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26/04/2016

Château de Béthanie … sur l’emplacement de l’actuel CERIA

Aux portes de Bruxelles, se dressait au début du 20èmes siècle à Anderlecht, le Château de Béthanie aujourd’hui disparu ; un paradis pour les enfants faibles de l’époque.  C’était un internat pour jeunes filles où l’on soignait entre autre les pré-tuberculeux.  Il se situait à l’emplacement de l’actuelle piscine du CERIA.

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Ce lieu était aussi désigné comme une filiale du Mont Thabor institution humanitaire basée à Molenbeek … réservée à ce moment-là aux fillettes dites « débiles ». 

 

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L’endroit était composé d’un château situé en face d’un étang (toujours existant dans l’enceinte du CERIA), et d’une fermette.

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Anciennement, on retrouvait la mention du château sous l’appellation du Château de Waesbroek.  D’après des cartes datées de 1777, ce domaine était enserré entre la chaussée de Bruxelles (actuelle chaussée de Mons) et la Senne (d’où la racine du nom « broeck », qui signifie « marais » en néerlandais).

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Pour information :

Aux alentours du XIIème siècle ce château appartenait à la famille d’Aa. 

Au début du XIVème siècle, une ferme toute proche est cédée à l’abbaye de Forest.

Sur partage du 11 mai 1635, Philippe de Recourt et de Licques, seigneur de la Vere, chevalier de l’ordre de Calatrava, fut aussi seigneur de Waesbroeck.

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Au moyen-âge, on retrouve dans les archives, la vente du château et la ferme Elishout par  les héritiers de Jean Josse Du Trieu et de Marie Madeleine de Fraye à Charles Swerts, poissonnier de Bruxelles. 

 

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En 1858, le château de Waesbroek est encore présent sur un plan de Bruxelles.

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Un courrier datant du 6 septembre 1901, est encore adressée à Robert de Viron alors bourgmestre de Dilbeek en 1913 au château de Waesbroeck à Anderlecht.  Ce personnage n’est donc peut-être pas étranger à cette occupation caritative.  Le nom de Béthanie par la suite n’était à ce titre pas choisie par hasard puisque à Dilbeek, plusieurs domaines similaires existaient.

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Précisons que l’histoire de l’endroit est assez mal documentée.

A en juger par le grand nombre de cartes postales éditées à l’époque, on ne peut douter de la grande notoriété de cette institution.

Pourtant…. Le château de Béthanie fut démoli.

Durant des années, le terrain marécageux fut remblayé et asséché par les terres excavées pour le creusement de la Jonction Nord-Midi.

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LE CERIA

La première pierre fut posée le 25 octobre 1949.  Le site fut aménagé selon les plans de l’architecte Antoine Courtens en collaboration avec les architectes Michel, André et Jean Polak suite à un concours lancé par la province en 1948. 

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Cet appel public visait à élaborer un vaste campus abritant des écoles hôtelières, des instituts de recherches en sciences de l’alimentation…

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L’ensemble était aménagé selon les préceptes les plus modernes du moment… grands espaces, bâtiments lumineux grâce aux grandes fenêtres, zones vertes…

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La construction fut achevée  à la fin des années 50.  Situé à l’extérieur du centre de la ville,  ce campus était complètement autonome.

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Institut Meurice

Aujourd’hui, le campus abrite encore des écoles secondaires… il accueille environ 10.000 élèves.

25/04/2016

Quai au Foin et quai aux Pierres de Taille

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Ce bassin fut construit dans la prairie des Béguines, dite la praire « Guillaume », par Henri Faye, le même qui avait entrepris en 1639, le creusement du Mestback.  Le nouveau bassin fut appelé le Bassin au Foin.  Il était perpendiculaire au bassin aux Barques.  Ce travail de grande utilité transforma complètement la physionomie de ce quartier, jusque-là entrecoupé de prairies et de marécages.  Sur les deux rives du nouveau bassin on éleva de belles constructions, et les quais devinrent rapidement animés.  Les grands magasins, qu’on y trouvait encore il y a peu attestaient toute l’importance du commerce de transit et du trafic intérieur de la Belgique, les seules relations économiques, d’ailleurs, qui nous fussent permises, au XVIIè et au XVIIIè siècle, après la fermeture de l’Escaut.

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Le quartier des quais devint même le quartier mondain de Bruxelles au XVIIè siècle.  Le goût de la promenade s’étant répandu, la promenade en carosse surtout, on créa, à Bruxelles, à l’imitation de Paris, où Henri IV, avait construit le Cours de la Reine, en l’honneur de sa femme Marie de Médicis, la promenade de l’Allée Verte, et aussi le Tour à la Mode, promenade pour piétons, aménagée sur le rempart entre la porte de Laeken et la porte du Canal.  C’est également dans ce quartier qu’on construisit, quai au Foin, l’Opéra italien.

 

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Les quais s’appellent, celui de droite le Quai aux Pierres de Taille, celui de gauche le Quai au Foin.  Au XVIIIè siècle, les deux quais s’appelaient indifféremment quai au Foin.  Nous les longerons jusqu’à l’ancien Entrepôt.

Au n°34 du quai aux Pierres de Taille, l’ancien hôtel du baron van der Stegen de Putte, ensuite de Spoelbergh.

