22/02/2013
Quand les bruxellois aimaient les pigeons.... Les colombophiles.
Petit article en hommage à mon Grand Père maternel (Ferdinand Hoeffler) qui tous les matins coupait avec application des petits croûtons de pain pour donner à manger aux pigeons….

Encore dans les années 50, nombre de Bruxellois possèdent au sommet de leur demeure un pigeonnier. « un Kijker » en bruxellois où ils élèvent des pigeons voyageurs. Quand il ne voyage pas, le pigeon roucoule et les voisins doivent renoncer, une fois pour toutes, à faire la grasse matinée ! C’était le cas pour mes parents qui vivaient dans un immeuble sur la Place de Jeu de Balle.
Quand le pigeon voyage et revient des lieux où il fut convoyé, il lui prend parfois la fantaisie de s’attarder à deux pas de sa demeure, sur quelque corniche. On assiste alors à une scène où notre passion des pigeons prend des accents exceptionnels. Mimique persuasive, implorante, menaçante, du propriétaire pour décider le volatile à réintégrer son domicile ; paroles tendres, petits noms, diminutifs en « ke » ou en « che », comme « chouque, tache,… » que l’indifférent reçoit comme une grand dame les hommages d’un pâle inconnu.
Vient un moment où l’homme se fâche ; ses gestes se font comminatoires, sa voix s’élève, se fait rude. Il perd la partie, mais il faut que colère se passe…
… Et voilà pour quoi notre radio nationale consacre, chaque dimanche, plusieurs émissions sibyllines aux profanes, vouées aux convois et aux lâchers, religieusement écoutées par des milliers d’amateurs de colombophilie.

Si vous croisez à Bruxelles ces passants porteurs de paniers, nul doute : voici des fervents d’un sport grave et populaire entre tous : LA COLOMBOPHILIE !
N’allez pas croire que ces volatils étaient considérés comme aujourd’hui !

Au 28 de la rue Ste Catherine, à la brasserie du grand château d’or, le coup d’éclat suivant fut réalisé par le patron Mr Vandenkerckhoven. Il obtint en juillet 1859 , de fournir ses locaux aux réunion de la « Société de Colombophiles Union et Progrès », avec d’emblée l’envoi de 63 pigeons parmi les grands cracks du moment, au concours d’Angoulême. Un mois plus tard, ce furent 169 bestioles qui prirent le train de Pontoise. Les deux premières rentrées au bercail appartenaient à M. Beghuin, la 3ème à M. Deruysscher, la 17 ème et dernière au pauvre M. Ysermans… Et le même mois encore, ce fut grande agitation dans la brasserie à l’occasion d’un concours à Versailles, qui donna l’occation à M. Deruysscher de prendre sa revanche…

En septembre 1887, la fédération des sociétés colombophiles de l’agglomération bruxelloise a organisé, sous le patronage de la société Bruxelles-Attractions, une fête originale qui a obtenu un vif succès d’intérêt et de curiosité.
Il faut dire qu’il existait bon nombre de colombophiles en Belgique.
Cette fête, donnée au profit des pauvres, consistait en un grand lâcher de pigeons, en courses pédestres. Le lâcher s’est fait au parc Léopold. Le matin a eu lieu, à travers les rues de la capitale, le défilé des chars transportant les paniers qui allaient prendre part au concours.
A 14h, au milieu d’une foule énorme, on a libéré 25.000 pigeons qui, tous à la fois, sont partis en un seul groupe, obscurcissant la lumière du jour par leur masse compacte. Imaginez, le froissement engendré par 50.000 ailes battant de concert…. Ce bruit produisit un son comparable à un coup de tonnerre.
L’immense essaim a tournoyé un instant dans l’espace tel une véritable orgie ornithologique ! Puis, à un moment donné, comme obéissant à un commandement, les oiseaux se sont dispersés aux quatre coins de l’horizon.
A ce moment-là, un aérostat s’élevait gracieusement dans les airs, semblant poursuivre les pigeons.


Ce spectacle, très curieux, a été suivi avec intérêt et émotion par la foule de spectateurs. Quelques instants plus tard, la foule se disloqua lentement. Chacun avait la tête encore emplie du vol des pigeons. Certains avaient aussi les poches vides suite aux vols perpétrés par les « pickpockets » ! Car il s’en trouve toujours là où il y a des pigeons à plumer…. Et oui…. Déjà en ce temps là !

Vendeur de pigeons sur la Gd Place à Bruxelles
Après le pain, les jeux, cela se savait déjà au temps des Romain. Aussi le cabaretier J.H. Werrie-Winteroy put-il, lors de la Kermesse de juillet 1889, recevoir en son Jardin Joyeux les non moins joyeux colombophiles de la société « La Colombe Joyeuse » chargés du grand concours par la Fédération des Société colombophiles bruxelloises. Une cérémonie répétée en 1898, et marquée par un grand lancement de pigeons à Chantilly.
En évoquant cette Colombe Joyeuse, voici un instant, profitons-en pour souligner combien, avec le jeu de balle (et bien sûr tus ces tirs d’archers et arbalétriers), le culte de la colombophilie appartient de façon extraordinairement intime à l’âme bruxelloise. Il faut savoir que voici un siècle et davantage, les innombrables estaminets spécialisés ne vivaient pratiquement que de l’effervescence que leur apportaient les comités colombophiles dont ils étaient arrivés à obtenir les réunions régulières chez eux. Et les jours de concours, on scrutait l’arrivée des coureurs, hors d’haleine, porteurs des précieuses bagues des pigeons rentrés au pigeonnier.

En ces temps où les enregistreuses n’étaient pas encore inventées, seul comptait en effet le moment de la remise de la bague au chronométreur. Le propriétaire du pigeon, stationné dans son pigeonnier, scrutait les cieux, et sitôt l’oiseau rentré, il s’emparait de la bague, la jetait dans un tube fixé à sa façade, où les ketjes la saisissait et filait au « kaberdouche ». En hurlant, avec ses compères de rencontre « Pigeon, pigeon ! », et manquant à chaque instant de faire trébucher les bourgeois malencontreusement dans son chemin.
Alors ceux-ci se lançaient à la poursuite des impudents garnements, ce qui créait parfois d’indescriptibles désordres ! Tout cela appartenait à un folklore bien établi, et finalement personne n’y trouvait à redire.
…Un folklore qui devait disparaître d’un coup, comme nous en informe la presse de janvier 1896, « encore un petit métier qui va disparaître » ajouta-t-elle la larme à l’œil. Par l’invention en France de l’appareil « L’inviolable », qui …supprime les coureurs portant, à une allure extraordinaire, les bagues aux sièges sociaux, et les froissements qui peuvent surgir entre les membres d’une même société ».
Naissance de l’appareil à horloge marquante, scellé, plombé, où l’on introduit la bague des pigeons rentrés au colombier, et rendant toute fraude impossible. « Voilà qui va révolutionner les règlements de la colombophilie ». En effet, finis les gamins à la course folle.

