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20/05/2013

Comment Bruxelles reçu son éclairage public

 

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Les éclairages publics intensifiés excitèrent toujours l’enthousiasme des foules….

 

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Les toutes premières « féeries » furent, sans doute, avant les feux d’artifice, les feux de joie dont font mention certains folklores régionaux et aussi les luminaires célébrants les joyeuses entrées de souverains, leurs mariages, leurs victoires.  La réception de Napoléon par Bruxelles fut d’un faste demeuré légendaire…..Mais revenons à l’histoire de l’éclairage public…

 

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Jusqu’au milieu du 17ème siècle, dès la tombée du jour, les rues devenaient de véritables « coupe-gorges »…. Le terrain idéal pour les malfrats. 

 

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Quelques recoins de rues étaient éclairés par des torches de résine ou de poix mais ne suffisaient pas pour dispenser assez de lumière la nuit.  Il arrivait souvent que dès le passage des gardes-ville, les voleurs éteignaient ces torches afin d’opérer aisément.

 

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Dès la nuit venue, à l’exception des fêtards, très peu de personnes circulaient dans les rues.  Les seigneurs, eux,  se hasardaient accompagnés d’une escorte armée et munie de torches.

 

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A cette époque, Paris était la seule ville éclairée d’Europe…. Bruxelles dès la nuit venue sombrait dans un vaste trou noir aux ruelles sinueuses où brillent au loin quelques flammes allumées par la population aux pieds des statues de saint… seul éclairage que les égorgeurs ou malandrins n’osaient éteindre par superstition. 

 

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Forcé de sortir la nuit ?  On faisait appel aux « falotiers »… qui contre quelques sous accompagnaient au pas de course et armés de flambeaux, les personnes qui devaient se déplacer.

 

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Pourtant, à partir de 1602, les autorités communales tentent d’instaurer un système d’éclairage en fixant une lanterne toutes les huit maisons.  C’était peine perdue.  Les truands n’avaient qu’à tendre le bras pour « moucher » la chandelle.

 

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Par la suite, on imagine le système à crochet lié à un câble actionné par une poulie. La lanterne placée à hauteur du 1er étage de la maison, un préposé communal était désigné pour allumer celle-ci. Criant sous la fenêtre et actionnant une cloche « Abaissez la lanterne !).  Les habitants se précipitaient pour la faire descendre à sa hauteur et l’homme l’allumait à l’aide d’une chandelle.  Fallait-il encore qu’il n’y a pas trop de vent…

 

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En 1703, Bruxelles étant la capitale des Pays-Bas, la Cour décide d’installer 3.000 lanternes à l’huile.  C’est le citoyen qui paie ce nouveau service.  10 sols par 100 florins de loyer.  Après analyse, il s’avère que ce service n’est pas rentable et que la ville est en déficit de 83.000 florins.  Il faut dire que cet éclairage ne fonctionne pas toujours très bien et certains préposés communaux revendent l’huile destinée aux lanternes pour leur propre compte.  La population s’énerve au sujet de cette taxe qui n’est pas imposée aux nantis pour des raisons très troubles.  Ce n’est qu’en 1756 qu’on arrivera à mettre de l’ordre dans ce service public.

 

En 1722 apparaissent les premières lanternes à réverbère fonctionnant toujours à l’huile.  En 1810, Bruxelles en compte à peine 900.  Comparer à Paris qui en possède 11.000 … c’est peu.  Ce service emploie 53 allumeurs.

 

Les soirs de pleine lune, par souci d’économie, la ville décide de ne pas allumer ces réverbères.  Malgré tout, le détournement d’huile continue de plus belle.

 

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Mais …les « féeries lumineuses » qui, plus près de nous, réjouirent également nos aïeux et qui, à leur origine, durent les transporter de joie, ce furent les bonnes vieilles guirlandes de lanternes vénitiennes et de ‘vetpotteke’ multicolores qui, naguère encore, agrémentaient nos quartiers populaires les soirs de kermesse.

