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11/09/2013

Koekelberg

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La première dynastie seigneuriale du village portait le nom de Coekelgergh et faisait partie du patriciat de Bruxelles, où possédait un « steen » à côté de l’église Saint Nicolas.  Le sire Bernier de Coeckelberghe aurait était armé chevalier en 1144 au château de Grimbergen. (Dans les archives de la Ville en 1220).

 

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En 1264, Gérard II de Coekelberghe se reconnut vassal de l’abbaye de Dieleghem.  La seigneurie de Koekelberg resta par la suite, un fief de cette institution religieuse.  Il y eu par la suite, plusieurs seigneurs de cette lignée qui ont assumé de hautes charges.

 

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Lors de l’invasion de 1356 et l’occupation de Bruxelles par les troupes flamandes du comte de Flandre Louis de Malle incendièrent des fermes et des habitations à Molenbeek.  La ville fut reprise par Evrard ‘t Serclaes. Ces défenses accessoires ayant été reconnues insuffisantes, une nouvelle enceinte fortifiée fut édifiée (de 1357 à 1377). La ville communiquera dorénavant par la Porte de Flandre.

 

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Au 15ème siècle, des alliances firent passer la terre de Koekelberg à Jean van der Meeren, seigneur de Saventhem, puis en 1490 à la famille de Nieuwenhove, par laquelle elle devint l’apanage de Jean de Locquenghien, le grand bourgmestre de Bruxelles, créateur du canal de Willebroek. 

 

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En 1646, Berchem et Koekelberg réunis comptaient une population adulte de 174 personnes.  Quarante ans plus tard on dénombrait en plus des fermes, 2 châteaux, deux chaumières, huit brasseries, quatorze auberges, dix-huit maisons d’artisans et boutiques. 

 

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L’ancien manoir de Coekelberghe fut abandonné puis transformé en guinguette pour être démoli au début du 19ème siècle.   Il était situé près du ruisseau le « Paruk » (entièrement voûté à ce jour) et à la limite de Molenbeek près de l’actuelle rue Schmitz (qui n’est autre que l’ancienne drève d’entrée du château). 

L’édifice était nommé « slot van Koekelberghe ». Bâtit à la fin du 16ème siècle en remplacement du château primitif de Coekelgerghe. 

 

Le nom de Koekelberg (ou Coekelberghe) d’après le professeur Carmoy, signifie « la motte » et se rattache au koek, gâteau rond, couque ; koekel est un diminutif ancien. 

L’expression « Koekelberg » motte, mamelon est fréquente en toponymie. 

 

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Le plateau où se dresse la Basilique (comparé à une grande « couque ») est couramment appelé « Plateau de Koekelberg » mais son nom officiel actuel est Parc Elisabeth. 

 

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Autrefois, la limite Koekelberg / Ganshoren passait à travers ce terrain.  Vers 1875, la société anonyme du quartier Léopold II acquit tout le plateau en échange d’une promesse d’y créer des avenues périphériques et à condition de ne jamais modifier la destination du parc public.   Pourtant, malgré cet accord, en 1935, l’Etat à défiguré le plateau en le coupant en 4 pour y installer des voies carrossables et de ce fait, le parc Elisabeth a perdu son charme. 

 

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Petite commune de 117 hectares et aussi la plus jeune de l’agglomération (1841).  Elle était un hameau de Berchem-Sainte-Agathe. 

La proximité du canal de Willebroeck et par la suite du canal de Charleroi, a suscité la multiplication des établissements industriels principalement sur le territoire de Molenbeek mais aussi aux alentours.  De ce fait, le caractère agricole de Koekelberg fut profondément modifié. 

 

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Afin d’augmenter leurs revenus, les paysans de ce hameau sont devenu des ouvriers d’usine et comme ils travaillaient durant 12h par jour, ils furent privés des ressources des champs faute de temps pour les cultiver ainsi que du bétail qu’ils n’avaient plus le temps de soigner. 

 

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Les familles en manque d’argent venaient s’y installer afin de pouvoir travailler dans les usines avoisinantes.  La population devint deux fois plus nombreuse en très peu de temps.  On peut toutefois compter quelques dizaines de bourgeois de Bruxelles qui se sont fait construire une « maison de campagne » sur le territoire afin de s’éloigner des fumées industrielles de la ville.

