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08/03/2013

Nos estaminets et belles brasseries d'autrefois

 

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Tantôt pauvre, tantôt riche, le bruxellois a de tous les temps eu la réputation d’un bon vivant… aimant boire et manger…

Après tout, la Belgique n’est-elle  pas le pays de la bière !

Ce qui explique, en partie, la présence sur le territoire de Bruxelles de tant d’estaminets à l’époque.

 

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Au début du 20ème siècle, l’industrie brassicole constitue un secteur très important dans l’économie de Bruxelles.  Les commerçants de la bière se regroupe en quatre catégories :

Les malteurs, qui font germer l’orge

Les brasseurs qui préparent les brassins

Les marchands de bières qui approvisionnent les débits de boissons

Les cabaretiers qui sont les détaillants

 

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Principales bières sont la gueuze, la kriek, le lambic, le faro et la bière de mars.

 

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S’ajoutent à nos brasseries, des bières venues de province comme la Diest, la Peterman, La Uytzet, la Bormemn la Pittem, l’Oudenaarde etc…

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Statistique du nombre de débits de boissons relevés en 1882 (Avant la loi Vandervelde).

Bruxelles             3.268 débits

Saint Josse          513 débits

Molenbeek         943 débits

Laeken                 464 débits

Ixelles                  753 débits

Saint Gilles          662 débits

Schaerbeek         727 débits

Anderlecht          530 débits

Etterbeek            239 débits

Soit un total de 8.099 débits de boissons. 

 

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L’estaminet dans les années 1880 d’après Camille Lemonnier (contes flamands et wallons)

L’auteur écrit : « … sous les animaux fabuleux dont la dénomination correspond au nom de l’endroit, vous apercevez généralement ce mot, ESTAMINET, qui sert à désigner les misons où l’on consomme spécialement de la bière.  Ce n’est pas le café wallon tapissé de papier à fleurs, d’une gaîté faite pour amuser l’œil, et qui le retient par des coquetteries d’images et de glaces et les bariolures de ses comptoirs reluisants de verres de couleur.  Ici règne une simplicité rudimentaire : au mur, des affiches de ventes notariales jaunes et bleues pour tout ornement, quelquefois des cages où s’égosillent des canaris, un cadran émaillé pareil à un gros œil-de-bœuf, ou une vieille gaine sculptée d’horloge. »

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« Visiblement », poursuit Lemonnier, « toutes distraction qui pourrait troubler le client dans la dégustation du liquide fermenté est écartée comme attentatoire à la gravité de cette occupation ; une antichambre officielle n’a pas plus d’austérité, et les gens qui sont assis autour des tables, sérieux, un peu endormis, avec des gestes automatiques, participent de la sérénité qui semble l’atmosphère de ces lieux ;  Par surcroît, des pancartes accrochées au-dessus des têtes rappellent au respect de l’ordre les buveurs que des libations répétées pousseraient à s’échauffer outre mesure ; telle dit très nettement : Hier het is verboden te vloekken (ici il est défendu de blasphémer) ; telle autre enjoint de ne pas chanter.  Aussi n’entend-on s’élever souvent de ces réunions, parfois très nombreuses, qu’une sorte de ronflement général et comme le bruit assoupissant d’une troupe tournant sur elle-même. »

 

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« La plupart des estaminets de Bruxelles ont d’ailleurs une clientèle spéciale, qui varie peu ; il en est où un intrus serait mal venu de s’introduire ; chacun, par une coutume tacite, observée par les autres consommateurs, conserve sa place à la table qu’il a choisie dès le premier jour, comme une propriété que personne ne s’avise de lui disputer. 

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 Les soirées passée à boire de la bière en fumant du tabac et en jouant aux cartes ou aux dominos sont une habitude si régulière de la vie bruxelloises qu’aucun évènement n’en peut distraire ceux qui l’ont contractée ; on rencontre fréquemment autour des tables des pères qui ont marié dans la journée leurs filles, des maris qui viennent d’enterrer leur femme, des gens d’affaires sous le coup d’un désastre financier ; et le médecin, l’avocat, le juge, le fonctionnaire, les hommes politiques les plus considérables se rassemblent au cabaret, aussi bien que le petit rentier, le boutiquier et le maçon devenu propriétaire. 

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C’est un trait des mœurs locales que cette égalité de toutes les classes dans la tabagie enfumée où, pour douze centimes, le pauvre et le riche s’achètent une place chaude, un bien-être engourdissant et la liberté de déblatérer contre les jésuites, les gendarmes et le pouvoir, s’il leur en prend envie. 

 

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Aussi, par ces côtés, l’estaminet est-il presque toujours une institution : on s’y rapproche, on s’y juge, on s’y connaît, les affaires s’y traitent, les marchés s’y négocient ; et, les jours de bourse surtout, le nombre de verres vidés y suit la proportion des transactions conclues ».

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« Presque toujours », conclut notre auteur, « une société, constituée soit pour le plaisir, soit pour la défense d’intérêts définis (et le chiffre des unes et des autres est considérable dans ce pays dont l’association constitue l’un des principes essentiels), choisit un estaminet pour y établir son local et y tenir ses séances ; de même les meetings, les conférences, les assemblée pour délibérer sur les actes publics s’installent de préférence dans le voisinage des pompes à bière.

C’est là que se complotent la ruine ou le triomphe des ministères, que les oracles doctrinaires et socialistes se font entendre, que se façonnent les fortunes politiques : c’était de là que partait, en 1830, le triomphe de la Révolution ».  

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Il faut savoir que l’estaminet d’autrefois ne ressemblait pas du tout à celui d’aujourd’hui.  Il y avait aussi, l’estaminet dit « le  bac à schnick » où l’on servait principalement le genièvre. Beaucoup débitent des liqueurs fortes et, accessoirement seulement, de la bière.  Il n’est pas rare de trouver, dans Bruxelles, des liquoristes qui écoulent une « pipe » de genièvre (environ 6 hectolitres) en 3 semaines !