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En face, au n°53 du quai au Foin, une « Vierge », encastrée dans le mur de la façade avec cette inscription-chronogramme qui rappelle, en partie, celle qui se trouvait jadis sur la Maison du Roi : « A peste, fame, bello atque naufragio, libera nos jugiter Diva Virgo ».  Le chronogramme donne la date de 1680. 

 

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Ce fut au quai au Foin (aujourd’hui quai aux Pierres de Taille), comme nous venons de le dire, qu’on joua pour la première fois l’opéra italien dans un théâtre qu’y firent élever, en 1681, J.B. Cartelli.  La première représentation eut lieu le 24 janvier 1682.  On joua en italien l’œuvre d’Aurelli « La Médée » (Medea in Atene).  Des recherches ont été faites et ont permises de retrouvé l’emplacement de cet ancien théâtre.  Il correspond au n°28 du quai aux Pierres de Taille.  Ce théâtre ne subsista pas longtemps.  Don Estevan d’Andrea, amiral de l’Escaut, le vendit, le 1er août 1701, à Josse Jacobs.  En 1767, cet immeuble transformé en habitation privée, s’appelait toujours l’Oude Opera.  En 1793, il était occupé par le colonel de Rameau, le même qui avait tenté d’introduire la culture des vers à soie à Bruxelles.

 

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Tour d’horizon de l’endroit en 1979,…

… Au même quai aux Pierres de Taille, au n°21 façade du XVIIè siècle, plâtrée et défigurée mais ayant encore ses ancres anciennes.  Le n°22 conserve une porte Louis XVI…  Toutes les maisons étaient occupées, au XVIIIè siècle par des bateliers.

Au n°20, nous trouvons un type de magasin ou packhuys du XVIIè siècle, certainement contemporain de la construction du bassin et du quai vers 1640.  Enfin, nous voici arrivés à l’endroit où fut construit le premier Entrepôt.  Sur son emplacement se tenait jadis un marché aux bestiaux.  En 1779, le Gouvernement approuva les conclusions d’un rapport, dans lequel on exposait la nécessité d’ériger à Bruxelles un « entrepôt ou magasin de transit ».  L’édifice, dont Nivoy donna les plans, fut achevé en 1781.  On y lisait des inscriptions, destinées à stimuler l’énergie du marchand.  Le 3 mars 1780, arriva pour la première fois à Bruxelles un vaisseau à trois mâts, venant de Nantes par Ostende et Gand, avec un chargement de 336 pièces de vin.

Après la construction du Grand Entrepôt en 1846, aujourd’hui démoli, le premier entrepôt de Bruxelles fut désaffecté.  Ses inscriptions dithyrambiques disparurent.  On en fit un « magasin d’artillerie du génie ».  Dans le fronton modifié on plaça un lion belge au milieu d’un trophée militaire.  Devant le bâtiment on construisit le Théâtre Royal Flamand.

D’ici, nous voyons les dernières maisons du quai aux Pierres de taille, à droite de l’ancien Entrepôt.  Au n°8 existait encore un vieux magasin appelé, au XVIIè – XVIIIè siècle « de Schuuere, La Grange ».  Au n°6, une porte cochère Louis XVI.

Achevons la revue des maisons du quai au Foin.  Le n°23 évoque un fait d’histoire manufacturière.  Une raffinerie de sucre y était étable en 1767, industrie nouvelle dont le Magistrat avait favorisé l’introduction, afin d’aider au développement économique de la ville.  Deux autres industries nouvelles, la fabrication de la porcelaine et la verrerie, avaient aussi leurs représentants aux quais du bassin au Foin.  En 1764, Jean Van Gierdegom s’associa avec Jean Verplancken et fonda la première fabrique de porcelaine.  Or, J. Verplancken habitait, en 1767, le quai au Foin, non loin du bassin aux Barques.  Un verrier, Léandre Henri, vivait, à la même époque, au n°27 du quai aux Pierres de Taille.

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En 1715, les Apostolines ou Marolles, qui s’étaient établies d’abord au Bovendael, près des Minimes, vinrent se fixer au quai au Foin.  A travers leur couvent démoli passe aujourd’hui la rue Van Gaver… créée en 1884 (Guillaume Van Gaver, conseiller communal et échevin de Bruxelles de 1830-1853).  Un peu plus loin, se trouve l’impasse Van Oeter, (du nom de son premier propriétaire), entre les n° 13 et 15, dont la porte d’entrée est datée de 1640, (à peine visible au pilastre de droite), probablement un reste de l’ancien hôtel du baron de Peuthy.  D’ici jusqu’à la rue de Laeken, se succédaient une série de cabarets, auxquels le voisinage immédiat de l’Entrepôt assuraient une nombreuse clientèle, « In Sint-Jan-Baptiste, In ‘t Spaensh Magasyne, In den Hert, In den Wyngaert des Heeren », enfin, au coin de la rue de Laeken, « In den Vetten Os »

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24/04/2016

Everard ‘t Serclaes …. Libérateur de Bruxelles

Everard ‘t Serclaes, seigneur de Wambeek, Bodenghem et de Ternat est né vers 1320.

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Bruxelles était occupée par le comte de Flandre, à la suite du siège du 17 août 1356…

…  Durant la Guerre de succession du duché de Brabant, le 24 octobre 1356, aux alentour de minuit… Sous les murs de la ville, du côté du Warmoesbroec (aux alentours de l’actuelle jonction des rues du Marais et Montagne-aux-Herbes potagères) s’affaire une troupe de patriotes bruxellois silencieuse.   

