UA-38716482-1

21/03/2008

Les premiers tramways bruxellois

 

 

porte louise et tram

Porte Louise 

Petit résumé : (j'ai bien dis ... ;-)....je ne prétends pas avoir rassembler toutes les infos pour recréer l'histoire) ...Mais ceci est déjà intéressant

C'est dans le haut de la ville que sont apparus les premiers Tramways de Bruxelles. Grâce à la construction de l'avenue Louise et le succès des ballades au Bois de la Cambre.

place stephanie et tram

 

Il n'y avait que les chemins de fer qui assuraient le trafic intensif.   Quelques omnibus  assuraient le transport en commun des voyageurs mais ce n'était plus suffisant.   

tram cheval

 

En Amérique déjà, il existait des lignes d'omnibus sur rails.  Comme l'activité était devenue intense dans Bruxelles, la possibilité d'exploiter un chemin de fer américain devenait impérative.  Le coût de l'entretien des chevaux était élevé ! L'état de la voirie bruxelloise n'était pas non plus idéal pour envisager une installation rapide. 

Le Collège étudia la question...

 

C'est l'Échevin Watteeu qui prit la décision d'installer une seule et unique ligne de chemin de fer américain....

Celle-ci allait relier le centre de la ville au Bois de la Cambre.  Il n'était pas possible d'envisager le même type de transport sur une avenue en pente par exemple le Botanique !  Trop dangereux disait l'échevin....Et qui allait assumer la responsabilité en cas d'accident ?   Que deviendraient les voyageurs dans une voiture descendant une avenue à toute vitesse ? 

botanique avenue

 

Après de longues négociations, en 1869 le premier tronçon de la ligne Porte de Namur - Bois de la Cambre était actif.

Faute de budget, ce fut un groupe financier anglais qui apporta l'aide nécessaire.

 

Peu de temps après d'autres lignes furent construites :

Porte de Schaerbeek - église Royale Sainte Marie

royale ste marie et tram

Chaussée d'Haecht - rue Teniers en prolongement de la Porte de Schaerbeek...

chaussée d'Haecht et tram

Pour les rues à faibles pentes, les véhicules étaient tirés par 2 chevaux.

 

Ce transport n'était pas à la portée de toutes les bourses  et l'attente entre chaque voyage était longue puisque la ligne établie était à voie unique.  Malgré le bon accueil, le public n'était pas satisfait.

boitsfort chée d la hulpe tram

(Vers 1874, la compagne Morris doubla les lignes).

 

Après le voûtement de la Senne, il fut nécessaire de faire un trait d'union entre les gares du Nord et du Midi.  L'administrateur Albert Vaucamps qui était à la tête de l'entreprise la plus importante de transports en commun de la capitale, obtint le chantier permettant de relier celles-ci.

 

Pour le tout nouveau Quartier Léopold, c'est  la Société Becquet qui fut choisie pour l'entreprise et l'exploitation des lignes de tramways.

En 1874, cette société transfèrera ses privilèges dans une S.A au Brésil.  Le nouveau nom d'exploitation sera : Société Brésilienne des Tramways....

Vu les coûts élevés des entretiens des véhicule et le manque de rendement, elle fusionna avec les Tramways Bruxellois  en 1879.

bourse tram 1916

Comme il y avait trois lignes de chemins de fer américains qui desservaient le centre et l'agglomération, la gestion des parcours devenait difficile.

 En 1872, la ville de Bruxelles envisagea la fusion entre ces compagnies. 

bourse tram point central

Certains actionnaires étaient assez réticents face à cette proposition et les négociations furent difficiles. 

C'est en 1874 qu'un accord fut signé et on désigna la nouvelle société ‘Les Tramways Bruxellois'

Le siège était situé rue du Vautour 47-49 à 1000 Bruxelles dans les bureaux de la société Vaucamps.

barrière et tram

En 1881, les Tramways Bruxellois possédaient un réseau étendu sur près de 50 km.

boitsfort commune et tram

En 1892, on déclara la société des Tramways Bruxellois propriétaire et concessionnaire officiel des lignes....Il n'y avait plus de discussion possible au sujet de la légalité.   

chée d'Alsenberg

 

etterbeek rue G. Leman

 

laeken le pont

 

pl pavillon et tram

 

 

porte de ninove et tram

Et dans un passé moins lointain ...

tram porte de Namur

Les trams en surface...Porte de Namur...

tram place stéphanie

Place Stephanies (entrée avenue Louise)

bourse camion

Tram en surface à la Bourse...