 

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Bld Léopold II 74

Quelques objets incontournables de l’estaminet :

 

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Le déboucheur à gueuze avec un bac à égoutter les verres à gueuze (qui ne pouvait pas être essuyés) !

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Un fût de faïence contenant le genièvre

Divers cruchons et verres dont notamment les verres à gouttes au fond très épais

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Chope à bière d’un litre un faïence bleue de Bruxelles

Au mur, diverses affiches d’activités communales

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Le fameux extrait de la loi sur la répression de l’ivresse

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Un chromo représentant l’œil de Dieu avec la mention God ziet alles ; hier vloekt men niet !

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Et puis il y a le « zagemanneke » que le « baas » mettait en mouvement lorsqu’un client quelque peu éméché « sciait » en paroles les autres clients au comptoir.

 

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On y trouve aussi :

Un bac destiné à recevoir les jeux de cartes, une petite table avec un schietbak dans lequel on jouait avec des petits disques en laiton.  Au sol, le jeu de boules

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Fin du 19è et début du 20ème siècle, le tout était éclairé au moyen du bec Auer.

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Les estaminets d’alors avaient parfois une cour ou un jardin.  Ce qui permettait, en été d’y jouer aux boules ou aux quilles.

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L’estaminet était souvent aussi le « local » de sociétés diverses, … de pêche, de société de tir à l’arc, de colombophiles,  cyclistes, etc….

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ESTAMINET : (d’après le dictionnaire du dialecte bruxellois de Louis Quievreux) vient du flamand « stamenay », dérivé de « stamm » (sic) : souche, famille et qu’on a nommé « stamme » des assemblées de famille où l’on buvait et fumait.  Quant à l’espagnol « estamenta », assemblée d’états, il n’a rien à faire ici ».

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« La Nation Belge » (29-2-1940) risque une autre hypothèse : « le mot estaminet est purement flamand, il viendrait de l’espagnol ‘esta un minuto’ ».  « Esta un minuto » voudrait dire « demeuré une minute ».  Estaminet serait l’endroit où l’on passe en hâte boire un verre ».

 

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D’après l’auteur, « estaminet » dérive d’ « estaim » (étain).  Jusqu’au 17ème siècle on se servit du mot « estamoie » qui désignait un pot à couvercle, à une ou deux anses, contant plusieurs pintes, généralement en étain, mais parfois aussi en orfèvrerie ou en verre.  L’endroit où on se servait d’ « estamoies » ne pourrait-il pas être l’ « estaminet » ?

 

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D’autres pensent que « stamenij », « stamenee » dans le dialecte ostendais pourrait dériver de « stam » dans l’acception de « famille ».  D’après les vieilles chroniques, écrit « Volk en Staat » (26-8-1941), au cours des réunions de famille, les hommes ingurgitaient un nombre considérable de « pots » ce qui déplaisait aux épouses.  Les maris, piqués, décidèrent de se réunir là où leurs femmes n’auraient pas accès.  Les réunions continuèrent sous l’appellation de « stam » qui devint « staminets ». 

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D’aucuns font encore dériver « stamenee » de « stamelen » : bégayer, infirmité passagère provoquée par l’ivrognerie.

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Café Van Roy chée de Ninove à Molenbeek (Arrêt face à la Brasserie Vandenheuvel)

 

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Enfin, dit le journal précité, en Flandre, des tenanciers, pour attirer l’attention des voyageurs sur leur local, inscrivaient sur la façade « Sta, Mijnheer » (Arrêtez-vous, Monsieur).  Cette inscription devint proverbiale au point que pour inviter un ami au cabaret on lui disait « Veux-tu venir avec moi au « Sta Mijnheer » ?

 

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 Les « Kaberdoeches » (bistros de quartiers, gargote) appartiennent au folklore des Marolles depuis le Moyen Age. 

 

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Entrée de la rue Haute et l'ancienne Porte de Hal

Aux abords de la Porte de Hal qui en ces temps-là était encore une zone marécageuse, des ouvriers et des artisans s’y étaient établissent. 

 

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La rue Haute (ancienne voie romaine) qui s’étendait au-delà de la Steenpoort était très fréquentée par les voyageurs qui se rendaient à Paris et vers le sud.

En ces temps lointains, on trouvait tout autour de cette «chaussée », des relais pour les attelages, des auberges pour voyageurs et une foule d’artisans de passage. 

Les habitants de ce quartier s’expriment dans un langage particulier… mi-wallon, mi-flamand…. Naissance du Marollien ?... (à suivre)…

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Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, une surpopulation est recensée.  On verra se multiplier un nombre certain d’impasses dans les Marolles.  On assiste alors à un cortège de misère, d’épidémies et de l’apparition d’un terrible fléau… l’alcoolisme.

 

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On dénombre hélas aussi une prostitution de bas étage.  Dans les bacs à schnikke (bistrots où l’on sert de l’alcool) on y trouve des vieilles zattecutten (soûlardes) aguichés les clients pour se faire payer des witteke (genièvre).   De grandes bagarres éclatent régulièrement.

 

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Dans les années 1880, Les esprits ouvriers s’échauffent et de sérieuses émeutes éclatent dans les quartiers tout autour de la rue Haute. 

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Le peuple ouvrier riposte et est confronté aux gendarmes qui chargent de tous côtés. 

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http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sar_De_Paepe

Durant cette période critique, des hommes se réunissent des les estaminets pour discuter et s’échanger des imprimés avec des maximes du marxisme.  Un des plus acharnés est un typographe du nom de César Depaepe. 

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Ces émeutes conduiront en 1885 à la naissance du Parti Ouvrier Belge (POB) et à la construction d’une grande maison du Peuple à la rue Joseph Steven.  C’est l’architecte Victor Horta qui dessinera les plans.   C’est à cet endroit qu’est né le socialisme bruxellois.