…  A l’aide de cordes et d’échelles, elle escalade les remparts et fonce vers la Grand’Place… ce qui permit aux troupes de Jeanne de Brabant de reprendre la ville…

 

Leur chef est Everard ‘t Serclaes, alors âgé de trente-six ans, s’est juré de bouter hors de la cité les envahisseurs flamands. 

 

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En 1355, en effet, à la mort de Jean III, duc de Brabant, sa fille Jeanne, épouse de Wenceslas de Luxembourg, lui avait succédé. 

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Venceslas 1er de Luxembourg

Louis de Maele, qui avait épousé la deuxième fille de Jean III, avait contesté la succession, envahi le duché de Brabant et, après sa victoire à Scheut, occupé Bruxelles. 

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Longtemps, les bruxellois nommèrent cette bataille « den quaeden woensdag » le mercredi néfaste.

 

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Arrivé sur la Grand’Place, Everard se précipite vers la maison de l’Etoile à la façade de laquelle flottait l’étendard de Louis de Maele, l’en arrache et le remplace par celui des ducs de Brabant. 

Entre-temps, ses hommes s’affairent à réveiller les bruxellois.  Une importante troupe attaque la garnison flamande laissée sur place par Louis de Maele.  Assaillis à l’improviste, ils ne peuvent qu’abandonner la ville.

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Jeanne de Brabant

La réussite de cet audacieux coup de « commando » soulève l’enthousiasme de tout Bruxelles. 

‘t Serclaes est porté en triomphe et la population, soucieuse de récompenser ses mérites guerriers, l’élit séance tenante et à vie premier échevin de la cité.  Tout en lui délivrant le titre de « Libérateur de Bruxelles ». 

Jeanne et Weceslas, émigrés à Maastricht, purent rentrer dans leur capitale brabançonne à la vive satisfaction de leurs fidèles sujets, délivrés du joug flamand qui avait duré moins d’un an.

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Jeanne de Brabant et son époux Wenceslas

 

SWEDER D’ABCOUDE MIS EN ECHEC

Et les années passent… ‘t Serclaes continue à se dévouer à défendre la ville et ses privilèges.  Ce qui devait le conduire à la mort. 

Sweder d’Abcoude, seigneur de Gaesbeek, était possesseur d’une fortune immense et de nombreuses terres aux alentours de Bruxelles. Toujours avide d’agrandir ses terres, il propose  à plusieurs reprises des fonds à la duchesse de Brabant qui était en difficulté financière.   

De ce fait,  cela lui donnait, on s’en doute, beaucoup d’influence sur elle. 

L’homme n’avait qu’une idée : accroître sa puissance territoriale.  En 1388, il demanda à la duchesse de Brabant de lui céder une partie de la seigneurie de Rhode, comportant une bonne vingtaine de villages don Crainhem, Woluwe-Saint-Pierre, Uccle, Linkebeek, Watermael et Grand-Bigard.

Jeanne ne savait comment lui refuser.  

 

Mais les magistrats  bruxellois… ‘t Serclaes en tête ne l’entendaient pas de cette oreille : ils envisageaient avec une crainte pour le moins fondée la perspective d’un accroissement de la puissance de Sweder d’Abcoude.

D’une part, l’échange menace les intérêts économiques et fiscaux présent de la ville car, contrairement aux autres territoires concédés, la mairie de Rhode comprenant 29 villages fait partie du Quartier de Bruxelles. 

Il faut dire que Bruxelles qui cherche aussi à étendre son influence s’inquiète de la soudaine proximité d’un seigneur aussi puissant !

 

Everard, suivi de tous les échevins de la cité, se rendit chez la duchesse.  Il commença par lui exposer respectueusement qu’elle avait juré solennellement de ne pas céder la plus petite partie du territoire de Bruxelles, de ne pas respecter la Joyeuse Entrée, chèrement défendue, qui garantissait l’indivisibilité du duché….  En outre, le danger que représentaient pour la ville ces visées annexionnistes devait la forcer à rejeter sans autre forme de procès la demande du sire de Gaesbeek. 

Jeanne de Brabant  écouta ces avis sensés et réserva une fin de non-recevoir à la demande de Sweder d’Abcoude cédant ainsi aux récriminations bruxelloises. 

 

UNE LÂCHE AGRESSION 

En apprenant cette décision, ce dernier entra dans une fureur épouvantable.  Il décida la mort d’Everard ‘t Serclaes.. le principal responsable à ses yeux de son échec.

Le 26 mars 1388, on vint lui faire part que celui-ci s’était rendu pour affaires à Lennick et allait rejoindre Bruxelles.  Il expédia Guillaume de Gaasbeek (fils naturel de Sweder) et Melys Uten Enghe, bailli de Gaasbeek pour dresser une embuscade. 

Lorsque le premier échevin parut, ils le jetèrent à bas de son cheval et lui tranchèrent la langue et le pied gauche.  Un des pieds qui l’avait porté devant la duchesse et la langue qui l’avait conseillée….  Ensuite, ils l’abandonnèrent sur le chemin.

 

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Everard sur son lit de mort...

