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26/04/2010

800ème anniversaire de la Chapelle ... tout un quartier en fête le 8 mai 2010

800ème anniversaire de la paroisse de la Chapelle

affiche chapelle

 

En 2010 a lieu l’anniversaire des 800 ans de la paroisse de la Chapelle.   De ce fait, cette année marque l’édification du quartier « des Marolles » en tant que territoire. 

Pour fêter dignement ces 8 siècles, le Centre Culturel Bruegel organise durant toute l’année,  des festivités reprenant les évènements marquants de l’histoire et de l’identité du quartier et de ses habitants. 

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A cette occasion, en partenariat avec les habitants, les écoles, les commerces des environs, le Centre Bruegel organise le 8 mai 2010, une grande fête tout autour de l’église.  Une multitude d’activités retraçant la création du quartier est prévue ce jour-là. 

Vous pourrez admirer 12 bouffons bonimenteurs, 6 nouveaux géants représentant chacun une école primaire du quartier, il y aura également le photomaton itinérants.

A travers le quartier, vous replongerez dans l’histoire grâce aux divers participants. 

-         Les confréries, les métiers, l’Ancien grand serment royal et noble des arbalétriers de Notre-Dame du Sablon, un marché biologique, l’Ordre du Bloempanch, des anciens jeux en bois, un parcours retraçant les tableaux de Bruegel, des danses bruegéliennes, une dictée en bruxellois dans l’école Baron Steens,  la vie des capucins à la place du Jeu de Balle, l’histoire de Mozart à Bruxelles, la participation des Archives de la rue des Tanneurs, un cabaret chantant dans le jardin de la Porte Rouge, un thé dansant rue du Miroir, représentation des luttes pour le suffrage universel dans les bistrots de la rue des Renards, initiation au skate board pour les jeunes et pour clôturer cette journée de fête, un Bal populaire…..

Bref….. Un programme bien chargé !

place de la chapelle
 

L’accès aux activités est gratuit.  Vous trouverez le programme complet sur le site  http://800anschapelle.be

 Pour info,

Coordination : Centre Culturel Bruegel – Christine Rigaux

christine.rigaux@ccbruegel.be  0494 06 40 74 – Rue Haute 247 – 1000 Bruxelles

 

Venez  nombreux  le 8 mai 2010 pour fêter cette journée inoubliable !!!!

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Bob De Backer... président de l'Ordre du Bloempanch

le jour-là, l’Ordre du Bloempanch participera aux festivités de 10h à 18h  avec un stand de vente sur la place de la Chapelle. 

Pour cette occasion, il y aura entre autre, la parution d’une brochure consacrée aux spécialités culinaires bruxelloises. 

Je serai bien entendu présente…. Profitons-en pour faire connaissance…..

marché année 30018

Place de la Chapelle dans les années 30

On retiendra pour l’histoire, que Pierre Bruegel le Vieux meurt probablement le 5 septembre 1569 et fut inhumé dans l’église de la Chapelle aux côtés de son épouse.

Pierre Bruegel logeait à cette époque à l’angle de la rue Haute et de la rue de la Porte Rouge. 

Son fils, commanda à Pierre Paul Rubens un tableau qu’il fit placer dans la Chapelle  en mémoire de son père.  Ce tableau représente Le Christ remettant les clés à Saint Pierre. 

En 1765, la fabrique de l’église vendit la toile à un marchant d’Amsterdam pour la modique somme de 5000 florins !!!!  La seule condition fut que l’acquéreur fasse exécuter une copie à ses frais.  Celle-ci figure encore à la place de l’original…..

chapelle marché

A l’intérieur de la Paroisse, vous pouvez également admirer le monument funéraire d’Anneessens…..  Mort en 1719 pour avoir défendu les privilèges des artisans.    

Histoire de Notre Dame de la Chapelle : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_la_Chapelle

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Jadis, en juillet dans le quartier de la Chapelle, il y avait la kermesse « del Blatte » ou « Schollekermis ».  Précédait  à cette fête, une procession où se côtoyaient les aristocrates de la rue aux Laines et les habitants du quartier.

Pourquoi « del Blatte » ?  Parce qu’avant la construction du Palais de Justice, il y eut là une rue des Feuilles…. Traduction du flamand « blad » … qui était aussi celle de la ducasse.

De souvenirs de bruxellois, j’ai pu entendre et lire que le samedi soir, cette kermesse était le prétexte à une gargantuesque ripaille !  Que les habitants fêtaient l’évènement en vidant des litres de bières et en mangeant des kilos de crabes, de crevettes et des « bintjes de scholles ».  (Scholle – plies)

Que les gens circulaient dans les rues en se penchent en avant, puis se rejettent en arrière  tout en chantant et en riant à gorges déployées….

