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26/04/2016

Château de Béthanie … sur l’emplacement de l’actuel CERIA

Aux portes de Bruxelles, se dressait au début du 20èmes siècle à Anderlecht, le Château de Béthanie aujourd’hui disparu ; un paradis pour les enfants faibles de l’époque.  C’était un internat pour jeunes filles où l’on soignait entre autre les pré-tuberculeux.  Il se situait à l’emplacement de l’actuelle piscine du CERIA.

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Ce lieu était aussi désigné comme une filiale du Mont Thabor institution humanitaire basée à Molenbeek … réservée à ce moment-là aux fillettes dites « débiles ». 

 

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L’endroit était composé d’un château situé en face d’un étang (toujours existant dans l’enceinte du CERIA), et d’une fermette.

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Anciennement, on retrouvait la mention du château sous l’appellation du Château de Waesbroek.  D’après des cartes datées de 1777, ce domaine était enserré entre la chaussée de Bruxelles (actuelle chaussée de Mons) et la Senne (d’où la racine du nom « broeck », qui signifie « marais » en néerlandais).

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Pour information :

Aux alentours du XIIème siècle ce château appartenait à la famille d’Aa. 

Au début du XIVème siècle, une ferme toute proche est cédée à l’abbaye de Forest.

Sur partage du 11 mai 1635, Philippe de Recourt et de Licques, seigneur de la Vere, chevalier de l’ordre de Calatrava, fut aussi seigneur de Waesbroeck.

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Au moyen-âge, on retrouve dans les archives, la vente du château et la ferme Elishout par  les héritiers de Jean Josse Du Trieu et de Marie Madeleine de Fraye à Charles Swerts, poissonnier de Bruxelles. 

 

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En 1858, le château de Waesbroek est encore présent sur un plan de Bruxelles.

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Un courrier datant du 6 septembre 1901, est encore adressée à Robert de Viron alors bourgmestre de Dilbeek en 1913 au château de Waesbroeck à Anderlecht.  Ce personnage n’est donc peut-être pas étranger à cette occupation caritative.  Le nom de Béthanie par la suite n’était à ce titre pas choisie par hasard puisque à Dilbeek, plusieurs domaines similaires existaient.

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Précisons que l’histoire de l’endroit est assez mal documentée.

A en juger par le grand nombre de cartes postales éditées à l’époque, on ne peut douter de la grande notoriété de cette institution.

Pourtant…. Le château de Béthanie fut démoli.

Durant des années, le terrain marécageux fut remblayé et asséché par les terres excavées pour le creusement de la Jonction Nord-Midi.

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LE CERIA

La première pierre fut posée le 25 octobre 1949.  Le site fut aménagé selon les plans de l’architecte Antoine Courtens en collaboration avec les architectes Michel, André et Jean Polak suite à un concours lancé par la province en 1948. 

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Cet appel public visait à élaborer un vaste campus abritant des écoles hôtelières, des instituts de recherches en sciences de l’alimentation…

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L’ensemble était aménagé selon les préceptes les plus modernes du moment… grands espaces, bâtiments lumineux grâce aux grandes fenêtres, zones vertes…

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La construction fut achevée  à la fin des années 50.  Situé à l’extérieur du centre de la ville,  ce campus était complètement autonome.

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Institut Meurice

Aujourd’hui, le campus abrite encore des écoles secondaires… il accueille environ 10.000 élèves.

02/10/2014

Boulevard de L’Abattoir…. Du Midi … ses portes…

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Long de 440 mètre de la place de Ninove à la porte d’Anderlecht, partie des boulevards de la petite ceinture, créée au 19ème siècle à l’emplacement de la 2ème enceinte urbaine selon le projet de l’ingénieur J.B. Vifquain à partir de 1819. 

Entre 1819 et 1833, les parties Nord et Est étaient bordées d’arbres et munies d’une haute grille de près de 5 kilomètres de long.

 

En 1834, faisant suite à l’aménagement du tronçon entre les portes de Hal et d’Anderlecht (actuel bd du Midi), on combla les fossés.

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Enclavé dans le territoire d’Anderlecht, l’Abattoir de la Ville, ensemble de huit pavillons néo-classiques conçu par l’architecte communal A. Payen en 1835, entamé en 1836 et inauguré en 1841, donna son nom aux deux côtés de l’artère, dont la rive anderlechtoise à l’ouest, prit en 1918, le nom du président R. Poincaré. 

