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20/01/2013

Bruxelles sous la neige

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29 décembre 1893, récolte de glace au Bois de la Cambre.

Sacrée aubaine pour les marchands de glace que cet hiver rigoureux : la glace atteint cette année de 20 à 21 cm d’épaisseur !  C’est un objet de curiosité que la façon dont s’effectue la récolte de glace.  Nombre de promeneurs, malgré le froid intense, viennent sur les bords des étangs du bois voir comment on la pratique.  Montés sur des bateaux, les ouvriers brisent la couche gelée à l’aide de longues piques.  Près de la rive, des chariots reçoivent les glaçons qui sont emmagasinés jusqu’à l’été pour fournir les nombreuses glacières de la capitale.  Après un hiver comme celui que nous subissons actuellement, les Bruxellois ne risquent pas de manquer de glace l’été prochain : il est le plus rude que nous ayons connu depuis dix ans.

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Le 24 janvier 1886, il a neigé sur Bruxelles toute la journée.  Très rapidement, la ville s’est recouverte d’un épais manteau blanc, qui a perturbé le trafic dans le centre, spécialement celui des omnibus à traction chevaline.  Dans la soirée, la Grand’Place revêtait une allure fantasmagorique.  Aspect encore accentué par les deux grands mâts électrique récemment installés en son centre et dont la lumière crue allume de bizarres reflets sur le sol enneigé.  Cette débauche de lumière que certains ont critiquée est aujourd’hui la bienvenue : elle permet aux balayeurs de déblayer la place, tandis que les habitants du quartier peuvent dorénavant y circuler une fois la nuit tombée.  Sans courir le danger de se voir détroussés par un quelconque malandrin qui profitait de ce coupe-gorge obscur pour perpétrer impunément son forfait.

 

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Bois de la Cambre

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Au Parc de Bruxelles

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En 1886

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Au Parc de Saint-Gilles en 1922

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Le Marchand de marrons chauds.

Les premières froidures de cet hiver 1886 on vu réapparaître dans les rues de la capitale les représentants d’un petit métier ambulant qui forment le décor immuable de notre cité dès que les températures chutent : Les marchands de marrons chauds.  Leur cri, bien connu des habitués, retentit dans les artères du centre et sur les places publiques où ils s’installent pour s’abriter du vent, leur appel traditionnel : « Chauds, chauds les marrons chauds » !  Leur clientèle, composée d’habitués et de passants attirés par le fumet des châtaignes rôtissant sur un feu de charbon de bois ou de coke, comporte nombre d’enfants qui apprécient cette friandise.  Un cornet contenant une douzaine de marrons coûte 5 centimes… Au Prix d’un travail pour le moins ingrat.  Passer son existence à l’extérieur, peu importe le temps, n’a rien d’agréable !

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21 décembre 1922.  Depuis quelques jours, la neige tombe sur Bruxelles, transformant notre capitale en la recouvrant de son blanc manteau.  Qui donc reconnaît encore, sur cette photo, ce carrefour parmi les plus animés de la ville qu’es la Porte de Namur ?  Le mauvais temps en a fait un endroit presque désert où trône, impassible, la Fontaine de Brouckère…

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En ce mois de janvier 2013, nous sommes victimes d'une offensive hivernale.... Pensons aux SDF et aux victimes de la crise

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Malgré les services d'aides qui existent depuis bien des années, agissons ensemble aujourd'hui, ...ne soyez pas indifférents !

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Il y a de plus en plus de personnes seules...Consacrez un peu de votre temps....

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SI VOUS VOYEZ UN SDF EN DETRESSE ou 1 PERSONNE EN DIFFICULTE, MERCI DE BIEN VOULOIR CONTACTER LES SERVICES SUIVANTS :

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En espérant quand-même que cela ne vous mine pas non plus le moral, voici une attraction d'époque pas si lointaine que ça  à WOLUWE ST LAMBERT .... le ski artificiel....

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16/01/2013

petite chronique de 1933 suite

 

 

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Plus de 1800 familles utilisent les carnets de dix coupons, au Théâtre royal de la Monnaie, et font une économie de 20%.  Prix du carnet : 280 FB.

