16/01/2013
petite chronique de 1933 suite

Plus de 1800 familles utilisent les carnets de dix coupons, au Théâtre royal de la Monnaie, et font une économie de 20%. Prix du carnet : 280 FB.

Théâtre de l'Alhambra



Théâtre Molière


Le Théâtre du Parc

Le Cirque Royal
La question du chapeau au théâtre est un des graves problèmes de l’heure présente. Quand le chapeau est interdit aux dames, il en est qui, légitimement, peuvent prétendre que le minuscule bonnet qu’elles portent de côté n’est pas un chapeau. L’ouvreuse n’est pas de cet avis. Le bourgmestre Max vient de les mettre d’accord : il a donné pour instructions à la police de tolérer que les dames occupant dans les théâtres les places où les chapeaux est interdit portent des coiffures basses, enserrant la tête et dont les garnitures ne puissent gêner d’autres spectateurs.



Théâtre de la Monnaie et Taxis




Théâtre Flamand
![album_large_701462[1].jpg](http://static.skynetblogs.be/media/156683/1357651701.2.jpg)
-La Police bruxelloise compte 1256 personnes. Un budget de plus de 30 millions. Signalons que le nombre d’automobilistes qui ont reçu une contravention pour avoir dépassé les 40 km/h en ville s’est élevé à 1834, pour l’ensemble de l’année dernière.

COMMISSAIRE EN CHEF SOUS LES VERROUS
Dimanche 17 décembre 1933, le juge d’instruction Demuylder, après avoir conféré avec M. Simons, premier président de la cour d’appel, a placé sous mandat d’arrêt M. Geroges Angerhausen, a avoué avoir servi d’intermédiaire pour la vente d’huiles et d’essences de la maison Pauwels, avoir touché de ce chef des commissions, et avoir, à la demande de Pauwels, « classé sans suite » plusieurs contraventions ou procès verbaux.
GENDARMERIE ET T.S.F.
Le budget de la Gendarmerie, pour 1933, est en diminution de 12 millions environ sur celui de l’année dernière. Il y a cependant un poste nouveau important : celui de 410.000 FB, qui prévoit la réalisation du réseau permanent de télégraphie sans fil de la Gendarmerie.
A propos, combien y a-t-il d’appareils de T.S.F. en Belgique ? A l’heure actuelle plus de 285.000 détenteurs de postes récepteurs ont acquitté la taxe. Plus les fraudeurs…..
-Le mardi 16 mai 1933, les nouveaux gendarmes motocyclistes chargés de la surveillance de nos routes ont opéré pour la première fois. Aux environs de Cortenberg, ils ont arrêté un automobiliste, qui avait oublié de corner lors d’un dépassement en rase campagne. L’automobiliste a reçu des instructions précises sur les règles de la circulation qu’il venait d’enfreindre.

LE CRIME DES SŒURS PAPIN
Le 2 février 2013, dans l’après-midi, un habitant du Mans rentrant chez lui avait découvert sa femme et sa fille étendues sur un palier, le visage broyé, le crâne écrasé et la partie inférieure du corps tailladée. Les deux bonnes, les sœurs Papin, qui avaient commis ce double meurtre, étaient dans leur chambre. Elles avouèrent, calmes en apparence, leur forfait. Trois psychiatres concluent à leur entière responsabilité.


-Le mardi 9 mai 1933, M. Hymans, ministre des Affaires étrangère et vice-président du Conseil des ministres à demandé aux Chambres d’accorder des pouvoirs spéciaux au gouvernement pour une durée de trois mois. Il les a obtenus. Début juin, le gouvernement promulguait dix arrêtés-lois dont le but était de rétablir l’équilibre budgétaire. Traitements, pensions d’ancienneté, pensions de vieillesse subissent une réduction générale de 5%. Les subventions et les subsides sont réduits de 20%. Les dépenses d’administration sont diminuées en bloc de 10%. Une taxe de crise frappe les titulaires de revenus supérieurs à 35.000 FB. Une contribution d’un et demi pour cent est appliquée à tous les citoyens. Au mois de juillet, se livre la première bataille politique des ondes : on entend sur les antennes de l’I.N.R. ministres et membres de l’opposition.


-L’Art nègre est à la mode… Les marchands de curiosité, à Bruxelles, Paris, Berlin, Londres, New York, se sont évertués à orner les musées et les salons de statuettes et de masques. Un tel engouement a inévitablement créé des imitations. Des objets ont été fabriqués en nombre sur le sol même de l’Afrique, sous la conduite d’Européens malins.

