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20/08/2015

Old England .... Rue Montagne de la Cour

Anciens magasins « Old england »

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Immeuble remarquable en style Art Nouveau, construit selon la demande de permis de bâtir de 1898, sur les plans de l’architecte P. Saintenoyn en collaboration avec l’architecte J. De Becker et l’ingénieur E. Wyhowski ; travail de ferronnerie attribué à P. Desmedt.

 

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Importante construction qui renouvela la conception architecturale bruxelloise du grand magasin, par l’utilisation exclusive du fer et du verre pour la strcture et les façades ; l’architecte V. Horta reprit cette technique en 1901 et l’appliqua ensuite pour la construction de l’ancien grand magasin « A l’innovation ».

 

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En façade, décor plus recherché à l’origine, simplifié ensuite : en 1938, suppression de la ferronnerie ornementale « superflue », dont les garde-corps de la terrasse et des balcons, très ouvragés et marqués aux initiales « O.E. », comme en témoignent les reproductions anciennes ; enlèvement de la marquise et remplacement de l’anc. Polychromie par une nouvelle peinture adaptée à la tonalité de la pl. Royale ; en 1956, démolition du bow-window disposé sur l’angle.

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En 1974, l’immeuble est occupé par le magasin de tapis « Rêve d’Orient » ; en 1979, il est racheté par l’Etat, conjointement aux n° 13-14 de la pl. Royale, pour y installer le Musée Instrumental.  Rénovation récemment entreprise suivant les plans de l’association momentanée des bureaux d’arch. G+D, D. Bontinck, GUS (D. Graux, Fr. Terlinden, G. Van Hamme) et I.D.P.O.  Ph. Neerman.

 

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Immeuble de cinq niveaux plus un étage-attique, formant l’angle arrondi de la rue Villa Hermosa. 

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La très belle terrasse offre un panorama remarquable sur la ville.  Cet endroit était le lieu de rendez-vous mondain favori du Tout-Bruxelles. 

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Du panorama, on peut voir, à vol d’oiseau, le reste de Bruxelles mieux qu’on ne voit Paris du haut de Notre-Dame.  Les couchers de soleil y sont d’un effet prodigieux.  Sainte Gudule s’avance à gauche sur sa montagne escarpée, comme une femme agenouillée au bord de la mer et qui lève les bras vers Dieu ;  plus loin, du sein des flots tourmentés que figurent les toits, le bâtiment de l’hôtel de ville élève son mât gigantesque…  A l’horizon brillent les bassins du canal, chargés d’une forêt de mâts..

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« Voilà Bruxelles dans son beau, dans sa parure féodale, portant, comme des bijoux d’ancêtres, ses toits sculptés, ses clochetons et ses tourelles.

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Il est occupé aujourd’hui par le musée des instruments de musique de Bruxelles.  Après 10 longues années de rénovations qui ont débutées en 1989, Old England a retrouvé toute sa superbe…. Devant l’ampleur des travaux, il fut récompensé du prix de la restauration des façades.

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26/11/2009

le CEGES à la recherche d’éléments historiques

Le CEGES a un avenir certain !          

 

 

L’Imperial War Museum de Londres, ainsi que les National Archives de Kew et The Aerial Reconnaissance Archives à l’université de Keele du temps de son exceptionnelle directrice, Ms Marylyn Beech, m’ont été d’une aide précieuse lors des recherches sur le Fort de la Crèche à Wimereux, mon aventure personnelle.

Je me rappelle Philippe Francart, disparu trop tôt, le rat de bibliothèque effréné de l’époque du Centre de Recherches et d'Etudes historiques de la Seconde Guerre mondiale (CREHSGM). Ou encore de la lettre du Professeur Luc De Vos, Ecole Royale Militaire, me conseillant amicalement de prendre langue avec la Fondation Simon Stévin d’Anvers pour me mettre « à niveau » en matière d’étude des fortifications belges. Que d’excellents souvenirs de ces collaborations.

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Sans avoir les ressources de pays plus « armés » au point de vue budgétaire, la Belgique s’est dotée d’un organisme centralisateur non seulement efficace mais qui se hisse vraiment au niveau de compétence de ses homologues étrangers : le Centre d'Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGES).

 L’impact, de fin 2006 à ce jour, du blog de Sophie Peeters a sans doute décidé Chantal Kesteloot, responsable des Activités scientifiques et publications, à la contacter. La raison est évidente : la recherche d’éléments historiques se doit aussi de passer par le public, afin de compléter les acquis provenant des sources officielles. C’est une phase de consolidation pendant qu’il est encore temps. Aucun cynisme ici : nos parents s’éloignent et avec eux leurs souvenirs photographiques ou écrits, peut-être dispersés, sinon malencontreusement détruits. Or, le blog de Sophie n’est-il pas constitué de fonds secrets empilés dans nos coffres « Rackham le Rouge » ?

