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17/04/2007

40 ans déjà l'incendie de l'innovation rue Neuve à Bruxelles

colonne fumée feu inno

Pendant des heures ce fut le spectacle désolant de cette immense colonne de fumée sur Bruxelles....Quelle catastrophe Ce funeste 22 Mai 1967...

 

Voyez le témoignage de Monsieur Dehon...

 

L’incendie de L’Innovation : témoignage d’un rescapé malgré lui.

 

Ce funeste lundi midi, sandwich de chez Togni et avalé chez Van Malder, à côté. Puis retour au bureau chez Priba dont l’immeuble s’inscrit entre les rues de la Blanchisserie, du Damier et la rue Neuve. L’itinéraire habituel de l’église du Finistère passe en diagonale tout le rez-de-chaussée de L’Inno pour joindre un accès public peu connu dans la rue du Damier. Il doit être 13h25, rien à signaler. Je monte au 3e étage, quelques mots avec le patron pour les jobs de l’après-midi ; mon poste travail est situé contre la fenêtre côté rue du Damier. Je passe un coup de fil à ma petite amie…

 

Des sirènes retentissent vers 13h45. Tenant ma future épouse en ligne, j’ouvre la fenêtre pour apercevoir un camion de pompiers engagé dans la rue du Damier : il y a de la fumée… Puis retentit la sonnerie d’alarme ! Le personnel doit évacuer. Mon patron décide de vérifier si les fenêtres sont fermées, je l’accompagne dans cette mission et le perd de vue. Je reviens à mon bureau pour m’apercevoir que des employés de la Régie du Téléphone, l’immeuble d’en face, me crient qu’il y a des personnes qui tentent d’atteindre le balcon du 5e étage. Je m’y précipite sans trop savoir.

 

Là, sur le toit de L’Inno, un groupe de gens indiquent qu’il y a d’autres personnes qui attendent de l’aide. Nous sommes deux ou trois sur le balcon et c’est le jeune – moi ! – qui grimpe sur le toit de L’Inno. Les toitures de L’Inno sont compliquées : un premier niveau agrémenté des poutrelles de béton horizontales donne sur une échelle d’incendie, qui mène à une autre niveau lui aussi avec une échelle vers un nouveau niveau… menant à une espèce de cour intérieur avec une dernière échelle qui jouxte une porte-fenêtre. Le côté gauche de la cour est agrémenté d’une série de vasistas, dans le fond il y en a qu’un seul. Sur la toiture se trouvent trois ou quatre rescapés dont une dame de forte corpulence. Nous la poussons et tirons vers le niveau supérieur, vient ensuite un homme qui pris de malaise se brise le nez sur les barreaux de l’échelle. J’étais dessous. Il est enfin hissé, je suis le dernier et je suis bêtement seul.

 

C’est à ce moment-là que je vois vraiment le bec de Bunsen qu’est devenu la verrière centrale de L’Inno. Et que j’aperçois quelqu’un en train de briser à l’aide d’un manche à ballet le vasistas du fond de la cour. Vais-je descendre cette ultime échelle ? Je ne le ferai jamais car un morceau de corniche enflammé vient de s’écraser sur la toiture où je me trouve. Premier réflexe, me couvrir. Je fonce vers une sous pente pour constater qu’elle abrite des bonbonnes de gaz. Je n’apprécie pas trop et survient le deuxième réflexe : fuir immédiatement !

 

J’ai remonté les échelles dans la fumée et les débris qui tombaient jusqu’au mur donnant sur le balcon de Priba, où il n’y avait plus personne. J’ai dévalé le mur, pris l’escalier pour me retrouver dans le hall d’entrée. Des pompiers tentaient d’éteindre un feu dans une courette intérieure. Un des hommes du feu se précipite sur moi et se délaissant de son matériel me couvre de sa veste de cuir pour me précipiter à l’extérieur. C’est à ce moment-là que toutes les vitres de L’Inno, côté rue du Damier explosent. Nous attendons quelques secondes et le pompier m’éjecte dans la rue où un malheureux se tord de douleur dans un caniveau déjà rempli d’eau. Ensuite, je téléphone à mes parents et transite par la place Rogier où ont lieu les identifications des personnels.

 

Le lendemain, les jeunes sont appelés pour les travaux d’inventaire chez Priba. J’y vais avec mon appareil photo. J’en profite pour faire quelques clichés, puis me débrouille pour donner un coup de main aux pompiers qui arrosent les murs mitoyens Priba/L’Inno qui menacent de s’effondrer. Ce sont ces photos que vous trouvez ici. Elles n’ont jamais été publiées sur le net… ni ailleurs.

 

Avec toute ma sympathie aux proches des victimes.

 

Robert Dehon

 

« The Day After » : autour de L’Inno et depuis Priba.

 

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Pour s’y repérer, oblique aérienne publiée dans « Le Soir » du 25 mai 1967. En rouge, l’itinéraire de R. Dehon à partir du balcon de Priba ; en bleu, l’axe principal des photos ; en jaune, la verrière de L’Inno.

