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21/02/2015

« La Gaité retrouvée » ou « Centre Annie Cordy » … Avez-vous connu cet endroit ?

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Lorsque la Gaité ferma ses portes, plus d’un cœur de Bruxellois saigna.  Ce temple de la Variété et du music-hall avait une clientèle d’habitués qui venaient y prendre leurs verres en suivant, parfois distraitement, les numéros proposés.  En septembre 1984, un lieu a voulu reprendre, en partie, la relève de cet endroit célèbre.  La « Gaité retrouvée » connue aussi sous le nom de « Centre Annie Cordy », s’était installée au 237a rue de Moorslede à 1020 Bruxelles…. à cent cinquante mètre de la maison où est née la célèbre chanteuse. 

Ce centre était un peu de tout à la fois : bistrot la journée, salle de spectacle selon les occasions.  Il faisait la joie de nombreuses personnes du troisième âge qui y retrouvaient certains soirs des animations qui faisaient les beaux jours de l’ancienne Gaité. 

Le café était décoré façon brasserie, banquettes et bar en bois, grandes lampes en cuivre, … l’ambiance familiale était assurée !

Le midi, le plat du jour démocratique réjouissait les habitués.  Bières, vins et apéritifs attendaient les clients de ce petit havre qui surprenait dans l’univers lugubre du quartier. 

Quant à Annie Cordy, elle avait gentiment autorisé l’exploitant à utiliser son nom pour que « une certaine gaité bruxelloise » ne s’éloigne pas trop du quartier qui l’a vue naître….. Qu’est devenu cet endroit ?   

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La Gaîté Rue Fossé aux Loups, 18-18A.

Ancien théâtre de revue fondé par L. Berryer, édifié sur les plans de l’architecte A. Evrard de 1910-1911 et ouvert en 1912.  Dès l’origine, immeuble de rapport aux étages comprenant au rez-de-chaussée une salle de spectacle avec parterre et deux balcons, doublée au sous-sol d’une taverne, véritable cabaret-dancing puis night-club « Gaity-Bar » ou « Chez Paul au Gaity », mondialement réputé ; en 1984, les locaux étaient encore occupés par une discothèque.

Façade enduite et peinte, de style « Beaux-arts ».  En façade, baie tripartite entre colonnette, bordée de guirlandes, au-dessus de l’entablement portant l’inscription « THEATRE – FONDE / PAR BERRYER EN / MCMXI – CONCERT », complétant la mention « GAITE » sous le fronton triangulaire à mascaron flanqué de guirlandes et de volutes qui couronne l’entrée. 

29/12/2014

Le Filet américain de Monsieur Niels…. Un bruxellois !

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On ne saura jamais pourquoi le restaurateur belge Monsieur Niels a donné à son filet la nationalité américaine : il ne s’est pas confié à ses héritiers dit-on.  Il aurait pu le qualifier de bruxellois, puisqu’il l’a créé en 1926 quand il a ouvert le restaurant qu’il baptise « Canterbury » au bld Emile Jacqmain en souvenir de son séjour au Royaume-Uni. 

Pendant plus d’un demi-siècle, le restaurant sera le rendez-vous incontournable des arts, de la politique et des affaires.

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A l’exposition universelle de Bruxelles, monsieur Niels représente la gastronomie belge avec son propre pavillon brasserie – restaurant. 

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En 1940, monsieur Niels perd la vie dans un accident. 

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Ce sont ses deux fils, Albert et Georges qui reprendront le flambeau.  Ceux-ci fonderont en 1949, Nielsvins (négoce de vins) et ouvriront le restaurant la couronne à la Grand’Place.

