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04/09/2014

Bruxelles au 17ème siècle ...

Les transformations de la ville au XVIIème siècle.

 

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Outre les églises, les couvents et les maisons des corporations, la capitale des Pays-Bas vit s’élever un grand nombre de maisons ouvrières, de maisons bourgeoises et quelques riches hôtels seigneuriaux. 

Bruxelles ne cessa de se peupler et toujours d’avantage, de telle manière que la voirie urbaine dut s’étendre dans toutes les directions.  Le nombre de rues et aussi d’impasses établies au cours du XVIIème siècle est, en effet, considérable.

A l’une d’entre elles était réservé un avenir commercial exceptionnellement brillant.  Il s’agit de la rue Neuve.  Créée en 1617, au travers des prairies de la rive droite utilisées comme blanchisserie, elle ne tarda pas à être bordée de demeures cossues.  De sorte que, dès 1646, elle devenait le siège d’une paroisse, dite du Finistère.  Elle n’était en ce temps qu’un lieu de résidence, silencieux et paisible, et que le charroi ne troublait guère. 

 

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Ce caractère résidentiel appartenait également à la rue Isabelle (tracée en 1625, en contrebas du Coudenberg), à la rue et à la place de Bavière (1) (établies au flanc du Reuzenberg, proche de l’ancienne Steenpoort), à la place du Sablon et à la rue aux Laines, auxquelles les familles de la haute noblesse continuaient à témoigner leur préférence.

C’est dans la ville basse, et plus spécialement sur la rive gauche de la rivière, que se développèrent les quartiers animés par les affaires ou par le grouillement des petites gens.  Les Bassins intérieurs, maintenant bordés de quais et de maisons de commerce, se complètent, en 1639, par le creusement du Bassin au Foin sur l’emplacement d’une prairie dépendant du Grand Béguinage et du Bassin de la Voirie, di Mestback (Bac au fumier).  La Porte du Rivage, à l’entrée du canal sur le territoire de la capitale, est réédifiée.  Dans l’axe du bassin Sainte Catherine, est établi, en 1650, le Marché aux Grains. 

 

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A la défense accessoire en arc de cercle aménagée au XIVème siècle se substitue une suite de rues dénommées rues des Six Jetons, Marché aux Porcs et Rempart des Moines. 

Une ordonnance de 1627 décrète le pavement de ces voies nouvelles et impose aux riverains l’obligation de paver, à leurs frais, une largeur de trois pieds devant leurs maisons (2).

 

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Au sud de l’ancien rempart ainsi transformé, se développe un quartier ouvrier, au milieu de l’humide Voldersbeemd (pré des Foulons).  Autour d’une place qui, longtemps portera le nom de Vieux Marché (place Anneessens actuelle), se dessine bientôt tout un réseau de ruelles étroites.

En même temps se complétait le réseau des voies latérales des rues de Flandre et de Laeken.

Ainsi donc, la croissance urbaine se marquait de plus en plus nettement sur cette rive gauche où la construction d’immeubles avait si longtemps été entravée par l’humidité du sol et les inondations. 

 

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L’aspect agreste d’autrefois n’avait cependant pas entièrement disparu.  Des prairies et des potagers subsistaient toujours à l’intérieur des limites de la seconde enceinte, dans les secteurs déterminés par les voies de circulation conduisant aux portes de la ville.  Des demeures patriciennes du Sablon et du Quartier aux Laines dépendaient de vastes jardins plantés d’arbres (3). 

 

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Quant au territoire des environs immédiats de la ville, son caractère essentiellement agricole restait intact.

Un plan de 1697, dressé par Georges de Backer, dédié « au très illustre et très vaillant seigneur Son Altesse le Prince de Vaudémont, Gouverneur général des armées de Sa Majesté aux Pays-Bas et commandant en chef des armées de Sa Majesté britanique », en témoigne éloquemment.  Ce plan indique notamment les retranchements que le prince fit établir sur les hauteurs de Saint-Gilles, dans les prairies de Cureghem-Anderlecht, sur les plateaux de Scheut, de Berchem Sainte-Agathe et de Koekelberg.  Leurs lignes courent à travers les champs et les pâtures.

 

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Au sud de la Ville, les bois couvraient une vaste zone s’étendant de l’abbaye de la Cambre à l’abbaye de Forest.

 

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Le succès du pèlerinage à Notre-Dame de Laeken fit de la rive orientale du canal de Willebroek une des promenades favorites des riches bourgeois et des nobles personnages.

 

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De part et d’autre bordée d’arbres, elle fut de ce fait dénommée Allée Verte. 

Des centaines de carrosses (4) y faisaient quotidiennement la navette au temps où la reine Marie de Médicis, fuyant la France, vint résider dans la capitale des Pays-Bas (5). 

 

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L'Allée Verte bien plus tard..... mais surprenante à découvrir ainsi aujourd'hui ! 

 

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En conclusion, Bruxelles méritait bien les appellations de « prinselijcke stad » (ville princière), et de «Petit Paris » qui lui étaient alors décernées.  Il le méritait par le nombre et la beauté de ses monuments civils et religieux, par ses parcs et jardins privés, par les bois magnifiques et les sites pittoresques dont il était entouré. 

(1)   Ainsi dénommées en l’honneur de l’Electeur de Bavière Maximilien-Emmanuel.  Depuis la fin de la grande guerre 1914-1918, elles sont appelées rue et place de Dinant.

(2)   Des Marez a fait remarquer l’intérêt de cette disposition à propos de l’origine des trottoirs et de l’histoire des règlements concernant la voirie urbaine.

(3 (1)   Le jardin du Palais d’Agmont en est le dernier vestige.

(4(2)   Au XVIIème siècle, l’emploi du carrosse se généralisa et devint une nécessité mondaine.  Il remplaça de plus en plus, bientôt complètement, la litière à brancards.  Cela entraîna pour les riches l’obligation de modifier le plan de leurs habitations.  Une remise devait dorénavant être prévue. 

