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24/04/2016

Everard ‘t Serclaes …. Libérateur de Bruxelles

Everard ‘t Serclaes, seigneur de Wambeek, Bodenghem et de Ternat est né vers 1320.

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Bruxelles était occupée par le comte de Flandre, à la suite du siège du 17 août 1356…

…  Durant la Guerre de succession du duché de Brabant, le 24 octobre 1356, aux alentour de minuit… Sous les murs de la ville, du côté du Warmoesbroec (aux alentours de l’actuelle jonction des rues du Marais et Montagne-aux-Herbes potagères) s’affaire une troupe de patriotes bruxellois silencieuse.   

…  A l’aide de cordes et d’échelles, elle escalade les remparts et fonce vers la Grand’Place… ce qui permit aux troupes de Jeanne de Brabant de reprendre la ville…

 

Leur chef est Everard ‘t Serclaes, alors âgé de trente-six ans, s’est juré de bouter hors de la cité les envahisseurs flamands. 

 

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En 1355, en effet, à la mort de Jean III, duc de Brabant, sa fille Jeanne, épouse de Wenceslas de Luxembourg, lui avait succédé. 

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Venceslas 1er de Luxembourg

Louis de Maele, qui avait épousé la deuxième fille de Jean III, avait contesté la succession, envahi le duché de Brabant et, après sa victoire à Scheut, occupé Bruxelles. 

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Longtemps, les bruxellois nommèrent cette bataille « den quaeden woensdag » le mercredi néfaste.

 

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Arrivé sur la Grand’Place, Everard se précipite vers la maison de l’Etoile à la façade de laquelle flottait l’étendard de Louis de Maele, l’en arrache et le remplace par celui des ducs de Brabant. 

Entre-temps, ses hommes s’affairent à réveiller les bruxellois.  Une importante troupe attaque la garnison flamande laissée sur place par Louis de Maele.  Assaillis à l’improviste, ils ne peuvent qu’abandonner la ville.

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Jeanne de Brabant

La réussite de cet audacieux coup de « commando » soulève l’enthousiasme de tout Bruxelles. 

‘t Serclaes est porté en triomphe et la population, soucieuse de récompenser ses mérites guerriers, l’élit séance tenante et à vie premier échevin de la cité.  Tout en lui délivrant le titre de « Libérateur de Bruxelles ». 

Jeanne et Weceslas, émigrés à Maastricht, purent rentrer dans leur capitale brabançonne à la vive satisfaction de leurs fidèles sujets, délivrés du joug flamand qui avait duré moins d’un an.

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Jeanne de Brabant et son époux Wenceslas

 

SWEDER D’ABCOUDE MIS EN ECHEC

Et les années passent… ‘t Serclaes continue à se dévouer à défendre la ville et ses privilèges.  Ce qui devait le conduire à la mort. 

Sweder d’Abcoude, seigneur de Gaesbeek, était possesseur d’une fortune immense et de nombreuses terres aux alentours de Bruxelles. Toujours avide d’agrandir ses terres, il propose  à plusieurs reprises des fonds à la duchesse de Brabant qui était en difficulté financière.   

De ce fait,  cela lui donnait, on s’en doute, beaucoup d’influence sur elle. 

L’homme n’avait qu’une idée : accroître sa puissance territoriale.  En 1388, il demanda à la duchesse de Brabant de lui céder une partie de la seigneurie de Rhode, comportant une bonne vingtaine de villages don Crainhem, Woluwe-Saint-Pierre, Uccle, Linkebeek, Watermael et Grand-Bigard.

Jeanne ne savait comment lui refuser.  

 

Mais les magistrats  bruxellois… ‘t Serclaes en tête ne l’entendaient pas de cette oreille : ils envisageaient avec une crainte pour le moins fondée la perspective d’un accroissement de la puissance de Sweder d’Abcoude.

D’une part, l’échange menace les intérêts économiques et fiscaux présent de la ville car, contrairement aux autres territoires concédés, la mairie de Rhode comprenant 29 villages fait partie du Quartier de Bruxelles. 

Il faut dire que Bruxelles qui cherche aussi à étendre son influence s’inquiète de la soudaine proximité d’un seigneur aussi puissant !

 

Everard, suivi de tous les échevins de la cité, se rendit chez la duchesse.  Il commença par lui exposer respectueusement qu’elle avait juré solennellement de ne pas céder la plus petite partie du territoire de Bruxelles, de ne pas respecter la Joyeuse Entrée, chèrement défendue, qui garantissait l’indivisibilité du duché….  En outre, le danger que représentaient pour la ville ces visées annexionnistes devait la forcer à rejeter sans autre forme de procès la demande du sire de Gaesbeek. 

