16/04/2007
les zaubettes à journaux histoire de Robert Dehon

Les « zaubettes » à journaux de Bruxelles.
Petit historique de la distribution de la presse en Belgique.
C’est sous l’impulsion d’un parlementaire socialiste, Louis Bertrand, alors administrateur du journal « Le Peuple » qu’est fondée en octobre 1885 les Messageries de la Presse. L’adresse de l’entreprise est particulièrement bruxelloise : 3 rue du Persil. Le but est de réaliser des économies de port et d’emballage au niveau de l’expédition des titres, ceci par le groupement des envois vers les « marchands de journaux » d’une même localité.
Un an plus tard, changements de raisons sociales successifs, apparaissent « Dechenne et Cie », « Messageries de la Presse et Comptoir Général de Bruxelles » et enfin « Agence Dechenne, Messageries de la Presse ». La société française Hachette acquiert une première participation en 1912. Ce n’est pas fini.
Pendant la Seconde Guerre mondiale Dechenne est totalement contrôlée par l’occupant. A la libération, nouveau changement d’appellation, bilingue cette fois, et apparition de logos : « Agence et Messageries de la Presse – AMP » et « Persagentschap, Vervoer en Distributie – PVD ». PVD ne connaîtra jamais la reconnaissance du public, en Flandres on dit plutôt « t’is den AMP ». Dans les années soixante AMP quitte l’infernale promiscuité de la rue du Persil pour s’installer rue de la Petite Ile à Anderlecht. Signalons que plusieurs sociétés de distribution voient également le jour en province. Actuellement, toutes ont été englobées lors de la dernière modernisation de l’entreprise datant de 1999 soit « AMP » tout court. Enfin, hors toute forme d’abonnements, la presse est vendue de nos jours dans des points de vente indépendants, une chaîne nommée « Press Shop » et via des aubettes, d’architectures diverses, installées sur la voie publique, souvent aussi appelées « kiosques ».
Les premiers édicules ont vu leur apparition après la libération, ceci dit il en existait peut-être dans les années trente. Les emplacements sont choisis en fonction du passage des chalands, soit sur les grands axes de la capitale et sur des sites appartenant à « Bruxelles-Ville ». Depuis quelques années, le nombre d’aubettes a fondu, seuls quelques emplacements subsistent équipés de structures plus importantes. Voici quelques exemples légendés : remontons le temps… où la presse brusselait !
Robert Dehon

Palais_Midi
Palais du Midi, magnifique limousine… masquant le kiosque. Un avis pour la marque ? Une Packard pas encore belle ?

Anneessens
Place Anneessens et sa pub de proximité, incroyable, non ? Quoi, Le Soir de 6 heures n’est pas encore arrivé ?

Grétry1

Grétry2
Rue Grétry, près de la Bourse. Les nouveaux kiosques en tôle d’aluminium apparaissent pour l’Expo 58. Ca alors, la Lollobrigida dans Ciné-Revue !

Brouckere_Eldo
Inévitable, les emplacements sont trop juteux : la pub arrive en fanfare sur la place de Brouckère, côté Eldorado. Des Laurens, bêke ! Remarquez sur cette très belle étude, les panneaux de pub ‘presse’ sur les flancs, l’avalanche de papier maintenu par les miraculeuses pinces à linge. Avez-vous le Frankfurter Zeitung ici ?

Porte-Ninove
Joli contre-jour à la Porte de Ninove. Le dernier Pourquoi Pas ?, s’il vous plait.


Pont_Neuf1
Pont_Neuf2
Près de la rue du Pont-Neuf, n’y avait-il pas un agent de change derrière l’aubette ? Non, pas Pourquoi Pas ?, Spécial, je vous dis.

Fleuri
Bruxelles, ville fleurie ! Sans doute sur le trottoir du Botanique. Toutes les autres villes du pays envieront cette floraison de titres.

