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29/12/2014

Le Filet américain de Monsieur Niels…. Un bruxellois !

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On ne saura jamais pourquoi le restaurateur belge Monsieur Niels a donné à son filet la nationalité américaine : il ne s’est pas confié à ses héritiers dit-on.  Il aurait pu le qualifier de bruxellois, puisqu’il l’a créé en 1926 quand il a ouvert le restaurant qu’il baptise « Canterbury » au bld Emile Jacqmain en souvenir de son séjour au Royaume-Uni. 

Pendant plus d’un demi-siècle, le restaurant sera le rendez-vous incontournable des arts, de la politique et des affaires.

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A l’exposition universelle de Bruxelles, monsieur Niels représente la gastronomie belge avec son propre pavillon brasserie – restaurant. 

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En 1940, monsieur Niels perd la vie dans un accident. 

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Ce sont ses deux fils, Albert et Georges qui reprendront le flambeau.  Ceux-ci fonderont en 1949, Nielsvins (négoce de vins) et ouvriront le restaurant la couronne à la Grand’Place.

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Ce filet américain, adaptation du steak tartare français (qui n’a rien de tartare, mais dont la recette aurait été inventée par Jules Verne pour ajouter une touche de couleur locale à son roman « Michel Strogoff », est devenu un grand classique de la cuisine belge.  Il figure sur à peu près toutes les cartes des restaurants bruxellois et, bien entendu depuis 1968, sur celles des descendants de Grand-papa Niels au « Vieux Saint-Martin » au Sablon  à Bruxelles et en 1969 à la Brasserie de la Mer « A la Marie-Joseph » au Quai au Bois à Brûler. 

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En 1970, la famille Niels représente la Belgique à l’exposition Universelle d’Osaka au Japon.  Pour la première fois, les japonais découvrent le cornet de frites belges et nos produits importés de Belgique.

Depuis 1993, la famille Niels est propriétaire de la nouvelle taverne-restaurant « Le Canterbury » aux Etangs d’Ixelles. 

 http://niels1926.be/histoire/

La différence entre le filet américain et le steak tartare ?  La mayonnaise.

Le premier en comprend, l’autre pas.  Leurs similitudes ?  L’utilisation des condiments dont la moutarde, les câpres, les oignons, les cornichons.  Une règle d’or commune : hacher la viande de bœuf au couteau ou au hachoir juste avant de la servir.  Il faut ajouter à cela la « patte » du faiseur. 

 

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Voici la recette pour 2 personnes… (en plat principal).

350gr de viande hachée nature pur bœuf

1 jaune d’œuf (très frais bien entendu)

1 oignon « moyen » finement haché

2 C. à soupe de persil haché

½ CC de Worcestershire Sauce (sauce anglaise)

1 CS de câpres (facultatif pour ceux qui n’aiment pas)

3 CC de mayonnaise (pour commencer… ajoutez selon votre goût par la suite)

1 CC de moutarde de Dijon

Sel, Poivre (selon votre goût)

Mélangez le tout dans un ravier réfrigéré au préalable… goûtez… rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.

Servir accompagné de frites bien croustillantes et d’un mélange de salade de Blé et de chicons crus à la vinaigrette ainsi que d’une bonne bière Pils bien fraîche.

Bon appétit !

Pour information :

La viande hachée doit être extrêmement fraîche…. Froide, préparée et mangée le jour même !!!

05/09/2014

Le café Falstaff

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aux numéros 17 et 19 de la rue Henri Maus, face à la Bourse de Bruxelles.

Café avec devanture et intérieur remarquable conçut en style Art Nouveau par l’arch. Et entrepreneur E. Houbion et réalisés en plusieurs étapes de 1903 à 1916.  Décorés de boiseries et de vitraux de qualité.  Enseigne de style Art Déco vers 1930.  Sortie à l’arrière donnant sur la rue des Pierres.  