Le malheureux resta longtemps étendu là, sans qu’âme qui vive vienne le secourir.  Le sang coulait à gros bouillons de sa bouche meurtrie et de sa jambe.  Ce n’est que plusieurs heures plus tard que Jean de Stalle curé-doyen de Hal, passant par hasard avec son chariot, accompagné de Jean Cooreman  son clerc, découvrit le moribond.  Les deux hommes le couchèrent avec précaution sur le plancher de la mauvaise guimbarde et le ramenèrent à Bruxelles, où on l’installa dans la maison de l’Etoile.  On prodigua au moribond les premiers soins, mais Albert Dithmar  le médecin appelé à la hâte déclara ses blessures inguérissables.

 

LA MORT DU PREMIER ECHEVIN VENGEE 

Tandis que le premier échevin agonisait, le bon peuple de Bruxelles se réunit devant la maison scabinale.  Très vite, son indignation et sa colère attinrent le maximum.  On fit sonne le tocsin au beffroi de l’église Saint-Nicolas, et les bruxellois se groupèrent en armes sur la Grand’Place.

 

Le soir même, une troupe imposante de bourgeois et d’ouvriers se mit en route pour Gaesbeek, et entamèrent le siège du château de Sweder d’Abcoude.  En voyant s’avancer les milices bruxelloises, celui-ci pris la fuite.

Le 31 mars, la nouvelle se répandit parmi les assiégeants de la mort d’Everard ‘t Serclaes : le malheureux avait rendu son âme à Dieu après cinq jours d’atroces souffrances.  Cette nouvelle, bien qu’attendue, décupla la fureur et la soif de vengeance des assaillants.  Les défenseurs du château se rendirent et,  le 31 avril 1388, les milices communales y entrèrent.  Ils le démolirent pierre par pierre et y boutèrent ensuite le feu.  Et le redoutable castel du sire de Gaesbeek ne fut plus qu’un immense brasier illuminant la nuit.  Everard ‘t Serclaes était vengé…

Pour l’anecdote, On raconte que les bruxellois étaient munis de forte victuailles, parmi lesquelles de nombreux et gros poulets de Bruxelles, ce qui leur valut le sobriquet de kiekefretters (mangeurs de poulets).

Everard ‘t Serclaes fut enterré sur ses terres à Ternat.

C’est en souvenir de la libération de Bruxelles par celui-ci qu’une des plus veilles artères de la capitale prote encore aujourd’hui le nom de rue d’Assaut.  C’est à deux pas de là, en effet, qu’il escalada avec sa troupe l’enceinte de la cité.

 

STATUE ET PLAQUE COMMÉMORATIVE

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Se trouve dans la galerie passant sous la Maison de l’Etoile, au coin de la rue Charles Buls et de la Grand’Place.  Elle est l’œuvre d’un artiste de talent, J. Dillens (1849-1901).  C’est dans cette maison que ‘t Serclaes décéda de ses blessures.

La plaque, inspirée de la Renaissance italienne, est faite de deux pilastres ornés de panoplies, soutenant un typan semi-circulaire d’où surgit un chevalier tout armé, portant l’étendard de Brabant-Limbourg.  En dessous, sur l’entablement, on lit Pro aris et focis (Pour nos autels et nos foyers en français).  A droite et à gauche, l’écusson de Bruxelles et celui du Brabant.

Le centre comporte trois bas-reliefs superposés.  Ils racontent deux épisodes glorieux de l’histoire de Bruxelles auxquels le nom de ‘t Serclaes est intimement lié.

Le premier bas-relief se rapporte à la reprise de Bruxelles par Everard ‘t Serclaes.   En dessous de ce bas-relief, on lit ces fières paroles : Met hand en tand voor stad en land.  Sous le deuxième bas-relief, on lit le cri de guerre de destruction du château de Gaasbeek par les Bruxellois. 

 

Les culots qui soutiennent les pilastres font également allusion aux kiekefretters (mangeurs de poulets)… Ce détail pittoresque  est rappelé sur le bas-relief, à droite, par une femme qui tire d’un panier une superbe volaille.  A gauche, un marmiton serrant un poulet mis en broche ; à droite un gai luron tenant une cannette sur laquelle on lit « Kieke(n)vreters »…. Kiekefretters en dialecte bruxellois.

 

Au bas du monument gît le corps mutilé d’Everard ‘t Serclaes.  Sur la base on lit Eberhardo ‘t Serclaes liberatori patrioe.   L’écusson du héros populaire et des relief.

Sur le socle du pilastre de droite on rappelle le double épisode que nous venons de narrer : Le 24 octobre 1356, Everard ‘t Serclaes, par un hardi coup de main, chassa les soldats étrangers qui occupaient Bruxelles.  Après avoir été cinq fois échevin de sa ville natale, il mourut le 31 mars 1388 lâchement assassiné pour avoir défendu les droits de la cité.  Sur le socle du pilastre de gauche on a inscrit ces mots : Le 6 juin 1898, le Conseil communal de Bruxelles a chargé le sculpteur Julien Dillens d’édifier ce monument en honneur d’Everard ‘t Serclaes, échevin.

En dessous, dans un cartel, on lit deux dates 1320 ( ?) et 1388.  La première date présumée de la naissance de ‘t Serclaes, l’autre est la date de son assassinat. En dessous les deux mots « Fortiter » et « Fideliter », qui forment la devise des ‘t Serclaes.