Les pigeons du Bois de la Cambre
Telle étaient donc les mœurs des colombophiles du siècle dernier, et en particulier ceux du cabaret « Le Jardin Joyeux ». Lequel acquit au cours des années 1895 une importance à peu près égale à celle du « Grand Château d’Or » de la rue Ste Catherine, si l’on en juge par les sociétés qu s’y réunissaient régulièrement.
En Août 1898, on convia la foule à venir participer depuis la gare du Midi jusqu’à la Porte d’Anderlecht à un lâcher monstre de pigeons, avec « des dizaines et des dizaines de paniers remplis de pigeons » rangés à côté des baraque de la foire. Après 3 coups de canon retentissants, les paniers sont ouvert, quelques pigeons s’échappent, filent à tire d’aile, puis la grande masse des oiseaux s’élèvent, tournoie comme de larges feuilles mortes emportées comme un tourbillon, tandis que les orchestres de la foire tonitruent, que les orgues de Barbarie gémissent des airs d’opéra et que les danseuses de parades esquissent des pas plus ou moins légers…
Les pigeons partis, on s’en retourne aux montagnes russes…

Durant la guerre 14-18
Malgré le fait qu’à l’époque on voyait se développer la téléphonie et l’émission radio, il était fréquent que des unités soient isolées ou que des messages devaient être envoyés rapidement sur de longues distances. Dans ce cas, on avait recours aux pigeons voyageurs. Ils étaient élevés et transportés vers des unités mobiles au gré des besoins dans les zones de front différentes.
100.000 pigeons furent employés par les Anglais durant cette guerre.
C’était une belle stratégie mais l’occupant allemand prit connaissance de ce subterfuge et décida d’interdire aux civils des zones occupées de lâcher les pigeons !
Toutes personnes désobéissantes étaient menacées de mort par voie de presse. Les personnes qui récupéraient des pigeons voyageurs, étaient également tenues de remettre ceux-ci aux autorités militaires faute de quoi, elles seraient accusées d’espionnage !

14 mai 1922, voici l’un des 2 avions … butin de guerre pris à l’Allemagne, qui vient d’être transformé en colombier volant pour le transport de pigeons voyageurs mis au concours. Nous avion déjà l’aviation militaire, l’aviation civile, voici l’aviation pour … volatiles !

Les colombophiles espèrent, par ce moyen épargner à leurs pigeons les fatigants et coûteux voyages en train ou en camion. Comme le montre notre photo, des loges latérales ont aménagées dans le fuselage de l’avion. Il suffit d’amener les paniers contenant les pigeons et le transbordement s’accomplit. L’aéroplane n’a plus qu’à voguer vers le lieu de lâcher, où il arrivera en quelques heures au lieu de 2 jours.
LA STATUE.

Bruxelles fut probablement la seule ville à rendre hommage aux pigeons voyageurs durant la guerre. Cette statue est l’œuvre de Victor Voets et fut inaugurée en mars 1931. Elle se situe Square des Blindés à Bruxelles.


Merci à Jeancke …. (Jean-Pierre Roels) pour la recherche de documents…

N’empêche, que les bruxellois aiment aussi la saveur du pigeon…et certains terminaient à la casserole ! ... Allei ! Mangez… ‘t es van brussel …

PIGEON A LA HOEILLAARTOISE
Vieille recette mais savoureuse d’une commune où les pigeonniers étaient légion.
Procurez-vous 2 pigeons jeunes et bien en chair.
Videz-les et troussez-les.
Dans une sauteuse, faites fondre un bon morceau de beurre et déposez-y les pigeons.
Faites-les rôtir sur chaque face durant quelques minutes.
Ajoutez ensuite un demi-litre de bouillon de volaille et 25 cl de vin blanc.
Salez, poivrez, ajoutez du thym et du laurier.
Pendant ce temps, épluchez une dizaines de petits oignons et nettoyez 250 gr de champignons.
Ajoutez-les dans la sauteuse.
Couvrez et laissez mijoter 50 à 60 minutes à feu doux.
A la fin de la cuisson, retirez les pigeons et laissez réduire un peu le jus de cuisson…. Puis liez la sauce avec 2 jaunes d’œufs dilués dans 15 cl de crème fraîche. Rectifiez l’assaisonnement et laissez réduire 1 à 2 minutes. Passez la sauce au tamis.
Dressez les pigeons dans un plat avec la sauce.
PIGEONS AUX PETITS OIGNONS.
Prenez 2 pigeons. Coupez-les en 4 (dans le sens de la longueur puis en chaque moitié).
Dans une cocotte, faites fondre 2 bonnes cuillères à soupe de beurre.
Faites-y dorer les morceaux de pigeons sur chaque face.
Quand ils ont prit une bonne couleur, ajoutez-y une trentaine de petits oignons épluchés.
Couvrez et laissez cuire environ 7 à 8 minutes en mélangeant de temps à autre.
Ajoutez ensuite 25 cl de vin blanc sec, 25 cl de bouillon de volaille, un bouquet garni, un clou de girofle, un peu de ciboulette hachée du sel et du poivre.
Laissez mijoter environ 1 heure à feu doux
Pendant ce temps, préparez la garniture suivante :
Epluchez 125 gr de champignons de Paris, faites-les revenir dans du beurre.
Nettoyez 4 ris d’agneau et un ris de veau.
Faites-les dégorger dans de l’eau froide puis trempez-les quelques instants dans de l’eau bouillante pour les faire blanchir.
D’autre part, détaillez en petits morceaux, un rognon de veau et faites-le sauter à la poêle dans un peu de beurre.
10 minutes avant de servir, ajoutez dans la cocotte des pigeons, les champignons, les ris et les rognons. Rectifiez l’assaisonnement et laissez mijoter environ 10 minutes.
En fin de cuisson, disposez les morceaux de pigeons entourés de leur garnitures de cuisson et réservez au chaud.
Liez la sauce avec un demi-citron pressé et un peu de maïzena diluée dans du lait.
Nappez votre plat de cette sauce et servez…
Bon appétit ….
12:54 Publié dans aviation, aérodrome,sabena, BELGIQUE, BRUXELLES, ET PENDANT CE TEMPS LA A BRUXELLES ..., fêtes,foires,fêtes forraines, images de guerre, jeux,jouets d'autrefois,livres enfance, LES SPORTS, Marolle, marolles, recettes, vieux marché,place du jeu de balle,aemet,puces de Bruxelles et environs, vismet - marchés-port de bruxelles,canal,senne | Commentaires (8) | Envoyer cette note |
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14/02/2013
Atmosphère années 50 .... évolution du niveau de vie...

Dès 1948 … après la guerre, à peine a-t-elle pansé ses plaies, Bruxelles se place aux avant-postes du combat pour une Europe Unie.

Le Benelux, premier rapprochement et le 17 mars de cette même année, la seconde étape : la signature du traité de Bruxelles, consacrant l’alliance étroite de la France, de la Grande-Bretagne, de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg.

naissance du Bénélux 1947
Au début des années 50, tout a commencé à augmenter ; par contre, on en avait deux fois plus pour notre argent !
Il faut dire que durant les années 50-60, Bruxelles avait ceci de particulier pour un tout petit pays ; Brasser des affaires gigantesques à l’échelle mondiale !

