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03/10/2013

La vénérable rue Neuve ...d’après Fernand Servais en 1965

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La rue Neuve a ceci de doublement paradoxal : elle est ancienne ; et, primitivement dénommée Longue rue Neuve, elle cessa de revendiquer sa qualité de longue dès le jour où se prolongea jusqu’au boulevard du Jardin Botanique. 

Car, avant 1839, son point terminus était l’embouchure de la rue de Malines.  L’espace compris entre cette rue et le boulevard était couvert de maisons et de jardins dont, par arrêté royal du 15 juillet, on décida le percement, en vue d’établir une voie rectiligne reliant les actuelles places de la Monnaie et Rogier, où la gare du Nord fut inaugurée en 1841.

 

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Notons, du reste, que la rue Neuve, dont les origines remontent à la fin du 16ème siècle (la première enceinte de Bruxelles longeait la rue du Fossé-aux-Loups) avait été déjà agrandie et percée en 1617, à l’initiative de l’entrepreneur Jérôme De Meester qui favorisa ainsi l’éclosion d’un nouveau quartier, un quartier bourgeois, encore que champêtre, ayant des communications directes avec la Porte de Laeken.

 

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Il n’était pas bien salubre, à la vérité (la rue dite du Marais porte un nom évocateur…).  Maraîchers, fleuristes, blanchisseurs y étaient, si l’on peut ainsi dire, à pied d’œuvre.  D’où les noms persistants de : rue des Roses, rue des Bluets, rue du Persil, rue aux Choux, rue de la Blanchisserie, donnés aux rues environnant de la place des Martyrs, nommée alors place Saint-Michel.

 

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Et cet endroit, qui garda longtemps son allure campagnarde, ne manquait pas d’être idyllique, étant pourvu de guinguettes verdoyantes où nos aïeux allaient charmer leurs amours dominicales… Guinguettes dont la dernière en date, dans les parages, fut celle du mémorable et regretté « Diable-au-Corps ».

Evidemment, nous avons peine à nous imaginer, aujourd’hui, un tel recul, de telles origines à ce quartier devenu une des centres les plus vivants, les plus modernes de la capitale.

 

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Il est vrai que le nom même de son église : l’église du Finistère (Finis terrae) suffit à évoquer ce primitif isolement.  Cette église, est le seul monument dont peut s’enorgueillir la rue Neuve.

 

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Par contre nombreux furent les demeures seigneuriales, les luxueux hôtels privés qui l’embellirent au point d’en faire, à un temps donné, une des rues les plus cossues de la ville.

 

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Nous nommerons : l’hôtel de la marquise douairière de Wargny, devenu, en 1675, l’hôtel des Spinola ; l’hôtel du comte de Furstemberg ; l’hôtel du baron de Secus, démoli pour y aménager la Galerie du Commerce ; l’hôtel d’Alexandre-Joseph Rubens, receveur général des Domaines.  On peut en voir encore une partie, avec un demi-fronton, englobée dans l’annexe des magasins de l’Innovation en face de l’église.  Les plans de cette admirable demeure furent tracés par l’illustre aïeul du propriétaire : le peintre Pierre-Paul Rubens.

 

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Actuel C&A en 1880

 

Ce fut dans la rue Neuve également que se trouvait l’hôtel de Vander Noot, un des artisans de la révolution brabançonne.

 

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N° 3-5- et 7 de la rue 

 

Le dernier occupant fut le facteur de pianos Oor, dont les vieux Bruxellois n’ont pas perdu le souvenir.

 

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Parmi les notoriétés qui résidèrent en cette rue signalons aussi la comtesse de Montholon, la femme du célèbre général, qui vint s’y installer en 1819, un mois après la mort de sa fille, Joséphine-Napoléone dont l’Empereur était le parrain… et peut-être même le père.  La comtesse avait séjourné avant cela dans une maison sise au coin de la rue Royale et de la Montagne de la Cour (emplacement de l’Hôtel de l’Europe).  Le décès de son enfant étant survenu en cet immeuble, elle l’avait quitté pour chercher, vainement, ailleurs, un adoucissement à son chagrin… Elle rejoignit le général, à Paris, en 1821, après avoir failli être brûlée vive dans l’incendie qui dévasta cette dernière habitation.