L’épicentre populaire des Marolles était en ce temps-là, la place de Wallons (aujourd’hui disparue) « Waelsche Plaats » (Située plus ou moins  à l'arrière de l'actuelle gare de la Chapelle)

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Les anciennes auberges du 18ème siècle avaient des noms pour le moins pittoresques :

 

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In den naemen Jésus (Au nom de Jésus), Den groenen papegay : désignait la cible qui servait au tir à l’arbalète… (Le local des Arbalétriers n’étant pas bien loin de là ; à La Brasserie « Les Brigittinnes »  qui  disparaîtra également en 1962), Het sigoinnek : la petite cigogne …. Etc…

 

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Un si bel endroit paisible au coeur de la ville

 

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On y sert toutes sortes de boissons fortes… A l’exception d’eau bénite ! … En soirée, plus d’un rejoignait son domicile avec un fameux « stuk in zijn klûût »

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Suite aux divers travaux d’envergure décidés par la ville de Bruxelles, certaines enseignes célèbres à l’époque émigrèrent vers d’autres faubourgs de Bruxelles.

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C’est le cas notamment du « Chien Vert » situé rue Terre-Neuve, proche de  l’impasse des escargots (Caricolegang) qui rouvrira son « stamenei » avenue de Tervueren à Woluwe Saint Pierre. 

C’est la construction en 1850 de la Gare du Midi  et les travaux de la Jonction Nord-Midi qui sonneront le glas de la rue Haute en tant qu’artère de grande circulation. 

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A cette époque-là, les socialistes gagnent un double combat : Le Suffrage Universel et la loi Vandervelde (loi anti-alcool) à afficher dans chaque établissement. (voir affiche plus haut)

 

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A défaut de voyageurs, les habitants, marchands et artisans remplaceront en majorité la clientèle de ces « Kaberdoeches ». 

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Jusqu’en 1920, on dénombre aussi une foule de campagnards cherchant à faire fortune à Bruxelles. Cela provoquera même une crise du logement !  Ces nouveaux arrivants s’installent là où ils peuvent … ils prennent souvent quartier près de la rue Haute et aux alentours.   De ce fait, les tenanciers d’estaminets proposent « un logement ».  On fait de la place partout ! … Une chambre à côté, au dessus et même en dessous !  Certains vont même jusqu’à proposer d’occuper les caves !

 

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Profils des piliers de comptoirs

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Le « zattekul » philosophe, Le pouffer qui discute toujours sont addition après plusieurs jours de crédit....

 Devant le bar des « Mille Colonnes », juste derrière le stationnement des fiacres, le zattekul philosophe, membre influent de la « chocheté mutuelle de la soif », vide sa chope en remarquant : « Voulez-vous croire que ça sont aujourd’hui percis’ cinquante ans que moi j’aie bu mon premier verre de lambic ? Alleie, à ton santé ! »

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Il y a aussi celui qui fait des son « genre »…. Le prétentieux, le je sais tout…. « Zaïene grüte Jan oïetagne » en bruxellois

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Expressions :

 Ei ess züe zat as e kanong : Il ivre comme un canon (bourré jusqu’à la gueule)

 Ne zoeïper : un buveur habitué

 Zoeïpe : boire jusqu’à plus soif

 Zoeiper : buveur

 Ne flessevringer : un tordeur de bouteilles (ivrogne)

 Geif ma enn lkouch bé : Donne-moi un verre de bière

 Ge zaait beiter in a klaain stameneike as in en gruute kerk (on est mieux dans un petit estaminet que dans une grande église) : dit par un pilier de cabaret qui n’est pas un pilier d’église.

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22/02/2013

Quand les bruxellois aimaient les pigeons.... Les colombophiles.

Petit article en hommage à mon Grand Père maternel (Ferdinand Hoeffler) qui tous les matins coupait avec application des petits croûtons de pain pour donner à manger aux pigeons….

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Encore dans les années 50, nombre de Bruxellois possèdent au sommet de leur demeure un pigeonnier.  « un Kijker » en bruxellois où ils élèvent des pigeons voyageurs.   Quand il ne voyage pas, le pigeon roucoule et les voisins doivent renoncer, une fois pour toutes, à faire la grasse matinée !  C’était le cas pour mes parents qui vivaient dans un immeuble sur la Place de Jeu de Balle.

Quand le pigeon voyage et revient des lieux où il fut convoyé, il lui prend parfois la fantaisie de s’attarder à deux pas de sa demeure, sur quelque corniche.  On assiste alors à une scène où notre passion des pigeons prend des accents exceptionnels.  Mimique persuasive, implorante, menaçante, du propriétaire pour décider le volatile à réintégrer son domicile ; paroles tendres, petits noms, diminutifs en « ke » ou en « che », comme « chouque, tache,… » que l’indifférent reçoit comme une grand dame les hommages d’un pâle inconnu.

Vient un moment où l’homme se fâche ; ses gestes se font comminatoires, sa voix s’élève, se fait rude.  Il perd la partie, mais il faut que colère se passe…

… Et voilà pour quoi notre radio nationale consacre, chaque dimanche, plusieurs émissions sibyllines aux profanes, vouées aux convois et aux lâchers, religieusement écoutées par des milliers d’amateurs de colombophilie. 

 

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Si vous croisez à Bruxelles ces passants porteurs de paniers, nul doute : voici des fervents d’un sport grave et populaire entre tous : LA COLOMBOPHILIE !

 

N’allez pas croire que ces volatils étaient considérés comme aujourd’hui !

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Au 28 de la rue Ste Catherine, à la brasserie du grand château d’or, le coup d’éclat suivant fut réalisé par le patron Mr Vandenkerckhoven.  Il obtint en juillet 1859 , de fournir ses locaux aux réunion de la « Société de Colombophiles Union et Progrès », avec d’emblée l’envoi de 63 pigeons parmi les grands cracks du moment, au concours d’Angoulême.  Un mois plus tard, ce furent 169 bestioles qui prirent le train de Pontoise.  Les deux premières rentrées au bercail appartenaient à M. Beghuin, la 3ème  à M. Deruysscher, la 17 ème et dernière au pauvre M. Ysermans… Et le même mois encore, ce fut grande agitation dans la brasserie à l’occasion d’un concours à Versailles, qui donna l’occation à M. Deruysscher de prendre sa revanche…

 

 

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En septembre 1887, la fédération des sociétés colombophiles de l’agglomération bruxelloise a organisé, sous le patronage de la société Bruxelles-Attractions, une fête originale qui a obtenu un vif succès d’intérêt et de curiosité.  

