UA-38716482-1

05/09/2014

Le café Falstaff

Falstaff032.jpg

 

aux numéros 17 et 19 de la rue Henri Maus, face à la Bourse de Bruxelles.

Café avec devanture et intérieur remarquable conçut en style Art Nouveau par l’arch. Et entrepreneur E. Houbion et réalisés en plusieurs étapes de 1903 à 1916.  Décorés de boiseries et de vitraux de qualité.  Enseigne de style Art Déco vers 1930.  Sortie à l’arrière donnant sur la rue des Pierres.  

Il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 12 octobre 2000

29/08/2014

Taverne Le Diable au Corps

diable au corps005.jpg

Au n°12 de la rue aux Choux, s’ouvrit en 1892 un cabaret d’un genre tout différent : le fameux Diable-au-Corps, bientôt hanté par de tumultueux poètes, écrivains, peintre, journalistes, des étudiants à longues « pennes » s’y rencontraient plus ou moins courtoisement…. Il se trouvait dans une vieille arrière-maison, au fond d’une cour aux murs couverts de vigne vierge, à laquelle on accédait par un long couloir.  En évitant de marcher sur les nombreuses poules qui picoraient on ne sait quoi, il fallait atteindre une petite porte vermoulue surmontant trois marches de pierre usées : c’était là !

Salle étroite et longue ; dallage rouge parsemé de sable fin ; tables de bois blanc bien récurées portant chacune un monumental porte-allumettes de faïence ; plafond à solives d’où pendaient de petits luminaires de synagogue ; divers ustensiles de cuisine démodés et aussi des voiliers en miniature ; lambris décorés de petits carreaux de Delft ; fenêtres à croisillons serrés ; énorme poêle de Louvain au fourneau obèse ; haute cheminée campagnarde surplombée d’objets hétéroclites et encadrée d’impressionnants rateliers de pipes de terre cuite : tout cela avait l’aspect de bric à brac, mais douillet et avenant, généreusement patiné par la fumée de tabac et par l’âge.

diable au corps006.jpg

Au cours du premier quart du 20ème siècle, le père Gaspar, tenancier a eu la clientèle plus ou moins assidue d’un beau cénacle de gens de plume : le truculent Maurice Gauchez, président de la « Renaissance d’Occident », le diaphane poète Odilon-Jean Périer, le sémillant Robert Goffin, le classique Thomas Braun, l’ardent socialiste René Lyr, le gros Charles Conrardy, le romantique barbu Eugène Herdies, les sec Charles Plisnier, l’ironique Souguenet, l’aristocratique Roger Kervyn de Mrcke ten Driessche (allias Pitje Schramouille), le bohème Michel de Ghelderode ; citons aussi les journalistes Geroges Garnir, Fernand Servais, Victor Boin, Frans Fisher, Frédéric Denis, les jeunes Théo Fleischman et Fernand Demany.  L’étudiant Paul-Henri-Spaak y fit quelques harangues, le peintre James Ensor y vint quelques fois bavarder avec son ami le fécond dessinateur Amédée Lynen, qui fut l’un des plus solides piliers du Diable-au-Corps et qui illustra gratuitement sous le même titre satanique.

rue aux choux 12 cabaret du diable au corps.jpg

 

Hélas ! En 1928, le vieux cabaret fut exproprié : l’Innovation devait agrandir ses locaux.  Mais déjà l’atmosphère littéraire n’était plus la même.  Le Diable-au-Corps avait fait son temps.  Tout son « brol » familier fut dispersé en vente publique.  Amédée Lynen, seul survivant de l’équipe de 1892, acheta en pleurant la petite horloge à carillon qui, pendant trente-six ans, avait égrené sa douce chanson au-dessus du comptoir du père Gaspar.

 

Depuis la dernière guerre, cette rue connu les démolitions en masse, le délabrement, la désertion…  (Texte de Jean d’Osta).

30/06/2014

Paul Lenders dit Pol’s Jazz Club du Bierodrome à Ixelles

intérieur pols net.jpg

texte part 1.jpg

texte part 2.jpg

texte part 3.jpg

déco pols net.jpg

poupée pols net.jpg

texte part 4.jpg

texte part 5.jpg

Extrait du livre "Bistrots Bruxellois" de Paul Herman 1986

 

pols.jpg

Source image : http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be/archive/2010/01/04/le-jazz-a-bruxelles.html

 

plaque de rue.jpg

Saint-Josse Inauguration de la rue Léopold Lenders

 

Une kyrielle de jazzmen, parmi lesquels Philippe Catherine, ont assisté mercredi à l'inauguration de la rue Léopold Lenders, juste derrière la tour Madou. En musique, comme il se doit.