Jeanne de Brabant  écouta ces avis sensés et réserva une fin de non-recevoir à la demande de Sweder d’Abcoude cédant ainsi aux récriminations bruxelloises. 

 

UNE LÂCHE AGRESSION 

En apprenant cette décision, ce dernier entra dans une fureur épouvantable.  Il décida la mort d’Everard ‘t Serclaes.. le principal responsable à ses yeux de son échec.

Le 26 mars 1388, on vint lui faire part que celui-ci s’était rendu pour affaires à Lennick et allait rejoindre Bruxelles.  Il expédia Guillaume de Gaasbeek (fils naturel de Sweder) et Melys Uten Enghe, bailli de Gaasbeek pour dresser une embuscade. 

Lorsque le premier échevin parut, ils le jetèrent à bas de son cheval et lui tranchèrent la langue et le pied gauche.  Un des pieds qui l’avait porté devant la duchesse et la langue qui l’avait conseillée….  Ensuite, ils l’abandonnèrent sur le chemin.

 

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Everard sur son lit de mort...

Le malheureux resta longtemps étendu là, sans qu’âme qui vive vienne le secourir.  Le sang coulait à gros bouillons de sa bouche meurtrie et de sa jambe.  Ce n’est que plusieurs heures plus tard que Jean de Stalle curé-doyen de Hal, passant par hasard avec son chariot, accompagné de Jean Cooreman  son clerc, découvrit le moribond.  Les deux hommes le couchèrent avec précaution sur le plancher de la mauvaise guimbarde et le ramenèrent à Bruxelles, où on l’installa dans la maison de l’Etoile.  On prodigua au moribond les premiers soins, mais Albert Dithmar  le médecin appelé à la hâte déclara ses blessures inguérissables.

 

LA MORT DU PREMIER ECHEVIN VENGEE 

Tandis que le premier échevin agonisait, le bon peuple de Bruxelles se réunit devant la maison scabinale.  Très vite, son indignation et sa colère attinrent le maximum.  On fit sonne le tocsin au beffroi de l’église Saint-Nicolas, et les bruxellois se groupèrent en armes sur la Grand’Place.

 

Le soir même, une troupe imposante de bourgeois et d’ouvriers se mit en route pour Gaesbeek, et entamèrent le siège du château de Sweder d’Abcoude.  En voyant s’avancer les milices bruxelloises, celui-ci pris la fuite.

Le 31 mars, la nouvelle se répandit parmi les assiégeants de la mort d’Everard ‘t Serclaes : le malheureux avait rendu son âme à Dieu après cinq jours d’atroces souffrances.  Cette nouvelle, bien qu’attendue, décupla la fureur et la soif de vengeance des assaillants.  Les défenseurs du château se rendirent et,  le 31 avril 1388, les milices communales y entrèrent.  Ils le démolirent pierre par pierre et y boutèrent ensuite le feu.  Et le redoutable castel du sire de Gaesbeek ne fut plus qu’un immense brasier illuminant la nuit.  Everard ‘t Serclaes était vengé…

Pour l’anecdote, On raconte que les bruxellois étaient munis de forte victuailles, parmi lesquelles de nombreux et gros poulets de Bruxelles, ce qui leur valut le sobriquet de kiekefretters (mangeurs de poulets).

Everard ‘t Serclaes fut enterré sur ses terres à Ternat.

C’est en souvenir de la libération de Bruxelles par celui-ci qu’une des plus veilles artères de la capitale prote encore aujourd’hui le nom de rue d’Assaut.  C’est à deux pas de là, en effet, qu’il escalada avec sa troupe l’enceinte de la cité.

 

STATUE ET PLAQUE COMMÉMORATIVE

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Se trouve dans la galerie passant sous la Maison de l’Etoile, au coin de la rue Charles Buls et de la Grand’Place.  Elle est l’œuvre d’un artiste de talent, J. Dillens (1849-1901).  C’est dans cette maison que ‘t Serclaes décéda de ses blessures.

La plaque, inspirée de la Renaissance italienne, est faite de deux pilastres ornés de panoplies, soutenant un typan semi-circulaire d’où surgit un chevalier tout armé, portant l’étendard de Brabant-Limbourg.  En dessous, sur l’entablement, on lit Pro aris et focis (Pour nos autels et nos foyers en français).  A droite et à gauche, l’écusson de Bruxelles et celui du Brabant.