Personnellement, je pense que cet appel mérite toute votre attention pour l’avenir de notre histoire commune !

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Vues de l’impressionnant hall d’entrée, en mezzanine l’espace de consultation des documents (photos CEGES).

Chantal Kestelloot s’en explique : « Le CEGES est à la recherche de photos de particuliers sur le thème des “villes en guerre” et ce dans le cadre de volumes et d'expositions en préparation consacrés à Bruxelles, Anvers, Liège, Gand et Charleroi sous l'occupation. Nous ne sommes pas seulement intéressés par des photos de bâtiments ou de l'occupant mais aussi par des clichés illustrant la vie au quotidien de Monsieur et Madame Tout le Monde. Des phénomènes comme l'exode de mai 1940 (et le retour), le travail, l'école, les fêtes de famille sont au nombre des thèmes qui nous intéressent. De même, la vie dans les campagnes fait également partie des centres d'intérêt du CEGES. Que vous possédiez une photo ou plusieurs albums, l'ensemble constitue à n'en pas douter, de précieux témoignages visuels permettant de mieux comprendre la vie au quotidien durant cette période difficile ».

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Table de digitalisation grand format avec sa colonne-caméra.

 Au fait, comment procéder ?

Chantal Kesteloot : « Vous êtes bien entendu attachés à vos photos et vous ne souhaitez pas vous en séparer ! Quoi de plus normal ! Pas de problème. Grâce à la digitalisation, nous vous les restituons très rapidement et nous vous offrons une copie sur CD des images numérisées. Leur valeur documentaire sera ainsi sauvegardée ».

Le plus simple est de contacter Florence Gillet, en charge du secteur « Images et Sons », par mail (florence.gillet@cegesoma.be) ou par téléphone (+32 2 556 92 11).

 Voilà pour l’appel de Chantal Kesteloot que Sophie et moi répercutons avec grand plaisir. Mais le CEGES possède aussi sa part d’histoire. En voici le résumé.

Le CREHSGM, situé Place de Louvain, est créé le 13 décembre 1967 pour prendre toutes les mesures nécessaires en vue de recenser, sauvegarder et dépouiller les documents ou archives se rapportant à la Seconde Guerre mondiale en Belgique, ses antécédents et préliminaires et ses conséquences. Le CEGES remplace le CREH… en 1993 et est installé jusqu’à 2004 au Résidence Palace.

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Consultation de documents dans les bureaux étriqués de la Place de Louvain (photo CEGES).

 En 1969, une équipe de six chercheurs se met en place et lance des travaux pionniers sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique. C'est ainsi qu'en 1971, José Gotovitch publie, en collaboration avec Jules Gérard-Libois, l'ouvrage de référence L'An 40. Depuis cette époque, Le Centre fait partie du Comité International d'Histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Nonobstant sa collecte d’archives, en 1980, il organise des séminaires et, dès 1990, des colloques internationaux. Début 1997, a lieu le changement d’appellation : le CEGES naît ! Et revêt aussi son sigle néerlandais, SOMA, soit Studie- en Documentatiecentrum Oorlog en Hedendaagse Maatschappij. Actuellement, le CEGES est fort d’une quarantaine de collaborateurs dont un encadrement scientifique permanent comprenant sept spécialistes, un informaticien et… un directeur.

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Le « Front de l’Indépendance » a transféré l’intégralité de son fonds au CEGES, voici le moment de la signature de la convention : de g. à dr., G. Corthouts, secrétaire-adjoint du FI, Rudi Van Doorslaer, directeur du CEGES, Michel Vanderborght, secrétaire national du FI et Dirk Martin, responsable du secteur Documentation du CEGES (photo CEGES).

 Dès la première illustration de cet article, vous avez deviné que les bureaux du CEGES sont installés dans un magnifique immeuble situé Square de l’Aviation, à la limite de Cureghem et de Bruxelles-ville, dont l’assise triangulaire s’ouvre sur le Boulevard Poincarré, voie « rapide » de la Petite Ceinture. Dans le cadre du programme Beliris, la place est devenue piétonnière. Plusieurs beaux bâtiments d’inspiration Art Nouveau délimitent l’espace… malgré quelques bannières ‘corporate » intempestives. L’endroit ne manque pas de charme, la célèbre « Librairie du Midi », sur le coin, réveille des souvenirs d’étudiant. Sans compter le magnifique Mémorial aux Forains morts pour la Patrie lors des deux guerres. Dommage qu’un parking de bus touristiques ait été implanté sur le boulevard : pas simple pour le cadrage des photos, puisqu’ils outrepassent la zone concernée.