 

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Vendeurs de lampions et confettis à la fête forraine

 

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Le gaz hydrogène extrait du charbon (gaz de houille) est inventé par un Belge, Minkeleers , professeur à l’Université de Louvain(1795).  Une compagnie est créée pour son exploitation et le 24 août 1819, la première usine à gaz du continent est inaugurée. 

 

C’est l’échevin des Travaux publics et des Régies qui a inauguré rue Saint-Roch, une plaque commémorant l’érection, en 1819 à cet endroit, de la première usine à gaz du continent (les Anglais nous avaient devancés). 

 

Place de la Monnaie on installe une colonne de gaz enflammé surmonté d’un « W » monumental !  Cette nouvelle attraction fait l’émerveillement des badauds.

 

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Petit à petit, l’éclairage s’installe en façades des commerces et des auberges.  De ce fait, les rues s’animent et la criminalité nocturne diminue.  On fini par adapter les lampes à l’huile  au gaz.

 

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Rey Frères fondeurs constructeurs 1917

 

En 1840 raconte Louis Verniers, à l’occasion du Xème anniversaire de notre indépendance, le Vieux Bruxellois se couchait à neuf heures pour se levers avec le soleil : le nouveau Bruxellois se remue, vit et s’amuse encore à minuit : il a trouvé le gaz si brillant qu’il le préfère au soleil même… »

 

C’est sans doute alors qu’est née l’exclamation « Volle gaz ! »

 

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En 1867, Bruxelles est même mieux éclairée que Paris !... Lorsque cette dernière décide d’introduire l’électricité en 1888, Bruxelles reste « frileuse » malgré les essais sur la Grand’Place en 1885 et préfère continuer à installer de plus en plus de réverbères à gaz…. Colonne de fonte dites « parisiennes » puisque Paris n’en veut plus !

 

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Notre retard provient de ce que nos édiles furent tout d’abord séduits par une invention allemande : le manchon Auer qui, emprisonnant dans ses mailles une flamme de gaz ordinaire, décuplait son pouvoir éclairant.  Son succès fut fulgurant !  Il marqua la mort des dernières lampes à pétrole dites « lampes belges »…

 

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L’ingénieur allemand Auer retarda donc jusqu’en 1904 l’installation de la lumière dans notre capitale.

Ce fut le Parc de Bruxelles qui bénéficia des premières lampes à arc. 

 

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A Boitsfort en 1902, il y avait une centrale électrique… Les premières années, les promoteurs de l’éclairage public électrique étaient confrontés avec le problème de la distance séparant l’endroit de production et celui de l’utilisation.  Dans de nombreuses communes de l’agglomération on vit donc se construire des « usines d’électricité ».

 

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A Forest 

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Koekelberg

 

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Illuminations pour le 75ème anniversaire de la Belgique

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Notons pourtant qu’avant l’installation à titre permanent de l’éclairage public électrique aux boulevards intérieurs, des illuminations, également électriques, avaient déjà suscité l’admiration des Bruxellois…

 

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c’était en 1905 à l’occasion du 75ème anniversaire de notre indépendance. Des ampoules bordaient les portes, les fenêtres et les toitures de plusieurs monuments, des lampes ornaient des portiques et des mâts placés aux extrémités des allées du Parc et des voûtes lumineuses s’étendaient sur nos places publiques et sur nos boulevards.  On peut conclure que 1905 fut à l’avant-garde de nos féeries actuelles…

 

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Le samedi 21 juin 1907, les boulevards du centre sont les premiers à bénéficier des bienfaits de la fée électricité.

On peut dire que ce furent des « féeries » solennelles qui par l’effervescence qu’elles suscitèrent, dépassèrent toutes les précédentes ! …

 

La ville, en effet, fait installer des mâts d’éclairage mixtes distribuant simultanément un éclairage à l’électricité (au centre) et au gaz (sur les côtés).  288 becs de gaz au lieu de 150 et installation supplémentaire de 144 lampes à arc, cela échelonné tout le long des deux kilomètre du boulevard allant du Midi jusqu’au Nord.