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Ce filet américain, adaptation du steak tartare français (qui n’a rien de tartare, mais dont la recette aurait été inventée par Jules Verne pour ajouter une touche de couleur locale à son roman « Michel Strogoff », est devenu un grand classique de la cuisine belge.  Il figure sur à peu près toutes les cartes des restaurants bruxellois et, bien entendu depuis 1968, sur celles des descendants de Grand-papa Niels au « Vieux Saint-Martin » au Sablon  à Bruxelles et en 1969 à la Brasserie de la Mer « A la Marie-Joseph » au Quai au Bois à Brûler. 

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En 1970, la famille Niels représente la Belgique à l’exposition Universelle d’Osaka au Japon.  Pour la première fois, les japonais découvrent le cornet de frites belges et nos produits importés de Belgique.

Depuis 1993, la famille Niels est propriétaire de la nouvelle taverne-restaurant « Le Canterbury » aux Etangs d’Ixelles. 

 http://niels1926.be/histoire/

La différence entre le filet américain et le steak tartare ?  La mayonnaise.

Le premier en comprend, l’autre pas.  Leurs similitudes ?  L’utilisation des condiments dont la moutarde, les câpres, les oignons, les cornichons.  Une règle d’or commune : hacher la viande de bœuf au couteau ou au hachoir juste avant de la servir.  Il faut ajouter à cela la « patte » du faiseur. 

 

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Voici la recette pour 2 personnes… (en plat principal).

350gr de viande hachée nature pur bœuf

1 jaune d’œuf (très frais bien entendu)

1 oignon « moyen » finement haché

2 C. à soupe de persil haché

½ CC de Worcestershire Sauce (sauce anglaise)

1 CS de câpres (facultatif pour ceux qui n’aiment pas)

3 CC de mayonnaise (pour commencer… ajoutez selon votre goût par la suite)

1 CC de moutarde de Dijon

Sel, Poivre (selon votre goût)

Mélangez le tout dans un ravier réfrigéré au préalable… goûtez… rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.

Servir accompagné de frites bien croustillantes et d’un mélange de salade de Blé et de chicons crus à la vinaigrette ainsi que d’une bonne bière Pils bien fraîche.

Bon appétit !

Pour information :

La viande hachée doit être extrêmement fraîche…. Froide, préparée et mangée le jour même !!!

28/11/2014

Les cent ans du théâtre Molière rue du Bastion…. A la Porte de Namur.

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D’importants travaux de construction sont, alors en cours à la Porte de Namur dans les années 60.  Cela à l’emplacement de tout un bloc d’immeubles qui, naguère encore, appartenait à la Liste Civile.  Il avait été acquis par Léopold II, à l’époque où notre souverain avait conçu le projet d’ériger là un Walhalla grandiose.  Mais ce bloc appartient présentement à un consortium qui a décidé de le changer en un vaste complexe, surmonté d’une haute tour !!!

 

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Il s’en fallait pourtant de peu à cette époque pour que le bon vieux théâtre Molière, bâti en cet endroit, ne disparût pour toujours.  Ce fut grâce à son directeur M. Georges Jamin appuyé par le bourgmestre d’Ixelles M. Charles Janssens, qu’il survivra encore quelques années.  Cette initiative permettra de célébrer le  centième anniversaire du Théâtre Molière.

 

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A vrai dire, le théâtre Molière des années 60, était le second du nom.  La même enseigne avait été donnée en 1857 à un théâtre que le directeur, Gil Naza, avait aménagé dans la salle Malibran.  Mais cette enseigne, il la conserva pour la donner ensuite, en 1867, au théâtre qu’il fit construire rue du Bastion et aux destinées duquel il présida durant 16 ans, c'est-à-dire jusqu’en 1883.

 

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Curieux bonhomme que ce Parisien venu tout jeune à Bruxelles après avoir exercé les professions les plus diverses : horloger, ferronnier, encadreur, dentiste….. et même médecin !

A cette époque, on n’était pas très regardant quant aux diplômes.  Il y avait même des barbiers qui s’improvisaient chirurgiens !!!

Gil Naza se nommait en réalité David-Antoine Chapoulade.  Il était né à Paris en 1825.