« En en dikke panch,n en en snei van’t varke

Boere leive dat es plaizant »…..

Ou encore :

« Oh ! Mieke Pijpe kop !

Geeft ons nog en bobijntje !

Lever een groet alse en kleintje

As er mo genèvel in es ! »

 

A l’heure actuelle, la Marolle s’est transformée radicalement et ce, depuis le siècle dernier.  Peu à peu, elle a perdu son atmosphère et son caractère.  Elle était comparable à aucun autre quartier de la capitale.  Probablement grâce à sa population qui a l’origine était née d’un mélange de Flamands bruxellois et d’ouvriers wallons …. Des maçons venu travailler à la construction des églises. 

De cette fusion ethnique est née une population à l’esprit d’indépendance, hospitalière  avec un  grand cœur …  toutefois capable de colères homériques mais pas rancunière !

04/04/2010

La plus populaire des actrices bruxelloises

ESTHER DELTENRE La plus populaire des actrices Bruxelloises.

Comédienne Chanteuse née à Lessen (à vérifier)le 26 mai 1877 et décédée à Forest le 24 octobre 1958 à Forest.

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Elle a seize ans…. Elle est déjà la vedette du Casino de la Bourse, dans un tout de chant.

On pouvait lire dans le « Soir Illustré » du 25/09/1947 au sujet d’Esther Deltenre,  l’article suivant :

Réception chez le Prince Régent, croix de chevalier de l’Ordre de la Couronne, médailles honorifiques de la ville de Bruxelles, parchemin lui conférant le titre de citoyenne d’honneur de la commune de Saint-Josse-Ten-Noode, représentation de gala aux Folies-Bergère, son théâtre actuel, discours, cadeaux, fleurs….. Rien n’aura manqué pour fêter les soixante ans de théâtre et les septante ans de la plus populaire des actrices bruxelloises, la joviale ESTHER DELTENRE. 

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Esther Deltenre à la sortie du Palais Royal, où le Prince Régent vient de lui remettre la Croix de Chevalier de l’Ordre de la Couronne.

On peut même dire que jamais actrice de chez nous ne fut fêtée avec tant de solennité, avec tant d’enthousiasme.  C’est que sa longue carrière artistique en fait une « recordwoman » peu banale !

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M. Verruck, directeur des Folies-Bergères, offre à Esther Deltenre le bijou de l’Ordre de la Couronne.

Elle a débuté à l’âge de dix ans dans un café-concert du boulevard du Hainaut – et que, comme le fit remarquer notre sympathique bourgmestre M. Van de Meulebroeck en lui remettant la « médaille de Bruxelles » , elle est la créatrice d’un genre dramatique : le genre Esther Deltenre.

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M. Van de Meulebroeck offre à l’artiste la médaille honorifique de la Ville de Bruxelles.

Ces distinctions extraordinaires méritaient bien un hommage exceptionnel.  Il n’est pas un acteur du terroir qui n’ait été son partenaire : Nossent, Libeau, Roels, Devère, Prosper De Wit, Murio, Rittche, Festerat, Miller, Mussière, Floro, Vodé, Simone Max, Vaerewijck, Van den Broeck, Emmy Van Es (nous citons au hasard de la plume), figurent parmi les contemporains, Jacque, Crommelynckx, Strack, Harzé, Delrez, Milo, Lejeune, Baltus, Genot, Fernande Dumont, De Bauw, Minet sont à citer parmi ceux d’autrefois, aujourd’hui disparus, qui furent ses camarades de plateau, et si l’énumération de ces noms ne dit pas grand’ chose à la présente génération, elle évoquera bien des souvenirs aux générations précédentes, de bons souvenirs d’une bonne époque faite de joie tranquille et de souriante insouciance. 

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Au temps des crinolines, avec Jacque (Olympia 1903)

Et nous oublions les comiques de province qui lui donnèrent tout aussi allègrement la réplique : Van Aerschot, Van den Bosch, Lamoen, d’Anvers, ;  Rinchon et Sabeau, de Charleroi ; Van Daele, de Gand ; Fauconnier, Delaxhe et Donat Wagner, de Liège.  Car notre Esther mérite le qualificatif de national qu’on joint d’habitude à son nom, ayant promené dans toutes les principales villes de notre pays son infatigable et inimitable humour. 

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Ceux d’autrefois.  De gauche à droite : Merin, Crommelynckx, Esther Deltenre, Jacque, Léopold, Nicolas Ambreville (1905)

Bien mieux : elle est aussi une vedette internationale, puisqu’elle se produisit sur la scène du Casino de Paris, en compagnie du plus célèbre des fantaisiste français, c’est-à-dire Maurice Chevalier, qui est resté l’un de ses plus chers amis…

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Un autre joyeux partenaire : Nossent.

