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29/05/2009

1964 : les Para-Commandos de Stanleyville à Bruxelles

1964 : les Para-Commandos de Stanleyville à Bruxelles !

 

Avant tout un mot d’explication.

Curieusement, le jour où Sophie publie les clichés de J-C Gallez j’étais en contact avec le Musée Commando de Flawinne pour de la documentation photographique, sorte de synchronicité… ces ‘faits curieux et parallèles’ qui se croisent du bout du nez. Exemple, vous pensez à un vieil ami dont vous n’avez plus eu de nouvelles, le GSM sonne, c’est lui ! Ce qui me rappelle que j’ai pris des photos de Commandos, mais où et quand ? Je vérifie via Google : assez de sites pour fixer les idées. Je récupère mes ‘prints’ d’époque, serais-je à ce point ordonné ?

 

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Le fusil FN FAL calibre 7,62 mm de 4,3 kg à vide ne pèse plus en cet instant. Remarquez la foule sur le balcon et les marches…

 Je me souviens aussi que j’étais équipé d’un appareil Voigtländer type Vito ou Bessa avec une cellule intégrée protégée par drôle de dalle plastique formée de bulles. Où donc est passé cet appareil ?

Je me souviens encore que nous avions séché les cours pour applaudir nos Commandos, les frères Van Gastel, dont Jacques, et moi. Aux premiers rangs sur la place Poelaert devant le Palais de Justice… Seulement quatre images mais je vous les passe avec plaisir car, bien étrangement, rien sur Google Images.

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Bien à l’horizontale, la bonne vieille Précision Liégeoise Vigneron M2 calibre 9 mm fabriquée à 150.000 exemplaires. Le 3e soldat du rang de gauche regarde pile dans l’objectif…

 Bref rappel du contexte.

En mai 1964 les rebelles Simbas s’emparent du Kivu. Les conseillers belges accompagnés de mercenaires et de l’ANC tentent de rétablir la souveraineté de Léopoldville. Des avions de la CIA couvrent la 5e Brigade mécanisée – nommée Ommegang ! – qui fonce vers Stanleyville par la route. Les rebelles rassemblent dans la ville tous les ressortissants étrangers, plusieurs milliers, et menacent de les trucider, ils affûtent leurs machettes.

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Ces Bazooka, sans doute des M20, étaient-ils utilisés pour l’appui des troupes, à la place de mortiers légers ? Appel « à la valise ».

 L’Armée nationale congolaise est incapable d’intervenir et l’Etat demande l’aide de la Belgique. Le Colonel Charles Laurent, commandant du Régiment parachutiste, lance le 1er Bataillon (1 PARA) de Diest, soutenu par la 12e Compagnie (12 Cie) du 2e Bataillon de Commandos de Flawinne. Des Lockheed C-130 Hercules de l’US Air Force embarquent nos soldats à Kleine-Brogel puis via l’île d’Ascension, dans l’Atlantique, ils gagnent la base de Kamina. Ceci dans un secret absolu.

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Qu’ils soient de Diest ou de Flawinne, c’était la même bande de frères ! La banderole est évocatrice d’une fierté aujourd’hui en capilotade. 

 La suite est connue et se découvre sur de quelques sites Internet.

Rappelons aux esprits chagrins que l’opération a réussi : c’était du temps où… vous compléterez facilement la phrase avec zwanze !

Le mardi 1er décembre, les C-130 et nos troupes atterrissent à Melsbroek ; le Roi accueillent les Para-Commandos et les équipages américains. Ensuite, nos gars défilent à Bruxelles devant la foule. Selon la légende, leurs bottes étaient encore couvertes de poussière de latérite.

Une opération similaire sera effectuée en 1974 sur Kolwezi.

Certains des visiteurs de ce blog reconnaîtront-ils peut-être l’un de ces jeunes soldats ?

 

Robert Dehon

 

PS : pour plus de précisions sur Stanleyville, voir l’intéressant site de Jean-Luc Ernst  http://www.stanleyville.be 

 

 

Commentaires

un de mes amis a participé à cette opération,il se nomme Arthur Baré

Écrit par : geeraerts francis | 29/05/2009

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un de mes amis a participé à cette opération,il se nomme Arthur Baré

Écrit par : geeraerts francis | 29/05/2009

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Photo 3 Je pense que ce sont des « BLINDICES », et non des BAZOOKA, les fusils sont des FALIS ou FALOS ? Avec la crosse repliable. D’autres hommes étaient également armés d’un FALL et d’une grenade ENERGA. (Turre de la Place Anneessens)

C’était la 1ère fois que certains Paras sautaient d’un C 130 « Hercule », à l’époque en Belgique, ils sautaient du C 119. Le 1er Para est parti de Melsbroek

Après avoir sauté, le sergent ROSINFOSE a été blessé d’une rafale de mitraillette.
Ii vit encore à l’heure actuelle.

Écrit par : Pierrot | 29/05/2009

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Je ne sais pas si il vit encore a l'heure actuelle mais il était mon CSM en 75/76 ( dur,dur ) et comme il n'avait plus que un poumon ( balle dans le chargeur lors du saut sur Stan ) il fesait la Speed marche de 8 km avec la 13em . Je crois qu'il a été remplacé après 77 par le SGM Waggenaer ?? .Moi mon chef de peleton était le LT Thimsonet avec le "chef" Deweghe et le Sgt Jacobs . WDW et Spirit Alive .

Écrit par : Vanuffelen Marc | 16/02/2014

Armement Il s’agit d’un blindiçide. Et le fusil, un FAL M3 (crosse repliable).
Le FALO avait un bipied.

Écrit par : jeancke | 29/05/2009

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Merci Jeanke WHO DARE WINS

Maurice Heymbeeck – 62/17105
3 PARA - 15ième Compagnie - Peloton A
J’étais Mitrailleur Point 30.
Bonjour les anciens
http://www.para-cdo.be/pegasus-museum/content/gastenboekFR.htm

Écrit par : Pierrot | 29/05/2009

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Blindicides ? Merci pour les infos de détails armement : quelques ‘moustachus’ de l’ABL ici !
OK pour le FAL version M3 à crosse repliable, j’aurais dû m’en rappeler.
Mais j’aimerais avoir des précisions concernant l’utilisation des bazookas, dits ‘blindicides’. Pas de blindés chez les Simbas, mis à part la consommation de « Primus-la-bière-du-pays »… J’imaginais que les bazookas ‘pouvaient’ consolider l’Energa.
@+
Robert

Écrit par : Robert | 29/05/2009

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sauve par les para j'ai un voisin (86ans) qui a été sauvé par l'intervention des para. Sa plantation de canne a sucre, et huile de palme a été rasé.
merci pour lui les gas

Écrit par : willy vandebeulestroet | 29/05/2009

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Fierté! ...

Écrit par : Mich' | 12/06/2009

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1bn para 75/76 13em 1 plt ou sont les anciens de cette epoque. ? les stassart,guchet,fadeur,verhelst,dupon,delmoitier

Écrit par : vanuffelen. m | 06/08/2009

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Anciens moustachus... Hello,
Lancer un appel concernant d’anciens paras sur ce site est certes une 1ère action. Mais pourquoi ne contactez-vous pas les assos et les musées ? Pour un autre job (http://www.cyanopale.org/ch/chronique19.htm ), j’avais contacté le Musée Para de Flawinne (www.cdomuseum.be ). Ils m’ont répondu dans le temps nécessaire pour changer le chargeur du FAL M3. Bonnes recherches.
Robert

Écrit par : Robert | 07/08/2009

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Bonsoir Robert Ne pas confondre Codo et Para, l'uniforme et l'esprit n'est pas exactement le même.

A Flawinne, tu trouveras le Musée Commando et non Parachutiste, comme tu l'écris.

Le musée des Parachutistes est à Diest.

WHO DARE WINS

Écrit par : Pierrot | 07/08/2009

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para j'ai entendu souvent parler de stassart par mon mari qui y était ,il nous a quitté il y a 6 mois quelqu'un le connaitrais t il : JEAN BISSCHOT ?????

Écrit par : verdeyen georgette | 14/08/2009

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sauvez le 1para cela me fait chaud au coeur de voir ses anciennes photos ; surtout que notre Sinistre decrem pense fermer Notre citadelle et dissoudre le 1er para ; fleuron de Notre regiment ; a tous les anciens reagissez sur www.citadel-diest.be ou paracdo.be .who dares wins .

Écrit par : vaessen andré | 30/10/2009

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Detmold Mon beau-frère était un des 9 rescapés de l'accident de Detmold en 1963 : Maurice Grosser (dit Michel et décédé en 1997), c'est lui que le sgt Chabot a fait sauter le premier.

Écrit par : Rosette | 09/11/2009

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Bonsoir Rosette Le Despatcher Sergent Major CHABOT, était un des mes instructeurs à Schaffen en 1962-1963.

Il est important de savoir que le Despatcher avant un saut, se tient près de la porte, il était bien placé pour d'abord sauver sa vie, Il a choisi l'option de faire sauter ses Paras du 1er Bataillon Parachutiste.
En fait, le C 113, survolait le 26 juin 63 un terrain de manœuvre en Allemagne, et a été touché par un tir accidentel de mortier, la catastrophe a fait 38 victimes * . Un grand nombre sont enterré à Schaffen sur une pelouse d'Honneur.
Pour d'autres, la famille à fait le choix de les ensevelir près de leur domicile.
J'ai accompagné l'enterrement d'un Para comme escorte d'honneur.

