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19/11/2007

José de San Martin...

José de San Martin à Bruxelles. Un général argentin, déjà héros dans son pays et connu de toutes les chancelleries du début du XIXe siècle, trouve ses pénates à Bruxelles. C’était du temps où la rue Neuve aboutissait dans des champs, pas de boulevards haussmanniens et la Senne serpentait dans notre capitale ! Remettons cette histoire en perspective… L’Amérique du sud est un empire colonial…… que se partagent le Portugal et l’Espagne. Nous découvrons, du nord au sud sur la façade est du continent, les pays suivants : la Colombie, l’Equateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l’Argentine. Ils sont frontaliers du Venezuela, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. D’énormes superficies jouxtant les frontières sont « blanches » sur les cartes, terra incognita ou sujettes à conquêtes. Il faudra attendre la veille de la Première Guerre mondiale pour que les frontières soient stabilisées.

L’exemple de l’indépendance des Etats-Unis en 1787, mais débutée dès 1781, et celle de la France détermine de nouveaux choix politiques. Ceux-ci sont sous l’influence de la franc-maçonnerie – « la mère spirituelle de la révolution » -, une centaine de loges, créées par Francisco De Miranda du Grand Orient Latino-Américain, couvrent le continent. Celles-ci entament le combat contre l’exploitation coloniale. S’ensuit une répression armée ordonnée par Ferdinand VII, roi d’Espagne, qui déclenche les volontés d’indépendance des Européens de souche et du prolétariat métis. C’est l’heure des « libertadores » : le Bolivien Simon Bolivar et… l’Argentin San Martin !

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Carte de l’Amérique du sud 1800-1830 (Stock).

 

L’indépendance de ces pays ‘émergeants’ ne se passe pas sans difficultés ni conflits. La proclamation de Tucuman donne l’indépendance aux Etats-Unis du Rio de la Plata, mieux connus plus tard sous le nom d’Argentine. Le Chili et le Pérou attendent leurs libérations : une histoire assez extraordinaire de par ses rebondissements dont découle aussi l’indépendance de la Bolivie.  Fils d’un gouverneur départemental, Don José de San Martin, et de Doña Gregoria Matorras, José de San Martin fils est né le 27 février 1778. A l’âge de trois ans, la famille rejoint Buenos-Aires et à six ans elle quitte le pays pour Madrid en Espagne. A sept ans, le jeune San Martin entre au Collège des Nobles et à onze ans il est admis comme cadet au Régiment de Murcia. L’avancement en grade est régulier et prometteur. De 1808 à 1811, il participe avec succès à la guerre contre Napoléon. San Martin passe au grade de lieutenant-colonel. Après la bataille d’Albuera, le 16 mai 1811 qui voit la défaite du maréchal Soult, il devient colonel.

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C’est donc à 33 ans, comprenant les velléités d’indépendance de son pays natal qu’il gagne Cadix pour se diriger vers l’Angleterre, prenant langue avec d’autres expatriés, et, finalement, débarquer à Buenos-Aires en 1812 pour former le régiment des Granaderos a caballo (grenadiers montés). Initié à la franc-maçonnerie à Londres, il fonde la loge « Lautaro », du nom d’un chef Indien résistant à la Conquista espagnole. Il se marie le 12 septembre avec Maria de los Remedios de Escalada qui décède en 1823 dont il a une fille, Mercedes, née en 1816. La bataille de San Lorenzo est une victoire si bien qu’en 1814, San Martin est promu général en chef de ce qui restera dans la mémoire collective du pays une véritable geste : l’armée des Andes ! Il fonce vers le Chili avec cette armée dressée à l’européenne. La cordillère est franchie en six points, la stratégie, la tactique sont impeccables ! Les royalistes sont battus à Chacabuco, Santiago (du Chili) tombe le 12 février 1818. L’Espagne est stupéfaite ! San Martin se voit offrir le poste de « directeur du Chili » : il le refuse ! Ce patriote soldat dans l’âme est sage… et pragmatique, honnête.

 

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« La traversée des Andes », bas-relief de la statue de Boulogne (R. Dehon).