 

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La rue de la Blanchisserie, à droite la succursale Priba.

 

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La rue Neuve vue du coin de la rue de Malines.

 

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Le célèbre fronton de la rue Neuve vu de la rue de Malines.

 

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La zone du restaurant de L’Inno vu de la rue des Roses : le bâtiment s’est effondré.

 

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Les pompiers en action vus de la rue des Roses.

 

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A l’intérieur du 5e étage de Priba qui a complètement brûlé.

 

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Vue du 5e étage de Priba vers L’Inno.

 

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Les infiltrations d’eau ont atteint le 3e étage de Priba : récupération des documents commerciaux, c’est pas la NASA.

 

Tous les clichés qui suivent sont pris depuis le toit du 4e étage de Priba, parfois en se penchant un peu… Ils témoignent de la violence incroyable de l’incendie. A noter les poutrelles d’acier pliées par l’intensité de la chaleur.

 

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C’est pour moi l’image emblématique de l’incendie de L’Inno : « stairway to heaven », une drôle d’impression quand même…

 

 

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Merci à Robert Dehon de m'avoir fait découvrir ses photos et bravo pour son courage ce jour là.....Sophie

 

 

Je vous invite également à venir saluer le travail de nos pompiers bruxellois sur le blog du Dane http://ledanepompier.skynetblogs.be

 

 

Commentaires

Merci pour la pub.J'ai fait de meme sur mon blog.
Très belles les photos,tu peux en trouver d'autres sur le lien "l'ancien sapeur" sur mon blog à droite.
Bisous.
Dane.

Écrit par : ledane | 17/04/2007

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poignant temoignage de Robert on sent que c'est encore "comme hier" dans la mémoire de Robert .
Ma femme Arlette travaillait au guichet de la poste qui se trouvait, pense t'elle, au 3em étage du bâtiment. Ce jour la elle était en récupération, sont remplaçant n'a pas survécut, il a été retrouvé avec un petit coffre fort dans ses bras pas loin de la sortie (elle en rêve encore). Anecdote postale, lorsqu'elle a voulu prendre congé pour l'enterrement de sont collègue décédé a sa place, la poste a refusé!!

Écrit par : willy | 17/04/2007

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J'avais 17 ans à l'époque et je m'en souviens encore. Comme jeune pompier en 1974, j'écoutais souvent les anciens raconter ce drame. Félicitation, c'est un beau reportage et de belles photos. Comme écrit le Dane, il y a des photos sur le blog des anciens dont je suis le créateur. Si ces photos vous interresse, je peux vous les envoyer si vous n'avez pas envie de les télécharger sur le site.
Bien à vous, Charly

Écrit par : Le Poilu | 17/04/2007

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Incendie de L'inno 1967 Chère Sophie,
Comme vous avez présenté dans votre site, la semaine du 17-01-2007. A l'atelier nous fêtions l'anniversaire de mon amie 22ans , ce 22 mai 1967. quand nous avons appris que l'innovation brulait, j'étais loin de penser que mes frères étaient sur le sinistre, l'un pompier l'autre agent de police.L'horreur dans ces moments de détresses pour essayer de sauver le plus grand nombre de gens.
Très belles photos et très bon reportage.
En revoyant ces photos, qui pour moi restera un douloureux souvenir en pensant au jeune couple et leurs enfants,fille-mari et petits enfants de mon beau frère,qui sont restés dans l'inno. Seul souvenir de leurs présence une photo accrochée au mur du cimetière de bruxelles. Leurs corps n'ont pas étés retrouvés. Les pompiers "Le poilu et Ledane "ont certainement connu mon frère Henri Renard. Très jeune pompier à l'époque du sinistre. Mary Renard

Écrit par : MARY | 18/04/2007

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Fille d'un monsieur qui a disparu dans l'incendie Mon papa MOKHTAR AOUFI, travaillait au restaurant, et il n'est plus jamais rentré à la maison.
J'avais 2 ans quand cela s'est produit, j'aimerais savoir si je peux consulter les archives le concernant, car ni la police, ni la commune, ni aucune autre autorité, n'ont informé ma mère.MERCI

Écrit par : AOUFI SOUAID | 11/05/2007

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ma maman est decedee dans l incendie que de souvenir pour un garcon de 9 ans

Écrit par : salmon patrick | 13/11/2008

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incendie innovation mon beau père était pompier à Bruxelles et était de services ce jours là .Il n'a jamais voulut en parler, et il est décédé 1 an plus tard, il ne s'en était jamais remis .Peut etre que des anciens se souviennent encore un peu de lui , il avait un sacré caractère , mais toujours près pour aider.Il s'apellait FRANCOIS BISSCHOT.IL est mort en service au théatre du parc ( surveillance)

Écrit par : verdeyen georgette | 21/08/2009

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photos incendie Ma mère et une de mes tantes sont décédées dans l'incendie. Elle se truvaient au restaurant. Ma tante a été déclarée morte. Comme on n'a rien trouvé de ma mère elle a d'abord été déclarée disparue puis par dérogation du tribunal morte !