 

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Ces candélabres, peu esthétiques, furent aussi très critiqués par les artistes de l’époque.

Esther Deltenre triomphait dans la parodie de « la Bohème » que Garnir avait intercalée dans une de ses revues à la Scala et dont elle était la principale interprète.  Le rôle de Mimi lui était dévolu.  Con connaît l’opéra : couchée dans son lit d’agonisante, Mimi, dont les mains se glacent, demande un manchon.  A la Monnaie, on lui apporte un manchon de fourrure.  A la Scala c’était un manchon Auer qu’on lui apportait ! …

 

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Une grande réunion des autorités fut organisée dès 20h à l’hôtel Métropole.  Après les discours, raconte la Dernière Heure, les invités ont tenté de traverser la place de Brouckère pour gagner le terre-plein entourant le monument Anspach, d’où M. De Mot échevin de l’époque devait, d’un doigt magique, lancer le courant électrique vers les lampes à arc.  La foule était immense : une cohue invraisemblable s’écrasait sur la chaussée… bien entendu…la circulation des voitures fut interdite ce jour-là.

« Fiat lux ! » s’écria M. De Mot et l’électricité étincela dans les lampes, à perte de vue… On entendit alors retentir les cris de la foule émerveillée.

 

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Tous les journaux de la presse nationale constatèrent la réussite de l’entreprise et le succès prodigieux de la fête. 

 

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Les musiques de la garnison et la garde civique étaient là… Ils étaient escortés des porteurs de lampes à acétylène qui avaient eu tant de succès lors des fêtes de 1905.  

 

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La seule critique faite par le journal Le Soir fut de constater que les moindres recoins de villages étaient depuis un certains temps déjà éclairés à l’électricité et que Watermael-Boitsfort possédait depuis un bon bout de temps une usine…. Qu’il était déplorable que Bruxelles ait attendu si longtemps mais reconnu que la longue attente fut compensée par un franc succès.

 

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Publicité CUBEX 1937

 

Il faudra attendre 1910 pour que Bruxelles passe au fil des jours à l’électricité…. Avenue de Tervueren, un grand candélabre mixte est installé… il marquera le passage d’une époque, celle du gaz, à une autre, celle de l’électricité.  Ce réverbère mixte était construit par la fonderie anderlechtoise Rey frères.

 

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En 1948, on vit disparaître un à un  les derniers «Bec de Gaz » et avec eux, les derniers allumeurs de réverbères, silhouettes surmontées d’une perche enflammée, qui marchaient le long des rues dès le coucher du soleil…

 

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En France ....

En 1959, il n’existait plus que 10 lanternes à gaz en service sur le territoire de la ville.  Le tout dernier allumeur fut pensionné en 1965, il s’appelait André Reynaert dit « de kop »…. Il habitait les Marolles.  Il était entré dans le métier en 1928 en observant un arrêt durant la guerre.  Sur sa carte d’identité il était mis « gazier » comme profession et à la Ville qui l’employait, son képi portait le n°284. 

 

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La perche de l’allumeur de réverbères était munie à son extrémité d’un dispositif au carbure permettant de maintenir en vie la flamme qui allait tout au long du parcours, allumer l’un après l’autre, les réverbères de la tournée. 

Le matin venu, le « lanteireman » reprenait sa perche pour aller les éteindre.  On prétend qu’il y avait alors tant de bistrots sur son passage qu’il ne rentrait bien souvent que juste à temps pour repartir les allumer !

 

 

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Personnel du Gaz à Anderlecht

Les petites charrettes à bras du service du gaz étaient parfois tractées par les tramways dans les montées

 

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Expo 1935

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Expo 1935

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Expo 1935

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Expo 1935

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Rue Rempart aux Moines 


12/02/2013

Décès de Max ...