 

Le Chili libéré, le Pérou tombe sous les coups combinés de Simon Bolivar et de notre héros qui, une fois de plus se voit remettre le titre de « protecteur de la liberté du Pérou »… qu’il refuse comme de bien entendu. En a-t-il assez des batailles, des turpitudes politiques ? Sans doute. Il a 45 ans, la politique ne l’intéressant plus. Au grand dam des Argentins, fidèle à lui-même mais assez curieusement quand même, San Martin prend la direction de Londres, de l’Europe. Une sorte d’exil volontaire qui dissimule peut-être le secret espoir d’un retour au pays. Sa fille, Mercedes, est son trésor. Il ne l’oubliera pas. Elle non plus. Tout comme l’ensemble du monde politique du Nouveau ou de l’Ancien monde : sa réputation est telle qu’elle peut rivaliser sans peine avec celle de Napoléon ! En 1824, il quitte l’Argentine et arrive au Havre le 4 avril pour gagner Londres où il demeure peu de temps. Bruxelles est sa destination suivante, la ville fait encore partie du royaume des Pays-Bas. Pourquoi Bruxelles ? Pour sa proximité avec Paris et Londres, certes, mais aussi pour son éloignement relatif de la capitale française : il avait combattu l’empereur… Une certaine prudence le guide. Il s’installe à l’hôtel des Flandres avec Alvarez Condarco, un ingénieur naval et secrétaire privé. Mercedes, sa fille, a elle aussi rejoint Londres et il y fait un voyage éclair pour la récupérer, puis ils logent à l’hôtel de la Croix Blanche. Ces édifices ont disparus depuis. Un journal indique sa présence, ce qui est bien accueilli par la maison royale hollandaise qui a été une des premières à reconnaître l’indépendance des nouvelles républiques d’Amérique du sud. Délaissant l’hôtel, il vit un court moment dans une maison de la périphérie puis San Martin et Mercedes trouvent un appartement dans un immeuble du centre de Bruxelles, au n° 9 de la rue de la Fiancée. Celle-ci existe toujours, située à quelques pas de l’actuelle place de Brouckère, mais en 1825 elle était encore parcourue par la Senne avant que celle-ci soit rendue souterraine ; le nom français de l’artère provient d’une erreur de traduction du flamand de l’époque, rue des ‘immondices’ serait plus exact. Rappelons qu’à l’époque Bruxelles était un village, la fameuse rue Neuve débouchait dans des champs, les boulevards n’existaient pas !

 

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Rue de la Fiancée : vue générale vers la future place de Brouckère avec la Senne, dans le fond on voit le Temple des Augustins. La maison de San Martin se situe à l’extrême droite de l’image, à proximité du Temple. Plaque commémorative de la rue de la Fiancée, vue actuelle (R. Dehon).

 

 Le père et la fille mènent une existence très simple, lui en vieux soldat. Mais San Martin est un homme d’action, il visite son pays d’adoption : Gand, Namur, Anvers ; visite son ‘amigo’ Ferdinand Delisle. Il se tient informé des affaires des Amériques, mais toujours avec une extrême discrétion ce qui est déploré par Théodore Verhaegen, le fondateur de l’Université Libre de Bruxelles. Il reçoit aussi des personnalités diverses venues de tous horizons. Mais en Belgique la révolution gronde. Si bien qu’en manque de véritable chef militaire expérimenté, des notables de la ville tels le comte de Mérode ou le baron de Wellens ou Alexander Gendebien tentent de le convaincre de prendre la tête des troupes conjurées. Ce qu’il refuse en tant que réfugié… Imaginez un instant qu’il eut accepté ! Il aurait pu accéder à une fonction suprême, avec la bienveillance britannique... La présence de San Martin à Bruxelles n’est donc pas passée inaperçue ! L’heure sonne pour repartir vers l’Argentine. Les raisons de ce choix sont difficiles à expliquer. San Martin embarque sur une frégate, passe à Londres et se retrouve dans la baie de Buenos-Aires en février 1829 : il lui est interdit de débarquer ! Le navire retraverse l’océan pour joindre Londres ; San Martin se retrouve à Bruxelles en septembre 1829. La Belgique gagne son indépendance en 1830 et, en 1831, San Martin quitte le pays à peine né, inquiet de la situation politique européenne. Direction : Paris, où il est enfin autorisé à vivre !A 52 ans, San Martin s’installe avec sa fille rue de Provence, à Paris. Ils sont victimes d’une épidémie de choléra. Ils se rétablissent… mais avec des séquelles pour le Libertador. Mercedes se marie avec Mariano Blacarce, un diplomate argentin et le couple décide de retourner au pays, laissant San Martin seul. Délaissant la capitale, il achète, en 1834, la maison de campagne « Grand-Bourg » à Evry-sur-Seine, dans l’Essonne. Survient 1848 et les prémisses de révolution qui menèrent à l’abdication de Louis-Philippe et l’avènement de la Deuxième République. Craignant les tumultes d’une guerre civile, San Martin, voulant protéger sa famille, décide de repartir pour l’Angleterre. Le chemin de fer passe par Boulogne-sur-Mer !

