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02/10/2014

Le Théâtre Royal Flamand

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Edifice de style néo-Renaissance flamande, construit en 1883-1887 sur les plans de l’arch. J. Baes.

Dès le milieu du 19ème siècle, s’exprime une volonté d’établir une compagnie de théâtre flamande permanente à Bruxelles, sous le nom de « Toneel der Volksbeschaving » (1852-1858) ou « Vlaemsch Kunstverbond » au théâtre du Parc, « Vlaemsch schouwburg » (1860-1866), puis « Nationale Schouwburg » (1866-1868), la « Naamlooze Maatschappij ter Exploitatie eens Nederlandschen Schouwburgs, te Brussel » investit ce dernier rebaptisé « Théâtre de l’Alhambra ». 

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Mais le désir d’un théâtre flamand propre mène à la réaffectation de l’ancien Entrepôt ou Arsenal, un projet négocié depuis 1860. 

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En 1183, les autorités de la Ville chargent l’arch. Baes de concevoir le nouveau théâtre, tout en conservant la façade de l’Entrepôt bordant le bassin du même nom.  Les plans définitifs sont approuvés en 1884, les travaux commencent la même année, l’inauguration a lieu en 1887. 

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Quai aux Foins vu du Théâtre

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Le « Vlaamse Schouwburg » (voir inscription en façade) reçoit le titre de « Royal » des mains de léopold II en 1894.  Détruit par un incendie en 1955, l’intérieur est reconstruit sur les plans des arch. A.-J . Doncker et R.F. Michiels et réouvert en 1958. 

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Hier et aujourd'hui

Le Théâtre Flamand – théâtre communal édifié en 1885 d’après les plans de l’architecte Jean Baes et inauguré officiellement par Charles Buls et Leopold II, monte des pièces à grand spectacle et à machinerie extraordinaire.  Le grand public s’y précipite.  « De Levende Brug » connaît un tel succès qu’un café de la chaussée de Ninove en choisira le titre pour enseigne !

Théâtre populaire, le Théâtre Flamand vend des cartes de famille donnant accès à toutes les représentations à concurrence des places disponibles.

Ce Théâtre Flamand, Charles Buls l’avait voulu.  Il estimait, avec raison, qu’il était le bourgmestre de tous ; il était temps, pour les acteurs flamands, de pouvoir disposer d’une salle décente.

Au cours d’une entrevue avec Léopold II à propos de l’inauguration du nouveau théâtre de la rue de Laeken, on s’en souvient, le bourgmestre avait déclaré :

« J’aurai l’honneur, Sire, de vous souhaiter la bienvenue en flamand, dans le temple érigé pour l’art dramatique flamand ».

Et le souverain de répondre :

« Mon cher bourgmestre, vous m’offrez là une bonne occasion pour vous répondre dans cette même langue nationale, en flamand ! »

Les compagnies dramatiques flamandes, nombreuses sur le territoire bruxellois, se produisaient un peu partout ; elles se contentaient souvent d’une arrière-salle de café ou d’une vulgaire salle de danse.

Parmi les compagnies les plus célèbres, retenons De Morgendstar, installé rue du Marché-au-Charbon, au café Den Haan.  Cette compagnie n’était d’ailleurs pas la seule à défendre, à Bruxelles, la langue de Vondel : la fédération, en effet, en comptait seize parmi lesquelles De Wijngaard, rue de la Grande-Ile, De Vlamingen, boulevard du Hainaut, De Noordstar, rue Locquenghein, De Kunstvrienden, chaussée de Ninove, De Brabantse Leeuw, à Ixelles et Hoop en Liefde, rue du Chêne, pour ne citer que les principales.

Presque toutes, on le voit, étaient installés dans le bas de Bruxelles, ce qu’on appelait à l’époque Het Vlaams Brussel.  Pour ces sociétés, les textes étaient évidemment écrits en algemeen beschaafd (néerlandais correct).  Mais il n’en allait pas de même dans les faubourgs.  Là vivotaient de petites troupes qui montaient des pièces parfois très drôles, dans le dialecte local.  Ainsi, le Gruuten Theauter de l’auberge du Cheval Noir, près de la rue du même nom, à Molenbeek, présentait un drame en quatre actes intitulé « Jan Breydel près du cadavre de sa mère ».  Au premier acte de cette pièce, on voit Jean Breydel dans sa boucherie, occupé à désosser des Français…. !

 

On ne pouvait rêver théâtre plus « populaire » !  Une petite pièce complémentaire et un grand bal terminaient le tour. 

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