 

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On le voit, …. La rue Neuve a ses titres de noblesse (selon F. Lebouille, pas moins de 30 rues portèrent le nom de « Rue Neuve » à travers les siècles)

 

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Elle rappelle en outre, souvenirs moins lointains, le troupeau de chèvres qui passait le matin et que le pâtre trayait en chemin faisant, à la demande des amateurs de bon lait bien tiède.

 

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Aux demeures patriciennes ont succédé les coquettes boutiques, les immenses et splendides magasins d’aujourd’hui.  Et c’est tant mieux.  Là où régnait jadis une morne austérité faite de maisons solennelles aux porches rébarbatifs, s’ouvrent maintenant des portes accueillantes, sourient des étalages séduisants, s’éveille l’amusante curiosité de la foule des passants, fleurit le bagout plébéen des camelots, des marchandes, des marchands ambulants, s’élève la voix joyeuse d’un chanteur en plein air !

 

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Car elle savait aussi être joyeuses, la rue Neuve ! …

 

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Maison Colard au n°11

 

Des salles de spectacles l’agrémentaient avant la première guerre mondiale.  Des cafés-concerts, des théâtres, lesquels se multiplièrent durant l’occupation, sans toutefois atteindre le nombre, record, des cinémas d’aujourd’hui.

 

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Le premier théâtre connu qui s’ouvrit rue Neuve (au n°153) fut l’Eden.  Son inauguration eut lieur en 1906.

 

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Le programme quotidien comportait des numéros de music-hall, une pièce en un acte et – déjà – une vue cinématographique.

 

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Au Bon Marché en 1800

Il devient totalement cinéma fin 1910.

De dimensions beaucoup plus réduites et spécialisé dans des spectacles beaucoup plus modestes, l’Eden de la rue Neuve n’évoquait que faiblement le souvenir de son aîné.  Aussi, ne fit-il que vivoter.

 Il y eut ensuite le Kursaal, dès 1911.

 C’était comme l’Eden, un concert-cinémas, mais de plus vastes dimensions.  Si nos renseignements sont exacts, il fut construit à l’emplacement de l’Hôtel de l’Univers.

 De concert-cinéma, le Kursaal devint un vrai théâtre, pendant l’occupation 1914-1918, sous la direction squassi-Van Hamme. On y donna des pièces du terroir, telle que « La Famille Klepkens » et des fantaisies bruxelloises dues à la plume de Bodart, Devère, Raume et du jeune Marcel Roels.

 

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Durant l’année 1911, on vit naître aussi, au n°37 de la même rue, un autre établissement, « La Cigale », qui, cinéma à son ouverture, devint théâtre pendant la grande guerre n°1, son premier spectacle étant une revue de Jef Orban.

 

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Étonnamment multiples devaient être les destinations successives auxquelles, de 1918 à 1921, fut vouée la cour d’un immeuble qui, portant les n° 24 et 26, se paya le luxe de se transformer en théâtre en se couvrant d’un vitrage !  Cette cour devint successivement : 1° Le Selectsior, pour y présenter une série d’attractions ; 2° Le Coq Gaulois, cabaret montmartrois où plusieurs chansonniers célèbres défilèrent : Xavier Privas, Dominus, Francine Lorée, Lucy Pézet, vedette montmartroises ; 3° La Boîte à Pic, autre cabaret éphémère, et 4° en 1920, La Boîte à Surgères.  Ce cabaret portait le nom de son fondateur, chansonnier qui eut une certaine vogue.  La pièce d’ouverture fut la « r’vue Neuve », représentée au profit de la souscription du monument Gabrielle Petit. 

 

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Dans son Histoire des Théâtres de Bruxelles, Lionel Renieu nous rappelle que Toone et ses marionnettes, désertant le caveau des Marolles, firent là aussi leur apparition, en 1918, peu avant l’armistice.  Folies des grandeurs ! …  Sorti de son milieu populaire, Toone ne trouva plus le public et l’ambiance qu’il lui fallait.  Présentés dans une belle salle, garnie de vrais fauteuils, ses « poecheneles » se sentirent dépaysés et se mirent à parler faux, … comme en 1897 quant le même Toone… si ce n’était pas lui, c’était son père…. S’était avisé, une première fois, de venir faire le « stoeffer » à Bruxelles-Kermesse, lors de l’Exposition du Cinquantenaire. 