 

 

 

17/03/2008

De la Madeleine à la prison de Vilvorde.

  

Door_eye

 

Quels sont les liens entre la petite rue de la Madeleine, située au centre de la Capitale, hélas disparue lors des travaux de la Jonction, et la « Correction » de Vilvorde ? Ils sont deux : d’abord l’anecdote développée par Louis Quiévreux, ensuite le fait que l’énorme bâtiment qu’est l’ancienne prison de Vilvorde sera visitable après tant d’années d’abandon.

 

Madeleine_actual

  La chapelle de la Madeleine et son appendice, la chapelle Saint-Anne, transplantée de la rue de la Montagne ; la flèche indique la petite rue de la Madeleine. 

 

Débutons par Quiévreux. Ainsi en 1838, à un endroit inconnu de la petite rue de la Madeleine, se situait un cabaret tenu par un étrange personnage. Le tenancier, nommé Wallop, s’était reconverti… car en fait il avait été un des aumôniers de la prison de Vilvorde, appelée « la Correction ou ‘Tuchthuis’ en néerlandais ». Il avait été chassé suite à quelques problèmes avec le directeur de l’établissement pénitencier ; ou avait-il simplement fuit son sacerdoce ? Son ‘caberdouche’ marchait bien car notre homme, la langue bien pendue, régalait sa clientèle à la fois de ses aventures et de bières fines accompagnées de genièvre. « Les récits du curé cabaretier avaient une telle saveur, un tel piquant, que tout Bruxelles se pressait dans la petite rue de la Madeleine pour les entendre… explique Quiévreux ». Faut-il rappeler que ce quartier de l’église de la Madeleine était « the place to be » au début du 19e siècle ? Quel était l’emplacement de la ruelle ? Elle devait longer l’église de la Madeleine pour peut-être joindre la rue de l’Infante Isabelle, du temps où ce lieu de culte était cerné de maisons à l’instar de l’église Saint-Nicolas. Ce qui était encore le cas après guerre avant les travaux de la Jonction.

 

 

Madeleine_old


L’ancien quartier où filait la petite rue de la Madeleine. 

 

Le succès lui montant à la tête, Wallop décide d’imprimer un mémoire contre le directeur de la prison qu’il dédicace à Monseigneur Englebert, archevêque de Malines et il le diffuse, ni plus ni moins ! Si bien que le directeur, nommé Leduc par Quiévreux pour ne pas offusquer ses descendants, porte plainte pour calomnie.

L’affaire passe en justice en avril 1838 et offre son lot de révélations. Le directeur Leduc s’était érigé en dictateur de la prison : maltraitement des prisonniers, nourriture infecte, détournement de biens… et un intérêt très vif pour les jeunes et avenantes prisonnières. En effet, la Correction est mixte ! Si bien que, vu les remous du procès, une prisonnière dépose contre Leduc et donne les détails croustillants de ses agissements. « L’amusement favori du directeur était de faire, le soir, la ronde dans le dortoir des femmes. Passant d’un lit à l’autre, il soulevait les couvertures… ». Bref, une ambiance concentrationnaire se dégage de cette attitude. Il y aura bien entendu des incidents au cours du procès qui finissent parfois en éclats de rire, et rapportés dans la presse. La loi est la loi, le directeur est renvoyé et Wallop, le prévenu, condamné à trois mois d’emprisonnement, cinq ans de privation des droits civils et à 50 francs d’amende. Il doit aussi publier à cent exemplaires l’arrêt de la Cour ! « Wallop rentra dans son cabaret et se remit à servir force half-scheuts et strieps pour payer les frais de son procès ». Je rejoins Quiévreux pour poser la question : pendant combien de temps ? On l’ignore !