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On ne verra plus "MAX" dans le quartier; Max était installé avec sa kerre de karikolles en face de La Clé d' Or sur un coin de la Place du Jeu de Balle. Il est le mari de Marie qui elle est installée rue Haute au Wiels Renard. Une messe se tiendra à l' église du Vieux-Marché ce jeudi 14 février à 11h. ( Nicolas Nicky Luppens)

 

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Toutes mes condoléances à Marie (sa femme ici sur la photo) et à sa famille

26/01/2013

Le ventre de Bruxelles... les halles et les marchands

 

 

 

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Les Halles Centrales étaient situées rue de la Vierge Noire, c’est la ville qui décida de construire celles-ci en 1873 à la place de l’ancien lit de la Senne. 

 

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Composée de deux ailes, et séparée par un passage menant à la rue Grétry. 

Ce fut le pôle du négoce jusqu’en 1892. 

 

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sous l'occupation....

 

En 1893, l’aile nord (dit le Pôle Nord)  fut aménagée en une vaste patinoire l’hiver et l’été se muait en un music-hall de 2.000 places (Palais d’Eté). 

 

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Durant 40 ans, l’endroit ne se désemplit jamais… 

Durant la guerre de 40-45, il y avait un vaste cynodrome (piste qui sert aux courses de Lévriers) avec lapin mécanique…. Un vrai lieu de paris !

 

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En 1916, durant les temps difficiles, ont y faisait la file pour un peu de beurre

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A l'occasion du 75ème anniversaire de la Belgique.  Cortège de St Médard patron des Jardiniers à la fête de Halles et Marchés bruxellois

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En vue de la transformation radicale du Vieux Bruxelles et afin d’accueillir les touristes durant l’exposition de 1958, la ville décida en 1957 de démolir l’aile gauche pour faire place à un vaste parking nommé « Parking 58 »….

L’aile sud fut maintenue jusqu’au milieu des années 60…. Le rez-de-chaussée fut occupé par le magasin PRIBA. 

A ce jour, ce bloc de béton et ce parking défigurent le quartier !

 

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Les halles de Bruxelles ont une physionomie particulière.  C’est le meilleur endroit pour y découvrir les habitants sous leurs véritables aspects.  On y savoure la réelle personnalité de chacun  et le savoureux accent de la ville résonne à chaque coin de rue. 

Ce sont comme on dit : « les gagne-petit »… ceux qui exercent toutes sortes de métiers pour pouvoir joindre les deux bouts. 

Malgré le fait que Bruxelles s’agrandit et s’embourgeoise peu à peu, il y a aussi les familles nombreuses qui vivent dans des quartiers plus pauvres et qui font face au coût de la vie qui devient jour après jour de plus en plus chère. 

Lorsque l’on a plusieurs bouches à nourrir, il faut se débrouiller et accepter d’effectuer son commerce à même le trottoir….

Combien de ces humbles ne se rencontraient-ils pas dans les rues à l’époque et dont l’existence dépendait d’abord du temps, puis de l’intérêt public ?

 

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Ces cris disparus ou noyés dans le brouhaha actuel, resteront pour nous le symbole de la vie quiète et assurée, à jamais perdue…..

 

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Dans les halles, partout s’empilent les fruits, les légumes, les poissons, les viandes, les volailles, les fleurs… toutes sortes de victuailles sont exposées en attente de la criée…

 

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Après transactions en publique, toute cette marchandise quitte colis par colis, les halles en direction des marchés. 

 

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A la criée aux poissons, les poissons de rivière et de mer sont entassés dans d’énormes paniers.

Dans la galerie les revendeurs et les restaurateurs se disputent franc par franc les lots.  Le tout se déroule dans une ininterrompue criaillerie et dans un brouhaha continu. 

Certains s’apostrophent et dans un langage assez coloré reprochent aux vendeurs la hausse des prix. 

 

 

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Sitôt l’achat conclut, le marchand empoigne son lot et s’en va en direction d’un marché pour revendre à son tour et pour un maigre bénéfice sa découverte du jour.

 

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Au marché aux poissons, il y a plusieurs longues rangées d’étals.  Les poissonnières sont au poste, guettant le regard du client.  Gare à sa voisine si celle-ci vend d’avantage ou rabat ses prix !