 

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Les salaires des ouvriers étant très bas et la sécurité sociale inexistante, les finances du territoire de Berchem était de ce fait déséquilibrées en raison des secours incessants qu’il fallait donner aux familles des ouvriers malades et des chômeurs.  C’est pourquoi Berchem voulu se débarrasser de ce « territoire d’ouvriers » qui la ruinait.  Elle demanda qu’une loi rattachât Koekelberg à la commune de Molenbeek.  Celle-ci refusa catégoriquement ce « cadeau empoisonné ».  C’est pourquoi, en 1841 le parlement créa une nouvelle commune. 

 

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Comme une grande portion du plateau « Koekelberg » resta prospère, une certaine urbanisation attira assez vite la classe moyenne de la capitale.  Malgré sa petite superficie, on vit la population croître assez vite.

 

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La première mention de la chapelle Sainte-Anne de Koekelberg remonte à l’année 1321.

 

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Le 1er janvier 1840, il y avait 3 écoles élémentaires privées qui comptaient 307 élèves des deux sexes. 

 

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Durant la même période fonctionnait le pensionnat pour demoiselles. La première école communale date du lendemain de la promulgation de la loi organique de l’enseignement primaire du 23 septembre 1842. 

 

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C’est en langue flamande que l’Inspecteur provincial rédigea, en date du 31 août 1847, un long rapport contenant le règlement à respecter à l’école primaire.  L’enseignement se faisait en néerlandais, langue maternelle de la totalité des familles ouvrières.  En 1884, le conseiller Steens fait observer que l’école n’enseigne pas assez de français.  En 1887, les autorités communales décident d’inscrire au programme scolaire le français. Ce fut le début d’un long débat sur la question linguistique dans la commune.

 

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Ecole Paroissiale Rue J. Jacquet

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Nouvelle école des filles

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Institut Sacré Coeur

La nouvelle école de la rue Delcoigne est complètement achevée le 17 juillet 1903. 

 

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L'Ancienne Maison Communale

Au début du régime d’autonomie, l’ordre public de la commune était confié qu’à un seul agent, le « garde-champêtre ».    Le 28 septembre 1843, aux registres du collège, on trouve la première trace de l’organisation de la police.  Cette décision était bien nécessaire car Koekelberg était devenue la résidence élue par quelques malfaiteurs et repris de justice. 

Pour l’anecdote, on note que sur proposition du bourgmestre, le collège décide en 1845 d’assujettir les cabaretiers à créer un « fond spécial de la police » par prélèvement d’une taxe sur chaque partie de dance, ce fond étant destiné à financer l’organisation de rondes de nuit (patrouilles grises) confiées à des hommes probes. 

20 ans plus tard, la population s’étant considérablement accrue et le village s’urbanisant de plus en plus, les autorités décident de créer un emploi de commissaire de police.  Pourtant, durant quelques années encore, les villas isolées du Plateau recevaient encore la visite des cambrioleurs dits « crocodiles ».  L’insécurité était permanente.  En 1898, on décide de remplacer l’emploi de garde-champêtre par un emploi d’agent de police.  On compte alors 6 agents. 

 

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En vertu d’un octroi du 29  décembre 1585, le nommé Charles de Vleeshouwere fut autorisé pour la 1ère fois à Koekelberg à exploité une « nieuwe camme » (nouvelle brasserie) celui-ci livrait ses bières dans la ville.

 

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C’est en 1736 qu’un octroi fut accordé au marchand de vin bruxellois Frédéric van der Beecken lui permettant d’exploiter une distillerie (stockereye) de « brandewyn » dans un immeuble lui appartenant. 

 

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Pendant les premières décennies de la période d’autonomie les habitants n’eurent pour se procurer de l’eau que des puits privés et le ruisseau Le Parucq.

En 1898, une compagnie propose de fournir de l’eau à l’entrée de la commune.  En 1913, les autorités communales concèdent à la Compagnie intercommunale bruxelloise des eaux le droit exclusif d’établir et d’exploiter pendant 90 ans, à partir du 1er janvier 1914.

 

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A partir de 1841, l’industrialisation du territoire s’était poursuivie vivement.  Plusieurs usines et fabriques y ont élus domicile ainsi qu’à Molenbeek.  On observe un décalage entre le côté rural et le monde « moderne ». 

 

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Vers 1850, on compte à Koekelberg deux fois plus de jardins potagers qu’à Berchem.  Les maraîchers étaient surtout actifs dans le fertile secteur dit « De Neep ».  On voyait souvent en ce temps, des troupeaux de moutons pâturer sur « le plateau » (terrain de la Basilique).

 

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Cependant, à mesure que les décennies s’étaient écoulées, le territoire s’était urbanisé : fabriques, immeubles d’habitation se multipliait rognant sur les jardins et les champs…. Des rues nouvelles s’étaient ouvertes.  Peu à peu, l’économie rurale disparaissait.

