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26/01/2013

Le ventre de Bruxelles... les halles et les marchands

 

 

 

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Les Halles Centrales étaient situées rue de la Vierge Noire, c’est la ville qui décida de construire celles-ci en 1873 à la place de l’ancien lit de la Senne. 

 

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Composée de deux ailes, et séparée par un passage menant à la rue Grétry. 

Ce fut le pôle du négoce jusqu’en 1892. 

 

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sous l'occupation....

 

En 1893, l’aile nord (dit le Pôle Nord)  fut aménagée en une vaste patinoire l’hiver et l’été se muait en un music-hall de 2.000 places (Palais d’Eté). 

 

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Durant 40 ans, l’endroit ne se désemplit jamais… 

Durant la guerre de 40-45, il y avait un vaste cynodrome (piste qui sert aux courses de Lévriers) avec lapin mécanique…. Un vrai lieu de paris !

 

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En 1916, durant les temps difficiles, ont y faisait la file pour un peu de beurre

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A l'occasion du 75ème anniversaire de la Belgique.  Cortège de St Médard patron des Jardiniers à la fête de Halles et Marchés bruxellois

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En vue de la transformation radicale du Vieux Bruxelles et afin d’accueillir les touristes durant l’exposition de 1958, la ville décida en 1957 de démolir l’aile gauche pour faire place à un vaste parking nommé « Parking 58 »….

L’aile sud fut maintenue jusqu’au milieu des années 60…. Le rez-de-chaussée fut occupé par le magasin PRIBA. 

A ce jour, ce bloc de béton et ce parking défigurent le quartier !

 

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Les halles de Bruxelles ont une physionomie particulière.  C’est le meilleur endroit pour y découvrir les habitants sous leurs véritables aspects.  On y savoure la réelle personnalité de chacun  et le savoureux accent de la ville résonne à chaque coin de rue. 

Ce sont comme on dit : « les gagne-petit »… ceux qui exercent toutes sortes de métiers pour pouvoir joindre les deux bouts. 

Malgré le fait que Bruxelles s’agrandit et s’embourgeoise peu à peu, il y a aussi les familles nombreuses qui vivent dans des quartiers plus pauvres et qui font face au coût de la vie qui devient jour après jour de plus en plus chère. 

Lorsque l’on a plusieurs bouches à nourrir, il faut se débrouiller et accepter d’effectuer son commerce à même le trottoir….

Combien de ces humbles ne se rencontraient-ils pas dans les rues à l’époque et dont l’existence dépendait d’abord du temps, puis de l’intérêt public ?

 

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Ces cris disparus ou noyés dans le brouhaha actuel, resteront pour nous le symbole de la vie quiète et assurée, à jamais perdue…..

 

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Dans les halles, partout s’empilent les fruits, les légumes, les poissons, les viandes, les volailles, les fleurs… toutes sortes de victuailles sont exposées en attente de la criée…

 

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Après transactions en publique, toute cette marchandise quitte colis par colis, les halles en direction des marchés. 

 

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A la criée aux poissons, les poissons de rivière et de mer sont entassés dans d’énormes paniers.

Dans la galerie les revendeurs et les restaurateurs se disputent franc par franc les lots.  Le tout se déroule dans une ininterrompue criaillerie et dans un brouhaha continu. 

Certains s’apostrophent et dans un langage assez coloré reprochent aux vendeurs la hausse des prix. 

 

 

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Sitôt l’achat conclut, le marchand empoigne son lot et s’en va en direction d’un marché pour revendre à son tour et pour un maigre bénéfice sa découverte du jour.

 

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Au marché aux poissons, il y a plusieurs longues rangées d’étals.  Les poissonnières sont au poste, guettant le regard du client.  Gare à sa voisine si celle-ci vend d’avantage ou rabat ses prix !

 

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C’était aussi la brouette chargée de trois larges paniers plats, hauts d’un peu plus d’une main sur champ et superposés, grouillants d’anguilles.  Un long cri en deux notes « Pa…ling » attirait la ménagère munie d’un récipient dans lequel s’agitaient aussitôt les anguilles écorchées et dépouillées, jetées une à une  avec dextérité par la marchande.

Le spectacle plutôt répugnant mais irrésistible à notre curiosité, se renouvelait chaque semaine. 