 

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C’était aussi la brouette chargée de trois larges paniers plats, hauts d’un peu plus d’une main sur champ et superposés, grouillants d’anguilles.  Un long cri en deux notes « Pa…ling » attirait la ménagère munie d’un récipient dans lequel s’agitaient aussitôt les anguilles écorchées et dépouillées, jetées une à une  avec dextérité par la marchande.

Le spectacle plutôt répugnant mais irrésistible à notre curiosité, se renouvelait chaque semaine. 

 

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On entendait aussi les cris de « Guèrenaude en crabbe » !  « Caricole ! Caricole » !  Ce sont les crevettes et les carrick attendus.  Le vendredi, c’est la brouette chargée d’un sac de moules et l’annonce « Mosselo » modulée par le marchand. 

 

Au bout d’un certain temps, l’odeur de la marée vous gagne les narines et vous pousse au dehors.

 

A la criée aux légumes, les restaurateurs et les verdurières se disputent les prix.  A chaque vente de colis, on ouvre le suivant et on le présente au public.  Le crieur, une main dans la poche et l’autre levée se pique d’être « dans le vent » et se force à parler un français « pincé ». 

 

A la criée de la viande, le monde s’amasse … c’est à cet endroit que se décidera la base du plat du jour que le restaurateur servira à la carte et que la ménagère présentera à sa grande famille.  Les prix sont tellement intéressants que les bouchers de la ville rougissent de colère. 

 

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Un peu plus loin, il y a le domaine « crèmerie »… du beurre, du fromage, des œufs…. Les marchandes vous accostent le bras tendu avec ou bout d’un couteau la preuve de la qualité de son produit. Il faut dire qu’en ces temps, la rumeur rapporte que certaines « victuailles » sont « artificielles » !

 

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Soudain résonne au lointain « Mosselen … les huîtres du peuple »… et là se plante un marchand avec une brouette remplie de moules…. De la gastronomie au détail ! …. De vieille tradition religieusement respectée par les bruxellois et pour deux centimes, il vous est permis de manger des moules crues… En général, entre la dixième et la quinzième moule, et à cause de la sauce qui les accompagnent, vous êtes gagné par une petite toux…

 

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Aux environs des halles et de chaque marché, il y a aussi la marchande « de contrebande »… panier au bras, elle exerce sans patente un commerce qui risque de lui rapporter plus d’ennuis que de réels bénéfices…. Souvent, la police les chasse….

 

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Trienneke et ses fleurs à la bourse … arrivée à l’aube, elle quitte son emplacement qu’à la tombée du jour…. Longtemps elle a fait partie du folklore du quartier….

 

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Nille de citroenwaaif…. Pétronille la marchande de citron s’était établi rue de Flandre… proche du vismet…

 

Swaske débite sa marchandise à l’abri d’une porte cochère près du Marché Ste Catherine…chaque jour, elle y vend des œufs, du beure et du fromage…

 

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Tanneken (Anna) se promène sur le boulevard, d’un côté à l’autre de la chaussée, son panier empli de petits bouquets qu’elle confectionne la nuit. 

 

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Le marchand de mouron

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Voici quelques expressions bruxelloises :

Aberdoen : désigne la ville d’Aberdeen en Ecosse, l’endroit de la pêche à la morue.

« Rotten aberdoen » : injure désignant une personne âgée négligée.

Afzetter : voleur à la petite semaine

Babbeleir : personne qui parle beaucoup et souvent sans discernement

Bibberer : trembler …. Avoir le « bibbe »

Bleiter : personne qui se plaint à tout propos

Buffel ou Goulaf : Gros mangeur … gourmand…. Glouton …

Deevegge : Voleuse

Den deuvel on â nek : (le diable sur la nuque)…. Va au diable !

Doemei ben ik dik (avec ça je suis gros) : « Ca me fait une belle jambe » !