3 Bataillona Para
M. Heymbeeck (Dik)

Para's Never die, they only fly away

* J'ai rafraichi quelque peu ma mémoire sur internet.

Écrit par : Pierrot | 09/11/2009

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Accident Detmold Pierrot,
Je me souviens bien de l'évènement et ma soeur possède encore les photos de la presse de l'époque et des souvenirs de mon beau-frère qui avait vu lors de sa chute tous ses copains brûler au-dessus de sa tête. Il racontait aussi que en quelques minutes les parois de l'avion qu'il devait tenir pour sauter étaient chauffées à blanc et qu'on s'y brûlait les mains. Lui-même est décédé d'un cancer alors qu'il avait 54 ans. A l'hôpital (alors que c'était refusé par le corps médical) il a fait venir la RTB pour témoigner de l'accident et pour qu'on n'oublie pas tous ses camarades morts lors de leur service militaire. Je vous témoigne toute ma sympathie pour l'hommage. Rosette

Écrit par : Rosette | 13/12/2009

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Detmold J'avais une photo du sticks avant un saut, où le dispatcher était également présent
Mais, impossible de mettre la main dessus.
Dans nos rangs, à l'époque nous étions surpris que neufs hommes seulement ont réussis à sortir, l'explication donné était que le C 119, c'est rapidement retourné.
Rosette, je pense que Michel a eu son Brevet Para en avril/ mai 1963…

Écrit par : Pierrot | 13/12/2009

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Detmold Bonjour et bonnes fêtes Pierrot,
Ce serait un plaisir de retrouver les photos.
Rosette

Écrit par : Rosette | 26/12/2009

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Triste histoire...
Mais pour info:
Je suis arrivé à la citadelle de Namur le 2 février 1952 comme condidat "para-comando".
Bêret rouge et ailes la même année, plus un brevet d'opérateur radio (Morse à l'époque).
En 1953, lors d'une manifestation aérienne à Evere, nous devions sauter, ainsi que d'autres paras de différents pays.
Seulement voilà...
Question sécurité, les vents ne peuvent pas dépasser 30km/h. (35 grand max ) et il y avait des rafales de 65km/h et plus.
Conclusion: les pays participants ont refusés de faire sauter les paras (dont les US) mais les Belges...
Pas question: Exécution !
J'ai eu beaucoup de change, mais plus de la moitié de notre groupe, en touchant le sol, a été entrainé par les vents engouffrant le parachute.
Ambulances plein l'aéroport, et plusieurs brûlés ayant étés entrainés "raclé" sur le béton.
Responsable...L'ambition

Écrit par : Louis | 20/01/2010

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Je me souviens très bien de ce jour j'ai sauté également, j'ai eu la chance de tomber sur la pelouse et j'ai pu aider certain de mes camarades qui étaient entrainés par le vent sur les pistes d'envol.
Willem Boulanger

Écrit par : Boulanger Willem | 14/01/2014

Pour les anciens (mais les autres aussi...) vous pouvez consulter toutes les photos de La Section Aeroportee de la Premiere Colonne Mobile de la Croix Rouge de Belgique. Groupe Special de Secouristes Parachutistes - 1960 - 1967.
Le commandant de cette section Dimitri de Martinoff avait ete pressenti pour participer a cette l'operation Dragon Rouge sur Stanleyville etant donne que a l'epoque elle disposait d'un personnel hyper specialise dans les interventions sanitaires parachutees, avec assistence medicale avancee,(medecins, infirmiers, secouristes etc...) sous le controle du Regiment et du Ministere de la Defense (A l'epoque V.D.B) Pour d'obscures raison, sa participation fut ecartee.

Parmis ces photos il en est une du Sergent Major Chabot ainsi que d'une grande partie des instructeurs et professionnels de Schaffen qui ont participe a cette aventure aujourd'hui oubliee... (il y a 50 ans deja...)

Consulter sur ma page de FACEBOOK ouverte a tous: pierreleopoldcoppens@hotmail.com

Écrit par : Pierre Coppens | 30/09/2010

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Le Dispatcher, Edmond Chabot est dcd, en juin 1963 à Detmold, dans la chute du C 119.

Il eu 38 victimes dont le lieutenant-colonel aviateur Kreps et quatre adjudants aviateurs, et parmi les Paras, le lieutenant Goujon, un adjudant congolais en stage, 7 sous-officiers et 24 soldats du 1er bataillon de Parachutistes de Diest, provenant de diverses régions du pays, dont : Spy, Auvelais, Châtelineau, Charleroi, Gosselies...

Maurice Heymbeeck
3ième Bataillon Parachutiste

Écrit par : Pierrot | 30/09/2010

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Nom de dieu, Camarades, si nous sommes Para-Commandos!!!..... CELA NE COUTE RIEN DE SE RELIRE ET D' ECRIRE SANS FAUTE ! Un texte truffé de fautes de français se dévalorise et ce, quelque soit le sujet abordé !
Un GROS effort s.v.p !

Écrit par : MICHEL | 29/10/2010

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Dieu ne s'écrit-il pas avec un majuscule ???

Écrit par : Jean | 17/10/2013

Bonjour, mon frère Christian Losson est décédé dans le crash de l'avion C 113, qui survolait le 26 juin 63 un terrain de manœuvre à Detmold en Allemagne. Existe-t-il encore des survivants en vie? En attendant une réponse, reçevez toutes ma sympathie.

Écrit par : Sohet Thierry | 17/11/2010

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Je suis un ancien 13 Cie Para 4 Peleton 1962/1963 Diest Section ReeCe..je souhaite retrouver les anciens de ma Section : Louis Wirtz,Quoirin Jean-Marie, Schroeder Manfred, etc
Merci de me contacter au GSM 0473.460170
NB. J´étais présent lors de l´accident de Detmold, dans le 4· avion, qui suivait celui qui s´est écrasé !
J.Basselet

Écrit par : Basselet Jacques | 27/02/2011

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Jacques, prends contact avec moi à pierreleopoldcoppens@hotmail.com ou cette même adresse sur facebook.

Écrit par : Cdt Pierre Coppens | 27/02/2011

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Je suis un des neuf rescapés de la catastrophe de Detmold le 26/06/1963.
Ceux qui souhaitent avoir des infos sur ce drame peuvent toujours me contacter.
Roger.

Écrit par : Roger Van Tieghem | 31/03/2011

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en 78 Kolwezi

Écrit par : Dominique Pettens | 31/03/2011

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en 78 Kolwezi

Écrit par : Dominique Pettens | 31/03/2011

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Bonjour Roger Van Tieghem, je souhaiterai prendre contact avec vous. Amitié,
t_sohet@skynet.be

Écrit par : Sohet Thierry | 14/04/2011

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Qui d'entre vous aurais des nouvelles de mon cousin Robert LENDERS-MICHIELS qui avait une soeur Liliane qui a épousé Robert MILITIS et était coiffeuse rue de la Pastorale à Anderlecht. Robert était aux PARA-COMMANDO parti au Congo dans les années +/- 1962 et devrait être aujourd'hui opticien dans la région de Nivelles ???? Merci de me faire savoir quelque chose. Jacqueline

Écrit par : BRUNING Jacqueline | 19/08/2011

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Pour retrouver Robert Militis il faudrait prendre contact avec la maison des parachutistes, rue du Chatelain à Ixelles ou alors contacter les asociations de parachutistes sur facebook comme "para-commando" ou para commando.com ou encore anciens para commando, le musee para commando à Flawinne si il était commando, etc...

Écrit par : Capitaine Pierre Coppens | 19/08/2011

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Militis était Lieutenant de mon temps, et j'en ai fait des excursions avec lui (en Jeep).
Il a passé une grande partie de son temps au Congo, depuis les années 1953 !
Un numéro hors du commun !

Écrit par : Jean | 17/10/2013

Merci de votre réponse Capitaine Pierre Coppens, mais je pense qu'il y a une petite confusion, je recherche mon cousin Robert Michiels et sa soeur Lliane Michiels et non Militis !!!!! Militis est ou était le mari de Liliane !!!!
Merciiii en tout cas de votre démarche.
BRUNING Jacqueline

Écrit par : BRUNING Jacqueline | 21/08/2011

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Bonjour à tous,
Je suis surpris du trafic commentaires suite à ce petit reportage de quatre photos. Hé oui, à l'époque l'argentique coûtait cher aux pauvres étudiants. Maintenant on trouverait des milliers de digitales de l'événement.
Dommage qu'il n'y ait eu aucune réaction du para qui fixait l'objectif. L'appareil était un Voigt Vito CL, jamais retrouvé.
Bonne continuation.