 

 Gardes
Le porche du corps de garde vu de la berge droite de la Senne ; notez la poterne donnant sur un mystérieux tunnel. 

 

Fin 1779, sous l’impulsion du prince Charles de Lorraine, nous sommes sous le règne de l’impératrice douairière et reine Marie-Thérèse des Pays-Bas Autrichiens, est achevée la Maison de Correction provinciale du Brabant à Vilvorde. Elle est construite sur un terrain très proche du château de la ville, aujourd’hui disparu, mais pendant l’aménagement des berges de la Senne, les fondations de la fortification ont été redécouvertes sur la berge droite, à proximité du pont datant de 1880. L’architecte attitré de Charles de Lorraine, Laurent-Benoît Dewez, en fixe les plans. La Correction se situe donc entre l’actuel canal de Willebroek et la Senne. Le bâtiment à l’origine couvre une superficie de 1,8 ha, soit un quadrilatère de 190 m de large pour 63 m de profondeur, soit une surface totale comprenant le mur extérieur de 3 ha. La façade principale est précédée d’un porche corps de garde à proximité de la rivière. La construction verra son implantation modifiée au cours des temps : destructions, constructions, ajouts modernes… de même que ses affectations !

 

Tuchthuis_Plans
 

Plan de 1779 exécuté par J-B. Provost en 1784 et croquis simplifié du complexe avec le château et l’église de Vilvorde.

 

 

La portion centrale de l’édifice correspond au style néoclassique, tandis que le reste revêt un aspect nettement plus pratique ! De part et d’autre de la section administrative et des appartements du directeur, partent deux sections d’emprisonnement : à gauche, les hommes ; à droite, les femmes. Haute de quatre étages de cellules, ces constructions se prolongent à angle droit vers le canal pour s’achever par une aile arrière qui ferme le quadrilatère de la Correction. De chaque côté des ailes perpendiculaires se trouve une chapelle réservée à chaque sexe. Wallop galope donc dans ces lieux dédiés à l’âme.

 

 Central_Build
Le bâtiment central, logement du directeur. 

 

Prison mixte ? En effet, les autorités de l’époque n’envisageaient pas uniquement confiner les délinquants mais avaient une politique plus large qui s’articulait sur les principes suivants : punir par le travail ceux qui avaient échappé à la peine de mort, nettoyer les villes des sans-logis et autres vagabonds tout comme les prostituées. Dans une certaine mesure à Wallop d’accélérer leur rédemption… La Correction, dans l’esprit de l’époque, peut être considérée moderne puisque la notion de ‘travaux forcés’ est mise en pratique d’où ces immenses halls devant accueillir des ateliers.

 

Workshop
 

Immense hall pour atelier, le parachèvement de briques est typique de l’architecture militaire de l’époque.

 

 

Ce qui n’empêche pas les critiques, ainsi Alphonse Wauters rapporte les remarques de l’abbé augustin Derival (en fait Pierre Damiens) : « les cases sont éclairées par des meurtrières de 4 à 6 pouces de haut sur 8 à 9 de large et par une ouverture à peu près semblable exécutée dans une porte qui donne dans la galerie servant de débouché de 50 à 60 de ces cases. Cette galerie, beaucoup trop basse, les ateliers, les salles de travail, la chapelle, l’infirmerie, la boulangerie, etc., tout manque également d’harmonie ; rien n’est placé où il devrait être ». Wauters les confirme d’ailleurs : « Ce que l’on peut reprocher à Dewez, c’est le peu d’ornementation de la prison ; elle forme un quadrilatère régulier percé de plusieurs rangs d’embrasures. Sauf du côté de la porte et du bout sur la Senne qui la précède, elle offre l’aspect le plus triste et le plus monotone ». Mais fallait-il s’attendre à autre chose pour une telle fonction ? Contemplez un édifice carcéral actuel pour vous faire une opinion !

