UA-38716482-1

18/09/2013

Le marché couvert de la Madeleine

Ancien marché de la Madeleine.

halle de la madeleine marché couvert .jpg


Façade masquant à l’origine un vaste marché couvert, dont l’arrière donnait rue St Jean et qui englobait la galerie Bortier.  Ce complexe érigé à l’initiative de P.-L.-A. Bortier pour occuper l’îlot formé par les rue Duquesnoy, St Jean et de la Madeleine, fut entrepris en 1847 sur les plans de l’Architecte J.-P. Cluysenaar et inauguré en 1848.  Il constituait le premier marché couvert de Bruxelles à l’exception du petit marché aux fleurs conçu juste avant, en 1846/47, par le même architecte dans les Galeries Saint Hubert.  C’était aussi à Bruxelles, l’une des premières constructions importantes en métal.

Le marché de la Madeleine répondait au souci, exprimé dans un rapport du Conseil de Salubrité déposé en 1846, de dégager et assainir les rues du centre de la ville : il devait accueillir les marchands de légumes de la rue du Marché aux Herbes, mais servira aussi à d’autres fins, commerciales ou mondaines. 

 

Le marché a été détruit, sauf les façades avant et arrière qui servent aujourd’hui d’écran dans la salle de la Madeleine, aménagée par les arch. M. et P. Mignot en 1957. 

marché madeleine035.jpg


18:17 Publié dans BRUXELLES, Halles (Les) | Commentaires (0) |  Facebook | |

La Colonne du Congrès

colonne congrès vue panorama.jpg

La Colonne du Congrès.

 

Edifiée entre 1850 et (inaugurée) 1859 par Poelaert, (l’architecte du Palais de Justice) assisté de 5 sculpteurs.  Célèbre la conquête de notre indépendance.  Elle est haute de 47 mètre et son escalier intérieur en vis de 193 degrés de pierre, éclairé par des prises de jour dissimulée dans le décor était à l’époque accessible au public.  Elle servira de pôle au tracé de la rue du Congrès et du quartier Notre-Dame-aux-Neiges.  Après la guerre de 14-18, le Soldat inconnu sera inhumé à son pied le 11 novembre 1922.  Au-dessus du socle, piédestal dont la base en pierre blanche est ornée sur chaque face, par L. Melot, d’un trophée entouré d’une guirlande et frappé au chiffre de Léopold Ier, symbolisant les Arts, les Sciences, l’Industrie et l’Agriculture et portant les dates cruciales de l’indépendance belge .

Galerie du commerce Hirsch rue Neuve

galerie comm030.jpg


Entre la rue Neuve, la place des Martyrs et la rue d’Argent, longtemps appelée « Galerie Hirsch » en raison des Grands Magasins de ce nom occupant les boutiques flanquant l’entrée vers la rue Neuve.  Décrétée voie publique par A.R.  du 9/10/1871 et tracée au travers des propriétés des promoteurs, le comte de Grünne et la famille Robijns, elle constitue la 1ère galerie commerçante ouverte après la création des boulevards centraux, précédant le Passage du Nord (1881-1882).  La galerie présentait dès l’origine, un tracé en ligne brisée comportant plusieurs banches articulées autour d’une rotonde octogonales : l’une au départ de la rue Neuve, à l’O., l’autre, N.-S, au départ de la pl. des Martyrs et destinée, au-delà de l’embranchement de la 3ème vers l’E. Menant rue d’Argent, à déboucher rue du Fossé aux Loups.  Cette dernière partie ne fut que partiellement réalisée vers 1879.  La majeure parte de la branche vers la rue d’Argent, dont les murs vers le passage étaient à l’origine ornés de vitrines simulées et de panneaux-bibliothèques à l’usage des bouquinistes, fut aménagée en 1891.  Couverte par une verrière en berceau interrompue par des coupoles à deux calottes superposées, la galerie présentait à cette époque une élévation intérieure de 3 niveaux.  Aujourd’hui, la galerie présente un tracé en « L » et ne conserve le rdc d’origine et n'est plus accessible.

magasin hirsch.jpg

 