 

Dans le prolongement jusqu’à la Petite Senne, les enclos de l’Abattoir occupaient la place de la voirie actuelle. 

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La disparition de l’ensemble en 1926, remplacé par l’Institut des Arts et Métiers, la plaine de jeux Charles Vanderputten ainsi que la déviation du Canal de Charleroi permirent la suppression de cet étranglement, la rectification du tracé de la Petite Senne et de la voirie.

Rappelons que ce canal, décrété en 1828 par le roi Guillaume fut réalisé de 1827 à 1832.

Le boulevard de l’Abattoir a connu aux abords de l’Institut des Arts et Métiers, différents marchés en plein air.  Le dernier fut le marché aux volailles qui connu une grande animation chaque matin jusqu’à ce qu’il soit transféré en 1982 au Quai des Usines. 

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Au milieu du 19ème siècle, ce boulevard était parcouru durant une trentaine d’années par les locomotives qui tiraient les trains de la première jonction ferroviaire Nord-Midi.  Ces locomotives fumantes circulaient de l’Allée Verte aux lignes du Midi au milieu des chevaux et des charrettes !  Afin d’éviter tout accident, la locomotive circulait lentement et un ouvrier devait la précéder à pied en agitant un drapeau rouge.

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Ecluse en 1908 Porte de Ninove

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Et quelques vues du Bld du Midi 

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En 1903

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Un peu plus loin à hauteur de l'actuel bld M. Lemonnier

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Policier faisant la circulation à hauteur du même bld M. Lemonnier (on y voit une partie de la même façade à droite)

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Au temps où la circulation était plus aisée et l'endroit plus paisible

 

10/10/2010

L’église des Saints Jean et Etienne aux Minimes.

L’intéressant livre « The Cult of the Black Virgin » d’Ean Begg à peine refermé, la raison de son silence concernant l’église des Minimes et sa chapelle de Lorette m’a fait sourciller. Je vous livre donc cette courte étude à considérer bien entendu ‘brute de décoffrage’, elle pourra peut-être déclencher une recherche nettement plus rigoureuse. De plus, il est triste de constater que Notre-Dame de Lorette semble bien oubliée en ce lieu somme toute sacré, que l’environnement de l’église – et son bâti - mérite une réhabilitation d’ordre divin.

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Ce lieu de culte, situé à la limite historique des Marolles, rue des Minimes, peut paraître écrasé par l’ampleur du Palais de Justice si le visiteur utilise cet ascenseur incongru qui mène vers le bas de la ville. Il en va autrement s’il emprunte la rue Haute, Porte de Hal dans le dos, et tourne dans la rue du Temple qui se termine par une volée de marches. Qu’il reprenne son souffle, tourne son regard vers la droite et l’église des Minimes se dresse fièrement ! Une vision assez fascinante qui plonge le visiteur dans le XVIIe siècle… Certes le recul pour observer l’édifice est mince, réminiscence des rues du Haut Moyen Age. L’adoption d’un appareil digital avec grand angle est requise. L’histoire récente de l’église a été chahutée par des ‘sittings’ et des occupations. Mieux vaut se rappeler que le site présente d’excellents concerts de musique classique. Un bel orgue baroque de François Noelsmans et datant de 1681, restauré par Guido Schumacher, résonne ici du feu de ses tuyaux d’airain. J’ai assisté par hasard à une ‘mise en doigts et pieds’ d’une oeuvre de Bach, peut-être  la ‘BWV 572 Fantasia G Major’ : magnifique et convenant bien à l’acoustique de ce bel espace ! Que cela ne nous éloigne pas du passé de l’édifice qui est flanqué sur sa droite d’une chapelle chère aux aéronautes.

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L’église Saint-Pierre près de la place Saint-Guidon (RD).

Tout débute à Anderlecht où les frères Minimes de l’Ordre de Saint François de Paule reçoivent des archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas espagnols, l’autorisation de migrer vers Bruxelles. Vêtus de bures noires, adeptes de la contemplation et de l’étude, les frères s’étaient établis, en 1616, à proximité de l’église Saint-Pierre, près de l’actuelle place Saint-Guidon.