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La librairie du Midi et le Mémorial des Forains (RD).

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Ce qui nous amène à la cerise sur le gâteau architectural : le foyer du CEGES ! La Prévoyance Sociale, une compagnie d’assurance populaire sur la vie, enrôle l’architecte Richard Pringier, collaborateur de Horta, pour la construction d’un bâtiment de six étages au coin du Square de l’Aviation, formé par les rues de l’Autonomie et Lambert Crickx. Celui-ci comprend des services administratifs de l’entreprise, des magasins et des appartements. C’est la première partie de l’ouvrage car en 1930 l’architecte Fernand Brunfaut accompagné de son fils Maxime, augmentent le volume immobilier par l’adjonction de deux autres immeubles de part et d’autre des deux rues citées. Ces constructions se fondent au premier qui, lui, subit une modernisation et un ajout de deux étages surmonté d’un dôme de verre assis sur une structure hexagonale. L’ensemble, formant un îlot, se voit aussi pourvu d’une tour-dépôt. Ils ajoutent les balcons sertis de fer, inventent des poignées de portes, reluquent le moindre détail…

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Le sgraffite majestueux de la Prévoyance Sociale (RD).

La Prévoyance Sociale quitte cet emplacement en 1957 pour ériger le premier « gratte-ciel bruxellois » au haut du Botanique. L’Etat installe alors le Service des Victimes de la guerre dans l’ancienne adresse. La situation pierreuse se dégrade et il faut attendre 1998 pour que la Régie des Bâtiments réagisse en lançant la réfection de l’ensemble, après que ce dernier fut classé en 1993. Du bel ouvrage, un rapport indique : « … ainsi, une partie des plaques en marbre Bleu belge de Bioul avaient disparu. Ce marbre n’étant plus exploité, il a été remplacé par un Marquina espagnol. Afin d’éviter un effet mosaïque, les lacunes de la partie avant ont été comblées par des plaques de marbre originelles provenant des façades latérales, où on a placé uniquement du marbre Marquina ». Sans parler du superbe sgraffite frontal horloger renaissant dans sa polychromie d’origine : lettres rouges rehaussées d’un filet à la feuille d’or. Et, bien entendu, le cartouche – véritable logo ! – qui surplombe l’entrée stylisant la prévoyance pour la famille. Il en va de même pour la modernisation interne qui se verra particulièrement compliquée.

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Le bouclier de l’homme couvre l’épouse et l’enfant des incertitudes, véritable allégorie signée d’un simple « D » (RD).

Cette courte évocation du CEGES et de son environnement géographique immédiat, ne doit pas oublier le message principal de cet article : si vous avez des documents de la Seconde Guerre mondiale, partagez-les ! Cela fera du bien à la Belgique !

Florence Gillet est à votre disposition : florence.gillet@cegesoma.be

 

Robert Dehon

 

Notes

Pour les « fidèles de chez fidèle », comme on dit bêtement actuellement, l’appel de Mme. Kesteloot avait déjà été émis sous forme d’un ‘comment’, bien sûr perdu parmi les milliers d’autres… Etant membre du CEGES, je tenais à répéter son appel et profiter de l’instant pour l’insérer dans une approche historique bruxelloise.

Ph. Francart a publié en 1988 et à compte d’auteur « La Côte belge 1940/44, le Mur de l’Atlantique », deux tomes étonnants et difficiles à trouver (686 pages en tout).

Le Front de l’Indépendance, fondé début 1941 et d’obédience communiste, fut avec l’Armée Secrète un des groupes de résistance armée le plus important numériquement en Belgique, histoire de rappeler les faits.

Enfin, le CEGES possède son site Internet à cette adresse : http://www.cegesoma.be/cms/index_fr.php , à première vue, cela peut sembler un peu compliqué ; il faut s’y habituer. Mais si vous cliquez, colonne de gauche, sur ‘Catalogue en ligne…’, vous pouvez consulter le catalogue PALLAS, cliquez… une nouvelle fenêtre s’ouvre sur un questionnaire, tapez votre requête en, par exemple, choisissant ‘photothèque’… suit une liste… Cliquez sur un sujet, il y a en haut l’icône d’un œil, cliquez ! Vous avez presque tout saisi. Bon voyage dans le temps.