 

 Roadtocell
Le cheminement vers la cellule : escaliers, grilles… 

De 1794 à 1815, l’énorme bâtiment est affecté en tant qu’hôpital militaire. Puis, jusqu’à 1871, il retourne à une fonction de prison d’Etat. A partir de cette date à 1913, il sert de prison disciplinaire militaire, ensuite, pour une année, il devient une caserne des Carabiniers. Pendant la Première Guerre mondiale l’infrastructure sert de lieu d’internement de prisonniers politiques par l’armée allemande d’occupation. Le 31 mai 1919, l’usine d’explosifs Flavier, à 700 m de là, voit une énorme déflagration qui met le feu aux toitures de la Correction. L’aile longeant le canal est détruite ainsi que des portions des ailes de flanc.

 

 Large_Gang
Coursive large et cellule sans doute d’isolation. 

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’occupant nazi récupère à nouveau l’infrastructure pour l’incarcération de prisonniers politiques. De 1945 à 1975, nouvelle utilisation en tant que casernement pour les troupes des Transmissions de l’Armée, les chambrées de 70 lits sont sous les combles. Dans cet intervalle, deux ailes de trois étages sont construites de part et d’autre du bâtiment central et le reste du bâti est fortement modifié, surtout au niveau des fenêtres. Les années cinquante voient encore des destructions ou l’érection de quelques bâtiments extérieurs pour le compte de l’Armée. Puis, à nouveau, s’ensuit un lent abandon définitif.

Gang_Cell


 
Encore quelques pas et vous y êtes ! 

 

En 1981, la ville de Vilvorde devient propriétaire des lieux et y installe ses services techniques. Il faut attendre 2006 pour que les parties historiques soient protégées par les Monuments et Sites et 2007 pour voir le début de la restauration et de la rénovation. Il faut saluer les autorités communales de Vilvorde qui, pour réhabiliter cette zone du canal, ont choisi la solution du développement durable : la conservation de ce vestige historique somme toute incomparable puisque seul et unique en Belgique !

 

 Zodiac
Un graffiti de prisonnier, dit « le zodiaque ». 

Quant aux liens entre la petite rue de la Madeleine et la Correction comme relatés en début d’article, relisons ces lignes de Wauters : « En 1835 parut à Bruxelles un curieux pamphlet dont l’auteur paraît avoir voulu, par un plaidoyer pro domo, du reste maladroit et écrit en un style alambiqué et ridicule, intéresser le public à des déconvenues personnelles peu intéressantes ». La source est une plaquette d’un certain De Jumne intitulée « Vices et intrigues de la maison de détention » publiée à Bruxelles en 1835. Des noms sont cités mais comme Quiévreux je maintiendrai l’anonymat… En tout cas pas un mot du sieur Wallop ! Curieuse histoire !

 

 Robert Dehon   Wall_Win

Bâtiment des geôles des femmes avant restauration.  

 

Je remercie vivement Raymond Waeyenbergh, vice-président du « Heemkundige Kring Hertog Hendrik I Vilvoorde », pour son aide documentaire et pour m’avoir fait visiter la « Tuchthuis » avec toutes les facilités de prises de vues. Actuellement, la Correction est encore un vaste chantier mais des visites de groupe seront possibles (commentaires en néerlandais ou français) dans quelque temps. Vous serez tenu informés sur ce website.

Sources

« Bruxelles notre capitale », Louis Quiévreux, éditions PIM-Services, ca 1951

« Het voormalige tuchthuis van Vilvoorde », Dieter Nuyten et al, M&L, Ministerie van de Vlaamse Gemeenschap, nr. 1, 2006.

« Histoire des environs de Bruxelles », A. Wauters, 1972.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore une fois, MERCI  Robert Dehon pour la qualité qu'il apporte au blog avec ses formidables articles.

Sophie

03/03/2008

Victor Hugo à Bruxelles

Loin de moi l’idée de publier un ixième papier sur Hugo à Bruxelles. Il existe de nombreux sites Internet qui en parle avec plus ou moins de bonheur. Je préfère axer ce topic sur l’image « Jadis et Maintenant ». Je ne parlerai donc pas des œuvres, ni des actions politiques de Hugo à moins que cela ne se justifie pour suivre son cheminement bruxellois. Par contre, je vous propose une chronologie de différents lieux où il vécut et un salut aux Galeries Royales Saint-Hubert… puisque nous devions passer par-là.