La raison de leur départ demeure inconnue, peut-être l’attrait de la capitale ? Si bien que le 7 décembre 1616, la duchesse Anne de Bournonville leur cède la maison d’André Vésale, l’anatomiste mort en 1564. Les frères installent leur couvent dans cet édifice et rêvent d’une église. Les suppliques filent bon train puisque le 6 avril 1621, l’Infante Isabelle elle-même pose la première pierre et l’édifice est terminé en 1625. Toujours active, Isabelle achète à fort prix une maison de débauche située juste à côté de l’église afin d’y bâtir une reproduction de la Santa Casa de Lorette, sur laquelle figure l’inscription « Que fuerunt Veneris nunc fiunt Virginis aedes » soit ‘ce qui autrefois fut le temple de Vénus est devenu aujourd'hui la maison de la Vierge’, histoire de signifier aux filles de joie que la rédemption est possible.

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Curieusement, cet assemblage de lieux saints est démoli à la fin du XVIIe siècle.

Le 28 octobre 1700, l’Electeur de Bavière, Maximilien II Emmanuel, pose la première pierre – serait-elle d’angle ? – d’une nouvelle église à l’emplacement que nous connaissons… avec sa petite chapelle de Lorette, à l’extérieur du bâtiment, et non intégrée au sein de ce dernier. Ceci sous la supervision de l’architecte père Philibert Bressand. Les lieux sont achevés vers 1715, plus ou moins car la façade ne reçoit pas sa deuxième tour, celle de gauche. Il est à noter que les matériaux pierreux proviennent de carrières situées à Uccle et plus précisément au quartier du Chat. Entité qui servira bien plus tard au regroupement de familles marolliennes expulsées par les travaux du palais de Justice.

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Hélas, ce n’est pas la fin des ennuis pour les frères Minimes. Le couvent cesse son activité le 7 novembre 1796, suite à la révolution française, pour être remplacé par un dépôt de mendicité en 1801, après la signature du Concordat… pour se voir à nouveau fermée en 1811, car on pense à nouveau installer une manufacture de tabacs, cette fois impériale ! Il devient ensuite un atelier de travail et de mendicité, une fabrique de tabacs en 1813, un atelier de lithographie en 1815. Les Hollandais y installent alors un hôpital militaire, une école et une prison pour femmes !

Les Marolliens disputent âprement la décision et les Français restituent l’église au culte : elle devient paroisse sous la protection de Saint Jean et Saint Etienne. Le clocher avec ses trois cloches du XVIe et XIXe siècle et les hauts de l’édifice sont restaurés en 1849.

 

 

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De toutes les églises, terme générique, Bruxelles s’offre une chronologie architecturale particulière. Soit cinq grands groupes pour simplifier : le romano-ogival et ogival (N-D de la Chapelle), la renaissance italo-flamande (N-D de Bon Secours), la transition entre l’italo-flamand et le néo-classicisme (N-D du Finistère), le néo-classique (St. Jacques sur Coudenberg) et le classicisme moderne (Sainte-Catherine). L’église des Minimes prend place dans la période de transition, soit le XVIIIe siècle. Qui parle de période transitoire pourrait croire que ‘c’est un peu de tout’, or il n’en n’est rien. L’église est « remarquable par la pureté de son style et l’heureuse harmonie de ses proportions », indique Des Marez. Une telle allégation mérite un détour par l’extérieur et une rapide promenade sous la voûte de plan basilical.

 

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De nos jours et sans doute jadis, seule la façade et une petite partie du flanc gauche s’admirent. Les Minimes sont engoncés dans les tissus urbains ; on ne se promène pas autour de l’église. Actuellement, d’un côté du porche, une chapelle accolée chapeautée d’une sorte de clocheton, puis une bâtisse commerciale qui forme le coin de la rue, de l’autre côté, une chapelle à l’identique noyée dans des murs de façade. La toiture est banale, seule la tour de droite rythme l’ensemble, dit-on. L’architecte a imposé un ordre simplifié de deux colonnes corinthiennes qui font saillies et de quatre pilastres surmontés d’un fronton hémisphérique qui se répète au-dessus de la porte centrale. Une fenêtre centrale et deux latérales surplombées chacune par une alcôve vide de statue.

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Gravures de la chapelle à Loreto et son plan (RD, Abbé Grillot).