Écrit par : Robert Dehon | 21/08/2011

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Je suis une ex otage de Stanleyville 64. Quatre mois d'horreur ! Et le 24 novembre 64, on entend les avions, on voit descendre les paras...ça passe ou ça casse ! Pour d'autres et moi, après un massacre, j'en sors très grièvement blessée, je reçois les derniers sacrements de l'aumonier militaire. Mon mari assassiné à mes côtés, mes bébés jumeaux indemne. Je connaissais le Colonel Laurent depuis Usumbura 1960-61. Il y a trois ans, je revois les paras descendu sur Stan. Pas de mots pour expliquer l'émotion. Je ne leur dirai jamais assez merci, je garde le contact bien sûr. Un lien exceptionnel entre nous les rescapés et eux. Nous avons des paras fantastiques ! Merci encore. Michèle Timmermans-Zoll.

Écrit par : timmermans-zoll | 07/12/2011

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j'avais des amis à stanleyville en 1956 et travallais avec madame Zoll au centre social du belge
j'ai longtemps cherché à avoir des nouvelles de
Jeannette Abels, son compagnon Michel Awatt ?,qui me rendirent visite en 1962 à Bujumbura, Yvonne Lemaire, Mlle Bodart et sans doute d'autres connaissances!!! ce serait un immense plaisir d'avoir de leurs nouvelles

Écrit par : radermecker | 28/11/2013

A la bonne attention de Mr. ou Mme. Radermecker.

Quand vous parlez de Madame Zoll, il s'agit de ma maman. Malheureusement elle nous a
quitté en 1974. Certains noms des personnes que vous citez me disent quelque chose mais je ne sais vraiment pas vous aider.
En 1962 mes parents étaient à Bujumbura ( Usumbura ).
Toutefois, je vous conseille d'envoyer un mot à Jean-Luc Ernst qui a le site
www.stanleyville.be Ce site est très bien fait . Comme une mise à jour est faite chaque semaine, peut-être une recherche de ce côté pourrait vous donner des infos.
Amitiés.

Écrit par : Zoll Michèle. | 28/11/2013

Bonjour à tous les paracodos et autres
. Je suis un ancien des oppérations Dragon - rouge et noire, TS du 1er Pton 13éme Compagnie (Chef de Pton - Lt Bourgeois.S.).
Il est rasssurant de constater que la fraternité des parachutistes n'est pas un vain
mot.
Je profite de cette occassion pour vous souhaité à tous de bonnes fêtes de fin d'année et surtout n'oubliez pas la devise " ÊTRE et DURER ". Prenez donc soin de vous car nous devenons une espéce rare. Stan-Paulis déjà 47 années(Dur à avaler, mais c'est comme ça) . Who dares Wins les copains et au plaisir de vous revoir.

Écrit par : DELFORGE - Marcel | 20/12/2011

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Je suis agréablement supris d'être tomber sur ce site web, je trouve qu'il est vraiment pertinent et les posts que vous postez sont très intérressant.

Écrit par : seconde main | 11/01/2012

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Je trouve étonnant que dans tous ces commentaires, qui sont très justes, aucune place n'est donnée à la colonne de mercenaires, le 6ème Codo qui a appuyé avec honneur le travail des Paras.....
Une ancienne d'Albertville..;et qui a bien connu ces "affreux" qui eux aussi risquaient leurs vies!!!!

Écrit par : Balcaen | 14/04/2012

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j'ai été agréablement surpris de pouvoir lire et visionner votre site. Je suis un de ces anciens "Dogs ware" du 6°codo/ 1er Choc de Bob Denard et je suis arrivé à Stanleyville peu après l'opération "dragon rouge". Vous avez fait un boulot formidable et cela nous a permis de sécuriser la ville et les alentours. Nous sommes partis à Yangambi pour sauver quelques 1200 civils qui allaient être tués par les simbas. Ensuite nous sommes allés à Paulis où vous aviez fait un travail admirable aussi. J'ai pu m'en rendre compte du fait qu'étant un ancien para du 1er REP en Algérie. Merci les gars et ayez une petite pensée pour nous, les oubliés, les sans noms.

Écrit par : HENRIVAUX Gilbert | 28/11/2013

Salut Marcel Delforge,
Dommage que tu ne te souviennes pas de ton sergent.
Aurai-tu des nouvelles de Nihoul par hazard?
Fraternellement.
Eric van Wassenhove

Écrit par : van wassenhove,eric | 28/07/2012

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S'il s'agit d'Albert NIHOUL ( blessé à Paulis en 1964 ) je suis en contact avec lui, il habite Mons et fait partie de l'amicale Mons - Borinage .

Écrit par : Fretin Claude | 18/08/2014

Je découvre sur ce lien le nom d'Eric van Wassenhove avec lequel j'ai partagé six mois de compagnie école à Flawinne (janvier 1964 - juin 1964) suivi de 10 mois de service à Diest, au 1 Para, y-compris bien sûr les opérations des 24 et 26 novembre 1964 sur Stan et Paulis.
Alors, s'il prend connaissance de ce commentaire, et s'il le souhaite, il peut me contacter via mon email repris ci-dessus.
Je ne suis pas sur Facebook, lui il y est, mais je ne tiens pas à m'inscrire sur ce site.
A sa bonne attention

Écrit par : luc vandenbemden | 17/08/2012

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Salut Luc !!
Comment vas-tu?
Je suis en Uruguay pour l´instant,mais je rentre en Belgique vers la mi-septembre.
Tu as mon e-mail et mon tel.est le 0498 136 490.
Chiche quón aille manger un petit bout ensemble.
A plus
Eric

Écrit par : eric van wassenhove | 17/08/2012

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Eh bien voilà. 48 ans après et pourquoi pas ??
Eric, on peut toujours se retrouver.
Il est vrai que j'investigue actuellement tout azimuth pour retourner dans ce passé si lointain que sont les opérations Dragon rouge et noir. Cette période est très riche en commentaires, photos en tout genre.
J'attends ton retour en septembre pour reprendre contact. Robert Colin est, je le pense, est encore joignable.
Je m'y emploie. Robert était mon petit camarade de jeu aux mortiers de 60mm.
Nous nous sommes revus en 2004, à Diest pour la commémoration des 40 ans des opérations de 64.
A+ Bien à toi.
Luc Vandenbemden.

Écrit par : luc vandenbemden | 22/08/2012

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Tout vas bien! !

Écrit par : ottoy reginald | 18/10/2012

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salut à toi pierre je suppose que c'est à moi que laisse ton mail
je suis un ancien du 3peloton j'éttais à hopithal le jour de detmol
je ne suis pas fort avec un ordi
voici mon TL042320732 mème numéro pour le fax
GSM 0478268962
JACQUES

mon email est chapelierdumont@live.fr

Écrit par : chapelier jacques | 25/10/2012

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bonjours a tous je suis un ancien du 1para a diest clase64
2eme peloton si vous connaisses des anciens de la classe64 et de l opérations des 24 et 26 novembre 1964 sur Stan et
Pauliserais heureux davoirs de luers mouvelles

Écrit par : fadeur albert | 06/11/2012

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Si tu veux des nouvelles d'un ancien de la levée 63, du 1 Para qui a sauté sur stan et paulis, tu pourrais te rendre à Diest, le 29 février, à l'AG du musée Pegasus.
J'y serai sans doute vers midi. On pourra sans doute échanger quelques propos sur cette extraordinaire aventure.
1 Para, 13ème cie, section mortier 60mm. Sergent csor sous les ordres du lieutenant Patte, commandant de Cie.

Écrit par : vandenbemden luc | 15/02/2014

je suis heureux d'avoir des nouvelles j'éttais à l hopital LE JOUR de demol
voici mon N deTL 042320732 gsm0478268962

jacques chapelier 3 peloton

Écrit par : chapelier jacques | 06/11/2012

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Suite à mon courriel du 17 août dernier, je vous fait savoir que le sergent Robert Colin, sous-officier de réserve au 1para, 13ème cie, est décédé dans le courant de ce mois de décembre 2012.
Il a été mon plus proche camarade, non seulement pendant 15 mois, mais aussi à Stanleyville et Paulis.
Nous avions la responsabilité commune de deux mortiers de 60mm. Je n'ai pas pu lui parler une dernière fois. Désolé.

Écrit par : luc vandenbemden | 29/12/2012

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Cher monsieur, suite à une série d'évènements assez pénibles, il m'a fallut a plusieurs reprises ralentir la cadence de mes publications sur le blog et de ce fait, la messagerie fut en stand by également. Vous me voyez navrée d'apprendre cette nouvelle et je vous prie de bien vouloir présenter mes sincères condoléances à la famille du sergent Robert Colin.

Écrit par : sofei | 03/01/2013

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Le sgt Rosinfosse etait mon CSM en 75/76 a la 13em .En fait il avait recu une balle dans son chargeur de sa poche gauche.
Et d'après mes renseignements il vit toujours.
ps: c'etait un CSM dur, mais droit et juste

Écrit par : Vanuffelen Marc | 05/01/2013

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Lors du remember day du 1 septembre j'ai eu le plaisir de revoir le "chef"Cattinus et le sgt Jacobs( mon chef de section ) et mon ami Eric Guchet mais ou sont les autres de la 13em ? 75/76

Écrit par : Vanuffelen Marc 1 para 13 em cie | 05/01/2013

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J'ai eu le Sergent Rosinfosse en 1962, au 3 PARA - 15 compagnie - peloton A

A chacun son souvenir, pour moi il était très dur, très, très dur et...... injuste.