 

 

 Portraits_Hugo

                  Hugo jeune, âgé et croqué (Wikipedia).

 

 

La première visite en Belgique de Hugo se passe en 1837, pendant un mois de fin d’été. Il est en compagnie de Juliette Drouet. Ah oui, j’oubliais, j’efface ces dames de ce reportage, car notre gaillard adorait courir le guilledou qu’il soit de dentelles ou de coutil. Notre pays fêtait son septième anniversaire : il le fréquentera pendant trente-quatre ans, non sans problèmes d’ordre politique, ou de simple police. Venant de Paris, il s’arrête à Mons puis c’est Bruxelles et sa Grand’ Place qu’il admire, ainsi que la collégiale Sainte-Gudule. Il explore ensuite le nord du pays : Anvers, Gand, Bruges et Ostende. En 1840, retour en notre bon pays, cette fois, c’est le sud qui le capte : Namur, Dinant, Huy, Liège et Verviers. Somme toute, des vacances studieuses puisqu’il n’hésite pas à exprimer de légères critiques… mais aussi de l’admiration, faut- il le rappeler ?

Les choses se corsent lors du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte du ‘Deux-Décembre’, en 1851 : Hugo est un « people » avec une activité politique et littéraire intense en ces jours troubles. Il pourrait être arrêté. Hugo quitte la capitale française, vite fait bien fait : direction Bruxelles, où il arrive de 12 décembre, sous le faux nom de Lanvin. C’est l’exil ! Rageur, notre Victor, Napoléon III l’énerve ; Hugo le déteste ! De son séjour dans la capitale, il n’aura qu’une idée, publier un texte contre Napoléon III qu’il nomme « le petit » par rapport, vous l’imaginez bien, à Napoléon « le grand », le seul, le premier !

 

Violette
                                           

                                                                                                                                          

Rue de la Violette : l’hôtel de la Porte Verte a disparu, l’Old England est magnifique... 

Son premier logis à Bruxelles se situe au 31 de la rue de la Violette, à l’hôtel de la Porte Verte, où il s’installe, seul, dans la chambre 9. Il paye trois francs cinq par jour. C’est une somme sans en être une : Hugo est bien dans ses papiers, le seul problème étant de récupérer ses avoirs, ce qui fut exécuté. Considérons simplement qu’il a du répondant. Ajoutons que le nom de la rue de la ‘Violette’ provient d’une mésinterprétation, l’artère devrait s’appeler rue ‘Vyolet’ du nom d’un membre de la famille ‘t Serclaes qui y avait un immeuble.

 

Gal_Prince


La Galerie du Prince et son fronton ; le 11 bis est sous l’enseigne de cette formidable librairie (« Vous avez le dernier Kadath ??? »). 

 

 

Ne s’y sentant pas à l’aise, il quitte immédiatement l’établissement pour trouver refuge chez son ami Jean Antoine Luthereau, artiste et écrivain, au 11 bis de la Galerie des Princes que l’on devrait nommer « du Prince » (54 m de long), perpendiculaire à la Galerie du Roi (100 m). Luthereau, natif de Bayeux, publie des essais à Paris et arrive à Bruxelles en 1852 où il devient rédacteur en chef du journal ‘La Renaissance’.

 

Gal_SH_Fac_PL

Le porche d’entrée de la Galerie de la Reine, le plus prestigieux.  

La Galerie du Roi se prolonge après avoir croisé la rue des Bouchers par la Galerie de la Reine (100 m), en direction la rue Marché aux Herbes. Le Passage Saint-Hubert (du nom de l’ancienne rue détruite) est sans doute le premier à être recouvert d’arcades vitrées à 8 m de hauteur dont les façades répondent aux trois ordres (toscan, ionique et corinthien ; style renaissance florentine) ; il est renommé « Galeries Royales » en 1965 (213 m au total).

 

Gal_SH_Int

 Preuve que sans un objectif à basculement, le ‘matching’ a de la peine à suivre… 

Dessiné par l’architecte hollandais Jean-Pierre Cluysenaer, il est décoré par Joseph Jacquet. Inauguré le 7 juin 1847 par Léopold 1er, cette construction devance la prestigieuse Galerie Vittorio Emanuele II de Milan. Habiter aujourd’hui à cet endroit doit être un plaisir exquis (il y a toujours quelque soixante appartements privés). Hugo ne l’entend pas de cette oreille et veut libérer de sa présence son ami et son épouse.