A LA GLOIRE DE LA MAROLLE
Ce dimanche 1er juillet 1933 folklore bruxellois a connu une journée exceptionnelle. Les amis de la zwanze et du délicieux parler bruxellois qui, hélas, se meurt lentement, ont inauguré, en contrebas du Palais de Justice, un bas-relief du sculpteur Pierre Wolf représentant un jour de guindaille dans le vieux quartier populaire de Bruxelles. Traitée à la manière de Pierre Breughel le vieux, peintre incontesté des liesses brabançonnes, l’œuvre rappelle qu’il fut, lui aussi, habitant de ce quartier (sa maison se situait rue Haute et est enterré dans l’église de la Chapelle… enfin… dit-on). Ce fut un pittoresque épisode de cette vie populaire de notre capitale qui se termina, comme il se doit, dans les estaminets du quartier, où gueuze, faro et lambic coulèrent à flot.


TRANSFUSION SANGUINE
Le professeur Bogomoletz, membre de l’Académie des sciences de Moscou, vient de signaler que la transfusion du sang pourra désormais être largement opérée. Cette transfusion en masse a été rendue possible par la découverte d’une méthode de conservation du sang. C’est ainsi que du sang expédié de Moscou a pu être utilisé dans d’excellentes conditions à Vladivostok, à plus de 10.000 km.

-Hitler plébiscité par 40 millions d’Allemands.
L’ancien peintre en bâtiment Adolf Hitler, celui-là même qui avait tenté un coup de force à Munich en 1930 mais avait alors échoué, va, en une seule année -1933- prendre le pouvoir absolu en Allemagne.

UN REMOULEUR A L’ ABRI
Décidemment, on n’arrête pas le progrès. Cet aiguiseur bruxellois a remisé la charrette à bras qu’il poussait de par les rues pour la remplacer par une automobile. Pour rendre à nouveau tranchants couteaux et ciseaux, notre homme n’a plus besoin de pédaler sur sa meule, puisque celle-ci est entraînée par le moteur. Mais où s’en va le pittoresque d’hier ?
Que le pittoresque s’en aille, affirme-t-il, n’a guère d’importance pour moi. Depuis que j’ai mis mon installation au goût du jour, je me fatigue beaucoup moins. Et, en outre, je n’ai plus à me soucier des intempéries !


04/04/2010
La plus populaire des actrices bruxelloises
ESTHER DELTENRE La plus populaire des actrices Bruxelloises.
Comédienne Chanteuse née à Lessen (à vérifier)le 26 mai 1877 et décédée à Forest le 24 octobre 1958 à Forest.

Elle a seize ans…. Elle est déjà la vedette du Casino de la Bourse, dans un tout de chant.
On pouvait lire dans le « Soir Illustré » du 25/09/1947 au sujet d’Esther Deltenre, l’article suivant :
Réception chez le Prince Régent, croix de chevalier de l’Ordre de la Couronne, médailles honorifiques de la ville de Bruxelles, parchemin lui conférant le titre de citoyenne d’honneur de la commune de Saint-Josse-Ten-Noode, représentation de gala aux Folies-Bergère, son théâtre actuel, discours, cadeaux, fleurs….. Rien n’aura manqué pour fêter les soixante ans de théâtre et les septante ans de la plus populaire des actrices bruxelloises, la joviale ESTHER DELTENRE.

Esther Deltenre à la sortie du Palais Royal, où le Prince Régent vient de lui remettre la Croix de Chevalier de l’Ordre de la Couronne.
On peut même dire que jamais actrice de chez nous ne fut fêtée avec tant de solennité, avec tant d’enthousiasme. C’est que sa longue carrière artistique en fait une « recordwoman » peu banale !

Elle a débuté à l’âge de dix ans dans un café-concert du boulevard du Hainaut – et que, comme le fit remarquer notre sympathique bourgmestre M. Van de Meulebroeck en lui remettant la « médaille de Bruxelles » , elle est la créatrice d’un genre dramatique : le genre Esther Deltenre.

M. Van de Meulebroeck offre à l’artiste la médaille honorifique de la Ville de Bruxelles.
Ces distinctions extraordinaires méritaient bien un hommage exceptionnel. Il n’est pas un acteur du terroir qui n’ait été son partenaire : Nossent, Libeau, Roels, Devère, Prosper De Wit, Murio, Rittche, Festerat, Miller, Mussière, Floro, Vodé, Simone Max, Vaerewijck, Van den Broeck, Emmy Van Es (nous citons au hasard de la plume), figurent parmi les contemporains, Jacque, Crommelynckx, Strack, Harzé, Delrez, Milo, Lejeune, Baltus, Genot, Fernande Dumont, De Bauw, Minet sont à citer parmi ceux d’autrefois, aujourd’hui disparus, qui furent ses camarades de plateau, et si l’énumération de ces noms ne dit pas grand’ chose à la présente génération, elle évoquera bien des souvenirs aux générations précédentes, de bons souvenirs d’une bonne époque faite de joie tranquille et de souriante insouciance.

Et nous oublions les comiques de province qui lui donnèrent tout aussi allègrement la réplique : Van Aerschot, Van den Bosch, Lamoen, d’Anvers, ; Rinchon et Sabeau, de Charleroi ; Van Daele, de Gand ; Fauconnier, Delaxhe et Donat Wagner, de Liège. Car notre Esther mérite le qualificatif de national qu’on joint d’habitude à son nom, ayant promené dans toutes les principales villes de notre pays son infatigable et inimitable humour.