 

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Le séjour de Toone rue Neuve fut tellement déficitaire qu’un huissier intervint et vendit aux enchères les chers acteurs de bois du pauvre homme !

 

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Godefroid de Bouillon, le chevalier Bayard, Lagardère, Geneviève de Brabant, la reine Margot, vendus aux plus offrant, comme des esclaves dans l’antiquité…  Quelle honte !

 Il faut un rossignol toujours dans la forêt, chante Rostand dans Chatecler.

 Il faut un Toone toujours aux Marolles !

 

 

Texte de Fernand Servais en 1965... Souvenirs de mon Vieux Bruxelles 


 

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Quelques publicités 

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La rue Neuve un peu plus récente...

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Novada 

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Rue Neuve n° 32 .... Restaurant La Frégate

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La Patisserie du Finistère 

 

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Hiver 1954, Il fait tellement froid que l'on inaugure des chaufferettes dans les rues 

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1948, La Famille Lemoine fait des emplettes 

Les années 60

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Une crèche de Noël à l'église du Finistère 

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1972.... Grève des indépendants ! 

Ambiance nocturne 

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On pourra dire ce que l'on voudra mais ce Bruxelles-là, cette ambiance... manque à beaucoup de Bruxellois ! 





 






07/09/2013

Evolution

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Le percement des tunnels et des viaducs de la jonction du chemin de fer Nord-Midi a modifié les vieux quartiers qui ont été entièrement réaménagés vers 1950… de nombreux passages souterrains pour voitures et une longue passerelle, permettent de franchir facilement les principaux carrefours.  Les anciens quartiers où l’on trouvait, dans des rue irrégulières, des vieilles maisons brabançonnes pittoresques et variées, ont en grande partie disparu….La ville haute, reliée jadis à la ville basse par des artères étroites et raides, communique maintenant avec elle par des voies larges, bordées de maisons de commerce et de banques…

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Années 50-60...Place Charles-Rogier, un des centres d’animation de Bruxelles ; elle est dominée par le haut building du Centre Rogier, 30 étages qui abrite des maisons de commerce, des salles de réunions, etc… et deux salles de spectacle : le théâtre National de Belgique (architecte Cuisinier, décorateur Jacquemin), avec 764 places et l’Atelier, avec 250 places.  En arrière, gare routière (lignes vicinales de Bruxelles-Nord) et gare du Nord, des chemins de fer, achevée en 1957 par les architectes G. et P. Saintnoy et H. Van Den Bosch.  La Gare du Nord abrite le musée des Chemins de fer…. 

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Dans les années 50, certains bruxellois s’étant élevé dans hiérarchie sociale, ont bien le droit de vivre en automobile et de ne plus concevoir la vie à Bruxelles autrement  que comme une cascade continuelle d’accélérateurs, d’accumulateurs, de carburateurs, de freins et de tuyaux d’échappement.  Le mécanisme du mouvement vital dans les années 50 fonctionne si bien que l’espace compris entre Sainte Gudule et l’église Ste Marie n’est plus que pour ceux-ci qu’un Champ-de-Mars où la carrosserie belge mâtinée de moteurs américains, allemands, français ou anglais, déchaîne ses splendeurs.  


 

01/09/2013

Molenbeek ... Album souvenirs de Yves Keymolen

Molenbeek, c'était son canal et les quartiers riverains dont la plupart sont démolis aujourd'hui.... Yves Keymolen, Molenbeekois d'aujourd'hui nous fait partager le passé de sa commune....

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Rue Ransfort, sans doute le plus vieux nom connu à Molenbeek.  On le cite déjà en 1227 dans les Archives de Sainte Gudule.  Il s'y dressait une ferme qui appartenait à l'hôpital Saint-Jean, gros propriétaire foncier dans toute la région de Bruxelles.  L'actuelle rue Ransfort était un modeste chemin d'accès vers la ferme, au départ de la chaussée de Gand.  Un très vieux plan porte cette inscription : "avenue Ransvoet"

Entre la chaussée de Gand et Ransfort s'étendaient des terrains marécageux que l'on appelait de Broecken, les paludes.  On les mit en culture vers le début du 13ème siècle.  La ferme de Ransfort fut incendiée en 1695 lors du bombardement de Bruxelles par Villeroi.  La construction du canal de Charleroi lui donna le coup de grâce et elle disparut. 