Pol Lenders a incontestablement joué un rôle dans l'explosion du jazz en Belgique, et à Bruxelles en particulier depuis les années soixante. Il a ouvert plusieurs clubs de jazz sur le territoire de la Ville de Bruxelles puis à Ixelles, comme le « Bierodrome », place Fernand Coq. Sans oublier sa contribution à la création du Saint-Jazz-ten-Noode. « Il a permis à de nombreux musiciens d'exister », dit le maïeur-jazzman Jean Demannez.

Ce jeudi, les voitures succèdent aux musiciens dans la nouvelle voirie. Celle-ci permet désormais aux automobilistes de passer de la chaussée de Louvain à la rue Scailquin, et inversement. Libérant ainsi le carrefour Madou. La rue Pol Lenders accueillera également bientôt cinquante nouveaux logements. « Ils viendront compenser la disparition des logements dans le cadre des travaux de la tour Madou, note Jean Demannez. La commission de concertation a rendu un avis favorable. Le permis est attendu pour la fin de l'année. »

Une touche de plus dans la revitalisation de ce quartier qui accueille depuis peu les fonctionnaires européens, installés dans la tour Madou. Pour les attirer dans les commerces ten-noodois, l'Atrium Saint-Josse a récemment accroché des bannières dans la chaussée de Louvain. Celles-ci ont un rôle d'embellissement du quartier. Elles signalent aussi le site internet lancé par l'Atrium (www.meltingshopping.be) de promotion des commerces locaux. Prochainement, les trottoirs, façades et enseignes du quartier devraient également subir un lifting.

 

 

Article de : HUWART, ANNE-CECILE pour le Journal Le Soir du Jeudi 29 juin 2006 - Page 13

 

Souvenirs en musique  :https://www.youtube.com/watch?v=wGLVJc7PwJI&feature=share

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=vlZAUZOJzRY

 

Biographie :  http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_Lenders

 

 

22/06/2013

Restaurant le Mozart

le mozart002.jpg


Situé 541 chaussée d’Alsembert à 1180 Bruxelles.  02/344.08.09

 

Il y a plus de 15 ans, monsieur Remo Gozzi remisait sa trompette dans le tiroir aux illusions et ouvrait à Forest un petit restaurant sans prétention, près de l’Altitude 100, au coin de la chaussée d’Alsemberg et de l’avenue Mozart.  Mozart ?  Voilà qui tombait bien pour un musicien dont la muisque constitue l’univers sans frontières.  Remo Gozzi, dans son… Mozart, se mit à manier la poêle avec brio pour son plaisir, mais aussi pour le régal de ses amis. Entre un… Scampi « Sadi » et un filet pur « Moustache », on parle musique et grands musiciens.  Au pousse-café, les trompettes sortent des écrins …et les clients ravis deviennent spectateurs comblés.  C’est parti !  Pendant des années, le Mozart sera le rendez-vous des amateurs de jazz avec ses concerts du dimanche après-midi.  D’excellents jazzmen défileront par amitié pour Remo d’abord et puis parce que le Mozart commence à être connu dans le milieu du jazz.  Remo Gozzi est heureux, au lieu de se combattre, ses deux démons, jazz et muisique s’unissent, se chevauchent avec un succès tel qu’il décide d’ouvrir sur la Grand’Place, pas moins, le « Brussel’s Jazz Club » qui depuis 1978 s’est taillé une place de choix, la première pour le jazz, parmi les festivités nocturnes de la capitale.  Il faut préciser que tout concourt à faire du « Brussel’s Jazz Club » un endroit à succès.  Autour du podium, s’ordonnent les petites tables et leurs sièges moelleux bordés par le luxueux bar d’acajou.  Moquettes au sol, plafond peint en noir, c’est dans un décor très chic que madame Linda Gozzi présente les artistes les plus célèbres dans une ambiance chaude et sympathique comme seuls savent la créer les amoureux du jazz.  Sont venus au « Brussel’s Jazz Club », Oscar Peterson, Joe Williams, Nat Adderley, Ella Fitzgerald, Lionel Hampton, Erroll Garner, Dizzi Gillepsie, Bill Codeman et le regretté Louis Amstrong devenu l’ami de Linda et de Remo.   Mais aussi Sadi, Toots Thielemans, Michel Legrand, Philippe Catherine, Stan Getz, Peggy Weston et Annie Cordy et d’autres encore qui ne manquent jamais après le spectacle, quelle que ce soit l’heure, d’aller terminer la soirée (ou la nuit plutôt) au « Mozart ». 

