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26/11/2009

le CEGES à la recherche d’éléments historiques

Le CEGES a un avenir certain !          

 

 

L’Imperial War Museum de Londres, ainsi que les National Archives de Kew et The Aerial Reconnaissance Archives à l’université de Keele du temps de son exceptionnelle directrice, Ms Marylyn Beech, m’ont été d’une aide précieuse lors des recherches sur le Fort de la Crèche à Wimereux, mon aventure personnelle.

Je me rappelle Philippe Francart, disparu trop tôt, le rat de bibliothèque effréné de l’époque du Centre de Recherches et d'Etudes historiques de la Seconde Guerre mondiale (CREHSGM). Ou encore de la lettre du Professeur Luc De Vos, Ecole Royale Militaire, me conseillant amicalement de prendre langue avec la Fondation Simon Stévin d’Anvers pour me mettre « à niveau » en matière d’étude des fortifications belges. Que d’excellents souvenirs de ces collaborations.

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Sans avoir les ressources de pays plus « armés » au point de vue budgétaire, la Belgique s’est dotée d’un organisme centralisateur non seulement efficace mais qui se hisse vraiment au niveau de compétence de ses homologues étrangers : le Centre d'Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGES).

 L’impact, de fin 2006 à ce jour, du blog de Sophie Peeters a sans doute décidé Chantal Kesteloot, responsable des Activités scientifiques et publications, à la contacter. La raison est évidente : la recherche d’éléments historiques se doit aussi de passer par le public, afin de compléter les acquis provenant des sources officielles. C’est une phase de consolidation pendant qu’il est encore temps. Aucun cynisme ici : nos parents s’éloignent et avec eux leurs souvenirs photographiques ou écrits, peut-être dispersés, sinon malencontreusement détruits. Or, le blog de Sophie n’est-il pas constitué de fonds secrets empilés dans nos coffres « Rackham le Rouge » ?

Personnellement, je pense que cet appel mérite toute votre attention pour l’avenir de notre histoire commune !

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Vues de l’impressionnant hall d’entrée, en mezzanine l’espace de consultation des documents (photos CEGES).

Chantal Kestelloot s’en explique : « Le CEGES est à la recherche de photos de particuliers sur le thème des “villes en guerre” et ce dans le cadre de volumes et d'expositions en préparation consacrés à Bruxelles, Anvers, Liège, Gand et Charleroi sous l'occupation. Nous ne sommes pas seulement intéressés par des photos de bâtiments ou de l'occupant mais aussi par des clichés illustrant la vie au quotidien de Monsieur et Madame Tout le Monde. Des phénomènes comme l'exode de mai 1940 (et le retour), le travail, l'école, les fêtes de famille sont au nombre des thèmes qui nous intéressent. De même, la vie dans les campagnes fait également partie des centres d'intérêt du CEGES. Que vous possédiez une photo ou plusieurs albums, l'ensemble constitue à n'en pas douter, de précieux témoignages visuels permettant de mieux comprendre la vie au quotidien durant cette période difficile ».

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Table de digitalisation grand format avec sa colonne-caméra.

 Au fait, comment procéder ?

Chantal Kesteloot : « Vous êtes bien entendu attachés à vos photos et vous ne souhaitez pas vous en séparer ! Quoi de plus normal ! Pas de problème. Grâce à la digitalisation, nous vous les restituons très rapidement et nous vous offrons une copie sur CD des images numérisées. Leur valeur documentaire sera ainsi sauvegardée ».

Le plus simple est de contacter Florence Gillet, en charge du secteur « Images et Sons », par mail (florence.gillet@cegesoma.be) ou par téléphone (+32 2 556 92 11).

 Voilà pour l’appel de Chantal Kesteloot que Sophie et moi répercutons avec grand plaisir. Mais le CEGES possède aussi sa part d’histoire. En voici le résumé.

Le CREHSGM, situé Place de Louvain, est créé le 13 décembre 1967 pour prendre toutes les mesures nécessaires en vue de recenser, sauvegarder et dépouiller les documents ou archives se rapportant à la Seconde Guerre mondiale en Belgique, ses antécédents et préliminaires et ses conséquences. Le CEGES remplace le CREH… en 1993 et est installé jusqu’à 2004 au Résidence Palace.

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Consultation de documents dans les bureaux étriqués de la Place de Louvain (photo CEGES).