 

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On entendait aussi les cris de « Guèrenaude en crabbe » !  « Caricole ! Caricole » !  Ce sont les crevettes et les carrick attendus.  Le vendredi, c’est la brouette chargée d’un sac de moules et l’annonce « Mosselo » modulée par le marchand. 

 

Au bout d’un certain temps, l’odeur de la marée vous gagne les narines et vous pousse au dehors.

 

A la criée aux légumes, les restaurateurs et les verdurières se disputent les prix.  A chaque vente de colis, on ouvre le suivant et on le présente au public.  Le crieur, une main dans la poche et l’autre levée se pique d’être « dans le vent » et se force à parler un français « pincé ». 

 

A la criée de la viande, le monde s’amasse … c’est à cet endroit que se décidera la base du plat du jour que le restaurateur servira à la carte et que la ménagère présentera à sa grande famille.  Les prix sont tellement intéressants que les bouchers de la ville rougissent de colère. 

 

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Un peu plus loin, il y a le domaine « crèmerie »… du beurre, du fromage, des œufs…. Les marchandes vous accostent le bras tendu avec ou bout d’un couteau la preuve de la qualité de son produit. Il faut dire qu’en ces temps, la rumeur rapporte que certaines « victuailles » sont « artificielles » !

 

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Soudain résonne au lointain « Mosselen … les huîtres du peuple »… et là se plante un marchand avec une brouette remplie de moules…. De la gastronomie au détail ! …. De vieille tradition religieusement respectée par les bruxellois et pour deux centimes, il vous est permis de manger des moules crues… En général, entre la dixième et la quinzième moule, et à cause de la sauce qui les accompagnent, vous êtes gagné par une petite toux…

 

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Aux environs des halles et de chaque marché, il y a aussi la marchande « de contrebande »… panier au bras, elle exerce sans patente un commerce qui risque de lui rapporter plus d’ennuis que de réels bénéfices…. Souvent, la police les chasse….

 

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Trienneke et ses fleurs à la bourse … arrivée à l’aube, elle quitte son emplacement qu’à la tombée du jour…. Longtemps elle a fait partie du folklore du quartier….

 

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Nille de citroenwaaif…. Pétronille la marchande de citron s’était établi rue de Flandre… proche du vismet…

 

Swaske débite sa marchandise à l’abri d’une porte cochère près du Marché Ste Catherine…chaque jour, elle y vend des œufs, du beure et du fromage…

 

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Tanneken (Anna) se promène sur le boulevard, d’un côté à l’autre de la chaussée, son panier empli de petits bouquets qu’elle confectionne la nuit. 

 

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Le marchand de mouron

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Voici quelques expressions bruxelloises :

Aberdoen : désigne la ville d’Aberdeen en Ecosse, l’endroit de la pêche à la morue.

« Rotten aberdoen » : injure désignant une personne âgée négligée.

Afzetter : voleur à la petite semaine

Babbeleir : personne qui parle beaucoup et souvent sans discernement

Bibberer : trembler …. Avoir le « bibbe »

Bleiter : personne qui se plaint à tout propos

Buffel ou Goulaf : Gros mangeur … gourmand…. Glouton …

Deevegge : Voleuse

Den deuvel on â nek : (le diable sur la nuque)…. Va au diable !

Doemei ben ik dik (avec ça je suis gros) : « Ca me fait une belle jambe » !

Gardevil : agent de police ou on peut dire aussi Ajoen (oignon) … qui faisait allusion à la forme de leurs casques

Ieten Boek : chaud lapin

Loerik : paresseux

 

20/01/2013

Bruxelles sous la neige

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29 décembre 1893, récolte de glace au Bois de la Cambre.

Sacrée aubaine pour les marchands de glace que cet hiver rigoureux : la glace atteint cette année de 20 à 21 cm d’épaisseur !  C’est un objet de curiosité que la façon dont s’effectue la récolte de glace.  Nombre de promeneurs, malgré le froid intense, viennent sur les bords des étangs du bois voir comment on la pratique.  Montés sur des bateaux, les ouvriers brisent la couche gelée à l’aide de longues piques.  Près de la rive, des chariots reçoivent les glaçons qui sont emmagasinés jusqu’à l’été pour fournir les nombreuses glacières de la capitale.  Après un hiver comme celui que nous subissons actuellement, les Bruxellois ne risquent pas de manquer de glace l’été prochain : il est le plus rude que nous ayons connu depuis dix ans.