Celui-ci a conservé le décor bruxellois, un peu bricolé de ses débuts qui fait son charme.  Les banquettes rembourrées pour le confort entourent les comptoirs.  Le premier, traditionnel, le second en parallèle réservé à Remo Gozzi, ses fourneaux et sa batterie de casseroles devant lesquels il joue en solo le maître queux de service. 

Murs et plafonds sont tapissés de photos de vedettes, d’autographes à la gloire de l’ami Remo, et au-dessus du comptoir, une collection d’instruments de musique brillent de tous leurs cuivres.

Le cuisinier Remo ne prétend nullement jouer les grands chef, il n’empêche qu’on mange très bien au Mozart.  Les suggestions d’entrées sont prometteuses et le succès des cuisses de grenouilles sautées à l’ail ou des Scampis « Sadi » ne se dément pas.  Les flambées du Chef son renommées et ses viandes tendres, juteuses, grillées ou poêlées, les « pavés » parmi les meilleurs de la capitale s’accommodent de dix façons différentes : à la dijonnaise, à la provençale, au roquefort, au poivre vert, etc…. Le homard au poivre rose,  les langoustines grillées au four, la Lotte aux poireaux, sont devenus des classiques de la cuisine dite nouvelle.  Il y a aussi des préparations très classiques comme la selle d’agneau o le pintadeau à la fine champagne et en saison le gibier, tellement demandé qu’il vaut mieux réserver sa table.  La moustache conquérante, Remo Gozzi ne renie pas sa région natale de Côme.  Il maintient à sa carte quelques spécialités comme sa « Lasagne Mozart » du mercredi, le spaghetti aux pâtes fraîches et un étonnant, Jarret de tante Berta.  Au dessert, une crêpe ou un sorbet ou encore le fameux Sabayon au Marsala… tellement onctueux ou le Blue note, une création musicale de Remo, faite de meringue, d’avocat, de crème chantilly, de mousse au chocolat et d’amandes grillées.  La carte des vins est très honorable et le pichet démocratique déjà gouleyant pour 150FB (guide de 1980) le demi litre n’exclut pas quelques mises respectables telles le Barolo 1971, le Brouilly, un Moulin à vent, un excellent Bourgogne : le gelus ou un Château La Lagune enrichissent encore la carte.

Bien servi, égayé par les lieux, le client ne peut que retenir une aussi bonne adresse.

 

Exploitant : SPRL La Gargotière

Jour de fermeture le dimanche

Salle pour réception 30 à 40 personnes

Catégorie de prix : 650FB (Apéritif, entrée, plat principal, dessert)

D’après le guide « Gastronomie Bruxelles, Wallonie, Luxembourg » fourchettes d’Or de 1981-1982.

 

Hélas, le 3 Août 2004, nous apprenions cette triste nouvelle !

 

APRÈS PAUL LENDERS, légendaire patron des clubs Pol's et Bierodrome, la place bruxelloise perd une autre figure du jazz. Remo Gozzi, qui, au cours des années 80, avait été le patron du «Brussels Jazz Club», ce cercle situé sur la Grand-Place à Bruxelles qui a accueilli les plus grands musiciens de jazz, a trouvé la mort dans un accident de moto qui s'est produit il y a quelques jours dans la région d'Orléans, en France, a annoncé samedi l'association «Les Lundis d'Hortense» qui regroupe la plupart des musiciens de jazz belges. Son épouse, Linda, a été grièvement blessée dans l'accident et se trouverait dans le coma.«Remo Gozzi a apporté une contribution considérable à la vie du jazz à Bruxelles et s'était lié d'amitié avec de nombreux musiciens qui le regretteront», a encore précisé l'association. Dans ce club, situé en sous-sol, sont passés de toutes grandes pointures comme Barney Willen, Art Blakey qui, à l'époque, comptait le trompettiste Terence Blanchard parmi ses «Jazz Messengers», Dexter Gordon et bien d'autres.