Le Sénat
Des institutions régularisent la vie de l’argent. Le sang des affaires circule bien et donne à Bruxelles, qui en est le cœur, des battements ordonnés et paisible.

La Bourse
A cette époque, on prenait en considération pour le budget, le prix des aliments de base pour le ménage, le prix du chauffage (souvent le charbon à cette époque) et en extra, un petit budget pour l’habillement et quelques accessoires ménagés.

Ce n’est que vers 1955, que le comportement des citoyens a réellement changé. Sont venu s’ajouter au budget des extras, les sorties (dancing, cinémas etc.), le prix des transports en communs, les salons de coiffures et d’esthétiques, les jouets sophistiqués pour enfants, la télévision … et la carte de crédit (une redoutable machine à consommation) pour ceux qui n’arrivaient pas à suivre…





Collection de Mr Denis Keller
Série de pochettes photos. Étant donné que votre blog fonctionne surtout par l'imagerie, j'ai trouvé amusant de montrer quelques-unes de ces pochettes anciennes fournies par les magasins de photo pour placer les tirages de leurs clients. C'était au temps où la photo numérique n'existait pas encore et où tout le monde fonctionnait avec de la pellicule "argentique". J'ai sélectionné uniquement des pochettes publicitaires de magasins situés à Bruxelles. Les adresses de ces magasins figurent sur les pochettes.








mettez la souris sur l'image pour connaître le modèle de l'appareil


1958… Bruxelles est fin prête pour montrer au monde entier lors de l’Exposition que nous sommes un modèle de société tournée vers la finance et le futur….La Banque Nationale étant le régulateur de la vie monétaire et de la tenue du franc, La Belgique se doit d’être à la hauteur de ses ambitions.




Son gouverneur reste le grand conseil et le frein de tous les gouvernements, quel que soit le parti auquel ils appartiennent.

Le Crédit Communal est le grand trésorier des communes et leur banquier ; c’est un autre élément régulateur qui freine les mégalomanies possibles (disait-on).


Avec sagesse, Bruxelles est devenu la terre d’élection de très grands trust : par exemple, la Société Générales, la Banque de Bruxelles, la Kredietbank, la Banque Lambert, le Groupe Empain, le Groupe Nagelmakers…

Collection Mr Keller Denis


6/ Sabena
Deux étiquettes de bagages des années 1950s
C’est la Société Générale qui a construit de toutes pièces l’Union Minière du Haut Katanga. La Banque de Bruxelles a soutenu de toutes ses forces l’industrie liégeoise. Le Groupe Empain s’est occupé de la chimie et de l’électricité.


A cette époque, le groupe de la Banque de Bruxelles était conduit par un homme d’une main de fer, le comte de Launoit. Il mené une des plus vaste opérations financières …. La fusion des trois plus importantes sociétés de métallurgie : Ougrée-Marihaye, John Cockerill et Ferbatil.

Le bénéficiaire le plus évident c’était le « standing du pays ».

Quartier Gare Centrale ...Les naveteurs


Tout un peuple vivait autour de ces banques ; Le soir, la gare centrale (cité aux falaises de béton) absorbait comme une fourmilière les hommes qui œuvraient à l’accroissement financier du pays.

Le commerçant qui réalisait un bon chiffre d’affaire portait à la banque le fruit de son dur labeur.

C’était des milliers de commerçants qui contribuaient au « Pactole » et par la suite ils avaient la possibilité d’acheter des actions.


On pouvait même considérer que le chiffre d’affaires du Bas de la Ville avec ses petits commerçants atteignait la moitié du chiffre d’affaire de l’agglomération entière. Tous les secteurs de l’activité commerciale étaient représentés.

Ceux-ci étaient localisés dans des endroits bien précis…. Par exemple : Machines de bureaux dans la rue d’Assaut, bijouteries-horlogeries rue au Beurre, collectionneurs de timbres et monnaies rue du Midi, papiers peints et luminaires rue Blaes, articles de mode rue des Eperonniers…. Et aussi tous les métiers ambulants et autres artisans….. Il y en avait pour tout le monde….. Sans exceptions !

Les petites affaires comme les grandes étaient exposées à la lumière de la place publique. Les rotatives livraient chaque jour au peuple les secrets des affaires en des journaux bourrés de chiffres.

Bruxelles était la Capitale des Affaires. Celui qui était « rusé » pouvait devenir puissant… Une petite entreprise pouvait très vite prospérer.

19-21 Bld du Midi
Autre exemple d’ascension :
La caisse d’épargne IPPA connaît après la deuxième guerre mondiale, un essor fulgurant.
Les sièges et bureaux se multiplient dans les années 50, le siège de Bruxelles vient occuper de nouveaux locaux.
Le chiffre d’affaire ne cesse d’augmenter. Le premier milliard de dépôts d’épargne est atteint en 1951, le dixième en 1967.
Le nombre d’agences n’a cessé de s’accroître… d’une agence en 1903, il passe à plus de 1.400 en 1970 !
Au vu de son succès, IPPA créera le groupe TRANSGA, la compagnie immobilière qui offrira à ceux qui préfèrent placer leur argent dans des « briques » ou des terrains, un large choix de placements immobiliers.

On commence dès lors à parler de pouvoir d’achat et de consommateurs… On s’imaginait que l’avenir serait « rose »… Un peu le rêve américain… Le niveau de vie était plus élevé et les salaires augmentaient… s’ajoutaient à cela, les avantages divers comme une deuxième semaine de congés payés et les allocations familiales… Rien d’alarmant puisque jusqu’au début des années 60, le taux de chômage était de 2,3%...


prévoyance sociale ancien

C’est le 18 décembre 1957 que Delhaize le Lion inaugure le premier magasin « self-service » à la place Flagey à Ixelles….C’était un genre de magasin à « l’américaine ». Très bonne stratégie pour l’époque puisque l’endroit était desservit par le tram, il y avait un parking et on pouvait compter sur de nombreux habitants à « fort pouvoir d’achat ».
Les gens repartaient avec leurs victuailles emballées dans des sacs en papier brun et la viande était déjà préemballée.
Toute la presse parlait de cette nouvelle manière de faire ses achats mais d’abord en la critiquant !