Le centre comporte trois bas-reliefs superposés.  Ils racontent deux épisodes glorieux de l’histoire de Bruxelles auxquels le nom de ‘t Serclaes est intimement lié.

Le premier bas-relief se rapporte à la reprise de Bruxelles par Everard ‘t Serclaes.   En dessous de ce bas-relief, on lit ces fières paroles : Met hand en tand voor stad en land.  Sous le deuxième bas-relief, on lit le cri de guerre de destruction du château de Gaasbeek par les Bruxellois. 

 

Les culots qui soutiennent les pilastres font également allusion aux kiekefretters (mangeurs de poulets)… Ce détail pittoresque  est rappelé sur le bas-relief, à droite, par une femme qui tire d’un panier une superbe volaille.  A gauche, un marmiton serrant un poulet mis en broche ; à droite un gai luron tenant une cannette sur laquelle on lit « Kieke(n)vreters »…. Kiekefretters en dialecte bruxellois.

 

Au bas du monument gît le corps mutilé d’Everard ‘t Serclaes.  Sur la base on lit Eberhardo ‘t Serclaes liberatori patrioe.   L’écusson du héros populaire et des relief.

Sur le socle du pilastre de droite on rappelle le double épisode que nous venons de narrer : Le 24 octobre 1356, Everard ‘t Serclaes, par un hardi coup de main, chassa les soldats étrangers qui occupaient Bruxelles.  Après avoir été cinq fois échevin de sa ville natale, il mourut le 31 mars 1388 lâchement assassiné pour avoir défendu les droits de la cité.  Sur le socle du pilastre de gauche on a inscrit ces mots : Le 6 juin 1898, le Conseil communal de Bruxelles a chargé le sculpteur Julien Dillens d’édifier ce monument en honneur d’Everard ‘t Serclaes, échevin.

En dessous, dans un cartel, on lit deux dates 1320 ( ?) et 1388.  La première date présumée de la naissance de ‘t Serclaes, l’autre est la date de son assassinat. En dessous les deux mots « Fortiter » et « Fideliter », qui forment la devise des ‘t Serclaes.

 

Polémique (d’après l’article sur Wikipédia).

En 1902, l'archiviste de la Ville de Bruxelles, Jean Van Malderghem, écrit sous un pseudonyme un article très critique à l'égard de Dillens7. Il lui reproche notamment d'avoir choisi le style de la Renaissance italienne plutôt que le style gothique et d'avoir attribué à Éverard t'Serclaes des armoiries anachroniques, celles des t'Serclaes n'apparaissant, selon lui, qu'au XVe siècle. En outre, t'Serclaes n'aurait pas eu comme devise «Fortiter Fideliter» et les tours de Saint-Gudule n'auraient pas leur place sur le monument, car elles ne furent terminées qu'au XVe siècle. L'inscription «Kiekefretters» (sic) serait elle aussi anachronique, Van Malderghem doutant que ce sobriquet ait déjà existé au XIVe siècle. L'une de ses critiques confine à la mesquinerie : il fait remarquer qu'une des inscriptions en néerlandais comporte une erreur d'orthographe : «gemeentecaad» au lieu de «gemeenteraad» (conseil communal). L'article aurait peut-être été dicté par le dépit qu'éprouvait Van Malderghem de ne pas avoir été consulté à propos de l'élaboration du monument

Source : 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_%C3%A0_%C3%89verar...

 

Pour l’Histoire…

En face sur le mur de l’Hôtel de Ville, l’Administration communale a fait placer

Une plaque commémorative du 200ème anniversaire de la reconstruction de la Grand’Place.  Elle est ainsi libellée : « Les habitants de Bruxelles, honorant l’énergie de leurs ancêtres qui en deux ans relevèrent de ses ruines leur ville détruite par le bombardement de 1695, ont célébré, le 26 juin 1897, le 200ème anniversaire de la réédification des maisons de la Grand’Place ».  L’inauguration se fit, en réalité, le 11 juillet 1897.