Il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 12 octobre 2000

29/08/2014

Taverne Le Diable au Corps

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Au n°12 de la rue aux Choux, s’ouvrit en 1892 un cabaret d’un genre tout différent : le fameux Diable-au-Corps, bientôt hanté par de tumultueux poètes, écrivains, peintre, journalistes, des étudiants à longues « pennes » s’y rencontraient plus ou moins courtoisement…. Il se trouvait dans une vieille arrière-maison, au fond d’une cour aux murs couverts de vigne vierge, à laquelle on accédait par un long couloir.  En évitant de marcher sur les nombreuses poules qui picoraient on ne sait quoi, il fallait atteindre une petite porte vermoulue surmontant trois marches de pierre usées : c’était là !

Salle étroite et longue ; dallage rouge parsemé de sable fin ; tables de bois blanc bien récurées portant chacune un monumental porte-allumettes de faïence ; plafond à solives d’où pendaient de petits luminaires de synagogue ; divers ustensiles de cuisine démodés et aussi des voiliers en miniature ; lambris décorés de petits carreaux de Delft ; fenêtres à croisillons serrés ; énorme poêle de Louvain au fourneau obèse ; haute cheminée campagnarde surplombée d’objets hétéroclites et encadrée d’impressionnants rateliers de pipes de terre cuite : tout cela avait l’aspect de bric à brac, mais douillet et avenant, généreusement patiné par la fumée de tabac et par l’âge.

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Au cours du premier quart du 20ème siècle, le père Gaspar, tenancier a eu la clientèle plus ou moins assidue d’un beau cénacle de gens de plume : le truculent Maurice Gauchez, président de la « Renaissance d’Occident », le diaphane poète Odilon-Jean Périer, le sémillant Robert Goffin, le classique Thomas Braun, l’ardent socialiste René Lyr, le gros Charles Conrardy, le romantique barbu Eugène Herdies, les sec Charles Plisnier, l’ironique Souguenet, l’aristocratique Roger Kervyn de Mrcke ten Driessche (allias Pitje Schramouille), le bohème Michel de Ghelderode ; citons aussi les journalistes Geroges Garnir, Fernand Servais, Victor Boin, Frans Fisher, Frédéric Denis, les jeunes Théo Fleischman et Fernand Demany.  L’étudiant Paul-Henri-Spaak y fit quelques harangues, le peintre James Ensor y vint quelques fois bavarder avec son ami le fécond dessinateur Amédée Lynen, qui fut l’un des plus solides piliers du Diable-au-Corps et qui illustra gratuitement sous le même titre satanique.

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Hélas ! En 1928, le vieux cabaret fut exproprié : l’Innovation devait agrandir ses locaux.  Mais déjà l’atmosphère littéraire n’était plus la même.  Le Diable-au-Corps avait fait son temps.  Tout son « brol » familier fut dispersé en vente publique.  Amédée Lynen, seul survivant de l’équipe de 1892, acheta en pleurant la petite horloge à carillon qui, pendant trente-six ans, avait égrené sa douce chanson au-dessus du comptoir du père Gaspar.

 

Depuis la dernière guerre, cette rue connu les démolitions en masse, le délabrement, la désertion…  (Texte de Jean d’Osta).

30/06/2014

Paul Lenders dit Pol’s Jazz Club du Bierodrome à Ixelles

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Extrait du livre "Bistrots Bruxellois" de Paul Herman 1986

 

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Source image : http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be/archive/2010/01/04/le-jazz-a-bruxelles.html

 

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Saint-Josse Inauguration de la rue Léopold Lenders

 

Une kyrielle de jazzmen, parmi lesquels Philippe Catherine, ont assisté mercredi à l'inauguration de la rue Léopold Lenders, juste derrière la tour Madou. En musique, comme il se doit.

Pol Lenders a incontestablement joué un rôle dans l'explosion du jazz en Belgique, et à Bruxelles en particulier depuis les années soixante. Il a ouvert plusieurs clubs de jazz sur le territoire de la Ville de Bruxelles puis à Ixelles, comme le « Bierodrome », place Fernand Coq. Sans oublier sa contribution à la création du Saint-Jazz-ten-Noode. « Il a permis à de nombreux musiciens d'exister », dit le maïeur-jazzman Jean Demannez.