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Le 24 janvier 1886, il a neigé sur Bruxelles toute la journée.  Très rapidement, la ville s’est recouverte d’un épais manteau blanc, qui a perturbé le trafic dans le centre, spécialement celui des omnibus à traction chevaline.  Dans la soirée, la Grand’Place revêtait une allure fantasmagorique.  Aspect encore accentué par les deux grands mâts électrique récemment installés en son centre et dont la lumière crue allume de bizarres reflets sur le sol enneigé.  Cette débauche de lumière que certains ont critiquée est aujourd’hui la bienvenue : elle permet aux balayeurs de déblayer la place, tandis que les habitants du quartier peuvent dorénavant y circuler une fois la nuit tombée.  Sans courir le danger de se voir détroussés par un quelconque malandrin qui profitait de ce coupe-gorge obscur pour perpétrer impunément son forfait.

 

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Bois de la Cambre

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Au Parc de Bruxelles

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En 1886

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Au Parc de Saint-Gilles en 1922

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Le Marchand de marrons chauds.

Les premières froidures de cet hiver 1886 on vu réapparaître dans les rues de la capitale les représentants d’un petit métier ambulant qui forment le décor immuable de notre cité dès que les températures chutent : Les marchands de marrons chauds.  Leur cri, bien connu des habitués, retentit dans les artères du centre et sur les places publiques où ils s’installent pour s’abriter du vent, leur appel traditionnel : « Chauds, chauds les marrons chauds » !  Leur clientèle, composée d’habitués et de passants attirés par le fumet des châtaignes rôtissant sur un feu de charbon de bois ou de coke, comporte nombre d’enfants qui apprécient cette friandise.  Un cornet contenant une douzaine de marrons coûte 5 centimes… Au Prix d’un travail pour le moins ingrat.  Passer son existence à l’extérieur, peu importe le temps, n’a rien d’agréable !

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21 décembre 1922.  Depuis quelques jours, la neige tombe sur Bruxelles, transformant notre capitale en la recouvrant de son blanc manteau.  Qui donc reconnaît encore, sur cette photo, ce carrefour parmi les plus animés de la ville qu’es la Porte de Namur ?  Le mauvais temps en a fait un endroit presque désert où trône, impassible, la Fontaine de Brouckère…

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En ce mois de janvier 2013, nous sommes victimes d'une offensive hivernale.... Pensons aux SDF et aux victimes de la crise

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Malgré les services d'aides qui existent depuis bien des années, agissons ensemble aujourd'hui, ...ne soyez pas indifférents !

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Il y a de plus en plus de personnes seules...Consacrez un peu de votre temps....

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SI VOUS VOYEZ UN SDF EN DETRESSE ou 1 PERSONNE EN DIFFICULTE, MERCI DE BIEN VOULOIR CONTACTER LES SERVICES SUIVANTS :

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En espérant quand-même que cela ne vous mine pas non plus le moral, voici une attraction d'époque pas si lointaine que ça  à WOLUWE ST LAMBERT .... le ski artificiel....

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16/01/2013

petite chronique de 1933 suite

 

 

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Plus de 1800 familles utilisent les carnets de dix coupons, au Théâtre royal de la Monnaie, et font une économie de 20%.  Prix du carnet : 280 FB.

 

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Théâtre de l'Alhambra

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Théâtre Molière

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Le Théâtre du Parc

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Le Cirque Royal

 

La question du chapeau au théâtre est un des graves problèmes de l’heure présente.  Quand le chapeau est interdit aux dames, il en est qui, légitimement, peuvent prétendre que le minuscule bonnet qu’elles portent de côté n’est pas un chapeau.  L’ouvreuse n’est pas de cet avis.  Le bourgmestre Max vient de les mettre d’accord : il a donné pour instructions à la police de tolérer que les dames occupant dans les théâtres les places où les chapeaux est interdit portent des coiffures basses, enserrant la tête et dont les garnitures ne puissent gêner d’autres spectateurs.

 

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Théâtre de la Monnaie et Taxis

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Théâtre Flamand

 

 

 

 

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-La Police bruxelloise compte 1256 personnes.  Un budget de plus de 30 millions.  Signalons que le nombre d’automobilistes qui ont reçu une contravention pour avoir dépassé les 40 km/h en ville s’est élevé à 1834, pour l’ensemble de l’année dernière.