© La Libre Belgique 2004

 

 

Après cette tragédie, c’est sa fille qui a reprit les rennes de l’entreprise et le restaurant existe toujours. 

20/06/2013

Les plaisirs du Bois de la Cambre, ses guinguettes et ses vélodromes

 

entrée.jpg



Le Bois de la Cambre d’après le guide du touring club de Belgique en 1925.

 

Ce beau parc public est la promenade favorite des Bruxellois.  Par son accès facile, il est le prologue d’un grand nombre d’excursions au sud-est de la capitale.

 

entrée lointaine.jpg

 

Le bois de la Cambre est relié à la ville par l’avenue Louise, superbe voie de communication bien ombragée, de 55 m. de largeur, bordée de somptueux hôtels et tracée en ligne droite, à part une déviation dissimulée par un rond-point.

L’avenue gravit en pente douce une différence de niveau d’environ 22 mètres.  Sa longueur, depuis la place Stéphanie, est de 2.500 mètres.

Le percement de l’avenue Louise et l’aménagement du bois de la Cambre constituent une des créations principales du Bruxelles « moderne ».

 

avenue Louise.jpg


L’idée première de relier le Bois à la Ville par une voie directe et luxueuse revient à MM. Jourdan et de Joncker, qui avaient acquis et mis en valeur des vastes terrains aux alentours de l’actuelle porte Louise.  La création de l’avenue fut décidée par les édiles bruxellois en 1847, mais elles ne furent soumises à la Ville ; après de longues discussions, on adopta le premier projet, élaboré par M. de Joncker précité.

L’avenue Louise, avec deux zones latérales, de 40 à 100 mètres de largeur, de même que le bois de la Cambre, fut incorporée au territoire de Bruxelles, par une loi de 1864.

 

entrée Bois tram.jpg


La ligne de tramways a été établie en 1867.  C’est à cette époque que la Ville fut autorisée à créer un « chemin de fer américain », depuis la porte de Schaerbeek jusqu’au Bois.

L’avenue est entièrement bâtie de nos jours.

 

entrée Bois.jpg

 

Ce bois magnifique, rendez-vous préféré des promeneurs bruxellois, a une superficie de 110 hectares (environ 2.000m. de longueur X 550m. de largeur).

 

chemin.jpg


En vertu d’une loi, le gouvernement fut autorisé à concéder le bois à la ville de Bruxelles, qui s’engageait à en faire un parc public.  Elle s’engageait aussi à payer à l’Etat une redevance d’environ 10.000 francs par an (2 juin 1861).  Pour l’aménagement du bois, la ville adopta, à la suite d’un concours, l’excellent projet élaboré par l’architecte paysagiste Keilig (22 février 1862).  Ce projet avait l’avantage de tracer au travers de la forêt des promenades agréables, tout en conservant d’épais ombrages et des futaies séculaires.  C’est incontestablement ce qui en fait la beauté.  Par ses larges avenues bien tracées, ses sentiers tortueux, ses ravins, son lac, ses pelouses, le bois de la Cambre tient du jardin anglais.  Il rappelle la forêt, par l’aspect majestueux de ses vieux massifs.

 

le lac.jpg

Le lac situé dans la seconde partie du bois est une création artificielle.  Il est alimenté par l’aqueduc communal.

 

pigeonnier.jpg


Avant sa transformation, le bois de la Cambre était presque désert.  Seuls les amis du pittoresque s’y rendaient les dimanches d’été.  Les familles bourgeoises allaient y déjeuner sur l’herbe et les couples d’amoureux y cherchaient la solitude.

Au commencement du siècle dernier (19è), c’est là que s’exécutaient « la plupart de ces folles et malheureuses provocations, auxquelles on donne si improprement le nom d’affaires d’honneur ».  (G. de Wautier).

 

La cloche.jpg

 

Le tableau suivant donne la longueur des promenades habituelles du bois de la Cambre :

1° De l’entrée du Bois à la cloche (située devant le lac, à la jonction des deux allées latérales du Bois dit Carrefour des Attelages) par la droite : 1.400m par la gauche : 1.200m

 

drève de lorraine.jpg


2° De l’entrée du Bois à la drève de Lorraine par la droite : 2.350m par la gauche : 2.500m.