Gardevil : agent de police ou on peut dire aussi Ajoen (oignon) … qui faisait allusion à la forme de leurs casques

Ieten Boek : chaud lapin

Loerik : paresseux

 

16/01/2013

petite chronique de 1933 suite

 

 

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Plus de 1800 familles utilisent les carnets de dix coupons, au Théâtre royal de la Monnaie, et font une économie de 20%.  Prix du carnet : 280 FB.

 

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Théâtre de l'Alhambra

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Théâtre Molière

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Le Théâtre du Parc

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Le Cirque Royal

 

La question du chapeau au théâtre est un des graves problèmes de l’heure présente.  Quand le chapeau est interdit aux dames, il en est qui, légitimement, peuvent prétendre que le minuscule bonnet qu’elles portent de côté n’est pas un chapeau.  L’ouvreuse n’est pas de cet avis.  Le bourgmestre Max vient de les mettre d’accord : il a donné pour instructions à la police de tolérer que les dames occupant dans les théâtres les places où les chapeaux est interdit portent des coiffures basses, enserrant la tête et dont les garnitures ne puissent gêner d’autres spectateurs.

 

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Théâtre de la Monnaie et Taxis

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Théâtre Flamand

 

 

 

 

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-La Police bruxelloise compte 1256 personnes.  Un budget de plus de 30 millions.  Signalons que le nombre d’automobilistes qui ont reçu une contravention pour avoir dépassé les 40 km/h en ville s’est élevé à 1834, pour l’ensemble de l’année dernière.

 

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COMMISSAIRE EN CHEF SOUS LES VERROUS

Dimanche 17 décembre 1933, le juge d’instruction Demuylder, après avoir conféré avec M. Simons, premier président de la cour d’appel, a placé sous mandat d’arrêt M. Geroges Angerhausen, a avoué avoir servi d’intermédiaire pour la vente d’huiles et d’essences de la maison Pauwels, avoir touché de ce chef des commissions, et avoir, à la demande de Pauwels, « classé sans suite » plusieurs contraventions ou procès verbaux.

 

GENDARMERIE ET T.S.F.

Le budget de la Gendarmerie, pour 1933, est en diminution de 12 millions environ sur celui de l’année dernière.  Il y a cependant un poste nouveau important : celui de 410.000 FB, qui prévoit la réalisation du réseau permanent de télégraphie sans fil de la Gendarmerie.

A propos, combien y a-t-il d’appareils de T.S.F. en Belgique ? A l’heure actuelle plus de 285.000 détenteurs de postes récepteurs ont acquitté la taxe.  Plus les fraudeurs…..

 

-Le mardi 16 mai 1933, les nouveaux gendarmes motocyclistes chargés de la surveillance de nos routes ont opéré pour la première fois.  Aux environs de Cortenberg, ils ont arrêté un automobiliste, qui avait oublié de corner lors d’un dépassement en rase campagne.  L’automobiliste a reçu des instructions précises sur les règles de la circulation qu’il venait d’enfreindre.

 

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LE CRIME DES SŒURS PAPIN

Le 2 février 2013, dans l’après-midi, un habitant du Mans rentrant chez lui avait découvert sa femme et sa fille étendues sur un palier, le visage broyé, le crâne écrasé et la partie inférieure du corps tailladée.  Les deux bonnes, les sœurs Papin, qui avaient commis ce double meurtre, étaient dans leur chambre.  Elles avouèrent, calmes en apparence, leur forfait.  Trois psychiatres concluent à leur entière responsabilité.

 

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-Le mardi 9 mai 1933, M. Hymans, ministre des Affaires étrangère et vice-président du Conseil des ministres à demandé aux Chambres d’accorder des pouvoirs spéciaux au gouvernement pour une durée de trois mois.  Il les a obtenus.  Début juin, le gouvernement promulguait dix arrêtés-lois dont le but était de rétablir l’équilibre budgétaire.  Traitements, pensions d’ancienneté, pensions de vieillesse subissent une réduction générale de 5%.  Les subventions et les subsides sont réduits de 20%.  Les dépenses d’administration sont diminuées en bloc de 10%.  Une taxe de crise frappe les titulaires de revenus supérieurs à 35.000 FB.  Une contribution d’un et demi pour cent est appliquée à tous les citoyens.  Au mois de juillet, se livre la première bataille politique des ondes : on entend sur les antennes de l’I.N.R. ministres et membres de l’opposition.