 

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COMMISSAIRE EN CHEF SOUS LES VERROUS

Dimanche 17 décembre 1933, le juge d’instruction Demuylder, après avoir conféré avec M. Simons, premier président de la cour d’appel, a placé sous mandat d’arrêt M. Geroges Angerhausen, a avoué avoir servi d’intermédiaire pour la vente d’huiles et d’essences de la maison Pauwels, avoir touché de ce chef des commissions, et avoir, à la demande de Pauwels, « classé sans suite » plusieurs contraventions ou procès verbaux.

 

GENDARMERIE ET T.S.F.

Le budget de la Gendarmerie, pour 1933, est en diminution de 12 millions environ sur celui de l’année dernière.  Il y a cependant un poste nouveau important : celui de 410.000 FB, qui prévoit la réalisation du réseau permanent de télégraphie sans fil de la Gendarmerie.

A propos, combien y a-t-il d’appareils de T.S.F. en Belgique ? A l’heure actuelle plus de 285.000 détenteurs de postes récepteurs ont acquitté la taxe.  Plus les fraudeurs…..

 

-Le mardi 16 mai 1933, les nouveaux gendarmes motocyclistes chargés de la surveillance de nos routes ont opéré pour la première fois.  Aux environs de Cortenberg, ils ont arrêté un automobiliste, qui avait oublié de corner lors d’un dépassement en rase campagne.  L’automobiliste a reçu des instructions précises sur les règles de la circulation qu’il venait d’enfreindre.

 

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LE CRIME DES SŒURS PAPIN

Le 2 février 2013, dans l’après-midi, un habitant du Mans rentrant chez lui avait découvert sa femme et sa fille étendues sur un palier, le visage broyé, le crâne écrasé et la partie inférieure du corps tailladée.  Les deux bonnes, les sœurs Papin, qui avaient commis ce double meurtre, étaient dans leur chambre.  Elles avouèrent, calmes en apparence, leur forfait.  Trois psychiatres concluent à leur entière responsabilité.

 

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-Le mardi 9 mai 1933, M. Hymans, ministre des Affaires étrangère et vice-président du Conseil des ministres à demandé aux Chambres d’accorder des pouvoirs spéciaux au gouvernement pour une durée de trois mois.  Il les a obtenus.  Début juin, le gouvernement promulguait dix arrêtés-lois dont le but était de rétablir l’équilibre budgétaire.  Traitements, pensions d’ancienneté, pensions de vieillesse subissent une réduction générale de 5%.  Les subventions et les subsides sont réduits de 20%.  Les dépenses d’administration sont diminuées en bloc de 10%.  Une taxe de crise frappe les titulaires de revenus supérieurs à 35.000 FB.  Une contribution d’un et demi pour cent est appliquée à tous les citoyens.  Au mois de juillet, se livre la première bataille politique des ondes : on entend sur les antennes de l’I.N.R. ministres et membres de l’opposition.

 

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-L’Art nègre est à la mode… Les marchands de curiosité, à Bruxelles, Paris, Berlin, Londres, New York, se sont évertués à orner les musées et les salons de statuettes et de masques.  Un tel engouement a inévitablement créé des imitations.  Des objets ont été fabriqués en nombre sur le sol même de l’Afrique, sous la conduite d’Européens malins.

 

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A LA GLOIRE DE LA MAROLLE

 

Ce dimanche 1er juillet 1933 folklore bruxellois a connu une journée exceptionnelle.  Les amis de la zwanze et du délicieux parler bruxellois qui, hélas, se meurt lentement, ont inauguré, en contrebas du Palais de Justice, un bas-relief du sculpteur Pierre Wolf représentant un jour de guindaille dans le vieux quartier populaire de Bruxelles.  Traitée à la manière de Pierre Breughel le vieux, peintre incontesté des liesses brabançonnes, l’œuvre rappelle qu’il fut, lui aussi, habitant de ce quartier (sa maison se situait rue Haute et est enterré dans l’église de la Chapelle… enfin… dit-on).  Ce fut un pittoresque épisode de cette vie populaire de notre capitale qui se termina, comme il se doit, dans les estaminets du quartier, où gueuze, faro et lambic coulèrent à flot.