 

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·        Le moulin à vent du Sippelberg (situé à la limite de Koekelberg et de Ganshoren, à peu près à l’emplacement de l’actuelle basilique.

 

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Impasse Meskens au Etangs Noirs 

En 1843, un acte communal dénonce que toutes les maisons sont habitées par des chambres… Cette remarque est reprise en 1866 dans un autre acte également en stipulant qu’une maison est occupée par plusieurs familles.

On considère que la plupart des logements de la zone Molenbeek/Koekelberg sont des taudis.  On constate que le soleil pénètre à peine, qu’il manque généralement d’eau potable et que ces familles ne disposent que d’un seul WC.

 

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Imapsse Cadol

La multiplication des « taudis » dans les cités industrielles était telle depuis le 19ème siècle qu’en 1849 le conseil communal fut saisi de la question.  L’administration fit d’abord procéder au nettoyage et badigeonnage des maisons et à la distribution de la paille destinée au couchage des indigents.

Elle invita ensuite les propriétaires à faire procéder d’urgence aux réparations nécessaires, aux pavés, aux puits, aux égouts, aux voies d’aérage.

 

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Impasse Molemans

En 1867 immédiatement après la dernière grande épidémie de choléra, le bourgmestre Broustin propose  d’adopter la dénomination des impasses pour Molenbeek/Koekelberg

En voici la liste :

Pour la rue de l’Empereur : impasse de l’Empereur

Pour la rue Degreef : impasse de la Princesse, impasse du Pigeon, impasse Rasschaert (dite aussi des Voyageurs)

Pour la rue du Moulin (actuelle rue Herkoliers) : impasse Cadol ou du Cadol, le carré Vander Borght (dit aussi impasse de l’Epervier), le carré Pillaen (dit aussi impasse du Moulin) et l’impasse de la Querelle.

Pour la chaussée de Jette : impasse Geuse Poort (Porte des Gueux), le carré Evenepoel.

Pour la chaussée de Gand : la porte Meskens (dite impasse du Cygne)

Pour la rue des Fabriques (ou Schmitz) : impasse Ghesquiere (dite impasse du Ruisseau).

Pour la rue de la Chapelle : impasse Dedoncker ou Dedonder (dite aussi impasse de l’Abattoir).

Pour la rue Van Hoegaerde : impasse Herdies, impasse Molemans.

 

Deux habitations du carré Degreff et trois du carré Vanderborght furent déclarées inhabitables et leurs occupants priés de les quitter. 

Il ne suffisait point toutefois d’obtenir des améliorations des conditions d’habitat existantes, il fallait encore empêcher la naissance et la prolifération de nouveaux taudis.  Ce ne fut pas une tâche facile parce que les constructeurs de « bataillons carrés » n’étaient pas rares.

 

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Rue Schmitz (Etang Noirs)

En juin 1878, Monsieur De Doncker est autorisé à construire une cité ouvrière sur le terrain qu’il possède rue Schmitz.  L’intéressé s’engage à démolir à ses frais, les 13 maisons qu’il possède dans l’impasse de l’Empereur à condition que la commune fasse l’acquisition du terrain nécessaire à l’élargissement de la rue Deschampheleer. 

 

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En janvier 1895, l’installation de lanternes d’éclairage devient obligatoire dans les impasses. 

En 1899, la décision est prise pour le raccordement des impasses à la distribution d’eau potable.

Vers 1912, les conditions du logement ouvrier s’améliorèrent sensiblement. 

 

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Koekelberg au 18ème :

 

« …C’est un des plus agréables endroit du pays.  On y trouve un magnifique étang peuplé de cygnes et entouré de beaux jardins, qui appartiennent à de jolies maisons de plaisance, parmi lesquelles on voit un ancien château dans une île très agréable, où l’on a ménagé plusieurs cabinets de feuillage.  C’est aujourd’hui un beau cabaret ; il y en a plusieurs autres, dont les jardins et les cours sont embellis d’arbres et d’allées de charmille très bien entretenues, entre lesquels les plus charmants sont les suivants, Le Jardin plaisant, Versailles, Borgerhout, le Duc de Lorraine, l’Eglise des Gueux, le Morian et le Roi d’Espagne.  On y voit tous les jours grands nombre de bourgeois, qui s’y vont rafraîchir après leur promenade. »

 

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Quelques Bourgmestres : 

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Aujourd'hui hélas, on ne va plus se promener à Koekelberg, pas même dans le parc Elisabeth et ses belles avenues voisines... non, nous le traversons à toute vitesse pour rejoindre l'autoroute qui mène à la Côte Belge.

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