 En 1969, une équipe de six chercheurs se met en place et lance des travaux pionniers sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique. C'est ainsi qu'en 1971, José Gotovitch publie, en collaboration avec Jules Gérard-Libois, l'ouvrage de référence L'An 40. Depuis cette époque, Le Centre fait partie du Comité International d'Histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Nonobstant sa collecte d’archives, en 1980, il organise des séminaires et, dès 1990, des colloques internationaux. Début 1997, a lieu le changement d’appellation : le CEGES naît ! Et revêt aussi son sigle néerlandais, SOMA, soit Studie- en Documentatiecentrum Oorlog en Hedendaagse Maatschappij. Actuellement, le CEGES est fort d’une quarantaine de collaborateurs dont un encadrement scientifique permanent comprenant sept spécialistes, un informaticien et… un directeur.

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Le « Front de l’Indépendance » a transféré l’intégralité de son fonds au CEGES, voici le moment de la signature de la convention : de g. à dr., G. Corthouts, secrétaire-adjoint du FI, Rudi Van Doorslaer, directeur du CEGES, Michel Vanderborght, secrétaire national du FI et Dirk Martin, responsable du secteur Documentation du CEGES (photo CEGES).

 Dès la première illustration de cet article, vous avez deviné que les bureaux du CEGES sont installés dans un magnifique immeuble situé Square de l’Aviation, à la limite de Cureghem et de Bruxelles-ville, dont l’assise triangulaire s’ouvre sur le Boulevard Poincarré, voie « rapide » de la Petite Ceinture. Dans le cadre du programme Beliris, la place est devenue piétonnière. Plusieurs beaux bâtiments d’inspiration Art Nouveau délimitent l’espace… malgré quelques bannières ‘corporate » intempestives. L’endroit ne manque pas de charme, la célèbre « Librairie du Midi », sur le coin, réveille des souvenirs d’étudiant. Sans compter le magnifique Mémorial aux Forains morts pour la Patrie lors des deux guerres. Dommage qu’un parking de bus touristiques ait été implanté sur le boulevard : pas simple pour le cadrage des photos, puisqu’ils outrepassent la zone concernée.

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La librairie du Midi et le Mémorial des Forains (RD).

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Ce qui nous amène à la cerise sur le gâteau architectural : le foyer du CEGES ! La Prévoyance Sociale, une compagnie d’assurance populaire sur la vie, enrôle l’architecte Richard Pringier, collaborateur de Horta, pour la construction d’un bâtiment de six étages au coin du Square de l’Aviation, formé par les rues de l’Autonomie et Lambert Crickx. Celui-ci comprend des services administratifs de l’entreprise, des magasins et des appartements. C’est la première partie de l’ouvrage car en 1930 l’architecte Fernand Brunfaut accompagné de son fils Maxime, augmentent le volume immobilier par l’adjonction de deux autres immeubles de part et d’autre des deux rues citées. Ces constructions se fondent au premier qui, lui, subit une modernisation et un ajout de deux étages surmonté d’un dôme de verre assis sur une structure hexagonale. L’ensemble, formant un îlot, se voit aussi pourvu d’une tour-dépôt. Ils ajoutent les balcons sertis de fer, inventent des poignées de portes, reluquent le moindre détail…

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Le sgraffite majestueux de la Prévoyance Sociale (RD).

La Prévoyance Sociale quitte cet emplacement en 1957 pour ériger le premier « gratte-ciel bruxellois » au haut du Botanique. L’Etat installe alors le Service des Victimes de la guerre dans l’ancienne adresse. La situation pierreuse se dégrade et il faut attendre 1998 pour que la Régie des Bâtiments réagisse en lançant la réfection de l’ensemble, après que ce dernier fut classé en 1993. Du bel ouvrage, un rapport indique : « … ainsi, une partie des plaques en marbre Bleu belge de Bioul avaient disparu. Ce marbre n’étant plus exploité, il a été remplacé par un Marquina espagnol. Afin d’éviter un effet mosaïque, les lacunes de la partie avant ont été comblées par des plaques de marbre originelles provenant des façades latérales, où on a placé uniquement du marbre Marquina ». Sans parler du superbe sgraffite frontal horloger renaissant dans sa polychromie d’origine : lettres rouges rehaussées d’un filet à la feuille d’or. Et, bien entendu, le cartouche – véritable logo ! – qui surplombe l’entrée stylisant la prévoyance pour la famille. Il en va de même pour la modernisation interne qui se verra particulièrement compliquée.