(5(3)   Au XVIIème siècle, Bruxelles devint « l’auberge des princes en exil ».  Le prince de Condé s’y réfugia avec sa jeune épouse trop ardemment courtisée par le roi Henri IV (1609) ; Marie de Médicis, le duc de Vendôme et le duc de Bouillon, craignant la main de fer du cardinal de Richelieu, y arrivèrent en 1631 ; Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, en janvier 1632.  Plus tard ce fut au tour de don Emmanuel de Portugal, puis des fils de l’infortuné Charles 1er d’Angleterre, enfin du Grand Condé.

Les chefs du jansénisme français y trouvèrent également asile, au moins provisoire.  Le grand Arnauld s’y installa en 1679, bientôt suivi par ses amis Gerberon et Quesnel.

 

QUELQUES DATES ET EVENEMENTS.

Règne des Archiducs Albert et Isabelle (1598-1621)

Le 5 septembre 1599 les archiducs arrivèrent à Bruxelles.  Trois jours durant, des fêtes, des feux de joie, des illuminations, témoignèrent des sentiments d’enthousiasme de la population.  Inaugurés comme souverains Albert et Isabelle vinrent se fixer dans la capitale.  Ils y convoquèrent une réunion des Etats Généraux (1600).  Entre les conceptions politiques de l’assemblée et celles de l’archiduc une différence très nette se fit jour aussitôt.  Alors que les délégués des provinces souhaitaient négocier la paix avec les rebelles du Nord (les Hollandais), l’archiduc ne songeait qu’à obtenir les moyens financiers nécessaires pour l’achèvement de la guerre contre les dits rebelles.  Aussi les discussions furent-elles laborieuses.  La guerre n’en continua pas moins jusqu’en 1609… Alors seulement, les adversaires conclurent une trêve.

 

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L’année même où celle-ci expira (1621) le roi Philippe III et l’archiduc Albert moururent.  Les funérailles d’Albert furent célébrées à Bruxelles, l’année suivante, avec une somptuosité dont les quelques détails suivants suggèreront l’ampleur.  La cérémonie, commencée à huit heures du matin, ne se termina que vers le soir.  Sur la parcours du cortège funèbre deux mille quatre cent quatre-vingt-sept bourgeois de la ville formaient la haie, une torche à la main.  Durant six semaine, et pendant trois heures chaque jour, toutes les cloches de la cité sonnèrent le glas. 

 

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Gouvernement de l’Archiduchesse Isabelle (1621-1633).

La mort d’Albert fit retomber les Pays-Bas sous l’autorité directe de l’Espagne, où Phippe IV venait de succéder à Philippe III.  En mars 1623 les députés des provinces furent convoqués, à Bruxelles, successivement, pour y prêter serment au nouveau souverain devant l’Archiduchesse, devenue gouvernante-générale des Pays-Bas.

Lorsque l’Archiduchesse mourut (1er décembre 1633), le trésor public était vide.  L’on dut, par la suite, renoncer à la célébration de funérailles dignes de la fille de Philippe II. 

 

Gouvernement intérimaire du Marquis d’Aytona (1633). 

 

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Don Francisco de Moncada, marquis d'Aytona

Gouvernement du Cardinal-Infant (1634-1641).

 

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Le 4 Novembre 1634 Bruxelles réservait une réception magnifique au nouveau gouverneur général, le cardinal-infant don Ferdinand.  A la fois homme de guerre et homme d’Eglise don Ferdinand devint rapidement populaire dans le pays, ainsi qu’en témoigne l’enseigne de mainte auberge de village en Flandre et en Brabant : « In den Prins-Cardinaal ».

A peine arrivé il eut à déployer toutes ses ressources de capitaine, la France ayant conclu une alliance avec les Provinces-Unies (8 février 1635).  Les forces franco-hollandaises opérèrent leur jonction près de Maestricht, pénétrèrent en Brabant, saccagèrent Tirlemont, investirent Louvain, occupèrent Tervueren.  Leurs avant-gardes s’avancèrent jusqu’au bois de Linthout (situé à l’emplacement du parc du Cinquantenaire actuel).  L’approche de renforts commandés par Octave Piccolomini les força heureusement à la retraite.  Bruxelles où, en toute hâte, on avait entrepris la réparation des fortifications, respira.  Le Cardinal-infant  atteint de la petite vérole disparut le 9 novembre 1641, à l’âge de 33 ans. 

 

Gouvernement intérimaire de Don Francisco de Melo (1641-1644).

 

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En attendant la désignation d’un prince du sang le gouvernement général des Pays-Bas fut confié à un capitaine espagnol réputé pour sa valeur et son courage. 

 

Gouvernement intérimaire de Castel-Rodrigo et de Piccolomini, pour compte de Don Juan d’Autriche (1644-1647).

 

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Marquis de Castel Rodrigo

 

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Ottavio Piccolomini

Melo fut remplacé par don Manuel de Moura, Corte Real, marquis de Castel-Rodrigo, chargé du gouvernement civil, pour compte de don Juan d’Autriche, fis naturel de Philippe IV, et par Octave Piccolomini, chargé du commandement des troupes.

La mésintelligence qui surgit entre les deux chefs affaiblit aussitôt la résistance espagnole aux attaques de la France.  En 1647 le roi envoyait aux Pays-Bas un nouveau gouverneur. 

 

Gouvernement de l’Archiduc Léopold-Guillaume d’Autriche (1647-1656).

 

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C’était un brillant capitaine.  Un ardent adversaire des protestants et des jansénistes.  Il accepta le gouvernement à la condition de disposer de pleins de pouvoirs.  Il n’hésita pas à violer ouvertement ce qui subsistait encore des franchises provinciales et dédaigna de convoquer les Etats Généraux.  Les Français menaçant le Brabant la mise en état de défenses de la capitale fut reprise.  Ce qui nécessita des impôts spéciaux.

1648, proclamation de la paix.  Le traité cependant ne nous débarrassait que d’un seul adversaire, la Hollande.  La lutte se poursuivait âprement contre l’autre, la France.

 

Gouvernement de Don Juan d’Autriche (1656-1658).

 

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Fils naturel du roi, qui arriva dans notre pays en mais 1656.  Le nouveau gouverneur dut poursuivre la lutte contre les armées françaises.  Le maréchal de Turenne, en effet, s’avançait à travers la Flandre, pénétrait en Brabant, et poussait ses coureurs jusqu’aux portes de Bruxelles (1658). 