Il faut dire qu’il existait bon nombre de colombophiles en Belgique.  

Cette fête, donnée au profit  des pauvres, consistait en un grand lâcher de pigeons, en courses pédestres.  Le lâcher s’est fait au parc Léopold.  Le matin a eu lieu, à travers les rues de la capitale, le défilé des chars transportant les paniers qui allaient prendre part au concours. 

A 14h, au milieu d’une foule énorme, on a libéré 25.000 pigeons qui, tous à la fois, sont partis en un seul groupe, obscurcissant la lumière du jour par leur masse compacte.  Imaginez, le froissement engendré par 50.000 ailes battant de concert…. Ce bruit  produisit un son comparable à un coup de tonnerre. 

L’immense essaim a tournoyé un instant dans l’espace tel une véritable orgie ornithologique !  Puis, à un moment donné, comme obéissant à  un commandement, les oiseaux se sont dispersés aux quatre coins de l’horizon. 

A ce moment-là, un aérostat s’élevait gracieusement dans les airs, semblant poursuivre les pigeons. 

 

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Ce spectacle, très curieux, a été suivi avec intérêt et émotion par la foule de spectateurs. Quelques instants plus tard, la foule se disloqua lentement.  Chacun avait la tête encore emplie du vol des pigeons.  Certains avaient aussi les poches vides suite aux vols perpétrés par les « pickpockets » !  Car il s’en trouve toujours là où il y a des pigeons à plumer…. Et oui…. Déjà en ce temps là !

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Vendeur de pigeons sur la Gd Place à Bruxelles

 

Après le pain, les jeux, cela se savait déjà au temps des Romain.  Aussi le cabaretier J.H. Werrie-Winteroy put-il, lors de la Kermesse de juillet 1889, recevoir en son Jardin Joyeux les non moins joyeux colombophiles de la société « La Colombe Joyeuse » chargés du grand concours par la Fédération des Société colombophiles bruxelloises.  Une cérémonie répétée en 1898, et marquée par un grand lancement de pigeons à Chantilly. 

 

En évoquant cette Colombe Joyeuse, voici un instant, profitons-en pour souligner combien, avec le jeu de balle (et bien sûr tus ces tirs d’archers et arbalétriers), le culte de la colombophilie appartient de façon extraordinairement intime à l’âme bruxelloise.  Il faut savoir que voici un siècle et davantage, les innombrables estaminets spécialisés ne vivaient pratiquement que de l’effervescence que leur apportaient les comités colombophiles dont ils étaient arrivés à obtenir les réunions régulières chez eux.  Et les jours de concours, on scrutait l’arrivée des coureurs, hors d’haleine, porteurs des précieuses bagues des pigeons rentrés au pigeonnier. 

 

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En ces temps où les enregistreuses n’étaient pas encore inventées, seul comptait en effet le moment de la remise de la bague au chronométreur.  Le propriétaire du pigeon, stationné dans son pigeonnier, scrutait les cieux, et sitôt l’oiseau rentré, il s’emparait de la bague, la jetait dans un tube fixé à sa façade, où les ketjes la saisissait et filait au « kaberdouche ».  En hurlant, avec ses compères de rencontre « Pigeon, pigeon ! », et manquant à chaque instant de faire trébucher les bourgeois malencontreusement dans son chemin.

Alors ceux-ci se lançaient à la poursuite des impudents garnements, ce qui créait parfois d’indescriptibles désordres !  Tout cela appartenait à un folklore bien établi, et finalement personne n’y trouvait à redire. 

 

…Un folklore qui devait disparaître d’un coup, comme nous en informe la presse de janvier 1896, « encore un petit métier qui va disparaître » ajouta-t-elle la larme à l’œil.  Par l’invention en France de l’appareil « L’inviolable », qui …supprime les coureurs portant, à une allure extraordinaire, les bagues aux sièges sociaux, et les froissements qui peuvent surgir entre les membres d’une même société ». 

Naissance de l’appareil à horloge marquante, scellé, plombé, où l’on introduit la bague des pigeons rentrés au colombier, et rendant toute fraude impossible.  « Voilà qui va révolutionner les règlements de la colombophilie ».  En effet, finis les gamins à la course folle.

 

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Les pigeons du Bois de la Cambre

Telle étaient donc les mœurs des colombophiles du siècle dernier, et en particulier ceux du cabaret « Le Jardin Joyeux ».  Lequel acquit au cours des années 1895 une importance à peu près égale à celle du « Grand Château d’Or » de la rue Ste Catherine, si l’on en juge par les sociétés qu s’y réunissaient régulièrement. 

 

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En Août 1898, on convia la foule à venir participer depuis la gare du Midi jusqu’à la Porte d’Anderlecht à un lâcher monstre de pigeons, avec « des dizaines et des dizaines de paniers remplis de pigeons » rangés à côté des baraque de la foire.  Après 3 coups de canon retentissants, les paniers sont ouvert, quelques pigeons s’échappent, filent à tire d’aile, puis la grande masse des oiseaux s’élèvent, tournoie comme de larges feuilles mortes emportées comme un tourbillon, tandis que les orchestres de la foire tonitruent, que les orgues de Barbarie gémissent des airs d’opéra et que les danseuses de parades esquissent des pas plus ou moins légers…

Les pigeons partis, on s’en retourne aux montagnes russes…

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Durant la guerre 14-18

Malgré le fait qu’à l’époque on voyait se développer la téléphonie et l’émission radio, il était fréquent que des unités soient isolées ou que des messages devaient être envoyés rapidement sur de longues distances.  Dans ce cas, on avait recours aux pigeons voyageurs. Ils étaient élevés et transportés vers des unités mobiles au gré des besoins dans les zones de front différentes. 