 

laiterie et voiture.jpg


3° Tours simples :

De l’entrée du Bois à la laiterie et retour : 1.900m

De l’entrée du Bois à la cloche et retour : 2.600m

De l’entrée du Bois jusqu’à l’arrière du lac, sans passer devant la cloche : 4.100m

 

laiterie du bois  1907.jpg


De l’entrée du Bois jusqu’à la drève de Lorraine (soit donc le tour complet du Bois par les allées extérieures) 4.750m

Le tour du lac (de la cloche jusque derrière le lac et retour) : 1.850m

 

laiterie jardin.jpg


4° Tour en forme de huit :

De l’entrée du Bois jusqu’à la drève de Lorraine en passant devant la cloche à l’aller et au retour 5.100m.

 

entrée fontaine.jpg

 

Notons que l’entrée du bois de la Cambre est ornée d’une grande composition sculpturale de Jacques de Lalaing, la Lutte équestre  (1906), ainsi que de deux pavillons occupés par la police.  Ce sont les pavillons d’octroi de l’ancienne porte de Namur, que la Ville a transportés ici.


Bois de la Cambre d’après Charles d’Ydewalle. (années 50)

avenue de flore.jpg

Nous voici, à présent, terme ultime de l’avenue Louise, à l’orée du bois de la Cambre, qui est le poumon de Bruxelles, le royaume des hêtres pourpres, allée cavalière, eaux et pelouses, vallons et bocages, remarquablement dessiné par Kellig. 

entrée et immeubles anciens.jpg

L'entrée est ses magnifiques immeubles rasés 

A peine franchi, le carrefour où nous rafraîchit la fontaine du poète Odilon Perrier, nous pénétrons sous les plus majestueuses futaies d’Europe. 

entrée et tram vue louise.jpg


Ce bois fut partie de la forêt de Soignes.  Nous le limitons aujourd’hui à ce déroulement, long de deux mille mètres et large de cinq cent cinquante mètres, qui nous mène à la chaussée de Boitsfort. 

chalet robinson 2.jpg


Le lac, de belle dimension, avec son île Robinson, plaît par son côté Jean-Jacques, à Armenonville, un côté gloriette de Schoenbrunn. 

chalet robinson île.jpg


Aux premiers beaux jours, les pelouses se couvrent de familles buvant le soleil.  C’est Hyde Park et Kew Gardens à la fois. 

pelouse des anglais.jpg

De drèves en sous-bois, nous pénétrons dans cette forêt de Soignes qui, en plein vingtième siècle, est à peu près sauve.  Cela tient du miracle.  Comment la mercantile capitale du plus industriel des royaumes a-t-elle gardé, parure suprême, une forêt de 5000 hectares à sa porte ?  L’explication remonte à l’an mille, quand les comtes de la maison de Louvain en firent l’acquisition.  Ces hommes aimaient la vénerie au point d’en faire un deuxième métier.  Nobles et chasseurs, il leur convenait d’édifier « A la Vure » (Tervueren) un château fortifié qui tenait surtout du pavillon de chasse. 

 

Dans les souvenirs du vieux Bruxelles, Jean Servais écrivait :

Une simple promenade au bois représentait toute une expédition.  Pour accomplir il fallait se laisser véhiculer par un tramway poussif et bringuebalant qui, au trot menu, de ses deux chevaux, vous prenait à peu près une heure pour vous mener de la porte de Schaerbeek à l’entrée du Bois.

Mais, lent à venir, le succès n’en fut pas moins assuré en un temps relativement bref dès que la tractions des tramways se fit à l’électricité.

 

gd ravin.jpg

 

Dans le bois, on découvrit des sites admirables.  Le ravin où les enfants s’amusèrent à se laisser « tribouler » du haut en bas, enlacés deux par deux ; exercices pratiqués aussi par des couples de jeunes gens et de jeunes filles ; le trou du diable, laissé par une carrière ancienne, trou où stagnait une mare et auquel on attribuait des origines diaboliques

 

chalet robinson 3.jpg

chalet robinson île et 2 bacs.jpg

l'île.jpg


le Chalet Robinson devant lequel se tirait le sensationnel feu d’artifice du 21 juillet ; le lac, le fameux lac et ses petits bateaux qui allaient sur l’eau à des prix abordables ; les pelouses, toujours occupées par d’innombrables flâneurs

 

ketjes marchands de glace.jpg


et où circulaient des vendeurs de « smoeteboles » de « carabitjes », de « coco-au-caliche »… et si le feu d’artifice se tire maintenant ailleurs (année 50) c’est que la foule de ses admirateurs était telle que les taillis, les arbustes subissaient d’inévitables déprédations…

 

ballade.jpg

 

Telles étaient les réjouissances estivales qui suffisaient au bonheur du Bruxellois de l’époque et le retenaient dans sa ville…

 

patineurs lac gelé.jpg

Quant aux plaisirs d’hiver, il y avait les balades en traineaux et, sur le lac en temps de gel, le patinage.  Le public était prévenu par des pancartes dans les voitures des tramways : « On patine au bois de la Cambre ».