Il fit, comme acteurs, ses débuts au Vaudeville de Bruxelles, d’où il passa au Théâtre Lyrique, place du Marché.

 

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Ayant pris sa retraite, il mourut en 1889, dans un petit village de la Haute-Marne, où il avait sa résidence.  Mais le souvenir du Molière et des Ixellois lui était resté cher.  C’est à sa demande, au cimetière d’Ixelles qu’il repose, et sa pierre tombale est ornée de son buste, érigé par souscription publique (avenue 3 ; deuxième caveau à gauche)

 

Le règne éphémère, de Bouvard, son successeur, fut sans grand éclat.  Il ne se signala guère que par les représentations en tournées de Jane Hading et Sarah Bernhardt.

 

Après, vint Alhaiza, transfuge du Théâtre du Parc.  On lui doit les tournées du Théâtre wallon de Liège, renouvelées du temps de Schauten.

 

La pièce la plus triomphale que les Liégeois exportèrent ainsi fut « Li voyède di Chaudfontaine », œuvre d’un chanoine et de trois maïeurs régionaux.  Le succès fut tel, rapportent les journaux, qu’il fallut répéter cinq fois le dernier acte ! …

Les Wallons de Bruxelles en eurent les mains usées ! ….

 

Mais, dans ce bref exposé, notre propos n’est pas de passer en revue toute les directions qui se succédèrent.  Nous citons les plus marquantes.

 

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La direction du Molière d’avant 1914, la plus longue … de 1892 à 1912, fut celle de Frédéric Munié.  Il plaça le Molière au tout premier rang des théâtre bruxellois de comédie et d’opérette, avec des troupes permanentes sélectionnées, ayant la plupart du temps à leur tête les éléments français les plus réputés, qui se produisaient non pas seulement en tournée, mais aussi en représentation.  Tels Lucien Guitry, Luguet, Etievant, Réjane, Berthe Cerny et la belle Anne Radcliffe, à laquelle on attribuait des relations princières….. La pièce la plus notable fut, à cause du raffut quelle provoqua, Ces Messieurs de Gorges Ancey, du Théâtre Libre. 

Comme contrepartie, Munié donna « Ces Apôtres », qui magnifiait l’œuvre des missionnaires en Afrique.  Mais le succès fut moindre.

Munié organisa aussi des matinées de musique classique, qui furent subventionnées par l’administration communale d’Ixelles.  Et, car il pratiqua tous les genres, il joua deux revues : » Ixelles qui chante », de Théo Hannon et Clem, et « Ousqu’est l’bossu ? »  de Hannon et Hauzeur, titre inspiré par le singulier café de « Bruxelles-Kermesse » (Exposition de 1910) dont tous les garçons étaient d’authentiques bossus …

Munié passa, en 1912, la main à Calleja qui, entre autres opérettes, monta « Les Trois Amoureuses » et « Le Roi des Montagnes » de Franz Lehar.  Direction malheureuse.  La concurrence de l’Alhambra ne put être combattue.

Bien entendu, Munié et Galleja cédèrent la sous-location de leur établissement à des directeurs intérimaires.

Mais presque toutes les saisons d’été furent confiées au même directeur : François Parijs, le costumier en vogue de l’époque, qui s’en tira avec des chances diverses.

Il était le père du regretté Henri Parijs, auteur d’une « Histoire de l’opérette » remarquable.  

 

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De 1927 à 1958, on eut la direction Schauten à qui l’on doit notamment : des représentations de « Cyrano de Bergerac » (il détenait le rôle titulaire ) ; « Arsenic et vieilles dentelles » (création en Belgique) ; « la p…. respectueuses », avec Ginette Leclerc ; « Le mortel baiser », créé à la Scala quelques années auparavant et que Schauten alla jouer en tournées, sous le patronage de la Ligue Belge contre le péril vénérien.  L’infortuné directeur-acteur mourut on le sait, asphyxié, avec sa femme, dans son appartement en 1963….