(Méconnaisance du réglement militaire à mon encontre).

Écrit par : Pierrot | 06/01/2013

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@ pierrot: Oui a chacun son souvenir , mais peut être qu'après la perte d'un poumon le CSM était devenu un peu plus souple..et puis de 62 a 75 ca fait 13 ans....WHO_DARES WINS :-)

Écrit par : Vanuffelen Marc | 06/01/2013

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bonsoir à tous je suis à la recherche d'archive concernant mon grand pere jean Coyette je voudrais tout savoir de lui ainsi que de sa jeunesse chez les 1er regiment para-commando beret rouge 1952 numero de matricule 52/33050 donc si vous sauriez m'aider je vous en serait reconaissante
en attendant de vos nouvelles qui je l'espere pourront m'aider dans mes recherches
je vous remet mes salutations à vous collegues et freres de mon grand pere para
ps: si vous avez meme d'autre lien faites m'en pars
merci

Écrit par : katia coyette | 01/05/2013

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Juste pour vous rappeler que Kolwezi c'était en 1978, je le sais hélàs J'y était

Écrit par : Wulleput | 04/05/2013

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3 Para 64-66

Écrit par : Pringiers | 12/06/2013

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Rappel très douloureux car j'ai perdu mon oncle qui a été abattu juste au moment où il allait prendre l'hélicoptère pour rentrer en Belgique.

Écrit par : Jeanne Van Wayenberge | 12/08/2013

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SALUT SUIS UN ANCIEN DU 2CODO,NOVEMBRE 1959 CITADELLE DE NAMUR(LES DERNIERS).PAR L'INTERMEDIAIRE DE CE SITE J'ESPERE ENTRER EN CONTACT AVEC DES GARS DE MON DETACHEMENT (ESPERANT QU'IL Y EN A ENCORE QUELQUES UNS EN BONNE FORME A+

Écrit par : lenglet,alphonse | 10/01/2014

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Concerne : réaction à la communication de Gilbert Henrivaux sur votre site en date du 28/11/2013

Salut les Anciens

Je vous épargne mes commentaires, ainsi que ceux de mes compagnons du 1er CHOC, sur les affabulations de Gilbert Henrivaux quant à ses « "exploits africains " parus sur votre site, ainsi que sur d’autres.

Je suis un ancien sous-officier du 1er REP, où j’ai servi notamment sous les ordres du Colonel Jean-Pierre décédé au combat. Je suis entré au régiment en 1957 et y suis resté jusqu’à sa dissolution.
J’ai combattu pendant plus de 5 ans au sein du 1er REP.

Je ne peux tolérer, et surtout supporter que Gilbert Henrivaux usurpe le droit d’être un ancien du 1er REP et d’avoir participé aux combats menés par un des régiment d’Elite de l’Armée Française
J’affirme de façon formelle que Gilbert Henrivaux n’a jamais mis les pieds au 1er REP

C’est à cause de mon expérience au sein du 1er REP que le Colonel Robert Denard m’a contacté pour rejoindre le 1er choc où j’étais voltigeur de pointe

Ma devise a toujours été : toujours devant pour voir clair.

C’est la 1ère fois que je sors de ma réserve et fais un commentaire sur un site concernant ces évènements auxquels j’ai participé. Je le fais car je suis révolté de voir avec quel toupet certains individus s’approprient le passé d’autrui pour se mettre en valeur.


A tous les Anciens, mes meilleures salutations « PARA »

ROGER DEHERDER

Écrit par : DEHERDER Roger | 12/01/2014

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Je ne peux qu'approuver la manifestation de Roger à qui j'adresse mes respects d'avoir servi au 1REP, moi même ancien du 1er Bn Para j'ai souvent entendu des discussions de certains personnages se ventant d'avoir "fait" les Paras et ne savaient même pas ce qu'était un TAP, la M56 ou encore une EL8......Salutations Roger et bien sur à tout la famille Para/codo
"Who dares win"

Écrit par : JeanRaoul | 26/01/2014

Concerne : réaction à la communication de Gilbert Henrivaux sur votre site en date du 28/11/2013

Salut les Anciens

Je vous épargne mes commentaires, ainsi que ceux de mes compagnons du 1er CHOC, sur les affabulations de Gilbert Henrivaux quant à ses «exploits africains » parus sur votre site, ainsi que sur d’autres.

Je suis un ancien sous-officier du 1er REP, où j’ai servi notamment sous les ordres du Colonel Jean-Pierre décédé au combat. Je suis entré au régiment en 1957 et y suis resté jusqu’à sa dissolution.
J’ai combattu pendant plus de 5 ans au sein du 1er REP.

Je ne peux tolérer, et surtout supporter que Gilbert Henrivaux usurpe le droit d’être un ancien du 1er REP et d’avoir participé aux combats menés par un des régiment d’Elite de l’Armée Française
J’affirme de façon formelle que Gilbert Henrivaux n’a jamais mis les pieds au 1er REP

C’est à cause de mon expérience au sein du 1er REP que le Colonel Robert Denard m’a contacté pour rejoindre le 1er choc où j’étais voltigeur de pointe

Ma devise a toujours été : toujours devant pour voir clair.

C’est la 1ère fois que je sors de ma réserve et fais un commentaire sur un site concernant ces évènements auxquels j’ai participé. Je le fais car je suis révolté de voir avec quel toupet certains individus s’approprient le passé d’autrui pour se mettre en valeur.


A tous les Anciens, mes meilleures salutations « PARA »