Mais la rue Ransfort, d'agricole qu'elle était, va devenir industrielle.  En 1819, un M. Walckiers établit, sur l'emplacement de l'ancienne ferme, une fabrique de sel ammoniac qui va prendre de l'extension et de l'importance. (d'après le livre "la chanson des rues" de Louis Musin)

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11/08/2013

Hommage à nos dentellières

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Dans les années 50, Louis Quievreux écrivait dans Bruxelles notre Capitale…

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La construction du Palais de Justice a fait disparaître plusieurs rue et impasses portant des noms pittoresques : rue d’Artifice, impasse des Pauvres, impasse des Créquillons, impasse des Brodeuses, impasse du Fuseau, impasse des Dentellières…

Ces derniers noms me font rêver avec mélancolie….

Je replace dans leur décor de jadis, nos dentellières bruxelloises dont le point fut à l’origine des points de France et d’Angleterre.

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Elles étaient nombreuses, jusqu’au milieu du 19ème siècle dans le quartier populaire de la rue Haute.

Elles étaient les descendantes de ces spellewerksters qui fabriquèrent le magnifique couvre-pieds offert en 1599 aux archiducs Albert, chef-d’œuvre remarqué à l’exposition de la Dentelle qui fit les beaux jours de Bruges et de Londres.

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Mais quel déclin depuis le 20ème siècle !

En 1914, nous avions dans le pays, 12.000 apprenties.  En 1936, plus que cinquante…

Pourtant, la plus grande dame du pays, la reine Elisabeth, ne cessa, dès avant son ascension au trône, de se dévouer entièrement à la belle cause de la dentelle.  C’est à son initiative que se créa l’Association des Dentellière belges.

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Hélas !  La dentelle se meurt !  L’Amérique et l’Angleterre ont fermé leurs frontières à nos exportations.  Il est loin le temps où Charles II attirait chez lui les artistes de Bruxelles ! 

On aura beau multiplier les expositions de dentelle, les associations, décerner des prix et des médailles, la dentelle continuera d’agoniser si la Mode, cette maîtresse exigeante, ne s’intéresse pas à sont sort.   

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La reine Elisabeth continue à protéger activement l’art de la dentelle.  Des pièces de sa collection figurèrent à l’exposition de Bruges.  Si j’étais une dame de l’aristocratie honorée d’une audience de la Reine, je paraîtrais devant elle parée d’une de ces pièces qui ont porté le renom de Bruxelles dans le monde entier : mouchoirs exquis à fond de brides, col en rosaline ou ces charmants papillons boucles d’oreilles encadrant la fleur d’un beau teint….

Ce serait la meilleure façon de rendre hommage au bon goût de la compagne du roi Albert Ier.

Qui sait ?  La Mode, à son tour, se dirait que rien n’est plus art pur dans la parure féminine que la dentelle et elle décréterait à son retour en vogue.

Ah ! Si Paris, Hollywood et Londres, si la princesse Elisabeth d’Angleterre, Rita Hayworth ou la femme de l’Aga Khan voulaient s’en mêler…

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Qu’est-ce qui pourrait égaler la cape en dentelle, le voile de mariée en point de Bruxelles, le fichu Marie-Antoinette en application sur réseau ?

Nos belles, pour se protéger la chevelure – Oh !  si peu – se passionnent pour les mouchoirs de couleurs avec des inscriptions anglaises sur fond d’instrument de jazz.  Pourquoi pas des mouchoirs au point à l’aiguille appliqué sur tulle ? 

Las ! … Bruxelles s’est internationalisé.  Bruxelles n’a plus de toilettes régionales qui feraient la part belle à la dentelle.

C’est pourquoi, la résurrection de la dentelle devrait se faire sur un plan international.

Les rares dentellières qui nous restent, qui ont encore le courage de s’adonner à un métier extrêmement fatigant et peu rémunérateur, peuvent cependant se consoler d’avoir comme protectrice et patronne la reine du pays.

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Cette reine succède à la madone qui était invoquée à Bruxelles sous le nom de Notre-Dame-aux-Neiges et qui fut oubliée après la démolition du quartier du même nom, lors de l’urbanisation de la partie de la ville qui s’étend entre la rue Royale et l’ancien observatoire.