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Le bouclier de l’homme couvre l’épouse et l’enfant des incertitudes, véritable allégorie signée d’un simple « D » (RD).

Cette courte évocation du CEGES et de son environnement géographique immédiat, ne doit pas oublier le message principal de cet article : si vous avez des documents de la Seconde Guerre mondiale, partagez-les ! Cela fera du bien à la Belgique !

Florence Gillet est à votre disposition : florence.gillet@cegesoma.be

 

Robert Dehon

 

Notes

Pour les « fidèles de chez fidèle », comme on dit bêtement actuellement, l’appel de Mme. Kesteloot avait déjà été émis sous forme d’un ‘comment’, bien sûr perdu parmi les milliers d’autres… Etant membre du CEGES, je tenais à répéter son appel et profiter de l’instant pour l’insérer dans une approche historique bruxelloise.

Ph. Francart a publié en 1988 et à compte d’auteur « La Côte belge 1940/44, le Mur de l’Atlantique », deux tomes étonnants et difficiles à trouver (686 pages en tout).

Le Front de l’Indépendance, fondé début 1941 et d’obédience communiste, fut avec l’Armée Secrète un des groupes de résistance armée le plus important numériquement en Belgique, histoire de rappeler les faits.

Enfin, le CEGES possède son site Internet à cette adresse : http://www.cegesoma.be/cms/index_fr.php , à première vue, cela peut sembler un peu compliqué ; il faut s’y habituer. Mais si vous cliquez, colonne de gauche, sur ‘Catalogue en ligne…’, vous pouvez consulter le catalogue PALLAS, cliquez… une nouvelle fenêtre s’ouvre sur un questionnaire, tapez votre requête en, par exemple, choisissant ‘photothèque’… suit une liste… Cliquez sur un sujet, il y a en haut l’icône d’un œil, cliquez ! Vous avez presque tout saisi. Bon voyage dans le temps.

Lompret

A titre d’exemple, je ne sais si le CEGES sera intéressé par cette image prise en 1946 ou 47 à Lompret, près de Chimay où passe l’Eau Blanche, lieu d’un camp de résistance (à vrai dire pas loin du Hauptquartier du Führer à Brûly-de-Pesche) ; le ‘grand’ est mon cousin Marcel Thiebault et à droite peut-être mon père. Les gamins exhibent des armes mais ce ne sont pas des Tommy Guns (RD).

 

29/07/2008

plaque commémorative bien discrète !

 

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BONJOURS LES AMIS

qui se souvient de cette plaque,je ne crois pas que beaucoup de marolliens s'en souviennent ! HELAS !!!

Quand je suis dans les environs et quand je vais a la salle MAROLLIA ,je ne manque pas d'aller faire un petit coucou a mon GRAND-PERE.....Eh oui...il faisait partie des victimes !!!!

Dans les années 50 , a la Marolle Kermis, le cortège et les festivités débutaient par la pose d'un bouquet de fleurs à cet endroit.

c'était un petit cortège avec tous des anciens MAROLLIENS et BERRE DE FLOIET en tête.

A présent,  tous les anciens sont partis .....et  cet endroit est ignorés.....

Cette plaque se trouve  RUE DE LA PREVOYANCE côté du boulevard....Quand vous passerez par là, n'oubliez jamais le courage de ces pauvres gens morts pour la bêtise humaine....

GUILLAUME KEKENBOSCH

11/07/2007

Plage + proche de Bruxelles

Hofstade : la plage de sable la plus proche de Bruxelles.

 

Situé au nord de Vilvoorde et au sud de Mechelen, Hofstade fut un lieu de divertissement de grand air incroyable et cela dès après la Première Guerre mondiale ! Le cas de ‘Hofstade-les-Bains’ ou ‘Hofstade-Baden’ peut paraître particulier. Certes, il l’est car à de nombreuses fois le site fut remanié, partiellement détruit, reconstruit et complètement réaménagé ces dernières années. Et il est situé hors de Bruxelles. Pourtant on y brusselait ! Hofstade était bien la plage de sable la plus proche de la Capitale… Voyons cela de plus près.