Passant la porte, le visiteur découvre un vaste quadrilatère : la nef centrale accompagnée de deux bas-côtés terminée d’une abside hémisphérique. Six piliers poussent le regard vers le ciel de l’église. Quatre d’entre eux, au croisement du transept, supporte un dôme agrémenté d’un oculus. De part et d’autre de l’abside se situent deux chapelles avec étages ornés d’une balustrade. Pour ceux qui sont férus d’architecture symbolique ou mystérieuse à la ‘Paul de Saint-Hilaire’, il semblerait que le plan rectangulaire soit dessiné sur une proportion pythagoricienne : la largeur multipliée par le ‘nombre d’or’ (1,618) en déterminerait la longueur. De même, l’assise des piliers s’inscrirait sur deux carrés joints. Bien entendu, cette hypothèse ne peut se vérifier qu’avec les plans originaux, mais si tel en était le cas, une observation des proportions volumiques mériterait aussi une étude, à la recherche d’une harmonique d’or. Rassurons-nous, ces travaux n’ont jamais été effectués : le diable se dissimule dans les détails, non ?

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 Pas vraiment le compas dans l’œil pour les panneaux (RD).

L’église des Minimes est un lieu à « échelle humaine », elle n’écrase pas comme une cathédrale si belle fut-elle, elle ne confine pas comme une chapelle, plus individuelle.

Le mobilier attire le regard de par sa qualité : une Descente de la Croix de François Gérard (1770-1837), le Martyre de Saint Etienne par Ferdinand Delvaux (1782-1815) ou les Quatre Evangélistes de Pierre François (1759-1851). Le mausolée du comte Charles Ghislain de Mérode, bourgmestre de Bruxelles de 1805 à 1809, et de son épouse sculpté par Charles Geerts, mérite un détour attentif. Tout comme la chaire de vérité, encadrée des symboles remontant aux âges des Evangélistes, à savoir Marc le lion, Luc le taureau, Mathieu l’ange et Jean l’aigle, tous soutenant le monde !

 

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Au-dessus de l’entrée de la chapelle, belle évocation de la ‘Translation’ sur bois doré (RD.

Ce qui nous amène, après ce tour d’horizon, à retourner au porche et prendre après celui-ci vers la droite où se situe une annexe surmontée d’une lanterne qui donne accès à la Santa Casa de Lorette. Voici un culte particulièrement curieux et, partant, très intéressant puisqu’il a sa représentation dans les Marolles. La première chose à préciser est que « Lorette » n’est pas une sainte : c’est le nom d’un lieu situé en Italie. L’appellation doit se comprendre : Notre-Dame DE Lorette, provenant de Loreto.

De nombreuses chapelles portent ce nom de par l’Europe. Par exemple à Rochefort en Belgique ou près d’Arras, lieu de pèlerinage incroyable en faveur des soldats français disparus lors de la Grande Guerre, également deux en pourtour proche de la Capitale. En voici l’histoire, malheureusement fortement résumée.

 

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Vues de la chapelle de Lorette (RD).

L’histoire débute 33 ans avant notre ère. Marie reçoit la visite de Gabriel, c’est l’Annonciation, elle est enceinte par les Voies du Seigneur de Jésus. Ceci se passe dans sa chaumière de Nazareth qu’elle partage avec son mari, Joseph. Il s’agit d’une construction de trois murs de pierres dont un flanc est accolé à l’entrée d’une grotte. Les archéologues ont parfaitement relevé et étudié cet emplacement qui est vénéré des Chrétiens. Le catholicisme se développe, mais les Lieux Saints se voient convoités si bien que l’épopée des croisades démarre et Godefroid l’emporte en 1099. La victoire ne durera pas, en 1291, il n’y a plus d’états chrétiens au Proche-Orient. Comme le sanctuaire des parents de Jésus est un lieu de culte depuis plus de mille ans, il ne se conçoit pas qu’il soit abandonné à la force des cimeterres et du Croissant.

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Que faire puisque même les Templiers se sont repliés en Méditerranée ? Le Seigneur envoie alors ses anges pour extraire la maison et la transporter par les airs vers des lieux plus sûrs. Après, dit-on, une halte à quelques lieues de Nazareth, le 10 mai toujours selon la légende, elle est déposée sur les rivages de l’Adriatique, en Dalmatie (actuelle Croatie), près de Rijeka. On y découvre une statuette de cèdre représentant la Vierge et l’Enfant Jésus. Cette opération d’extraction aérienne est appelée la « Translation de la Sainte Maison ». L’évêque Alexandre apprenant cette arrivée a une vision pendant laquelle la Vierge lui explique l’affaire. Il conduit même une enquête jusqu’à Nazareth, sans doute pour vérifier les lieux.