 

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Théâtre de l'Alhambra

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Théâtre Molière

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Le Théâtre du Parc

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Le Cirque Royal

 

La question du chapeau au théâtre est un des graves problèmes de l’heure présente.  Quand le chapeau est interdit aux dames, il en est qui, légitimement, peuvent prétendre que le minuscule bonnet qu’elles portent de côté n’est pas un chapeau.  L’ouvreuse n’est pas de cet avis.  Le bourgmestre Max vient de les mettre d’accord : il a donné pour instructions à la police de tolérer que les dames occupant dans les théâtres les places où les chapeaux est interdit portent des coiffures basses, enserrant la tête et dont les garnitures ne puissent gêner d’autres spectateurs.

 

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Théâtre de la Monnaie et Taxis

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Théâtre Flamand

 

 

 

 

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-La Police bruxelloise compte 1256 personnes.  Un budget de plus de 30 millions.  Signalons que le nombre d’automobilistes qui ont reçu une contravention pour avoir dépassé les 40 km/h en ville s’est élevé à 1834, pour l’ensemble de l’année dernière.

 

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COMMISSAIRE EN CHEF SOUS LES VERROUS

Dimanche 17 décembre 1933, le juge d’instruction Demuylder, après avoir conféré avec M. Simons, premier président de la cour d’appel, a placé sous mandat d’arrêt M. Geroges Angerhausen, a avoué avoir servi d’intermédiaire pour la vente d’huiles et d’essences de la maison Pauwels, avoir touché de ce chef des commissions, et avoir, à la demande de Pauwels, « classé sans suite » plusieurs contraventions ou procès verbaux.

 

GENDARMERIE ET T.S.F.

Le budget de la Gendarmerie, pour 1933, est en diminution de 12 millions environ sur celui de l’année dernière.  Il y a cependant un poste nouveau important : celui de 410.000 FB, qui prévoit la réalisation du réseau permanent de télégraphie sans fil de la Gendarmerie.

A propos, combien y a-t-il d’appareils de T.S.F. en Belgique ? A l’heure actuelle plus de 285.000 détenteurs de postes récepteurs ont acquitté la taxe.  Plus les fraudeurs…..

 

-Le mardi 16 mai 1933, les nouveaux gendarmes motocyclistes chargés de la surveillance de nos routes ont opéré pour la première fois.  Aux environs de Cortenberg, ils ont arrêté un automobiliste, qui avait oublié de corner lors d’un dépassement en rase campagne.  L’automobiliste a reçu des instructions précises sur les règles de la circulation qu’il venait d’enfreindre.

 

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LE CRIME DES SŒURS PAPIN

Le 2 février 2013, dans l’après-midi, un habitant du Mans rentrant chez lui avait découvert sa femme et sa fille étendues sur un palier, le visage broyé, le crâne écrasé et la partie inférieure du corps tailladée.  Les deux bonnes, les sœurs Papin, qui avaient commis ce double meurtre, étaient dans leur chambre.  Elles avouèrent, calmes en apparence, leur forfait.  Trois psychiatres concluent à leur entière responsabilité.

 

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-Le mardi 9 mai 1933, M. Hymans, ministre des Affaires étrangère et vice-président du Conseil des ministres à demandé aux Chambres d’accorder des pouvoirs spéciaux au gouvernement pour une durée de trois mois.  Il les a obtenus.  Début juin, le gouvernement promulguait dix arrêtés-lois dont le but était de rétablir l’équilibre budgétaire.  Traitements, pensions d’ancienneté, pensions de vieillesse subissent une réduction générale de 5%.  Les subventions et les subsides sont réduits de 20%.  Les dépenses d’administration sont diminuées en bloc de 10%.  Une taxe de crise frappe les titulaires de revenus supérieurs à 35.000 FB.  Une contribution d’un et demi pour cent est appliquée à tous les citoyens.  Au mois de juillet, se livre la première bataille politique des ondes : on entend sur les antennes de l’I.N.R. ministres et membres de l’opposition.

 

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-L’Art nègre est à la mode… Les marchands de curiosité, à Bruxelles, Paris, Berlin, Londres, New York, se sont évertués à orner les musées et les salons de statuettes et de masques.  Un tel engouement a inévitablement créé des imitations.  Des objets ont été fabriqués en nombre sur le sol même de l’Afrique, sous la conduite d’Européens malins.

