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10/10/2014

Les Chasseur de "Prinkères".... Un groupe folklorique de Bruxelles qui n'est plus

 

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Nous sommes en 1905, à moins que ce ne soit en 1910.  C’est dimanche et c’est le printemps.  Il fait beau.

 

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La place de la Bourse, ensoleillée, présente son aspect coutumier.  Des fiacres à poneys stationnent tout le long de la rue du même nom ; dans l’attente de la clientèle, les cochers bavardent avec des commissionnaires aux longues blouses blanches ;

 

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un marchand de coco, ayant au dos son réservoir plein du rafraîchissant liquide, en sert à des gamins… une cens le verre ! … Au coin de la rue Auguste Orts ;

 

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un marchand d’oublies, et de rondes « carabitjes »…. Bonbons collés sur des feuilles de papier, se tient au début de la rue Paul Devaux ; le tram-chocolat fait son plein de voyageurs,

 

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rue Henri Maus ; des gens vont et viennent ; les hommes sont moustachus, portent des pantalons étroits et des faux-cols très hauts ; les femmes ont de longues robes qui balayent les trottoirs, de larges chapeaux chargés de fleurs, de fruits.  Elles ont aussi des parasols multicolores (pour rien au monde, elles ne voudraient être brunies par le soleil). 

 

Et voilà que soudain une fanfare se fait entendre et qu’apparaît un étrange régiment :

 

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Les chasseurs de « prinkères » !  Ce sont les chasseurs de prinkères ! (Prinkères veut dire : hannetons).

 

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Fanfare des Gais Lurons 

 

Ils sont plusieurs centaines et viennent de la rue de Flandre. 

 

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Après avoir obliqué rue des Poissonniers, les voici qui débouchent fièrement dans la rue Auguste Orts, leurs quatre tambours battant, leur six clairons sonnant, tous les trente-cinq instrumentistes de la fanfare, jouant avec une tonitruante conviction la marche que composa leur chef, le brave Rooses, ou bien « La marche des volontaires » sur l’air de laquelle le revuiste Théo Hannon rima, pour la Scala, un refrain triomphal :

 Le corps des chasseurs de prinkères

Est l’idéal des régiments ;

Cause toujours de durs moments,

Le corps des chasseurs de prinkères

Est l’idéal des régiments !

Le fusil qu’ils portent crânement sur l’épaule est un fusil de bois et leur uniforme est ainsi composé : un sarrau, comme « ceux » de 1830 ; un mouchoir rouge autour du cou, mouchoir passé, sous le menton, dans la boîte d’allumettes ; leur shako est un chapeau-boule dont la hauteur a été réduite de moitié et qui a un hanneton comme cocarde…

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Rue Auguste Orts à une autre époque

Bien entendu, c’est la musique qui ouvre la marche, précédée de son tambour-major au bonnet à poils.  Puis vient, à cheval, le colonel, Sus Mahieu.  Quatre solides gaillards, deux à droite et deux à gauche, forment sa garde du corps.  Ils ont été choisis parmi les débardeurs les plus costauds du quartier pompeusement dénommé maritime…

Il y a aussi, dans le groupe, un garde champêtre au bicorne classique, deux médecins-majors et un infirmier aux tuniques galonnées et aux chapeaux emplumés, sans compter une cantinière outrageusement maquillée et qui a l’air plutôt hommasse et cela se comprend : elle n’est autre qu’un cabaretier de la rue Piers, renommé comme étant le plus bel homme de la paroisse ! ….  « Elle » porte en bandoulière le tonnelet traditionnel, contenant ce que les chasseurs appellent le « médicament » de la compagnie. 

 

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Ce médicament est du genièvre et n’est délivré, en cours de route, qu’aux hommes qui sont reconnus, par les deux médecins, atteints de la maladie la plus grave de toute : LA SOIF ! …

Tous ces joyeux gaillards soulèvent à leur passage des rires et des bravos.  C’est leur sortie annuelle.