Bien mieux : elle est aussi une vedette internationale, puisqu’elle se produisit sur la scène du Casino de Paris, en compagnie du plus célèbre des fantaisiste français, c’est-à-dire Maurice Chevalier, qui est resté l’un de ses plus chers amis…

Mais c’est surtout au point de vue rétrospectif que la rondouillarde et toujours jeune Esther est la plus évocatrice. Elle rappelle de vieux théâtres à présent disparus : l’Olympia, à présent remplacé par un cinéma et qui se trouvait en face de l’actuel théâtre de la Bourse, la Brasserie Flamande, le Casino de la Bourse rue Van Praet ; la Scala, place de Brouckère, l’Alcazar, rue d’Arenberg.

Elle s’est éprise d’un « tchouk-tchouk », lequel n’est autre que le comique anversois Van Aerschot.
Ce fut à l’Olympia qu’elle incarna la fameuse Casque d’or, célébrité parisienne jugée indésirable par notre gouvernement et qui fut expulsée de Bruxelles un beau matin.
« Chers Bruxellois, j’ai soupé d’votr’ figure,
Vous n’verrez plus la môme Casque d’Or. »

Un de ses triomphes : Casque d’Or, indésirable célébrité parisienne.
Ce fut à la Scala qu’elle chanta le premier bassin populaire de natation aménagé en notre ville :
« Les ketjes des Marolles
Accour’nt en bandes folles
Comme les chics messieurs
Dans mon local spacieux »
Ce fut à la Scala qu’elle arbora le fringant uniforme de cantinière des « chasseurs de prinkères », la chasse aux hannetons au Bois de la Cambre donnant lieu, chaque année, à une expédition de gais lurons qui, le soir venu, regagnaient leurs pénates dans un état plus ou moins « vaseux ». Heureux temps où les hannetons étaient nos seuls ennemis auxquels il fallait faire la guerre !

N’est-ce pas qu’elle a l’allure martiale, cette cantinière du régiment des « chasseurs de prinkères » ?
Ce fut à l’Olympia qu’elle chanta les vertus de notre « Kip-Kap » national avec Nicolas Abzreville, son émule en corpulence.
Ce fut à la Scala qu’elle blagua le concours de politesse institué pour les marchandes de quatre saisons par Charles Buls. Et les bouquets qu’elle offrait au public étaient plutôt sonores…..

La leçon de politesse à l’Olympia en 1899
Ce fut à la Scala qu’on la vit jouer du trombone, personnifiant une des « gretchens » qui, à l’Exposition de 1910, composaient les orchestres allemands qu’animaient de leurs flonflons la section germanique…

Et la voilà personnifiant une « gretche » de l’Exposition de 1910
Car, avant de passer à la Gaîté, à l’Alhambra et aux Folies-Bergère, la dynamique Esther fut surtout la pensionnaire de la Scala, de l’Olympia et des Galeries.

La voici en acrobate, avec Merin, Léo et Jacque dans une revue.
Bref, c’est tout le vieux Bruxelles qu’elle a chanté de sa voix claironnante, forçant le succès par un entrain, une verdeur, une force comique irrésistible.

« Qui veut de bonnes couques de Dinant ? »
Esther Deltenre se produisit aussi, tout aussi triomphalement, dans des comédies, des opérettes, des parodies diverses (ceux qui l’ont vue en Mimi dans « la Petite Bohème » ne l’oublieront jamais !).

Elle explique à deux autres commères des Folies-Bergère (Mmes Martens et Berodes), le mystère des soucoupes volantes (1947).
Mais c’est dans la revue qu’elle a conquis son plus beau titre de gloire et cela suffit à la classer parmi les acteurs belges les plus dignes de notre reconnaissance et de notre admiration, ce genre de pièces ayant, de tous temps, jouis des faveurs de nos compatriotes.

Les Folies-Bergère nous présentent Esther Deltenre en … M. Van de Meulebroeck ! (un rôle d’homme) ! Elle avait déjà représenté, en 1910, Armand Fallières, … autres « rondeur »

Article de Fernand SERVAIS.
Pour terminer, je citerai la définition du livre « le folklore bruxellois de A à Z » de Bob de Backer et Daniel Polet :
ZWANZE (la) : La zwanze bruxelloise est la grosse blague fraîche et joyeuse…. Elle est une des manifestations les plus pures du vrai folklore. Tout Bruxellois a dans le cœur un « zwanazeur » qui sommeille. La bière est à la zwanze ce que l’œuf est à la poule, en d’autres mots, elle est la cause et la conséquence.
…Et je pense que notre Esther nationale était un réelle « zwanzeuse » …
Sofei
14:22 Publié dans artistes bruxellois, peronnages bruxellois | Commentaires (13) | Envoyer cette note |
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