 

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A LA GLOIRE DE LA MAROLLE

 

Ce dimanche 1er juillet 1933 folklore bruxellois a connu une journée exceptionnelle.  Les amis de la zwanze et du délicieux parler bruxellois qui, hélas, se meurt lentement, ont inauguré, en contrebas du Palais de Justice, un bas-relief du sculpteur Pierre Wolf représentant un jour de guindaille dans le vieux quartier populaire de Bruxelles.  Traitée à la manière de Pierre Breughel le vieux, peintre incontesté des liesses brabançonnes, l’œuvre rappelle qu’il fut, lui aussi, habitant de ce quartier (sa maison se situait rue Haute et est enterré dans l’église de la Chapelle… enfin… dit-on).  Ce fut un pittoresque épisode de cette vie populaire de notre capitale qui se termina, comme il se doit, dans les estaminets du quartier, où gueuze, faro et lambic coulèrent à flot.

 

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TRANSFUSION SANGUINE

Le professeur Bogomoletz, membre de l’Académie des sciences de Moscou, vient de signaler que la transfusion du sang pourra désormais être largement opérée.  Cette transfusion en masse a été rendue possible par la découverte d’une méthode de conservation du sang.  C’est ainsi que du sang expédié de Moscou a pu être utilisé dans d’excellentes conditions à Vladivostok, à plus de 10.000 km.

 

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-Hitler plébiscité par 40 millions d’Allemands. 

L’ancien peintre en bâtiment Adolf Hitler, celui-là même qui avait tenté un coup de force à Munich en 1930 mais avait alors échoué, va, en une seule année -1933- prendre le pouvoir absolu en Allemagne.

 

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UN REMOULEUR A L’ ABRI

Décidemment, on n’arrête pas le progrès.  Cet aiguiseur bruxellois a remisé la charrette à bras qu’il poussait de par les rues pour la remplacer par une automobile.  Pour rendre à nouveau tranchants couteaux et ciseaux, notre homme n’a plus besoin de pédaler sur sa meule, puisque celle-ci est entraînée par le moteur.  Mais où s’en va le pittoresque d’hier ?

Que le pittoresque s’en aille, affirme-t-il, n’a guère d’importance pour moi.  Depuis que j’ai mis mon installation au goût du jour, je me fatigue beaucoup moins.  Et, en outre, je n’ai plus à me soucier des intempéries !

 

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11/01/2013

Vie quotidienne en 1933

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Le Palais de Justice de Bruxelles :

La visite du Palais se fait par groupes, en semaine, de 9h à 16h, le dimanche, de 9h30 à 12h.  Visite du Palais : 2 francs par personne.  Ascension du dôme, 3 francs par personne ; le ticket de 3 francs donne droit à la visite du Palais.  Ascension du dôme, en semaine, le matin de 9h30 et à 11h ; l'après-midi de 13h30 et à 15h ; le dimanche matin à 9h30 et à 11h.  La visite est gratuite pour tous les élèves d'établissements belges d'instruction, officiels ou non, visitant le monument sous la conduite de leurs professeurs et sous la réserve que la demande en soit régulièrement faite au moins dix jours à l'avance à l'architecte du Palais.

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GUIDE DU PALAIS DE JUSTICE

Petite Pub d'époque

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10/01/2013

Chez Toone à l'époque ....

 

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Pendant la semaine sainte, Toone met en scène le Vrai Mystère de la Passion de Notre-Seigneur.  Alors que tous les personnages sont présents sur la scène, la Vierge s’approche de son fils pour le réconforter.  Le Christ, infiniment las, lui répond : « Och, Moema !  Ik hem flanelle biene ! ».  Dit dans le langage de chez nous, par les acteurs de Toone, n’est-ce pas là un moment des plus émouvants du théâtre ?

 

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Dans les coulisses, les plus grands noms de l’histoire : Charlemagne-à-la-barbe-fleurie, Poepa, le duc de Guise, Blache de Nevers, Lagardère, les spadassins, la Sainte-Vierge, Jeudass, Juuzeke et tant d’autres. 

La préférence de Toone va aux pièces de cape et d’épée dans lesquelles les nobles chevaliers sont aux prises avec les vilains traîtres.