 

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TRANSFUSION SANGUINE

Le professeur Bogomoletz, membre de l’Académie des sciences de Moscou, vient de signaler que la transfusion du sang pourra désormais être largement opérée.  Cette transfusion en masse a été rendue possible par la découverte d’une méthode de conservation du sang.  C’est ainsi que du sang expédié de Moscou a pu être utilisé dans d’excellentes conditions à Vladivostok, à plus de 10.000 km.

 

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-Hitler plébiscité par 40 millions d’Allemands. 

L’ancien peintre en bâtiment Adolf Hitler, celui-là même qui avait tenté un coup de force à Munich en 1930 mais avait alors échoué, va, en une seule année -1933- prendre le pouvoir absolu en Allemagne.

 

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UN REMOULEUR A L’ ABRI

Décidemment, on n’arrête pas le progrès.  Cet aiguiseur bruxellois a remisé la charrette à bras qu’il poussait de par les rues pour la remplacer par une automobile.  Pour rendre à nouveau tranchants couteaux et ciseaux, notre homme n’a plus besoin de pédaler sur sa meule, puisque celle-ci est entraînée par le moteur.  Mais où s’en va le pittoresque d’hier ?

Que le pittoresque s’en aille, affirme-t-il, n’a guère d’importance pour moi.  Depuis que j’ai mis mon installation au goût du jour, je me fatigue beaucoup moins.  Et, en outre, je n’ai plus à me soucier des intempéries !

 

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11/01/2013

Vie quotidienne en 1933

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Le Palais de Justice de Bruxelles :

La visite du Palais se fait par groupes, en semaine, de 9h à 16h, le dimanche, de 9h30 à 12h.  Visite du Palais : 2 francs par personne.  Ascension du dôme, 3 francs par personne ; le ticket de 3 francs donne droit à la visite du Palais.  Ascension du dôme, en semaine, le matin de 9h30 et à 11h ; l'après-midi de 13h30 et à 15h ; le dimanche matin à 9h30 et à 11h.  La visite est gratuite pour tous les élèves d'établissements belges d'instruction, officiels ou non, visitant le monument sous la conduite de leurs professeurs et sous la réserve que la demande en soit régulièrement faite au moins dix jours à l'avance à l'architecte du Palais.

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GUIDE DU PALAIS DE JUSTICE

Petite Pub d'époque

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10/01/2013

Chez Toone à l'époque ....

 

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Pendant la semaine sainte, Toone met en scène le Vrai Mystère de la Passion de Notre-Seigneur.  Alors que tous les personnages sont présents sur la scène, la Vierge s’approche de son fils pour le réconforter.  Le Christ, infiniment las, lui répond : « Och, Moema !  Ik hem flanelle biene ! ».  Dit dans le langage de chez nous, par les acteurs de Toone, n’est-ce pas là un moment des plus émouvants du théâtre ?

 

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Dans les coulisses, les plus grands noms de l’histoire : Charlemagne-à-la-barbe-fleurie, Poepa, le duc de Guise, Blache de Nevers, Lagardère, les spadassins, la Sainte-Vierge, Jeudass, Juuzeke et tant d’autres. 

La préférence de Toone va aux pièces de cape et d’épée dans lesquelles les nobles chevaliers sont aux prises avec les vilains traîtres.

 

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Toone leur fait parler tous la même langue mais il parvient à se placer dans la peau de chacun de ses personnages.

Ses représentations ont fait les délices de Bruxelles-Kermesse, à l’exposition universelle de 1910.

 

Extrait du livre « La rue Bruxelloise vers 1900 » de la CGER

 

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1931, Toone est ressuscité !  C’est dans un des coins les plus pittoresques de la rue Haute, au n°6 de la rue Christine, que s’est ouvert en cette fin du mois de mars le théâtre de marionnettes de Toone V, plus communément dénommé Daniel Van Landewijck.  Il succède à Jan de Crol.

 

Extrait du journal « Le Soir »

 

 

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Noël chez Toone.

Vers les années 1917-18, le grand écrivain belge Michel de Ghelderode entreprit la tâche de mettre par écrit, pour qu’elle ne se perde jamais la tradition orale qui se transmettait de père en fils dans la dynastie des montreurs de marionnettes et qui remontait à l’époque de la domination espagnole.  Dans ce but, il se mit à fréquenter assidûment les Marolles et recueillit de la bouche de Jean Hembauf, dit Toone IV, les éléments nécessaires à la rédaction de ces petits chefs-d’œuvre de folklore.