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Rappelons également les courageuses, mais éphémères exploitations secondaires de Pierre Gilmar et d’Eric Pradier (mélodrames) en 1955, et celle de Roland Ravez (théâtre d’avant-garde).  Car au Molière, question de genres, on passa souvent d’un extrême à l’autre….

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Nous arrivons ainsi à la direction Jamin, dernière en date…

Venant du Théâtre du Parc dont il était un des principaux éléments, Georges Jamin assuma la direction du Molière en 1958.  Il débuta le 19 décembre par « Topaze », la célèbre comédie de Pagnol, avec Fernand Gravey et la dernière pièce qu’il monta fut, au mois de mai 1966.  « Etienne », œuvre non moins remarquable de Jacques Deval, bien faite pour assurer le grand succès du jeune Daniel Vigo. 

Georges Jamin a rouvert les portes de son cher établissement en octobre 1966.  Et cela en représentant « Le Bourgeois Gentilhomme », hommage dû à l’illustre écrivain dramatique dont le théâtre porte le nom. 

 

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Au cours de sa séance du 9 mars 1967, le Conseil communal d’Ixelles a décidé, par mesure de sécurité, la démolition du théâtre et sa reconstruction sous une forme plus moderne……. C’est bien dommage…..

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En 1965, sera créé le square du Bastion…. (Situé à hauteur de la porte de Namur, entre la place du Champs de Mars et l’entrée de la chaussée d’Ixelles)…  à l’emplacement de l’ancienne rue du Bastion où se trouvait également le célèbre « Bœuf sur le toit », «  La Brasserie de l’Horloge » et le « Théâtre Molière »

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L’aménagement de ce square entraîna la destruction quasi complète de l’îlot dont l’ancienne rue du Bastion ses célèbres enseignes et ….. Le café de l’Horloge

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23 septembre 1830

Cet îlot de maisons et commerces s’étaient développés à hauteur de ce qui constituait autrefois, le Faubourg de Namur …. Démantèlement des fortifications à la fin du 18ème siècle. 

Construction de nouveaux boulevards aux alentours entamée vers 1829…. L’îlot consistait à l’époque en un terrain vague nommé « Esplanade » utilisé autrefois comme plaine des manœuvres et qui resta longtemps à l’état d’abandon…. 

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La rue du Bastion sera ouverte après 1850…. La zone se couvre alors d’immeubles.  Son nom évoque par sa dénomination l’ancienne fonction militaire qui occupait le site où s’élevait le bastion de la porte de Namur.    

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vue sur la rue du Bastion

Aujourd’hui, sur le square du Bastion, se dresse la « Bastion Tower » haute de 26 étages et à l’angle de la chaussée d’Ixelles et de l’ancienne rue du Bastion, survit l’immeuble originellement de style éclectique de l’architecte Fernantd Simons (1909)…. anciennement café – restaurant l’Elite.  

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Restaurant Elite

Porte de Namur.... Square du Bastion.... c'était aussi ...

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Le Café de la Paix ...

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Mais aussi....

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Chaussée d'Ixelles angle Chaussée de Wavre

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Les Tunnels et le Piétonniers

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10/10/2014

Les Chasseur de "Prinkères".... Un groupe folklorique de Bruxelles qui n'est plus

 

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Nous sommes en 1905, à moins que ce ne soit en 1910.  C’est dimanche et c’est le printemps.  Il fait beau.