Dans ce quartier se trouvait une petite chapelle où les dentellières de Bruxelles se rendaient chaque année, le 4 août, afin de prier la Vierge qu’elle conserve, à leurs dentelles, cette blancheur dont se parait son nom.

A la Révolution française, la chapelle fut vendue comme bien national et démolie.  Aux premiers coups de pioche, les habitants du quartier, dentellières en tête, assaillirent les démolisseurs, qui ne purent continuer leur œuvre de vandales qu’après l’arrivée d’un détachement de soldats.

Notre-Dame-aux-Neiges, continuez, de vos lointains inconnus, à protéger nos dentellières, avec la Reine !

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On dit aussi …..

L’industrie de la dentelle fut toujours en honneur à Bruxelles.  L’art joli de nos grands-mères périclitait et des efforts nombreux furent tentés pour le sauver au cours des années 80.  A présent, les petites boutiques disparaissent une à une !  

En quel siècle le génie de la femme s’attacha-t-il à ce travail si frêle auquel il suffit d’un peu de fils et des épingles ?  Nul ne le dira jamais avec certitude.

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Les archives sont muettes à cet égard.  Mais la légende, qui maintient toujours ses droits là-même où l’histoire perd les siens, a gardé la mémoire de ce jour effacé et lointain. 

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Au fond d’une impasse vivait une pauvre veuve qui n’avait pour se nourrir, elle et ses 5 enfants, que le produit du travail de sa fille aînée Kaatje.  Celle-ci était à son rouet du matin au soir, mais l’hiver était rude et la tâche mal payée.  Non loin de là vivait un riche marchand de bois dont le fils Arnold, en passe d’être reçu  dans la corporation des sculpteurs et tailleurs d’images, était amoureux de la jolie Kaatje.  Cette dernière, d’ailleurs, n’était pas insensible à ses vœux.  Un jour, lasse de voir souffrir sa pauvre mère, Kaatje adressa une redoutable prière à la Vierge : « Sainte mère de Dieu, donnez-moi les moyens de faire vivre les miens, et je renonce aux vœux de mon cœur ».  Quelques jours plus tard, se promenant à la campagne avec sa mère et Arnold, elle vit une infinité de fils de la Vierge venir se poser sur son tablier noir et, comme par hasard, y dessiner des fleurs et des arabesques.  La jeune fille comprit l’intention de sa protectrice.  Elle emporta précieusement chez elle le tablier et, le cœur gros du sacrifice consenti mais l’âme pleine de courage, elle essaya de reproduire avec du fil de lin le délicat dessin.  D’abord, elle n’y réussit guère.  Mais, ayant attaché des petits bouts de bois aux fils qui mêlaient et ayant fixé l’ouvrage sur un coussin pour pouvoir s’aider d’épingles, elle arriva bientôt à un meilleur résultat.  La dentelle était inventée.  L’histoire ajoute que, plus tard, Kaatje fut relevée de son vœu et qu’elle épousa son Arnold.  Elle eut plusieurs filles qui, elles aussi, furent d’habiles dentellières et répandirent l’art de la dentelle dans tout le pays. 

Que faut-il croire ? 

 

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Plantin et Charles XV

Certains auteurs affirment que la dentelle n’a pas d’origine, qu’elle a existé de tout temps, d’autres nous apprennent que l’ouvrage que l’on peut véritablement baptiser du nom de dentelle et qui doit être un travail minutieux et bien fait, date du temps des croisades, où les grandes dames, pour se distraire de l’absence de leurs maris, consacraient leurs loisirs à faire ce que l’on nomme le point de lacet, point primitif duquel sont nés tous les autres points de dentelle. 

 

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Parlons plutôt de notre bonne ville…. Vers 1550, la dentelle prend son essor remarquable dans les Flandres, surtout à Bruges.  Néanmoins, les textes les plus autorisés permettent de croire que c’est à Bruxelles que naquit la dentelle aux fuseaux (par opposition à la dentelle à l’aiguille pratiquée un peu partout à l’époque) dès le début du XVè siècle.  Ce qui est certain, c’est que, dès la moitié de ce même siècle, l’art de la dentelle faisait partie de l’éducation de la femme et l’autorité supérieure voulait qu’il fût enseigné dans les écoles et les couvents. 