Photo Pub Monoprix en France (idem)






En 1959, les enfants font la découverte de Barbie pour les filles et les garçons ne sont pas en reste non plus …. Les grands magasins regorgent d’idées pour attirer les familles…. Et à la Saint Nicolas, c’est dans un décor féérique que les enfants sages découvrent toutes les nouveautés dans le monde du jouet…

Collection de Mr Vanstenkiste...... attraction lors de la Saint Nicolas à l'Innovation dans les années 50

Innovation années 50

Pour les garçons

Rayon ménager miniature pour les filles

Décembre 1951, les merveilleuses poupées à l'Innovation... Le rêve de chaque petite fille....
Merci à Monsieur Vansteenkiste de nous faire partager ces souvenirs
Témoignage de Mr Denis Keller
Grands magasins : ici je dois raconter. Lorsque j'étais enfant dans les années 1940s et 50s les grands magasins exerçaient sur moi une fascination fantastique. C'était un univers de rêve que l'on visitait en famille. Pas nécessairement pour acheter mais pour voir et découvrir toutes les nouveautés de l'époque où le modernisme et le confort étaient des thèmes essentiels. On accédait encore aux étages par des ascenseurs grillagés "conduits" par un liftier en uniforme et gants blancs qui annonçaient les départements à chaque étage. Les plus modernes commençaient à disposer d'Escalator mécaniques en bois. La concurrence entre ces grands magasins était assez forte et chacun proposait des événements attractifs : goûters dansants, émissions radiophoniques en direct, des fauves en cage de verre, etc... Les vitrines de fêtes (St Nicolas, Pâques, Noël, Nouvel an,...) étaient magnifiques et animées même avec des personnages vivants. Les premières télévisions étaient exposées en fonctionnement en vitrine et étaient une attraction populaire qui attirait beaucoup de monde. C'était aussi l'époque où on pouvait écouter, chez les disquaires, les premiers disques en Vinyle dans des cabines individuelles sur un tourne-disque à aiguille saphir et avec le son mono et pas stéréo car l’hi-fi n'existait pas encore.
La plupart des jeunes femmes ont un emploi en dehors de leur foyer et l’arrivée des électroménagers facilitent la vie de celles-ci.


1er Bic à 4 couleurs1950
On retrouve dans ce nouveau mode de vie, le confort de la cuisine équipée et la généralisation de l’achat d’un frigo, d’une cocotte minute et de poêle Tefal, d’une machine à laver le linge avec rouleau pour l’essorage et de la poudre à lessiver, les détergents miracles font également leur apparition etc ... Et les crédits explosent… notamment pour l’achat d’une voiture …





Durant cette décennie, on dépense, on gaspille, on vit « bien », on s’invite au restaurant, certains investissent, d’autres s’offrent des vacances à l’étranger, on fume, on danse, on fait la fête… La vie est devenue si paisible… du moins pour une grande majorité d’employés, de fonctionnaires et de commerçants…






1955

Rue Neuve
Qu’en était-il des préoccupations de nos parlementaires pour satisfaire la population durant ce temps-là ? (petit rappel)…
De 1910 aux années 50, plus de 80% des artères de la ville, y compris celles du centre, étant neuves, remaniées ou reconstruites, le rythme des travaux d’urbanisme fut incessant.

Vue sur les Bas Fonds 1955
Les deux périodes de guerre, les crises économiques et monétaires, la dénatalité, la substitution d’impulsions collectives et trop souvent mesquines aux larges et efficientes initiatives léopoldiennes, ont fait que ...


Impasse de la Maternité
...plus des trois quarts des « taudis » et impasses furent rayées de la carte du Pentagone ; tandis qu’une autre grande partie des immeubles « anciens » de la capitale ont été cédés à des investisseurs étrangers, à de grandes sociétés ou même aux banques… Un paradis pour les promoteurs…

Quant aux bruxellois, après avoir vécu dans des anciens quartiers sans confort, ils ont préférés s’établir ailleurs….
Les couples qui travaillaient dans le privé ou dans l’administration pouvaient s’offrir le luxe de l’achat à crédit d’un appartement.

La construction de grands nouveaux immeubles situés dans d’autres communes et dans des quartiers paisibles et verdoyants à proximité du centre de la ville a encouragé la population à déménagé.

Les autres, aux revenus plus modestes se sont peu à peu installés en « banlieue » laissant la place aux utopistes….et aux indéracinables bruxellois.

Il faut dire qu’après la guerre, les vieilles pierres n’intéressaient plus grand monde.
Suite à la demande et à l’offre de crédit des banques, le béton coulait à flots aux quatre coins de la capitale !

Tunnel Rogier vers Viaduc direction Koekelberg
On reprit, après maintes tergiversations, les travaux de la Jonction et du Mont des Arts, du percement des tunnels à travers la ville.
Ces travaux d’urbanisme conjuguèrent leurs effets à ceux de la « City Building »… processus commun au centre de toutes les grandes villes contemporaines.

1954



CEE
Il faut noter que durant cette période, les expropriations urbanistiques on coûté quelque 30.000 habitants, dont la moitié pour la Jonction. Et la prolifération des constructions non destinées à l’habitation jointe au progrès de la dénatalité en ont fait disparaître plus de 50.000 autres.
Durant des dizaines d’années, certains quartiers fantômes en attente des grands travaux ont été la terre d’accueil des plus démunis.

La place était faite pour accueillir le monde de la finance des spéculateurs et des affaires….. Il n’y avait plus qu’à attendre que le temps fasse sont travail sur l’état de délabrement de ces vieux quartiers…

Les constructions incessantes de nouveaux immeubles dans les faubourgs de la ville, l’installation du métro en sous-sol, l’ouverture de galeries commerçantes etc.… offraient un tel nombre de postes que la Belgique dû faire appel à la main d’œuvre étrangère.

Malgré tout ces projets grandioses, où allait-on loger toutes ces nouvelles familles ?.... Réponse : Tant qu’il n’y avait pas d’avis de démolition…
Dans ces fameux quartiers « fantômes)…. En attendant les propositions des grands promoteurs…

Vue de la Colonne du Congrès en 1954
Considérée comme un paradis fiscal avec une sécurité sociale à la pointe que rêver de mieux pour y vivre paisiblement ? La Belgique offrait tous les avantages sociaux et l’aide nécessaire à l’intégration des familles …

Paisible Marché place Ste Catherine années 50

Le Vieux Marché dans les années 50.... les bonnes affaires...
La Belgique à accueillit a bras ouverts ces nouvelles populations venue de si loin qui allaient se joindre à nous pour contribuer à l’essor de nos économies !
Avec 1.248.310 d’habitants en région bruxelloise en 1959 que devions-nous craindre ?
Un tel essor au niveau économique et social faisait de notre capitale l’endroit idéal pour évoluer dans la société. Chacun y trouvait sa place. Et puis avec un taux de chômage aussi bas…. Pourquoi redouter le futur ? Dans l’euphorie de la réussite sociale et économique, étions-nous en mesure de prévoir la crise en 2007 ?

1954
Paradoxalement, les gens troublés par des nouvelles pessimistes venant de tous côtés, il était déjà devenu courant d’entendre parler « du bon vieux temps » dans les années 60-70 !..... Celui d’avant 1914 !

Eh oui…. Il semblerait qu’il a bien existé…. Et pourtant…
La marchandise était de bon aloi et l’ersatz n’encombrait pas nos tiroirs.



Le bon vieux temps peut-être regretté par les poètes et par les riches, PAS par les ouvriers.
Pour créer un pays aussi riche, il en a fallut des sacrifices, des révolutions et des débats.
Avec un salaire considéré comme « beau » à l’époque de 4,25FB par jour pour un receveur de tram, seuls dans l’industrie privée, des contremaîtres de valeur arrivaient à cent sous !
Sans compter les heures de travail qui n’étaient pas encore réglementées !


Terrasse à la Bourse.... un matin... bien animé et pourtant paisible...
Pourtant, ……Mon dieu qu’il faisait bon vivre ici !