 

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-L’Art nègre est à la mode… Les marchands de curiosité, à Bruxelles, Paris, Berlin, Londres, New York, se sont évertués à orner les musées et les salons de statuettes et de masques.  Un tel engouement a inévitablement créé des imitations.  Des objets ont été fabriqués en nombre sur le sol même de l’Afrique, sous la conduite d’Européens malins.

 

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A LA GLOIRE DE LA MAROLLE

 

Ce dimanche 1er juillet 1933 folklore bruxellois a connu une journée exceptionnelle.  Les amis de la zwanze et du délicieux parler bruxellois qui, hélas, se meurt lentement, ont inauguré, en contrebas du Palais de Justice, un bas-relief du sculpteur Pierre Wolf représentant un jour de guindaille dans le vieux quartier populaire de Bruxelles.  Traitée à la manière de Pierre Breughel le vieux, peintre incontesté des liesses brabançonnes, l’œuvre rappelle qu’il fut, lui aussi, habitant de ce quartier (sa maison se situait rue Haute et est enterré dans l’église de la Chapelle… enfin… dit-on).  Ce fut un pittoresque épisode de cette vie populaire de notre capitale qui se termina, comme il se doit, dans les estaminets du quartier, où gueuze, faro et lambic coulèrent à flot.

 

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TRANSFUSION SANGUINE

Le professeur Bogomoletz, membre de l’Académie des sciences de Moscou, vient de signaler que la transfusion du sang pourra désormais être largement opérée.  Cette transfusion en masse a été rendue possible par la découverte d’une méthode de conservation du sang.  C’est ainsi que du sang expédié de Moscou a pu être utilisé dans d’excellentes conditions à Vladivostok, à plus de 10.000 km.

 

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-Hitler plébiscité par 40 millions d’Allemands. 

L’ancien peintre en bâtiment Adolf Hitler, celui-là même qui avait tenté un coup de force à Munich en 1930 mais avait alors échoué, va, en une seule année -1933- prendre le pouvoir absolu en Allemagne.

 

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UN REMOULEUR A L’ ABRI

Décidemment, on n’arrête pas le progrès.  Cet aiguiseur bruxellois a remisé la charrette à bras qu’il poussait de par les rues pour la remplacer par une automobile.  Pour rendre à nouveau tranchants couteaux et ciseaux, notre homme n’a plus besoin de pédaler sur sa meule, puisque celle-ci est entraînée par le moteur.  Mais où s’en va le pittoresque d’hier ?

Que le pittoresque s’en aille, affirme-t-il, n’a guère d’importance pour moi.  Depuis que j’ai mis mon installation au goût du jour, je me fatigue beaucoup moins.  Et, en outre, je n’ai plus à me soucier des intempéries !

 

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11/01/2013

Vie quotidienne en 1933

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Le Palais de Justice de Bruxelles :

La visite du Palais se fait par groupes, en semaine, de 9h à 16h, le dimanche, de 9h30 à 12h.  Visite du Palais : 2 francs par personne.  Ascension du dôme, 3 francs par personne ; le ticket de 3 francs donne droit à la visite du Palais.  Ascension du dôme, en semaine, le matin de 9h30 et à 11h ; l'après-midi de 13h30 et à 15h ; le dimanche matin à 9h30 et à 11h.  La visite est gratuite pour tous les élèves d'établissements belges d'instruction, officiels ou non, visitant le monument sous la conduite de leurs professeurs et sous la réserve que la demande en soit régulièrement faite au moins dix jours à l'avance à l'architecte du Palais.

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GUIDE DU PALAIS DE JUSTICE

Petite Pub d'époque

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