 

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Mais le 10 décembre 1294, pour des raisons seules connues du Seigneur et de ses conseillers en aéronautique, la translation se répète : les anges passent l’Adriatique pour ‘atterrir’ près d’Ancône en Italie, dans une forêt possession d’une dame nommée Loreto d’où le nom de l’endroit. La Santa Casa devient immédiatement un lieu de culte important que la Papauté protège et promulgue en 1585 siège épiscopal. L’impact de Notre-Dame de Lorette sur le monde chrétien est très important au courant des siècles : de nombreuses chapelles ou basiliques portent ce nom.

Se rappelant que la translation s’est opérée par les airs, Benoît XV proclame en 1920 la Vierge de Lorette patronne des aviateurs ! Ainsi, Charles Lindbergh avait accroché dans le cockpit de son Ryan M-2 Spirit of St. Louis une médaille de Lorette, remise le 11 mai 1927 par le père Henry Hussman, avant son départ pour la fameuse traversée de l’Atlantique.

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La Vierge Noire portant l’Enfant (RD).

Pour en revenir à la chapelle de Notre-Dame de Lorette jouxtant l’église des Minimes, il fut un temps où des maquettes d’avion ainsi que d’autres artéfacts aériens étaient suspendus au plafond, à l’instar des ex-voto de marins. Bizarrement, ceux-ci ont actuellement disparu… Dommage. La chapelle est d’une simplicité céleste. Sur les parois de flanc deux fresques enfantines, l’une présentant Joseph à Nazareth, l’autre une scène de village de pêche. Une troisième fresque avec des éléments culinaires sert d’arrière-plan à une Vierge à l’Enfant qui fait directement penser à une Vierge Noire. Elle surplombe un large reliquaire de bois équipé d’une petite fenêtre de verre horizontale assez ternie où sont proposé au regard … un mystère au sens commun.

Vierge noire disons-nous car elle semble sculptée dans l’ébène, le Christ y compris.

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Gravure du XIXe, à noter les deux tours (DR).

Voici qui ajoute de l’intérêt à la Santa Casa des Minimes car ces statuettes se différencient des Vierges Blanches – de loin les plus nombreuses - de par la couleur même de leur ‘peau’. Les hypothèses vont bon train quant à leur apparition aux environs du XIe siècle. Elles succèdent ou remplacent d’anciennes divinités celtiques, ce qui est peu simple à vérifier vu le millénaire de différence en temps. Soit elles ont été promotionnées par Bernard de Clervaux, au XIe siècle, parce qu’il était obnubilé par le Cantique des Cantiques (Premier Testament, vers le IIIe siècle pour faire simple), aussi appelé Cantique de Salomon, où l’héroïne clamait « Je suis noire mais je suis belle, oh filles de Jérusalem », donc le mariage mystique avec son église, sa mère et ses fidèles. Plus sombre est l’appartenance à des milieux initiatiques tels les Templiers, ne pas les mentionner serait parjure…

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Plan de l’église des Minimes et croquis de son possible ésotérisme (RD).

Bref, l’existence des Vierges Noires demeure un sujet très pointu sur lequel nombre de chercheurs se sont limés dents. Ceci dit, acceptons ce simple fait : l’impact de la Mère du Christ, ignoré dans les premiers temps, est en l’An Mil une sorte de révolution au sein du catholicisme – terme générique -, Noire vis-à-vis de sa concurrente Blanche, elle augmente son influence en ces périodes troubles, en faveur de l’église.

Gardons sang-froid et respectons ceux qui y accordent une éventuelle importance.

 

Robert Dehon

 

 

Notes

L’Infante Isabelle est célèbre pour la couleur de sa chemise : lors du siège du port d’Ostende de 1601 à 1604 et selon le légendaire belge, elle décida de ne plus changer de chemise avant la victoire des Espagnols, d’où l’expression « couleur isabelle » que je vous laisse deviner.