100.000 pigeons furent employés par les Anglais durant cette guerre.

C’était une belle stratégie mais l’occupant allemand prit connaissance de ce subterfuge et décida d’interdire aux civils des zones occupées de lâcher les pigeons !

Toutes personnes désobéissantes étaient menacées de mort par voie de presse.   Les personnes qui récupéraient des pigeons voyageurs, étaient également tenues de remettre ceux-ci aux autorités militaires faute de quoi, elles seraient accusées d’espionnage !

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14 mai 1922, voici l’un des 2 avions … butin de guerre pris à l’Allemagne, qui vient d’être transformé en colombier volant pour le transport de pigeons voyageurs mis au concours.  Nous avion déjà l’aviation militaire, l’aviation civile, voici l’aviation pour … volatiles !

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Les colombophiles espèrent, par ce moyen épargner à leurs pigeons les fatigants et coûteux voyages en train ou en camion.  Comme le montre notre photo, des loges latérales ont aménagées dans le fuselage de l’avion.  Il suffit d’amener les paniers contenant les pigeons et le transbordement s’accomplit.  L’aéroplane n’a plus qu’à voguer vers le lieu de lâcher, où il arrivera en quelques heures au lieu de 2 jours.

 

LA STATUE.

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Bruxelles fut probablement la seule ville à rendre hommage aux pigeons voyageurs durant la guerre.  Cette statue est l’œuvre de Victor Voets et fut inaugurée en mars 1931.  Elle se situe Square des Blindés à Bruxelles.  

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Merci à Jeancke …. (Jean-Pierre Roels) pour la recherche de documents…

 

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N’empêche, que les bruxellois aiment aussi la saveur du pigeon…et certains terminaient à la casserole ! ... Allei ! Mangez… ‘t es van brussel …

 

 

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PIGEON A LA HOEILLAARTOISE

 

Vieille recette mais savoureuse d’une commune où les pigeonniers étaient légion.

 

Procurez-vous 2 pigeons jeunes et bien en chair.

Videz-les et troussez-les.

Dans une sauteuse, faites fondre un bon morceau de beurre et déposez-y les pigeons.

Faites-les rôtir sur chaque face durant quelques minutes.

Ajoutez ensuite un demi-litre de bouillon de volaille et 25 cl de vin blanc.

Salez, poivrez, ajoutez du thym et du laurier.

Pendant ce temps, épluchez  une dizaines de petits oignons et nettoyez 250 gr de champignons.

Ajoutez-les dans la sauteuse.

Couvrez et laissez mijoter 50 à 60 minutes à feu doux.

A la fin de la cuisson, retirez les pigeons et laissez réduire un peu le jus de cuisson…. Puis liez la sauce avec 2 jaunes d’œufs dilués dans 15 cl de crème fraîche.  Rectifiez l’assaisonnement et laissez réduire 1 à 2 minutes.  Passez la sauce au tamis.

Dressez les pigeons dans un plat avec la sauce.

 

PIGEONS AUX PETITS OIGNONS.

 

Prenez 2 pigeons.  Coupez-les en 4 (dans le sens de la longueur puis en chaque moitié).

Dans une cocotte, faites fondre 2 bonnes cuillères à soupe de beurre.

Faites-y dorer les morceaux de pigeons sur chaque face.

Quand ils ont prit une bonne couleur, ajoutez-y une trentaine de petits oignons épluchés.

Couvrez et laissez cuire environ 7 à 8 minutes en mélangeant de temps à autre.

Ajoutez ensuite 25 cl de vin blanc sec,  25 cl de bouillon de volaille, un bouquet garni, un clou de girofle, un peu de ciboulette hachée du sel et du poivre.

Laissez mijoter environ 1 heure à feu doux

Pendant ce temps, préparez la garniture suivante :

Epluchez 125 gr de champignons de Paris, faites-les revenir dans du beurre.

Nettoyez 4 ris d’agneau et un ris de veau.

Faites-les dégorger dans de l’eau froide puis trempez-les quelques instants dans de l’eau bouillante pour les faire blanchir.

D’autre part, détaillez en petits morceaux, un rognon de veau et faites-le sauter à la poêle dans un peu de beurre. 

10 minutes avant de servir, ajoutez dans la cocotte des pigeons, les champignons, les ris et les rognons.  Rectifiez l’assaisonnement et laissez mijoter environ 10 minutes.

En fin de cuisson, disposez les morceaux de pigeons entourés de leur garnitures de cuisson et réservez au chaud.

Liez la sauce avec un demi-citron pressé et un peu de maïzena diluée dans du lait. 

Nappez votre plat de cette sauce et servez…

Bon appétit ….

14/02/2013

Atmosphère années 50 .... évolution du niveau de vie...

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Dès 1948 … après la guerre, à peine a-t-elle pansé ses plaies, Bruxelles se place aux avant-postes du combat pour une Europe Unie. 

 

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Le Benelux, premier rapprochement et le 17 mars de cette même année, la seconde étape : la signature du traité de Bruxelles, consacrant l’alliance étroite de la France, de la Grande-Bretagne, de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg.   

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naissance du Bénélux 1947

Au début des années 50, tout a commencé à augmenter ;  par contre, on en avait deux fois plus pour notre argent !

Il faut dire que durant les années 50-60, Bruxelles avait ceci de particulier pour un tout petit pays ; Brasser des affaires gigantesques à l’échelle mondiale !

 

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Le Sénat

Des institutions régularisent la vie de l’argent.  Le sang des affaires circule bien et donne à Bruxelles, qui en est le cœur, des battements ordonnés et paisible. 

 

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La Bourse

A cette époque, on prenait en considération pour le budget, le prix des aliments de base pour le ménage, le prix du chauffage (souvent le charbon à cette époque)  et en extra, un petit budget pour l’habillement et quelques accessoires ménagés.