 


Bxl_Bou_Statues

Les statues équestres (de g. à dr.) : Bruxelles, selon la légende l’index de la main droite pointe vers les Andes, hélas la statue est mal orientée. Œuvre du sculpteur français Louis-Joseph Daumas, copie de celle de Buenos Aires, elle est offerte à la commune de Woluwe Saint-Pierre par le Gouvernement argentin en 1975.Boulogne-sur-Mer, le bras droit hisse au ciel l’étendard de Pizarre ; les éperons de San Martin ont disparu en 1917, chapardés par des conscrits. Œuvre d’Henri Allouart, inaugurée le 24 octobre 1909 (R. Dehon).

 

Il décède dans cette ville portuaire, son corps est présenté, le 20 août 1850 dans l’église Saint-Nicolas, ensuite il repose dans la crypte de la Cathédrale Notre-Dame alors en construction, sans grand monde pour suivre la cérémonie. En 1861, le catafalque est transporté au cimetière de Brunoy, dans la région parisienne. Le cercueil y demeure jusqu’en 1880, alors, enfin, il est transféré dans un mausolée de marbre dans le choeur de la cathédrale de Buenos Aires. Robert Dehon Sources1) « San Martin, séjour et mort à Boulogne-sur-Mer 1848-1850 », P. A. Wimet, Instituto San Martiniano, 1980.2) « Boulogne S/Mer et le Général San Martin », Pierre Camusat, ca 1995.3) Rue de la Fiancée : les clichés proviennent du beau livre de Gustave Abeels « Les pionniers de la photographie à Bruxelles », livre épuisé et difficile à trouver (Bibliothèque Européenne-Zaltbommel, Pays-Bas, 1977). La photo avec la Senne est de Louis Ghémar et semble être de la collection du professeur Abeels ; l’autre est de Jean-Théodore Kämpfe dont l’original doit normalement se trouver à la Bibliothèque Royale Albert 1er. Je vous avoue que je n’ai pas vérifié.4) « Atlas historique », Stock, 1968.

 

Un tout grand merci à Robert pour cette histoire assez méconnue des Bruxellois.  Félcitation aussi pour l'article et les recherches ...Je sais qu'il lui a fallut quelques semaines pour boucler ce billet.

21/10/2007

photos avant/après conseils...

Les photos « Alors & Maintenant »… … ne datent pas de la dernière lune. Déjà Jean d’Osta utilisait parfois la méthode. Certes, il ne fut pas le seul mais l’idée n’était pas vraiment exploitée. Histoire d’en savoir plus, voici un court ‘topic’ qui explique cette « comparaison photographique » dans le temps puisque nous l’avons utilisée récemment. En espérant qu’il y aura des adeptes, à l’heure des appareils photo numérique il suffit de se déplacer et d’avoir l’œil ! 

C’est le magazine anglais « After the Battle » qui a popularisé cette veine illustrative. Elle est aussi utilisée, depuis des années, par la revue française « 39-45 », dirigée par Bernard Paich. Il faut avouer que les comparaisons d’images (le « matching ») de guerre sont souvent étonnantes.

 

Brede


Bredene 1942 : construction de bunkers pour une position de canons de 28 cm sur voie ferrée ; le « tram de la côte » les a remplacés ! (copyright Heimdal).

Réaliser un cliché « Alors & Maintenant » exige un minimum de chance ! Il faut posséder la vue d’époque bien sûr, aller sur le terrain et vérifier si le site existe toujours pour permettre un cliché comparatif, Jacques de La Palice n’aurait dit mieux. Ce n’est pas pour autant joué ! La topographie du terrain peut avoir été légèrement ou fortement modifiée, l’axe de prise de vue de l’original étant alors impossible à reproduire, sans compter les obstacles qui ont « poussés », disons un simple arbre… ou une bretelle d’autoroute. De plus, les objectifs de nos appareils modernes ne correspondent pas toujours aux optiques d’hier. Un « caillou » de 45 mm de chez Leica, époque 1935, n’a rien à voir avec la même focale d’un zoom trans-standard Nikon si vous réussissez à vous caler sur 45 mm !

Varreville

Varreville, côte normande, bunker sur Utah Beach (copyright Heimdal).