Mais c’est surtout au point de vue rétrospectif que la rondouillarde et toujours jeune Esther est la plus évocatrice.  Elle rappelle de vieux théâtres à présent disparus : l’Olympia, à présent remplacé par un cinéma et qui se trouvait en face de l’actuel théâtre de la Bourse, la Brasserie Flamande, le Casino de la Bourse  rue Van Praet ; la Scala, place de Brouckère, l’Alcazar, rue d’Arenberg. 

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Elle s’est éprise d’un « tchouk-tchouk », lequel n’est autre que le comique anversois Van Aerschot.

Ce fut à l’Olympia qu’elle incarna la fameuse Casque d’or, célébrité parisienne jugée indésirable par notre gouvernement et qui fut expulsée de Bruxelles un beau matin. 

« Chers Bruxellois, j’ai soupé d’votr’ figure,

Vous n’verrez plus la môme Casque d’Or. »

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Un de ses triomphes : Casque d’Or, indésirable célébrité parisienne.

Ce fut à la Scala qu’elle chanta le premier bassin populaire de natation aménagé en notre ville :

« Les ketjes des Marolles

Accour’nt en bandes folles

Comme les chics messieurs

Dans mon local spacieux »

 

Ce fut à la Scala qu’elle arbora le fringant uniforme de cantinière des « chasseurs de prinkères », la chasse aux hannetons au Bois de la Cambre donnant lieu, chaque année, à une expédition de gais lurons qui, le soir venu, regagnaient leurs pénates dans un état plus ou moins « vaseux ».  Heureux temps où les hannetons étaient nos seuls ennemis auxquels il fallait faire la guerre !

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N’est-ce pas qu’elle a l’allure martiale, cette cantinière du régiment des « chasseurs de prinkères » ?

Ce fut à l’Olympia qu’elle chanta les vertus de notre « Kip-Kap » national avec Nicolas Abzreville, son émule en corpulence. 

 

Ce fut à la Scala qu’elle blagua le concours de politesse institué pour les marchandes de quatre saisons par Charles Buls.  Et les bouquets qu’elle offrait au public étaient plutôt sonores…..

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La leçon de politesse à l’Olympia en 1899

Ce fut à la Scala qu’on la vit jouer du trombone, personnifiant  une des « gretchens » qui, à l’Exposition de 1910, composaient les orchestres allemands qu’animaient de leurs flonflons la section germanique…

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Et la voilà personnifiant une « gretche » de l’Exposition de 1910

Car, avant de passer à la Gaîté, à l’Alhambra et aux Folies-Bergère, la dynamique Esther fut surtout la pensionnaire de la Scala, de l’Olympia et des Galeries.

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La voici en acrobate, avec Merin, Léo et Jacque dans une revue.

Bref, c’est tout le vieux Bruxelles qu’elle a chanté de sa voix claironnante, forçant le succès par un entrain, une verdeur, une force comique irrésistible.

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« Qui veut de bonnes couques de Dinant ? »

Esther Deltenre se produisit aussi, tout aussi triomphalement, dans des comédies, des opérettes, des parodies diverses (ceux qui  l’ont vue en Mimi dans « la Petite Bohème » ne l’oublieront jamais !).

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Elle explique à deux autres commères des Folies-Bergère (Mmes Martens et Berodes), le mystère des soucoupes volantes (1947).

Mais c’est dans la revue qu’elle a conquis son plus beau titre de gloire et cela suffit à la classer parmi les acteurs belges les plus dignes de notre reconnaissance et de notre admiration, ce genre de pièces ayant, de tous temps, jouis des faveurs de nos compatriotes.

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Les Folies-Bergère nous présentent Esther Deltenre en … M. Van de Meulebroeck ! (un rôle d’homme) !  Elle avait déjà représenté, en 1910, Armand Fallières, … autres « rondeur »

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Article de Fernand SERVAIS.

 

Pour terminer, je citerai la définition du livre « le folklore bruxellois de A à Z » de Bob de Backer et Daniel Polet :

ZWANZE (la) : La zwanze bruxelloise est la grosse blague fraîche et joyeuse…. Elle est une des manifestations les plus pures du vrai folklore.  Tout Bruxellois a dans le cœur un « zwanazeur » qui sommeille.  La bière est à la zwanze ce que l’œuf est à la poule, en d’autres mots, elle est la cause et la conséquence.

…Et je pense  que notre Esther nationale était un réelle « zwanzeuse » …

Sofei