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Au détour de 1900, il est décidé d’aménager une deuxième ligne de chemin de fer entre Bruxelles et Antwerpen sur une berme rehaussée. Pour ce faire, des milliers de tonnes de terre sont nécessaires. En 1902, les travaux débutent sur 140 ha au sud du village de Hofstade : des trous de 10 à 14 m sont creusés. Ils se terminent en 1916. Pendant ces creusements sont trouvés de nombreux ossements d’animaux préhistoriques. Pendant la Première guerre mondiale, les fouilles sont ralenties puis arrêtées. Il n’y a pas de sources, l’eau de pluie suffit à inonder les trous… avec quelques machines abandonnées dans les fonds. Ainsi apparaît une trouée qui ressemble à un lac assez rectangulaire.

 

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Machine de creusement à godets et chemin de fer pour l’évacuation des terres, sur voie étroite de 60 cm.

 

En 1920, les excavations sont pleines d’eau. Pas un poisson mais un nouveau spécimen aquatique surgit : le sportif amateur de nage ! Il faut dire que les plages de notre littoral étaient bien présentées dans les journaux d’avant-guerre, laissant rêver… Et, tout à coup, on trouve de flotte libre d’accès non loin de la capitale ? Bien entendu, les Malinois, les Vilvordois et, déjà, des Bruxellois se pointent pour faire trempette ! Par milliers ! Dès 1921, les lacs de Hofstade deviennent un domaine de récréation plus ou moins géré ; en 1922, même le Touring Club en parle !

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Vu la profondeur, pas de crainte pour l’apprentissage de la nage.

 

 

1925 voit le réveil de la ville de Mechelen. Les lacs sont considérés comme apports d’eau douce. On place des barbelés et des tours de guets : terminées les baignades. Cette situation perdure avec une multitude de réactions publiques et politiques ; on en discute jusqu’à la Chambre… C’est ainsi qu’en 1929 est créée une « Commission du Lac d’Hofstade », pour réfléchir à l’avenir du site. Et tout le monde y passe, des Finances aux Transports en passant par la Santé et les communes locales : sacrée Belgique, va ! Comme aujourd’hui, dis donc !

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Et déjà on travaille aux premiers aménagements du « lac ».

 

 

C’est l’heure de s’arrêter un instant sur la situation sociale du pays qui aura une influence certaine sur le succès du site. Le tourisme social prend forme. De huit à quinze jours de congés payés selon l’appartenance à un groupe ou l’autre. Des groupements ouvriers se forment, et promotionnent des vacances pour tous les travailleurs. L’église rejoint souvent ces idées pour conforter sa propre position sociale-chrétienne accompagnatrice des familles. L’époque fourmille de concepts en faveur des populations démunies. Il est impossible de les développer dans les limites de cet article. Disons simplement que Hofstade va bénéficier de cet éveil social.

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Plan de novembre 1921 colorisé : à remarquer que la plage n’est pas encore implantée, Google Earth offre une bonne comparaison via satellite.

 

L’aspect social rebondit après la libération : reconstruction, bien sûr, mais une large part de la population est pécuniairement affaiblie et elle encaisse « l’opération Gutt ». Les vacances à la Costa Brava, ce sera dans les Golden Sixties ! Le camping d’Hofstade est donc très attractif pour les familles, non pas défavorisées comme dit aujourd’hui, mais simplement ne pouvant pas investir dans un séjour à la côte ou dans les Ardennes. Hofstade redevient un pôle touristique et refait « le plein » !

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Un bel apéro s’active entre les tentes !

 

 

Revenons en 1932. C’est à ce moment que des entrepreneurs, les frères Pierre et Victor Gelders, prennent les choses en mains. Des Vilvordois efficaces qui fondent « Hofstade-Plage » contre une contribution annuelle de 100.000 francs d’époque, à payer à l’Etat, pour une période allant jusqu’à 1936. L’entrée est donc payante. C’est aussi la période la plus faste du domaine. L’entrée sur la chaussée de Tervuren est « Holywoodienne » et donne accès à un village du style « Ancienne Belgique » copié sur celui de l’exposition d’Anvers de 1930.

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Les drapeaux claquent au vent, l’entrée principale a de l’allure !

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= Déjà des embouteillages sur les routes d’accès.

