms de l’architecture et de la décoration ont été mis à contribution.  Et le spectacle vaut le décor.

L’un des mes amis prétend que la seule chose qui l’amuse lorsque la fantaisie lui prend de faire le tour de nos grandes boîtes de nuit, depuis le Bœuf jusqu’au caprice d’Eve en passant par le Parisaina et le Moulin Rouge, c’est le contraste curieux de la piste, vue à deux moments successifs : pendant les numéros et pendant le dancing.  Quand on a encore les yeux remplis des mouvements gracieux d’un mannequin, il est amusant de voir évoluer une abondante matrone au bras de son cavalier quinquagénaire, et qui essaient de prouver que six verres de whisky ne risquent pas de leur faire perdre l’équilibre quand ils veulent danser le cha-cha-cha. 

A propos de whisky, nous ne pouvons pas songer à aller nous coucher sans avoir été prendre ensemble un dernier drink au Whisky à Gogo.  Où se trouve le Whisky à Gogo ?  Porte Louise, dans la Galerie Louise.  Ce que l’on y fait ?  Rien !  On y boit.  Mais en bonne compagnie.  Et sec !  Car chacun possède son propre casier où il enferme sa propre bouteille de whisky.

 

Choux rouges, lilas et salsifis.

 

 

 

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Fatigués, après toute cette nuit de prétendue débauche ?  Mais oui.  Un peu d’air vous ferait du bien avant de rejoindre votre hôtel ou votre home.

Pourquoi ne feriez-vous pas un tour du côté du marché matinal ? 

- Si vous tenez à votre carrosserie, Monsieur, allez garer ailleurs.  Garons donc la voiture sur le Boulevard qui est tout proche.  Brrr !  Qu’il fait froid, qu’il fait noir au sortir de cette auto.  L’aube tarde à se lever.  Comme elle est étrange, cette ville sans passants, sans trams, sans néon, sans vitrines illuminées.

 

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Rue au Beurre, vous pénétrez avec difficulté dans une masse grouillante d’hommes et de choux, de charrettes et de carottes, de femmes et de salades, de conciliabules et de coups de klaxons, de hurlements et d’amoncellements de verdure.

On se perd dans les Halles de Paris et le touriste y est beaucoup plus attiré par la soupe aux oignons des restaurants spécialisé dans les menus ultra-tardifs que par le spectacle de l’oseille et du persil offerts par centaines de kilos.  Ici, rien de pareil.  Pas de restaurants pour vous !  S’il vous advient d’avoir faim pendant vos expéditions nocturnes, je vous conseille de vous rendre à l’Auberge de l’Ange Gardien, en face du Bœuf que nous connaissons déjà.  C’est à l’Auberge de l’Ange Gardien que je me suis amusé souvent à questionner les gens, alors que l’aube allait se lever.  Le spaghetti y est appétissant, le goulasch servi de main de maître et le couscous du chef ferait se pâmer d’admiration les fatmas des casbahs.

 

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Marché Saint Catherine en 1957

 

Douze roses rouges.

 

 

 

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Voulez-vous garder de ce voyage au pays de l’ombre trouée de vives lumières un dernier souvenir agréable ?  Suivez-moi donc au marché aux fleurs qui est ouvert depuis quatre heures du matin.  Sur la Place de Brouckère, les ailes du Moulin Rouge tournent toujours.  A deux pas, se dressent les échoppes des producteurs de fleurs.

-          Une douzaine de belles roses ?  vous demandera la marchande.  Laissez-vous tenter.  Vous paieriez votre douzaine de roses trois fois plus cher chez la fleuriste !!!

Et si votre épouse, votre mère, vous reprochent de rentrer vraiment trop tard, vous pourrez leur répondre que si le charme de Bruxelles-la –nuit vous a retenu, vous avez surtout voulu attendre que l’aube vienne, afin de pouvoir leur offrir en rentrant ces douze roses fraîches écloses en témoignage d’affection de tendres remords. 

 

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Place Rogier en 1959

 

 

 

 

 

29/06/2011

Le lopin de terre Belgique n'a pas fini d'exister

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Il existe des pays parfaits qui semblent avoir existés depuis toujours.

 

Entre Flandre et Wallonie, une capitale, … Bruxelles, qui parle français et flamand, et un curieux mélange des deux.  Mélange… ce mot qui définit la Belgique.

 

Chez les belges, chacun a son humeur, son humour, son dialecte que le voisin ne pénètre pas.

 

Ce pays à cependant une histoire commune (qu’il lui arrive d’oublier), des mœurs et des réactions semblables (qu’il ne veut pas toujours voir).

 

Ma patrie se nome « Frontière »

 

Lorsqu’un belge voyage à l’étranger, on lui demande s’il parle le « belge ».  L’étonnement croît quand on répond que personne en Belgique  ne parle « belge » !  Ce pays compte autant de langues que de fleuves, de dialectes, que de ruisseaux, ce qui le rend pareil à tous les pays du monde.  Si parler « belge » n’existe pas, les dialectes foisonnent.

 

On ne peut cependant supprimer d’un trait de plume tant de siècles d’enracinement dans un parler qui a une couleur, et une force que n’ont peut-être pas de langues plus élaborées, plus répandues dans l’espace mais moins ancrée dans la profondeur.

 

D’ailleurs, quelques-uns des meilleurs dictionnaires des difficultés grammaticales sont le fait de Belges  comme Grevisse ou Hanse, quand on constate que l’écrivain français le plus lu, le plus commenté, le plus traduit dans la 1ère moitié du XXème siècle était le Flamand Maeterlinck, et que le plus célèbre de la seconde moitié est le Liégeois Simenon !

 

Les belges reposent au cimetière côte à côte … pourquoi les séparés dans la vie alors qu’ils seront toujours unis dans la mort…Combien de temps faudra-t-il pour mesurer l’absurdité de ces combats ?  Le lopin de terre Belgique n’a pas fini d’exister !

 

Extraits de textes de M. Karel Jonckheere et de Roger Bodart pour qui la communauté belge est née moins d’une alliance que d’un alliage.

 

 

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Et si l’hymne national ne résonne plus assez fort dans les oreilles des jeunes belges d’aujourd’hui, en voici une version actuelle remplie d’espoir pour cette union qui fait notre force.

Visionnez  le clip de la nouvelle chanson de ma nièce Lydia Da Rocha …et,.. Regardez bien,….elle y apparaît !   Clin d'œil

voici le lien : http://www.youtube.com/watch?v=6ciMXbNhy18


http://www.youtube.com/watch?v=6ciMXbNhy18

 

Souhaitons-lui beaucoup de succès !..... Je compte sur vous…..

D’avance merci pour elle et pour La Belgique UNIE….