 

Polémique (d’après l’article sur Wikipédia).

En 1902, l'archiviste de la Ville de Bruxelles, Jean Van Malderghem, écrit sous un pseudonyme un article très critique à l'égard de Dillens7. Il lui reproche notamment d'avoir choisi le style de la Renaissance italienne plutôt que le style gothique et d'avoir attribué à Éverard t'Serclaes des armoiries anachroniques, celles des t'Serclaes n'apparaissant, selon lui, qu'au XVe siècle. En outre, t'Serclaes n'aurait pas eu comme devise «Fortiter Fideliter» et les tours de Saint-Gudule n'auraient pas leur place sur le monument, car elles ne furent terminées qu'au XVe siècle. L'inscription «Kiekefretters» (sic) serait elle aussi anachronique, Van Malderghem doutant que ce sobriquet ait déjà existé au XIVe siècle. L'une de ses critiques confine à la mesquinerie : il fait remarquer qu'une des inscriptions en néerlandais comporte une erreur d'orthographe : «gemeentecaad» au lieu de «gemeenteraad» (conseil communal). L'article aurait peut-être été dicté par le dépit qu'éprouvait Van Malderghem de ne pas avoir été consulté à propos de l'élaboration du monument

Source : 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_%C3%A0_%C3%89verar...

 

Pour l’Histoire…

En face sur le mur de l’Hôtel de Ville, l’Administration communale a fait placer

Une plaque commémorative du 200ème anniversaire de la reconstruction de la Grand’Place.  Elle est ainsi libellée : « Les habitants de Bruxelles, honorant l’énergie de leurs ancêtres qui en deux ans relevèrent de ses ruines leur ville détruite par le bombardement de 1695, ont célébré, le 26 juin 1897, le 200ème anniversaire de la réédification des maisons de la Grand’Place ».  L’inauguration se fit, en réalité, le 11 juillet 1897.

 

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Hôtel de Ville de Bruxelles, gravure de Drawn et Woolmoth. 1825 ... On y voit l'ancienne maison de l'Etoile

Rue de l’Etoile… rue Charles Buls…

Jadis, cette petite rue s’appelait rue de l’Etoile, du nom d’une très ancienne demeure qu’elle avait au coin du forum.  Cette maison, déjà mentionnée au 13ème siècle, était occupée par l’amman de la ville.  En 1842, le bourgmestre De Brouckère fit démolir cette maison ancestrale pour élargir la rue.  La petite rue reçut alors le nouveau nom de la rue de l’Hôtel de Ville.  Cinquante ans plus tard, le bourgmestre Buls fit reconstruire une Maison de l’Etoile dans le style de l’ancienne, mais un plus étroite et avec un trottoir sous arcade au lieu de rez-de-chaussée.

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Le 15 mars 1897, le Conseil communal (en l’absence de Buls) adopta à l’unanimité une proposition visant à donner à la vieille rue de l’Etoile le nom de Charles Buls (Bruxelles, le 13 octobre 1837- Ixelles, le 13 juillet 1914), en hommage aux efforts qu’avait déployés durant vingt ans ce bourgmestre pour rendre à la Grand’Place son éclat d’autrefois.  

 

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Et pourtant…  Rue de l’Etoile…  Du nom de la maison à l’angle de la Grand’Place.  Espérons que cette antique dénomination sera rétablie, conformément au vœu exprimé maintes fois par Charles Buls lui-même, et que le nom d’un magistrat, qui brille en caractères lumineux dans les fastes de la Ville, sera donné, non à une rue qui compte six maisons, mais à la plus belle artère que Bruxelles créera dans ses nouveaux quartiers.

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Années 60

 

A lire : "Le différend entre Sweder d'Abcoude et la ville de Bruxelles. La chute du château de Gaesbeek (mars-avril 1388)"

 

27/08/2015

Place Flagey - Eglise Sainte Croix et I.N.R.

L’ÉGLISE SAINTE-CROIX

Tel fut le nom de l’ancienne chapelle qui, devenue église paroissiale, fut démolie en 1864 par suite de l’assèchement partiel du grand étang en 1860 et de la création de la place Sainte-Croix, future place Eugène Flagey.

 

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Dès 1863, un nouveau sanctuaire de style ogival primaire avait été construit en brique rouge, d’après les plans de l’architecte Van de Wiele. L’édifice connut toujours des problèmes de stabilité en raison de la nature du sol, au point qu’à partir de 1890, les rosaces latérales présentèrent des signes de déformation. Cinquante ans plus tard, la reconstruction devenait inévitable. Elle fut menée à bien sous la conduite de l’architecte Paul Rome pendant la Seconde Guerre mondiale, sans que le culte fût interrompu. Elle prit son aspect actuel en 1947.

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De son côté, la place Sainte-Croix, réduite au seul parvis depuis 1937, fit hommage bon gré mal gré de sa partie centrale au bourgmestre Eugène Flagey, avocat d’origine chimacienne qui présida aux destinées de la commune de 1936 à 1956

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LES BRASSERIES

Les abords de la place Sainte-Croix comptaient encore au début de ce siècle nombre de cabarets, de «la Maison Blanche» au «Coq Tourné», pour ne citer que les plus célèbres. Plus loin, square de Biarritz, il subsistait toujours en 1954 une grande implantation industrielle, la brasserie «Ixelberg», héritière des «Grandes Brasseries d’Ixelles», elles-mêmes filles des Brasseries Lannoy. C’étaient là les derniers vestiges d’une industrie brassicole ixelloise qui eut son heure de prospérité.