Lompret

A titre d’exemple, je ne sais si le CEGES sera intéressé par cette image prise en 1946 ou 47 à Lompret, près de Chimay où passe l’Eau Blanche, lieu d’un camp de résistance (à vrai dire pas loin du Hauptquartier du Führer à Brûly-de-Pesche) ; le ‘grand’ est mon cousin Marcel Thiebault et à droite peut-être mon père. Les gamins exhibent des armes mais ce ne sont pas des Tommy Guns (RD).

 

11/04/2009

A VOIR ABSOLUMENT CE WEEK-END !

rosendor

Jusqu'au 13 avril.  Après, tout sera dispersé !!!!

A voir ABSOLUMENT !!!!

Collection Rosendor

Rue Navez 90 à Schaerbeek, proche du Pont Van Praet

Voir la bio sur le site : www.rosendor.be 

Merci à Nosferatuske pour l'info

10:56 Publié dans BRUXELLES | Commentaires (0) |  Facebook | |

17/04/2007

La Maison du Peuple de Victor Horta

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La Maison du Peuple fut inaugurée le dimanche 2 avril 1899 en grande pompe !  Pour cet évènement un cortège s’était formé dès la gare du Midi pour arriver à la rue Joseph Stevens.  Des centaines et des centaines de drapeaux rouges étaient balancés durant cette marche.  Tous étaient là pour inaugurer l’église socialiste deVictor Horta.   Emile Vandervelde, Jean Jaurès le célèbre socialiste…et bien d’autres figures de l’époque.

 

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Ce temple comportait au rez-de-chaussée des magasins et un grand café.  La boucherie était du côté de la rue des Pigeons, l’épicerie côté de la rue de la Samaritaine.  Au 1er étage il y avait les bureaux.  Au 2ème étage il y avait une deuxième salle de fête et une quinzaine d’autres salles (plus petites).  Au 3ème étage, il y avait divers locaux et le 4ème  étage était comme on disait…la cathédrale !  Cette salle pouvait accueillir 3000 personnes dont 1700 assises.  On y jouait aussi du théâtre…..et c’est là aussi qu’il y eut un meeting monstre de protestation contre la re-condamnation de Dreyfus à Rennes. 

 

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Il y avait des Maisons du Peuple dans chaque grande ville de la Belgique mais celle de la rue Stevens  était la plus importante.  Chaque fois qu’il y avait une grève, on y accourait  pour rencontrer les militants responsables.

 

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C’est la construction de cet immeuble comme chacun sait,  qui devait asseoir pour toujours la réputation du grand architecte belge Victor Horta. 

 

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Malheureusement cet immeuble considéré en 1964 comme « démodé » fut l’objet de l’esprit lamentable de la spéculation immobilière.  C’est sous le gouvernement de Lefèvre-Spaak que fut prise cette décision stupide de démolir cette œuvre de Horta. 

Dans le journal « Le Soir » du 30 janvier 1964 on pouvait lire en titre « La Maison du Peuple définitivement condamnée ».  Ce ne sont  malheureusement pas nos politiques Belges qui ont été le plus émus par cette décision….ce sont les architectes du monde entier qui ont été indignés !   Le seul compromis obtenu par l’Etat : un subside pour le démontage et la conservation de certains éléments de ferronnerie en vue d’une éventuelle reconstruction…. Mensonge !  Une dizaine d’années après, les pièces entreposées d’abord à Tervueren et émigrées à Jette dans un terrain vague ont été à la merci des intempéries, des voleurs récupérateurs de vieux métaux ….certaines pièces terminèrent leur carrière dans une fonderie au Japon à 2.50 francs belge le kilo !   Après ce massacre un nouveau mot est arrivé dans le langage des architectes du monde entier…. « bruxellisation » !!!

 

Chez toi

 

Aujourd’hui remplacé par une tour de béton,  dix fois plus rentable le paysage bruxellois est à jamais  défiguré.  

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Le baron Horta est décédé le 8 septembre 1947 à l’âge de 87 ans.  Il était un génie de l’architecture du début du siècle en en faisant un Art Nouveau. 

 

Avis d'un visiteur du blog...