 

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Voici en résumé l’histoire de la Nativité telle que José Géal 6ème de la dynastie des Toone la présent encore aujourd’hui.

-La scène du castelet représente Béthléem où Joseph et Marie se sont rendus pour calcul des enfants.  La ville de la Nativité est présentée sous l’aspect… de la Grand’Place de Bruxelles.

Le préposé à l’ordre public n’est autre qu’un brave ajoein ou stockagent  (agent de police) de la capitale, qui accueille le couple….

L’agent : - Qu’est-ce que vous faites sur la voie publique ?  Allei, circulei !

Joseph : - Rien.  Nous sommes à la rue.  Ayez pitié de nous !

L’agent : Ca est triste.  Vous avez l’air de gens convenab’.  Si vous êtes pas trop difficiles, prenez la première rue à droite.  Vous trouverez une étab’ avec un âne et un bœuf.

Marie : - Merci, monsieur l’agent.  Le petit Jésus va naître à minuit…

Un ange de Dieu apparaît aux bergers effrayés.  Leurs trognes enluminées, représentant des hommes du peuple, rappellent irrésistiblement les Masques ostendais du peintre James Ensor.

L’ange : - Allez adorer le petit Jésus.  Moi, je regarderai à votre troupeau.

Un berger : - Ousqu’y faut aller, Monsieur l’Ange ?

L’ange : - C’est là ousque l’étoile pend dessus.

Les bergers, en chœur : - Allons adorer le petit Jésus qui à froid !

Hérode, le traître de la Nativité, est représenté sous le costume d’un homme de loi (genre de personnage très peu prisé du populaire.  Il vient d’apprendre de la bouche de son devin Pinnemouch que Jésus était né et que ce petit bébé allait le mettre bas, lui le grand roi célèbre dans l’Histoire Sainte.

Il appelle ses sbires (représentés par des marionnettes habillées en soldats espagnols de l’époque de Philippe II) et leur dit :

-Vous allez tuer tous les petits enfants qui viennent de naître.  Comme ça, je suis sûr de pas manquer le petit Jésus !

Un sbire : - Sire, y z’ont rien fait, tous ces mennekes !

Hérode : - Ca est un ordre !  Et pour finir, coupe la tête de ce Jean-Baptiste qui a baptisé le petit Jésus … et apporte-la.

Le sbire : - Dans du papier ou sur une assiette ?

Nous somme à nouveau sur la Grand’Place de Béthléem-Bruxelles.  Les sbires procèdent au massacre des innocents sous l’œil attérré des parents.  Hurlement, batailles féroces, brutis d’orage.  Tout à coup, le capitaine des sbires crie Victoire ! …  

Tous s’en vont et le capitaine va faire son rapport à Hérode.

Le capitaine : - Sire, on les a tous tués !

Hérode : - Tu es un leugenoet (menteur).  Ca est pas vrai ! Le petit Jésus à joué Schampavie !

Le capitaine : - Ca est impossib’ !

Hérode : - Combien de ketjes as-tu tranchés ?

Le capitaine : - 200..357 tous justes.

Hérode : - Il y en a un trop peu.  Recommence !

Le capitaine : Pitié, Sire ! Je n’ai plus le courage….

Hérode : - Ara ! (il tue tous les bires).

Tout à coup, Lucifer et la Mort apparaissent dans une apothéose de feux de Bengale.  Hérode est terrifié.

Lucifer : - Misérable bourreau ! Ton heure a sonné !

Hérode : - Attends ! Je vais me repentir …

Lucifer : - Trop tard !

Lutte effroyable… Hérode est entraîné en enfer avec tous ses sbires.

Lorsque le spectacle est terminé, la toile de fon du castelet se lève et une crèche illuminée apparaît.  Elle reproduit fidèlement, avec des marionnettes, celles que l’on peut voir les églises.  Michel de Ghelderode, qui assista aux anciennes représentations de Toone, rapporte :

« En ce moment, un joueur entonnait une chanson de circonstance.  A la fin de l’air, il jetait des bonbons bon marché dans la salle.  Le public populaire, qui attendait cet instant, criaillait à tue-tête : Koekskes ! Koekskes !

 

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