 

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De tout temps, la production de bière fit, dans nos contrées, l’objet de règlements, d’édits qui, nonobstant la perception profitable des accises par les autorités locales, procédaient dans ce cas précis du protectionnisme intransigeant des brasseurs bruxellois. Citons pour mémoire un édit de Philippe le Beau en 1503, qui interdisait la fabrication de bière à moins d’une lieue des remparts. Le village d’Ixelles était situé dans la zone interdite, au contraire de celui de Boondael qui en profita pour développer son industrie.

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Du XIVe au XVIIe siècle, les brasseries de Boondael connurent des temps prospères mais dès le XVIIe siècle, l’édit de 1503 fut systématiquement transgressé à Ixelles-le-Vicomte et une importante activité brassicole clandestine s’installa autour du grand étang, dont l’eau servait de matière première. Un moyen aisé de contourner l’interdiction était de consommer sur place... ce dont ne se privaient pas, les dimanches et jours de fête, les bourgeois de la Ville et du faubourg !

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Par bonheur, le Conseil de Brabant rendit une sentence qui libérait les Ixellois des droits d’accises, anticipée d’ailleurs par un arrêt de la même autorité qui en exonérait l’abbesse de la Cambre; celle-ci avait une maison en ville, ce qui n’était pas sans favoriser discrètement quelque trafic... Cette libéralisation donna le signal d’un essor fulgurant: à la célèbre brasserie «Spagniën» vinrent s’ajouter dès 1616 «Vranckrijck», «Italiën» et «Middelborgh», si bien suivies par d’autres qu’elles furent vingt en 1718. La toponymie actuelle en témoigne encore par les rues de la Cuve, du Serpentin, de la Levure et de la Brasserie.

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Bientôt, la croissance de la population et la multiplication des dépôts de fumier et des fosses d’aisance qui l’accompagnèrent, contraignirent  les brasseurs à ne plus puiser leur eau dans le grand étang et à creuser jusqu’à la nappe phréatique. Trois familles tinrent au fil du temps l’essentiel du marché local, parfois même étendu jusqu’à Etterbeek, Watermael, voire Overijse: les Van Overstraeten, les Rijckaert et les Van Zeebroeck.  La disette des céréales et les nombreuses réquisitions opérées par l’occupant français frappèrent durement les brasseries ixelloises.  Le déclin des plus modestes fut rapide; la plupart devinrent de simples cabarets mais les rares survivantes franchirent le cap du siècle suivant. Ainsi en fut-il des brasseries Saint-Hubert et Lannoy.

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La brasserie Saint-Hubert se trouvait, à l’origine, à front du grand étang, à l’emplacement actuel du Victory House entre les rues des Cygnes et Malibran. Elle appartenait à la famille Rijckaert aux XVIIe et XVIIIe siècles et passa en 1781 entre les mains de Jean-Baptiste Van Amelrijck, agent municipal à Ixelles sous la révolution.  Ses successeurs, les Damiens, l’exploitèrent sur place jusqu’en 1860, année où, suite à l’assèchement de l’étang, ils transportèrent rue Wiertz leur industrie qui allait devenir les célèbres Brasseries Léopold, disparues il y a peu dans les turbulences urbanistiques du quartier de l’Europe.

On le voit, l’assèchement d’une partie du grand étang et sa transformation en place publique sont à l’origine de la physionomie actuelle du quartier, comme de la création de nombreuses rues.

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LA PLACE EUGÈNE FLAGEY

Comme signalé plus haut, cette place honore le brillant avocat, député et premier magistrat d’Ixelles de 1936 à 1956. Se représenter la physionomie de cet espace vers 1900, époque où s’est totalement établie sa vocation commerciale, nécessite aujourd’hui un réel effort d’imagination. À l’exception des brasseries séculaires, tout a changé.

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Entre les rues de la Brasserie et Malibran, se succédaient les vitrines de la «Boucherie Sainte-Croix», du «Grand Choix», maison de confection, du «Petit Magasin», paradis de la layette... sans parler des cafés «Au Petit Chasseur» ou «Au Coq Tourné», remplacé juste avant la dernière guerre pour ce dernier par le Victory House.  À l’endroit où trône maintenant une grande surface pépiait jadis le Jardin d’enfants communal d’Ixelles qui possédait une sortie chaussée d’Ixelles.

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Chée d'Ixelles vue sur Sainte Croix avec à gauche la rue de Vergnies à 2 époques différentes

Cet îlot a retrouvé il y a peu une vocation culturelle grâce à l’implantation, en lieu et place d’un bowling et d’une salle de billard américain, du Théâtre Marni à front de la rue de Vergnies. (Nous sommes ici en 1997)

 

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À l’opposé, occupé aujourd’hui par le paquebot en cale sèche de la RTB, veillait la deuxième division de police communale, voisine de l’hôtel du Lion Belge qui accueillait les voyageurs de passage, tandis que Joseph Colet tenait pinte franche et table ouverte à l’enseigne vénérable de la Maison Blanche, au coin de la place et de la rue du Presbytère, actuelle rue Alphonse De Witte.