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03/03/2012
L'avenir imaginé par nos aïeux...
| "De tant de nouveauté je ne suis curieux, - Il me plaît d'imiter le train de mes aïeux." |
| Pierre de Ronsard
Notre avenir imaginé par quelques auteurs (trouvé dans un livre datant de 1894).
VOTRE SORT de demain, petits propriétaires isolés ou associés en commun, le voici, si vous ne vous défendez pas : on vous prendra le champ et la récolte, on vous prendra vous-même, on vous attachera à quelque machine de fer, fumante et stridente, et tous enveloppés de la fumée du charbon, vous aurez à balancer vos bras sur un piston dix ou douze mille fois par jour. C’est là ce qu’on appellera l’agriculture, car nous sommes dans un âge de science et de méthode, et nos gouvernants, servis par l’armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine où la machine dirige tout, même les hommes, où ceux-ci sont de simples rouages dont on se défait quand ils se mêlent de raisonner et de vouloir. Elisée Reclus.
AU VINGTIEME SIECLE, a dit Victor Hugo, il n’y aura plus ni dogmes, ni frontières. Il se trompait doublement. Et pour ne parler que des frontières, elles subsisteront autant que les nations auxquelles elles gardent leur physionomie distincte et leur indépendance mutuelle. Ce qui est vrai, c’est que les frontières ne seront plus marquées de sang, ni les nations possédées par la haine. Libre enfin de tous les Caïns, le monde verra la fraternité des hommes sous la paternité de Dieu. Les âmes droites sont destinées à se rencontrer un jour dans la même religion et il n’y aura, je le redis encore une fois avec l’Evangile, ici-bas ou ailleurs, qu’un seul troupeau sous un seul pasteur. Hyacinte Loyson, prêtre.
LE PROCHAIN siècle est au travail, et ne voit-on pas déjà dans le socialisme montant s’ébaucher la loi sociale de demain, cette loi du travail pour tous, le travail régulateur et pacificateur. Quelle grande et saine société qu’une société où chaque membre apporterait sa part logique de travail. Un homme qui travaille est toujours bon. Aussi suis-je convaincu que l’unique foi qui peut nous sauver est de croire à l’efficacité du devoir accompli. Emile Zola.
LE TEMPS présent, malgré tous les progrès, toutes les facilités de la vie moderne, est moins gai que le passé : je crois que l’avenir sera plus ennuyeux encore, du moins pour les délicats et les sensitifs. Il y aura certainement moins d’art, moins de raffinement : on pensera moins, on agira, on produira plus sans doute : il y aura moins de malheureux, matériellement : moralement il y en aura autant, plus peut-être, sans parler des simples mécontents. ….Que les rêveurs se consolent cependant… Les roses fleuriront toujours. F. Magnard.
GRACE à des mesures très simples dictées par la science expérimentale, il est permis de prévoir que tous les grands fléaux de contage qui ont décimé l’humanité pourront être étouffés sur place. L. Pasteur.
Et depuis 1891 on pouvait lire dans le journal « Le Soir »… Un bilan scientifique de cette fin d’année ? Il est étourdissant. Les Russes ont commencé le transsibérien qui doit aboutir à Vladivostok. Les Français s’occupent activement du transsaharien. Panama est toujours en souffrance, Corinthe avance lentement, mais Sénat de Washington vient de se prononcer en faveur du canal du Nicaragua. Nous sommes convaincus que l’Angleterre sera bientôt reliée à la France, soit par un tunnel, soit par un pont. Des expériences de navigation sous-marine ont été faites au Havre, à Toulon et à Cadix. L’air est vaincu, lui aussi : un compatriote annonce qu’il a résolu le problème de navigation aérienne en faisant « plus lourd que l’air ». Pendant que la science s’applique d’un côté à rendre à l’homme la vie plus facile, de l’autre, elle recherche le moyen de vaincre son plus mortel ennemi : le microbe. L’un des plus redoutables a été jusqu’ici le microbe de la tuberculose. Le remède de Koch (dont on peut regretter que la formule soit encore inconnue) constitue une des plus grandes conquêtes de l’humanité. Avec les engrais chimiques de Georges Ville, c’est le commencement d’une révolution agronomique. Vigne ou froment, roses ou carottes, auront peut-être un jour la part mathématique de chaleur et de lumière, de phosphore, de potasse, d’azote et de chaux nécessaire à leur complet épanouissement. La chimie agricole a fait, depuis 1880, de véritables MIRACLES. Elle nous en réserve d’autres…
Il nous reste enfin à parler de la plus étonnante des découvertes scientifiques à l’actif d’aujourd’hui : le téléopte. Après le téléphone, le téléopte. Après la parole à grande distance, la vue. On ne se doutait guère, il y a une douzaine d’années, que l’on pourrait se téléphoner de Bruxelles à Paris. Et pourtant c’est la réalité. Pourrons-nous voir bientôt notre correspondant ? On peut répondre oui, sans hésitation. Les expériences sont là. Il n’y a qu’à les continuer avec patience et rigueur.
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08:52 Publié dans aviation, aérodrome,sabena, BELGIQUE, BRUXELLES, expo 1910 | Commentaires (4) | Envoyer cette note |
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10/10/2010
L’église des Saints Jean et Etienne aux Minimes.
L’intéressant livre « The Cult of the Black Virgin » d’Ean Begg à peine refermé, la raison de son silence concernant l’église des Minimes et sa chapelle de Lorette m’a fait sourciller. Je vous livre donc cette courte étude à considérer bien entendu ‘brute de décoffrage’, elle pourra peut-être déclencher une recherche nettement plus rigoureuse. De plus, il est triste de constater que Notre-Dame de Lorette semble bien oubliée en ce lieu somme toute sacré, que l’environnement de l’église – et son bâti - mérite une réhabilitation d’ordre divin.

Ce lieu de culte, situé à la limite historique des Marolles, rue des Minimes, peut paraître écrasé par l’ampleur du Palais de Justice si le visiteur utilise cet ascenseur incongru qui mène vers le bas de la ville. Il en va autrement s’il emprunte la rue Haute, Porte de Hal dans le dos, et tourne dans la rue du Temple qui se termine par une volée de marches. Qu’il reprenne son souffle, tourne son regard vers la droite et l’église des Minimes se dresse fièrement ! Une vision assez fascinante qui plonge le visiteur dans le XVIIe siècle… Certes le recul pour observer l’édifice est mince, réminiscence des rues du Haut Moyen Age. L’adoption d’un appareil digital avec grand angle est requise. L’histoire récente de l’église a été chahutée par des ‘sittings’ et des occupations. Mieux vaut se rappeler que le site présente d’excellents concerts de musique classique. Un bel orgue baroque de François Noelsmans et datant de 1681, restauré par Guido Schumacher, résonne ici du feu de ses tuyaux d’airain. J’ai assisté par hasard à une ‘mise en doigts et pieds’ d’une oeuvre de Bach, peut-être la ‘BWV 572 Fantasia G Major’ : magnifique et convenant bien à l’acoustique de ce bel espace ! Que cela ne nous éloigne pas du passé de l’édifice qui est flanqué sur sa droite d’une chapelle chère aux aéronautes.