 

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Ils se dirigent d’abord sur la Grand’Place. 

 

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Le bourgmestre De Mot les y reçoit, leur souhaite bon voyage et bonne chasse, du haut du balcon de l’Hôtel de Ville, ce qui lui vaut, comme remerciements, l’hommage d’une vibrante « Brabançonne ».

 

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Et puis, en route ! …. Tout le régiment s’ébranle, suit les rues des Chapeliers, de la Violette, la Vieille Halle-aux-blés, la rue Haute, la Porte de Hal, la chaussée de Waterloo….

 

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Et va, place Loix,

 

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prendre place dans les trams spéciaux qui les conduisent à Uccle-Saint-Job,

 

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champ rituel de leurs exploits.  Place Loix, le colonel abandonne son cheval et daigne se mêler familièrement aux groupes exubérants, de ses soldats.

Bien entendu, un tel itinéraire comporte des haltes répétées : les estaminets sont nombreux et les chasseurs ont repéré ceux où la goutte de genièvre ne coûte que huit centimes…. Au lieu de dix !

 

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Fanfare des Poupées Elégantes 

 

 Mais leurs exploits, en quoi consistaient-ils ?

Le chasseur de prinkères mis en scène par Hannon, à la Scala, chantait :

Souvent la chasse est semblable à la guerre,

Mais avec nous jamais de sang versé,

Point d’agonie et le naïf prinkère

En souriant a trépassé ! …

 

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 Souvenirs du Folklore dans les années 70 aux alentours de la Porte de Hal 

La guerre aux hannetons n’était qu’un prétexte à ripailles et beuveries breughéliennes…  Cette mise au point nous fut faite par deux glorieux chasseurs : le chef de la fanfare, Rooses, agent de la police auxiliaire de Molenbeek et le vieux Pitje Baeck, de Koekelberg, tenancier d’un cabaret à l’enseigne pittoresque de « Au Kasta Knokele », qui fut un des locaux du célèbre régiment, les autres étant situés chez « Tiche », rue Haute, chez Sus-le-Ramoneur, rue de Flandre (lieu de concentration générale les jours de sortie), chez Rossen Baptist, place Anneessens, etc….

 

Nous n’en avons jamais voulu aux prinkères pas plus qu’aux autres animaux, nous ont-ils dit.  Le but de notre excursion était un bon banquet arrosé de bonne gueuze et de bon faro.  Notre infirmier et nos médecins étaient là pour soigner les indigestions et notre garde-champêtre pour empêcher les disputes entre ceux qui avaient trop bu.

 

Ajoutons qu’au « Kasta Knokele » étaient encore au siècle dernier religieusement conservés le drapeau et les fusils de bois de la section locale.   Ce qui durant l’occupation 1940-44, suggéra à un farceur l’idée de jouer un bon tour aux Allemands.  Ceux-ci prévenus par lettre anonyme que le bon vieil estaminet était un dépôt d’armes de Résistance, y firent une tapageuse descente, en nombre renforcé.  On devine leur déconvenue ….

 

Mais il se peut qu’à l’origine de cette funambulesque institution la chasse aux hannetons ait été un but réel.

 

Ces origines sont assez nébuleuses.  Et cependant, de l’avis de compétences telles que MM. Pergameni, Lucien Crick et Marinus, elles ne doivent guère remonter à plus d’un siècle.

 

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Autre groupe folklorique célèbre à Bruxelles..... La Plantation du Meyboom 

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Meyboom dans les années 70

 

Dans un numéro de l’intéressante revue « Eigenschoon-De Brabander », de 1941, le folkloriste Emile Vanderlinden rapporte que, vers le milieu du 19ème siècle, les chasseurs de prinkères de l’agglomération bruxelloise choisissaient pour leur excursion le dimanche de la kermesse de mai de Karloo (Karloo est un lieu-dit d’Uccle-St-Job).  Alors déjà, gueuze, faro et genièvre faisaient les délices des excursionnistes.