Heureusement, l’année suivante le traité des Pyrénées mettait fin aux hostilités.  Don Juan rappelé en Espagne, était remplacé au gouvernement des Pays-Bas par le marquis de Caracena. 

 

Gouvernement du Marquis de Caracena (1658-1664).

 

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La paix conclue avec la France ne fut proclamée à Bruxelles que le 18 mai 1660.  Des réjouissances encore plus enthousiastes que celles ayant marqué la conclusion de la paix avec les Provinces-Unies, la saluèrent. 

Mais, débarrassées des armées françaises, les Pays-Bas ne l’étaient pas des armées espagnoles.  Or celles-ci, dépenaillées, privées de tout, prenaient de vivre force à l’habitant ce qu’elles réclamaient en vain du gouvernement.  Bruxelles eut à souffrir de leurs « foules, violences et larcins ».  Afin de garantir aux habitants un minimum de sécurité le Magistrat fut amené à organiser des patrouilles nocturnes dans les rues de la cité. 

Gouvernement du Marquis de Castel-Rodrigo (1664-1669).

 

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Celui-ci prêtait au nom de Charles II, successeur de Philippe IV, le serment de respecter les privilèges contenus dans la Joyeuse-Entrée.

L’avènement de Charles II allait bientôt faire déferler de nouvelles calamités sur les Pays-Bas.  Le roi de France, Louis XIV, ne réclamait-il pas ces pays à titre « d’avancement d’hoirie » (avance sur l’héritage de son épouse, Marie-Thérèse, fille de Philippe IV). 

La guerre dite de dévolution, allait s’ensuivre, elle éclata dès 1667.  Prévoyant l’événement, le Gouverneur avait dès 1666, donné ordre de moderniser l’organisation défensive de Bruxelles ; un ravelin avait été établi à la porte d’Obbrussel ; les demi-lunes proches de la Grosse Tour avaient été transformées en bastions ; la batterie de Notre-Dame défendant la chaussée hors la porte de Namur avait été reconstruite ; on avait dressé des palissades, à l’aide d’arbres coupés dans la forêt de Soignes. 

Lorsque les Bruxellois apprirent la marche en avant des troupes françaises ils consentirent à payer les contributions extraordinaires nécessaires à la levée et à l’entretien d’un corps d’infanterie.

Des approvisionnements furent amenés dans la ville ; les ponts du canal de Willebroeck furent rompus afin de gêner le passage éventuel de l’ennemi. 

En même temps, se concentraient à l’ouest de la capitale, les régiments commandés par le prince de Ligne et le comte de Rennebourg.  Ces précautions n’étaient pas inutiles puisque l’avant-garde française poussa, peu après, jusqu’au village de Dilbeek.

Au printemps de l’année suivante l’ennemi reparut en Brabant, ravageant les villages de la vallée de la Senne après avoir levé de lourdes contributions.  Bruxelles allait être investie lorsque Louis XIV conclut le traité d’Aix-la-Chapelle (2 mai 1668).

La cour de Madrid fit grief à Castel-Rodrigo des revers essuyés par l’armée espagnole et le remplaça par don Inigo de Velasco, connétable de Castille. 

Gouvernement de Don Inigo de Veasco (1669-1670).

Cet incapable fit son entrée solennelle à Bruxelles, le 12 janvier 1669.  Sous son gouvernement les désordres commis par la sodatesque espagnole ne cessèrent de se multiplier.  Exaspérés les Belges se vengèrent, non seulement par la publication d’une nuée de libelles, mais aussi par les meurtres militaires.

 

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Dans la capitale les malheurs d’une épidémie de peste venaient s’ajouter à ces troubles.  La population pauvre des quartiers de la rue Haute et de la rue de Flandre fut décimée.  Commencée en 1667 l’épidémie ne cessa qu’en 1669.  Elle fit 4000 victimes.

Gouvernement de Don Juan Domingo de Zuniga Y Fonseca Comte de Monterey (1670-1674).

 

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Jeune homme de 28 ans, intelligent, actif et bon.  Celui-ci fit aussitôt poursuivre les travaux de défense de Bruxelles, en prévision des menaces d’une nouvelle guerre.  On construisit un nouveau ravelin entre la porte de Namur et le bastion Saint-Jean ; on convertit en bastions les ravelins défendant les portes de Coudenberg, de Louvain et de Schaerbeek ; on édifia un ouvrage à cornes devant la porte de Schaerbeek, plus une demi-lune au village de Schaerbeek ; on compléta la défense de la porte de Hal par l’adjonction de trois bastions (dénommés Monterey, Castel-Rodrigo et Sainte-Claire) et d’un fort (dit de Monterey) élevé sur les hauteurs d’Obbrussel (Le souvenir de ce fort est conservé par le nom de la rue du Fort à Saint-Gilles). 

 

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Sur tout le pourtour de la ville on améliora la contrescarpe ; on couvrit en outre la ville basse par un cordon de ravelins et de retranchement protégeant spécialement la porte de Flandre et l’écluse du Chien, proche de la Porte du Rivage. 

 

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 Porte de Hal après rénovation

En juin 1672 Louis XIV déclara la guerre aux Provinces-Unies (qui venaient de conclure une alliance défensive avec l’Espagne).  Notre pays devait nécessairement en subir les contrecoups.  Le 1er juin de l’année suivante des éléments de l’armée française arrivaient en vue de Bruxelles et prenaient position sur les hauteurs d’Anderlecht.  Peu après la capitale était presque entièrement encerclée.  L’ennemi se livrait aux pries violences dans les campagnes environnantes.  Seules les communications par la porte de Namur demeuraient libres.   Cette situation pénible ne dura heureusement pas très longtemps, les troupes s’étant retirées du Brabant pour aller entreprendre le siège de Maestricht. 

Louis XIV n’avait cependant pas fait de déclaration de guerre à l’Espagne.  C’est celle-ci qui, après s’être alliée à l’Empire, déclara la guerre à la France.  Monterey fut chargé de la notification (16 octobre 1673).  Aussitôt la garnison de Bruxelles fut renforcée ; les maisons pouvant gêner le tir des batteries des portes de Louvain, de Namur et de Hal, furent démolies.  Mais les armées françaises se retirèrent derrière la ligne de la Meuse.  