 

 Philip M. Vorwald, un Américain qui a vécu sept ans en Belgique, a couvert les sites de la Bataille des Ardennes, la fameuse ‘offensive von Rundstedt’, dans le livre « The Battle of the Bulge through the lens » (chez ATB), uniquement basé sur des vues « Alors & Maintenant ».En bref, toute la richesse de la comparaison réside dans le soin du cadrage qui doit être le plus proche de l’original. Vorwald pousse le détail jusqu’à attendre une concordance météorologique : un temps neigeux par exemple. Pourquoi ne pas discuter des conditions d’ensoleillement ? Ensuite, c’est le passage au PC et un fin recadrage avec un logiciel photo. Ceci dit, comme pour la danse, la photographie doit rester un plaisir.Pour le fun, voici un exemple réalisé sur mon PC.

 


Vilvoorde

Mai 1940, un Bren Carrier passe devant l’église de Vilvoorde ; les troupes britanniques s’installent sur la Dyle. On connaît la suite…

Pour l’amateur photographe, une bonne comparaison devient vite une victoire. Sorte de pédagogie « clin d’œil », elle s’intègre parfaitement dans le cadre du blog de Sophie. Les économistes nomment cela de la valeur ajoutée ! Sans oublier l’intérêt socioculturel indéniable que présentent ces couples de clichés. A vos boîtiers, les amis, et bon succès ! Robert Dehon RemerciementsA Bernard Paich pour son autorisation de reproduction des illustrations de ce topic. « 39-45 Magazine » : http://www.editions-heimdal.fr/Le cliché du Bren Carrier provient de l’excellent livre de Adelijn Calderon « Vilvoorde in de Tweede Wereldoorlog », De Krijger, 1995.

 

Un tout grand Merci Robert pour ces conseils....

22/09/2007

WOLVENDAEL

Uccle : le parc de Wolvendael et ses environs. 

Jan Slache est-il passé par ici ? Dans ce parc ? Imaginons que oui, bien sûr ! Que de souvenirs de jeunesse, de petite enfance… non loin de la rue Xavier De Bue. Selon la carte de Ferraris (levées de 1774 à 1778), le parc est un vestige de la forêt de Soignes présentant une dénivellation variée et un ravin. Il offre au regard de magnifiques essences d’arbres. A la lisière de l’avenue de Fré en bas de la pente se découvre un château.

Wolv1

Une série d’étangs ont été comblés, une butte artificielle construite à flanc de l’avenue Brugman : l’actuel square des Héros.

En 1715, Jean Slijpen vend ses parcelles à Eugène-Henry Frix, imprimeur de la Cour et cartographe. Ensuite, en 1733, le bien est cédé au vicomte Thomas de Fraula. Il semble bien que c’est en 1763 que le château sort de terre. Guillaume Vanderborcht, conseiller communal à Bruxelles, en est le propriétaire en 1812. La valse des cessions ne s’arrête pas : le duc Charles-Louis-Auguste de Looz-Corswarem en 1815 ; le comte Jacques-André Coghen en 1829, homme d’affaires et armateur bruxellois… député, sénateur, premier ministre des Finances de Belgique et cofondateur de la Société générale !

 


Wolv2 

 Le château, en complète réfection, ne se réfléchit pas dans l’étang… le photographe avait peut-être installé sa chambre sur le mur d’enceinte.

 

Au décès de la comtesse Coghen en 1885, les descendants décident de vendre la propriété en lots. Charles Balser, banquier bruxellois, achète l’édifice. Novembre 1909 voit le château passer dans le giron du baron Léon Janssen, vice gouverneur de la Société générale, qui est l’aïeul des Janssen de la société Solvay. Il achète un petit pavillon Louis XV à Amsterdam et l’installe dans le parc : halte désaltération bien connue des visiteurs (voir le site http://www.pavillonlouisxv.be/accueil.html  ). La commune d’Uccle sous la houlette de Paul Errera achète le domaine en 1921. Le château, style classique, date de 1763 et comporte trois éléments, Coghen étoffe la construction de trois travées et d’une aile de quatre travées pour les cuisines et services. Depuis 1979, à gauche du château, se trouvait la statue de Tintin accompagné de son fidèle chat Milou, de l’artiste Nat Neujean. Celle-ci a été déplacée au Centre culturel de la rue Rouge par crainte de vandalisme (le Centre rouvrira ses portes en octobre après les travaux de modernisation en cours).

 

Rue_Rouge_N&T

La rue Rouge, mais où sont passés les moutons de la bergerie Van Bogget ?