L’église Saint-Pierre près de la place Saint-Guidon (RD).
Tout débute à Anderlecht où les frères Minimes de l’Ordre de Saint François de Paule reçoivent des archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas espagnols, l’autorisation de migrer vers Bruxelles. Vêtus de bures noires, adeptes de la contemplation et de l’étude, les frères s’étaient établis, en 1616, à proximité de l’église Saint-Pierre, près de l’actuelle place Saint-Guidon.
La raison de leur départ demeure inconnue, peut-être l’attrait de la capitale ? Si bien que le 7 décembre 1616, la duchesse Anne de Bournonville leur cède la maison d’André Vésale, l’anatomiste mort en 1564. Les frères installent leur couvent dans cet édifice et rêvent d’une église. Les suppliques filent bon train puisque le 6 avril 1621, l’Infante Isabelle elle-même pose la première pierre et l’édifice est terminé en 1625. Toujours active, Isabelle achète à fort prix une maison de débauche située juste à côté de l’église afin d’y bâtir une reproduction de la Santa Casa de Lorette, sur laquelle figure l’inscription « Que fuerunt Veneris nunc fiunt Virginis aedes » soit ‘ce qui autrefois fut le temple de Vénus est devenu aujourd'hui la maison de la Vierge’, histoire de signifier aux filles de joie que la rédemption est possible.

Curieusement, cet assemblage de lieux saints est démoli à la fin du XVIIe siècle.
Le 28 octobre 1700, l’Electeur de Bavière, Maximilien II Emmanuel, pose la première pierre – serait-elle d’angle ? – d’une nouvelle église à l’emplacement que nous connaissons… avec sa petite chapelle de Lorette, à l’extérieur du bâtiment, et non intégrée au sein de ce dernier. Ceci sous la supervision de l’architecte père Philibert Bressand. Les lieux sont achevés vers 1715, plus ou moins car la façade ne reçoit pas sa deuxième tour, celle de gauche. Il est à noter que les matériaux pierreux proviennent de carrières situées à Uccle et plus précisément au quartier du Chat. Entité qui servira bien plus tard au regroupement de familles marolliennes expulsées par les travaux du palais de Justice.

Hélas, ce n’est pas la fin des ennuis pour les frères Minimes. Le couvent cesse son activité le 7 novembre 1796, suite à la révolution française, pour être remplacé par un dépôt de mendicité en 1801, après la signature du Concordat… pour se voir à nouveau fermée en 1811, car on pense à nouveau installer une manufacture de tabacs, cette fois impériale ! Il devient ensuite un atelier de travail et de mendicité, une fabrique de tabacs en 1813, un atelier de lithographie en 1815. Les Hollandais y installent alors un hôpital militaire, une école et une prison pour femmes !
Les Marolliens disputent âprement la décision et les Français restituent l’église au culte : elle devient paroisse sous la protection de Saint Jean et Saint Etienne. Le clocher avec ses trois cloches du XVIe et XIXe siècle et les hauts de l’édifice sont restaurés en 1849.

De toutes les églises, terme générique, Bruxelles s’offre une chronologie architecturale particulière. Soit cinq grands groupes pour simplifier : le romano-ogival et ogival (N-D de la Chapelle), la renaissance italo-flamande (N-D de Bon Secours), la transition entre l’italo-flamand et le néo-classicisme (N-D du Finistère), le néo-classique (St. Jacques sur Coudenberg) et le classicisme moderne (Sainte-Catherine). L’église des Minimes prend place dans la période de transition, soit le XVIIIe siècle. Qui parle de période transitoire pourrait croire que ‘c’est un peu de tout’, or il n’en n’est rien. L’église est « remarquable par la pureté de son style et l’heureuse harmonie de ses proportions », indique Des Marez. Une telle allégation mérite un détour par l’extérieur et une rapide promenade sous la voûte de plan basilical.

De nos jours et sans doute jadis, seule la façade et une petite partie du flanc gauche s’admirent. Les Minimes sont engoncés dans les tissus urbains ; on ne se promène pas autour de l’église. Actuellement, d’un côté du porche, une chapelle accolée chapeautée d’une sorte de clocheton, puis une bâtisse commerciale qui forme le coin de la rue, de l’autre côté, une chapelle à l’identique noyée dans des murs de façade. La toiture est banale, seule la tour de droite rythme l’ensemble, dit-on. L’architecte a imposé un ordre simplifié de deux colonnes corinthiennes qui font saillies et de quatre pilastres surmontés d’un fronton hémisphérique qui se répète au-dessus de la porte centrale. Une fenêtre centrale et deux latérales surplombées chacune par une alcôve vide de statue.

Gravures de la chapelle à Loreto et son plan (RD, Abbé Grillot).
Passant la porte, le visiteur découvre un vaste quadrilatère : la nef centrale accompagnée de deux bas-côtés terminée d’une abside hémisphérique. Six piliers poussent le regard vers le ciel de l’église. Quatre d’entre eux, au croisement du transept, supporte un dôme agrémenté d’un oculus. De part et d’autre de l’abside se situent deux chapelles avec étages ornés d’une balustrade. Pour ceux qui sont férus d’architecture symbolique ou mystérieuse à la ‘Paul de Saint-Hilaire’, il semblerait que le plan rectangulaire soit dessiné sur une proportion pythagoricienne : la largeur multipliée par le ‘nombre d’or’ (1,618) en déterminerait la longueur. De même, l’assise des piliers s’inscrirait sur deux carrés joints. Bien entendu, cette hypothèse ne peut se vérifier qu’avec les plans originaux, mais si tel en était le cas, une observation des proportions volumiques mériterait aussi une étude, à la recherche d’une harmonique d’or. Rassurons-nous, ces travaux n’ont jamais été effectués : le diable se dissimule dans les détails, non ?

Pas vraiment le compas dans l’œil pour les panneaux (RD).
L’église des Minimes est un lieu à « échelle humaine », elle n’écrase pas comme une cathédrale si belle fut-elle, elle ne confine pas comme une chapelle, plus individuelle.
Le mobilier attire le regard de par sa qualité : une Descente de la Croix de François Gérard (1770-1837), le Martyre de Saint Etienne par Ferdinand Delvaux (1782-1815) ou les Quatre Evangélistes de Pierre François (1759-1851). Le mausolée du comte Charles Ghislain de Mérode, bourgmestre de Bruxelles de 1805 à 1809, et de son épouse sculpté par Charles Geerts, mérite un détour attentif. Tout comme la chaire de vérité, encadrée des symboles remontant aux âges des Evangélistes, à savoir Marc le lion, Luc le taureau, Mathieu l’ange et Jean l’aigle, tous soutenant le monde !

Au-dessus de l’entrée de la chapelle, belle évocation de la ‘Translation’ sur bois doré (RD.
Ce qui nous amène, après ce tour d’horizon, à retourner au porche et prendre après celui-ci vers la droite où se situe une annexe surmontée d’une lanterne qui donne accès à la Santa Casa de Lorette. Voici un culte particulièrement curieux et, partant, très intéressant puisqu’il a sa représentation dans les Marolles. La première chose à préciser est que « Lorette » n’est pas une sainte : c’est le nom d’un lieu situé en Italie. L’appellation doit se comprendre : Notre-Dame DE Lorette, provenant de Loreto.
De nombreuses chapelles portent ce nom de par l’Europe. Par exemple à Rochefort en Belgique ou près d’Arras, lieu de pèlerinage incroyable en faveur des soldats français disparus lors de la Grande Guerre, également deux en pourtour proche de la Capitale. En voici l’histoire, malheureusement fortement résumée.