Finistère1
Finistère2
Place du Finistère, devant L’Innovation, la presse près du culte. Le kiosque est rénové, la Régie des Téléphone n’a pas suivi. Chouette étude pleine de mouvement. Non, la DH ça j’ai pas. Ah, la Dernière Heure…


Atomium1
Atomium2
C’est extra la pub ! Le dispositif devait même tourner grâce à un moteur électrique. Bruxelles, quelle ville quand même, se disait Boris du KGB qui bosse au pavillon de l’Expo 58 !

Auto65
Il y a aussi les aubettes temporaires, ici au salon de l’auto au Heysel en 1965. Un peu glauque pour un bon chiffre de vente mais la foule est attendue pour

Zinneke
Magnifique instantané bien ‘bruxellois’, quel dommage que le photographe n’ai pas attendu que le ‘zinneke’… Vous avez compris, Femmes d’Aujourd’hui.
Un grand Merci Robert Dehon de nous apporter votre collaboration pour la création de nouveaux articles sur le blog…….Sophie
11:37 Publié dans ET PENDANT CE TEMPS LA A BRUXELLES ... | Commentaires (19) | Envoyer cette note |
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Commentaires
que de souvenirs, tout ca !
pour la voiture, c'est bien une Packard (pas Bell) lollll
bisous a bientot
Écrit par : Jilou | 16/04/2007
Répondre à ce commentairebonne journée
Écrit par : Daniel | 18/04/2007
Répondre à ce commentairede 1937-38 environ.
Écrit par : Jean-Jacques Barbieux | 19/04/2007
Répondre à ce commentaireJ'ai commencer a fumer à 9 ans,je sais c'est pas une medole speek que je doit avoir ,mais les pubs était là pour alpaguer les jeunes! st michel en paquet de 10 ciguarettes,zémir,et d'autres que j'ai oublié!
Quand je voi les kioskes du temps et ceux actuel! j'me demmande comment ils tiennent le coup???
Je vai chercher mon journal tous les matin et ma chicklette pour ma journée.Et bin Brigitte me dis a chaque fois! ferdoome ou est le bon vieux temps!
DUDU.
PS:Je fume plus depuis septembre 2006 ;)
Écrit par : amenmonfils | 17/05/2007
Répondre à ce commentaireA BIENTOT.
Écrit par : NICKY | 23/05/2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Robert | 31/08/2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : ANDRE | 03/10/2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : ANDRE | 03/10/2008
Répondre à ce commentaire''Le grand jour'' c.-à.-d. le jour de la mise en vente du tout dernier numéro de Tintin je ne manquais pas de m'arrêter à cette aubette pour me procurer ce petit trésor au coût de...5 francs, je pense ,et de sentir cette odeur typique d'encre d'imprimerie. Quel plaisir!! :-)
À l'époque j'habitais à la Place Masui et je gagnais la modique somme de 1.800 francs...par mois!
Je garde encore, comme souvenir, mon contrat d'emploi daté du 11 octobre 1955 et qui a pas mal voyagé au cours des années!!
Écrit par : Joseph | 03/10/2008
Répondre à ce commentaireQuand j’ai débuté chez AMP, en avril 1980, on relançait un service de publicité, avec bibi comme ad-man, il y avait encore 52 kiosques sur le Grand-BXL. Tous les édicules étaient situés sur du « terrain » de BXL-ville, ce que j’ignorais complètement. Lors de ma première journée de travail, mon boss, me passant une série de classeurs (techniques et contrats) m’a dit « J’ai un petit travail pour vous : mettez à jour toute la pub sur les kiosques ! ». Le job avait été abandonné pendant des années… Un an de boulot car entre-temps, il y avait les promos de la bande dessinée. En mai, je bossais sur le lancement belge du nouvel Astérix « Le grand fossé ». Je m’en suis fait une sorte de spécialité : Uderzo, Charlier, Hermann, Graton, Weinberg, Moebius… Je devrais un jour vous passer un topic (pour les amateurs d’aviation et de BD) quand j’ai « loué » pour une journée une base de la FAé, just for the fun. Je dois fouiller mes photos.