 

S’ajoutent, entre autres, un kiosque pour concerts de musique, un bâtiment promotionnel des chocolateries « Côte d’Or », un point de vente du parti des Travailleurs belges et un moulin à vent à deux étages de la brasserie malinoise Lamot : pub toujours et j’en passe ! Une voie de chemin de fer amène les visiteurs, un bateau du plaisir, le « Bucentoro », provenant de Malines accoste à Hever, sur le canal. Un vélodrome bétonné accompagné de tribunes permet à 15.000 personnes de voir les compétitions. Il est inauguré par un champion du monde de vitesse sur piste : Poeske Scherens ! Un camping offre le séjour sous toile. Et, sans doute la caractéristique qui demeure dans les mémoires, la plage de sable est aménagée avec sa légère pente… vers cette mer artificielle !

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Un dynamisme commercial un peu « kitsch » : on a rien inventé !

 

L’affaire prend une telle importance que le 21 juillet 1933 l’ouverture officielle se passe en présence du Roi Albert 1er et de son fils le Prince Léopold : il y avait 130.000 visiteurs présents ! Il faut aussi songer à un aspect difficile à imaginer de nos jours. Avant-guerre, le domaine affichait 11 ha dont 2 ha de surface liquide. Aujourd’hui Hofstade présente 160 ha dont 80 ha de lacs ! C’est dire l’expansion… après la Seconde Guerre mondiale !

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Albert 1er et le Prince Léopold lors de l’inauguration.

 

 

De toute façon, l’opération des frères Gelders et un succès sans pareil. Le public adore les estaminets, les restaurants tels « Mie Kramiek », les kermesses, les promenades et l’élection de Miss Hofstade-Plage en 1934, Netty, une brunette bruxelloise aux rondeurs exquises qui gagne à cette occasion 5.000 F. Pas mal !

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Espérant que c’est bien la photo de Netty !

 

Le Belge de l’époque est-il plus débrouillard ? Autour du domaine sortent de terre des hôtels, des restaurants et autres cafés. Les routes d’accès sont congestionnées lors des beaux jours. Le succès, disais-je ! Moment choisi pour l’Etat d’y regarder de plus près, en 1937. Le problème d’eau douce de Mechelen est résolu et le Conseil des Ministres du 27 janvier 1937 décide la création d’un parc de récréation soumis au Ministère de la Santé publique. Les frères Gelders perdent le contrôle exclusif du terrain, sous l’avalanche des millions de francs d’état, jusqu’au demi milliard. Le but est de moderniser, d’étendre la superficie, parfaire l’hygiène, bref, que le domaine soit exemplaire : une vitrine du savoir-faire national !.

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Ce qui manquait à l’Ancienne Belgique de l’Expo 58 ? Une plage. Etonnant, non ?

 

Ce qui est achevé lors de la nouvelle ouverture officielle du mercredi 19 juin 1939, en tant que domaine royal. Le résultat est excellent ! Le lac principal découvre sa plage de 750 m de long qui a nécessité 15.000 tonnes de sable du Rhin. La courbe de la plage reçoit un bâtiment abritant des cabines, deux cafés, un restaurant, des sanitaires, des douches, des magasins… le tout surplombé par une superbe terrasse promenade construite en bois tropical « kambala ».

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Une belle courbe – et de belles courbes - que les Beach Boys de Malibu (California, USA) nous envient encore toujours.

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Sans oublier la promenade dans les massifs boisés !

 

Au moins deux cours de tennis trouvent leur place à l’arrière des édifices de plage. Les choses sont bien faites : ils sont entourés de gradins en dur de belle prestance, environnés de plantations. De nos jours, avec la dernière modernisation du site, le tarmac a été creusé d’un chenal qui sillonne la partie est d’Hofstade. Les canards et autres poules d’eau y exercent leur smash avec un plaisir non dissimulé.

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Est adjointe au site une piscine de style olympique de 100 m par 50, en plein air. D’une profondeur maximum de 3,60 m, elle contient quelque 7.500 m³ d’eau : une des plus grandes d’Europe ! Vient ensuite, le « Boothuis », un café restaurant avec terrasse et un quai pour une centaine de barques. Hofstade reste ouvert au public jusqu’en 1941.

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Deux vues du « Boothuis », halte privilégiée quand il y a un coup de vent.