ROGER DEHERDER

Écrit par : DEHERDER Roger | 12/01/2014

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Stanleyville, en 1964.
L'histoire telle que moi je l'ai vécue, ressentie, sentie, très égoïstement, je m'en excuse.
Avant que nous ne soyons emmenés à l'hôtel des Chutes, nous vivions déjà des situations très pénibles.
Perquisitions, les rebelles entraient, sans prévenir, à six ou sept, enfants soldats compris. Brutaux, effrayants, cherchant armes, nourriture, créant souvent des paniques que nous ne montrions pas. Ils renversaient tout, vidaient le frigo. Un enfant soldat bien souvent le même, je le reconnaissais, armait son arme, pointant le canon sur la tempe de mes bébés. Il me regardait en riant. Je savais que je devais rester impassible, surtout ne pas bouger, peu de choses auraient pu faire partir le coup. Après quelques minutes, il retirait son arme, remettait la sécurité et partait d'un énorme rire. Comment expliquer cette peur, il n'y a pas de mots. C'est arrivé à plusieurs reprises. Ces rebelles tiraient sur les Africains dans la rue pour je ne sais quelle raison. Les Africains devaient circuler avec une branche et crier "maie, maie", sans cela, ils étaient abattus. Il y avait trois cadavres devant chez nous, le magasin Peneff. C'était horrible, et le climat étant ce qu'il était, l'odeur était insupportable, en écrivant j'ai l'impression de la sentir encore.
La nuit ça tirait de tous côtés, nous nous réfugions dans le seul couloir de l'appartement. Nous étions cinq adultes et quatre enfants. Pas de lumière, mais la peur toujours cette peur! Dans le fond de ce couloir, il y avait une petite salle de bain, avec une mini fenêtre. Malgré cela, nous avions vraiment très peur d'y aller pour les toilettes. Pour la nourriture, c'était la débrouille. Nous avions un boy qui nous ramenait des petites quantités de ce qu'il pouvait trouver. Quand l'atmosphère
paraissait un peu plus calme, nos hommes partaient à vélo (tous les véhicules avaient été réquisitionnés) chercher à manger. Tout ce qu'on trouvait était bon.
Monsieur Hardy était avec nous. Il était arrivé avec le dernier avion et devait prendre la route avec une voiture qui se trouvait chez nous. Tout avait été convenu avec mes parents à Bujumbura. M.Hardy vivait à Buja avec son épouse et son fils de 10 ans, Daniel.
Il a donc vécu comme nous ces évènements durant quatre mois. Malheureusement, comme Marco il est décédé.
Par la suite, ils sont venus nous chercher avec deux véhicules. Il fallait faire très vite, contrôle de papiers.....Je n'ai eu le temps que de prendre deux biberons, deux langes et un bébé sur chaque hanche. Marco, lui, prenait nos papiers. Pas le temps de réfléchir, ni de se poser de questions.
Arrivés à l'hôtel des Chutes, il y avait beaucoup de monde, nous étions au fond, ensemble, assis à une table. Là, nous avons vu que les rebelles enlevaient le voile des religieuses avec violence. Monsieur Nothomb est intervenu, ils l'ont battu. Ma fille s'est mise à crier, ils ont hurlé de la faire taire.....faire taire un bébé! Menaces etc. J'avais, à ce moment-là, un bon Dieu pour moi, la petite s'est tue. Après un certain temps, je ne sais plus combien, ils ont décidé que les hommes partiraient, les camions sont arrivés, ils ont fait monter les hommes et sont partis. Ils nous ont fait monter à l'étage. Nous avons réalisé que tout pouvait nous arriver. Nous avons pris une chambre, la première à côté de l'escalier. Il y avait Mady Peneff, ses deux petites filles, une autre personne, je ne sais plus qui, mes deux bébés et moi. Il n'y avait pas de place pour tous sur un lit de deux personnes. J'ai aménagé, dans un coin, un petit enclos pour mes bébés, y ai mis une couverture de "zamu". J'ai pris une autre couverture de « zamu » pour moi. Je dormais par terre, à côté de mes bébés, toute habillée, avec mes chaussures et mes lunettes. A côté de moi, une bouteille vide, au cas où je devrais me défendre ! Ce n'était qu'illusion, je n'aurais jamais su me défendre ni défendre mes bébés. Heureusement, cela ne m'est pas arrivé. Toutefois, la nuit ils rentraient et nous braquaient avec des torches en pleine figure. Nous entendions crier des femmes dans des chambres à côté. Nous savions ce qui se passait. Nous ne pouvions rien faire. Le matin, nous allions les aider comme nous le pouvions.
J'étais tétanisée, je ne laissais jamais mes bébés, un sur chaque hanche en permanence. Il y avait une terrasse tout le long, sur laquelle donnait chaque chambre. Cela nous permettait quand même de sortir de notre trou. Nous avions aussi une toute petite terrasse qui donnait sur l'extérieur. Une nuit, tard, j'entends doucement frapper à cette porte, j'ouvre, c'était mon boy, effrayé mais avec une boîte de lait en poudre et quelques langes. Je l'aurais bien embrassé. Il m’a repris les langes sales. Il a fait cela chaque fois qu'il en a eu l'occasion, il m'apportait ce qu'il trouvait. Encore aujourd'hui j'y pense souvent et combien je le remercie.
Les Grecs et les Portugais nous apportaient à manger, la plupart du temps il n'y avait pas assez pour tous. Comme une bête, je guettais et j'étais dans les premières pour avoir quelque chose pour mes enfants et moi. Ce n'est pas très honorable, mais je ne pensais qu'à nous, je me sentais traquée. Besoin de manger pour vivre. Avec le lait en poudre je mélangeais de l'eau du robinet, brune, que je faisais passer dans de
l'ouate. Je pensais éviter ainsi que ne passent les crasses. J’y mélangeais une sardine. Je coupais un peu le trou des tétines. Mon fils avalait, il avait faim. Ma fille ne voulait pas. Je l'ai donc forcée à la cuillère, je voulais à tout prix qu'elle mange. Un jour, on nous a apporté des boîtes de poulet entier, venant encore de la guerre de Corée. Elles étaient gonflées, personne n'osait y toucher. Je suis arrivée à ouvrir une boîte, une odeur épouvantable, j'ai retourné le tout dans une gamelle, c'était de la gélatine. Mes enfants et moi avons mangé....On m'appelait « poubelle », mais mon instinct me dictait cela. Je devais conserver un minimum de forces pour mes enfants. Je ne les lâchais pas. Les hommes sont venus une fois, surveillés mais vivants, pas moyen de parler, mais de part et d'autre un peu rassurer.
Puis a commencé la guerre des nerfs. Les rebelles nous disaient que le lendemain, ils abattraient 9 de nos maris au Monument Lumumba. Effectivement, on entendait les neuf coups. Je ne bronchais pas, ils nous regardaient. Malheureusement, certaines ont craqué, elles ont été battues.
J'étais au Congo depuis des années, à Stan depuis 55, je savais qu'en aucun cas, je ne devais montrer mes sentiments. Je parlais le Swahili, mes enfants (« mapassa ») étaient nés à Stan. Les premiers Européens depuis l'indépendance. Je suis persuadée que tout cela a fait qu'on ne nous a pas touchés. Mais c'est après qu'on analyse la question.
* signifie « jumeaux » en swahili
Quatre mois, avec la faim, la soif, le manque de sommeil, et cette peur panique! Une ambiance de violence, de brutalité. On n’est plus soi-même, on ne réfléchit plus, on agit avec instinct, on peut même, soi-même, être agressif pour le bien de ses enfants. Ca m'est arrivé avec une personne qui me demandait de l'aider, mais j’aurais dû laisser mes petits, j'ai dit non. C'est très dur cette vie, ça n'a plus rien d'humain.
Le 22 novembre nous avons été transférés au Victoria, nous y avons retrouvé nos maris. Nous étions rassurées et contentes. Mais rien ne changeait, au contraire. Les rebelles étaient surexcités, drogués. Nous n'étions vraiment pas tranquilles. Toujours cette atmosphère de terreur et de peur.
Le 24, nous sommes réveillés par le bruit des avions, je regarde par la fenêtre et ce sont les paras !! Je me dis "c'est fini, c’est la mort ou on en sort". J'attrape à toute vitesse deux biberons de lait, je prends un comprimé, qui se trouvait là, du "Pertranquil", un calmant, je prépare mes bébés. Nous sommes tous paniqués.
Les rebelles montent dans les étages, nus, avec juste quelques branches autour de la taille, machettes et armes à la main. Ils sont fous furieux, hurlent, donnent des coups au passage et exigent que les hommes descendent. Je vois donc par la fenêtre, tous les hommes regroupés partir dans la rue. Je m'aperçois qu'une femme suit à quelques mètres. Sans réfléchir plus, je me dis qu'on va, nous, passer un mauvais quart d'heure. Je prends mes bébés, je descends et je suis les hommes aussi. Mon mari se retourne et me voit arriver de loin. Il ralentit, j'accélère et on se rejoint. Arrivés au bout de la rue, ils nous font arrêter, discutent bruyamment, toujours dans un état de totale colère. Un sourd-muet qu'on connaît est là...une vraie terreur. L'un d'entre eux donne l'ordre de tirer, à bout portant, tout le monde se couche. J'ai à côté de moi mon mari, un des bébés, l'autre est à mes pieds. Celui qui