Infos complémentaires :  

http://www.irismonument.be/pdf/fr/1060-developpement_urbanistique_1_saint-gilles.pdf

En 1674, le duc de Villa-Hermosa remplaçait le comte de Monterey à la tête des Pays-Bas.

 

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Gouvernement du Duc de Villa-Hermosa (1674-1680).

 

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info : http://www.reflexcity.net/bruxelles/communes/ville-de-bruxelles/quartiers/quartier-royal/rue-villa-hermosa

En 1677, la capitale fut à nouveau menacée (cette fois par l’armée du maréchal de Luxembourg).

L’année suivante la paix était enfin signée à Nimègue (10 août 1678).  Les Bruxellois purent se livrer à l’espérance de voir revenir des jours heureux.  Hélas, les circonstances étaient par trop défavorables : l’incompétence de la plupart des gouverneurs qui s’étaient succédé dans le pays, la lourdeur croissante des charges imposées par la guerre, les spoliations du trésor public par les fonctionnaires espagnols - de plus en plus nombreux dans les cadres de l’administration… tout s’opposait au retour d’une vraie paix ! 

Aussi, des heurts brutaux étaient-ils à redouter.  Lorsque en septembre 1680, le Gouverneur prétendit lever un impôt seulement consenti par les deux premiers Ordres – mais non encore par le Tiers-Etat, - l’émeute gronda dans les rues.  Les « nations » en étaient les animatrices.

Le mois suivant, une nouvelle fermentation populaire se manifestait à propos d’un autre impôt dit « droit de chaussée ».  Le Magistrat dut convoquer les serments, organiser des patrouilles nocturnes et tendre les chaînes au travers des rues aboutissant à la Grand’Place, afin de rétablir l’ordre.

 

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Gouvernement du Prince Alexandre Farnèse (1680-1682).

 

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L’agitation populaire redoubla sous le gouvernement de l’incapable Farnèse !  Le spectacle offert par cet indigne rejeton d’un homme illustre n’était pas de nature à l’apaiser !  Incapable de monter à cheval, le gros homme paradait en un superbe carrosse au milieu de la foule empressée de ses favoris italiens. 

C’est en pleine agitation, et sans avoir osé mettre ses menaces à exécution, que Farnèse quitta Bruxelles, où le Marquis de Grana vint le remplacer.

 

Gouvernement du Marquis de Grana (1681-1685).

A peine le nouveau gouverneur avait-il pris les rênes du pouvoir que les Français envahirent encore une fois le pays !  Le Brabant subit de nouvelles dévastations ; le maréchal fit feu aux maisons des villages de la cuve : 30 furent détruites au hameau de Koekelberg, 4 au village d’Ixelles (janvier 1684).  Par bonheur une armée hollandaise vint l’empêcher de faire le siège de la capitale.  Peu après (août 1684) les hostilités furent arrêtées par la signature de la trêve de Ratisbonne.  Le 19 juin de l’année suivante mourait le marquis. 

 

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Gouvernement du Marquis de Gastanaga (1685-1691).

 

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C’est au temps de son gouvernement que les Pays-Bas ressentirent les effets de la guerre dite de la Ligue d’Augsbourg (La France contre la Ligue, c'est-à-dire l’Empire, l’Espagne, la Suède, la Bavière et la Saxe).  Vainqueurs à Fleurus (1er juillet 1690), les Français s’avancèrent vers le Nord et détruisirent Hal, à 15 kilomètres de Bruxelles.  Gastanaga établit son quartier général à Schaerbeek.  Tous les villages de la cuve furent encombrés de troupes ; chargées de la défense du pays, celles-ci se livraient néanmoins aux pires excès, vivant entièrement aux dépens « du bonhomme », le pauvre paysan, éternelle victimes des guerres. 

 

Gouvernement de Maximilien-Emmanuel de Bavière (à partir du 26 mars 1692).

 

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Précédé d’une réputation extrêmement flatteuse à cause de ses succès contre les Turcs, il fut accueilli en sauveur.  Il ne put cependant empêcher les Français de remporter des victoires répétées sur les alliés.  Il ne put d’avantage empêcher le maréchal de Villeroi, de mettre le siège devant Bruxelles et de livrer cette ville aux horreurs d’un bombardement.  La ville était devenue un immense brasier.  Trois mille huit cent trente immeubles avaient été anéantis. 

 

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On profita des circonstances malheureuses pour rectifier, élargir et rehausser certaines rues, proches de la Grand’Place (notamment rue au Beurre, rue de la Colline et la rue des Chapeliers), pour réédifier, suivant certaines prescriptions, les maisons sans saillie sur la voie publique et pourvues dorénavant de gouttière conduisant les eaux de plus jusqu’au niveau du sol. 

Dans le dessein de favoriser la reconstruction, le Gouvernement autorisa la Ville à pratiquer des coupes dans la forêt de Soignes et l’exempta, pour un terme de trois ans, toutes charges et impositions à l’entrée dans le pays et dans la ville, de tous les matériaux destinés à la réédification des immeubles détruits.  Il permit aussi l’établissement d’un prix maximum du bois de charpente et d’autres matériaux de construction.

La signature de la paix de Ryswyck, en octobre 1697, vit à point stimuler le courage des bourgeois de Bruxelles. 

 

Le Régime Anjouin (1700-1711).

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Charles II, décédé le 1er novembre 1700, avait légué tous ses Etats à Philippe d’Anjou (Philippe V), petit-fils du roi de France Louis XIV.  D’où l’expression « régime anjouin » pour désigner le gouvernement franco-espagnol qui s’exerça dans les Pays-Bas catholiques de 1700 à 1711. 

L’avènement de Philippe V ayant été l’occasion d’une amnistie générale pour tous ceux qui avaient été impliqués dans les troubles politiques des années récentes, le nouveau souverain bénéficia d’un préjugé favorable auprès des « nations » bruxelloises.

Le 21 février 1701, les troupes de Louis XIV entrèrent dans la ville et en prirent possession au nom du roi d’Espagne.  Le 19 du mois suivant, l’archiduc Maximilien-Emmanuel, qui s’était secrètement allié à la France, abandonnait provisoirement le gouvernement des Pays-Bas (il reprit ses fonctions en octobre 1704) au marquis de Bedmar et se rendait dans ses Etats bavarois pour y lever des troupes destinées à combattre l’empereur d’Allemagne.  Ainsi se préparait une nouvelle guerre, dite de la Succession d’Espagne.