 

Le 10 mai 1940, les premières bombes éclatent sur Hostade-Plage. La Lufwaffe tentait d’atteindre l’aérodrome de Grimbergen. Bonne direction mais un peu court. A partir de ce moment, l’histoire du domaine est assez mal connue. On sait qu’il est occupé par le Heer (l’armée allemande), le public est interdit d’accès. La plage devient « un bain militaire » où se retrouvent soldats, officiers et « demoiselles », elles sont peut-être des éléments féminins de l’armée, les fameuses souris grises. Ce qui est certain est que les troupes américaines (mais quels divisions ou régiments ?) utilisent le domaine comme camps de prisonniers après la libération du pays. On peut imaginer les soldats enfermés dans les cabines…

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 Cette photo n’est pas prise à Hofstade mais illustre le propos.

 

Non, ils étaient concentrés sur l’espace du camping. Les « boys » demeurent jusqu’au 20 août 1946, utilisant le domaine en un immense centre de réparation pour le matériel roulant, appelé « Ordnance Depot 0-654 ». Quelque 3.000 habitants de la région travaillent pour l’Oncle Sam. Après leur départ, l’OMA (Office of Mutual Aid) s’installe, un bureau spécialisé dans la liquidation du matériel. Il faut constater que l’immédiat après-guerre ne rappelle pas les formidables journées de jadis. C’est le désert à Hofstade, l’abandon des activités, le navire de plaisance sur le canal est sans doute coulé, et il n’y a pas de crédits. Le Ministère de la Santé publique, vu le potentiel du site, relance le domaine et, le 1er mai 1947, une troisième ouverture officielle accueille le public. L’ancien comité de gérance n’est pas reconduit.

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Succès de foule garanti et une micheline pour le transport.

 

Le Ministère de la Santé publique et des Familles prend les choses en main et devient le 20 février 1950 propriétaire des lieux, jusqu’en 1983. C’est l’heure de nouveaux aménagements. Une barrière de bois est implantée à la profondeur de 1,60 m devant la plage, renouvelée en 1972 et 1991. La « digue » entre les deux lacs est consolidée à l’aide d’assises de béton. Le sable de la plage est remplacé en 1963 et 1993. En 1968, des portions en bois des bâtiments des cabines sont converties par des éléments plus résistant aux incendies.

La piscine olympique est modernisée et pourvue d’une station de purification d’eau dès 1955. Hélas, cette splendide structure est fermée en 1978 car ne correspondant plus aux normes hygiéniques. Quel dommage !

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Le « Boothuis » de 1939 se voit aussi rénové en 1953, avec un peu de béton, en 1963 et en 1981. Le « Zomerlust » soit le pavillon des enfants parait en 1949, il voit sa superficie augmentée en 1961. Il est construit sur le toit d’un bunker allemand, le seul du domaine, qui est engoncé dans la berge du lac. Mélange de béton, épaisseur de 30 cm, et de briques, il semble être une « Sonderkonstruktion, construction spéciale ». L’architecture interne est assez curieuse, comportant une partie en « tôle métro » et une pente bétonnée déboule de la seule large porte pour atteindre la berge du lac. Il est possible que l’armée allemande y stockait quelques bateaux. A vérifier… avec l’accord du propriétaire !

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L’établissement « Zomerlust » est construit sur un bunker allemand.

 

Suivent d’autres modernisations telles l’auberge de jeunesse qui offre 108 lits depuis 1948 ; une nouvelle entrée menant à un parking, nettement moins à la « Cecil B. de Mille » s’ouvre sur la chaussée de Tervuren. Il y avait encore une piste de patins à roulettes qui fut fermée en 1950 et remplacée en 1970 par d’autres bâtiments d’intendance. Le camping promotionné par le Touring Club est équipé de nouvelles installations sanitaires. Le cercle nautique lève l’ancre dans les années soixante avec sa flotte de vauriens et autres tritons.

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Rien de mieux qu’une Lamot pour surveiller les gosses !

 

C’est dans les années 50 que je fais plusieurs fois l’expédition, avec ma mère, son amie Catherine et son fils Daniel, à partir du terminus de la Place Danco à Uccle, celui du fameux tram 58 ! Transit sur un bus et nous voilà à pied d’œuvre pour des aventures alléchantes dans la frégate du capitaine Crochet ! En fait, une réplique du bateau de Christophe Colomb, la « Santa Maria ». Il faut rappeler que les bruxellois étaient rapides sur le coup. Arrivant à la première heure au square des Héros à Vilvoorde, ils descendaient du 58, au coin du café « Monico », pour emprunter un bus de la société Kuyl vers Mechelen. Lors de l’été ou les jours fériés, Kuyl affrétait plusieurs cars spécialement pour Hofstade. L’invasion des brusselaires n’enchantait pas toujours les vilvordois…

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Dans les 60’s, les cars s’arrêtaient devant ces cafés et « hôtels » ; tous ces édifices ont disparu.