 


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Actuellement, le château est occupé par une école d’arts et, lui-même, subit actuellement d’intenses réfections. A proximité se dresse une très belle fourniture du sculpteur et peintre Frans Huygelen,  maître du marbre de Carrare.

 Huygelen

 

Actuellement, le château est occupé par une école d’arts et, lui-même, subit actuellement d’intenses réfections. A proximité se dresse une très belle fourniture du sculpteur et peintre Frans Huygelen,  maître du marbre de Carrare.

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Avenue de Fré, face à l’ambassade de la Communauté des Etats indépendants, cette fontaine est la seule trace de la rivière Ukkelbeek qui subsiste, le cours d’eau étant totalement voûté. « Eau non potable » et pourtant jadis… on était sans doute plus costaud !


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Avenue de Fré, la fontaine dans le dos, la Ferme Rose longeait un abreuvoir pour chevaux, le ‘peerdewater’. Laissée à l’abandon pendant des années, cette ferme manoir « Hof ten Hove » date de 1708. Actuellement, l’édifice joliment rénové est un centre culturel.

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A quelques pas du parc de Wolvendael, l’auberge du Cornet est sans doute l’un des lieux d’Uccle le plus peint ou photographié. La tour carrée date de 1570 tandis que l’aile de logement remonte à 1748. Les modifications n’entachent pas l’atmosphère champêtre ; au fond de l’allée démarre le superbe chemin du Krabbegat qui longe le parc. Sur l’illustration d’époque, à gauche, on aperçoit le parapet d’un pont sur l’Ukkelbeek.

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Intéressante étude de la cour intérieure. En 1929, le Cornet fut modifié en habitation ; aujourd’hui il a repris sa fonction d’origine, une auberge.

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Le Cornet, coin des artistes, notre ami peintre Charles Théate n’a pas hésité à en proposer sa version : magnifique, les voitures se sont volatilisées. Encore merci, Charles !

 

L’église orthodoxe Saint-Job construite, en 1936, en mémoire du czar Nicolas II, de la famille impériale et des victimes des révolutions russes par des réfugiés en notre pays. L’édifice est achevé en 1938 mais il faudra attendre le 1er octobre 1950 pour qu’il soit consacré par le métropolite Anastase. L’église est la copie à l’identique de celle de la Transfiguration datant du XVIIème siècle située dans la banlieue de Moscou, à Ostrovo. Des dalles intérieures renseignent les noms de victimes dont une, derrière l’autel, ceux de 122 évêques. Diverses reliques contiennent des fragments de la Sainte-Croix, des icônes et des anneaux provenant d’Ekaterinenburg, la ville où fut assassinée la famille impériale. L’église est ouverte à certains moments, bêtement le dico en cyrilliques était resté dans le vide-poche de la voiture (pour plus de renseignements voir http://www.eglise-orthodoxe.be ) car le seul panonceau à la grille est écrit dans cette écriture. Dommage.

 

Otho_eglise
 Dans les années cinquante, gamin, j’avais visité l’église en compagnie de mes parents et d’un ami bijoutier orfèvre spadois (si, si, on vient de Spa pour parcourir Uccle !), Jules Christoffe. J’étais fasciné par ses explications expertes sur les trésors d’or qui ornent les murs. Le temps passe… 

Robert Dehon

 

Merci Robert et Charles...je sais que ce sujet vous a pris beaucoup de temps....c'est très vraiment très gentil  ....

Sofei  

 

 

Sur les traces du passé d'Uccle

Pintje ou blanc sec ? 

Le temps passe vite ! Il y a quelques semaines, juste avant le lancement du concours, Lydie et moi avions invité Sophie pour un petit blog-bouffe, histoire de discuter de l’avenir du net, ni plus, ni moins… vous la connaissez, non ? « Band of brothers », bande de bavards. Comme le resto fermait, nous sommes montés au « Spijt ». Autant en raconter rapido l’histoire.

 

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Sans doute l’un des estaminets le plus connu d’Uccle, avec l’actuel resto du « Petit Pont » derrière l’église Saint-Pierre, le « Spijtigen Duivel » existe toujours ! Il est situé au coin de la rue Joseph Bens, ancienne chaussée de Forest, et de la chaussée d’Alsemberg. Jadis, il y avait une barrière de péage dont la contribution se percevait au « Spijt ».

Sans doute établi vers 1500, sous le nom de « L’ange », l’établissement fut rebaptisé de son nom par Charles-Quint suite à une dispute avec la tenancière, selon la légende.