 Marcel Dieu, libraire et anarchiste

Jean Lowies

J'ai fréquenté la librairie de Marcel Dieu ( 1902 – 1969 ) voici plus d'un demi-siècle! Attablé, à écrire, consultant avec égards l'un ou l'autre ouvrage, il ne pouvait s'interdire d'interrompre sa  

rédaction  pour prendre part aux échanges de ses visiteurs amis ou amis d'amis. Il en est résulté que quand je me rendais dans sa librairie, après les salutations d'usage, j'écoutais avec avantage la conversation animée et souvent érudite des intervenants. Je découvrais descriptions et analyses diverses émaillées de citations de Montaigne, d'Erasme ou de Proudhon et surtout j'étais fasciné par la spectacle de Marcel dont les mains et les bras accompagnaient éloquemment la force de conviction de son expression. Rencontrer une homme qui ne pratique pas le conformisme ambiant et qui possède un regard personnel sur la réalité et qui, de surcroît, exprime librement sa pensée était déjà chose rare.

Libraire

Libraire de livres anciens, il vendait aussi des romans policiers de seconde main qui, me confia-t-il avec quelque désappointement, contribuaient efficacement à la recette quotidienne. A l'enseigne de “Aux joies de l'esprit”, la boutique était située Galerie du Commerce qui abritait quelques autres bouquinistes dont certains étaient spécialisés dans les livres scolaires. La galerie était dite aussi Galerie Hirsch du nom d'un couturier établi antérieurement sur place. Elle joignait la place des Martyrs à la rue Neuve.Cette dernière entrée est aujourd'hui condamnée tandis que celle de la Place des Martyrs subsiste dans un coin sur quelques mètres.  Marcel y a tenu boutique  pendant environ 25 années. Elle est dorénavant inaccessible ou détruite.

Rabelais

M'y rendant un après-midi, Arlette, sa compagne, menue, souriante et active m'annonce que le maître des lieux est parti au restaurant Sarma voisin, grand magasin de ce temps. Ne pouvant prévoir son retour, elle m'invite à aller le rejoindre. Je m'exécute. Le voilà! Jovial et chaleureux, il m'invite à sa table, il en est au dessert et au café et me propose une portion de tarte au riz, je décline et il en commande un quartier. Je ne me souviens plus du tout du contenu de notre conversation mais je n'ai jamais oublié qu'après un dessert double, il a commandé un second repas bien complet. Marcel n'était pas rabelaisien en vain...

Objecteur de conscience

En 1933, Marcel Dieu et son ami Léo Campion (1) renvoient leur livret militaire au Ministère de la Défense nationale suite à quoi ils reçoivent une convocation à laquelle ils ne donnent pas suite.

Les voilà arrêtés et passés en justice, défendus par Paul Henri Spaak, néanmoins condamnés  respectivement à 2 ans et 18 mois de prison par le Conseil de guerre. L'agitation et le scandale qui en résultent font qu'ils sont libérés. Ils refusent toutefois de signer leur levée d'écrou. Ce n'est qu'en 1964 qu'un statut de l'objection de conscience fut approuvé par le Parlement, soit 31 ans après l'initiative courageuse des précurseurs.

Pacifiste

Il se rend à Barcelone pendant la guerre d'Espagne mais doit quitter le pays, sa vie étant mise en danger par les communistes. En France, il donne des conférences dénonçant le nazisme au pouvoir en Allemagne et est expulsé en juillet 1937 par le gouvernement de Front Populaire. Solidaire des proscrits, il a aidé et hébergé nombre d'antifascistes italiens et de républicains espagnols.

Communiquer

Il signait Hem Day, son nom de famille ne lui plaisant que peu. Jeune encore, il collabore à un périodique dont le titre “L'émancipateur “ cadrait bien avec les vues de Marcel. Il a apporté sa contribution à nombre d'autres publications. A l'issue de la deuxième guerre mondiale, il crée la revue Pensée et Action dont il assumera la parution jusqu'à sa mort. Marcel Dieu a eu aussi une importante activité de conférencier notamment au Mundaneum (2). Sa bibliothèque, comprenant notamment des ouvrages anti-militaristes, féministes, anarchistes et traitant de la problématique de la Paix a été léguée à la Bibliothèque royale après sa mort.

