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28/10/2008

Aérodrome de Haren....

Aérodrome de Haren, vous me copiez ?

 

Sophie avait déjà proposé un topic sur cet aérodrome qui donna naissance à ceux de Melsbroek et de Zaventem. Voir la catégorie « Aviation » et vous descendez avec la roulette de votre souris. Le Musée de l'Armée a mis en place une exposition concernant cette plaine d'aviation, elle se terminait le 26 octobre 2008, j'y ai fait un saut ce matin le dernier jour d'expo. Mis à part qu'il faut la trouver, j'ai dû demander de l'aide, de nombreux panneaux retracent cette épopée invraisemblable, ceci dans un lieu suprême, le Grand Hall ! A noter que divers appareils disposés sur le tarmac ont été replacés dans des thématiques, ce qui rend leur histoire plus lisible. D'autant plus que vous êtes « à côté » du zinc et pouvez facilement et doucement - respect pour les ancêtres ! - tapoter des carlingues ou autres bouts d'aile. Le Musée de l'Air de Bruxelles est un lieu divin pour les amateurs.

 

Haren_Expo

L'expo et ses maquettes : souvenez-vous la Caravelle était pilotée par le gars des hélicos de l'Allée Verte...

 

Sans doute aussi pour les visiteurs d'un jour. Ce dimanche matin, à l'ouverture, j'étais le deuxième visiteur (levé tôt avec le décalage horaire, haha !). Après l'expo Haren et un long cheminement près des drôles machines de 14-18 disposés sur la mezzanine, j'ai retraversé le Grand Hall, m'arrêtant sous l'envergure d'un Spit ou de ce magnifique Mosquito. Animation multilingue assurée par les copains Japonais et Indonésiens de passage comme quoi il savoir se promener dans un musée pareil. M'apercevant, un 'gars-pas-d'ici' rigole se faisant tirer le portrait devant l'hélico Hind : « Sir, could you picture us here ? ». No sweat guys, 10-4.


 

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Pas encore la grande remise à neuf, mais spectaculaire.

 

Revenons à l'expo Haren. Certains pourraient dire que c'est assez faible (s'ils ont visité la mezzanine). Je suppose que les responsables devaient « tenir » dans une enveloppe budgétaire minimaliste. Ils ont de toute façon travaillé parfaitement et au mieux de leurs possibilités. L'essentiel - et ne venez pas me reprocher une sombre promo ! - est la publication d'un bouquin tel que je les aime. Je reste toujours admiratif devant ce genre de projet. Je ne l'ai pas encore lu mais profondément feuilleté de retour à la maison (Lydie : « Holà, tu viens à table ? ») : Sven Soupart et son « Aérodome de Haren-Evere », chez AAM Editions, semble être l'ouvrage de référence sur ce sujet si proche de la capitale. Une bien belle histoire.

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Gros plan sur la mauvaise nouvelle.

 

Cela dit, il vous faut savoir que TOUT ce qui demeurait sur le site de l'aérodrome de Haren ces dernières années, sous juridiction militaire pour faire simple, dont ces immeubles du passé de la plaine sont passés sous la masse des démolisseurs. Madame Chapeau disait : « ces crapuleux », je n'irai pas jusque là mais c'est absolument dommage que les technocrates n'ont pas songé à préserver les deux bâtiments, à savoir l'Avia Club et le 'terminal' , et pensé à les intégrer dans leurs projets mirifiques à venir.

Book_Haren
 

Et les Princes qui nous gouvernent l'ont bouclé comme de bien entendu.

 

Robert Dehon

 

16/05/2007

Héliport - Allée Verte à Bruxelles

 

 

 

 

Les hélicos de l’Allée Verte.

 

Les Américains utilisaient le sommet de leurs gratte-ciel, ici, plus terre à terre, on a choisi le site de l’Allée Verte, à quelques centaines de mètres de la Place Rogier. L’idée de la SABENA était d’établir une connection rapide et ultra moderne avec Paris, par hélicoptères ! Le premier appareil à voilure tournante est le Sikorsky S-55 qui est remplacé par le S-58 C jusqu’en 1965. La Belgique est pionnière en hélicos, dès 1950 une demi-douzaine de villes reçoit le courrier via les S-55, les passagers suivent. Jos Casters était un de ces pilotes : « L’ambiance n’était pas tellement différente de n’importe quelle aérogare, si ce n’est que l’Allée Verte était située en pleine ville. Les passagers étaient accueillis par des agents de service, il n’y avait pas de demoiselles, et recevaient un chewing-gum, contre le mal de l’air je suppose, et, sous cellophane, des tampons d’ouate, pour le bruit de la cabine, j’en suis certain. On peut le dire aujourd’hui, le vol Bruxelles/Paris était un coup de publicité : volez de Bruxelles à New York et vous avez un vol hélico de Bruxelles à Paris gratuit ! ». Le S-58 C pouvait emporter douze passagers mais la météo et les vents du Sud-Ouest déterminaient en fait le nombre de passagers pour des raisons de consommation d’essence. « Si nous ne pouvions embarquer que 10 passagers sur les 12 annoncés, deux d’entre eux regagnaient l’aérogare et attendaient le prochain vol… un drink SABENA à la main, bien sûr ». Un S-58 C consommait en moyenne 340 litres d’essence par heure de vol !

L’Allée Verte mérite une étude historique d’envergure.

Robert Dehon

 

Source : « Carnets de Vol », n° 21, article de R. Dehon.

 

 

S55_Melsbroek

 

 

Belle étude d’un S-55 à Melsbroek où se trouvait l’écurie des hélicos SABENA.

 

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Oblique sur l’Allée Verte en 1955, l’aérogare est à gauche.

 

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Jolie vue sur le terrain avec des S-55 ; la piste permettait aussi de recevoir de petits porteurs pour le courrier… en plein centre de la Capitale, fou, non ?

 

Allée_Verte_1955ter

 

 

Un S-58 C parqué devant la verrière du garage Citroën.

 

Brussels_Paris

 

 

Carte de navigation simplement établie à partir de cartes Michelin, l’Allée Verte est indiquée en bas à droite. Il n’y avait qu’un seul pilote, pas de copilote. S’il y avait du brouillard, on suivait les lignes de chemin de fer : pilotage à vue ! Une série de points géographiques remarquables sont repérés, y compris des zones d’atterrissage d’urgence.

 

Merci à Robert Dehon pour ces précisions sur l'histoire de la Sabena à Bruxelles.