Vanderlinden, en effet, note ce détail : « Ils étaient suivis d’une charrette couverte d’une bâche et traînée par un âne, laquelle servait d’ambulance.  Cette ambulance était destinée aux combattants vaincus sur le champ de bataille de Bacchus »….

D’autre part, nous trouvons dans une chronique de Gaston de Wael ce passage qui tendrait à nous faire supposer que nos chasseurs eurent des précurseurs en France.

« Il n’est guère possible, dit-il, de parler de hannetons sans que le nom de Romieu ne soit évoqué.  Après avoir été un des plus joyeux viveurs et mystificateurs de Paris, Romieu, vers la quarantaine, se transforma en homme grave ; il devint sous-préfet de Louhans.  Ce fut dans ce poste administratif qu’il déclara la guerre aux hannetons et organisa contre eux une véritable croisade.  L’expédition de Romieu fit la joie de tous ses camarades du petit journalisme parisien.  On vit alors éclore une chanson qui fit le tour de France dans les dernières années du règne de Louis-Philippe : « La complainte sur M. Romieu dévoré par les hannetons ».

 

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Lors d'une Kermesse dans les années 70... Le folklore bat son plein ! 

 

D’importation française ou d’origine belge, il n’importe : les chasseurs de hannetons, assortis à la manière de chez nous, étaient bien la plus typique, la plus caractéristique des sociétés bruxelloises.  Sa dernière sortie date de mai 1912.  Caricature à la fois énorme et bon-enfant des parades militaires, elle correspondait bien à l’état d’esprit paisible et insouciant de cette époque si proche pourtant de la grand guerre mondiale…

Texte de Fernand Servais

 

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Illustrations de la chaussée de Waterloo à cette époque. 

 

17/09/2014

Hôpital Saint Pierre

Hôpital universitaire St Pierre

Vaste complexe s’étendant entre les rues Haute, des Faisans, aux Laines, Montserrat et de l’Abricotier.

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A l’origine s’y trouvait une léproserie remontant à la 2ème moitié du XIIème siècle, installée à l’extérieur de la 1ère enceinte.  Placée en 1270 sous la protection du duc Jean 1er, elle connaîtra alors une période florissante et de reconstruction au XIIIème siècle, suivie d’un déclin dès le XIVème siècle, dû à une régression des soins de santé.

En 1611, elle est convertie en couvent pour les Augustines contemplatives.  Suite à la suppression du couvent en 1783, les bâtiments ont été réaffectés comme «Hospice Royal », rebaptisé plus tard « Grand Hospice Civil », puis « Hospice St-Pierre » sous l’occupation française, placé sous la tutelle de l’Administration des Hospices.  A partir de cette époque, l’hospice connaîtra une expansion considérable comme l’une des trois institutions de soin les plus importantes à Bruxelles, avec l’Hospice de l’Infirmerie et l’Hospice St-Jean, initialement destinée aux infirmes et aux incurables, spécialisée dès 1801 dans les maladies graves, l’obstétrique, les affections contagieuses et la chirurgie.

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Nouvel hôpital de style néo-classique construit sur les plans de l’architecte A. Partoes de 1848 à 1859, avec agrandissements ultérieurs.  Vers 1920, construction de l’actuel hôpital universitaire par la ville de Bruxelles, la C.A.P. (actuel CPAS) et l’U.L.B., avec le soutien de la Fondation Rockefeller, jouxtant les locaux de la Faculté de médecine et ceux de l’Ecole universitaire d’infirmières Edith Cavell-Marie Depage.

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Complexe construit sur les plans de l’architecte J-B. Dewin de 1926 à 1932 ;

 

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pose de la 1ère pierre en 1929 et inauguration en 1935, constitué d’un bâtiment central ou Hôpital Général, d’un pavillon d’isolement au n°35 de la rue de Montserrat, d’un bâtiment administratif, d’un home et d’une école d’infirmières à la rue Haute, de la chapelle et de la morgue au n°103 de la rue aux Laines.