 

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Ce n’est que vers 1955, que le comportement des citoyens a réellement changé.  Sont venu s’ajouter au budget des extras, les sorties (dancing, cinémas etc.), le prix des transports en communs, les salons de coiffures et d’esthétiques, les jouets sophistiqués pour enfants, la télévision … et la carte de crédit  (une redoutable machine à consommation)  pour ceux qui n’arrivaient pas à suivre…

 

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Collection  de Mr Denis Keller

Série de pochettes photos. Étant donné que votre blog fonctionne surtout par l'imagerie, j'ai trouvé amusant de montrer quelques-unes de ces pochettes anciennes fournies par les magasins de photo pour placer les tirages de leurs clients. C'était au temps où la photo numérique n'existait pas encore et où tout le monde fonctionnait avec de la pellicule "argentique". J'ai sélectionné uniquement des pochettes publicitaires de magasins situés à Bruxelles. Les adresses de ces magasins figurent sur les pochettes.

 

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mettez la souris sur l'image pour connaître le modèle de l'appareil

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1958… Bruxelles est fin prête pour montrer au monde entier lors de l’Exposition que  nous sommes un modèle de société tournée vers la finance et le futur….La Banque Nationale étant le régulateur de la vie monétaire et de la tenue du franc, La Belgique se doit d’être à la hauteur de ses ambitions.

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Son gouverneur reste le grand conseil et le frein de tous les gouvernements, quel que soit le parti auquel ils appartiennent.

 

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Le Crédit Communal est le grand trésorier des communes et leur banquier ; c’est un autre élément régulateur qui freine les mégalomanies possibles (disait-on).

 

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Avec sagesse, Bruxelles est devenu la terre d’élection de très grands trust : par exemple, la Société Générales, la Banque de Bruxelles, la Kredietbank, la Banque Lambert, le Groupe Empain, le Groupe Nagelmakers…

 

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Collection Mr Keller Denis

 

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Deux étiquettes de bagages des années 1950s

 

C’est la Société Générale qui a construit de toutes pièces l’Union Minière du Haut Katanga.  La Banque de Bruxelles a soutenu de toutes ses forces l’industrie liégeoise.  Le Groupe Empain s’est occupé de la chimie et de l’électricité.

 

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A cette époque, le groupe de la Banque de Bruxelles était conduit par un homme d’une main de fer, le comte de Launoit.  Il mené une des plus vaste opérations financières …. La fusion des trois plus importantes sociétés de métallurgie : Ougrée-Marihaye, John Cockerill et Ferbatil. 

 

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 Le bénéficiaire le plus évident c’était le « standing du pays ».

 

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Quartier Gare Centrale ...Les naveteurs

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Tout un peuple vivait autour de ces banques ;  Le soir, la gare centrale (cité aux falaises de béton) absorbait comme une fourmilière les hommes qui œuvraient à l’accroissement financier du pays. 

 

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Le commerçant qui réalisait un bon chiffre d’affaire portait à la banque le fruit de son dur labeur.

 

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C’était des milliers de commerçants qui contribuaient au « Pactole » et par la suite ils avaient la possibilité d’acheter des actions. 

 

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On pouvait même considérer que le chiffre d’affaires du Bas de la Ville avec ses petits commerçants atteignait la moitié du chiffre d’affaire de l’agglomération entière.  Tous les secteurs de l’activité commerciale étaient représentés. 

 

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Ceux-ci étaient localisés dans des endroits bien précis…. Par exemple : Machines de bureaux dans la rue d’Assaut, bijouteries-horlogeries rue au Beurre, collectionneurs de timbres et monnaies rue du Midi, papiers peints et luminaires rue Blaes, articles de mode rue des Eperonniers…. Et aussi tous les métiers ambulants et autres artisans….. Il y en avait pour tout le monde….. Sans exceptions !

 

 

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Les petites affaires comme les grandes étaient exposées à la lumière de la place publique.  Les rotatives livraient chaque jour au peuple les secrets des affaires en des journaux bourrés de chiffres.  

 

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Bruxelles était la Capitale des Affaires.  Celui qui était « rusé » pouvait devenir puissant…  Une petite entreprise pouvait très vite prospérer.

 

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19-21 Bld du Midi

 

 

Autre exemple d’ascension :

La caisse d’épargne IPPA connaît après la deuxième guerre mondiale, un essor fulgurant. 

Les sièges et bureaux se multiplient dans les années 50, le siège de Bruxelles vient occuper de nouveaux locaux. 

Le chiffre d’affaire ne cesse d’augmenter.  Le premier milliard de dépôts  d’épargne est atteint en 1951, le dixième en 1967. 

Le nombre d’agences n’a cessé de s’accroître… d’une agence en 1903, il passe à plus de 1.400 en 1970 !

Au vu de son succès, IPPA créera le groupe TRANSGA, la compagnie immobilière qui offrira à ceux qui préfèrent placer leur argent dans des « briques » ou des terrains, un large choix de placements immobiliers.  

 

 

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 On commence dès lors à parler de pouvoir d’achat et de consommateurs… On s’imaginait que l’avenir serait « rose »… Un peu le rêve américain… Le niveau de vie était plus élevé et les salaires augmentaient… s’ajoutaient à cela, les avantages divers comme une deuxième semaine de congés payés et les allocations familiales… Rien d’alarmant puisque jusqu’au début des années 60, le taux de chômage était de 2,3%...

 

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prévoyance sociale ancien

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C’est le 18 décembre 1957 que Delhaize le Lion inaugure le premier magasin « self-service » à la place Flagey à Ixelles….C’était un genre de magasin à « l’américaine ».  Très bonne stratégie pour l’époque puisque l’endroit était desservit par le tram, il y avait un parking et on pouvait compter sur de nombreux habitants à « fort pouvoir d’achat ». 

Les gens repartaient avec leurs victuailles emballées dans des sacs en papier brun et la viande était déjà préemballée. 