 

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Toone leur fait parler tous la même langue mais il parvient à se placer dans la peau de chacun de ses personnages.

Ses représentations ont fait les délices de Bruxelles-Kermesse, à l’exposition universelle de 1910.

 

Extrait du livre « La rue Bruxelloise vers 1900 » de la CGER

 

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1931, Toone est ressuscité !  C’est dans un des coins les plus pittoresques de la rue Haute, au n°6 de la rue Christine, que s’est ouvert en cette fin du mois de mars le théâtre de marionnettes de Toone V, plus communément dénommé Daniel Van Landewijck.  Il succède à Jan de Crol.

 

Extrait du journal « Le Soir »

 

 

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Noël chez Toone.

Vers les années 1917-18, le grand écrivain belge Michel de Ghelderode entreprit la tâche de mettre par écrit, pour qu’elle ne se perde jamais la tradition orale qui se transmettait de père en fils dans la dynastie des montreurs de marionnettes et qui remontait à l’époque de la domination espagnole.  Dans ce but, il se mit à fréquenter assidûment les Marolles et recueillit de la bouche de Jean Hembauf, dit Toone IV, les éléments nécessaires à la rédaction de ces petits chefs-d’œuvre de folklore.

 

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Voici en résumé l’histoire de la Nativité telle que José Géal 6ème de la dynastie des Toone la présent encore aujourd’hui.

-La scène du castelet représente Béthléem où Joseph et Marie se sont rendus pour calcul des enfants.  La ville de la Nativité est présentée sous l’aspect… de la Grand’Place de Bruxelles.

Le préposé à l’ordre public n’est autre qu’un brave ajoein ou stockagent  (agent de police) de la capitale, qui accueille le couple….

L’agent : - Qu’est-ce que vous faites sur la voie publique ?  Allei, circulei !

Joseph : - Rien.  Nous sommes à la rue.  Ayez pitié de nous !

L’agent : Ca est triste.  Vous avez l’air de gens convenab’.  Si vous êtes pas trop difficiles, prenez la première rue à droite.  Vous trouverez une étab’ avec un âne et un bœuf.

Marie : - Merci, monsieur l’agent.  Le petit Jésus va naître à minuit…

Un ange de Dieu apparaît aux bergers effrayés.  Leurs trognes enluminées, représentant des hommes du peuple, rappellent irrésistiblement les Masques ostendais du peintre James Ensor.

L’ange : - Allez adorer le petit Jésus.  Moi, je regarderai à votre troupeau.

Un berger : - Ousqu’y faut aller, Monsieur l’Ange ?

L’ange : - C’est là ousque l’étoile pend dessus.

Les bergers, en chœur : - Allons adorer le petit Jésus qui à froid !

Hérode, le traître de la Nativité, est représenté sous le costume d’un homme de loi (genre de personnage très peu prisé du populaire.  Il vient d’apprendre de la bouche de son devin Pinnemouch que Jésus était né et que ce petit bébé allait le mettre bas, lui le grand roi célèbre dans l’Histoire Sainte.

Il appelle ses sbires (représentés par des marionnettes habillées en soldats espagnols de l’époque de Philippe II) et leur dit :

-Vous allez tuer tous les petits enfants qui viennent de naître.  Comme ça, je suis sûr de pas manquer le petit Jésus !

Un sbire : - Sire, y z’ont rien fait, tous ces mennekes !

Hérode : - Ca est un ordre !  Et pour finir, coupe la tête de ce Jean-Baptiste qui a baptisé le petit Jésus … et apporte-la.

Le sbire : - Dans du papier ou sur une assiette ?

Nous somme à nouveau sur la Grand’Place de Béthléem-Bruxelles.  Les sbires procèdent au massacre des innocents sous l’œil attérré des parents.  Hurlement, batailles féroces, brutis d’orage.  Tout à coup, le capitaine des sbires crie Victoire ! …  

Tous s’en vont et le capitaine va faire son rapport à Hérode.

Le capitaine : - Sire, on les a tous tués !

Hérode : - Tu es un leugenoet (menteur).  Ca est pas vrai ! Le petit Jésus à joué Schampavie !

Le capitaine : - Ca est impossib’ !

Hérode : - Combien de ketjes as-tu tranchés ?

Le capitaine : - 200..357 tous justes.