La déclaration de guerre fut publiée à Bruxelles le 16 août de l’année suivante.  En mai, l’armée française ayant été vaincue à Ramillies (Perwez), Bruxelles évacué, vit s’approcher l’armée des coalisés, commandée par le duc de Marlborough.  Ayant obtenu la promesse de voir respecter ses privilèges, la ville ouvrit le 28, ses portes aux vainqueurs.  Churchill frère de Marlborough (plus tard remplacé par le marquis de Pascale), fut investi du commandement de la capitale et des places voisines.  Il fit aussitôt réparer les fortifications et placer des herses de fer aux portes de l’enceinte.   De plus, il abolit toutes les innovations que les autorités françaises agissant au nom du roi d’Espagne avaient introduites dès 1700 dans l’organisation politique, administrative et économique.  Ces innovations tendaient à instaurer dans les Pays-Bas un régime de centralisation, comparable à celui qui caractérisait alors le royaume de France. 

Infos complémentaires : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pays-Bas_autrichiens

 

Au cours des années 1713-1714-1715, les traités d’Utrecht, de Rastadt et de Bade mirent enfin un terme à la guerre de la Succession d’Espagne.

Les Pays-Bas catholiques cessèrent d’appartenir à l’Espagne et passèrent sous l’autorité de l’Autriche. 

 

C’est à bon droit que le XVIIème siècle est considéré comme « Le siècle de malheur » de notre histoire.

 

LA CHANCE DE BRUXELLES.  

D’autre part, il importe de distinguer Bruxelles du reste des Pays-Bas.  Sa position de capitale lui valut une chance exceptionnelle.  Au temps des archiducs Albert et Isabelle, la Cour y fixa nombre de familles nobles, indigènes et étrangères, des ambassadeurs de tous les pays catholiques, des dignitaires de l’Eglise, parmi lesquels un nonce de pape.  Au dire de Pirenne, Bruxelles passait en ce temps « pour l’une des résidences les plus vivantes et les plus cosmopolites » de l’Europe.  La pompe et le luxe déployés par les souverains suscitaient l’admiration des étrangers de passage. 

La présence de cette « clientèle » riche et dépensière devait nécessairement provoquer un nouvel essor du commerce des produits d’alimentation et des articles de luxe.  L’orfèvrerie et, plus encore, la tapisserie se relèvent rapidement.  Plusieurs industries nouvelles s’installent et prospèrent.  Au premier rang d’entre elles : la confection de dentelles, de soieries, de velours, de cuirs rehaussés d’or à la façon d’Espagne, de carrosses.  Des raffineries de sel et des savonneries font aussi leur apparition.

L’élan pris pendant la trêve permit à la plupart de ces entreprises de continuer à vivre assez normalement au cours du quart de siècle qui suivit la mort de l’archiduc Albert. 

 

Pendant la seconde moitié du siècle, Bruxelles, à son tour, allait payer tribut à la guerre.  A mesure que les années se succédaient, les conditions de la vie économique s’y firent plus difficiles.  

14/07/2013

Bal du 20 juillet 2013 à Bruxelles

 

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Bal national 2013

Le samedi 20 juillet 2013 sur la place du Jeu de Balle, à partir de 18h30, activités gratuites.

En prélude à la Fête nationale du 21 juillet, le Bal national a su s'imposer comme un événement incontournable à Bruxelles. La veille de la Fête nationale, sur la place du Jeu de Balle, dès 18h30, le public se donne rendez-vous pour une gigantesque chorégraphie collective baptisée Unik Party.

Le principe de l'Unik Party : le groupe apprend une danse et le public devra reproduire les pas. Danseurs professionnels ou novices, cette activité est pour tout le monde, sans exception.

Programme

  • 18h30. Unik Party
  • 19h30. Monsieur Periné
  • 20h15. Jos Mommen
  • 20h30. Johan Verminnen
  • 21h30. Lio
  • 22h30. The Planes + guests, Udo, Sandra Kim, Plastic Bertrand

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20/05/2013

Comment Bruxelles reçu son éclairage public

 

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Les éclairages publics intensifiés excitèrent toujours l’enthousiasme des foules….

 

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Les toutes premières « féeries » furent, sans doute, avant les feux d’artifice, les feux de joie dont font mention certains folklores régionaux et aussi les luminaires célébrants les joyeuses entrées de souverains, leurs mariages, leurs victoires.  La réception de Napoléon par Bruxelles fut d’un faste demeuré légendaire…..Mais revenons à l’histoire de l’éclairage public…

 

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Jusqu’au milieu du 17ème siècle, dès la tombée du jour, les rues devenaient de véritables « coupe-gorges »…. Le terrain idéal pour les malfrats. 

 

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Quelques recoins de rues étaient éclairés par des torches de résine ou de poix mais ne suffisaient pas pour dispenser assez de lumière la nuit.  Il arrivait souvent que dès le passage des gardes-ville, les voleurs éteignaient ces torches afin d’opérer aisément.

 

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Dès la nuit venue, à l’exception des fêtards, très peu de personnes circulaient dans les rues.  Les seigneurs, eux,  se hasardaient accompagnés d’une escorte armée et munie de torches.

 

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A cette époque, Paris était la seule ville éclairée d’Europe…. Bruxelles dès la nuit venue sombrait dans un vaste trou noir aux ruelles sinueuses où brillent au loin quelques flammes allumées par la population aux pieds des statues de saint… seul éclairage que les égorgeurs ou malandrins n’osaient éteindre par superstition. 

 

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Forcé de sortir la nuit ?  On faisait appel aux « falotiers »… qui contre quelques sous accompagnaient au pas de course et armés de flambeaux, les personnes qui devaient se déplacer.

 

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Pourtant, à partir de 1602, les autorités communales tentent d’instaurer un système d’éclairage en fixant une lanterne toutes les huit maisons.  C’était peine perdue.  Les truands n’avaient qu’à tendre le bras pour « moucher » la chandelle.