 

Gr_Pl_N16_bat

 

Maison des Ducs de Brabant ; soit six maisons accolées dont le nom générique vient du nombre de bustes de ducs qui ornent ses colonnes. En fait, les maisons possèdent un nom (de g. à dr.) : la Bourse, la Colline, le Pot d’Etain, le Moulin à Vent, la Fortune et l’Ecrevisse ou l’Ermitage.

 


Gr_Pl_N16_place 
 De sa fenêtre au n° 16, Hugo devait contempler ce spectacle. 

Si bien que le 5 janvier de l’année 1852, il trouve logement au 16 de la Grand’ Place. Il s’agit d’une maison faisant partie du « complexe » des Ducs de Brabant, ce qui est pour la plupart du temps négligé. Hugo en donne la description suivante : « Une halle immense, avec trois fenêtres qui ont vue sur cette magnifique place de l’hôtel de ville ». Sinistre, nue, un divan lit, une table, un miroir. Du chauffage ? Sans doute pas.

 

Gr_Pl_N27

 L’immeuble n° 27 est nommé « Le Pigeon » ; cette ‘maison des peintres’ fut démolie lors du bombardement de Louis XIV (1695) et reconstruite par l’architecte Pierre Simon.  

Hugo y séjourne moins d’un mois et file vers le 27 de la même place. Cette fois, le confort se conforme mieux à ses souhaits. Deux chambres avec lit, chauffage pour une et orientée au midi (enfin, plus ou moins, sud-ouest est plus exact). Son pied-à-terre surplombe un bureau de tabac tenu par une certaine Madame Cébére qui s’autorise l’appellation de « Mères des Proscrits », ce qui doit sans doute faire sourire Victor.

La pression politico-policière reprenant le dessus, Hugo quitte le pays, pour transiter par Londres et joindre l’île de Jersey. Les îles anglo-normandes sont proches de la France. Il peut, par temps clair, en voir les côtes, délicieuse vision. Il demeure en ces îles jusqu’en 1861 : c’est une autre histoire.

 

La situation politique en France s’étant stabilisée, il envisage une sorte de rapprochement vers l’hexagone. Prudent, quand même, c’est vers la Belgique que lui mènent ses pas. Retour à Bruxelles ! Il séjourne du 15 mai au 14 juillet 1861 à l’hôtel des Colonnes à Mont-Saint-Jean, ce qui lui permet – enfin ! - d’explorer le site de la bataille de Waterloo. Il ne s’y était pas déplacé pour son poème ‘L’Expiation’ : « Waterloo, morne plaine…». Il y achève « Les Misérables ».

 Barricades_Old
Place des Barricades « Now and then » (via Nicky – que vous connaissez tous - pour la carte postale d’époque) ; sous le règne hollandais ‘place d’Orange’, elle renommé en 1831 pour commémorer les combats de 1830 à Bruxelles. 

Son fils – je n’entre pas dans les détails qui compliquerait inutilement cet article - qui logeait au 3 bis de la rue de l’Astronomie, près du premier observatoire de Bruxelles, traverse le 15 janvier 1866 le boulevard pour emménager au 4 de la place des Barricades, la seule place circulaire de la capitale.

 

Barricades_Maison

C’est dans cette habitation à la façade incurvée que décède son épouse, Adèle, le 27 août. Il y séjourne du 27 juillet au 9 octobre 1869. Retour à la place des Barricades du 17 août jusqu’au 5 septembre 1870 après un passage en Grande-Bretagne. Car, ce jour-là, Hugo rejoint son ami Paul Meurice à Paris. La guerre franco-allemande avait démarré le 19 juillet. Le Second Empire s’écroule dans une défaite retentissante. Hugo jouera plus tard un rôle politique important au sein de la 3e République… critiqué ou sublimé selon les chapelles, mais il ne repassera plus jamais par Bruxelles.