Écrit par : pauldeBelgique | 23/09/2009

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@Paul Merci pour votre témoignage émouvant...j'aurais bien aimé connaître les suites de ce drame....savoir quand et comment s'est déroulé cette affaire devant les tribunaux et quel sort fut réservé aux victimes....Il faut savoir que lorsque j'ai décidé de parler de cette catastrophe sur mon blog, il n'y avait rien du tout sur internet concernant l'incendie de l'Inno.....Même les médias se sont tournés vers moi pour rentrer en contact avec des rescapés !!!! Pourquoi cette chape de silence ??????? cette question me hante encore ....il y a trop de zones d'ombre au sujet de cette bien triste journée....Je ne cherche pas la polémique non plus.....juste la vérité....et .....les responsables....Même si je ne suis pas concernée de près par ce drame.

Écrit par : sofei | 24/09/2009

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une chappe de plomb C'est le propre de l'être humain, occulter par le silence les drames vécus tel que la guerre, les camps, les inondations, incendies et autres le fait graves nuisants a la marche normale de la vie.
Je me souviens que le 11/11 et autres dates du souvenir c'était une corvée de participer avec l'école à ce devoir de mémoire, ou avec la famille à la toussaints........

Écrit par : Albert | 06/10/2009

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Innovation Chape de plomb ? Oui et non. Le livre de Bernard Houssiau est disponible en format PDF sur le site suivant: http://www.tournesolconseils.com/portail/index.php?inner=detail&pageNum_selected_ouvrages=61&e=9
Si maintenant il y a un journaliste d'investigation, un vrai, nouvelle génération, on pourrait aller plus loin. En partant, par ex., d'une photo aérienne oblique des toits de l'Inno avant l'incendie. Je n'ai jamais pu la trouver.
@+
Robert

Écrit par : Robert | 06/10/2009

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@Robert Et si cette photo existait, que crois-tu qu' on pourrait y voir?

Écrit par : Nicky | 08/10/2009

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@Nicky Si la photo n’était pas trop éloignée de l’incendie, des architectes et autres experts pourraient étudier l’invraisemblable structure des toitures. Dont une ou des soupentes abritant des bombonnes de gaz. Si d’aventure la photo était dans le bon sens, je t’avoue Nicky, que je pourrais retracer aussi mon petit périple avec précision. Ceci dit, une telle photo a peut-être été étudiée par les assurances et… gardée sous le coude. Mais ici j’improvise.
@+
Robert

Écrit par : Robert | 08/10/2009

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Abc solution Ton site est formidable Sophie.

Le 22 mai 1967 est un jour que je n'oublierai pas.

J'étais en classe à l'école rue de la limite à st Josse-ten-noode et avais 13 ans à l'époque.

Mon professeur était monsieur Van Gils. Dans le courant de l'après-midi il avait ouvert les fenêtres et nous avait dit qu'il se passait quelque chose de terrible en ville. Il nous expliqua que le magasin ‘’l'Innovation’’ était en feux. Comme beaucoup à cette époque nous allions rarement en ville. Nous n'avions pas non plus les mêmes communications que maintenant. Quelque temps plus tard je suis passé par là. Dans mes souvenirs je retiens un amas de pierre et de fer....

Jacky

Écrit par : Jacky | 24/11/2009

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Bonjour,
J'ai perdu ma maman à l'âge de 9 ans, je souhaite commémorer la disparition de nos proches dans l'incendie de l'innovation. Actuellement, je suis animatrice d'une radio locale à Orp Jauche (Brabant Wallon) et je souhaite faire une émission ce 22 mai 2011. Pour ce faire, j'aimerais accueillir ceux qui le désirent dans cette émission ou vous entendre en direct par téléphone ou lire vos mails...nous retrouver sans pour autant rentrer dans les émotions fortes mais pour tout simplement ... jamais oublier ! qu'en pensez-vous. Toute votre aide et témoignages dans cette émission seront les bienvenus. Je suis joignable par mail dianazenn@yahoo.fr et gsm 0473 870 182. Merci de votre réaction rapide.

Écrit par : schelck | 01/05/2011

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Au moment de l´incendie, je travillé dans une imprimerie (imprimerie Vanderhoeven) située rue de la Blanchisserie. Je peux vous assuré que nous avons vecu des momments très difficiles dont je ne suis pas prêt d´oublier. Quelquent a connue cette imprimerie et a des documents qui peveunt m´aider dans la recherche des mes anciens collèges? Merçi d´avance

Écrit par : gonzalez julien | 11/09/2014

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Cette journée restera gravée dans ma memoire

Écrit par : Guy van lierde | 18/02/2015

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