 

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La place de la Bourse, ensoleillée, présente son aspect coutumier.  Des fiacres à poneys stationnent tout le long de la rue du même nom ; dans l’attente de la clientèle, les cochers bavardent avec des commissionnaires aux longues blouses blanches ;

 

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un marchand de coco, ayant au dos son réservoir plein du rafraîchissant liquide, en sert à des gamins… une cens le verre ! … Au coin de la rue Auguste Orts ;

 

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un marchand d’oublies, et de rondes « carabitjes »…. Bonbons collés sur des feuilles de papier, se tient au début de la rue Paul Devaux ; le tram-chocolat fait son plein de voyageurs,

 

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rue Henri Maus ; des gens vont et viennent ; les hommes sont moustachus, portent des pantalons étroits et des faux-cols très hauts ; les femmes ont de longues robes qui balayent les trottoirs, de larges chapeaux chargés de fleurs, de fruits.  Elles ont aussi des parasols multicolores (pour rien au monde, elles ne voudraient être brunies par le soleil). 

 

Et voilà que soudain une fanfare se fait entendre et qu’apparaît un étrange régiment :

 

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Les chasseurs de « prinkères » !  Ce sont les chasseurs de prinkères ! (Prinkères veut dire : hannetons).

 

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Fanfare des Gais Lurons 

 

Ils sont plusieurs centaines et viennent de la rue de Flandre. 

 

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Après avoir obliqué rue des Poissonniers, les voici qui débouchent fièrement dans la rue Auguste Orts, leurs quatre tambours battant, leur six clairons sonnant, tous les trente-cinq instrumentistes de la fanfare, jouant avec une tonitruante conviction la marche que composa leur chef, le brave Rooses, ou bien « La marche des volontaires » sur l’air de laquelle le revuiste Théo Hannon rima, pour la Scala, un refrain triomphal :

 Le corps des chasseurs de prinkères

Est l’idéal des régiments ;

Cause toujours de durs moments,

Le corps des chasseurs de prinkères

Est l’idéal des régiments !

Le fusil qu’ils portent crânement sur l’épaule est un fusil de bois et leur uniforme est ainsi composé : un sarrau, comme « ceux » de 1830 ; un mouchoir rouge autour du cou, mouchoir passé, sous le menton, dans la boîte d’allumettes ; leur shako est un chapeau-boule dont la hauteur a été réduite de moitié et qui a un hanneton comme cocarde…

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Rue Auguste Orts à une autre époque

Bien entendu, c’est la musique qui ouvre la marche, précédée de son tambour-major au bonnet à poils.  Puis vient, à cheval, le colonel, Sus Mahieu.  Quatre solides gaillards, deux à droite et deux à gauche, forment sa garde du corps.  Ils ont été choisis parmi les débardeurs les plus costauds du quartier pompeusement dénommé maritime…

Il y a aussi, dans le groupe, un garde champêtre au bicorne classique, deux médecins-majors et un infirmier aux tuniques galonnées et aux chapeaux emplumés, sans compter une cantinière outrageusement maquillée et qui a l’air plutôt hommasse et cela se comprend : elle n’est autre qu’un cabaretier de la rue Piers, renommé comme étant le plus bel homme de la paroisse ! ….  « Elle » porte en bandoulière le tonnelet traditionnel, contenant ce que les chasseurs appellent le « médicament » de la compagnie. 

 

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Ce médicament est du genièvre et n’est délivré, en cours de route, qu’aux hommes qui sont reconnus, par les deux médecins, atteints de la maladie la plus grave de toute : LA SOIF ! …

Tous ces joyeux gaillards soulèvent à leur passage des rires et des bravos.  C’est leur sortie annuelle.

 

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Ils se dirigent d’abord sur la Grand’Place. 

 

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Le bourgmestre De Mot les y reçoit, leur souhaite bon voyage et bonne chasse, du haut du balcon de l’Hôtel de Ville, ce qui lui vaut, comme remerciements, l’hommage d’une vibrante « Brabançonne ».

 

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Et puis, en route ! …. Tout le régiment s’ébranle, suit les rues des Chapeliers, de la Violette, la Vieille Halle-aux-blés, la rue Haute, la Porte de Hal, la chaussée de Waterloo….