 

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Par la suite, on imagine le système à crochet lié à un câble actionné par une poulie. La lanterne placée à hauteur du 1er étage de la maison, un préposé communal était désigné pour allumer celle-ci. Criant sous la fenêtre et actionnant une cloche « Abaissez la lanterne !).  Les habitants se précipitaient pour la faire descendre à sa hauteur et l’homme l’allumait à l’aide d’une chandelle.  Fallait-il encore qu’il n’y a pas trop de vent…

 

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En 1703, Bruxelles étant la capitale des Pays-Bas, la Cour décide d’installer 3.000 lanternes à l’huile.  C’est le citoyen qui paie ce nouveau service.  10 sols par 100 florins de loyer.  Après analyse, il s’avère que ce service n’est pas rentable et que la ville est en déficit de 83.000 florins.  Il faut dire que cet éclairage ne fonctionne pas toujours très bien et certains préposés communaux revendent l’huile destinée aux lanternes pour leur propre compte.  La population s’énerve au sujet de cette taxe qui n’est pas imposée aux nantis pour des raisons très troubles.  Ce n’est qu’en 1756 qu’on arrivera à mettre de l’ordre dans ce service public.

 

En 1722 apparaissent les premières lanternes à réverbère fonctionnant toujours à l’huile.  En 1810, Bruxelles en compte à peine 900.  Comparer à Paris qui en possède 11.000 … c’est peu.  Ce service emploie 53 allumeurs.

 

Les soirs de pleine lune, par souci d’économie, la ville décide de ne pas allumer ces réverbères.  Malgré tout, le détournement d’huile continue de plus belle.

 

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Mais …les « féeries lumineuses » qui, plus près de nous, réjouirent également nos aïeux et qui, à leur origine, durent les transporter de joie, ce furent les bonnes vieilles guirlandes de lanternes vénitiennes et de ‘vetpotteke’ multicolores qui, naguère encore, agrémentaient nos quartiers populaires les soirs de kermesse.

 

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Vendeurs de lampions et confettis à la fête forraine

 

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Le gaz hydrogène extrait du charbon (gaz de houille) est inventé par un Belge, Minkeleers , professeur à l’Université de Louvain(1795).  Une compagnie est créée pour son exploitation et le 24 août 1819, la première usine à gaz du continent est inaugurée. 

 

C’est l’échevin des Travaux publics et des Régies qui a inauguré rue Saint-Roch, une plaque commémorant l’érection, en 1819 à cet endroit, de la première usine à gaz du continent (les Anglais nous avaient devancés). 

 

Place de la Monnaie on installe une colonne de gaz enflammé surmonté d’un « W » monumental !  Cette nouvelle attraction fait l’émerveillement des badauds.

 

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Petit à petit, l’éclairage s’installe en façades des commerces et des auberges.  De ce fait, les rues s’animent et la criminalité nocturne diminue.  On fini par adapter les lampes à l’huile  au gaz.

 

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Rey Frères fondeurs constructeurs 1917

 

En 1840 raconte Louis Verniers, à l’occasion du Xème anniversaire de notre indépendance, le Vieux Bruxellois se couchait à neuf heures pour se levers avec le soleil : le nouveau Bruxellois se remue, vit et s’amuse encore à minuit : il a trouvé le gaz si brillant qu’il le préfère au soleil même… »

 

C’est sans doute alors qu’est née l’exclamation « Volle gaz ! »

 

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En 1867, Bruxelles est même mieux éclairée que Paris !... Lorsque cette dernière décide d’introduire l’électricité en 1888, Bruxelles reste « frileuse » malgré les essais sur la Grand’Place en 1885 et préfère continuer à installer de plus en plus de réverbères à gaz…. Colonne de fonte dites « parisiennes » puisque Paris n’en veut plus !

 

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Notre retard provient de ce que nos édiles furent tout d’abord séduits par une invention allemande : le manchon Auer qui, emprisonnant dans ses mailles une flamme de gaz ordinaire, décuplait son pouvoir éclairant.  Son succès fut fulgurant !  Il marqua la mort des dernières lampes à pétrole dites « lampes belges »…

 

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L’ingénieur allemand Auer retarda donc jusqu’en 1904 l’installation de la lumière dans notre capitale.

Ce fut le Parc de Bruxelles qui bénéficia des premières lampes à arc. 

 

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A Boitsfort en 1902, il y avait une centrale électrique… Les premières années, les promoteurs de l’éclairage public électrique étaient confrontés avec le problème de la distance séparant l’endroit de production et celui de l’utilisation.  Dans de nombreuses communes de l’agglomération on vit donc se construire des « usines d’électricité ».

 

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A Forest 

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Koekelberg

 

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Illuminations pour le 75ème anniversaire de la Belgique

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Notons pourtant qu’avant l’installation à titre permanent de l’éclairage public électrique aux boulevards intérieurs, des illuminations, également électriques, avaient déjà suscité l’admiration des Bruxellois…

 

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c’était en 1905 à l’occasion du 75ème anniversaire de notre indépendance. Des ampoules bordaient les portes, les fenêtres et les toitures de plusieurs monuments, des lampes ornaient des portiques et des mâts placés aux extrémités des allées du Parc et des voûtes lumineuses s’étendaient sur nos places publiques et sur nos boulevards.  On peut conclure que 1905 fut à l’avant-garde de nos féeries actuelles…

 

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Le samedi 21 juin 1907, les boulevards du centre sont les premiers à bénéficier des bienfaits de la fée électricité.

On peut dire que ce furent des « féeries » solennelles qui par l’effervescence qu’elles suscitèrent, dépassèrent toutes les précédentes ! …

 

La ville, en effet, fait installer des mâts d’éclairage mixtes distribuant simultanément un éclairage à l’électricité (au centre) et au gaz (sur les côtés).  288 becs de gaz au lieu de 150 et installation supplémentaire de 144 lampes à arc, cela échelonné tout le long des deux kilomètre du boulevard allant du Midi jusqu’au Nord.

 

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Ces candélabres, peu esthétiques, furent aussi très critiqués par les artistes de l’époque.