Hérode : - Il y en a un trop peu.  Recommence !

Le capitaine : Pitié, Sire ! Je n’ai plus le courage….

Hérode : - Ara ! (il tue tous les bires).

Tout à coup, Lucifer et la Mort apparaissent dans une apothéose de feux de Bengale.  Hérode est terrifié.

Lucifer : - Misérable bourreau ! Ton heure a sonné !

Hérode : - Attends ! Je vais me repentir …

Lucifer : - Trop tard !

Lutte effroyable… Hérode est entraîné en enfer avec tous ses sbires.

Lorsque le spectacle est terminé, la toile de fon du castelet se lève et une crèche illuminée apparaît.  Elle reproduit fidèlement, avec des marionnettes, celles que l’on peut voir les églises.  Michel de Ghelderode, qui assista aux anciennes représentations de Toone, rapporte :

« En ce moment, un joueur entonnait une chanson de circonstance.  A la fin de l’air, il jetait des bonbons bon marché dans la salle.  Le public populaire, qui attendait cet instant, criaillait à tue-tête : Koekskes ! Koekskes !

 

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04/01/2013

restaurant CHEZ ADRIENNE

CHEZ ADRIENNE

62, Rue de l’Amazone – Bruxelles – Tel. 38.13.65

D’après le Guide « à boire et à manger » de Bruxelles en 1962. De Raymond Declerfayt.

 

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Rue de l'Amazone autrefois

 

 

Une petite marquise à l’entrée signale au passant l’existence – si connue de beaucoup de Bruxellois – de ce restaurant bien fréquenté. 

Je n’ai pas tardé à y venir un vendredi de février. 

On nous apporte un Muscadet 58 « Comte de Camiran » Loire inférieure et puis on ne s’occupe plus de nous.

Après 10 minutes, mon invité me dit « Les hors-d’œuvre c’est tintin, si nous n’allons pas, comme les autres dîneurs nous servir nous-mêmes… »

Je lève la tête et constate, en effet, que des messieurs très graves, assiette en mains, se pressent autour d’un comptoir où 50 hors d’œuvres différents s’offrent à leur convoitise… Nous les imitons aussitôt et trois fois nous allons sous les cors d’un trophée cynégétique qui surplombent le comptoir, choisir parmi ce choix selon notre seul caprice.

J’ai pris un pâté « Adrienne » qui, de loin, surclasse tout le reste, puis un œuf en gelée, puis des anguilles hollandaises fumées, ensuite une tomate farcie, des céleris raves, de la cervelle, et puis un oignon doux à la grecque et des anchois !

 

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J’aurais pu continuer, car Adrienne m’a dit : « Vous savez, autant que vous voulez, nous ne surveillons pas ! »

Cette liste que je viens de vous donner serait bien plus longue si je n’avais demandé, pour suivre, un « ramier à la monégasque » qui m’attire par son originalité.

Je cherche, en effet, à varier mes menus, ce qui n’est pas toujours facile à Bruxelles où l’on aime tous les plats que vous savez et que j’ai énumérés déjà à longueur de rubrique.

En attendant le ramier, voici la salle telle qu’elle se présente en février 1961.  La maison n’est qu’une maison bourgeoise banale de 1910, avec ses sous-sols surélevés, un escalier menant au bel étage où nous cherchons des yeux la salle du restaurant.

Un garçon nous en indique la porte que nous ouvrons pour y découvrir aussitôt un local de 13 mètres de long, formé de 3 pièces d’enfilade qui étaient le fin du fin en 1910.

La porte-fenêtre arrière donne sur un jardin.  Dans le coin de la plus petite salle arrière, nous voyons une table ronde – fort à la mode – surmontée de l’inscription : « le coin des vedettes ».  Cette table est, - hélas ! nous sommes ses voisins – restée inoccupée.  La salle du milieu est occupée par le comptoir à hors d’œuvres, quatre tables et seize chaises.  La pièce de devant qui donne sur la rue, comprend également quatre tables, recouvertes de nappes en papier.

En été, nous dit le garçon, quand il fait beau, on installe les tables dans le jardin.  Cela doit être charmant.  Le sol des trois pièces est recouvert d’un tapis chiné en nylon.