 

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Hôtel de Ville de Bruxelles, gravure de Drawn et Woolmoth. 1825 ... On y voit l'ancienne maison de l'Etoile

Rue de l’Etoile… rue Charles Buls…

Jadis, cette petite rue s’appelait rue de l’Etoile, du nom d’une très ancienne demeure qu’elle avait au coin du forum.  Cette maison, déjà mentionnée au 13ème siècle, était occupée par l’amman de la ville.  En 1842, le bourgmestre De Brouckère fit démolir cette maison ancestrale pour élargir la rue.  La petite rue reçut alors le nouveau nom de la rue de l’Hôtel de Ville.  Cinquante ans plus tard, le bourgmestre Buls fit reconstruire une Maison de l’Etoile dans le style de l’ancienne, mais un plus étroite et avec un trottoir sous arcade au lieu de rez-de-chaussée.

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Le 15 mars 1897, le Conseil communal (en l’absence de Buls) adopta à l’unanimité une proposition visant à donner à la vieille rue de l’Etoile le nom de Charles Buls (Bruxelles, le 13 octobre 1837- Ixelles, le 13 juillet 1914), en hommage aux efforts qu’avait déployés durant vingt ans ce bourgmestre pour rendre à la Grand’Place son éclat d’autrefois.  

 

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Et pourtant…  Rue de l’Etoile…  Du nom de la maison à l’angle de la Grand’Place.  Espérons que cette antique dénomination sera rétablie, conformément au vœu exprimé maintes fois par Charles Buls lui-même, et que le nom d’un magistrat, qui brille en caractères lumineux dans les fastes de la Ville, sera donné, non à une rue qui compte six maisons, mais à la plus belle artère que Bruxelles créera dans ses nouveaux quartiers.

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Années 60

 

A lire : "Le différend entre Sweder d'Abcoude et la ville de Bruxelles. La chute du château de Gaesbeek (mars-avril 1388)"

 

21/02/2015

« La Gaité retrouvée » ou « Centre Annie Cordy » … Avez-vous connu cet endroit ?

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Lorsque la Gaité ferma ses portes, plus d’un cœur de Bruxellois saigna.  Ce temple de la Variété et du music-hall avait une clientèle d’habitués qui venaient y prendre leurs verres en suivant, parfois distraitement, les numéros proposés.  En septembre 1984, un lieu a voulu reprendre, en partie, la relève de cet endroit célèbre.  La « Gaité retrouvée » connue aussi sous le nom de « Centre Annie Cordy », s’était installée au 237a rue de Moorslede à 1020 Bruxelles…. à cent cinquante mètre de la maison où est née la célèbre chanteuse. 

Ce centre était un peu de tout à la fois : bistrot la journée, salle de spectacle selon les occasions.  Il faisait la joie de nombreuses personnes du troisième âge qui y retrouvaient certains soirs des animations qui faisaient les beaux jours de l’ancienne Gaité. 

Le café était décoré façon brasserie, banquettes et bar en bois, grandes lampes en cuivre, … l’ambiance familiale était assurée !

Le midi, le plat du jour démocratique réjouissait les habitués.  Bières, vins et apéritifs attendaient les clients de ce petit havre qui surprenait dans l’univers lugubre du quartier. 

Quant à Annie Cordy, elle avait gentiment autorisé l’exploitant à utiliser son nom pour que « une certaine gaité bruxelloise » ne s’éloigne pas trop du quartier qui l’a vue naître….. Qu’est devenu cet endroit ?   

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La Gaîté Rue Fossé aux Loups, 18-18A.

Ancien théâtre de revue fondé par L. Berryer, édifié sur les plans de l’architecte A. Evrard de 1910-1911 et ouvert en 1912.  Dès l’origine, immeuble de rapport aux étages comprenant au rez-de-chaussée une salle de spectacle avec parterre et deux balcons, doublée au sous-sol d’une taverne, véritable cabaret-dancing puis night-club « Gaity-Bar » ou « Chez Paul au Gaity », mondialement réputé ; en 1984, les locaux étaient encore occupés par une discothèque.

Façade enduite et peinte, de style « Beaux-arts ».  En façade, baie tripartite entre colonnette, bordée de guirlandes, au-dessus de l’entablement portant l’inscription « THEATRE – FONDE / PAR BERRYER EN / MCMXI – CONCERT », complétant la mention « GAITE » sous le fronton triangulaire à mascaron flanqué de guirlandes et de volutes qui couronne l’entrée. 