Vues de la chapelle de Lorette (RD).
L’histoire débute 33 ans avant notre ère. Marie reçoit la visite de Gabriel, c’est l’Annonciation, elle est enceinte par les Voies du Seigneur de Jésus. Ceci se passe dans sa chaumière de Nazareth qu’elle partage avec son mari, Joseph. Il s’agit d’une construction de trois murs de pierres dont un flanc est accolé à l’entrée d’une grotte. Les archéologues ont parfaitement relevé et étudié cet emplacement qui est vénéré des Chrétiens. Le catholicisme se développe, mais les Lieux Saints se voient convoités si bien que l’épopée des croisades démarre et Godefroid l’emporte en 1099. La victoire ne durera pas, en 1291, il n’y a plus d’états chrétiens au Proche-Orient. Comme le sanctuaire des parents de Jésus est un lieu de culte depuis plus de mille ans, il ne se conçoit pas qu’il soit abandonné à la force des cimeterres et du Croissant.

Que faire puisque même les Templiers se sont repliés en Méditerranée ? Le Seigneur envoie alors ses anges pour extraire la maison et la transporter par les airs vers des lieux plus sûrs. Après, dit-on, une halte à quelques lieues de Nazareth, le 10 mai toujours selon la légende, elle est déposée sur les rivages de l’Adriatique, en Dalmatie (actuelle Croatie), près de Rijeka. On y découvre une statuette de cèdre représentant la Vierge et l’Enfant Jésus. Cette opération d’extraction aérienne est appelée la « Translation de la Sainte Maison ». L’évêque Alexandre apprenant cette arrivée a une vision pendant laquelle la Vierge lui explique l’affaire. Il conduit même une enquête jusqu’à Nazareth, sans doute pour vérifier les lieux.

Mais le 10 décembre 1294, pour des raisons seules connues du Seigneur et de ses conseillers en aéronautique, la translation se répète : les anges passent l’Adriatique pour ‘atterrir’ près d’Ancône en Italie, dans une forêt possession d’une dame nommée Loreto d’où le nom de l’endroit. La Santa Casa devient immédiatement un lieu de culte important que la Papauté protège et promulgue en 1585 siège épiscopal. L’impact de Notre-Dame de Lorette sur le monde chrétien est très important au courant des siècles : de nombreuses chapelles ou basiliques portent ce nom.
Se rappelant que la translation s’est opérée par les airs, Benoît XV proclame en 1920 la Vierge de Lorette patronne des aviateurs ! Ainsi, Charles Lindbergh avait accroché dans le cockpit de son Ryan M-2 Spirit of St. Louis une médaille de Lorette, remise le 11 mai 1927 par le père Henry Hussman, avant son départ pour la fameuse traversée de l’Atlantique.

La Vierge Noire portant l’Enfant (RD).
Pour en revenir à la chapelle de Notre-Dame de Lorette jouxtant l’église des Minimes, il fut un temps où des maquettes d’avion ainsi que d’autres artéfacts aériens étaient suspendus au plafond, à l’instar des ex-voto de marins. Bizarrement, ceux-ci ont actuellement disparu… Dommage. La chapelle est d’une simplicité céleste. Sur les parois de flanc deux fresques enfantines, l’une présentant Joseph à Nazareth, l’autre une scène de village de pêche. Une troisième fresque avec des éléments culinaires sert d’arrière-plan à une Vierge à l’Enfant qui fait directement penser à une Vierge Noire. Elle surplombe un large reliquaire de bois équipé d’une petite fenêtre de verre horizontale assez ternie où sont proposé au regard … un mystère au sens commun.
Vierge noire disons-nous car elle semble sculptée dans l’ébène, le Christ y compris.

Gravure du XIXe, à noter les deux tours (DR).
Voici qui ajoute de l’intérêt à la Santa Casa des Minimes car ces statuettes se différencient des Vierges Blanches – de loin les plus nombreuses - de par la couleur même de leur ‘peau’. Les hypothèses vont bon train quant à leur apparition aux environs du XIe siècle. Elles succèdent ou remplacent d’anciennes divinités celtiques, ce qui est peu simple à vérifier vu le millénaire de différence en temps. Soit elles ont été promotionnées par Bernard de Clervaux, au XIe siècle, parce qu’il était obnubilé par le Cantique des Cantiques (Premier Testament, vers le IIIe siècle pour faire simple), aussi appelé Cantique de Salomon, où l’héroïne clamait « Je suis noire mais je suis belle, oh filles de Jérusalem », donc le mariage mystique avec son église, sa mère et ses fidèles. Plus sombre est l’appartenance à des milieux initiatiques tels les Templiers, ne pas les mentionner serait parjure…

Plan de l’église des Minimes et croquis de son possible ésotérisme (RD).
Bref, l’existence des Vierges Noires demeure un sujet très pointu sur lequel nombre de chercheurs se sont limés dents. Ceci dit, acceptons ce simple fait : l’impact de la Mère du Christ, ignoré dans les premiers temps, est en l’An Mil une sorte de révolution au sein du catholicisme – terme générique -, Noire vis-à-vis de sa concurrente Blanche, elle augmente son influence en ces périodes troubles, en faveur de l’église.
Gardons sang-froid et respectons ceux qui y accordent une éventuelle importance.
Robert Dehon
Notes
L’Infante Isabelle est célèbre pour la couleur de sa chemise : lors du siège du port d’Ostende de 1601 à 1604 et selon le légendaire belge, elle décida de ne plus changer de chemise avant la victoire des Espagnols, d’où l’expression « couleur isabelle » que je vous laisse deviner.
Il est curieux de noter que l’intérieur du cône d’hélice du Ryan M-2 de Lindbergh était affublé d’une croix gammée lévogyre accompagnée des signatures des techniciens de la compagnie Ryan qui ont modifié l’appareil. Etant lévogyre, pointant vers la gauche, c’est un symbole porte-bonheur ; dextrogyre, pointant vers la droite, c’est le symbole choisi par Hitler en 1920.

Meise : Vierge Noire et le monogramme de Marie « Ave Maria Mater Iesus Hominis Salvator Redemptor » sur le linteau (XIXe siècle) - RD.
En Belgique l’on compte – inventaire non exhaustif - 22 chapelles de Lorette, 15 en Wallonie (la plus célèbre étant celle de Rochefort, 6 en Flandres (dont celle de Ronse/Renaix) et une à Bruxelles. Les plus proches de la Capitale sont celles de Meise (Klepperstraat) et Sint-Pieters-Leeuw (Steenbergerstraat). Il ne semble pas exister un réel inventaire des chapelles de Lorette pour notre pays : avis aux amateurs !