Il est curieux de noter que l’intérieur du cône d’hélice du Ryan M-2 de Lindbergh était affublé d’une croix gammée lévogyre accompagnée des signatures des techniciens de la compagnie Ryan qui ont modifié l’appareil. Etant lévogyre, pointant vers la gauche, c’est un symbole porte-bonheur ; dextrogyre, pointant vers la droite, c’est le symbole choisi par Hitler en 1920.

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Meise : Vierge Noire et le monogramme de Marie « Ave Maria Mater Iesus Hominis Salvator Redemptor » sur le linteau (XIXe siècle) - RD.

En Belgique l’on compte – inventaire non exhaustif - 22 chapelles de Lorette, 15 en Wallonie (la plus célèbre étant celle de Rochefort, 6 en Flandres (dont celle de Ronse/Renaix) et une à Bruxelles. Les plus proches de la Capitale sont celles de Meise (Klepperstraat) et Sint-Pieters-Leeuw (Steenbergerstraat). Il ne semble pas exister un réel inventaire des chapelles de Lorette pour notre pays : avis aux amateurs !

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Sint-Peeters-Leeuw : chapelle moderne de 1953 érigée par le club auto-moto (!?!) de Vlezembeek, pas de Vierge Noire (porte brisée) - RD.

Il n’y a pas que la Santa Casa qui a été transportée de par les cieux, Eugène Zimmer donne cet exemple : « Trois chevaliers de Saint-Jean sont faits captifs au Caire lors de la Première Croisade. Aidés par une statue miraculeuse taillée par des anges, ils convertissent la fille du sultan, Ismérie, et tous sont transportés par les airs pour atterrir dans les environs de Laon, à Liesse en France. Arrivés près d’une source, la statue devient trop lourde et un premier oratoire est bâti pour l’abriter ». Il s’agit d’une Vierge Noire ; l’oratoire est agrandi en chapelle puis en basilique » (voir sources).

Il est aussi à noter que le dernier épisode de la formidable série « Secret Army » de la BBC, une séquence se passe dans la rue des Minimes avec l’église en arrière-plan ; les scènes intérieures sont prises dans une église de Londres.

Vierges Noires : si vous tapez ces termes en français sur Google, vous accédez à plus de 175.000 liens. Méfiez-vous, il y en a qu’une poignée de sérieux, disons cinq, les autres (174.995) reçoivent sans partage l’oscar du farfelu souvent teintés de relents d’extrémisme de tous bords (!), destiné, bien entendu, aux gogos du même métal !

Enfin, vous pouvez consultez le site MultiMap/BING (http://www.multimap.com/maps/?qs=&countryCode=BE ), vous zoomez sur Bruxelles à partir de la carte, puis sur l’église des Minimes ; cliquez sur ‘Aerial’ pour passer en vue satellite, puis cliquez sur ‘Bird’s Eye’ et vous avez un choix de vues obliques… des boutons fléchés vous permettent de tourner autour du site. Malheureusement, cette fonction n’est pas disponible pour l’entièreté du pays et il est interdit de copier les images pour publication (voir les FAQ).

 

Sources

« Les monuments civils et religieux – tome 1 », Guillaume Des Marez, Touring Club, mars 1918.

« Découverte de Bruxelles », Albert Guislain, L’Eglantine, 1931.

« La Belgique illustrée », Emile Bruylant, Bruylant-Christophe & Cie, 1893.

« Y a-t-il vraiment un mystère des vierges noires », Eugène Zimmer in Kadath n° 66, 1987.

« The Cult of the Black Virgin », Ean Begg, Arkana, 1996.

« La Sainte Maison de Lorette », Abbé A. Grillot, A. Mame et Fils, 1876.

Dans sa série « Les mystères de… » éditée chez Rossel, feu Paul Meurice alias ‘Paul de Saint Hilaire’ n’évoque mystérieusement pas l’église des Minimes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20/06/2010

Anderlecht autrefois

rue paepsen

Son histoire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Anderlecht

hopital

 place de la constitution école charles buls

place bara

 A hensmans et fils rue bara

Ets Hensmans & fils rue Bara

place bara2

 gare du midi

gare du midi

rue wayez

 

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11/02/2009

Alphonse Peeters nouveau chef de corps à Anderlecht

alphonse_peeters

C'est mon frère et je suis très fière de lui...

A voir :

http://www.telebruxelles.net/portail/content/view/1167/350/

 

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