18/09/2014

Dialogue de Virgile.... Monsieur fait des flauskes

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30/06/2014

Paul Lenders dit Pol’s Jazz Club du Bierodrome à Ixelles

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Extrait du livre "Bistrots Bruxellois" de Paul Herman 1986

 

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Source image : http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be/archive/2010/01/04/le-jazz-a-bruxelles.html

 

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Saint-Josse Inauguration de la rue Léopold Lenders

 

Une kyrielle de jazzmen, parmi lesquels Philippe Catherine, ont assisté mercredi à l'inauguration de la rue Léopold Lenders, juste derrière la tour Madou. En musique, comme il se doit.

Pol Lenders a incontestablement joué un rôle dans l'explosion du jazz en Belgique, et à Bruxelles en particulier depuis les années soixante. Il a ouvert plusieurs clubs de jazz sur le territoire de la Ville de Bruxelles puis à Ixelles, comme le « Bierodrome », place Fernand Coq. Sans oublier sa contribution à la création du Saint-Jazz-ten-Noode. « Il a permis à de nombreux musiciens d'exister », dit le maïeur-jazzman Jean Demannez.

Ce jeudi, les voitures succèdent aux musiciens dans la nouvelle voirie. Celle-ci permet désormais aux automobilistes de passer de la chaussée de Louvain à la rue Scailquin, et inversement. Libérant ainsi le carrefour Madou. La rue Pol Lenders accueillera également bientôt cinquante nouveaux logements. « Ils viendront compenser la disparition des logements dans le cadre des travaux de la tour Madou, note Jean Demannez. La commission de concertation a rendu un avis favorable. Le permis est attendu pour la fin de l'année. »

Une touche de plus dans la revitalisation de ce quartier qui accueille depuis peu les fonctionnaires européens, installés dans la tour Madou. Pour les attirer dans les commerces ten-noodois, l'Atrium Saint-Josse a récemment accroché des bannières dans la chaussée de Louvain. Celles-ci ont un rôle d'embellissement du quartier. Elles signalent aussi le site internet lancé par l'Atrium (www.meltingshopping.be) de promotion des commerces locaux. Prochainement, les trottoirs, façades et enseignes du quartier devraient également subir un lifting.

 

 

Article de : HUWART, ANNE-CECILE pour le Journal Le Soir du Jeudi 29 juin 2006 - Page 13

 

Souvenirs en musique  :https://www.youtube.com/watch?v=wGLVJc7PwJI&feature=share

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=vlZAUZOJzRY

 

Biographie :  http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_Lenders

 

 

22/06/2013

Restaurant le Mozart

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Situé 541 chaussée d’Alsembert à 1180 Bruxelles.  02/344.08.09

 

Il y a plus de 15 ans, monsieur Remo Gozzi remisait sa trompette dans le tiroir aux illusions et ouvrait à Forest un petit restaurant sans prétention, près de l’Altitude 100, au coin de la chaussée d’Alsemberg et de l’avenue Mozart.  Mozart ?  Voilà qui tombait bien pour un musicien dont la muisque constitue l’univers sans frontières.  Remo Gozzi, dans son… Mozart, se mit à manier la poêle avec brio pour son plaisir, mais aussi pour le régal de ses amis. Entre un… Scampi « Sadi » et un filet pur « Moustache », on parle musique et grands musiciens.  Au pousse-café, les trompettes sortent des écrins …et les clients ravis deviennent spectateurs comblés.  C’est parti !  Pendant des années, le Mozart sera le rendez-vous des amateurs de jazz avec ses concerts du dimanche après-midi.  D’excellents jazzmen défileront par amitié pour Remo d’abord et puis parce que le Mozart commence à être connu dans le milieu du jazz.  Remo Gozzi est heureux, au lieu de se combattre, ses deux démons, jazz et muisique s’unissent, se chevauchent avec un succès tel qu’il décide d’ouvrir sur la Grand’Place, pas moins, le « Brussel’s Jazz Club » qui depuis 1978 s’est taillé une place de choix, la première pour le jazz, parmi les festivités nocturnes de la capitale.  Il faut préciser que tout concourt à faire du « Brussel’s Jazz Club » un endroit à succès.  Autour du podium, s’ordonnent les petites tables et leurs sièges moelleux bordés par le luxueux bar d’acajou.  Moquettes au sol, plafond peint en noir, c’est dans un décor très chic que madame Linda Gozzi présente les artistes les plus célèbres dans une ambiance chaude et sympathique comme seuls savent la créer les amoureux du jazz.  Sont venus au « Brussel’s Jazz Club », Oscar Peterson, Joe Williams, Nat Adderley, Ella Fitzgerald, Lionel Hampton, Erroll Garner, Dizzi Gillepsie, Bill Codeman et le regretté Louis Amstrong devenu l’ami de Linda et de Remo.   Mais aussi Sadi, Toots Thielemans, Michel Legrand, Philippe Catherine, Stan Getz, Peggy Weston et Annie Cordy et d’autres encore qui ne manquent jamais après le spectacle, quelle que ce soit l’heure, d’aller terminer la soirée (ou la nuit plutôt) au « Mozart ». 