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Tout cela sous le regard impérieux d’un kiosque, haut lieu de rendez-vous des fanfares locales.

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Il est à noter que la Maison Blanche remplissait déjà son office à la fin du XVIIIe siècle; sa construction en évoque d’ailleurs l’élégance de bon aloi. À deux reprises, son tenancier, le sieur Delhaye y dissimula les reliques de saint Boniface menacées à la Cambre par les révolutionnaires.

 

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Aux beaux jours, sous les tilleuls garnis de lampions, on se pressait dans le jardin et la salle de bal de l’établissement.  Il fut géré de 1870 à 1930 par la famille Colet et Jules Lagae, auteur avec Thomas Vinçotte du «Quadrige» de l’arcade du Cinquantenaire, y eut un temps son atelier.  

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Depuis 1920 toutefois, le plancher de la salle de bal menaçant ruine, les aîtres ne retentirent plus du pas cadencé des danseurs. Certaines maisons voisines, pourvues d’un étage ou à pignon, ne valaient guère mieux.  En 1935, on jeta bas la Maison Blanche pour faire place à l’Institut National de Radiodiffusion, en abrégé, l’INR.

 

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Entre le parvis Sainte-Croix et la chaussée de Boondael, à l’emplacement actuel de l’immeuble de la Radio, l’ancienne Maison Blanche et le commissariat de la 2e division.  La plus chanceuse, une guinguette voisine, le «Grand Turc», dont un modeste vestige sert de secrétariat paroissial, au départ de la chaussée de Boondael, attirait aussi les danseurs et promeneurs en goguette de la Belle Époque...

 

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DE L’INR À LA RTB

La radiodiffusion n’était pas une inconnue à Ixelles: Théo Fleischmann y avait présenté le premier journal parlé le 1er novembre 1926, depuis le n° 34 de la rue de Stassart.  Le bâtiment de l’INR fut construit entre 1935 et 1938 par l’architecte Joseph Diongre qui émergea d’un concours organisé à cette occasion.  Diongre privilégia une conception moderniste, influencé par l’Art déco et même le style hollandais de l’époque.  Ainsi, suivant le désir de l’architecte, le rez-de-chaussée a été divisé en petites entités destinées à accueillir des commerces pour favoriser l’animation du lieu, souhait hélas jamais exaucé dans les faits.  Dans ces locaux, au départ du studio 5, Louis-Philippe Kammans réalisa le 31 octobre 1953 la première émission expérimentale de la Télévision belge.  À cette occasion, le lanterneau d’angle fut rehaussé d’un étage.

 

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DU MARCHÉ... AU BALLON

Il est naturel qu’un espace public de la dimension de la place Flagey ait attiré la foule, maintes réjouissances et un marché inauguré en 1905: on y vendait fleurs et denrées alimentaires.  Il gagna en ampleur depuis 1978 en s’étendant le samedi à la confection.  Longtemps, l’élection de ses reines fut le prétexte rêvé à moult festivités pittoresques...

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En février 1918, l’as de l’aviation belge Willy Coppens de Houthulst survola le marché avec son avion marqué aux cocardes nationales, provoquant le jet enthousiaste vers le ciel de fleurs et de légumes.

Plus tard, la place servit d’aire d’envol à de nombreuses ascensions en ballon dont celles des célèbres Gheude et Quersin.  Léon Gheude conseilla et guida dans ses débuts le grand aéronaute Ernest Demuyter, vainqueur de la Coupe Gordon Bennett en 1924 et père d’Albert Demuyter, futur bourgmestre d’Ixelles de 1972 à 1994.  

En 1948, une grande fête des écoles d’Ixelles y fut organisée. Danses et gymnastique y étaient rythmées par un orchestre et des chœurs.

 

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Au début de septembre 1957 se tint sur la place une Fête de la Bière.  Un pavillon bavarois à l’enseigne de Bacchus y avait été dressé au centre.

Le dimanche 15 septembre fut l’occasion d’un défilé de géants folkloriques, escortés par des marcheurs de l’Entre-Sambre et Meuse. Le Victory House, déjà évoqué, jetait sur cette animation un regard bienveillant. 

 

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Bâti à l’emplacement du «Coq Tourné», à l’angle des rues des Cygnes et Malibran, il est propriété de la société locale d’habitations à bon marché «le Foyer Ixellois».  Construit à la veille de la Seconde Guerre mondiale, rénové récemment, il doit son appellation anglo-saxonne à sa réquisition par les troupes alliées en 1945. 

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Si le charme de la place d’avant 1930 s’est irrémédiablement perdu, les autorités se sont attachées à maintenir l’homogénéité des édifices cernant l’espace.

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Ainsi, la partie gauche qui prolonge l’INR et abrite l’Institut Supérieur d’Architecture de la Cambre a-t-elle été réalisée dans un style approchant, au détriment d’un désespérant projet fonctionnaliste de gabarit bien plus élevé, fruit de l’esthétique douteuse des années 60’.  En face s’ouvrit en 1956 le premier magasin à rayons multiples de Belgique.  Ménagères et consommateurs s’y pressèrent pendant quelque trente années.  