Le chien de la patronne (Adrienne) est d’une taille minuscule qui ne l’empêche pas d’être bruyant.  On l’expulse au jardin.  Il continue à bruiter.  On le fait rentrer…

Voici le ramier monégasque.  Il est noyé dans une ratatouille niçoise, constituée de courgettes, poivrons, aubergines, tomates fraîches, oignon, ail, persil, genévriers, sauge, huile d’olive.  Cette ratatouille n’est pas aussi relevée qu’à Nice, mais c’est à la demande de la clientèle qu’elle est atténuée.

Le ramier a la chair ferme, mais plus fine que le pigeon, cette chair noire se rapproche un peu du goût de la perdrix.  Voilà au moins un mets savoureux et de vraie cuisine.

Le dessert est une mousse au chocolat.

 

Nous déclinons le café, ce qui semble déplaire à la patronne.  La clientèle est choisie, malgré les démocratiques nappes en papier – médecins, industriels, avocats, et, hélas ! quelques ministres du piteux gouvernement de l’époque (sic)

 

Notre addition pour 2 personnes

2 menus                                            200 FB

1 muscadet                                      110 FB

TOTAL                                               310 FB

Service                                                45 FB

 

TOTAL GENERAL                             355 FB

 

 

 

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Droit de réponse de la patronne suite à la parution du guide :

Monsieur,

Mon nom est Galuzzi, veuve Ortmans, prénom Adrienne, évidemment.

Age : entre 39 et 50 ans.  Niçoise.

J’ai créé mon établissement en avril 1954 et mes spécialités sont niçoises en plus des 50 à 60 hors d’œuvre variés.

Les menus sont à 80, 100 et 125 francs belge.  Mon omelette aux fruits de mer fait fureur !

Le Muscadet dont vous parlez était un 1959, Comte de Camiran, Maisdon s/Chèvre (Loire inférieure).

Lorsque vous êtes entré chez moi, je vous ai immédiatement identifié, parce que vous avez sorti un calepin de votre poche. 

Je ferme tous les dimanches et tout le mois d’août.

 

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D’après le Guide Julliard de Bruxelles - Henri Gault Christian Millau de 1965

Restaurant Chez Adrienne (même adresse que ci-dessus)

 

Un hôtel particulier 1900, entouré de charmants jardins où, aux beaux jours, on dresse des tables.  Le restaurant est installé au premier étage dans 3 pièces en enfilade.  Adrienne, une aimable Niçoise dans la quarantaine, est là depuis 1954.  C’est chez elle qu’on trouve les meilleurs hors d’œuvre de Bruxelles.  Ils sont une cinquantaine, posés sur une longue table, et la tradition est d’aller se servir soi-même, assiette en main et à volonté.

Mais Adrienne propose également des spécialités méridionales, comme la ratatouille niçoise, l’omelette aux fruits de mer, le pigeon monégasque, etc.  Clientèle d’habitués, hommes d’affaires, politiciens, médecins, avocats.  Une bonne petite maison sans prétention.

Environ 200 FB, sans le vin.

 

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D’après le Guide Bruxelles Gourmand de 1975 d’Elisabeth Lange on peut lire :

 

CHEZ ADRIENNE

124 Avenue Louise – 1050 Bruxelles – Tel. 649.54.41 – Fermé le dimanche et jours fériés – Plats uniquement à la carte.

 

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avenue Louise

 

Le restaurant Chez Adrienne a quitté voici peu la rue de l’Amazone où, durant près de 20 ans, il avait mené une carrière paisible et prospère.

C’est sans aucun doute à cette prospérité qu’il doit d’avoir pu s’installer dans une des confortables maisons de l’artère sélecte qui a nom Avenue Louise.  Le déplacement n’est pas bien grand, mais pour le standing, quels coup de pouce ! ….

Le cadre est résolument moderne : tapis plain brun foncé, murs recouverts d’une toile aux tons clairs où contrastent les dessins de Folon, sièges à cannage et armatures métalliques, tables en verre fumé qu’éclairent de ravissantes boules blanches descendues du plafond…  C’est lumineux, sobre et de bon goût.  A l’étage il y a un bar où les clients peuvent prendre l’apéritif, en attendant qu’une table soit libre, ou le café, après le repas.  Il se compose de deux petites salles séparées par un ravissant jardin d’hiver.  L’une est meublée de tables basses qu’entourent des fauteuils en cuir blanc ; l’autre possède un mobilier identique à celui du restaurant.  Les murs blancs et bruns soulignent la fraîcheur de tons de quelques Vasarely. 