est à côté de moi hurle et essaye de partir à quatre pattes, je le tiens de toutes mes forces pour qu'il ne sorte pas de la mêlée et devienne une cible. Les coups de feu partent dans tous les sens. Je suis touchée, je me rends immédiatement compte que c'est grave, je ne sais presque pas respirer, j'ai du sang partout, je dis à mon mari de bien garder les enfants. Il panique vraiment, se redresse légèrement, crie d'arrêter mais est touché. Une balle dans la tête, il meurt sur le coup. Je m'en rends compte de suite, je suis affolée, j'essaie d'empêcher le sang de sortir du petit trou qu'il a à la tempe, je crie mais rien ne sort, je ne sais pas respirer. Les coups de feu se calment, les gens hurlent, ceux qui peuvent s'encourent, mais sont immédiatement abattus, car il reste des rebelles cachés dans la verdure. Les paras arrivent, quelqu'un me prend dans les bras, je regarde et me rend compte que c'est le Colonel Laurent, je le connais très bien, nos yeux se croisent, il n'en revient pas. Il me met dans la maison qui est là, à côté, défonce la porte avec son pied, m'installe par terre, me dit quelques mots gentils et repart. Après cela un trou ! Je me retrouve par la suite à la sortie de la petite galerie de Larousse Congo. J'ai près de moi l'aumônier militaire, il me donne les derniers sacrements, je suis calme, je ne sais pas où sont mes enfants ni s'ils sont vivants, mais je ne parviens pas à réagir, je ne pense qu'a eux. Un trou. Je me retrouve dans un pick-up avec un autre blessé et quelqu'un qui n'a rien, il nous accompagne vers l'aéroport, je me rends compte qu'on nous tire dessus de tous côtés. On arrive à l'aéroport, je vois ma belle-soeur, Paule, blessée au bras, mais debout, je lui dis que Marco est mort, elle me rassure, mais je m'énerve et lui affirme qu'il est mort, que je ne sais rien des enfants. Un trou. Je me retrouve dans un avion, par terre, beaucoup de bruit, des bancs tout le long. Madame Domasic est là, elle me dit que les enfants sont là, qu'ils n'ont rien. J'entends une fois encore qu'on tire sur l'avion. Un trou. Je me retrouve dans une ambulance, le sang me sort par la bouche et le nez. Un trou. Je suis dans une chambre d'hôpital avec, à mes côtés, ma belle-soeur, Mady, et mon beau-frère, Michel. Je suis couchée sur le ventre, je respire difficilement. On me soigne localement c'est tout. Arrive la RTB pour interviewer Mady et Michel. Personne ne s'occupe de moi. Un trou. Me voici dans une chambre, seule. Le médecin m'annonce qu'ils vont me mettre un drain, sous anesthésie locale. Je m'en souviendrai longtemps, mais c'est ma seule chance pour le moment. Je souffre beaucoup, le drain en verre, et moi sur le dos !
On m'annonce que ma mère est là, que je dois à tout prix rester calme, que tout va bien. Il faut dire que mes parents sont restés sans aucunes nouvelles depuis quatre mois, plus peut-être. Que mon père devenait fou d'inquiétude. Ils ont reçu un premier télégramme du Ministre P-H Spaak, leur annonçant que mon mari et moi avions été tués, et que les enfants avaient disparu! Puis, un nouveau télégramme disant que j'étais à l'hôpital Danois à Kinshasa, mais entre la vie et la mort. Ma mère a immédiatement fait le nécessaire pour obtenir un visa et mettre les enfants sur son passeport. A Bujumbura, tout le monde savait ce qui se passait, ma mère a donc été fort aidée et a pu partir très vite.
Je viens de retrouver un article datant de l’époque, il s’agit d’un extrait de la chronique journalière d'un commerçant belge à Stanleyville :
"Madame Marco Peneff fut transportée par après, quasiment inconsciente, et elle ne fit aucun mouvement. On aurait dit qu'elle était morte, mais je savais que non car elle avait dit peu de temps avant à Michel Peneff "Dis à Poncelet de me mettre une couverture, j'ai si froid."
C'est une des familles les plus éprouvées. "
Je viens de recevoir une lettre de Daniel Hardy que j'ai retrouvé il y a peu. Il m'envoie également une photocopie de la lettre que sa maman a reçue de l'Ambassade de Belgique de Leopoldville, en décembre 1964. Souvenir dont je ne me souviens plus mais qui m'émeut beaucoup. Je cite : "C'est grâce au témoignage de R.P.Vereertbrugghen, curé de la Cathédrale de Stanleyville, qui connaissait très bien la famille Peneff, chez qui logeait votre époux, que celui-ci put être identifié avec certitude ».
D'après les déclarations faites par Madame Marc Peneff-Zoll, hospitalisée à Leopoldville au curé-doyen de Stanleyville qui lui rendait visite, c'est Monsieur Marc Peneff qui aurait gravé le nom Hardy sur la montre de votre mari ".
Ma mère est donc arrivée dans ma chambre, détendue, souriante, comme si elle m'avait quitté la veille.......Quel courage, quelle force, je l'en remercie encore, bien qu'elle ne soit plus là. Je regrette de ne pas lui avoir assez dit combien elle m'a soutenue et aidée. Je ne lui ai pas assez dit combien je l'aimais et l'admirais. Les histoires du passé étaient peu de choses à côté de ce qu'elle a fait pour les enfants et moi, ainsi que le reste de ma famille, j'y inclus tout le monde.
Elle m'a donc prise en charge directement, moralement en particulier, en me disant que les enfants étaient bien.
En fait, les enfants étaient dans deux familles différentes, et le problème était de les retrouver. Ils étaient bébés, personne ne savait qui ils étaient. L'Ambassade de Belgique et l'acharnement de ma mère a fait qu'on a assez vite retrouvé le premier, pour le second, ça a été plus difficile. Tout cela je l'ai su bien après.
Ma mère restait avec moi la journée, puis me quittait pour justement s'occuper du reste. Une nuit j'avais très soif. Dans les chambres, il n'y avait pas de sonnettes, les gens criaient pour appeler, et aussi de douleur. C'était très dur d'entendre cela. Finalement un infirmier africain m'apporte à boire. Je bois sans me rendre compte de rien, en fait il m'avait donné de l'eau de Cologne ! Maintenant je comprends, le travail, le stress de ces gens. Une erreur est possible. Sur le moment, je lui en ai beaucoup voulu. Depuis ma mère a décidé de rester la nuit aussi, elle dormait dans un fauteuil. Après plusieurs jours, voyant que je tenais le coup, les médecins ont pris le risque de me faire rentrer en Belgique avec un avion sanitaire pour grands blessés. Nous étions donc à plusieurs sur des civières avec un accompagnateur, en l'occurrence, pour moi ma mère. Les enfants étaient avec nous.
Nous sommes arrivés à Bruxelles le 6 décembre 64, il faisait noir. Tout était parfaitement organisé. Les ambulances étaient là. Je me suis retrouvée dans une ambulance, dans laquelle m'attendait ma marraine. Dans l'avion on m'avait dit que j'allais à l’Hôpital Saint-Pierre. L'ambulancier m'amène à Brugmann, je lui dis que je refuse de descendre.....je veux aller à Saint-Pierre. Tout le monde s'affaire et finalement nous voilà partis pour Saint-Pierre, où, en effet, je retrouve ma mère, mon père, mon oncle et ma marraine qui m'accompagnait. Il a fallu que tous me laissent, car je devais être soignée de suite, radios etc. J'ai eu beaucoup de chance que le Professeur Dumont se soit occupé de moi. Il s'est battu pour que l’on ne m'enlève pas le poumon, il jugeait qu'il fallait attendre. On m'a enlevé le drain derrière pour m'en mettre un plus fin et par-devant. Nettement mieux et plus confortable. On m'a
branchée à un poumon artificiel durant quelques jours. Et - oh miracle ! -, mon poumon a doucement repris. Après cela, il fallait enlever la balle, et avant ça, la trouver. Ca n'a pas été facile de la repérer .Finalement elle était en-dessous du bras. Anesthésie locale aussi, je pesais 32 kg. !
En définitive, trois côtes éclatées, balle dans la plèvre, mais j'en suis sortie. Mes deux petits bouts étaient, eux, dans le Home Reine Fabiola à La Hulpe. En quarantaine au début, germe de la paratyphoïde, dysentrie, malnutrition. Mon fils, une balle lui a effleuré la tête, on voyait l'os, mais c'est tout ! Ils sont restés là durant environ quatre mois. Mes parents m'ont conduite chaque jour à La Hulpe, car même si je souffrais énormément du dos, je voulais voir mes enfants. Par la suite, il a fallu tout reconstruire, peu à peu, avec beaucoup de chagrin, de cauchemars. Mes enfants m'ont donné le courage et la force qu'il fallait.
Mais tout reconstruire n'est pas facile !
Heureusement maman s'occupe de tout. Nous sommes rentrés sans le moindre papier. On était en 1964, le Congo était indépendant.
Nous habitions Ixelles, maman a couru partout, il fallait prouver que j'étais mariée, que les enfants avaient un père légitime, et même, dans un premier temps, prouver le décès de Marco. Ceci a vite été solutionné, mais pour nous, une vraie galère. Finalement après des mois, il a été décidé que je devais fournir des attestations faites sur l'honneur, de personnes connues. J'ai encore plusieurs de ces attestations. Et en fin de compte les enfants ont été enregistrés à la commune d'Ixelles. C'est pourquoi, depuis, lorsqu'ils ont besoin d'un acte de naissance, c'est à Ixelles qu'ils le reçoivent même s'ils n'y sont pas nés.
Maman a travaillé six mois pour nous, pour que nous ayons tous nos droits, rien n'a été négligé ni oublié. Merci maman, encore merci pour nous trois !
Tous, nous avions une "marraine" pour nous aider à nous réintégrer. Pour moi, c'était Madame Detiege, Direction de la Croix Rouge. Cette dame m’a beaucoup aidée, surtout quand j'ai recommencé à travailler.
J'ai aussi eu beaucoup d'aide de la Pharmacie Mertens. Ils ont organisé des collectes de toutes sortes.
En 1965, j'étais en convalescence. Un jour je décide d'aller seule au cinéma, qui se trouvait avenue Louise, pour voir le film de Lelouch "Un homme et une femme". Je suis restée "scotchée" à mon siège en regardant ce film et en écoutant cette magnifique musique. Pour la première fois, je me suis posée des questions sur mon avenir. C'était tellement fort que je suis resté dans la salle pour le revoir une deuxième fois.
Chaque fois que j'entends la musique, ou que l'occasion se présente de revoir le film, je ne le manque pas et je repense à "moi" ce jour-là.