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Une autre prétend que des saltimbanques y furent massacrés après avoir présenté une farce contre le duc d’Albe. C’était au temps où la chaussée n’était qu’une simple voie de communication. Plus tard, l’estaminet fut fréquenté par Charles Baudelaire et Jan Van Nijlen : les poètes ont toujours le don pour dénicher l’endroit qui réveille la muse. Le « Spijt » est donc véritable institution bruxelloise, aujourd’hui un restaurant bien sympa où, dans l’après-midi, les amateurs de belotte tapent la carte.

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En face, sur le coin de la rue Floréal, un jeu de quilles couvert au début du XXe siècle deviendra le cinéma « Floréal », avec mezzanines, et actuellement un commerce de location vidéo. Il y avait deux autres cinés, l’Alfa et un autre dont je ne me rappelle absolument plus du nom, près de la place Danco.

 

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A côté, un marchand de journaux fort connu des anciens Ucclois : avec sa collections de livres, il procura de la lecture à tout le quartier pendant la guerre ! Son fils fréquentait, comme moi, l’école de la rue du Doyenné. Salut Piet, si d’aventure tu lis ceci.

Encore merci à notre hôte qui m’a laissé prendre ces photos.

 

Robert Dehon

Et à mon tour de vous remercier pour cet agréable moment et votre gentillesse....Sofei !

14/08/2007

Photos de classe

Pour rappel :

Le petit oiseau va sortir…

 Nous possédons tous des photos qui ont été prises « à la petite école ». Les bancs de la salle de gym sont alignés dans la cours, le photographe a posé son Rolleiflex sur pied devant l’assemblée des gosses. Avec l’instit à gauche qui sourit… et les gamins ou gamines figés dans l’expectative de voir sortir le petit oiseau. Sait-on jamais ? Ces clichés sont autant de mémoires collectives. Mais, les placer bêtement sur un blog ne sert pas à grand-chose. Par contre, si la photo est accompagnée d’une légende, nous allons nettement plus loin. Une sorte d’avis de recherche franchement plus amusant. Jouez-vous le jeu ? C’est le « TOUT GRAND BRUXELLES » qui est actuellement convié à participer.  COMMENT REDIGER LA LEGENDE ?… car il faut un minimum d’organisation : 1) Le nom de l’école et l’année de prise de vue2) Le nom de l’instituteur (si possible)3) Le premier rang (le plus proche du photographe) est le rang A. Le deuxième, le rang B. Dans le rang A, l’élève à partir de la gauche en troisième position est codé A3… ainsi de suite. Rien de bien compliqué.4) Identifier les élèves… et vous-même : voir la photo ci-dessous, la première d’une longue série, espérons-le. Le cliché ci-dessous et sa légende servent d’exemples. 5) Les orthographes, noms et prénoms sont bien entendu de mémoire… déjà, rien que d’y avoir réfléchi nous sommes tous pardonnés. COMMENT ENVOYER LA PHOTO ET LA LEGENDE ?… par e-mail à peeterssophie8@skynet.beLa photo (idéalement scannée en 72 dpi) est fournie en utilisant la fonction ATTACH (attach file to message), le bouton dans la barre supérieure.La légende est simplement rédigée dans la zone texte de l’e-mail ; n’oubliez pas d’indiquer votre nom. AMIS VISITEURS, … pour réagir, corriger ou compléter « la liste » : cliquer sur « COMMENTAIRES », la porte à remonter le temps vous est largement ouverte. A bientôt pour de nouvelles aventures sur le blog de Sophie ! 

Robert Dehon

 

Pour vous aidez et grace à Marc voici un petit conseil pourles personnes qui désirent envoyer des photos et qui veulent

   corriger (ou préparer) les photos avant de me les envoyer.
Ce monsieur va laisser sur sont site une page sur laquelle se trouve une petite explication aux collaborateurs qui m' aident.
   Cette page restera quelques semaines en ligne afin que d'autres internautes puissent bénéficier de ce logiciel.(gratuit)
  Voici l'adresse exacte de la page : http://users.edpnet.be/gaumeferdoemme/photofiltre.htm
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Ci-joint 2 photos prises (vers 1963/1964) à la maternelle Rue de Cureghem  (1000 Bruxelles), dans le quartier de la Rue d’Anderlecht.  Sur la photo du dessous,  je suis le quatrième à partir de la gauche

Claude Bernaerts

http://famille-bernaerts.skynetblogs.be/

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Merci Claude pour votre collaboration.