Anarchiste

Marcel Dieu se réclamait de l'anarchie, théorie philosophique qui défend le principe d'une société à venir qui serait dépourvue d'autorités et de l'exercice du pouvoir. Sont concernés l'Etat, les autorités religieuses, économiques et autres, la presse conforme et la culture officielle. A ne pas confondre donc avec les poseurs de bombes et les casseurs. La non violence et les modèles autogestionnaires ont été des thèmes chers à Marcel Dieu qui se voyait apolitique, formateur et humaniste. Je n'ai jamais partagé ses idées et espère avoir traduit au mieux ce qu'il pensait. Je retiens de Marcel Dieu son érudition, son humeur toujours égale, sa bonhomie sans apprêts, son humanisme de coeur et de raison. Rien n'importait plus, pour lui, que la liberté. C'est là que je le rejoins.

(1)Léo Campion (1905-1992)

Caricaturiste, chansonnier, actif dans la Résistance, comédien au cinéma et  au théâtre, poète, oenophile, auteur de livres ( Le petit Campion illustré, Le drapeau noir, l'équerre et le compas),

anarchiste et humoriste (“La dictature est une forme autoritaire de la démocratie dans laquelle tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit”). Avec Pierre Dac ( 1895- 1975), qui s'engagea dans l'armée de la France Libre et Francis Blanche ( 1921-1974) il a participé au feuilleton radiophonique “Signé Furax” sur Europe 1. Un trio d'humoristes comme on n'en fait plus...

(2) Le Mundaneum concentre une collection de journaux, livres, affiches, cartes postales et photos. Ses promoteurs se donnaient pour objectif  de constituer un répertoire bibliographique universel. On  le considère aujourd'hui comme l'ancêtre de Google. Les fondateurs, Henri La Fontaine et Pierre Otlet estimaient que leur initiative contribuait à l'instauration de la paix dans le monde. Le Mundaneum a été transféré de Bruxelles à Mons ... 

hirsch007.jpg

hirsch 2008.jpg

Ce commerce (entre la rue Neuve et la rue d'Argent) a perdu sa verrières et ses statues et à maintenu durant quelques années encore ses bouquinistes. 

Merci à Monsieur Lowies J. pour ce complément d'information


18:07 Publié dans rue Neuve | Commentaires (2) |  Facebook | |

16/09/2013

Le livre de la Grand'Place

Superbe ouvrage !  Celui-ci aborde toutes les facettes aussi multiples que variées, de ce fait, qui fait notre fierté de Bruxellois, avec science et simplicité….. Un livre à (s’)offrir !!!!

 

Chef-d’œuvre de l’architecture baroque, la Grand-Place de Bruxelles est inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité depuis 1998.  Mais qui la connaît vraiment ?

Couverture Livre Haute def.jpg

resume2_big.jpg

resume1_big.jpg

resume3_big.jpg

resume4_big.jpg

Les auteurs.jpg

Les auteurs : Valérie Paelinck, Lillo Chiarenza et Philippe Denis

Le livre est en vente en librairie ou en ligne 

Visitez le site : 

http://www.grandplacebruxelles.be/befr/#!/page_book

 

07/09/2013

Rue de l’Homme Chrétien

bxl rue de l'homme chrétien.jpg

Ce nom curieux est la traduction du flamand « Kerstenmanneken » (enfant de Noël, enfant Jésus).  Elle évoque le souvenir d’un très jeune et très pieux tisserand qui aurait entendu Jésus-Christ, en 1455, lui manifester son désir de voir reprendre les processions du sacrement des miracles, interrompues depuis longtemps. Celui-ci, serait parvenu à convaincre le clergé de rendre vie à la vieille procession.  Reliant la rue des Eperonniers à la rue Duquesnoy.  Rue coudée élargie dans la 2ème moitié du 16ème siècle.  Elle était appelée autrefois Flessenstraetje « ruelle du Flacon » et fut rebaptisée vers 1459.  Elle prolongeait la rue du Marché aux Fromages et rejoignait la rue de la Madeleine, avant d’être absorbée lors de la création de la rue Duquesnoy, de la Place Saint Jean allant à la rue de la Madeleine vers 1846.  Le côté pair est totalement dominé aujourd’hui par le complexe hôtelier du « Royal Windsor » construit en 1973.