 

Rappelons à ce propos les représentations d’une revue bicentenaire au sympathique théâtre du Bois-Sacré et qui s’intitulait : « On potine au Bois-Sacré ».  (Libeau et son collaborateur habituel, notre vieil ami de Caigny, en étaient les heureux auteurs).

 

cavaliers.jpg

 

N’oublions pas de mentionner, en outre, en toutes saisons, les promenades à cheval qu’y faisaient quotidiennement la ‘Gentry ‘… C’est au cours de l’une d’elles que Sarah Bernhardt en représentation dans notre capitale, fit la connaissance d’un membre de notre haute aristocratie, début d’une idylle qui laissa un profond souvenir dans la vie sentimentale de la grande tragédie…

 

moeder Kramik.jpg

moeder lambic.jpg

 

Tout Bruxellois digne de ce nom se devait d’aller déguster, à défaut d’un repas pris à la Laiterie, sa tartine au fromage blanc agrémentée de radis noirs, chez Moeder Lambic ou chez Moeder Cramique

 

moeder lambic attractions chanteurs.jpg


et d’y applaudir Madame Gaspard, chantant, en jouant de la guitare, les aventures d’une ménagère qui va-t-au marché.  S’y produisaient également parfois, raconte Frans Fisher dans ses souvenirs de Bruxelles d’autrefois trois petites vieilles toutes menues et toutes ratatinées. 

 

moeder kramiek.jpg

ambiance chez Moeder Kramick


« On les avait toujours connues vieilles.  D’une voix cassée et chevrotante elles entamaient des strophes d’une chanson un peu puérile et enfantine intitulée « Petites fleurs des bois ».  Puis tout à coup, continuant à chanter et à pincer de la guitare, elles se mettaient à tournoyer et virevolter sur elles-mêmes en une lente valse sur place, pareilles à ces petites poupées mécaniques qui se trémoussent dans certaines boîtes à musique. 

 

moeder lambic scène.jpg

ambiance chez Moeder Lambic aussi 

Plus le public, un peu goguenard, encourageait par ses rires et ses bravos les pauvres petites chanteuses-ballerines et plus elles prolongeaient cette mimique rotative, jusqu’à ce que, épuisée, elles allassent s’affaler sur un banc, avant de faire la quête.

 

moeder lambic maison segers.jpg

 

« La recette faite, elles allaient achever, jusque bien tard dans la soirée, leur tournée dans les vieux cabarets de la ville où chacun les connaissait mais ne leur donnait d’autre nom que celui de leur unique chanson : « Petites fleurs des bois ».

 

bois de la cambre public.jpg

Version années 50

bois de la cambre bac.jpg

bois de la cambre public danse.jpg

Et on y danse même le Rock and Roll 

Mais le Bois de la Cambre, du moins ses environs immédiats, laissent surtout des notables souvenirs au vieux sportifs en ce sens qu’il accueillit les deux premiers vélodromes bruxellois.

affiche champions.jpg

Le premier, en somme, fut le vélodrome de Longchamp, installé au coin de l’avenue du même nom (actuellement Avenue Winston Chruchill) et de l’actuelle rue Edith Cavell.  L’inauguration eut lieu le 22 mai 1893 en présence du Roi, de la Reine et de la princesse Clémentine.  C’est là que se termina, en cette même année, la première course Paris-Bruxelles qui dura deux jours, les 14 et 15 août et dont le vainqueur fut Henri André, maçon verviétois, follement ovationné, on le conçoit …

revue des sports Houben.jpg

Le deuxième vélodrome fut inauguré en 1897 : le vélodrome de la Cambre, racheté en 1907 par M. Van Hammée, l’ancien directeur du Palais des Sports de Schaerbeek.  Il se trouvait au Solbosch et fu exproprié en 1908 en vue de l’exposition de 1910, pour être remplacé, la même année, par le vélodrome du Karreveld.  Mais n’anticipons pas…

 

vélocipédie Houben - Protin Bruxelles Liège départ du vélodrome.jpg

 

Les gloires de l’époque héroïque du Cyclisme étaient notamment le liégeois Robert Protin, le populaire Bruxellois Hubert Houben, vainqueur en match mémorable au vélodrome de Longchamp, de l’Américain Zimmerman, qui, jusqu’alors n’avait subi aucun défaite.  Citons aussi, parmi nos compatriotes, notre toujours vert Léon Coekelberg, de Saint-Hubert les frères Fischer, Huet, le dentiste….