Charles-Quint déjà protégeait les débuts de cette industrie dans nos provinces du Nord.  Il portait d’ailleurs lui-même une « calotte ajourée » sous sa couronne : il en avait de tous les points.  Ce métier d’art devient bien vite un métier populaire et innombrables furent les femmes du peuple qui s’y adonnèrent. 

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Dans les années 70, la Belgique dénombrait près de quarante mille ouvrières en dentelle, dont quelque douze mille à Bruxelles.  

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Mais que faut-il entendre par « ouvrière dentellière » en cette fin de siècle ?  C’est la pauvre vieille qui doit vivre, elle et ses enfants, du produit de son carreau.  Ce sont encore des malheureuses petites orphelines et toutes ces jeunes et vieilles filles qui, par dévouement, soutiennent un pauvre ménage, un vieux père, une mère infirme, un frère ou une sœur dans la misère… Toutes ces femmes sont mal, fort mal payées, elles dont la plupart produisent parfois de véritables chefs-d’œuvre.  Pendant 14 heures par jour, elles restent à la même place, la tête inclinée sur le carreau, les yeux constamment en éveil, l’estomac écrasé, les doigts brisés, pour gagner … combien ?  75 centimes voir 1 Franc tout au plus. 

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Quel contraste avec le besoin de luxe toujours croissant de cette fin de 20ème siècle !  Et combien sont mal rétribuées ces humbles femmes qui apportent chaque jour leur merveilleuse pierre au monument d’art national… Leurs doigts noueux, pareils à ceux des virtuoses, aiment leur « carreau » comme eux leur clavier ou leur archet.

(Extrait de l’ouvrage « Matériaux pour servir à l’histoire de la dentelle en Belgique » de Van Oest et Cie, éditeurs)

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Musée du Costume et de la Dentelle

 

rue de la Violette 12 - 1000 Bruxelles

23/07/2013

MILKBAR des Deux Portes

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Le MILKBAR avenue de la Toison d’Or 11 à Bruxelles….

 

En 1972, on fêtait les 20 années d’ouverture de cet établissement de type unique au niveau des Deux Portes (Toison d’Or).  Une époque où le succès d’une initiative fait croire que n’importe qui peut réussir à son tour….  Ce commerce ne désemplissait pas !

Une femme d’action et de goût décida un jour d’ouvrir dans Bruxelles un établissement d’un caractère nouveau que tout le monde commenterait à son apparition.  Elle fit dresser des plans, s’occupa du moindre détail de l’agencement puis elle avait déposé l’appellation, ouvrit ses portes au centre de la ville.

Ce fut sur le champ le très grand succès.  M. et Mme De Boeck furent félicités pour cette nouvelle entreprise.  Ils lui donnèrent dans la suite de nombreuses répliques et chaque fois le public se pressa devant leurs nouveaux comptoirs.  A cette époque (c’était en 1937) aucune croisade ne préconisait l’élargissement de la consommation des produits de la ferme, que l’on avait tendance à réserver exclusivement aux nourrissons.  Le triomphe de l’idée de Mme De Boeck fut d’intégrer le lait et les crèmes dans le quotidien des adultes qui lui en surent gré.  Ce fut pour elle la plus réconfortante des satisfactions.

Développant son plan, Mme De Boeck enrichit sa carte des consommations.  Des pâtisseries et d’autres délectations constituées par du lait et du beurre d’une fraîcheur constante firent apparaître que des mets de cette qualité avaient toutes les vertus : celles de flatter les palais les plus exigeants, celle de donner à l’organisme les vitamines qu’exigent son équilibre et sa santé, celle enfin de nourrir sans faire grossir.  Ce fut l’illustration d’une grande loi : rien ne nuit à l’estomac ni à l’esthétique quand on consomme ce que la nature produit intégralement.

 

M. et Mme De Boeck furent sur la brèche jusqu’à leur dernier jour, sans jamais rompre avec les principes qui inspirèrent leurs activités.  Les Milkbars créés par eux sont restés fidèles à leur conception.  Glaces et pâtisseries, plats chauds et froids d’un buffet généreux dans sa diversité, produits laitiers traités en boissons et rafraîchissements d’une pureté garantie participent jour après jour à la grande animation des Milkbars où il est agréable de prendre place dans un décor très relaxe ou d’emporter ce que l’on fait de meilleur.

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Ici, la maman de Jean-Pierre Roels au Milkbar du magasin de la Bourse dans les années 50