Sint-Peeters-Leeuw : chapelle moderne de 1953 érigée par le club auto-moto (!?!) de Vlezembeek, pas de Vierge Noire (porte brisée) - RD.
Il n’y a pas que la Santa Casa qui a été transportée de par les cieux, Eugène Zimmer donne cet exemple : « Trois chevaliers de Saint-Jean sont faits captifs au Caire lors de la Première Croisade. Aidés par une statue miraculeuse taillée par des anges, ils convertissent la fille du sultan, Ismérie, et tous sont transportés par les airs pour atterrir dans les environs de Laon, à Liesse en France. Arrivés près d’une source, la statue devient trop lourde et un premier oratoire est bâti pour l’abriter ». Il s’agit d’une Vierge Noire ; l’oratoire est agrandi en chapelle puis en basilique » (voir sources).
Il est aussi à noter que le dernier épisode de la formidable série « Secret Army » de la BBC, une séquence se passe dans la rue des Minimes avec l’église en arrière-plan ; les scènes intérieures sont prises dans une église de Londres.
Vierges Noires : si vous tapez ces termes en français sur Google, vous accédez à plus de 175.000 liens. Méfiez-vous, il y en a qu’une poignée de sérieux, disons cinq, les autres (174.995) reçoivent sans partage l’oscar du farfelu souvent teintés de relents d’extrémisme de tous bords (!), destiné, bien entendu, aux gogos du même métal !
Enfin, vous pouvez consultez le site MultiMap/BING (http://www.multimap.com/maps/?qs=&countryCode=BE ), vous zoomez sur Bruxelles à partir de la carte, puis sur l’église des Minimes ; cliquez sur ‘Aerial’ pour passer en vue satellite, puis cliquez sur ‘Bird’s Eye’ et vous avez un choix de vues obliques… des boutons fléchés vous permettent de tourner autour du site. Malheureusement, cette fonction n’est pas disponible pour l’entièreté du pays et il est interdit de copier les images pour publication (voir les FAQ).
Sources
« Les monuments civils et religieux – tome 1 », Guillaume Des Marez, Touring Club, mars 1918.
« Découverte de Bruxelles », Albert Guislain, L’Eglantine, 1931.
« La Belgique illustrée », Emile Bruylant, Bruylant-Christophe & Cie, 1893.
« Y a-t-il vraiment un mystère des vierges noires », Eugène Zimmer in Kadath n° 66, 1987.
« The Cult of the Black Virgin », Ean Begg, Arkana, 1996.
« La Sainte Maison de Lorette », Abbé A. Grillot, A. Mame et Fils, 1876.
Dans sa série « Les mystères de… » éditée chez Rossel, feu Paul Meurice alias ‘Paul de Saint Hilaire’ n’évoque mystérieusement pas l’église des Minimes.
21:32 Publié dans anderlecht, aviation, aérodrome,sabena, horta,maison du peuple,architecture,art nouveau, marolles, ROBERT DEHON ET SES CHRONIQUES, sablon, vieux marché,place du jeu de balle,aemet,puces de Bruxelles et environs, vieux quartiers | Commentaires (8) | Envoyer cette note |
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02/06/2010
Un héliport en plein centre de Bruxelles (suite)
![S58 expo 58[1]](http://static.skynetblogs.be/media/156683/dyn007_original_476_449_pjpeg_2565708_f61ffa49d9e612d091af9372e2bce6e1.jpg)
Certains ironisent actuellement sur les réalisations dans les années 1950-60, de réseaux d'hélicoptères civil, considérant cela comme une utopie. Bref rappels : lors du symposium 1953 de le l'IATA, on tenta de définir un double standard : le standard d'utilisation des hélicoptères civils et de transport et le standard technique de l'appareil de transport. Protagonistes : essentiellement les principaux constructeurs d'hélicoptères américains et britanniques ainsi que les grandes compagnies aériennes. On notait aussi la présence d'un représentant de l'armée américaine. Cette présence, très marginale, était cependant importante à double titre : d'une part, les militaires, avaient une expérience dépassant de loin celle des utilisateurs civils ; d'autre part, à cette époque, il n'existait pas de modèles d'hélicoptères spécifiquement militaires ou civils, c'est pourquoi, les armées étaient fortement intéressées par une réunion devant définir les caractéristiques des nouveaux appareils standards de transport.
![S58 Zavetem1[1]](http://static.skynetblogs.be/media/156683/dyn007_original_480_424_pjpeg_2565708_90a3c1338aa934be9c26a43b1e0c3ba7.jpg)
Les compagnies aériennes américaines, regroupées au sein de l'Americana Transport Association (ATA) considéraient que l'hélicoptère pouvait trouver une utilisation efficace et rentable essentiellement sur des distances de quelques dizaines de kilomètres, en concurrence avec les trains de banlieue, et plaidaient donc pour des lignes métropolitaines.
![S62 Zaventem[1]](http://static.skynetblogs.be/media/156683/dyn007_original_590_378_pjpeg_2565708_863c36ceffc4ccc2a0ce2b435a2f4e82.jpg)
Par contre, les compagnies européennes voulaient développer des lignes interurbaines. Ainsi, la Sabena et la BEA, les seules compagnies au monde ayant commencé l'exploitation commerciale, étaient favorables à des lignes beaucoup plus longues reliant les grands centres urbains européens sur une distance variant de 100 à 400 kilomètres.

Les hélicoptères de la SABENA.
Bruxelles a possédé pendant des années (1953-1966) un héliport en plein centre ville au lieu dit l'Allée Verte. Contrairement) des villes comme New York, les hélicoptères n'atterrissaient pas sur les toits de buildings mais bien sur le sol. Le réseau reliait, via cet héliport les principales villes limitrophes de la Belgique : France (Paris Issy-les-Molineaux), Hollande, Allemagne, au total 13 escales.... Une navette existait aussi entre l'aéroport de Bruxelles et cet héliport urbain.


![vertol 44..[1]](http://static.skynetblogs.be/media/156683/dyn007_original_464_462_pjpeg_2565708_aaed8dc2ddbd98386295e1fec09b497d.jpg)
Après avoir commencé avec le Sikorsky S55 (uniquement pour distribuer le courrier entre une demi-douzaine de villes), la bête de somme fut le Sikorsky s58 (immatriculé 00-SHA à K) pouvant emporter 12 passagers (10 si le vent était défavorable) et qui consommait 340 litres d'essence à l'heure !!!! ....
![Vertol 44[1]](http://static.skynetblogs.be/media/156683/dyn007_original_486_454_pjpeg_2565708_b2fe033cd553a0092c049d68f3f2325f.jpg)
La demande a été extrêmement forte pendant l'Exposition universelle de Bruxelles 1958 (dont le dernier vestige ou presque est le célèbre Atomium) a tel point que la SABENA dû louer à New York Airways des Sikorsky s62 et des birotors Vertol 44 (immatriculé N74057 et N74058). Il fut créé un héliport sur le site même de l'Expo en plus de l'Allée Verte et l'aéroport.


La SABENA demanda dès 1960 la suppression du réseau ... ce qui fut refusé par le gouvernement belge ! Il fut cependant supprimé en 1966 car les recettes ne couvraient que 27% des dépenses.
Merci à monsieur Paul Botte pour ce bel article

10:20 Publié dans aviation, aérodrome,sabena | Commentaires (13) | Envoyer cette note |
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