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Impossible de quitter la place Flagey sans être attiré par la perspective des étangs qui s’ouvre par l’élégant monument à la mémoire de Charles De Coster (° 1827, † 1879), fameux auteur de «La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandre et ailleurs», écrites dans une langue superbement archaïsante.  De Coster qui était mort pauvre à l’angle des rues Mercelis et de l’Arbre bénit, avec à son chevet Hector Denis, l’un de ses amis fidèles, avait occupé un emploi de répétiteur de français à l’École de Guerre de la Cambre.

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En chemin, il avait coutume de s’arrêter sur un banc en bordure des étangs à l’endroit où l’édicule fut érigé.  Celui-ci est dû aux talents conjugués du sculpteur Charles Samuël (° 1862, † 1938), qui avait son atelier rue Washington, et de l’architecte Franz De Vestel (° 1857, † 1932). Camille Lemonnier (1844, † 1913), qui vécut à proximité au n° 26 de la chaussée de Vleurgat de 1880 à 1883, considéra dans «Une vie d’écrivain» le monument inauguré en 1894 comme «un tombeau spirituel, une tardive réparation».

L’élite des arts belges était présente à cette occasion: Constantin Meunier, Amédée Lynen, Maurice Maeterlinck, Emile Verhaeren, Edmond Picard et bien sûr Lemonnier qui, avance-t-il, ne put ouvrir la bouche, étreint par l’émotion...

Du chef-d’oeuvre de De Coster, le sculpteur s’est souvenu pour inclure, dans le tympan du fronton, la symbolique d’Ulenspiegel: le hibou et le miroir. À gauche et à droite apparaissent, discrètement dispersés, divers éléments qui évoquent la quiétude du logis: une crémaillère, un rouet et une quenouille.  Cette quiétude contraste avec les aventures mouvementées de Thyl, confronté à l’intolérance matérialisée par les excès de l’Inquisition.  Au centre se dresse Thyl qui presse sur sa poitrine un sachet des cendres de Claes, son père martyr.  À ses côtés, sa fiancée Nele à qui l’écrivain Neel Doff prêta ses traits.  Au-dessus du groupe, on distingue l’effigie de Charles De Coster.  En surplomb apparaissent Lamme Goedzak et Catheline, autres personnages de l’épopée.

 

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Texte de : Michel HAINAUT et Philippe BOVY -  du livret datant de 1997 :

« À LA DÉCOUVERTE DE L’HISTOIRE D’IXELLES » (3)

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20/08/2015

Old England .... Rue Montagne de la Cour

Anciens magasins « Old england »

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Immeuble remarquable en style Art Nouveau, construit selon la demande de permis de bâtir de 1898, sur les plans de l’architecte P. Saintenoyn en collaboration avec l’architecte J. De Becker et l’ingénieur E. Wyhowski ; travail de ferronnerie attribué à P. Desmedt.

 

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Importante construction qui renouvela la conception architecturale bruxelloise du grand magasin, par l’utilisation exclusive du fer et du verre pour la strcture et les façades ; l’architecte V. Horta reprit cette technique en 1901 et l’appliqua ensuite pour la construction de l’ancien grand magasin « A l’innovation ».

 

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En façade, décor plus recherché à l’origine, simplifié ensuite : en 1938, suppression de la ferronnerie ornementale « superflue », dont les garde-corps de la terrasse et des balcons, très ouvragés et marqués aux initiales « O.E. », comme en témoignent les reproductions anciennes ; enlèvement de la marquise et remplacement de l’anc. Polychromie par une nouvelle peinture adaptée à la tonalité de la pl. Royale ; en 1956, démolition du bow-window disposé sur l’angle.

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En 1974, l’immeuble est occupé par le magasin de tapis « Rêve d’Orient » ; en 1979, il est racheté par l’Etat, conjointement aux n° 13-14 de la pl. Royale, pour y installer le Musée Instrumental.  Rénovation récemment entreprise suivant les plans de l’association momentanée des bureaux d’arch. G+D, D. Bontinck, GUS (D. Graux, Fr. Terlinden, G. Van Hamme) et I.D.P.O.  Ph. Neerman.

 

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Immeuble de cinq niveaux plus un étage-attique, formant l’angle arrondi de la rue Villa Hermosa. 

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La très belle terrasse offre un panorama remarquable sur la ville.  Cet endroit était le lieu de rendez-vous mondain favori du Tout-Bruxelles. 

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Du panorama, on peut voir, à vol d’oiseau, le reste de Bruxelles mieux qu’on ne voit Paris du haut de Notre-Dame.  Les couchers de soleil y sont d’un effet prodigieux.  Sainte Gudule s’avance à gauche sur sa montagne escarpée, comme une femme agenouillée au bord de la mer et qui lève les bras vers Dieu ;  plus loin, du sein des flots tourmentés que figurent les toits, le bâtiment de l’hôtel de ville élève son mât gigantesque…  A l’horizon brillent les bassins du canal, chargés d’une forêt de mâts..

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« Voilà Bruxelles dans son beau, dans sa parure féodale, portant, comme des bijoux d’ancêtres, ses toits sculptés, ses clochetons et ses tourelles.

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Il est occupé aujourd’hui par le musée des instruments de musique de Bruxelles.  Après 10 longues années de rénovations qui ont débutées en 1989, Old England a retrouvé toute sa superbe…. Devant l’ampleur des travaux, il fut récompensé du prix de la restauration des façades.

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