 

Les Golden Sixties, l’autoroute de la mer, le niveau de vie, de nouvelles possibilités d’évasion touristiques ont ralenti le rythme des visites d’un jour. Nous entrons dans la phase moderne de l’histoire du domaine qui n’est pas sans intérêt parce que très dynamique. Les activités s’orientent franchement vers le sport. 1977 voit la construction d’un complexe avec piscine couverte et un sporthal, « Hofstade Heide ».

Le BLOSO, en deux temps, gère le domaine. En 1983, il change de nom et devient le « Recratie-domein Hofstade Strand », puis en 1991 le « BLOSO-domein Hofstade ».

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de ne pas se souvenir de François Deguelt « Nous aurons, le ciel, la plage et la mer… »

 

Actuellement, hormis le calendrier des compétitions, Hofstade est calme pendant les mois d’hiver, quelques amateurs de cerfs-volants s’en donnent à cœur joie sur la plage, des promeneurs bravent le vent, des joggeurs s’essoufflent. Ambiance « L’année dernière à Marienbad » assurée s’il y a de la brume. Les beaux jours revenus, la foule habituelle s’éparpille sur le sable ou le gazon. Se doute-elle de l’histoire des lieux ?

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Il y a quelques années, nous avions deux chiens, des Airedales nommés Tom et Spencer, de sacrés gaillards qui appréciaient la halte ‘crêpes’ au « Boothuis » qui abrite, à quelques encablures, un club de modélisme marin. Ah oui, j’oublie, à l’athénée de Saint-Gilles j’avais opté pour le cours de voile, le vendredi après-midi : direction Hofstade ; l’association de nautisme existe toujours. Mais toutes les écoles bruxelloises organisaient des « promenades » vers Hofstade, comme un saint-gillois piquait une tête à la Perche !

 

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Lydie en maillot blanc, Robert ses amis dans les 80’s.

 

A quelques années de distance dans le temps, ma future épouse, Lydie, à gauche avec sa maman, envisageait sérieusement une carrière à la Esther Williams, tandis que je sautais dans la piscine olympique, comme Johnny Weissmuller si vous voyez ce que je veux dire… Quel dommage que cette installation sportive soit à ce point saccagée. Espérons que BLOSO trouvera les financements nécessaires pour aussi remettre en état cette superbe structure.

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Plus une vitre et pourtant cet édifice style « paquebot » ne manque pas de charme.

 

Pour les amateurs d’aviation – et il y en a sur ce blog ! -, il faut signaler qu’en 2006 un très original mémorial découpé dans une dalle d’acier a été inauguré en grandes pompes. Il s’agissait de saluer la mémoire des équipages de deux bombardiers Alliés. Le premier, un bimoteur B-25 Mitchell de la Royal Air Force, s’écrase sur « Hostade-les-Bains » le 2 février 1945, juste derrière le « Boothuis ». Le second, un quadrimoteur Handley Page Halifax de la Royal Australian Air Force, tombe sur Zemst le 28 mai 1944. Les équipages sont tués, soit au total 11 navigants.

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Il ne reste plus qu’à écrire un livre sur Hofstade, tant l’historique est riche, couvrant plus d’un siècle. Ce « topic » doit uniquement être considéré comme une mise en bouche ! En attendant, une visite est suggérée, l’endroit bercera peut-être vos souvenirs de jeunesse.

 

Robert Dehon

 

Je tiens à remercier vivement Raymond Waeyenbergh pour son aide, Raymond est vice-président du «Heemkundige Kring Hertog Hendrik I » de Vilvoorde (http://www.heemkring-vilvoorde.be/). Le BLOSO-Centrum de Hofstade possède aussi son website : http://www.bloso.be/public/centra/Hofstade.asp où vous trouvez le lien vers le musée « Sportimonium » qui se situe dans les installations des bains.

J’ai aussi bénéficié de l’aide d’amis du blog de Sophie : merci à tous !

 

 

Et moi (Sofei) je remercie Robert Dehon pour  ce formidable travail et je peux confirmer aux visiteurs, que cet article a demandé à Robert beaucoup de temps....merci

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