Écrit par : Michèle Timmermans-Zoll | 10/11/2014

Stanleyville, en 1964.
L'histoire telle que moi je l'ai vécue, ressentie, sentie, très égoïstement, je m'en excuse.
Avant que nous ne soyons emmenés à l'hôtel des Chutes, nous vivions déjà des situations très pénibles.
Perquisitions, les rebelles entraient, sans prévenir, à six ou sept, enfants soldats compris. Brutaux, effrayants, cherchant armes, nourriture, créant souvent des paniques que nous ne montrions pas. Ils renversaient tout, vidaient le frigo. Un enfant soldat bien souvent le même, je le reconnaissais, armait son arme, pointant le canon sur la tempe de mes bébés. Il me regardait en riant. Je savais que je devais rester impassible, surtout ne pas bouger, peu de choses auraient pu faire partir le coup. Après quelques minutes, il retirait son arme, remettait la sécurité et partait d'un énorme rire. Comment expliquer cette peur, il n'y a pas de mots. C'est arrivé à plusieurs reprises. Ces rebelles tiraient sur les Africains dans la rue pour je ne sais quelle raison. Les Africains devaient circuler avec une branche et crier "maie, maie", sans cela, ils étaient abattus. Il y avait trois cadavres devant chez nous, le magasin Peneff. C'était horrible, et le climat étant ce qu'il était, l'odeur était insupportable, en écrivant j'ai l'impression de la sentir encore.
La nuit ça tirait de tous côtés, nous nous réfugions dans le seul couloir de l'appartement. Nous étions cinq adultes et quatre enfants. Pas de lumière, mais la peur toujours cette peur! Dans le fond de ce couloir, il y avait une petite salle de bain, avec une mini fenêtre. Malgré cela, nous avions vraiment très peur d'y aller pour les toilettes. Pour la nourriture, c'était la débrouille. Nous avions un boy qui nous ramenait des petites quantités de ce qu'il pouvait trouver. Quand l'atmosphère
paraissait un peu plus calme, nos hommes partaient à vélo (tous les véhicules avaient été réquisitionnés) chercher à manger. Tout ce qu'on trouvait était bon.
Monsieur Hardy était avec nous. Il était arrivé avec le dernier avion et devait prendre la route avec une voiture qui se trouvait chez nous. Tout avait été convenu avec mes parents à Bujumbura. M.Hardy vivait à Buja avec son épouse et son fils de 10 ans, Daniel.
Il a donc vécu comme nous ces évènements durant quatre mois. Malheureusement, comme Marco il est décédé.
Par la suite, ils sont venus nous chercher avec deux véhicules. Il fallait faire très vite, contrôle de papiers.....Je n'ai eu le temps que de prendre deux biberons, deux langes et un bébé sur chaque hanche. Marco, lui, prenait nos papiers. Pas le temps de réfléchir, ni de se poser de questions.
Arrivés à l'hôtel des Chutes, il y avait beaucoup de monde, nous étions au fond, ensemble, assis à une table. Là, nous avons vu que les rebelles enlevaient le voile des religieuses avec violence. Monsieur Nothomb est intervenu, ils l'ont battu. Ma fille s'est mise à crier, ils ont hurlé de la faire taire.....faire taire un bébé! Menaces etc. J'avais, à ce moment-là, un bon Dieu pour moi, la petite s'est tue. Après un certain temps, je ne sais plus combien, ils ont décidé que les hommes partiraient, les camions sont arrivés, ils ont fait monter les hommes et sont partis. Ils nous ont fait monter à l'étage. Nous avons réalisé que tout pouvait nous arriver. Nous avons pris une chambre, la première à côté de l'escalier. Il y avait Mady Peneff, ses deux petites filles, une autre personne, je ne sais plus qui, mes deux bébés et moi. Il n'y avait pas de place pour tous sur un lit de deux personnes. J'ai aménagé, dans un coin, un petit enclos pour mes bébés, y ai mis une couverture de "zamu". J'ai pris une autre couverture de « zamu » pour moi. Je dormais par terre, à côté de mes bébés, toute habillée, avec mes chaussures et mes lunettes. A côté de moi, une bouteille vide, au cas où je devrais me défendre ! Ce n'était qu'illusion, je n'aurais jamais su me défendre ni défendre mes bébés. Heureusement, cela ne m'est pas arrivé. Toutefois, la nuit ils rentraient et nous braquaient avec des torches en pleine figure. Nous entendions crier des femmes dans des chambres à côté. Nous savions ce qui se passait. Nous ne pouvions rien faire. Le matin, nous allions les aider comme nous le pouvions.
J'étais tétanisée, je ne laissais jamais mes bébés, un sur chaque hanche en permanence. Il y avait une terrasse tout le long, sur laquelle donnait chaque chambre. Cela nous permettait quand même de sortir de notre trou. Nous avions aussi une toute petite terrasse qui donnait sur l'extérieur. Une nuit, tard, j'entends doucement frapper à cette porte, j'ouvre, c'était mon boy, effrayé mais avec une boîte de lait en poudre et quelques langes. Je l'aurais bien embrassé. Il m’a repris les langes sales. Il a fait cela chaque fois qu'il en a eu l'occasion, il m'apportait ce qu'il trouvait. Encore aujourd'hui j'y pense souvent et combien je le remercie.
Les Grecs et les Portugais nous apportaient à manger, la plupart du temps il n'y avait pas assez pour tous. Comme une bête, je guettais et j'étais dans les premières pour avoir quelque chose pour mes enfants et moi. Ce n'est pas très honorable, mais je ne pensais qu'à nous, je me sentais traquée. Besoin de manger pour vivre. Avec le lait en poudre je mélangeais de l'eau du robinet, brune, que je faisais passer dans de
l'ouate. Je pensais éviter ainsi que ne passent les crasses. J’y mélangeais une sardine. Je coupais un peu le trou des tétines. Mon fils avalait, il avait faim. Ma fille ne voulait pas. Je l'ai donc forcée à la cuillère, je voulais à tout prix qu'elle mange. Un jour, on nous a apporté des boîtes de poulet entier, venant encore de la guerre de Corée. Elles étaient gonflées, personne n'osait y toucher. Je suis arrivée à ouvrir une boîte, une odeur épouvantable, j'ai retourné le tout dans une gamelle, c'était de la gélatine. Mes enfants et moi avons mangé....On m'appelait « poubelle », mais mon instinct me dictait cela. Je devais conserver un minimum de forces pour mes enfants. Je ne les lâchais pas. Les hommes sont venus une fois, surveillés mais vivants, pas moyen de parler, mais de part et d'autre un peu rassurer.
Puis a commencé la guerre des nerfs. Les rebelles nous disaient que le lendemain, ils abattraient 9 de nos maris au Monument Lumumba. Effectivement, on entendait les neuf coups. Je ne bronchais pas, ils nous regardaient. Malheureusement, certaines ont craqué, elles ont été battues.
J'étais au Congo depuis des années, à Stan depuis 55, je savais qu'en aucun cas, je ne devais montrer mes sentiments. Je parlais le Swahili, mes enfants (« mapassa ») étaient nés à Stan. Les premiers Européens depuis l'indépendance. Je suis persuadée que tout cela a fait qu'on ne nous a pas touchés. Mais c'est après qu'on analyse la question.
* signifie « jumeaux » en swahili
Quatre mois, avec la faim, la soif, le manque de sommeil, et cette peur panique! Une ambiance de violence, de brutalité. On n’est plus soi-même, on ne réfléchit plus, on agit avec instinct, on peut même, soi-même, être agressif pour le bien de ses enfants. Ca m'est arrivé avec une personne qui me demandait de l'aider, mais j’aurais dû laisser mes petits, j'ai dit non. C'est très dur cette vie, ça n'a plus rien d'humain.
Le 22 novembre nous avons été transférés au Victoria, nous y avons retrouvé nos maris. Nous étions rassurées et contentes. Mais rien ne changeait, au contraire. Les rebelles étaient surexcités, drogués. Nous n'étions vraiment pas tranquilles. Toujours cette atmosphère de terreur et de peur.
Le 24, nous sommes réveillés par le bruit des avions, je regarde par la fenêtre et ce sont les paras !! Je me dis "c'est fini, c’est la mort ou on en sort". J'attrape à toute vitesse deux biberons de lait, je prends un comprimé, qui se trouvait là, du "Pertranquil", un calmant, je prépare mes bébés. Nous sommes tous paniqués.
Les rebelles montent dans les étages, nus, avec juste quelques branches autour de la taille, machettes et armes à la main. Ils sont fous furieux, hurlent, donnent des coups au passage et exigent que les hommes descendent. Je vois donc par la fenêtre, tous les hommes regroupés partir dans la rue. Je m'aperçois qu'une femme suit à quelques mètres. Sans réfléchir plus, je me dis qu'on va, nous, passer un mauvais quart d'heure. Je prends mes bébés, je descends et je suis les hommes aussi. Mon mari se retourne et me voit arriver de loin. Il ralentit, j'accélère et on se rejoint. Arrivés au bout de la rue, ils nous font arrêter, discutent bruyamment, toujours dans un état de totale colère. Un sourd-muet qu'on connaît est là...une vraie terreur. L'un d'entre eux donne l'ordre de tirer, à bout portant, tout le monde se couche. J'ai à côté de moi mon mari, un des bébés, l'autre est à mes pieds. Celui qui