Esther Deltenre triomphait dans la parodie de « la Bohème » que Garnir avait intercalée dans une de ses revues à la Scala et dont elle était la principale interprète.  Le rôle de Mimi lui était dévolu.  Con connaît l’opéra : couchée dans son lit d’agonisante, Mimi, dont les mains se glacent, demande un manchon.  A la Monnaie, on lui apporte un manchon de fourrure.  A la Scala c’était un manchon Auer qu’on lui apportait ! …

 

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Une grande réunion des autorités fut organisée dès 20h à l’hôtel Métropole.  Après les discours, raconte la Dernière Heure, les invités ont tenté de traverser la place de Brouckère pour gagner le terre-plein entourant le monument Anspach, d’où M. De Mot échevin de l’époque devait, d’un doigt magique, lancer le courant électrique vers les lampes à arc.  La foule était immense : une cohue invraisemblable s’écrasait sur la chaussée… bien entendu…la circulation des voitures fut interdite ce jour-là.

« Fiat lux ! » s’écria M. De Mot et l’électricité étincela dans les lampes, à perte de vue… On entendit alors retentir les cris de la foule émerveillée.

 

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Tous les journaux de la presse nationale constatèrent la réussite de l’entreprise et le succès prodigieux de la fête. 

 

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Les musiques de la garnison et la garde civique étaient là… Ils étaient escortés des porteurs de lampes à acétylène qui avaient eu tant de succès lors des fêtes de 1905.  

 

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La seule critique faite par le journal Le Soir fut de constater que les moindres recoins de villages étaient depuis un certains temps déjà éclairés à l’électricité et que Watermael-Boitsfort possédait depuis un bon bout de temps une usine…. Qu’il était déplorable que Bruxelles ait attendu si longtemps mais reconnu que la longue attente fut compensée par un franc succès.

 

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Publicité CUBEX 1937

 

Il faudra attendre 1910 pour que Bruxelles passe au fil des jours à l’électricité…. Avenue de Tervueren, un grand candélabre mixte est installé… il marquera le passage d’une époque, celle du gaz, à une autre, celle de l’électricité.  Ce réverbère mixte était construit par la fonderie anderlechtoise Rey frères.

 

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En 1948, on vit disparaître un à un  les derniers «Bec de Gaz » et avec eux, les derniers allumeurs de réverbères, silhouettes surmontées d’une perche enflammée, qui marchaient le long des rues dès le coucher du soleil…

 

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En France ....

En 1959, il n’existait plus que 10 lanternes à gaz en service sur le territoire de la ville.  Le tout dernier allumeur fut pensionné en 1965, il s’appelait André Reynaert dit « de kop »…. Il habitait les Marolles.  Il était entré dans le métier en 1928 en observant un arrêt durant la guerre.  Sur sa carte d’identité il était mis « gazier » comme profession et à la Ville qui l’employait, son képi portait le n°284. 

 

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La perche de l’allumeur de réverbères était munie à son extrémité d’un dispositif au carbure permettant de maintenir en vie la flamme qui allait tout au long du parcours, allumer l’un après l’autre, les réverbères de la tournée. 

Le matin venu, le « lanteireman » reprenait sa perche pour aller les éteindre.  On prétend qu’il y avait alors tant de bistrots sur son passage qu’il ne rentrait bien souvent que juste à temps pour repartir les allumer !

 

 

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Personnel du Gaz à Anderlecht

Les petites charrettes à bras du service du gaz étaient parfois tractées par les tramways dans les montées

 

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Expo 1935

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Expo 1935

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Expo 1935

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Rue Rempart aux Moines 


01/02/2013

Vous voulez apprendre le bruxellois ? Voici un cours sympa dans un endroit sympa

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Chères amies,
Chers amis,

 

Vous aimez Bruxelles et ses dialectes ?

Vous souhaitez vous y initier ou faire profiter les autres de votre expérience …

Vous voulez dépasser le niveau "lexique des injures bruxelloises" …

Les aspects historiques vous attirent et un peu de linguistique ne vous donne pas le bibber

Beulemans of Vloms, 't es allemoe koekoek iene zang !


Venez nous rejoindre les 2e samedis du mois, à la "Fleur de Papier doré" 53 rue des Alexiens à 1000 Bruxelles , de 11h00 à 13h00. Professeur-zwanzeur patenté, participants enthousiastes … en vollem bak ambiance !

Inscriptions Jean-Jacques DE GHEYNDT : 0476/86.47.03 ou jjdgh01@gmail.com

Merci de  confirmer votre éventuelle participation,
L’équipe se réjouit d'avance de vous y retrouver !

 

Prochaine réunion le samedi 09/02, de 11h00 à 13h00, à la "Fleur en papier doré"

PAF = 5,-€ la séance (pas d'inscription) + photocopies (le cas échéant)

Nous restons en principe déjeuner sur place (sans aucune obligation bien entendu)

 

Au plaisir de vous rencontrer bientôt,
Jean-Jacques

0476/86.47.03

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Le dialecte bruxellois français ou Beulemans se caractérise par l'intrusion de mots et/ou d'une structure de phrase néerlandais(e) dans un discours essentiellement francophone. L'accent tonique des mots est également modifié et d'étonnantes variations dans la "musique" de la phrase rendent ce dialecte attractif pour nous et - souvent - ridicule pour nos voisins de l'Hexagone. Leur imitation de notre Beulemans est en général parfaitement erronée, mais il faut savoir que "Le mariage de Mlle Beulemans" fut le déclic d'inspiration qui insuffla à Marcel Pagnol sa célèbre trilogie dialectale "Marius - Fanny - César".

Non peut-être ?

Le dialecte bruxellois flamand ou Vloms fait partie du groupe des dialectes brabançons. Il se caractérise par une intrusion plus grande de mots francophones que dans le Néerlandais standard (l'ancien ABN), en particulier pour le nom des rues ! Il est riche d'insultes particulièrement breugheliennes et développe 7 niveaux d'éthylisme (à Anvers, on n'en recense que 5). La variabilité entre le Vloms des Marolles et des autres communes bruxelloises est parfois surprenante. Une variante très particulière, le Bargoensch (un argot, en réalité), fait actuellement l'objet de nombreuses publications tant en Belgique qu'aux Pays-Bas.

                                           Saluu en de kost, en de wind vanachter !              

 

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10/01/2013

Chez Toone à l'époque ....