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Capacité initiale de 545 lits, avec possibilité de 100 lits supplémentaires.

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A l’angle de la rue des Faisans, pavillon d’entrée d’un seul niveau sous toiture mansardée couverte d’ardoises. (Source Le patrimoine monumentale de Belgique)

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Salle de consultations

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Salle de repos

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Réfectoire des infirmières 

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 Monuments à l’intérieur de St Pierre

 

Statue du baron L.-M. Seutin (1793-1862) par le sculpteur W. Geefs, datée de 1875 ; et celle de A. Depage (1862-1925) par le sculpteur G. Devreese. 

24/01/2014

Film le chantier des gosses au ciné Nova

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Rendez-vous au Ciné nova le  9 février 2014 à 17h pour la diffusion du film.

 

... Le cinéma NOVA, 3 Rue d’Arenberg, programme du 9 janvier au 23 février, le film « Le chantier des gosses » de Jean Harlez, tourné en 1956 avec les moyens de fortune, sans son direct, qui devra attendre plus de 15 ans avant d’être sonorisé … "Le chantier des gosses" verra ainsi le jour en 1970, grâce à beaucoup d’enthousiasme, de patience et d’acharnement … Mais, en l’absence d’aides ou de distribution, il passera inaperçu du grand public et sera ignoré par la plupart des filmographies et des ouvrages sur le cinéma belge …

… suite aux publications dans les différents groupes (C’était au temps ou Bruxelles chantait Brel …, Brusseleir & Nostalgique, Bruxelles Anecdotique … ) sur Facebook,  plusieurs membres ont manifesté l’envie d’aller le voir …

… Jeanine Gotbil, Sylvie Jottrand, Martine Vantilborg et Alain Paré et  moi-même proposons que nous y allions ensemble pour le plaisir de se retrouver et de pouvoir partager nos impressions et commentaires après la découverte de ce document du passé de Bruxelles …

… afin qu’un maximum puisse y participer, nous avons sélectionné le Dimanche 9 février 2014 à la séance de 17 heures … ( durée 76’ )

… pour partager nos impressions par après, nous vous proposons de nous retrouver au « Grand Café » où nous pourrons nous désaltérer et/ou partager également un repas au gré de chacune et chacun …vous venez avec nous ?

… en vous inscrivant à l’évènement, nous noterons les personnes qui viendront à cette séance au Novo … pour la participation au partage au « Grand Café », merci de le signaler sur le post prévu à cet effet …

 

... avant la séance, le point de rendez-vous sera, pour celles et ceux qui le souhaitent, à " La Mort Subite " à 150m du ciné.

Inscription, infos complémentaires et images en suivant le lien : https://www.facebook.com/events/690451260988209/690451267654875/?notif_t=event_mall_reply

 

Infos du film :

http://www.cinergie.be/webzine/jean_harlez_le_chantier_des_gosses_et_les_gens_de_quartiers

 

Infos ciné Nova :

http://www.nova-cinema.org/spip.php?auteur8

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12/02/2013

Décès de Max ...

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On ne verra plus "MAX" dans le quartier; Max était installé avec sa kerre de karikolles en face de La Clé d' Or sur un coin de la Place du Jeu de Balle. Il est le mari de Marie qui elle est installée rue Haute au Wiels Renard. Une messe se tiendra à l' église du Vieux-Marché ce jeudi 14 février à 11h. ( Nicolas Nicky Luppens)

 

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Toutes mes condoléances à Marie (sa femme ici sur la photo) et à sa famille

11/11/2010

Figure du Vieux Marché Le patriarche de la famille De Staerke

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Hommage à Henri De Staerke dit "Papou".... Merci à "Garçon" pour cette très belle photo.