Ce jeudi, les voitures succèdent aux musiciens dans la nouvelle voirie. Celle-ci permet désormais aux automobilistes de passer de la chaussée de Louvain à la rue Scailquin, et inversement. Libérant ainsi le carrefour Madou. La rue Pol Lenders accueillera également bientôt cinquante nouveaux logements. « Ils viendront compenser la disparition des logements dans le cadre des travaux de la tour Madou, note Jean Demannez. La commission de concertation a rendu un avis favorable. Le permis est attendu pour la fin de l'année. »

Une touche de plus dans la revitalisation de ce quartier qui accueille depuis peu les fonctionnaires européens, installés dans la tour Madou. Pour les attirer dans les commerces ten-noodois, l'Atrium Saint-Josse a récemment accroché des bannières dans la chaussée de Louvain. Celles-ci ont un rôle d'embellissement du quartier. Elles signalent aussi le site internet lancé par l'Atrium (www.meltingshopping.be) de promotion des commerces locaux. Prochainement, les trottoirs, façades et enseignes du quartier devraient également subir un lifting.

 

 

Article de : HUWART, ANNE-CECILE pour le Journal Le Soir du Jeudi 29 juin 2006 - Page 13

 

Souvenirs en musique  :https://www.youtube.com/watch?v=wGLVJc7PwJI&feature=share

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=vlZAUZOJzRY

 

Biographie :  http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_Lenders

 

 

22/06/2013

Restaurant le Mozart

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Situé 541 chaussée d’Alsembert à 1180 Bruxelles.  02/344.08.09

 

Il y a plus de 15 ans, monsieur Remo Gozzi remisait sa trompette dans le tiroir aux illusions et ouvrait à Forest un petit restaurant sans prétention, près de l’Altitude 100, au coin de la chaussée d’Alsemberg et de l’avenue Mozart.  Mozart ?  Voilà qui tombait bien pour un musicien dont la muisque constitue l’univers sans frontières.  Remo Gozzi, dans son… Mozart, se mit à manier la poêle avec brio pour son plaisir, mais aussi pour le régal de ses amis. Entre un… Scampi « Sadi » et un filet pur « Moustache », on parle musique et grands musiciens.  Au pousse-café, les trompettes sortent des écrins …et les clients ravis deviennent spectateurs comblés.  C’est parti !  Pendant des années, le Mozart sera le rendez-vous des amateurs de jazz avec ses concerts du dimanche après-midi.  D’excellents jazzmen défileront par amitié pour Remo d’abord et puis parce que le Mozart commence à être connu dans le milieu du jazz.  Remo Gozzi est heureux, au lieu de se combattre, ses deux démons, jazz et muisique s’unissent, se chevauchent avec un succès tel qu’il décide d’ouvrir sur la Grand’Place, pas moins, le « Brussel’s Jazz Club » qui depuis 1978 s’est taillé une place de choix, la première pour le jazz, parmi les festivités nocturnes de la capitale.  Il faut préciser que tout concourt à faire du « Brussel’s Jazz Club » un endroit à succès.  Autour du podium, s’ordonnent les petites tables et leurs sièges moelleux bordés par le luxueux bar d’acajou.  Moquettes au sol, plafond peint en noir, c’est dans un décor très chic que madame Linda Gozzi présente les artistes les plus célèbres dans une ambiance chaude et sympathique comme seuls savent la créer les amoureux du jazz.  Sont venus au « Brussel’s Jazz Club », Oscar Peterson, Joe Williams, Nat Adderley, Ella Fitzgerald, Lionel Hampton, Erroll Garner, Dizzi Gillepsie, Bill Codeman et le regretté Louis Amstrong devenu l’ami de Linda et de Remo.   Mais aussi Sadi, Toots Thielemans, Michel Legrand, Philippe Catherine, Stan Getz, Peggy Weston et Annie Cordy et d’autres encore qui ne manquent jamais après le spectacle, quelle que ce soit l’heure, d’aller terminer la soirée (ou la nuit plutôt) au « Mozart ». 