est à côté de moi hurle et essaye de partir à quatre pattes, je le tiens de toutes mes forces pour qu'il ne sorte pas de la mêlée et devienne une cible. Les coups de feu partent dans tous les sens. Je suis touchée, je me rends immédiatement compte que c'est grave, je ne sais presque pas respirer, j'ai du sang partout, je dis à mon mari de bien garder les enfants. Il panique vraiment, se redresse légèrement, crie d'arrêter mais est touché. Une balle dans la tête, il meurt sur le coup. Je m'en rends compte de suite, je suis affolée, j'essaie d'empêcher le sang de sortir du petit trou qu'il a à la tempe, je crie mais rien ne sort, je ne sais pas respirer. Les coups de feu se calment, les gens hurlent, ceux qui peuvent s'encourent, mais sont immédiatement abattus, car il reste des rebelles cachés dans la verdure. Les paras arrivent, quelqu'un me prend dans les bras, je regarde et me rend compte que c'est le Colonel Laurent, je le connais très bien, nos yeux se croisent, il n'en revient pas. Il me met dans la maison qui est là, à côté, défonce la porte avec son pied, m'installe par terre, me dit quelques mots gentils et repart. Après cela un trou ! Je me retrouve par la suite à la sortie de la petite galerie de Larousse Congo. J'ai près de moi l'aumônier militaire, il me donne les derniers sacrements, je suis calme, je ne sais pas où sont mes enfants ni s'ils sont vivants, mais je ne parviens pas à réagir, je ne pense qu'a eux. Un trou. Je me retrouve dans un pick-up avec un autre blessé et quelqu'un qui n'a rien, il nous accompagne vers l'aéroport, je me rends compte qu'on nous tire dessus de tous côtés. On arrive à l'aéroport, je vois ma belle-soeur, Paule, blessée au bras, mais debout, je lui dis que Marco est mort, elle me rassure, mais je m'énerve et lui affirme qu'il est mort, que je ne sais rien des enfants. Un trou. Je me retrouve dans un avion, par terre, beaucoup de bruit, des bancs tout le long. Madame Domasic est là, elle me dit que les enfants sont là, qu'ils n'ont rien. J'entends une fois encore qu'on tire sur l'avion. Un trou. Je me retrouve dans une ambulance, le sang me sort par la bouche et le nez. Un trou. Je suis dans une chambre d'hôpital avec, à mes côtés, ma belle-soeur, Mady, et mon beau-frère, Michel. Je suis couchée sur le ventre, je respire difficilement. On me soigne localement c'est tout. Arrive la RTB pour interviewer Mady et Michel. Personne ne s'occupe de moi. Un trou. Me voici dans une chambre, seule. Le médecin m'annonce qu'ils vont me mettre un drain, sous anesthésie locale. Je m'en souviendrai longtemps, mais c'est ma seule chance pour le moment. Je souffre beaucoup, le drain en verre, et moi sur le dos !
On m'annonce que ma mère est là, que je dois à tout prix rester calme, que tout va bien. Il faut dire que mes parents sont restés sans aucunes nouvelles depuis quatre mois, plus peut-être. Que mon père devenait fou d'inquiétude. Ils ont reçu un premier télégramme du Ministre P-H Spaak, leur annonçant que mon mari et moi avions été tués, et que les enfants avaient disparu! Puis, un nouveau télégramme disant que j'étais à l'hôpital Danois à Kinshasa, mais entre la vie et la mort. Ma mère a immédiatement fait le nécessaire pour obtenir un visa et mettre les enfants sur son passeport. A Bujumbura, tout le monde savait ce qui se passait, ma mère a donc été fort aidée et a pu partir très vite.
Je viens de retrouver un article datant de l’époque, il s’agit d’un extrait de la chronique journalière d'un commerçant belge à Stanleyville :
"Madame Marco Peneff fut transportée par après, quasiment inconsciente, et elle ne fit aucun mouvement. On aurait dit qu'elle était morte, mais je savais que non car elle avait dit peu de temps avant à Michel Peneff "Dis à Poncelet de me mettre une couverture, j'ai si froid."
C'est une des familles les plus éprouvées. "
Je viens de recevoir une lettre de Daniel Hardy que j'ai retrouvé il y a peu. Il m'envoie également une photocopie de la lettre que sa maman a reçue de l'Ambassade de Belgique de Leopoldville, en décembre 1964. Souvenir dont je ne me souviens plus mais qui m'émeut beaucoup. Je cite : "C'est grâce au témoignage de R.P.Vereertbrugghen, curé de la Cathédrale de Stanleyville, qui connaissait très bien la famille Peneff, chez qui logeait votre époux, que celui-ci put être identifié avec certitude ».
D'après les déclarations faites par Madame Marc Peneff-Zoll, hospitalisée à Leopoldville au curé-doyen de Stanleyville qui lui rendait visite, c'est Monsieur Marc Peneff qui aurait gravé le nom Hardy sur la montre de votre mari ".
Ma mère est donc arrivée dans ma chambre, détendue, souriante, comme si elle m'avait quitté la veille.......Quel courage, quelle force, je l'en remercie encore, bien qu'elle ne soit plus là. Je regrette de ne pas lui avoir assez dit combien elle m'a soutenue et aidée. Je ne lui ai pas assez dit combien je l'aimais et l'admirais. Les histoires du passé étaient peu de choses à côté de ce qu'elle a fait pour les enfants et moi, ainsi que le reste de ma famille, j'y inclus tout le monde.
Elle m'a donc prise en charge directement, moralement en particulier, en me disant que les enfants étaient bien.
En fait, les enfants étaient dans deux familles différentes, et le problème était de les retrouver. Ils étaient bébés, personne ne savait qui ils étaient. L'Ambassade de Belgique et l'acharnement de ma mère a fait qu'on a assez vite retrouvé le premier, pour le second, ça a été plus difficile. Tout cela je l'ai su bien après.
Ma mère restait avec moi la journée, puis me quittait pour justement s'occuper du reste. Une nuit j'avais très soif. Dans les chambres, il n'y avait pas de sonnettes, les gens criaient pour appeler, et aussi de douleur. C'était très dur d'entendre cela. Finalement un infirmier africain m'apporte à boire. Je bois sans me rendre compte de rien, en fait il m'avait donné de l'eau de Cologne ! Maintenant je comprends, le travail, le stress de ces gens. Une erreur est possible. Sur le moment, je lui en ai beaucoup voulu. Depuis ma mère a décidé de rester la nuit aussi, elle dormait dans un fauteuil. Après plusieurs jours, voyant que je tenais le coup, les médecins ont pris le risque de me faire rentrer en Belgique avec un avion sanitaire pour grands blessés. Nous étions donc à plusieurs sur des civières avec un accompagnateur, en l'occurrence, pour moi ma mère. Les enfants étaient avec nous.
Nous sommes arrivés à Bruxelles le 6 décembre 64, il faisait noir. Tout était parfaitement organisé. Les ambulances étaient là. Je me suis retrouvée dans une ambulance, dans laquelle m'attendait ma marraine. Dans l'avion on m'avait dit que j'allais à l’Hôpital Saint-Pierre. L'ambulancier m'amène à Brugmann, je lui dis que je refuse de descendre.....je veux aller à Saint-Pierre. Tout le monde s'affaire et finalement nous voilà partis pour Saint-Pierre, où, en effet, je retrouve ma mère, mon père, mon oncle et ma marraine qui m'accompagnait. Il a fallu que tous me laissent, car je devais être soignée de suite, radios etc. J'ai eu beaucoup de chance que le Professeur Dumont se soit occupé de moi. Il s'est battu pour que l’on ne m'enlève pas le poumon, il jugeait qu'il fallait attendre. On m'a enlevé le drain derrière pour m'en mettre un plus fin et par-devant. Nettement mieux et plus confortable. On m'a
branchée à un poumon artificiel durant quelques jours. Et - oh miracle ! -, mon poumon a doucement repris. Après cela, il fallait enlever la balle, et avant ça, la trouver. Ca n'a pas été facile de la repérer .Finalement elle était en-dessous du bras. Anesthésie locale aussi, je pesais 32 kg. !
En définitive, trois côtes éclatées, balle dans la plèvre, mais j'en suis sortie. Mes deux petits bouts étaient, eux, dans le Home Reine Fabiola à La Hulpe. En quarantaine au début, germe de la paratyphoïde, dysentrie, malnutrition. Mon fils, une balle lui a effleuré la tête, on voyait l'os, mais c'est tout ! Ils sont restés là durant environ quatre mois. Mes parents m'ont conduite chaque jour à La Hulpe, car même si je souffrais énormément du dos, je voulais voir mes enfants. Par la suite, il a fallu tout reconstruire, peu à peu, avec beaucoup de chagrin, de cauchemars. Mes enfants m'ont donné le courage et la force qu'il fallait.
Mais tout reconstruire n'est pas facile !
Heureusement maman s'occupe de tout. Nous sommes rentrés sans le moindre papier. On était en 1964, le Congo était indépendant.
Nous habitions Ixelles, maman a couru partout, il fallait prouver que j'étais mariée, que les enfants avaient un père légitime, et même, dans un premier temps, prouver le décès de Marco. Ceci a vite été solutionné, mais pour nous, une vraie galère. Finalement après des mois, il a été décidé que je devais fournir des attestations faites sur l'honneur, de personnes connues. J'ai encore plusieurs de ces attestations. Et en fin de compte les enfants ont été enregistrés à la commune d'Ixelles. C'est pourquoi, depuis, lorsqu'ils ont besoin d'un acte de naissance, c'est à Ixelles qu'ils le reçoivent même s'ils n'y sont pas nés.
Maman a travaillé six mois pour nous, pour que nous ayons tous nos droits, rien n'a été négligé ni oublié. Merci maman, encore merci pour nous trois !
Tous, nous avions une "marraine" pour nous aider à nous réintégrer. Pour moi, c'était Madame Detiege, Direction de la Croix Rouge. Cette dame m’a beaucoup aidée, surtout quand j'ai recommencé à travailler.
J'ai aussi eu beaucoup d'aide de la Pharmacie Mertens. Ils ont organisé des collectes de toutes sortes.
En 1965, j'étais en convalescence. Un jour je décide d'aller seule au cinéma, qui se trouvait avenue Louise, pour voir le film de Lelouch "Un homme et une femme". Je suis restée "scotchée" à mon siège en regardant ce film et en écoutant cette magnifique musique. Pour la première fois, je me suis posée des questions sur mon avenir. C'était tellement fort que je suis resté dans la salle pour le revoir une deuxième fois.
Chaque fois que j'entends la musique, ou que l'occasion se présente de revoir le film, je ne le manque pas et je repense à "moi" ce jour-là.

Écrit par : Michèle Timmermans-Zoll | 10/11/2014

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