Toute la presse parlait de cette nouvelle manière de faire ses achats mais d’abord en la critiquant ! 

 

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Photo Pub Monoprix en France (idem)

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En 1959, les enfants font la découverte de Barbie pour les filles et les garçons ne sont pas en reste non plus …. Les grands magasins regorgent d’idées pour attirer les familles…. Et à la Saint Nicolas, c’est dans un décor féérique que les enfants sages découvrent toutes les nouveautés dans le monde du jouet…

 

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Collection de Mr Vanstenkiste...... attraction lors de la Saint Nicolas à l'Innovation dans les années 50

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Innovation années 50

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Pour les garçons

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Rayon ménager miniature pour les filles

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Décembre 1951, les merveilleuses poupées à l'Innovation... Le rêve de chaque petite fille....

Merci à Monsieur Vansteenkiste de nous faire partager ces souvenirs

 

Témoignage de Mr Denis Keller

 

Grands magasins : ici je dois raconter. Lorsque j'étais enfant dans les années 1940s et 50s les grands magasins exerçaient sur moi une fascination fantastique. C'était un univers de rêve que l'on visitait en famille. Pas nécessairement pour acheter mais pour voir et découvrir toutes les nouveautés de l'époque où le modernisme et le confort étaient des thèmes essentiels. On accédait encore aux étages par des ascenseurs grillagés "conduits" par un liftier en uniforme et gants blancs qui annonçaient les départements à chaque étage. Les plus modernes commençaient à disposer d'Escalator mécaniques en bois. La concurrence entre ces grands magasins était assez forte et chacun proposait des événements attractifs : goûters dansants, émissions radiophoniques en direct, des fauves en cage de verre, etc... Les vitrines de fêtes (St Nicolas, Pâques, Noël, Nouvel an,...) étaient magnifiques et animées même avec des personnages vivants. Les premières télévisions étaient exposées en fonctionnement en vitrine et étaient une attraction populaire qui attirait beaucoup de monde. C'était aussi l'époque où on pouvait écouter, chez les disquaires, les premiers disques en Vinyle dans des cabines individuelles sur un tourne-disque à aiguille saphir et avec le son mono et pas stéréo car l’hi-fi n'existait pas encore.

La plupart des jeunes femmes ont un emploi en dehors de leur foyer et l’arrivée des électroménagers facilitent  la vie de celles-ci. 

 

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1er Bic à 4 couleurs1950

 

 

On retrouve dans ce nouveau mode de vie, le confort de la cuisine équipée et la généralisation de l’achat d’un frigo, d’une cocotte minute et de poêle Tefal, d’une machine à laver le linge avec rouleau pour l’essorage et de la poudre à lessiver, les détergents miracles font également leur apparition etc ...  Et les crédits explosent… notamment  pour l’achat d’une voiture …  

 

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Durant cette décennie, on dépense, on gaspille, on vit « bien », on s’invite au restaurant, certains investissent, d’autres s’offrent des vacances à l’étranger, on fume, on danse, on fait la fête…  La vie est devenue si paisible… du moins pour une grande majorité d’employés, de fonctionnaires et de commerçants…

 

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1955

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Rue Neuve

Qu’en était-il des préoccupations de nos parlementaires pour satisfaire la population durant ce temps-là ? (petit rappel)…

 

De 1910 aux années 50, plus de 80% des artères de la ville, y compris celles du centre, étant neuves, remaniées ou reconstruites, le rythme des travaux d’urbanisme fut incessant. 

 

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Vue sur les Bas Fonds 1955

 

Les deux périodes de guerre, les crises économiques et monétaires, la dénatalité, la substitution d’impulsions collectives et trop souvent mesquines aux larges et efficientes initiatives léopoldiennes, ont fait que ...

 

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Impasse de la Maternité

...plus des trois quarts des « taudis » et impasses furent rayées de la carte du Pentagone ; tandis qu’une autre grande partie des immeubles « anciens » de la capitale ont été cédés à des investisseurs étrangers, à de  grandes sociétés ou même aux banques… Un paradis pour les promoteurs…  

 

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Quant aux bruxellois, après avoir vécu dans des anciens quartiers sans confort,  ils ont préférés s’établir ailleurs….

 

Les couples qui travaillaient dans le privé ou dans l’administration pouvaient   s’offrir  le luxe de l’achat à crédit d’un appartement.

 

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La construction de grands nouveaux  immeubles situés dans d’autres communes et dans des quartiers paisibles et verdoyants à proximité du centre de la ville a encouragé la population à déménagé. 

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Les autres, aux revenus plus modestes se sont peu à peu installés en « banlieue » laissant la place aux utopistes….et aux indéracinables bruxellois.

 

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Il faut dire qu’après la guerre, les vieilles pierres n’intéressaient plus grand monde. 

Suite à la demande et à l’offre de crédit des banques, le béton coulait à flots aux quatre coins de la capitale !

 

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Tunnel Rogier vers Viaduc direction Koekelberg

 

On reprit, après maintes tergiversations, les travaux de la Jonction et du Mont des Arts, du percement des tunnels à travers la ville. 

Ces travaux d’urbanisme conjuguèrent leurs effets à ceux de la « City Building »… processus commun au centre de toutes les grandes villes contemporaines.

 

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1954

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CEE

 

Il faut noter que durant cette période, les expropriations urbanistiques  on coûté quelque 30.000 habitants, dont la moitié pour la Jonction.  Et la prolifération des constructions non destinées à l’habitation jointe au progrès de la dénatalité en ont fait disparaître plus de 50.000 autres.

Durant des dizaines d’années, certains quartiers fantômes en attente des grands travaux ont été la terre d’accueil des plus démunis.