Adrienne Galuzzi, d’origine niçoise, fondatrice et première patronne de l’établissement, savait fort bien ce qu’elle voulait.  Elle a su donner d’emblée à son restaurant une ambiance bon enfant et une orientation culinaire précise.  En dehors des spécialités méridionales, matière où elle était quelque peu orfèvre, c’est à la qualité, à la diversité, à l’abondance des hors d’œuvre qu’elle s’est surtout attachée.  Il y en avant tant, de si délectables et présentés de façon si alléchante que les plus gros mangeurs n’arrivaient pas à les goûter tous.  Cela s’est su très vite et nous connaissons pas mal de gent dons ces fameux hors d’œuvre ont fait des commensaux fidèles de la maison.

Il y a quelque dix ans, Adrienne reçut la visite d’un jeune étudiant en chimie, Pierre du Welz.  L’entrevue fut décisive.  Elle aboutit à une entente si complète que Pierre du Welz ne reprit plus le chemin de l’université.  Il s’installa rue de l’Amazone et y apprit son métier de restaurateur sur le tas.  Aujourd’hui, le patron, c’est lui.  Adrienne lui a remis son affaire.  Il fait son marché matinal, passe aux fourneaux le plus clair de son temps et gère la maison en bon père de famille.

Mais les traditions n’ont pas changé.  Pas même le nom de l’établissement.  On trouve toujours Chez Adrienne, au milieu de la salle, l’immense comptoir garni de 50 raviers de hors d’œuvre.  Impossible, évidemment, de les énumérer tous.  Cela va du pâté du chef et des anguilles fumées aux oignons doux à la grecque, aux œufs en gelée, aux anchois à la cervelle, aux crevettes roses aux quartiers d’orange et à la salade de poivrons verts vinaigrette… Tout cela n’étant cité, comme on dit, qu’à titre exemplatif.  On se sert soi-même en faisant la queue, son assiette à la main ; on mélange ceci, cela, et encore ceci ; on revient se servir aussi souvent qu’on veut.  C’est tout juste si le personnel ne vous adresse pas des signes d’encouragement.  Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Si les hors d’œuvre de Chez Adrienne sont renommés – et à juste titre – on y mange aussi des grillades et des plats cuisinés qui ne manquent pas de séduction. 

Quant aux vins, ils sont très corrects.  Bornons-nous à citer quelques bons Bordeaux « mise d’origine » à 450 FB et un agréable Beaujolais à 260 FB.

Comme l’avait désiré Adrienne et comme le souhaite Pierre du Welz, l’atmosphère est décontractée.  Le code à coude du comptoir doit sans doute y être pour quelque chose.  Les messieurs tombent volontiers la veste pour manger.  Ce n’est pas du laisser-aller, c’est une manifestation de bien-être qui ne provoque aucun froncement de sourcils.  D’ailleurs la clientèle de Chez Adrienne a de la tenue.  Elle fleure la bonne bourgeoisie.  Impossible de s’y tromper, même si l’on n’y retrouvait pas ça et là quelques visages connus du monde de la politique, des affaires ou de la presse.

 

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Chez Adrienne vous présente une de ses recettes :

LE CUISSOT DE PORC CONFIT AU PORTO (préparation pour 30 convives)

Procurez-vous un jambon de porc frais pesant environ 8 kg et faites-le largement piquer de gousses d’ail.

Mettez tremper le jambon pendant une nuit entière dans de l’eau salée (il faut compter environ 1kg500 de sel ainsi qu’une abondante quantité de poivre moulu)

Le lendemain, vous le sortez de la saumure et vous le faites précuire dans un court-bouillon bien aromatisé aux herbes de Provence (réunissez la plus grande variété possible). Par ailleurs, vous faites confire des petits oignons blancs dans du porto.

Laissez refroidir le jambon dans un endroit frais mais pas au frigo.

Servez chaud ou froid.  Dans le premier cas avec les oignons confits, dans le second cas avec une compote d’airelles.

 

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