Celui-ci a conservé le décor bruxellois, un peu bricolé de ses débuts qui fait son charme.  Les banquettes rembourrées pour le confort entourent les comptoirs.  Le premier, traditionnel, le second en parallèle réservé à Remo Gozzi, ses fourneaux et sa batterie de casseroles devant lesquels il joue en solo le maître queux de service. 

Murs et plafonds sont tapissés de photos de vedettes, d’autographes à la gloire de l’ami Remo, et au-dessus du comptoir, une collection d’instruments de musique brillent de tous leurs cuivres.

Le cuisinier Remo ne prétend nullement jouer les grands chef, il n’empêche qu’on mange très bien au Mozart.  Les suggestions d’entrées sont prometteuses et le succès des cuisses de grenouilles sautées à l’ail ou des Scampis « Sadi » ne se dément pas.  Les flambées du Chef son renommées et ses viandes tendres, juteuses, grillées ou poêlées, les « pavés » parmi les meilleurs de la capitale s’accommodent de dix façons différentes : à la dijonnaise, à la provençale, au roquefort, au poivre vert, etc…. Le homard au poivre rose,  les langoustines grillées au four, la Lotte aux poireaux, sont devenus des classiques de la cuisine dite nouvelle.  Il y a aussi des préparations très classiques comme la selle d’agneau o le pintadeau à la fine champagne et en saison le gibier, tellement demandé qu’il vaut mieux réserver sa table.  La moustache conquérante, Remo Gozzi ne renie pas sa région natale de Côme.  Il maintient à sa carte quelques spécialités comme sa « Lasagne Mozart » du mercredi, le spaghetti aux pâtes fraîches et un étonnant, Jarret de tante Berta.  Au dessert, une crêpe ou un sorbet ou encore le fameux Sabayon au Marsala… tellement onctueux ou le Blue note, une création musicale de Remo, faite de meringue, d’avocat, de crème chantilly, de mousse au chocolat et d’amandes grillées.  La carte des vins est très honorable et le pichet démocratique déjà gouleyant pour 150FB (guide de 1980) le demi litre n’exclut pas quelques mises respectables telles le Barolo 1971, le Brouilly, un Moulin à vent, un excellent Bourgogne : le gelus ou un Château La Lagune enrichissent encore la carte.

Bien servi, égayé par les lieux, le client ne peut que retenir une aussi bonne adresse.

 

Exploitant : SPRL La Gargotière

Jour de fermeture le dimanche

Salle pour réception 30 à 40 personnes

Catégorie de prix : 650FB (Apéritif, entrée, plat principal, dessert)

D’après le guide « Gastronomie Bruxelles, Wallonie, Luxembourg » fourchettes d’Or de 1981-1982.

 

Hélas, le 3 Août 2004, nous apprenions cette triste nouvelle !

 

APRÈS PAUL LENDERS, légendaire patron des clubs Pol's et Bierodrome, la place bruxelloise perd une autre figure du jazz. Remo Gozzi, qui, au cours des années 80, avait été le patron du «Brussels Jazz Club», ce cercle situé sur la Grand-Place à Bruxelles qui a accueilli les plus grands musiciens de jazz, a trouvé la mort dans un accident de moto qui s'est produit il y a quelques jours dans la région d'Orléans, en France, a annoncé samedi l'association «Les Lundis d'Hortense» qui regroupe la plupart des musiciens de jazz belges. Son épouse, Linda, a été grièvement blessée dans l'accident et se trouverait dans le coma.«Remo Gozzi a apporté une contribution considérable à la vie du jazz à Bruxelles et s'était lié d'amitié avec de nombreux musiciens qui le regretteront», a encore précisé l'association. Dans ce club, situé en sous-sol, sont passés de toutes grandes pointures comme Barney Willen, Art Blakey qui, à l'époque, comptait le trompettiste Terence Blanchard parmi ses «Jazz Messengers», Dexter Gordon et bien d'autres.

© La Libre Belgique 2004

 

 

Après cette tragédie, c’est sa fille qui a reprit les rennes de l’entreprise et le restaurant existe toujours.