 

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Et va, place Loix,

 

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prendre place dans les trams spéciaux qui les conduisent à Uccle-Saint-Job,

 

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champ rituel de leurs exploits.  Place Loix, le colonel abandonne son cheval et daigne se mêler familièrement aux groupes exubérants, de ses soldats.

Bien entendu, un tel itinéraire comporte des haltes répétées : les estaminets sont nombreux et les chasseurs ont repéré ceux où la goutte de genièvre ne coûte que huit centimes…. Au lieu de dix !

 

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Fanfare des Poupées Elégantes 

 

 Mais leurs exploits, en quoi consistaient-ils ?

Le chasseur de prinkères mis en scène par Hannon, à la Scala, chantait :

Souvent la chasse est semblable à la guerre,

Mais avec nous jamais de sang versé,

Point d’agonie et le naïf prinkère

En souriant a trépassé ! …

 

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 Souvenirs du Folklore dans les années 70 aux alentours de la Porte de Hal 

La guerre aux hannetons n’était qu’un prétexte à ripailles et beuveries breughéliennes…  Cette mise au point nous fut faite par deux glorieux chasseurs : le chef de la fanfare, Rooses, agent de la police auxiliaire de Molenbeek et le vieux Pitje Baeck, de Koekelberg, tenancier d’un cabaret à l’enseigne pittoresque de « Au Kasta Knokele », qui fut un des locaux du célèbre régiment, les autres étant situés chez « Tiche », rue Haute, chez Sus-le-Ramoneur, rue de Flandre (lieu de concentration générale les jours de sortie), chez Rossen Baptist, place Anneessens, etc….

 

Nous n’en avons jamais voulu aux prinkères pas plus qu’aux autres animaux, nous ont-ils dit.  Le but de notre excursion était un bon banquet arrosé de bonne gueuze et de bon faro.  Notre infirmier et nos médecins étaient là pour soigner les indigestions et notre garde-champêtre pour empêcher les disputes entre ceux qui avaient trop bu.

 

Ajoutons qu’au « Kasta Knokele » étaient encore au siècle dernier religieusement conservés le drapeau et les fusils de bois de la section locale.   Ce qui durant l’occupation 1940-44, suggéra à un farceur l’idée de jouer un bon tour aux Allemands.  Ceux-ci prévenus par lettre anonyme que le bon vieil estaminet était un dépôt d’armes de Résistance, y firent une tapageuse descente, en nombre renforcé.  On devine leur déconvenue ….

 

Mais il se peut qu’à l’origine de cette funambulesque institution la chasse aux hannetons ait été un but réel.

 

Ces origines sont assez nébuleuses.  Et cependant, de l’avis de compétences telles que MM. Pergameni, Lucien Crick et Marinus, elles ne doivent guère remonter à plus d’un siècle.

 

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Autre groupe folklorique célèbre à Bruxelles..... La Plantation du Meyboom 

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Meyboom dans les années 70

 

Dans un numéro de l’intéressante revue « Eigenschoon-De Brabander », de 1941, le folkloriste Emile Vanderlinden rapporte que, vers le milieu du 19ème siècle, les chasseurs de prinkères de l’agglomération bruxelloise choisissaient pour leur excursion le dimanche de la kermesse de mai de Karloo (Karloo est un lieu-dit d’Uccle-St-Job).  Alors déjà, gueuze, faro et genièvre faisaient les délices des excursionnistes.

Vanderlinden, en effet, note ce détail : « Ils étaient suivis d’une charrette couverte d’une bâche et traînée par un âne, laquelle servait d’ambulance.  Cette ambulance était destinée aux combattants vaincus sur le champ de bataille de Bacchus »….

D’autre part, nous trouvons dans une chronique de Gaston de Wael ce passage qui tendrait à nous faire supposer que nos chasseurs eurent des précurseurs en France.