Actuellement, il ne reste plus que 12 kiosques en activité. Comme le chante Dylan « Times are a-changing ! ».
@+
Robert
Écrit par : Robert | 04/10/2008
Répondre à ce commentaireAlors qu'avant une distance minimum devait être respectée entre deux points de ventes pour assurer leurs rentabilité, Actuellement tu trouves de la presse dans les night-shops, les grande et moyenne surfaces (Carrefour, Deli etc), dans les stations-service essence sans compter qu'ils ont leur propre chaîne de distribution (Relay>Gares etc) qui elles sont exploitées par des franchisés.
Donc ne soit pas surpris si il n'en reste plus à brève échéance.
C'est toudi les p'tis qu'on sprotche...;o(
Écrit par : Papy Dan | 05/10/2008
Répondre à ce commentaire@+
Robert
Écrit par : Robert | 06/10/2008
Répondre à ce commentaireEnsuite ma Boma et ma Mère pouvaient vendre leurs journaux, toujours au grand air MAIS en restant sur place. (Coin de la rue Haute – Alexiens et au Sablon, coin de la rue des Minimes) Enfin en 1944, mais mère pu entrer dans une aubette appartenant aux AMP, celle-ci était située au coin de la rue de l’évêque et de la place de la monnaie.
A 6 heures du matin, mon père, après avoir été cherché avec sa charrette à bras les journaux rue du Persil, ouvrait l’aubette, vers 10 heures mon frère Maurice prenait la relève jusqu’à 22 heures, (sauf quand Anderlecht jouait à domicile) c’était ma mère qui prenait la relève.
Et ainsi tous les jours de la semaine (sauf le dimanche, il vendait le sport à la barrière et son Paris Turf à la Bourse), mais bien les jours fériés.
A partir des années 50, la vente de journaux et revues étaient très importante, à cette époque les journaux avaient encore plusieurs éditions par jour, il n’était pas rare qu’un ménage achetait, pour Monsieur, Madame et les enfants.
Au début des années 60, l’aubette, a gagné plusieurs fois le concours de meilleure vente du Pourquoi-Pas ? Les journaux se vendaient comme des petits pains, il n’était pas rare de vendre 1.000 exemplaires du SOIR. Les jours de catastrophes (Albert I, Kennedy, Innovation etc. Toute la (nombreuse) famille était réquisitionnée, pour aller au réassort et rechercher DES SOIR.
Personnellement, j’ai vendu des journaux sur la rue, rue de Namur et Galerie Saint-Hubert, pour terminer dans un Gassetewinkel, commerce sois disant protégé (300 mètres entre concurrent) qui pour une reprise tu devais facilement sortir de ta poche 2.000.000 de francs et même beaucoup plus pour certaine. J’ai grandi grâce et avec les journaux et magazines. Quand mon père faisait les invendus, il était préférable que je reste jouer dehors.
Robert ton titre est Zaubette et fin !
Je précise PRESQUE FIN, mon frère est encore et toujours dans son aubette, à prester des heures incroyables pour notre époque et pour son âge, 78 ANS.
Écrit par : Nelly | 06/10/2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pierrot | 06/10/2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nelly | 06/10/2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : raymond | 09/10/2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : HELLINCKX | 11/10/2011
Répondre à ce commentaireContent de vous retrouver sur le site de Sofei. Merci pour vos précisions. Les archives AMP contenaient une série de photos de l’Expo 58 axée sur les installations AMP dont son « palais ». Il y avait aussi des plans d’architecte de ces kiosques. J’ignore si ces archives ont été préservées. Si oui, un article bien plus complet pourrait être envisagé.
Bien à vous,
Robert
Écrit par : Robert Dehon | 12/10/2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Roland Renson | 20/11/2012
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