Celui-ci a conservé le décor bruxellois, un peu bricolé de ses débuts qui fait son charme.  Les banquettes rembourrées pour le confort entourent les comptoirs.  Le premier, traditionnel, le second en parallèle réservé à Remo Gozzi, ses fourneaux et sa batterie de casseroles devant lesquels il joue en solo le maître queux de service. 

Murs et plafonds sont tapissés de photos de vedettes, d’autographes à la gloire de l’ami Remo, et au-dessus du comptoir, une collection d’instruments de musique brillent de tous leurs cuivres.

Le cuisinier Remo ne prétend nullement jouer les grands chef, il n’empêche qu’on mange très bien au Mozart.  Les suggestions d’entrées sont prometteuses et le succès des cuisses de grenouilles sautées à l’ail ou des Scampis « Sadi » ne se dément pas.  Les flambées du Chef son renommées et ses viandes tendres, juteuses, grillées ou poêlées, les « pavés » parmi les meilleurs de la capitale s’accommodent de dix façons différentes : à la dijonnaise, à la provençale, au roquefort, au poivre vert, etc…. Le homard au poivre rose,  les langoustines grillées au four, la Lotte aux poireaux, sont devenus des classiques de la cuisine dite nouvelle.  Il y a aussi des préparations très classiques comme la selle d’agneau o le pintadeau à la fine champagne et en saison le gibier, tellement demandé qu’il vaut mieux réserver sa table.  La moustache conquérante, Remo Gozzi ne renie pas sa région natale de Côme.  Il maintient à sa carte quelques spécialités comme sa « Lasagne Mozart » du mercredi, le spaghetti aux pâtes fraîches et un étonnant, Jarret de tante Berta.  Au dessert, une crêpe ou un sorbet ou encore le fameux Sabayon au Marsala… tellement onctueux ou le Blue note, une création musicale de Remo, faite de meringue, d’avocat, de crème chantilly, de mousse au chocolat et d’amandes grillées.  La carte des vins est très honorable et le pichet démocratique déjà gouleyant pour 150FB (guide de 1980) le demi litre n’exclut pas quelques mises respectables telles le Barolo 1971, le Brouilly, un Moulin à vent, un excellent Bourgogne : le gelus ou un Château La Lagune enrichissent encore la carte.

Bien servi, égayé par les lieux, le client ne peut que retenir une aussi bonne adresse.

 

Exploitant : SPRL La Gargotière

Jour de fermeture le dimanche

Salle pour réception 30 à 40 personnes

Catégorie de prix : 650FB (Apéritif, entrée, plat principal, dessert)

D’après le guide « Gastronomie Bruxelles, Wallonie, Luxembourg » fourchettes d’Or de 1981-1982.

 

Hélas, le 3 Août 2004, nous apprenions cette triste nouvelle !

 

APRÈS PAUL LENDERS, légendaire patron des clubs Pol's et Bierodrome, la place bruxelloise perd une autre figure du jazz. Remo Gozzi, qui, au cours des années 80, avait été le patron du «Brussels Jazz Club», ce cercle situé sur la Grand-Place à Bruxelles qui a accueilli les plus grands musiciens de jazz, a trouvé la mort dans un accident de moto qui s'est produit il y a quelques jours dans la région d'Orléans, en France, a annoncé samedi l'association «Les Lundis d'Hortense» qui regroupe la plupart des musiciens de jazz belges. Son épouse, Linda, a été grièvement blessée dans l'accident et se trouverait dans le coma.«Remo Gozzi a apporté une contribution considérable à la vie du jazz à Bruxelles et s'était lié d'amitié avec de nombreux musiciens qui le regretteront», a encore précisé l'association. Dans ce club, situé en sous-sol, sont passés de toutes grandes pointures comme Barney Willen, Art Blakey qui, à l'époque, comptait le trompettiste Terence Blanchard parmi ses «Jazz Messengers», Dexter Gordon et bien d'autres.

© La Libre Belgique 2004

 

 

Après cette tragédie, c’est sa fille qui a reprit les rennes de l’entreprise et le restaurant existe toujours.