 

Robert Dehon

 Sources et notes

Les illustrations (eaux fortes, gravures, etc.) proviennent de « La Belgique illustrée » (trois volumes), Emile Bruylant, rue Blaes 49, Bruxelles. Aucune date d’édition (19è siècle) ; ces volumes se trouvent de temps à autre sur des sites spécialisés. Les magnifiques illustrations sont signées du talent d’artistes tels Louis Titz, E. Puttaert ou Georg Meisenbach… qui, curieusement, ne sont pas crédités.

Les photos de Hugo ont été trouvées chez Wikipedia, elles sont tombées dans le domaine public ; j’indique quand même ce site comme source car je pense qu’il faut le supporter, estimant qu’il est actuellement injustement attaqué. Les autres sont ‘copyright Robert Dehon, 2007’ ou mentions spéciales.

Rassurez-vous, je n’ai pas lu les 18 volumes des « Œuvres complètes, édition chronologique » de Jean Massin, ni les 15 autres des « Œuvres complètes » de Jacques Seebacher. Je vous conseille le coffret chez Pocket « Victor Hugo » de Max Gallo, un grand moment de lecture… à échelle humaine.

Pour ce qui est du Passage Saint-Hubert, il existe un – très – beau livre « Galeries Saint-Hubert. Histoire et restauration », Bruxelles, 1998 (150 pages). Publié par le service des Monuments et des Sites de la Région de Bruxelles-Capitale avec la collaboration de Sikkens. Hélas, je ne le possède pas… encore.

Reste notre stupéfiante Grand-Place. J’ai consulté « Les maisons de la Grand-Place de Bruxelles » chez CFC-Editions (Collection Lieux de Mémoire), sous la direction de Vincent Heymans, Bruxelles 2001 ; un superbe ‘soft-cover’ de qualité universitaire.

29/02/2008

et si l'on pouvait revenir en arrière...

aemet colorisée
Je m'arrêterais devant chaque échoppe...j'écouterais mes ancêtres parler avec ce bel accent que j'aime tant....si sympathique le bruxellois

aemet et ateliers

Je longerais la place pour voir l'évolution du quartier....

je pénètrerais dans les impasses....Je faisais pareil pendant mon enfance ...mais dans les années 70, c'était la rue des Chandeliers, de la Samaritaine et toutes ses ruelles avoisinantes que j'explorais.....je garde encore en mémoire l'intérieur de chaque maison explorée !

Et puis....Les visages aussi.....

aemet sdf recto

Un bonheur mêlé de mélancolie, et aussi de tristesse à la découverte de cette carte….Toute une époque de ma vie me revient. 

Je la croisais souvent cette dame, je la saluais….nous empruntions souvent le même chemin sans jamais se parler….Je me posais souvent ces questions….Avait-elle été belle ? Que lui était-il arrivé pour en être là …Chaque année qui passait, j’observais sa déchéance physique….

J’abordais souvent les personnes démunies qui erraient dans la rue mais elle,… jamais je n’ai osé le faire…

Je lui dédie ce post….en espérant qu’un jour elle ai connut au moins une fois dans sa vie …une petite embellie.

aemet perso 1

aemet sdf verso

Ce serait chouette de retrouver la suite de cette série de cartes postales...

aemet

Je ne m'en lasserai jamais de les observer .....

 

28/02/2008

Un des derniers résistant du bld Jacqmain au début des années 80

bld e jacqmain hôtel canterbury
Hôtel canterbury bld E. Jacqmain...j'ai bien cru qu'il resterait lui....Il aurait été beau rénové....ben non ......Rasé !!!!  comme le reste !!!

bld de la Senne

Boulevard de la Senne...

bld e jacqmain-Senne

Boulevard Emile Jacqmain

place de brouckère incendie

 

Un camarade blogeur ancien pompier à BXL...Charly Street m'a demandé si vous aviez de la documentation au sujet de cette catastrophe....si oui, pouvez-vous me la transmettre svp....je ferai suivre....d'avance un tout grand merci pour lui et les pompiers de Bruxelles.

14:34 Publié dans Place de Brouckère | Commentaires (13) |  Facebook | |