 

Le Parti Ouvrier avait quelques visionnaires au début du XX° siècle et ils n'avaient pas peur de traiter avec un architecte grand-bourgeois, 60 ans plus tard le PSB n'avait plus à sa tête que des fonctionnalistes qui ne comprenaient rien à l'art nouveau, comme 99.9% des belges quelle que soit leur couleur! J'ai fait des photos à 18 ans en 1970 de façades art nouveau, personne ne le faisait, il n'y avait pas de livres et on démolissait sans état d'âme. ca a changé, heureusement, mais bien tard! bravo pour cette suite continue decartes et photos...qui méritent plus qu'un blog! amitiés

 

Michel Van Hove

 

10/04/2007

la cité Hellemans ou les Vieux Blocs

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Au 19ème siècle, l’ensemble du quartier de la rue Haute et la rue Blaes était constitué d’un ensemble d’impasses et de cours (comme la plupart d’autres quartiers dans Bruxelles).  Au milieu de ce siècle, la Ville décide de s’intéresser au problème d’assainissement afin de mieux contrôler ces endroits considérés comme insalubres. 

 

Il était urgent de trouver une solution afin de reloger la population qui ne désirait pas quitter les lieux. Malheureusement, ce n’était pas au départ une priorité pour la Ville. Il faut garder en mémoire que les gens n’ont pas été ménagés en matière d’expropriations …Il y eut les grands travaux de la Jonction ferroviaire Nord-Midi, la construction de Palais de Justice et le voûtement de la Senne.

 

 Entre 1851 et 1854, la première action spectaculaire fut le percement de la rue Blaes et la disparition de très nombreuses impasses.

 

Comment reloger un maximum de personnes sur un espace restreint ?  C’est l’architecte Emile Hellemans qui en 1905 va imaginer un ensemble de six blocs parallèles.  Une idée assez moderne pour l’époque, un ensemble architectural influencé par l’art nouveau alliant le confort (de l’époque) et le modernisme.

 

C’est en 1915 qu’eut lieu l’inauguration de la Cité Hellemans.    

 

Très critiquer par certains et pourtant très apprécié par les locataires, ces immeubles offraient un espace de vie beaucoup plus agréable que dans les impasses et autres vieilles maisons du quartier. 

 

Même si les habitations n’offraient que le strict nécessaire, il y avait de l’espace pour les enfants et les personnes plus âgées pouvaient tranquillement profiter de leur grande terrasse les jours de beaux temps. 

 

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Photo Archives de Bruxelles...à la construction des nouveaux logements dans les années 50-60 la cité Hellemans fut nomée "Les Vieux Blocs"

 

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Je me souviens qu’à l’époque, ma grand-mère ne fermait jamais sa porte à clé.  Tout le monde se connaissait.  Dès que l’on pénétrait dans son appartement  il y avait une grande pièce qui servait de salon et salle à manger avec vue sur le grand balcon. Il y avait 2 portes de part et d’autre de la pièce, c’était les chambres qui donnaient côté rue Blaes.   Je vois encore son grand poêle à charbon sur lequel elle déposait l’eau à chauffer afin de pouvoir offrir une tasse de café à toute heures  à ses visiteurs.  Elle avait son petit moulin à café et son paquet de chicorée à la main.  Cela sentait toujours le café chaud et le speeculoos chez elle.  Elle assise dans son petit fauteuil, tricotait toute la journée et nous autour de la grande table, nous l’écoutions des heures parler de son arrivée dans ce logement.  Elle parlait de l’arrivée du gaz, de l’électricité, de l’installation de la petite salle de bain dans la cuisine !!  De l’obscurité terrible dans laquelle ils étaient plongés durant la guerre, du bruit du tram qui passait encore rue Blaes.  Pendant ce temps là, mon grand-père créait ses tableaux sur le balcon.  Depuis sa pension il aimait peindre le vieux quartier de la Woluwe qu’il avait gardé en mémoire…  Ils ont vécu près de 60 ans dans les « Vieux Blocs ». 

 

J’ai toujours  du mal à imaginer comment ils ont pu vivrent là avec 8 enfants ?  Même si il y avait 3 chambres dans leur premier appartement de la rue des Orfèvres (le premier bloc comme on disait)…..Pour rien au monde, ils n’auraient accepter de partir vivre ailleurs. 

 

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Voici une annonce que j’ai reçue dernièrement…si cela vous intéresse, répondez rapidement à cette dame  

 

"Je suis professeur à la Vrije Universiteit Brussel. Je suis historienne et spécialisée en histoire sociale. J'ai pu consulter les archives du Foyer bruxellois pour préparer un article sur le Cité Hellemans  rue Blaes/rue Haute/rue de la Rasière.  Maintenant j'ai l'ambition d’écrire sur la vie quotidienne des habitants de ces appartements. Je voudrais interviewer des gens qui ont vécu dans ces appartements dans les années 1940, 1950 et 1960."

 

Voici l’adresse : pvdeeckh@vub.ac.be    Patricia Van Den Eckhout