« Il n’est guère possible, dit-il, de parler de hannetons sans que le nom de Romieu ne soit évoqué.  Après avoir été un des plus joyeux viveurs et mystificateurs de Paris, Romieu, vers la quarantaine, se transforma en homme grave ; il devint sous-préfet de Louhans.  Ce fut dans ce poste administratif qu’il déclara la guerre aux hannetons et organisa contre eux une véritable croisade.  L’expédition de Romieu fit la joie de tous ses camarades du petit journalisme parisien.  On vit alors éclore une chanson qui fit le tour de France dans les dernières années du règne de Louis-Philippe : « La complainte sur M. Romieu dévoré par les hannetons ».

 

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Lors d'une Kermesse dans les années 70... Le folklore bat son plein ! 

 

D’importation française ou d’origine belge, il n’importe : les chasseurs de hannetons, assortis à la manière de chez nous, étaient bien la plus typique, la plus caractéristique des sociétés bruxelloises.  Sa dernière sortie date de mai 1912.  Caricature à la fois énorme et bon-enfant des parades militaires, elle correspondait bien à l’état d’esprit paisible et insouciant de cette époque si proche pourtant de la grand guerre mondiale…

Texte de Fernand Servais

 

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Illustrations de la chaussée de Waterloo à cette époque. 

 

02/10/2014

Boulevard de L’Abattoir…. Du Midi … ses portes…

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Long de 440 mètre de la place de Ninove à la porte d’Anderlecht, partie des boulevards de la petite ceinture, créée au 19ème siècle à l’emplacement de la 2ème enceinte urbaine selon le projet de l’ingénieur J.B. Vifquain à partir de 1819. 

Entre 1819 et 1833, les parties Nord et Est étaient bordées d’arbres et munies d’une haute grille de près de 5 kilomètres de long.

 

En 1834, faisant suite à l’aménagement du tronçon entre les portes de Hal et d’Anderlecht (actuel bd du Midi), on combla les fossés.

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Enclavé dans le territoire d’Anderlecht, l’Abattoir de la Ville, ensemble de huit pavillons néo-classiques conçu par l’architecte communal A. Payen en 1835, entamé en 1836 et inauguré en 1841, donna son nom aux deux côtés de l’artère, dont la rive anderlechtoise à l’ouest, prit en 1918, le nom du président R. Poincaré. 

 

Dans le prolongement jusqu’à la Petite Senne, les enclos de l’Abattoir occupaient la place de la voirie actuelle. 

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La disparition de l’ensemble en 1926, remplacé par l’Institut des Arts et Métiers, la plaine de jeux Charles Vanderputten ainsi que la déviation du Canal de Charleroi permirent la suppression de cet étranglement, la rectification du tracé de la Petite Senne et de la voirie.

Rappelons que ce canal, décrété en 1828 par le roi Guillaume fut réalisé de 1827 à 1832.

Le boulevard de l’Abattoir a connu aux abords de l’Institut des Arts et Métiers, différents marchés en plein air.  Le dernier fut le marché aux volailles qui connu une grande animation chaque matin jusqu’à ce qu’il soit transféré en 1982 au Quai des Usines. 

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Au milieu du 19ème siècle, ce boulevard était parcouru durant une trentaine d’années par les locomotives qui tiraient les trains de la première jonction ferroviaire Nord-Midi.  Ces locomotives fumantes circulaient de l’Allée Verte aux lignes du Midi au milieu des chevaux et des charrettes !  Afin d’éviter tout accident, la locomotive circulait lentement et un ouvrier devait la précéder à pied en agitant un drapeau rouge.

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Ecluse en 1908 Porte de Ninove

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Et quelques vues du Bld du Midi 

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En 1903

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Un peu plus loin à hauteur de l'actuel bld M. Lemonnier

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Policier faisant la circulation à hauteur du même bld M. Lemonnier (on y voit une partie de la même façade à droite)

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Au temps où la circulation était plus aisée et l'endroit plus paisible