Léopold II honorait le sport cycliste de sa protection.  Il dota de prix importants plusieurs compétitions.  Et il ne manquait pas de féliciter personnellement les vainqueurs des courses auxquelles il assistait, tel André, qui fut reçu par lui au Palais.  Evènement dont parlèrent les journaux, pour la plupart desquels le cyclisme sportif n’avait guère de considération.

Et l’on raconte qu’ayant assisté à un match à l’issue duquel Houben avait été victorieux une fois de plus, le Roi le complimenta également et lui posa cette question plutôt singulière :                  

-         Comment faites-vous donc, Monsieur Houben, pour courir si vite ?

Un instant interloqué, mais se ressaisissant, Houben répondit : - Sire, ça est un truc !  Ce qui eut le don de faire rire de bon cœur son auguste interlocuteur, de même que les personnalités présentes à l’entretien.

La popularité du sport cycliste s’étendant de plus en plus, les deux vélodromes, l’un après l’autre, s’attirèrent bientôt une nombreuses clientèle.  Et les cafés des environs du Bois en profitaient. 

 

paris bruxelles amateurs 1910.jpg

Paris - Bruxelles amateurs 1910

 

Il convient d’accorder une mention spéciale au « Café du Cycle » où, chaque jour, après leur entraînement, se rendaient les coureurs.  La patronne de l’établissement les aimait bien et elle était payée de retour.  Le poète-revuiste Théo Hannon, lui avait dédié ce quatrain :

Dans son amitié maternelle

Pour le cycle et ses dérivés

Dévotement, sur son sein, elle

Regonflerait les pneus crevés !

 

Aussi bien l’appelait-on « Maman Bodinus » du nom de son mari.  Très temporaire, ce mari !

Dans « le Soir », Jacques le Belger-Carrière a retracé il y a quelques années (années 50), le curriculum vitae de cette sympathique et originale personne l

« Née en 1840, à Deux-Acren, elle était la fille de Constant d’Hoffschmidt, ministre des en 1880, la connaissance de « Herr Doktor Bodinus » conservateur du Jardin Zoologique de Parin et l’épouse.  Mais le caractère austère de son mari ne convient guère à son tempérament.  Elle interrompt brusquement son voyage de noces, à Berlin, et revient à Bruxelles, sa ville d’adoption, qu’elle ne quittera plus. 

 

café restaurant du trianon jardins.jpg


Elle y achète « Le Trianon » au Bois de la Cambre, en fait un petit jardin d’acclimations où les enfants viennent jouer… Et son penchant naturel pour les animaux exotiques, se double de son affection pour les coureurs cyclistes dont la vogue commence.  Elle fonde le « Cyclist’s Club House » qui, malgré son enseigne engageante au goût du jour, n’a guère de succès. 

 

Avenue Legrand vers Louise.jpg


C’est alors qu’après avoir repris la gérance du bar du Vélodrome de Longchamps, nouveau venu, elle achète un terrain sis entre l’avenue Legrand et le Bois et y fonde « Le Café du Cycle », le favori des sportsmen. »

Camille Bodinus, née d’Hoffschmidt, n’était pas dénuée de ressources.  Mais elle avait une passion : le jeu.  C’est ce qui fit son malheur, causa sa ruine et amena sa retraite dans une masure à Deux-Acren, son village natal, où elle mourut en 1921, misérablement…

 

chalet robinson 4.jpg


On le voit, les souvenirs qu’évoquent le Bois de la Cambre et ses abords sont nombreux, divers et « Maman Bodinus » telle que l’a ressuscitée le Berger-Carrière méritait d’être sauvée de l’oubli.  Elle est digne de figurer dans la petite histoire de notre cher Bruxelles.

Et en version plus récente.... 

chalet robinson.jpg

chalet robinson pedalo.jpg