 

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Pendant la semaine sainte, Toone met en scène le Vrai Mystère de la Passion de Notre-Seigneur.  Alors que tous les personnages sont présents sur la scène, la Vierge s’approche de son fils pour le réconforter.  Le Christ, infiniment las, lui répond : « Och, Moema !  Ik hem flanelle biene ! ».  Dit dans le langage de chez nous, par les acteurs de Toone, n’est-ce pas là un moment des plus émouvants du théâtre ?

 

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Dans les coulisses, les plus grands noms de l’histoire : Charlemagne-à-la-barbe-fleurie, Poepa, le duc de Guise, Blache de Nevers, Lagardère, les spadassins, la Sainte-Vierge, Jeudass, Juuzeke et tant d’autres. 

La préférence de Toone va aux pièces de cape et d’épée dans lesquelles les nobles chevaliers sont aux prises avec les vilains traîtres.

 

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Toone leur fait parler tous la même langue mais il parvient à se placer dans la peau de chacun de ses personnages.

Ses représentations ont fait les délices de Bruxelles-Kermesse, à l’exposition universelle de 1910.

 

Extrait du livre « La rue Bruxelloise vers 1900 » de la CGER

 

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1931, Toone est ressuscité !  C’est dans un des coins les plus pittoresques de la rue Haute, au n°6 de la rue Christine, que s’est ouvert en cette fin du mois de mars le théâtre de marionnettes de Toone V, plus communément dénommé Daniel Van Landewijck.  Il succède à Jan de Crol.

 

Extrait du journal « Le Soir »

 

 

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Noël chez Toone.

Vers les années 1917-18, le grand écrivain belge Michel de Ghelderode entreprit la tâche de mettre par écrit, pour qu’elle ne se perde jamais la tradition orale qui se transmettait de père en fils dans la dynastie des montreurs de marionnettes et qui remontait à l’époque de la domination espagnole.  Dans ce but, il se mit à fréquenter assidûment les Marolles et recueillit de la bouche de Jean Hembauf, dit Toone IV, les éléments nécessaires à la rédaction de ces petits chefs-d’œuvre de folklore.

 

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Voici en résumé l’histoire de la Nativité telle que José Géal 6ème de la dynastie des Toone la présent encore aujourd’hui.

-La scène du castelet représente Béthléem où Joseph et Marie se sont rendus pour calcul des enfants.  La ville de la Nativité est présentée sous l’aspect… de la Grand’Place de Bruxelles.

Le préposé à l’ordre public n’est autre qu’un brave ajoein ou stockagent  (agent de police) de la capitale, qui accueille le couple….

L’agent : - Qu’est-ce que vous faites sur la voie publique ?  Allei, circulei !

Joseph : - Rien.  Nous sommes à la rue.  Ayez pitié de nous !

L’agent : Ca est triste.  Vous avez l’air de gens convenab’.  Si vous êtes pas trop difficiles, prenez la première rue à droite.  Vous trouverez une étab’ avec un âne et un bœuf.

Marie : - Merci, monsieur l’agent.  Le petit Jésus va naître à minuit…

Un ange de Dieu apparaît aux bergers effrayés.  Leurs trognes enluminées, représentant des hommes du peuple, rappellent irrésistiblement les Masques ostendais du peintre James Ensor.

L’ange : - Allez adorer le petit Jésus.  Moi, je regarderai à votre troupeau.

Un berger : - Ousqu’y faut aller, Monsieur l’Ange ?

L’ange : - C’est là ousque l’étoile pend dessus.

Les bergers, en chœur : - Allons adorer le petit Jésus qui à froid !

Hérode, le traître de la Nativité, est représenté sous le costume d’un homme de loi (genre de personnage très peu prisé du populaire.  Il vient d’apprendre de la bouche de son devin Pinnemouch que Jésus était né et que ce petit bébé allait le mettre bas, lui le grand roi célèbre dans l’Histoire Sainte.

Il appelle ses sbires (représentés par des marionnettes habillées en soldats espagnols de l’époque de Philippe II) et leur dit :

-Vous allez tuer tous les petits enfants qui viennent de naître.  Comme ça, je suis sûr de pas manquer le petit Jésus !

Un sbire : - Sire, y z’ont rien fait, tous ces mennekes !

Hérode : - Ca est un ordre !  Et pour finir, coupe la tête de ce Jean-Baptiste qui a baptisé le petit Jésus … et apporte-la.

Le sbire : - Dans du papier ou sur une assiette ?

Nous somme à nouveau sur la Grand’Place de Béthléem-Bruxelles.  Les sbires procèdent au massacre des innocents sous l’œil attérré des parents.  Hurlement, batailles féroces, brutis d’orage.  Tout à coup, le capitaine des sbires crie Victoire ! …  

Tous s’en vont et le capitaine va faire son rapport à Hérode.

Le capitaine : - Sire, on les a tous tués !

Hérode : - Tu es un leugenoet (menteur).  Ca est pas vrai ! Le petit Jésus à joué Schampavie !

Le capitaine : - Ca est impossib’ !

Hérode : - Combien de ketjes as-tu tranchés ?

Le capitaine : - 200..357 tous justes.

Hérode : - Il y en a un trop peu.  Recommence !

Le capitaine : Pitié, Sire ! Je n’ai plus le courage….

Hérode : - Ara ! (il tue tous les bires).

Tout à coup, Lucifer et la Mort apparaissent dans une apothéose de feux de Bengale.  Hérode est terrifié.

Lucifer : - Misérable bourreau ! Ton heure a sonné !

Hérode : - Attends ! Je vais me repentir …

Lucifer : - Trop tard !

Lutte effroyable… Hérode est entraîné en enfer avec tous ses sbires.

Lorsque le spectacle est terminé, la toile de fon du castelet se lève et une crèche illuminée apparaît.  Elle reproduit fidèlement, avec des marionnettes, celles que l’on peut voir les églises.  Michel de Ghelderode, qui assista aux anciennes représentations de Toone, rapporte :

« En ce moment, un joueur entonnait une chanson de circonstance.  A la fin de l’air, il jetait des bonbons bon marché dans la salle.  Le public populaire, qui attendait cet instant, criaillait à tue-tête : Koekskes ! Koekskes !

 

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