 

 

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La place était faite pour accueillir le monde de la finance des spéculateurs et des affaires…..  Il n’y avait plus qu’à attendre que le temps fasse sont travail sur l’état de délabrement de ces vieux quartiers…

 

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Les constructions incessantes de nouveaux immeubles dans les faubourgs de la ville, l’installation du métro en sous-sol, l’ouverture de galeries commerçantes etc.… offraient un tel nombre de postes que la Belgique dû faire appel à la main d’œuvre étrangère.

 

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Malgré tout ces projets grandioses, où allait-on loger toutes ces nouvelles familles ?.... Réponse : Tant qu’il n’y avait pas d’avis de démolition…

Dans ces fameux quartiers « fantômes)…. En attendant les propositions des grands promoteurs… 

 

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Vue de la Colonne du Congrès en 1954

Considérée comme un paradis fiscal avec une sécurité sociale à la pointe que rêver de mieux pour  y vivre paisiblement ?  La Belgique offrait tous les avantages sociaux et l’aide nécessaire à l’intégration des familles …

 

 

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Paisible Marché place Ste Catherine années 50

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Le Vieux Marché dans les années 50.... les bonnes affaires...

 

 

 

 

La Belgique à accueillit a bras ouverts ces nouvelles populations venue de si loin qui allaient se joindre à nous pour contribuer à l’essor de nos économies !

 

Avec 1.248.310 d’habitants en région bruxelloise en 1959 que devions-nous craindre ? 

Un tel essor au niveau économique et social faisait de notre capitale l’endroit idéal pour évoluer dans la société.   Chacun y trouvait sa place.   Et puis avec un taux de chômage aussi bas…. Pourquoi redouter le futur ?  Dans  l’euphorie de la  réussite sociale et économique, étions-nous en mesure de prévoir la crise en 2007 ?

 

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1954

 

 

Paradoxalement,  les gens troublés par des nouvelles pessimistes venant de tous côtés, il était déjà devenu courant d’entendre parler « du bon vieux temps » dans les années 60-70 !..... Celui d’avant 1914 !

 

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Eh oui…. Il semblerait qu’il a bien existé…. Et pourtant…

 

La marchandise était de bon aloi et l’ersatz n’encombrait pas nos tiroirs. 

 

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Au parc de Bruxelles 2 1954.jpg

 

 

Le bon vieux temps peut-être regretté par les poètes et par les riches, PAS par les ouvriers.

Pour créer un pays aussi riche, il en a fallut des sacrifices, des révolutions et des débats.

Avec un salaire considéré comme « beau » à  l’époque de 4,25FB par jour  pour un receveur de tram, seuls dans l’industrie privée, des contremaîtres de valeur arrivaient à cent sous !

Sans compter les heures de travail qui n’étaient pas encore réglementées !

 

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Terrasse à la Bourse.... un matin... bien animé et pourtant paisible...

 

 

Pourtant, ……Mon dieu qu’il faisait bon vivre ici !

 

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12/02/2013

Décès de Max ...

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On ne verra plus "MAX" dans le quartier; Max était installé avec sa kerre de karikolles en face de La Clé d' Or sur un coin de la Place du Jeu de Balle. Il est le mari de Marie qui elle est installée rue Haute au Wiels Renard. Une messe se tiendra à l' église du Vieux-Marché ce jeudi 14 février à 11h. ( Nicolas Nicky Luppens)

 

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Toutes mes condoléances à Marie (sa femme ici sur la photo) et à sa famille

01/02/2013

Vous voulez apprendre le bruxellois ? Voici un cours sympa dans un endroit sympa

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Chères amies,
Chers amis,

 

Vous aimez Bruxelles et ses dialectes ?

Vous souhaitez vous y initier ou faire profiter les autres de votre expérience …

Vous voulez dépasser le niveau "lexique des injures bruxelloises" …

Les aspects historiques vous attirent et un peu de linguistique ne vous donne pas le bibber

Beulemans of Vloms, 't es allemoe koekoek iene zang !


Venez nous rejoindre les 2e samedis du mois, à la "Fleur de Papier doré" 53 rue des Alexiens à 1000 Bruxelles , de 11h00 à 13h00. Professeur-zwanzeur patenté, participants enthousiastes … en vollem bak ambiance !

Inscriptions Jean-Jacques DE GHEYNDT : 0476/86.47.03 ou jjdgh01@gmail.com

Merci de  confirmer votre éventuelle participation,
L’équipe se réjouit d'avance de vous y retrouver !

 

Prochaine réunion le samedi 09/02, de 11h00 à 13h00, à la "Fleur en papier doré"

PAF = 5,-€ la séance (pas d'inscription) + photocopies (le cas échéant)

Nous restons en principe déjeuner sur place (sans aucune obligation bien entendu)

 

Au plaisir de vous rencontrer bientôt,
Jean-Jacques

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Le dialecte bruxellois français ou Beulemans se caractérise par l'intrusion de mots et/ou d'une structure de phrase néerlandais(e) dans un discours essentiellement francophone. L'accent tonique des mots est également modifié et d'étonnantes variations dans la "musique" de la phrase rendent ce dialecte attractif pour nous et - souvent - ridicule pour nos voisins de l'Hexagone. Leur imitation de notre Beulemans est en général parfaitement erronée, mais il faut savoir que "Le mariage de Mlle Beulemans" fut le déclic d'inspiration qui insuffla à Marcel Pagnol sa célèbre trilogie dialectale "Marius - Fanny - César".

Non peut-être ?

Le dialecte bruxellois flamand ou Vloms fait partie du groupe des dialectes brabançons. Il se caractérise par une intrusion plus grande de mots francophones que dans le Néerlandais standard (l'ancien ABN), en particulier pour le nom des rues ! Il est riche d'insultes particulièrement breugheliennes et développe 7 niveaux d'éthylisme (à Anvers, on n'en recense que 5). La variabilité entre le Vloms des Marolles et des autres communes bruxelloises est parfois surprenante. Une variante très particulière, le Bargoensch (un argot, en réalité), fait actuellement l'objet de nombreuses publications tant en Belgique qu'aux Pays-Bas.

                                           Saluu en de kost, en de wind vanachter !              

 

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